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  • Ma belle planète verte – 1

    Le créateur de l’univers n’était qu’un simple jardinier
    Qui, d’un coup de botte précis, envoya valdinguer la Terre
    Avec été, automne, hiver et un renouveau printanier
    Avec comètes qui apprécient d’apporter leurs eaux salutaires.

    Pluies chargées de graines de vie et Soleil rempli d’énergie
    Ont fait progresser toutes sortes d’espèces dans les océans.
    Poissons et oiseaux ont suivi des destinées en synergie
    Avec une planète forte d’un environnement bienséant.

    La vie se nourrissant de vie, les prédateurs ont pris le train
    De la révolution en marche, soi-disant pour l’écologie.
    Et les moutons avec envie se sont jetés d’un même entrain
    Dans l’enclos de leurs patriarches par abus de psychologie.

    Tableaux de Rithika Merchant sur https:www.thisiscolossal.com202211rithika-merchant-mixed-media-works .

  • La belle geôlière verte

    La belle geôlière verte

    Gaïa, déesse de la Terre est également notre geôlière ;
    Elle supervise en maîtresse notre gestion de sa planète.
    L’espèce humaine locataire par hérédité singulière
    Allume ses signaux de détresse par violences de plus en plus nettes.

    Dommage car la Mère Nature qui par amour nous soutenait,
    Devra nous contraindre à la place à un régime plus sévère.
    Jusqu’ici les températures régulières nous convenaient
    Mais bientôt canicule et glace seront notre prison de verre.

    Comme Cendrillon à minuit, nous avons perdu le carrosse ;
    Adieu notre prépondérance et ce qui nous était prêté.
    Nous allons découvrir l’ennui d’un jugement plutôt féroce
    Qui nous ôtera la gérance et nous allons le regretter.

    Illustration de Milo Manara.

  • La belle (ou)verte(ure) au sommet

    La belle (ou)verte(ure) au sommet

    À la manière du rat des villes qui passa voir le rat des champs,
    Un chat aux noires prétentions et une chatte blanche comme neige,
    Lors d’une entrevue peu civile et un contexte effarouchant,
    S’approchèrent avec l’intention de se mettre ensemble en manège.

    On dit « ménage » pour les humains, on dit « manège » pour les félins
    Car les matous se tournent autour à grands recours de miaulements.
    Après un rapide examen, la chatte est prise par le malin
    Qui part sans espoir de retour après tous ses enjôlements.

    Il en est de même au G7 ; on parle, on crie, on se dispute.
    L’un l’autre essaient de se baiser et parfois ils montrent les poings.
    Après on partage les recettes, on négocie… ça se discute
    Et quand tout l’monde est apaisé, chacun retourne dans son coin.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La belle verte – 11

    La belle verte - 11

    Finalement je l’ai suivie et descendu son escalier,
    Les yeux rivés aux jambes fines qui s’allongeaient durant la marche.
    Je peux dire que j’ai poursuivi le vieux rêve d’un fou à lier
    Drogué à un genre morphine qui le lie à sa matriarche.

    Car elle m’a pris pour étalon et je vais l’aimer pour de bon
    Dans son grand palais des abysses quarante jours, quarante nuits.
    Elle m’a ôté mon pantalon et je me sens tout pudibond
    En attendant que je subisse des préliminaires inouïs.

    Heureux comme un poisson dans l’eau, elle a joui en gémissant
    D’un million de voix de sirènes qui m’ont tué sans un remords.
    Moi, je suis au bout du rouleau et je m’éteins en bénissant
    Avec une émotion sereine mes millions de petites morts.

    Reprise de « Les jambes de la sirène » du 16.11.2019.

  • La belle verte – 10

    Tant va de fois la cruche à l’eau qu’à la fin la cruche s’y case.
    Deviendrait-elle pour autant sirène ou ondine et sylphide ?
    Elle me trouble par son halo qui l’enrubanne dans une extase
    Comme un accoutrement flottant autour de ses appas perfides.

    Quand elle abuse de ses charmes et que l’eau devient transparente,
    Mon regard plonge comme attiré envers son magnétisme vert.
    Alors je dépose les armes et je me noie dans l’attirante
    Souricière qu’elle m’a inspirée en écrivant ce Reflets-Vers

    (Photos d’Alex Sher et Elsa Marie Keefe.]

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La belle verte – 9

    La belle verte - 9

    Lorsque je revis l’amazone, c’était aux premiers jours d’automne ;
    Sa chevelure avait roussi et l’humeur s’était radoucie.
    Elle désigna mon sac-à-dos et je lui offris en cadeau
    De partager en camarades fruits secs, tartines et marmelade.

    Puis sa jolie bouche gourmande m’offrit un baiser goût amande
    Tandis que sa main caressait mon désir qui apparaissait.
    Alors on s’est déshabillés et elle s’est mise à babiller
    Des phrases incompréhensibles mais d’une douceur très sensible.

    Je l’ai revue deux ou trois fois alors qu’elle courait dans les bois
    Avec chaque fois l’envie d’apprendre sa langue difficile à comprendre.
    Hélas le seul mot que j’appris fut un « adieu » sans parti pris ;
    Elle partit sans cérémonie rejoindre son Amazonie.

    Photo de Lexi Laine.

  • La belle verte – 8

    Je m’attendais à une biche quand je vis la belle amazone
    À la coiffure vert émeraude assortie à des yeux de jade.
    Elle me jugea d’un air godiche comme un mec de seconde zone
    Un peu dérouté, qui maraude sans chercher à la galéjade.

    Puis elle prit un air farouche et prononça des mots étranges
    Dont l’intention visiblement était de me mettre en déroute.
    De peur qu’elle ne s’effarouche, j’ouvris mon sac-à-dos orange
    Et lui offrit paisiblement de partager mon casse-croûte.

    Heureusement mes provisions n’étaient composées que de fruits,
    De biscuits et de pain d’épices or l’amazone était gourmande.
    Tandis que nous sympathisions, nous entendîmes alors du bruit ;
    Et nonobstant l’instant propice, elle disparut sans réprimande.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La belle verte – 7

    La belle verte - 7

    Heureusement que le chat veille lorsque l’extraterrestre est là
    En train de capturer la femme à trois jambes, ce qui est très rare.
    Pourtant tandis qu’il les surveille, voici qu’il en est chocolat
    Car par derrière l’alien infâme l’a déjà enduite au curare.

    Rassurez-vous, elle n’est pas morte, le martien très professionnel
    A pris sa jambe excédentaire qu’il a rangée dans sa soucoupe,
    Puis laissé un mot sur la porte : « Pardon pour votre émotionnel
    Mais mes maîtres autoritaires m’ont exigé cette découpe ! »

    Elle a gardé quelques séquelles, sa peau est restée toute verte ;
    Une conséquence nosocomiale d’une anesthésie délétère.
    Quant à la partie sur laquelle il reste une cicatrice ouverte,
    C’est l’arrivée cérémoniale d’un nouveau sauveur pour la Terre.

    Tableau de Bambou Gili.

  • La belle verte – 6

    L’appétit sexuel végan réclame de belles plantes vertes,
    Bien filiformes et longilignes, les seins en poires ou bien en pommes.
    Un petit collier élégant sur la poitrine nue offerte
    Et juste une feuille de vigne sur le sexe offert à son homme.

    Nous vivrons d’amour et d’eau fraîche sur lit de salade frisée
    Sur lequel nous pourrons prétendre à la jouissance animale
    Qui respecte d’un égard revêche toute la faune dégrisée
    Venue sur la carte tendre connaître l’extase maximale.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • La belle verte – 5

    La belle verte - 5

    La preuve qu’elle est immortelle, ; elle est toujours verte au printemps !
    L’automne roussit sa tignasse, l’hiver lui fait des cheveux blancs,
    Mais tout l’été elle reste celle qui me fait l’école à plein temps
    Telle qu’au lieu de changer de classe, j’en reste éternel redoublant.

    Car elle est mon institutrice qui me fait l’école buissonnière
    Et qui m’entraîne dans les bosquets pour de belles leçons de chose
    Où j’approfondis sa matrice et le goût de sa bonbonnière
    En lui jouant du bilboquet avec son embrasure rose.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La belle verte – 4

    Bien dodues ou bien maigrichonnes, l’amour nous met en appétit
    Et lorsque les amours sont vertes, elles sont bien plus naturelles.
    Bien en chair et un peu cochonnes nous sortiront de l’apathie
    Et offriront la découverte de leurs délices corporelles.

    Plutôt menues pour le menu et leurs amours végétariennes
    Vous feront donc perdre du poids rapidement et pour pas cher.
    Ainsi chaque orgasme obtenu entre les parties ovariennes
    Constituera un contrepoids à la luxuriance de chair.

    Tableaux de Kees van Dongen.

  • La belle verte – 3

    La belle verte - 3

    Qu’elle était verte mon épouse avec ses vallées et ses monts
    Depuis le pic du mamelon jusqu’au mont de Vénus sacré !
    Qu’elle était fraîche sa pelouse que je broutais tel un démon
    Qui descendait dans son vallon jusqu’au petit bouton nacré !

    Qu’elle était verte la mariée que j’ai épousée en septembre
    Assortie à l’herbe des prés dans lesquels nous fîmes l’amour !
    Elle était si contrariée de perdre sa fleur la plus tendre
    Qu’elle s’en est soudain empourprée… et perdit son vert pour toujours.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les belles vertes – #1-#2

    La première belle verte
    Lorsque qu’elle est verte, pas assez mûre, la femme au goût acidulé
    Fond dans la bouche, pas dans la main, d’une saveur de puberté.
    Lorsque pousse un peu de ramure au seuil de son temple adulé,
    Alors commence le chemin des amours folles en liberté.

    La deuxième belle verte
    Sans doute la carte du tendre commence aux débuts de novembre
    Par une forêt vierge en fleur qui mûrit de fruits défendus.
    Et bien heureux qui sait attendre dans l’intimité de sa chambre
    Le premier baiser qui effleure les lèvres du sexe fendu.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Ballerine en peinture

    Ballerine en peinture

    Nue, la ballerine dansait comme une petite souris verte
    Que ces beaux messieurs ont trempé dans un pot de peinture à l’huile.
    Puis tandis que se condensait le liquide qui l’a recouverte,
    Apparut une robe estampée sur ses formes les plus subtiles.

    Mais plus la danseuse sautait et tressautait en soubresauts,
    Plus la matière gélatineuse dévoilait un peu plus son corps.
    Et plus la robe se dépiautait plus n’en restait que le trousseau ;
    Une culotte lumineuse et un soutif du même accord.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ailleurs la mer semble plus verte

    Ailleurs la mer semble plus verte

    Ou bien elle écrivait car elle se sentait seule,
    Ou bien elle était seule parce qu’elle écrivait.
    Elle semblait sur le port toujours faire la gueule
    Car son inspiration sans cesse dérivait.

    Alors elle la suivait d’un regard apathique
    En se posant au mât des voiliers qui passaient
    Et puis elle s’envolait vers une hypothétique
    Île sur l’horizon qui au loin dépassait.

    Un jour elle est partie vers son île déserte ;
    Elle a dû embarquer sur quelque bateau ivre.
    Elle croyait qu’ailleurs la mer semblait plus verte ;
    Ainsi, quoi qu’il en soit, l’espoir fait toujours vivre.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Mon paradis de guimauve

    Comment est régi l’univers au-delà du mur de lumière,
    Là où la matière n’est plus, pas plus que le temps et l’espace ?
    Finis tous les aspects divers dont la science est coutumière
    Et si mon entrée vous a plu, bienvenue dans mon outrespace !

    Ici, la matière est guimauve, l’espace et le temps élastiques ;
    Les arbres sont en sucre d’orge et les montagnes en pain d’épice.
    Toutes les aurores sont mauves et les crépuscules exotiques
    Au goût qui reste dans la gorge durant toute une nuit propice.

    Imaginez-vous réveillés sur une plage acidulée
    Qui parfume votre corps nu d’arômes pour tout vêtement.
    Eh bien soyez émerveillés : ce paradis affabulé
    N’est pas tout à fait biscornu mais utopique, complètement.

    Tableaux 3D de Nerdzilla sur https:nerdzilla.com.brpapel-em-camadas-3d-layered-paper-art .

  • La mort joyeuse

    Le baiser de la mort joyeuse présumait une nouveau départ
    Vers l’autre monde bien visible qui s’ouvrait aux yeux de l’astral.
    Je saisis sa main pourvoyeuse surgie soudain de nulle part
    Pour suivre une imprévisible voie vers l’au-delà magistral.

    Je franchis le fleuve des morts en riant de toute mon âme ;
    J’en fus baptisé d’eau-de-feu brûlante et glaciale à la fois.
    Inconscient comme un matamore qui part, aux couleurs de sa dame,
    Gagner les terres de ses vœux et les acquérir à sa foi.

    À l’arrivée, j’ai retrouvé tous les corps que j’ai habités ;
    Nymphes grossières et séductrices, héros primitifs et vainqueurs.
    Une garde-robe approuvée pour revivre en dualité
    Toutes les amours conductrices vers l’ineffable beauté du cœur.

    Tableaux de Felippo Masi sur https:www.psynft.xyzartistsfelippo-masi .

  • La Justice clairvoyante

    La Justice clairvoyante

    La Justice aveugle, dépassée par la nouvelle société,
    A fait deux trous dans Son bandeau et rangé épée et balance.
    Elle a vu se faire tabasser par des ripoux à satiété
    Des gilets jaunes en commandos devenus notre fer de lance.

    Puis Elle a vu le roitelet se barricader au palais
    Et attendre la nuit tombée afin de promulguer ses lois.
    Puis, impunément dévoiler tout le mépris qu’il déballait
    Contre ceux qui avaient succombé sous ses coups de mauvais aloi.

    La Justice alors a vomi le garde des sceaux tout d’abord,
    Puis le ministre de l’intérieur, commandant des forces de l’ordre.
    Il n’y aura pas de compromis ; tous ceux qui sont du même bord
    Seront bottés au postérieur ; Elle ne veut pas en démordre.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • La censure, mesure d’état

    La censure, mesure d’état

    Si la liberté d’expression est aujourd’hui controversée,
    Sans doute est-ce le résultat d’un excès de communication ;
    On nous soumet à des pressions qui ont pour effet inversé
    De provoquer des vendettas punies d’excommunication.

    Car la nouvelle religion dictée par les gouvernements
    Décrète que la vérité sort de la bouche des médias ;
    Ces nouveaux prêtres sont légion sur tout l’internet qui nous ment
    Par mesure de sécurité et nous fustige dans l’immédiat.

    « Si tu ne penses pas comme moi, c’est donc que tu n’es pas mon frère !
    Si ce que tu dis nous dérange, tais-toi, laisse-nous dans l’ignorance !
    Nous, ce qu’on veut en fin de mois, c’est partir avec nos confrères
    En vacances comme ça nous arrange dans la totale indifférence ! »

    Ainsi pour vivre « comme avant », faisons comme les trois petits singes :
    Ne disons rien, n’écoutons rien, ne regardons pas ce qui fâche.
    Mettons-nous plein de paravents contre ce qui heurte nos méninges ;
    Soyons dociles, épicuriens, soumis sous les coups de cravache !

    Tableau de Christophe Lorain.

  • Sirènes at teatime

    Sirènes at teatime

    À l’heure du thé sur la plage, on rencontre les sirènes anglaises
    Buvant, le petit doigt en l’air, des algues vertes torréfiées.
    On les croise même dans les villages en chaises roulantes, bien à l’aise,
    Dans les tavernes populaires sans qu’on n’en soit horrifié.

    Mais c’est normal car les anglais trouvent logique qu’à cinq heures,
    Que l’on soit humain ou sirène, on boive la boisson royale.
    Ainsi sur leurs fauteuils sanglées, elles s’en vont au petit bonheur
    Se réunir toutes sereines comme sages sujettes loyales.

    En mer, elles sont invitées à monter à bord « at teatime »
    Et partager la collation des britanniques à l’étranger.
    La seule chose à éviter, vu leurs caractères « borderline »,
    C’est faire des prolongations sous peine de se faire manger.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • La sirène couturière

    La sirène couturière

    Il est notoire a priori que les sirènes vivant nues
    N’ont nul besoin de vêtements et toutes pièces rapportées.
    Cependant a posteriori, l’une d’elles a été reconnue
    Couturière et également créatrice en prêt-à-porter.

    Bien sûr elles sont handicapées par leurs queues mal appropriées
    Pour se déplacer sur la terre une fois sorties de la mer.
    Elles doivent alors se draper au cas où vous les rencontreriez
    D’une tenue réglementaire pour faire taire les commères.

    Pour la queue, un fourreau doré, sur les épaules un chemisier
    Dont dentelles et guipures abondent sur un décolleté enivrant.
    Toutes les sirènes ont adoré – du moins celles qui sont extasiées –
    Par leur sortie dans le beau monde voire même dans la cour des grands.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • La dernière obole – 2

    La dernière obole - 2

    Toutes mes réincarnations depuis la création du monde
    Ont effacé les souvenirs que j’aurais pu accumuler.
    Irrésistible condamnation que cette récurrence immonde
    Qui ne me laisse comme avenir qu’une éternité simulée !

    Pourtant j’ai laissé une trace mais incommensurablement
    Petite logée dans le vide de ma mémoire insignifiante.
    Des zéros qui tracent et retracent dans l’espace inlassablement
    Une antiparticule avide d’une réalité qualifiante.

    Je sens cette antiparticule, j’entends sa voix microscopique,
    Je l’aperçois dans mes nuits blanches et je la touche de l’intérieur.
    Ce témoin qui se véhicule par sa force gyroscopique
    Grandit jusqu’à ce que se déclenche mon véritable être supérieur.

    Illustration d’Ana Miralles.

  • La dernière obole – 1

    L’ange me présenta deux bols presque identiques à l’exception
    Que l’un contenait du poison et l’autre l’élixir de vie.
    J’ai cherché parmi les symboles qui ornaient à la perfection
    Son corps aux charmes à foison quelques indices pour ma survie.

    J’ai bu d’abord celui de droite et puis ensuite celui de gauche ;
    Un élixir de longue vie ne doit-il pas braver la mort ?
    « Tu agis de manière adroite mais ce n’était là qu’une ébauche
    Du chemin qui, sur le parvis, s’ouvre devant toi, matamore ! »

    Après les paroles de l’ange, plongé dans un profond sommeil,
    J’ai vu toute mon existence défiler devant mes yeux clos.
    Après ma mort, ce fut étrange ; je revis l’ange en plein soleil
    Tenant deux bols d’une substance me rappelant mon triste lot…

    Illustration d’Ana Miralles.

  • Indian impudic

    Indian impudic

    C’était au bord du lac Huron que j’ai rencontré ma luronne ;
    Elle s’appelait Peau-de-Chamois ; du moins c’est ce que j’ai compris.
    Elle m’a ôté mon ceinturon, fit monter ma testostérone
    Et se précipita sur moi ; j’avoue j’en fus assez surpris.

    Puis elle m’emmena chez son père qui m’invita à devenir
    Un joyeux luron parodique mais bon, personne n’est parfait.
    C’est depuis ce jour que j’espère garder intact le souvenir
    De ma belle indienne impudique et moi, son puceau stupéfait.

    Tableau de Stan Davis https:kolybanov.livejournal.com28917764.html .

  • Tu t’es vue quand tu rêves ?

    Tu t’es vue quand tu rêves ?

    Selon la teneur d’un beau rêve, le corps, étant trop bon public,
    Ouvre ses pores aux phéromones et déploie ses zones érogènes.
    Des mouvements furtifs sans trêve secouent de tremblements obliques
    La poitrine qui s’époumone comme par manque d’oxygène.

    La personne entière s’étire alors à l’appel du désir
    Afin d’accorder l’ouverture, vers l’entrée du temple sensible,
    Aux préliminaires qui attirent le but suprême du plaisir
    Tandis qu’une main s’aventure vers l’orgasme enfin accessible.

    Tableau de Zinaida Yevgenyevna Serebryakova.

  • Si belle la mort offerte

    Si belle la mort offerte

    Si belle et douce était la mort qui accueillait à bras ouverts
    Tous les héros, les matamores qui se montraient à découvert,
    Remplis d’audace et de courage, au-devant de leurs ennemis
    Débordants de haine et de rage, sans n’avoir ni feint ni blêmi.

    Pour eux, la mort se fait si belle, si attirante et magnanime !
    Si d’autres la trouvent rebelle, les hommes braves sont unanimes ;
    Quand l’heure est venue de mourir, les blessures qu’ils ont souffertes
    Deviennent un feu qui va nourrir le cœur d’une âme-mort offerte.

    Tableau de Charlie Terrell.

  • Bonne récolte !

    Bonne récolte !

    Depuis le début de l’automne, elle parcourt les cimetières
    À la recherche de crânes mûrs pour fêter la mort en beauté.
    Parce que les fleurs sont monotones et la saison guère fruitière,
    Elle préfère les os en saumure lorsqu’ils poussent en charibotée.

    Heureusement la récolte est bonne et les crânes à maturité
    Nous permettront tous de trinquer à la santé des disparus.
    Avec du sang plein les bonbonnes maturées dans l’obscurité,
    La mort pourra se requinquer ä chasser les rats dans les rues.

    Tableau de Victor Prouvé.

  • Laissez-moi mourir !

    Laissez-moi mourir !

    Lorsque j’en serai à la porte, laissez-moi donc quitter ce monde ;
    Mon âme en a assez bavé et mon cœur désire autre chose.
    Tant pis si le diable m’emporte dans ses labyrinthes immondes,
    Je me loverai sous les pavés attendant ma métamorphose.

    Prenez mon cœur, prenez mes yeux, prenez mon foie, prenez mes reins,
    Dispersez mes cendres aux vents qui soufflent avec persistance.
    Éventuellement le contentieux de mon capital utérin
    Aura un corps plus innovant dans une nouvelle existence.

    S’il n’y a rien quelle importance ? Que vaut l’étincelle de vie ?
    Sans doute rien qu’une illusion ; l’Univers a toujours raison.
    S’il existe une omnipotence, j’en examinerai son devis
    Pour ma prochaine diffusion dans une nouvelle saison.

    Illustration de Moi Escudero sur http:blog.parlor.social28-arresting-art-piece-that-will-force-you-to-think .

  • Les liaisons virtuelles

    Les liaisons virtuelles

    Bientôt nous nous projetterons par le biais de notre avatar
    Qui s’invitera à la table d’une copine ou d’un copain.
    En janvier, nous nous souhaiterons bonne année depuis le Qatar
    Ou de n’importe quel lieu souhaitable sans quitter son petit lopin.

    Évidemment pour les câlins, il faudra trouver autre chose ;
    Sans doute, nous nous toucherons par des gants tactiles interlopes.
    D’ailleurs pour les petits malins amateurs de métamorphoses,
    La puce que nous enfilerons entre les jambes sera au top.

    On pourra même de son vivant parler à nos chers disparus
    Que l’on aura numérisés bien sûr dans leurs meilleurs moments.
    Ainsi le stress du survivant sera aidé et secouru
    Par la technique maîtrisée qui déjà n’est plus un roman.

    Photo de Karmanverdi sur http:blog.parlor.social28-arresting-art-piece-that-will-force-you-to-think .

  • Mon arbre génial & logique

    Mon arbre génial & logique

    Que j’aime à remonter les branches de mon arbre généalogique
    Pour, au fil des générations, retrouver son tronc minimal.
    Du moyen-âge aux villes franches, des grottes archéologiques
    Jusqu’à l’infime séparation de l’être humain et l’animal.

    D’ailleurs mon arbre n’en est pas un mais un réseau entrelacé
    De toutes les sources de vies qui ont subi leurs mutations.
    Il n’est point d’ancêtre commun mais tous, depuis le Crétacé,
    Qui se sont ensemble assouvis dans une interfécondation.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • Le souvenir en 3D

    Le souvenir en 3D

    L’œil droit rêve-t-il tout pareil à ce que rêve mon œil gauche ?
    Je ne sais pas, évidemment mais je suppose mes yeux,
    Émergeant du même appareil, par deux images qui se chevauchent
    Me font le point incidemment sur la topographie des lieux.

    L’œil gauche aimant les couleurs chaudes et le droit préférant les fraîches,
    L’un rêve aux filles côté cœur et l’autre aux filles côté raison.
    Si la vierge folle m’échaude par son caractère revêche,
    La vierge sage par sa rigueur me ramène vite à la maison.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • Comme dans un livre

    Comme dans un livre

    Elle pouvait lire comme dans un livre l’esprit des hommes prévisibles
    Tant leurs histoires se répétaient au fil des mois et des années.
    Tel un synopsis qui délivre la conclusion tellement plausible
    Dès les premiers mots hébétés par un bel amant basané.

    Mais elle n’avait pas de mérite ; elle était rat d’bibliothèque
    Et avait passé sa jeunesse à lire les romans d’aventures
    Où les pauvres héros démérites avec leurs gueules de métèques
    Chaque fois rabâchaient sans finesse toujours la même littérature.

    Photo de Stina Walfridsson.

  • La Terre ronde et féconde

    La Terre ronde et féconde

    Bien que des fous la pensent plate, notre Mère la Terre est ronde
    Et de son ventre sort une source d’eau vive nutritive de vie.
    De ses mamelles parfois éclatent geysers en colonnes fécondes
    Et de sa matrice des ressources qui se multiplient à l’envi.

    Elle est si belle que, de l’espace, les extra-terrestres font la queue
    Pour en admirer les rondeurs de son corps nu sous les nuages.
    Étrangement plus le temps passe et plus son caractère aqueux
    Trace des rides en profondeur comme un élégant tatouage.

    Mais d’autres fous inconséquents exercent leur hégémonie
    Et lui font pleurer des calottes de grosses larmes désenchantées.
    Il est logique par conséquent qu’elle les voue aux gémonies
    Par une apocalypse idiote mais nécessaire pour sa santé.

    Tableau de Shuren sur https:www.artmajeur.comshuren .

  • Bouddha psychédélique érotissima

    Bouddha est grand, surtout sa femme qui pose magnanimement
    Devant le seuil du nirvâna pour cueillir les âmes à sa porte.
    Elle m’a accordé le sésame qui m’ouvrit emphatiquement
    Le cœur de la Sainte Nana, grande patronne des plumes mortes.

    Première fois. Premier frisson. Faire l’amour à une déesse
    Procure des sensations fortes qui vous décuple tous les sens.
    Hier, je j’étais qu’un polisson mais je découvre des prouesses
    Telles que le diable m’emporte si ce n’est de concupiscence.

    J’ai le goût de l’amour sucré, la vision de la volupté,
    L’ouïe de la lascivité, l’odorat de l’accouplement.
    Quant au toucher, ce sens sacré, il est comme électrocuté
    Par la sainte impulsivité qui m’a valu mon sacrement.

    Illustrations de Victor Moscoso sur we-heart.com20150320victor-moscoso-psychedelic-art .

  • Bienvenue dans le Pandémonium !

    Vous me croirez si vous voulez mais je me suis retrouvé nu
    Devant la porte des enfers dans une étrange procession.
    J’ai vu des femmes débouler sur des montures saugrenues
    Je n’ devais pourtant pas m’en faire ; je ne sentais nulle oppression.

    Lorsque les portes furent ouverte, j’entrai dans un parc d’attraction
    Où des queues de gens patientaient pour recevoir mille frissons.
    Ainsi je fis la découverte avec joie et décontraction
    De femmes qui s’impatientaient de délurer les polissons.

    « Poisson d’avril ! » cria Satan, « En fait vous êtes au Paradis !
    J’ai composé un consortium qui unit le bien et le mal ! »
    Ainsi Dieu n’est qu’un charlatan et l’Éden n’est que parodie.
    Entrez dans mon Pandémonium et baisez comme un animal ! »

    Tableaux de Michael Hutter.

  • Indiana Jones chasseresse

    Indiana Jones était déesse, entièrement nue et tatouée
    Comme un drôle de zèbre à rayures spiralées en forme de volutes.
    Elle chassait avec allégresse les mâles qui s’étaient dévoués
    À quêter, dans l’entrebâillure des rideaux, pour quatre sous une turlute.

    Indiana ne chassait donc rien et ses flèches étaient émoussées
    Car c’était plutôt les phallus qui lui rendaient grâce à sa bouche.
    J’avoue qu’en bon épicurien, j’ai eu plaisir à trémousser
    Lorsqu’elle me sonna l’angélus en me vidant les deux cartouches.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Mayahuel

    Mayahuel

    Quatre-cents seins sur la poitrine – autant de lapins vertueux –
    Ont propagé la renommée que Mayáhuel a inculquée.
    On en décore la vitrine des marchands de spiritueux
    Pour attirer à point nommé tous les amateurs de pulque.

    Dans la mythologie aztèque, Mayahuel était l’épouse
    De Patecatl, dieu dévoué à la santé et au pulque.
    L’acheteur, dans sa vinothèque, lorsqu’il l’achète par lot de douze,
    Obtient l’ivresse inavouée du goulot au divin bouquet.

    Pourquoi le pulque ? Pourquoi pas ! « Le monde entier est un cactus ! »
    Chantait Dutronc pince-sans-rire sur des paroles de Lanzmann.
    Moi-même à la fin d’un repas, j’affiche le même rictus
    En tétant l’objet du délire direct au sein de la brahmane.

    Dans la mythologie aztèque, Mayahuel est la déesse de la fertilité, de l’abondance, de l’ébriété mystique et de l’agave. Selon une version elle est l’épouse de Patecatl ou autre version la sœur. Elle est aussi la mère des Centzontotochtin, les 400 dieux de l’ivresse. Prononcez « poulké ».

  • Le déculeté

    Le déculeté

    Elle ne portait rien en dessous car on lui avait dit à l’entrée
    Que, comme on voyait sa culotte, « ça frisait la concupiscence ! »
    Ce sous-vêtement de trois sous ? Elle l’enleva pour démontrer
    Qu’ainsi, dès l’instant qu’elle l’ôte, il n’attire plus l’indécence…

    Elle lui fourra sa culotte en guise de pochette à dentelles
    Et le portier fut bouche bée lorsque la fille l’avertit
    « Que le premier qui la pelote recevra une gifle telle
    Qu’il y aura des retombées contre les mufles pervertis ! »

    Ainsi donc le « déculeté » fut lancé de cette façon
    Par cette audace irrévocable qui restera dans les annales
    Assorti au décolleté, il fit faire dans les caleçons
    Une impression très remarquable pendant les grandes bacchanales.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Quand tombera le masque

    Il est temps de tomber le masque avant qu’il soit incorporé
    Directement dans notre peau comme prochaine mutation.
    Si un gouvernement fantasque se met à nous corroborer
    Quelques comparables propos, ça craint pour sa réputation.

    Mais le ridicule ne tue pas plus que la pire incompétence
    Et je n’attends plus que le pire sans avoir connu le meilleur.
    Si passer de vie à trépas devient la seule pénitence,
    Permettez donc que je conspire et que je m’en aille voir ailleurs.

    Tableaux de Nadia Waheed sur http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18 .

  • Celui qui cherche, trouve et découvre sa voie

    Celui qui cherche, trouve et découvre sa voie

    Celui qui cherche la vérité n’est pas forcément à blâmer
    Car il ne peut se contenter d’une information répétée
    Avec toute la sévérité d’un pouvoir qui veut proclamer
    Qu’il faut se médicamenter d’après ce qu’il a décrété.

    Celui qui trouve d’autres infos afin d’éclairer sa lanterne
    N’est pas un traître à son pays même si on n’croit pas ce qu’il dit.
    Ne poussons pas sur l’échafaud l’asocial du monde moderne
    Qui reste encore tout ébahi devant toute cette comédie.

    Celui qui découvre sa voie qui n’est pas celle des braves gens
    N’est ni voleur ni criminel mais un dilettante de naissance.
    Or dès qu’il élève la voix viennent le punir les agents
    Car le péché originel est celui de la connaissance.

    Illustration de Marcos Chin.

  • Mademoiselle Larousse

    Mademoiselle Larousse

    Celle qui sème à tous les vents les mots de mon vocabulaire
    Est nue comme ma page vierge qui attend son inspiration.
    Et quand ma muse vient au devant d’une défaillance épistolaire,
    L’esprit l’accueille, mon cœur l’héberge et je reprends ma narration.

    Ainsi je l’habille de vers et je l’abreuve de ma prose
    Afin qu’elle me souffle l’envie de lui écrire un mot d’amour.
    Parfois mon poème est pervers, parfois il est à l’eau de rose
    Mais d’un style qui la ravit à l’aide d’un soupçon d’humour.

    Tableau de Nikolay Ninov.

  • La sirène adolescente

    La sirène adolescente

    Lorsque deux jolis seins en pomme ornèrent la sirène nubile,
    Je m’engageai à les croquer juste en échange d’un baiser.
    J’étais encore un petit homme et la fille pas trop malhabile
    Car elle s’empressa de truquer le marché pour me déniaiser.

    Nous nous désirions de concert, aujourd’hui mon cœur en soupire ;
    Elle m’a plongé en plein émoi et m’a mis le monde à l’envers.
    Elle m’appelait son petit cancer car elle était pince-sans-rire ;
    D’ailleurs elle en pinçait pour moi lorsque je marchais de travers.

    Lorsque je suis parti en Suisse, elle est restée près de sa mère
    La Méditerranée trop triste de la quitter contre son gré.
    Jalouse autant qu’elle le puisse, j’avalai la pilule amère
    De la sirène égocentriste qui me vit partir sans regret.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • Sirène de ma jeunesse

    Sirène de ma jeunesse

    Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, la sirène de ma jeunesse
    Était encore un peu timide et n’osait montrer sa poitrine.
    Elle vivait encore chez sa mère – une sirène diaconesse –
    Qui monnayait par temps humide des parapluies dans sa vitrine.

    Son mari était harponneur et partait chasser la baleine
    Sauf qu’en mer Méditerranée elles ne sont pas très nombreuses…
    Mais il mettait un point d’honneur à les poursuivre à perdre haleine
    Jusqu’aux confins où chaque année elles venaient en éclaireuses.

    Quant à ma petite sirène, j’aimais beaucoup la dessiner,
    Colorer ses écailles en rose et lui aquareller les yeux.
    J’offris à ma petite reine ses plus beaux traits hallucinés
    Avec son sourire morose qui lui donnait l’air malicieux.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • Au soleil louchant

    Au soleil louchant

    Je me suis toujours demandé quel est le sens approprié
    Pour jouir le plus d’une femme : la vue, l’odorat, le toucher ?
    Or, de vous à moi, répondez : À quel sein faut-il se prier
    Lorsqu’il nous fait – plaisir infâme – irrésistiblement loucher ?

    Si l’ouïe permet de murmurer des « je t’aime » au creux de l’oreille,
    Le goût, lui, procure aux baisers le plaisir des lèvres sucrées.
    En fait, on ne peut mesurer quel est le meilleur appareil
    Qui donne à l’amour embrasé le sens qui lui est consacré.

    La première fille qui m’ouvrit son cœur et son corps en offrande,
    Fit du garçon dépucelé, l’homme nouveau ragaillardi ;
    Le conquérant qui découvrit parmi les richesses les plus grandes,
    Celle dont l’amour fut révélé, trouva la clef du Paradis.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .

  • Au soleil levant

    Au soleil levant

    Il y a celles avec qui l’on couche et celles avec qui l’on se lève.
    Devinez celle que préfère… sans doute celle du matin ;
    Celle qui m’embrasse sur la bouche et subrepticement enlève
    Sa chemise afin de refaire l’amour dans nos draps de satin.

    Si j’ai connu beaucoup d’« Aurore », je n’ai connu nulle « Crépuscule »
    Bien que leurs coiffures de cuivre s’apparentent aux plus beaux couchers.
    Le coq chante et la poule pérore aussitôt que l’aube bouscule
    Tous les éveils qui vont s’ensuivre parmi mes rêves effarouchés.

    L’amour nous met en appétit et il faut reprendre des forces ;
    Or un bon petit déjeuner nourrit le feu à la folie.
    « Et si nous faisions un petit ? » Ensemble on redresse le torse,
    On s’enlace, on est déchaîné et on retourne vite au lit.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .

  • Éclipse de poitrine

    Éclipse de poitrine

    Quand elle rabat sa chemise et qu’elle éclipse sa poitrine,
    Un clair-obscur gagne ses seins lorsque ses mamelons se couchent.
    Et jusqu’à l’aurore promise où elle rouvrira sa vitrine,
    Je me noierai dans son bassin de rêves aux fantasmes farouches.

    Comme l’arbre qui cache la forêt, la gorge ouverte et découverte
    Occulte le reste du corps par l’aréole et le téton.
    J’ai beau essayer d’explorer ses parties intimes offertes,
    J’y reviens encore et encore comme rivé à un mousqueton.

    Enfin la culotte bleu-nuit plonge sa toison d’or dans l’ombre
    Et puis les jambes à leur tour se glissent dans l’obscurité.
    Maudit soit ce matin qui nuit à nos ébats qui se dénombrent
    Par les étoiles alentour de tous nos orgasmes hérités.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .

  • Mes partenaires santé

    À chacun son Petit Génie, son Ange-Gardien, sa Mascotte ;
    Au Cœur, son petit Cupidon qui soigne ses peines d’amour ;
    La Bonne Conscience s’ingénie à panser l’Âme qui l’asticote ;
    Et le Spirituel a le don de confondre Esprit et humour.

    Mais le Corps, lui, veut du concret, de l’assurance, du matériel ;
    Il se cherche un bon partenaire qui l’étudie de l’extérieur.
    Quelqu’un qui se montre discret sur ses organes sensoriels
    Comme ce bon Docteur Portner lorsqu’il guérit ton postérieur.

    Docteur Portner aime les boutons et les furoncles sur tes fesses
    Qu’il prend plaisir à sectionner d’un coup de bistouri magique.
    Il rit toujours, il est glouton d’humeur comique qu’il professe ;
    Humour qui est affectionné pour contourner les peurs tragiques.

    Derrière l’ombre du médecin, son équipe d’anges-gardiennes
    Aux petites mains délicates te trouveront toujours de la veine.
    Celle qui t’accueille à dessein de sa bonne humeur quotidienne
    Et celle qui te tâte et te gâte afin que tes douleurs soient vaines.

    Praxis Team et son équipe à Winterthur-Seen.

  • Meine Gesundheitspartner

    Jeder hat sein eigenes kleines Genie, seinen Schutzengel, sein Maskottchen;
    Im Herzen seinen kleinen Amor, der seinen Liebeskummer heilt;
    Das gute Gewissen ist bemüht, die Seele zu heilen, die ihm etwas belasten;
    Und das Spirituelle hat die Gabe, Geist mit Humor zu verwechseln.

    Aber der Körper will etwas Konkretes, Sicherheit, Material;
    Er sucht sich einen guten Partner, der ihn von außen studiert.
    Jemand, der mit seinen Sinnesorganen diskret umgeht.
    Wie der gute Doktor Portner, wenn er dein Hinterteil heilt.

    Doktor Portner liebt Pickel und Furunkel an deinem Hintern.
    Die er mit Vergnügen mit einem magischen Skalpell abtrennt.
    Er lacht immer, er ist gefräßig von der komischen Stimmung, die er bekennt;
    Humor, der dazu angetan ist, tragische Ängste zu umgehen.

    Hinter dem Schatten des Arztes steht sein Team von Schutzengeln.
    An den kleinen, zarten Händen findest du immer eine Vene.
    Die, die dich absichtlich mit ihrer täglichen guten Laune empfängt.
    Und die, die dich tastet und verwöhnt, damit deine Schmerzen vergeblich sind.

    Praxis Team und sein Team in Winterthur-Seen

  • Pour l’amour d’une jolie tahitienne

    À l’auberge du bout du monde, aux derniers confins de la Terre,
    Tous ceux qui arrivent un jour, y restent et n’en repartent plus
    Car des vahinés furibondes au caractère autoritaire
    Leur offrent un immortel séjour et l’éternité en surplus.

    Sans doute est-ce le paradis des navigateurs solitaires
    Qui cherchent à fuir le quotidien de leurs routines béotiennes.
    Ce serait même une parodie, on trouverait des volontaires
    Cherchant sur le plan méridien l’amour d’une jolie tahitienne.

    Illustration d’Edwin Georgi.

  • Le trouble de l’envie

    Peu à peu ma vision se trouble dans une brume de couleurs
    Qui correspondent à son corps nu qui ne perçoit que le toucher.
    Et comme mes deux mains voient double, elles doivent surmonter la douleur
    De leur myopie biscornue qui les fait peu à peu loucher.

    Enfin au trouble de l’envie, vient le trouble de l’expression ;
    Alors je bégaie de caresses qui ressemblent plus à des secousses.
    Étrangement elle est ravie de ma timide progression
    Et aime tant ma maladresse qu’elle reviendra à ma rescousse.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .