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  • Pas de Noël cette année !

    Arrêté un soir de décembre par des bandits bêtes et méchants,
    Il a tremblé de tous ses membres sous les six-coups effarouchant.
    Le Père Noël est attaqué et sa tournée est déjouée ;
    Le Père Noël estomaqué est dépouillé de ses jouets.

    Récidive un soir de janvier, les mêmes malfaiteurs entraînent
    Les trois rois qui sont conviés à abandonner leurs étrennes.
    Volant l’or, l’encens et la myrrhe aux mages en plein désarroi,
    Les quatre lascars leur permirent de partir sans tirer les rois.

    Illustration de Morris.

  • D’eau, de terre, d’air et de feu

    La femme est d’eau fraîche et d’amour et semble même insatiable ;
    Son homme fera ce qu’il peut pour lui faire atteindre l’orgasme.
    Si elle simule avec humour une extase inappréciable,
    Elle échangera la mauvaise queue pour une autre avec enthousiasme.

    La femme est aussi terre-à-terre et prend le taureau par les cornes
    Qui devra bosser sans relâche pour lui construire sa maison.
    Elle en sera propriétaire et si « Lui » dépasse les bornes,
    Elle divorcera de ce lâche souvent à tort ou à raison.

    La femme a l’air dévergondé, femme-enfant toute énamourée ;
    Son compagnon devra la suivre sans se poser trop de questions.
    Pourtant s’il va vagabonder et folâtrer dans les fourrés
    Avec une autre, il va s’ensuivre une flopée de congestions.

    La femme a le feu à la croupe au moment de l’ovulation
    Et l’homme jouera au pompier pour la satisfaire dans son lit.
    Et s’il le faut, toute une troupe conviée à la copulation,
    Afin, tout en prenant son pied, de chasser sa mélancolie.

    Illustrations de Duane Bryers sur https:meladan.livejournal.com516315.html .

  • Un, deux, trois et le clou du spectacle

    Un chat pitre ouvre la revue des folles bergères du pâturage
    Avec sa pelote de laine pour enchaîner les numéros.
    Comme un fil d’Ariane prévu, qui vous guide et vous encourage
    À poursuivre sans perdre haleine les aventures de nos héros.

    Deux chiens qui s’aiment d’amour tendre, robes violette et orangée,
    Vous miment l’histoire incroyable des chiens d’Ulysse et Pénélope.
    Ils parsèment leur carte du tendre d’os à moelle et puis d’os rongés
    Dont ils jalonnent l’inoubliable parcours obscur et interlope.

    Trois jeunes cabots dans le vent, coiffés d’un fruit orchestrateur,
    Entonnent en bouquet final un pot-pourri, bien entendu.
    Le trio s’avance au-devant de la scène face aux spectateurs
    Et saluent d’un original coup de théâtre inattendu.

    Coup de théâtre musical : ce sont leurs puces compositrices
    Lointaines cousines éloignées des scarabées de Liverpool.
    Pour un spectacle dominical, c’est d’une joie inspiratrice
    Dont vous tous pourrez témoigner des chiens géniaux, un peu maboules.

    Tableaux de Daniel Patrick Kessler.

  • Le marginal

    Le marginal

    Chacun voit midi à sa porte et à chacun sa vérité ;
    Le marginal cherche sa voie là où les autres ne vont pas.
    Un tournesol qui se comporte d’une façon déméritée
    Ne se soumet pas à la voix solaire mais à son propre compas.

    Les tournesols naissent égaux, du moins surtout à la naissance,
    Mais perdent leur égalité en grandissant selon la sphère
    Qui favorise leur ego en leur apportant connaissance
    Et surtout par la qualité acquise du sens des affaires.

    Certains essaient d’accaparer et détourner leur habitat ;
    D’autres abusent de leurs semblables et leur font payer l’eau du ciel
    Mais il convient de séparer les marginaux des chefs d’état ;
    Ces derniers sont d’irresponsables lèche-bottes présidentiels.

    Photo trouvée par Jacques Williet sur https:jacqueswilliet.com20180731du-bleu-au-jaune .

  • Autres formes de vérité

    Si vous cherchez la vérité, suivez la route de la foi
    Mais n’attendez pas pour autant trouver la lumière de Dieu.
    Les religions n’ont hérité d’aucune certitude en soi ;
    Sondez-en leurs omnipotents Rabbins, Papes, Imams dispendieux !

    La vérité chez l’animal entre victime et prédateur
    Obéit aux lois de la vie qui se transmettent sans effort ;
    « Manger pour vivre » est minimal, « vivre pour manger » révélateur
    Que tout dépend de la survie de celui qui est le plus fort.

    La vérité entre hommes et femmes reste encore un sujet bancal.
    Depuis sa faute originale, Ève est de honte mâtinée ;
    Fourberie et mensonge infâmes par le cordon ombilical
    Transmis de source vaginale à sa lignée contaminée.

    Mais le prix de la vérité la plus hypocrite revient
    À la devise « Liberté Égalité Fraternité »
    Dont nos mairies ont hérité et paradoxalement advient
    À une Marianne déconcertée d’une l’illusoire modernité.

    Tableaux de Voglio Bene sur https:www.vogliobeneart.comgalerie-de-visuels-voglio-bene .

  • La voix de sa mère

    La voix de sa mère

    Quand la sirène commuta sa jolie queue en jolies jambes,
    Elle conserva le contact avec la reine des abysses.
    Avec deux conques qu’elle permuta en plaçant l’une à l’entrejambe
    Qu’elle dut se coincer avec tact sur la peau tendre du pubis.

    En portant l’autre à son oreille, elle pouvait écouter sa mère
    Comme un cordon ombilical mais à distance et par wifi.
    Les conques, à nulle autre pareille, portaient tellement loin sur la mer
    Qu’aux transmissions subtropicales, c’ fut un véritable défi.

    Pourquoi sur le pubis au juste ? Sans doute que le clitoris
    Devait jouer le rôle d’antenne ou de signal répétiteur.
    On pense aussi que sur le buste perlent deux tétons qui nourrissent
    Et donc amplifient par centaine les appels depuis l’émetteur.

    Tableau de Michael Whelan.

  • La fille des ondes

    La fille au joli nez de cygne aimait autant le poisson cru
    Ainsi sans doute était-ce un signe sinon alors qui l’aurait crue ?
    En tartare, salade ou sushi, en céviche ou en tahitienne,
    Nourriture rêvée pour le chi † et, pour le corps, esthéticienne.

    Elle gagnait sa vie à Marseille à son étal de poissonnière ;
    Quand vous irez, je vous conseille de prendre sa sole meunière
    Qu’elle cuisine sans se faire prier dans sa boutique du panier ††
    Près du vieux port à la criée et ses maraîchers cancaniers.

    (Tableaux d’Oleg Shupliak sur https:arts.centerukOlegShupliak
    † le chi ou le qi représente l’énergie vitale
    †† célèbre vieux quartier de Marseille.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Femme-sandwich-nature

    Pas de dessous, pas de soutif, pas de collant, pas de culotte
    Pour la femme-sandwich-nature sans compliment supplémentaire.
    Oui, le vêtement est fautif car il faut que les seins ballotent
    Entre les bois de l’armature pour un confort complémentaire.

    Mais comme elle a gardé son string pour faire taire la censure,
    Les flics n’ont pas pu l’embarquer pour attentat à la pudeur.
    N’empêche que le sponsoring devrait la doter de chaussures
    Pour courir lorsqu’un vent arqué souffle par-dessous avec rudeur.

    Illustration de Terry Dodson.

  • Le bisou bison

    Le bisou bison

    J’embrasse mon chien sur la truffe et mon cheval sur les naseaux ;
    Je fais la bise à mon bison et à ma femme sur la chatte.
    Pour faire taire les tartufes qui me traitent de noms d’oiseaux,
    J’embrasse pour leurs guérisons tous les êtres auxquels je m’attache.

    J’embrasse les femmes sur le cœur et les hommes sur ce qu’ils me donnent ;
    J’étreins les arbres des forêts et tous les couchers de soleil.
    Je suis poète chroniqueur qui se livre et qui s’abandonne
    Aux petits bonheurs honorés dont la Nature l’émerveille.

    Source inconnue.

  • The King-Kong of jazz

    The King-Kong of jazz

    Tandis que le grand singe aphone soufflait fort dans son saxophone
    En marchant parmi les rues sombres comme s’il en chassait les ombres,
    Une jeune fille amnésique, semblant sensible à sa musique,
    Attendait l’air insupporté qu’il passe enfin à sa portée.

    Il atteignit le carrefour bien qu’il fit noir comme dans un four
    Et dégagea une lumière témoignant d’une avant-première.
    Alors la fille mélomane qui était aussi nymphomane
    Jeta alors son dévolu sur la grosse bête poilue.

    Quand la musique s’arrêta, on vit la fille qui s’apprêta
    À escalader la fourrure afin qu’ensemble ils encoururent
    L’amour bestial et musical, horizontal et vertical,
    Dans les positions romantiques des passions les plus authentiques.

    Illustration de Milo Manara sur https:designyoutrust.com202201milo-manara-comic-art-youve-probably-never-seen .

  • Sexologie des.affecté.e.s

    Sexologie des.affecté.e.s

    Dans les toilettes désaffectées où personne ne vient jamais,
    Elle donne des cours de libido, évidemment illégitimes.
    Mais parmi le sol infecté, ses patients peuvent désormais
    Déverser derrière le rideau leurs préoccupations intimes.

    Prévu comme un confessionnal, les gens ne pourront s’empêcher
    D’avouer échecs et débandades, déceptions et frigidité.
    Face au délire obsidional des pénitents qui ont péché,
    Elle conseille à la dérobade avec force et lucidité.

    Si vous entrez vous confesser, allez à la première porte ;
    Pour les exercices pratiques, allez jusqu’à celle du fond !
    Quant aux amateurs de fessées, allez-vous-en, cela l’insupporte
    Mais pour les pervers narcissiques, ses conseils sont des plus profonds.

    Tableau de Greg Tochinni sur https:desenhaporra.wordpress.comcategorygreg-tochinni .

  • L’ennui au harem

    L’ennui au harem

    Elle domine tout le monde en ce qui concerne l’amour ;
    Elle connaît plus que tout le monde la manipulation des cœurs ;
    Elle couche plus que tout le monde, depuis longtemps, depuis toujours
    Et lors des championnats du monde, elle a terminé grand vainqueur.

    Mais elle s’ennuie finalement, elle n’a plus rien à découvrir ;
    Elle a fréquenté les harems, histoire d’être la favorite.
    Dans les bordels suisse-allemand, elle a fini par recouvrir
    Aux plus cupides des barèmes en effeuillant sa marguerite.

    Alors elle tue ses amants comme une amante religieuse
    Si jamais ils n’innovent pas lors de la deuxième rencontre.
    Je pourrais écrire un roman de ses aventures litigieuses
    Mais voilà, devant ses appas je cède et m’y blottis tout contre.

    Illustration de Milo Manara sur https:designyoutrust.com202201milo-manara-comic-art-youve-probably-never-seen .

  • Le retour de Vénus

    Le retour de Vénus

    Les liaisons ayant gravi de nouvelles marches d’expression,
    Remplaçons les vieilles badernes et secouons le cocotier !
    Botticelli serait ravi de connaître en réimpression
    Sa Vénus aux amours modernes habillée par Jean-Paul Gaultier.

    Cupidon gay, Vénus lesbienne, l’ensemble frise le délit
    Et complique les relations – on ne saurait le répéter.
    Ou alors, il faudrait qu’advienne un clone de Botticelli
    Qui ferait la révélation d’une déesse LGBT.

    Pour ma part, je reste classique avec une Vénus exotique,
    Femme de couleur de préférence pour des amours enluminées.
    Mais pas de Vénus narcissique, plus snobinarde qu’érotique,
    Qui ne pense qu’à son attirance et ses addicts efféminés.

    Léa T. personnifiant la Vénus de Botticelli.

  • Érotique innocence

    Érotique innocence

    Les adolescentes au lycée, en train de devenir des femmes,
    Me semblaient d’une espèce humaine insatiable à contenter.
    Emmurées dans leurs gynécées et leurs maniérismes infâmes,
    Féministes durant la semaine et les week-ends désenchantées.

    Autant il se dégageait d’elles les fantasmes les plus érotiques,
    Autant le chemin de leur cœur était semé de chausse-trappes.
    Moi, je n’étais qu’une hirondelle guettant son printemps pathétique ;
    Elles, ne cherchaient que leur vainqueur, l’apollon de première frappe.

    Mais voilà j’étais dominé par l’esprit de compétition
    Qui voulait être le plus fort en se montrant compétiteur.
    Il m’a fallu éliminer le nœud de cette inhibition
    Brisant au prix d’un grand effort mes préjugés inhibiteurs.

    Illustration d’Audrey Kawasaki sur https:www.graffeur-paris.comartistesla-talentueuse-audrey-kawasaki .

  • Mycé l’homme & Amanita sa femme

    Mycé, l’homme, habite en forêt chez ses parents de bonne souche
    Qui l’ont élevé au niveau des arbres aux plus hautes branches.
    Les deux oreilles perforées et le regard un peu farouche
    Ont fait de lui le Marivaux des amourettes du dimanche.

    Amanita le rencontra plusieurs fois au cours de l’automne
    Avec ses copines agréées, sournoises, bêcheuses, idiotes, immondes.
    Aisément elle lui démontra comment fuir sa vie monotone
    Pour ensemble aller procréer les plus beaux champignons du monde.

    Sources Marga Prieto Art sur https:www.deviantart.commargaprieto .

  • Le rêve du chat

    Le rêve du chat

    À quoi rêve le chat qui dort pendant ces instants éphémères ?
    Aquarelles aux poissons dorés, portrait du Roi Souris Premier ?
    Marche-t-il dans les limbes d’or à la recherche de sa mère
    Et ses mamelles douces adorées à peloter sous le sommier ?

    En fait, il rêve sur la colline et sous les nuages qui passent
    En forme de gros poissons blancs en guettant l’instant favorable ;
    Bondissant du sol trampoline, il capture sa proie dans l’espace
    Qui cherche un salut en tremblant dans une fuite mémorable.

    Il rêve aux oiseaux insouciants en train de chanter sur leur branche
    Tandis qu’il fait glisser son ombre ; personne ne le voit venir.
    Surgissant vif et impatient, il fauche d’une coupe franche
    Deux ou trois moineaux dont le nombre nourrira ses beaux souvenirs.

    Tableau de Claude Meow.

  • Les couleurs du temps

    Les couleurs du temps

    Le temps affiche ses humeurs sur l’écran noir du firmament
    Que le soleil projectionniste éclaire de couleurs attachantes.
    Selon la source des rumeurs qui courent encore pertinemment,
    On peut prédire d’impressionnistes lendemains qui chantent ou déchantent.

    Selon le thème du crépuscule, la météo se fait oracle
    Et une aurore de bon augure nous sourira d’un ton plaisant.
    Mais dès que le soleil bascule et qu’il sort de son habitacle,
    Il apparaît ce qu’inaugure l’exposition du temps présent.

    Le temps se rit des habitudes et ses peintures irrationnelles
    Provoquent autant de sensations que de stupeurs et tremblements.
    Flocons de neige en altitude, orages et pluies émotionnelles
    Rendront la représentation fidèle à son tempérament.

    Tableau d’André Derain.

  • Tendres chimères

    J’ai souvent rêvé de chimères, jolies nymphes et belles sirènes
    Mais j’ai toujours su éviter harpies séniles, vielles souris.
    Mais voici qu’une intérimaire serrée dans sa grosse carène
    Est, malgré son obésité, venue remplacer mes houris.

    Accompagnée d’une consœur, une poule bien mal fagotée,
    Elles ont su me dorloter, me couver et me câliner.
    Quant à moi, le mauvais penseur, sexuellement ravigoté,
    Après les avoir pelotées, j’ai cessé de les taquiner.

    Laissez-moi donc vous présenter ma nouvelle muse attitrée ;
    Coquecigrue-la-cajoleuse, inspiratrice assermentée.
    Elle m’a fourni, sans plaisanter, ce joli texte bien titré
    Et mes inepties cavaleuses en s’ront nettement pimentées.

    Tableaux de Vladimir Golub.

  • Coup de foudre au Paradis

    Il n’est pas si facile sur Terre de trouver chaussure à son pied ;
    Trouver son âme-sœur relève d’une cruelle difficulté.
    Découvrir son complémentaire et puis tomber dans un guêpier
    Brise le cœur d’un coup de glaive et tout espoir est occulté.

    Mais au Big-Bang du Paradis, tous les milliards d’âmes détonent
    Dans une explosion de passion, d’amour et de béatitudes.
    Chaque entité ragaillardie s’associe et se pelotonne
    Par l’énergie de compassion qui met fin à la solitude.

    Quand nous prions, masturbons-nous pour atteindre l’état de grâce
    Et nous relier au sacré en joignant nos mains sur le sexe !
    Car du phallus ou du minou, quel est l’organe qui embrasse
    Le plus le chemin consacré à notre salut intrinsexe ?

    Tableaux de Vladimir Golub.

  • Les jeux olympiques à Paris

    Les jeux olympiques à Paris

    Avec tous les conflits mondiaux, des États-Unis à la Chine,
    De la Russie jusqu’à l’Ukraine, d’Israël contre le Hamas ;
    Et j’en oublie les primordiaux ainsi qu’ ceux qui courbent l’échine…
    Bref il est possible qu’on craigne plus d’une défection en masse.

    Ce n’est pas grave car la France n’aura que la télévision
    Pour retransmettre les exploits de sportifs super vaccinés.
    Si jamais l’un d’eux concurrence l’État en autodérision,
    Il finira à Pôle Emploi ou pire sera assassiné.

    Ce ne sont pas les étudiants qui le regretteront le plus
    Puisqu’ils seront évacués pour laisser leurs chambres aux athlètes.
    Les bouquinistes et les mendiants ont eu droit sans qu’ils le voulussent
    De dire à leurs habitués de n’ plus venir faire leurs emplettes.

    Tableau de Joseph Zbukvic.

  • Concocte-moi ton 49,3° !

    Concocte-moi ton 49,3° !

    Ce gouvernement bien huilé par un président inventif
    Ressemble presqu’à s’y méprendre au piano-cocktail de Boris.
    Les ministres ont assimilé comment se rendre intempestifs
    Et les députés ont su prendre les mesures qui nous hérissent.

    Chaque arrêté ministériel, relié au quarante-neuftrois,
    Provoque son cocktail de grèves et son punch de contestations.
    Chaque décret caractériel d’un esprit retors et étroit
    Provoque des abcès qui crèvent les yeux aux manifestations.

    Les spécialités du moment ont déjà dépassé les bornes
    Car les protections sanitaires ont des effets indésirables.
    Or ceux qui démontrent comment le gouvernement nous écorne
    Auront sanctions disciplinaires, à moins d’faire amende honorable.

    Illustration de Gaëtan & Paul Brizzi pour « L’écume des jours » de Boris Vian.

  • La sirène des abysses

    La sirène des abysses

    Au plus profond des abysses dans les ténèbres éternelles
    Comment les sirènes opèrent pour éclairer leurs chaumières ?
    Afin que nul s’estourbisse sur les roches sempiternelles,
    Elles balisent leurs repaires avec des poissons-lumières.

    Ces poissons des profondeurs heureusement vivent à demeure
    Avec la faune abyssale depuis des millions d’années.
    Certains sont un peu frondeurs mais, de crainte qu’ils n’en meurent,
    Elle leur ouvre en grand la salle pour qu’ils puissent ricaner.

    Car ces poissons-lumineux, d’apparence monstrueuse,
    Préfèrent en rire à mourir plutôt que s’en lamenter.
    Rarement volumineux, en foule tumultueuse,
    Ils viennent alors concourir aux soirées ornementées.

    Tableau de Vinhza.

  • La sirène tricheuse

    La sirène tricheuse

    Une sirène qui fait sa mue, qui agit comme le serpent
    Dont les écailles se détachent à chaque changement de saison
    Et dont la queue d’or se transmue en deux gambettes s’extirpant
    D’une vieille peau qui entache le sable devant sa maison.

    Après la voici courant nue, les cheveux volant dans le vent
    Et les seins comme sémaphores qui lancent des signaux glamours,
    Bravant les hommes sans retenue qui deviennent ses poursuivants
    Et qu’elle attire sans métaphore pour les faire mourir d’amour.

    Enfin l’ogresse, car ç’en est une, verra ses jambes recouvrir
    Des écailles toutes nouvelles sur son giron ventripotent.
    C’est selon la phase opportune que j’ai pu ainsi découvrir
    Que quand la Lune se renouvelle, la sirène en fait tout autant.

    Illustration de Briony May Smith.

  • Trop de gommage tue le visage

    Trop de gommage tue le visage

    Elle s’était fait tant de gommages, de maquillages et fonds de teint,
    Qu’elle avait perdu son visage, du moins ses traits avaient déteint.
    On lui proposa de lui peindre une frimousse assez jolie
    Dont la beauté saurait empreindre toute sa figure dépolie.

    Ainsi fut fait pour le lundi, un minois fait pour le travail
    Qu’elle garde jusqu’au vendredi et qui tiendra vaille que vaille.
    Le samedi on fait les courses, elle porte un faciès à crédit
    Et le dimanche, retour aux sources, son vrai visage sans discrédit.

    Photo de Sadie Robinson sur https:fstoppers.compicturesflickr-spotlight-faceless-portraits-5820?epik=dj0yJnU9dGJYUEhoNlE3dWJUUjVodzNoc0s1Z09SeGR1dVhzOVcmcD0wJm49SHJXZWdIb0hfUGs4cnJIVi1VdTIwQSZ0PUFBQUFBR1VXYmw4 .

  • La Reine du jour et l’ange de la nuit

    La Reine du jour et l’ange de la nuit

    Elle aimait l’ange de la nuit qui partait sans se retourner
    Et quittait l’aimable séjour quand l’aube semblait revenir.
    Après elle mourait d’ennui dans l’interminable journée
    Car elle était Reine du jour et devait lui appartenir.

    Elle profita d’une éclipse pour l’attirer en son palais
    Et le garder entre ses murs par une malice insolente.
    Pour lui, ce fut l’apocalypse car le soleil équivalait
    Au terme de son âge mûr et au début d’une mort lente.

    Entre ses bras, il disparut rejoindre les anges déchus
    Coupables de s’être attachés à une créature humaine.
    Lorsque le soleil apparut ce matin-là au terme échu,
    La Reine du jour courut cacher sa peine durant des semaines.

    Tableau de Kinuko Y. Craft sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201403Kinuko-Craft.html?m=1 .

  • La paresse

    La paresse

    Le chat n’est pas plus indolent que l’est une femme au foyer †
    Même si tous deux passent leurs journées à dormir un peu n’importe où.
    L’alanguissement insolent est fait pour nous apitoyer
    Et leur prodiguer des tournées de chatteries un peu partout.

    Si vous trouvez votre femme à poil en rentrant ce soir du boulot,
    Ne cherchez pas l’amant caché si ce n’est son chat allongé.
    Les chattes aiment à rebrousse-poil vous provoquer le ciboulot
    Pour que vous soyez attachés à des caresses prolongées.

    Les deux chasseurs crépusculaires, le chat et la maîtresse-femme,
    Sont hautement qualifiés pour traquer et garder leurs proies.
    Leurs petits culs spectaculaires sont leur arme la plus infâme ;
    Pauvres de nous, sacrifiés envers l’endroit le plus étroit.

    (Gravure sur bois de Félix Valloton
    † Ni misogyne ni féministe, j’aurais pu écrire « homme au foyer » mais l’image a primé.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Jusqu’à ce que j’enlève mes lunettes

    Jusqu’à ce que j’enlève mes lunettes

    Tout allait bien ce matin-là sur la plage de la croisette ;
    Quelques bateaux à l’horizon, le vent soufflant sur les dunettes.
    Bizarrement je me sentais las, je n’étais pas dans mon assiette
    Pour je ne sais quelle raison jusqu’à c’ que j’enlève mes lunettes…

    Un ange déchu dans le ciel me parut assez démentiel ;
    L’homme au poignard ensanglanté venait à peine de le planter ;
    Une main émergeant du sable cherchait de l’aide indispensable ;
    Deux jumeaux avec tentacules en guise de jambes, sans scrupule.

    Lorsque je remis mes lunettes tout était redevenu normal
    Mais qu’est-ce que la réalité sinon l’illusion approuvée
    Par une bande de gens honnêtes qui jugent le paranormal
    Comme une autre éventualité dont l’existence reste à prouver… ?

    Illustration de Jeff Lee Johnson.

  • Il suffit parfois d’un petit coup de vent…

    Il suffit parfois d’un petit coup de vent…

    Parfois juste un petit coup de vent et nous voici de bonne humeur ;
    Une robe qui se soulève, un chapeau qui prend son envol.
    Un jupon qui s’ouvre par devant et qui atteste la rumeur
    Qui prédit que l’arrière révèle un petit derrière frivole.

    Mais pour chasser l’inattendu de la jolie fesse charnue,
    Il faut arpenter les ruelles et guetter la brise grivoise
    Qui entrouvre jupes fendues, chemisiers à col biscornu ;
    La petite saute de vent cruelle dont l’œil et le cœur se pavoisent.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’ascension au Paradis – 3

    L’ascension au Paradis - 3

    De mes dernières découvertes,
    J’ai appris que le Paradis
    N’existe pas tout simplement
    Parce que Dieu ne l’a pas prévu.
    En conséquence, reste ouverte
    La question sur la parodie
    Qui appelle au rassemblement
    Les âmes de corps dépourvues.

    J’ai pris alors la liberté
    Et, en retour, l’initiative
    D’aménager une retraite
    Où j’inviterai volontiers
    Ceux qui ont passé leur puberté,
    Qui ont l’âme imaginative
    À presser le pas d’une traite
    En vue de la fin du chantier.

    J’accosterai sur mon navire
    Pour la fameuse traversée
    Du célèbre fleuve de Léthé
    Vers notre ultime destinée.
    Après trois tours de vire-vire
    Et quelques tonneaux renversés,
    Nous arriverons en été
    Dans ma cité prédestinée.

    Tableau de Jonathan Solter sur https:phaneros.lovejonathan-solter-cosmos .

  • Fine Joséphine – 2

    Fine Joséphine

    Croustillante comme une baguette sortie toute dorée du four,
    Fine Joséphine aux jolies miches était fille de boulanger.
    On vit ses affiches de starlette placardées à chaque carrefour
    Aguichant de ses yeux de biche toutes catégories mélangées.

    Les adeptes du Moulin-Rouge ainsi que des Folies Bergères,
    Ont apprécié ses revues qu’encore aujourd’hui on répète :
    « Lorsqu’elle danse et qu’elle bouge son corps dans ses tenues légères,
    Tous veulent avoir une entrevue dans sa loge pour un tête-à-tête ! »

    Joséphine aime s’enivrer de bons vins et surtout du rhum
    Qui lui rappelle les origines de ses ancêtres plein de courage.
    Mais lorsqu’elle vient se livrer pour le plus grand plaisir des hommes,
    Elle fait taire les misogynes… et fait monter les commérages.

    Tableau de Jean-Gabriel Domergue.

  • Cornes d’abondances

    Cornes d’abondances

    Entre les cornes sur la bête et les cornettes sur la tête,
    Elle était sous la dépendance de toutes cornes d’abondance.
    Sans doute était-elle insatiable et ce n’était pas négociable
    À être bien entretenue, pension, étrennes et revenus.

    Hélas le mari belliqueux tirait le diable par la queue
    Et pour faire brûler la chandelle, sa femme se fit infidèle.
    D’où les coiffures en cornettes et déshabillés malhonnêtes
    Pour soutirer les ducatons qu’elle fourrait entre ses tétons.

    Ces jours-là vous verrez la belle sortir agitant son ombrelle
    Pour signifier aux prétendants qu’ils peuvent en profiter pendant
    Le temps qui leur est imparti tant que le marié est parti
    Mais gare à l’amant qui s’attarde si l’autre rentre par mégarde !

    Tableau de Bayram Salamov sur https:valentinna.livejournal.com326369.html?style=mine .

  • Le violoniste rocambolesque

    Le violoniste rocambolesque

    Tandis que j’étais prisonnier de la gardienne de mes rêves,
    Toute une faune assez burlesque a débarqué dans ma cellule.
    Parmi les oiseaux saisonniers, j’eus droit à la prestation brève
    D’un violoniste rocambolesque accompagné de libellules.

    Je ne sais comment il jouait car de sa bouche perlait un sein
    Dont le lait giclait sur les cordes couinant de façon singulière.
    Mais en revanche, je lui vouais toute mon attention à dessein
    Car l’ensemble semait la discorde dans les pensées de ma geôlière.

    Vers six ou sept heures sonnantes, toutes les portes étaient bouclées
    Et j’ai vu au soleil couchant le vent chasser les feuilles mortes.
    Puis j’ai trompé ma surveillante en lui subtilisant ses clefs
    Particulièrement celle des champs que j’avais glissée sous la porte.

    Tableau de Reydel Espinosa Fernandez sur https:www.artmajeur.comreydelespinosa .

  • De ma chambrette

    De ma chambrette

    Lorsque la pluie fait toilettage à la fin d’un jour moribond,
    L’aurore revient l’érafler de ses rayons d’or mordorés.
    Depuis mon quatrième étage, le soleil entre par rebonds
    En me renvoyant les reflets des perspectives colorées.

    Depuis un moment les lumières achèvent de me réveiller
    Par les rais qui courent au plafond pour chasser les ombres chinoises
    Qui agrémentent ma chaumière et que je ris de surveiller
    Comme un oracle qui se morfond avec ses prédictions sournoises.

    Tous les matins de ma fenêtre, je me crée un instantané
    Afin de visualiser le film vu de ma chambrette
    Depuis que j’y ai vu renaître ma vie, moi, pauvre condamné
    À vivre et à réaliser mes nouvelles amours secrètes.

    Car je suis prisonnier à vie de la gardienne de mes rêves
    Qui m’a accueilli en décembre alors que j’étais somnambule.
    Bien sûr, je lui dois ma survie mais je cherche tous les jours sans trêve
    Comment m’échapper de sa chambre en passant par le vestibule †.

    (Tableau de Bayram Salamov sur https:valentinna.livejournal.com326369.html?style=mine
    † Rassurez-vous : finalement j’ai réussi à m’en sortir au petit matin ; Fabienne m’a réveillé en secouant mon oreiller et en criant « Allez debout ! Fais-moi mon petit déjeuner. J’AI FAIM !!!)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les déesses protectrices – 2

    Outre mes déesses du foyer, ma mère, ma femme, ma fille ainée,
    Il y a celles qui m’inspirent tout au long de mon existence.
    Dont une qui m’a envoyé tout ce qui m’aura entraîné
    Pour le meilleur et pour le pire avec une étroite assistance.

    Pour les poèmes, j’ai ma muse qui me souffle l’inspiration
    Direct dans le canal du cœur et qui illumine mon âme.
    Lorsque j’écris, elle s’amuse à piquer ma motivation
    Avec son sourire moqueur mais qui alimente ma flamme.

    Celle qui a le plus de travail, c’est celle qui gère les équipes
    De mes nombreux anges gardiens qui doivent me porter secours.
    Comme je suis, vaille que vaille, du vrai casse-cou, l’archétype,
    Ils ont un rythme circadien de quarante-huit heures par jour.

    Enfin celle que je préfère, c’est ma déesse imprévisible
    Qui fait de chaque jour de ma vie, l’aventure de ma destinée.
    Je l’appelle parfois Lucifère tant elle prépare dans l’invisible
    Une retraite en vis-à-vis d’un paradis prédestiné.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • Les déesses protectrices – 1

    Ma première déesse, ma mère, n’était pas très démonstrative ;
    Souvent elle restait de marbre devant mes besoins dispendieux
    Et j’ai connu l’enfance amère privé de mes prérogatives
    Que j’aurais héritées de l’arbre généalogique des dieux.

    Après ma deuxième déesse n’était pas vraiment une mère
    Mais plutôt une grande sœur qui me fit découvrir l’amour.
    Elle m’a initié aux prouesses et leurs sensations éphémères
    Car elle m’a quitté sans douceur, brutalement au petit jour.

    Ma troisième déesse plus mature m’a donné deux très beaux enfants
    Et j’en suis devenu le père presque du jour au lendemain.
    J’ai développé leur nature vers un avenir triomphant
    En respectant chaque repère que je trouvais sur mon chemin.

    La quatrième des déesses était la plus belle, la plus grande ;
    Elle me parut inaccessible comme la plus haute des montagnes.
    Si jamais cela vous intéresse, elle m’a concédé comme offrande
    Son assurance irréversible d’être une éternelle compagne.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • Flux et reflux

    Sentez le souffle de son cœur, palpez la coulée de son sang !
    Humez les embruns qu’elle expire, voyez la beauté de son corps !
    Vagues de larmes et de rancœur viennent mourir en annonçant
    Tout ce que la Terre soupire en exprimant ses désaccords.

    Vous régnez sur terre et sur mer, vous primez par la voie des airs,
    Vous défiez les lois de l’espace, de la physique et de la vie.
    Mais vos résultats sont amers et changent les contrées en désert ;
    Il faut bien que jeunesse se passe depuis que l’hiver a suivi !

    Mais sentez lorsqu’elle recule, palpez la force des marées !
    Humez les courants qu’elle inspire, voyez le soleil qui s’éclipse !
    Peu lui importe qu’on la bouscule, la mutation a démarré
    Pour le meilleur et pour le pire, voici venir l’apocalypse.

    Mais n’ayez pas peur de la mort car la Terre ne meurt jamais ;
    Elle mue, elle se transforme et elle enfante à chaque fois
    De nouvelles races matamores qui s’occuperons désormais
    De leur mandat et leurs réformes qu’elle subira encore une fois.

    Jolies Photos parmi https:archzine.frlifestylejolies-photos-prises-au-bord-de-la-mer#google_vignette .

  • Vérité n’est pas liberté

    Quand la Vérité sort du puits, elle veut effacer le mensonge
    Et révéler dans les médias les tenants et aboutissants
    De ceux qui prennent leurs appuis dans les milieux pourris qui songent
    Plutôt à taire dans l’immédiat tous leurs désirs concupiscents.

    Quand la Vérité sort du puits, elle ne plait pas à tout le monde ;
    Certains voudraient la rhabiller et d’autres plutôt la cacher.
    Elle a fait du chemin depuis toutes ces tentatives immondes
    Qui l’ont tant et tant maquillée que sa vertu en est tachée.

    Alors la vérité brandit tant bien que mal toute la lumière
    Mais le résultat paraît flou dans un brouillard d’intolérance.
    Malgré son espoir qui grandit d’être une vérité première,
    C’est la fourberie qui renfloue à force de belligérance.

    La Vérité est retombée et s’est brisée sur le pavé ;
    Fracture ouverte à l’humérus et triple cassure au bassin †.
    Elle aurait failli succomber sinon, histoire de s’aggraver,
    Elle n’était, dans son utérus, fécondée de Dieu et ses saints.

    (1er, 2ème et 4ème Tableaux de Jean-Léon Jérôme et 3ème d’Édouard Debat-Ponsan ;
    † tel fut mon diagnostic lors de ma chute de 15 mètres dans les Calanques de Marseille.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le trésor des sirènes

    Le trésor des sirènes

    Le fond des mers étant jonché de trésors issus des naufrages,
    Les sirènes ont aménagé un intérieur qui réconforte.
    Elles y attendent sans broncher que la tempête fasse son ouvrage
    Et leur envoie d’apanagées décorations de toutes sortes.

    Elles aiment les tapis d’orient et les bijoux d’ors et diamants ;
    Elles se parent de bracelets et de colliers de perles fines.
    Elles gardent en les répertoriant les œuvres d’art qui vont sciemment
    Récompenser les roitelets pour leurs pillages et leurs rapines.

    Elles surveillent les conquistadors et leurs trésors d’Ali Baba
    Qu’ils rapporteront en Espagne après y avoir fait fortune.
    Elles attendent alors la pluie d’or, après un fort coup de tabac,
    Des merveilles qui l’accompagnent pour payer l’écot à Neptune.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Poissons-chats et chiens-de-mer

    Poissons-chats et chiens-de-mer

    Les animaux de compagnie que toute sirène affectionne
    Sont dressés par des éleveurs de poissons-chats et chiens-de-mer.
    Afin que la nymphomanie de leur maîtresse se perfectionne,
    Ils participent avec ferveur à la chasse à courre outremer.

    D’abord les chiens-de-mer en meute traquent les marins aux abois
    Que tous les poissons-chats rabattent vers un emplacement précis.
    Guidée par les cris de l’émeute, la sirène fait feu de tout bois
    Afin de couler les frégates grâce au travail des poissons-scies.

    Les chiens-de-mer auront les os ; les poissons-chats, les aloyaux ;
    Tous laissent le cœur et le foie mis de côté pour la sirène
    Qui alimente le réseau des mille poissons-scies loyaux,
    En nourrissant ces disséqueurs du grand mât et de la carène.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • La nuit s’étend

    La nuit s’étend

    La nuit s’étend d’un rayon vert comme une fille qui s’endort
    Sur un lit de voûte céleste avec la Lune en abat-jour.
    Quelques étoiles à découvert, surpiquées sur de grands draps d’or,
    Percent les cieux qui se délestent de tous leurs sacs de sables lourds.

    Vient le moment indispensable de réveiller sa libido
    En attirant sur sa civière comètes et astres divers.
    Enfin, la marchande de sable se met à nager sur le dos
    Car le lit devenu rivière l’entraîne au fond de l’univers.

    Mais la nuit étant insatiable, elle sollicite le dormeur
    Et le réveille d’une idée à lui faire passer la nuit blanche.
    Si sa muse est appréciable et son désir plutôt charmeur,
    L’inspiration est décidée et la création se déclenche.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • L‘ange nue

    Certaines femmes sont des anges ; certains s’en sont déjà douté.
    Or si elles sont hyper pudiques, la cause en revient à leurs ailes
    Dont la présence les dérange lorsqu’elles viennent vous envoûter
    Au lit dans des poses érotiques qu’elles font avec beaucoup de zèle.

    Au fait… comment les repérer parmi toutes les simulatrices ?
    Observez bien leurs aréoles au moment du vendredi saint !
    Bien sûr, il ne faut pas espérer voir l’aura illuminatrice
    Émanant de leurs auréoles mais on peut voir briller leurs seins.

    Alors elles trichent en ne portant ni déshabillés ensorcelants,
    Ni n’importe quoi sur le dos qui trahiraient leurs origines.
    Pour nous, ce n’est pas important ; pour elles, rien n’est plus harcelant
    Que luire, pendant leur libido, du nimbe clair qu’on imagine.

    (Tableaux de Karol Bąk sur http:touchofcolorr.blogspot.com201601karol-bak.html
    Pour rappel, le nimbe est l’auréole des saints représenté sur les tableaux religieux.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Jeux de minous

    Jeux de minous

    Les entrechats entre minous, les entrechattes entre minettes
    Sont des petits jeux qu’on pratique entre un chat, une chatte, une fille.
    Devant les félins choupinous, opérez une moulinette
    Par l’extrémité apathique de votre tresse qui oscille.

    Entre les jambes, entre les cuisses, attirez donc les deux balourds
    En ramenant cheveux au vent devant votre mont de Vénus
    Entraînez-vous afin qu’ils puissent bien faire patte de velours
    Et savourez en salivant le chat-touilleux cunnilingus.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Renversant !

    Au moment où je démarrais sur le chemin des écoliers,
    J’entendis la voix déformée par l’eau et ses mousses visqueuses.
    Je vis la Vouivre des marais avancer nue sans son collier
    Toute menue et désarmée et sans manières belliqueuses.

    Mais dès que je la reconnus, tout autour de moi bascula ;
    Elle m’apparut avec ses armes, prête à bondir sur sa victime.
    Elle m’appela « bel inconnu » et son poison m’inocula
    Par la puissance de son charme et par ses délices intimes.

    Illustration d’Ana Miralles.

  • Bridge over troubled water

    Bridge over troubled water

    Quand Simon & Garfunkel chantent leur pont sur la rivière trouble,
    Je prends ce pont vers l’aventure pour m’y troubler l’âme et le cœur.
    Et tandis que l’esprit s’enchante des frissons dont mon corps redouble,
    J’aperçois Vénus en peinture se baignant nue d’un air moqueur.

    Comme les paroles sont en anglais, j’imagine Lady Godiva
    Juste descendue de cheval se rafraîchir dans le point d’eau.
    Tandis qu’ je lui parle en franglais, elle me répond « À-Dieu-vat !
    Je suis la femme de Perceval et mon époux revient bientôt ! »

    La table ronde des chansons dans ma tête encore caracole
    Et je n’ sais si j’aurais osé profiter ou non de l’invite.
    L’amour dont je suis l’échanson trouble mon cœur de son alcool
    Et vient chaque fois me proposer d’embrasser la belle au plus vite.

    Tableau de Dmitry Oleyn sur https:www.singulart.comfrartistedmitry-oleyn-33426 .

  • Diaboliquemente religieuse

    La fille un peu mélancolique, l’esprit ailleurs et apathique
    Est en réalité chasseuse d’un cavalier à sa mesure.
    Si elle pose un air bucolique, fleur bleue au parfum romantique,
    C’est en parfaite connaisseuse qu’elle drague la Côte-d’Azur.

    Et me voilà pris à son piège, moi qui me suis cru séducteur,
    Elle m’a joué la comédie d’une manière prodigieuse.
    À peine le temps de prendre un siège, j’étais déjà reproducteur
    Des enfants de la Milady qui n’est qu’une mante religieuse.

    Tableaux de Jean-Pierre Cassigneul.

  • Vénus dans sa grotte

    Vénus serait née dans une grotte, dans la terre et non dans la mer ?
    J’avoue que cette histoire me trotte en tête avec un goût amer !
    Pourtant si j’en crois le tableau, cela semble plus une chrysalide
    Pré-équipée d’un grand hublot pour guetter sa ligne sylphide.

    D’un côté, cela paraît logique puisque la Terre est féminine ;
    Sans doute plus écologique que la mer que l’on récrimine
    Tant par Dieu et ses religions qui croient plus à la création
    Et dont les dévots sont légion contre toute autre révélation.

    Tableau de Koloman Moser.

  • Œdipe-moi

    J’ai rêvé d’Ève et du serpent mais… était-ce « elle » finalement ?
    Elle était nue, juste vêtue de bracelets et de colliers.
    Et moi ? Qui étais-je, usurpant le rôle d’Adam, également
    Nu comme un ver, juste un fétu, petit poète épistolier ?

    Soudain le serpent disparut et tous les bijoux éphémères ;
    Juste Ève me fixant des yeux et moi comme un petit-enfant.
    Dans mon rêve, il m’est apparu que j’avais envie de ma mère
    Et comme un Œdipe joyeux, je lui fis l’amour, triomphant.

    Illustrations d’Ana Miralles.

  • Veni Vidi Vici Venise !

    Je n’ai jamais atteint Venise que par les livres d’aventures
    Ou le cinéma du dimanche ou bien les bandes dessinées.
    Je n’ai pas connu d’entremise pour partir en villégiature
    Mais je veux prendre ma revanche sans pour autant me débiner.

    Ainsi, Veni Vidi Vici, je me transporte en train de rêve ;
    Arrivée en gare de Venise par l’Orient-Express, s’il vous plait.
    Mais comme je ne suis pas d’ici, je recherche un guide sans trêve
    Qui j’appellerais bien Denise si ce joli nom vous complait.

    D’ailleurs voici sa tête rousse qui vient d’apparaître sur le quai ;
    Héritière du Céleste-Empire au blason ceint d’une orchidée.
    Suivons les traces de Barberousse dont les exploits ont provoqué
    Les pleurs sur le pont des soupirs dans notre visite guidée !

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Le retour d’Amarilla

    Le retour d’Amarilla

    Depuis que sa disparition m’avait laissé l’âme orpheline,
    Mon cœur s’était cicatrisé de l’absence de ses étreintes.
    Guettant sa réapparition, toutes mes envies masculines
    Ont tant mes yeux électrisés que j’en ai la rétine empreinte.

    Je l’ai trop aimé chaque nuit, je l’ai trop peinte dans mes rêves
    Car l’image est un peu jaunie et s’estompe de ma mémoire.
    Or plus son souvenir me nuit, plus sa réminiscence est brève
    Et met mon cœur à l’agonie comme sous un coup d’assommoir.

    De l’eau a coulé sous les ponts depuis ces dix années passées ;
    J’ai réussi à l’oublier et rencontré d’autres horizons.
    Même si rien ne lui correspond, j’ai sa présence outrepassée
    Par mes poèmes publiés afin d’hâter ma guérison.

    Voici que l’on frappe à ma porte et mes réflexions se dérobent ;
    J’ouvre. Elle est là comme une reine qui cherche son prince charmant.
    Je dis « Que le diable t’emporte ! » mais voici qu’elle ôte sa robe,
    Me prend dans ses bras et m’entraîne dans un instant d’égarement.

    Illustration de Milo Manara sur https:designyoutrust.com202201milo-manara-comic-art-youve-probably-never-seen .

  • La dernière image avant la fin du monde

    Lorsqu’un évènement conséquent au cours de la journée survient,
    La Terre entière, c’est éloquent, paradoxalement s’en souvient.
    Ce que faisait tel ou tel père au moment de l’impact immonde
    Est retenu comme un repère crucial dans l’Histoire du monde.

    Malgré les recommandations des stations météo locales
    Personne n’a prêté attention aux crues dues aux pluies radicales.
    Toutes les mères besogneuses surprises en pleine activité
    Furent les premières trépigneuses face à l’intempestivité.

    Lorsque les calottes polaires ont fondu inopinément,
    Les établissements scolaires l’ont appris opportunément.
    Les professeurs et les élèves ont eu le temps de constater
    Que la fin du monde relève du genre humain inadapté.

    Photos LUNGENLIGA Garrigosa Studio sur https:www.behance.netgallery70352317Lungenliga-2018 .