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  • L’embarcadère pour le rêve

    L’embarcadère pour le rêve ne reconnaît aucun horaire
    Et chaque départ affrété est chaque soir inopiné.
    L’embarcation paraît si brève et la manœuvre si temporaire,
    Qu’on n’a pas l’temps d’interpréter rien d’autre que sa destinée.

    On ne sait quand on est parti mais on sait que c’est pour longtemps
    Et que chaque escale révèle une aventure exceptionnelle
    Car malgré le temps imparti, le songe s’étire dans l’instant
    Et ouvre une porte nouvelle sur une idylle passionnelle.

    Passé l’archipel aux cauchemars qui n’offre que peu d’intérêt,
    Prenez le temps de visiter l’atoll aux sirènes véganes !
    Malgré les poissons zigomars qui vous mettent en garde, atterrés,
    Goûtez la générosité de Viviane sur l’Île Morgane.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • L’art de l’anxiété

    L’art de l’anxiété

    Si je donnais aux sentiments, notamment ceux de la douleur,
    Une expression de mes tourments dans un élan impressionniste
    Représentant le châtiment divin alors mis en couleurs
    Qu’apportent les gouvernements capitalistes et communistes…

    Le rouge en serait dominant comme un oriflamme de guerre
    Qui prime aux chefs-d’œuvres abstraits comme un cocktail sang et vermouth.
    Le style demeure déterminant telles ces peintures de naguère
    Qui représentaient trait pour trait les scènes de chasse aux mammouths.

    La répétition est sinistre lorsqu’elle atteint l’exposition
    Tout entière par un virus au pouvoir de l’argent nourri
    Comme une galerie de ministres, de membres de l’opposition
    Dont l’assemblée fait le chorus autour d’un président pourri.

    Tableau de Sessarego.

  • Laisse autant le vent t’emporter du pont

    Laisse autant le vent t’emporter du pont

    Les conversations sur le temps m’ont toujours paru puériles ;
    On dit que : « Lorsque vient l’orage, rapidement l’on sent des gouttes ! »
    Les politiciens tout autant n’ont que des résultats stériles ;
    On dit que : « Lorsqu’on voit leur rage, fatalement l’on s’en dégoûte ! »

    « Plus on est de fous, plus on rit ! » Cette citation sur les fêtes
    Semble une fantasmagorie qui s’applique aux élus en place :
    Plus il y a de tromperies, plus il y a de grosses têtes,
    Et plus il y a de conneries car plus c’est gros et plus ça passe !

    Constamment ils tournent en rond et se rassurent quand reviennent
    Inflation et augmentations qu’ils ont eux-mêmes provoquées.
    En fin de mandat ils seront blancs comme neige quoiqu’il advienne ;
    Leur meilleure argumentation c’est : « finalement tout est okay ! »

    Illustration de Hergé.

  • Le grand orchestre des sirènes

    Le grand orchestre des sirènes

    Il y a vingt-mille ans aujourd’hui que l’orchestre marin nous charme
    Avec ses cordes et ses bois, ses tambours, ses vents et ses cuivres.
    Beaucoup de sirènes ont produit des spectacles qui tirent une larme
    Aux marins dont le cœur flamboie pour le concert qui va s’ensuivre.

    Les crabes jouent des castagnettes, les anémones font les chœurs,
    Les coquillages tambourinent et les gymnotes se déchargent.
    Le loup de mer prend sa lorgnette et prend la barre du remorqueur
    Vers la musique sous-marine qui semble provenir du large.

    Sous l’harmonie enchanteresse des reprises et des pots-pourris,
    Les hommes à jamais attachés restent fans inconditionnels.
    Les sirènes troubadouresses, après avoir longtemps souri,
    Se feront payer leur cachet lors d’un grand banquet passionnel.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • Les sirènes musiciennes

    Les jeunes sirènes n’ont pas l’organe suffisamment développé
    Mais elles compensent en apprenant à bien jouer d’un instrument.
    Avec la musique tsigane qui produit de belles mélopées,
    Elles exécutent de surprenants et superbes accompagnements.

    Comme le jazz et la java, la valse musette est à l’honneur
    Qui chauffe de l’accordéon leurs chansons aux voix aquatiques.
    D’Odessa à Bratislava, les notes au petit bonheur
    Voyagent au fil des odéons jusqu’aux côtes de l’Atlantique.

    Illustrations de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • Gaité de fin novembre

    Gaité de fin novembre

    Vive la fête en fin novembre animée des premières neiges
    Et le bouquet final de blanc sur un dégradé de couleurs !
    Ainsi la rouille, l’or et l’ambre sont entraînés dans un manège
    Où la nature sans faux-semblants s’en va mourir dans la douleur.

    Mais la douleur n’est qu’apparence et sous la neige, il y a la vie ;
    Les petits et grands qui hibernent contre la froideur qui leur nuit.
    Malgré les friches et les carences et la famine qui sévit,
    Dans les terriers chacun giberne et voyage au bout de sa nuit.

    Tous les chemins mènent à Rome et fin novembre vers Noël ;
    Les sapins étirent leurs manteaux aux ornements les plus divers.
    Les sentiers exhalent l’arôme pour le rite cérémoniel
    Parmi les êtres élémentaux de Mère Nature en hiver.

    Illustration d’Aleksandra Czudżak.

  • Tristesse de fin novembre

    Tristesse de fin novembre

    Joli Novembre, quand tu commences à revêtir ta robe d’ambre
    Avec tes parures de rouille accordées à tes cheveux d’or,
    Tu nous entrouvres ta romance qui débute dans l’antichambre,
    Puis la porte que tu verrouilles sur la morte saison qui s’endort.

    Après la couleur des amours, de jour en jour tu as changé ;
    Tes caresses deviennent vents et tes baisers virent à l’orage.
    Terminé le temps des mamours, vient le temps de tous les dangers
    Avec froidures ici-devant et, par derrière, les pluies sauvages.

    Novembre serais-tu donc femme avec tes brusques sautes d’humeur ?
    Qu’ils étaient beaux les premiers temps où ta beauté était profonde !
    Ne finis pas sur cette infâme et pourtant tenace rumeur
    Que tu nous quittes pour un printemps austral de l’autre côté du monde.

    Tableau d’Agnes Cecile.

  • In Divina Verita

    In Divina Verita

    La robe d’un bon vin désigne limpidité et transparence.
    Elle évolue au fil du temps et donne des informations
    Sur la qualité de la vigne, du cépage en prépondérance,
    Et tout le cycle débutant jusqu’à totale maturation.

    La robe ambrée pour un vin jaune et pour détendre l’amazone ;
    La robe louche pour un vin trouble, le charme passe du simple au double ;
    Robe perlante et pétillante, la fille devient croustillante ;
    Robe voilée et orangée, un rendez-vous est arrangé.

    Parfum boisé en fût de chêne, les coups de foudre se déchaînent ;
    Arôme et saveur long en bouche, il est temps enfin qu’on se couche ;
    Effluves et fluides chaleureux, l’ivresse d’un amour heureux ;
    Succulence et bouquet charnu, l’une s’ouvre et l’autre s’insinue.

    Épais et bien enveloppé, le sexe devient plus syncopé ;
    Vin généreux et gouleyant, le plaisir va s’émerveillant ;
    Vin velouté, suave et tendre, l’orgasme ne saurait attendre ;
    Vin riche, sec, demi-sec, brut, l’ivresse du rut, du rut, du rut !

    Illustration de Milo Manara.

  • Rendez-vous en bas !

    Rendez-vous en bas !

    L’envolée belle à tire-d’aile, il faut y croire et puis plonger
    Avec les ailes de la foi pour tout parachute essentiel.
    Puis planer comme l’hirondelle, piquer en chute prolongée ;
    Bien sûr, ne pas avoir les foies mais glisser sur un arc-en-ciel.

    Pendant les soixante secondes que durera la chute libre,
    Sentir la caresse de l’air sur sa peau nue surexcitée,
    Embrasser les contours du monde, vivre le parfait équilibre,
    Goûter le frôlement solaire sur les fesses sollicitées.

    Le goût du risque inséparable d’une audace jusqu’au-boutiste,
    Vous fera vivre comme il se doit la plus érotique des chutes,
    Puis saisir la main secourable du marié parachutiste
    Qui vous passe la bague au doigt et vous sangle à son parachute.

    Tableau de Gregory Manchess.

  • Shiva au bain

    Shiva au bain

    Pas facile de nager la brasse quand on a huit bras et huit mains
    À moins de faire l’hélicoptère mais dans l’eau c’ n’est pas très malin.
    Mais Shiva point ne s’embarrasse de ces petits tracas humains ;
    Elle est déesse au caractère bien trempé, même cristallin.

    Par ailleurs elle nage à l’envers comme un’ pieuvre aux huit tentacules ;
    Ce sont ses jambes qui décident où elle dirigera ses fesses.
    Quelquefois tout va de travers – ce qui est normal quand on recule –
    Mais elle garde la tête lucide, même Neptune le confesse !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Comme une bête !

    Comme une bête !

    Hier soir c’était la pleine Lune et je ne sais ce que j’ai fait
    Mais ce matin je gisais nu sur mon lit empreint de sueur.
    Ma mémoire pleine de lacunes peine à rassembler mes méfaits
    Mais voici je suis parvenu à entrevoir une lueur…

    Cette nuit j’étais loup-garou, j’ai repris du poil de la bête,
    Suis parti chasser la femelle dans les endroits les plus huppés.
    Courant sur les chapeaux de roues, je suis monté à leur conquête
    En tâtant ici leurs mamelles et là leurs culs inoccupés.

    J’en ai bouffé de la chair fraîche à coup de crocs, à coups de griffes !
    J’ai honoré autant de biches qui n’étaient que chiennes en chaleur.
    Au début, elles semblaient revêches mais ont adoré l’escogriffe
    Qui savait travailler leurs miches comme une mine de grande valeur.

    Tableau de Tal R.

  • Baiser embrasé

    Baiser embrasé

    C’est bon d’embrasser une fille lorsqu’elle ressemble à Vénus
    Et goûter le suc de sa langue en joignant nos deux interfaces,
    Remonter depuis ses chevilles jusqu’à l’intime terminus
    Où mon désir devient exsangue du sang qui me couvre la face.

    C’est bon d’être un caméléon qui mute aux couleurs de l’amour
    Quand le baiser est si profond qu’il devient acte sexuel.
    Jouer de mon bandonéon soufflant dans sa grotte glamour
    Jusqu’à c’ que, d’un coup de siphon, jaillisse un cocktail sensuel.

    Tableau de Graham Dean.

  • Tranches de vies, d’amour, de mort, etc.

    Tranches de vies, d’amour, de mort, etc.

    Lorsque j’ai rencontré Brigitte, nous tournions une scène d’amour.
    Intimidé par la starlette, j’avais du mal à dire mon texte.
    Il a fallu que j’ingurgite ses sautes d’humeur et d’humour
    Mais quand je fus sur la sellette je n’eus plus besoin de prétexte.

    Lorsque nous avons fait semblant de faire l’amour dans son lit,
    Je n’savais pas comment m’y prendre alors elle m’a galvanisé.
    Quand je l’embrassais en tremblant, elle me faisait des stimuli
    Et, atteignant le bon moment, mon corps était tétanisé.

    Puis vint la séquence du crime ; je devais me jeter sur elle
    Sauvagement et l’étrangler pour enfin la jeter à l’eau.
    Étant entièrement nue en prime, la scène fut surnaturelle
    Car je me sentis épinglé à son regard sous les halos.

    Je n’ai jamais revu Brigitte depuis ma sortie de l’asile
    Mais j’y repense encore heureux d’avoir été son partenaire.
    Je rêve de venir à son gîte, là où mon actrice s’exile
    Pour échapper aux amoureux depuis qu’elle est sexagénaire.

    Illustrations de Sophie Margolin.

  • À son image

    À son image

    Dieu fit la femme à son image ou plutôt celle de sa femme
    Qui posa nue devant les anges émus par ses formes convexes.
    Il fit l’homme pour lui rendre hommage mais pas de la manière infâme
    Qui s’ensuivit dans leurs échanges quant à l’égalité des sexes.

    Mais après Sodome et Gomorrhe et le ravage du déluge,
    Il dut se résoudre à laisser l’homme faire de la femme sa boniche.
    Et pire encore, ce matamore a trouvé comme subterfuge
    De constamment la rabaisser au rang d’une simple potiche.

    Sans doute qu’au lieu de prier Dieu, son fils et le Saint-Esprit,
    Il s’rait bon de le supplier de nous envoyer sa compagne.
    Elle serait plus appropriée pour chasser de l’homme le mépris
    Envers sa femme et publier qu’ensemble ils battent la campagne.

    Sculpture de David Simon.

  • La règle du jeu

    La règle du jeu

    Ni un bon dieu, ni un démon, ni diable, ni ange déchu
    Mais un duo de divinités en train de jouer la partie
    Où interviennent goémons, chevaux de bois, boucs barbichus,
    Et au milieu l’humanité engagée sans contrepartie.

    Dieux ou déesses, on ne sait pas, mais avant tout mauvais joueurs
    Qui trichent en provoquant des guerres et autres désastres sans nom.
    Quand ils passent de vie à trépas, les pions meurent dans la douleur
    De n’être considérés guère rien d’autre que chair à canon.

    Après tout qu’est-ce que le mal sinon la force du vainqueur ?
    Le but de la vie n’est-il pas de manger ou être mangé ?
    Ainsi de l’homme à l’animal, où est le monopole du cœur
    Qui passe de vie à trépas et à travers mille dangers ?

    Tableau de Reydel Espinosa Fernandez sur https:www.artmajeur.comreydelespinosa .

  • Les mots dans l’air, le feu et la lumière

    Les mots dans l’air, le feu et la lumière

    Parfois des mots passent dans l’air et mon p’tit avion dans la tête
    Capte ces émissions issues sans doute du cœur des étoiles.
    J’écoute les airs populaires venus par le jeu des tempêtes
    Qui se croisent dans le tissu dont je trame et brode ma toile.

    Ma muse inspiratrice nue ainsi que l’imagination
    Filtrent ensemble mes pensées sous la pleine Lune en extérieur,
    Puis précipitent le contenu dans les flots de divination ;
    Ainsi seront récompensées mes perspectives ultérieures.

    Mais il faut le feu de l’image, la lumière d’une belle intention
    Qui me font retrouver le fil de ce qu’elles m’ont distillé.
    Par ce poème, je rends hommage à la subtile intervention
    De ce miracle qui se profile au bout de ma plume stylée.

    Tableau de Nadia Waheed sur http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18 .

  • Patchwork amoureux

    L’œil droit sur la carte du tendre éclaire un patchwork amoureux
    D’une étoffe tissée par les gènes qui ont dessiné son visage.
    Heureux celui qui sait entendre l’aubade du vent langoureux
    Qui sort des lèvres érogènes pour enchanter son paysage.

    Tandis que l’œil gauche viril devient le soleil conquérant
    Dont le regard monte aux sommets, puis redescend dans les vallées,
    Nulle fossette ne met en péril l’explorateur prépondérant
    Qui saura boire et consommer la source d’amour exhalé.

    Collages de Pete Buttigieg.

  • La danse nuptiale

    À l’instar des paradisiaques, l’éloge de la danse nuptiale
    Revient à qui saura charmer le sexe opposé désiré.
    M’étant pris de multiples claques avec mes rimes provinciales
    Je me dois de savoir m’armer de patience… et bien inspirée.

    Faut-il être maître-chanteur, danseur étoile, charismatique ?
    À la course à la séduction, il faut savoir partir à point.
    Les chauds-lapins, lièvres arpenteurs partent plutôt fantasmatiques
    Et les tortues en déduction s’carapatent malgré l’embonpoint.

    À défaut d’être magnétique, joli garçon, plutôt beau gosse,
    Il ne reste plus que l’argent pour faire l’appoint à l’attirance.
    Sans doute aussi machiavélique, le philtre d’amour se négoce
    Sinon c’est en le partageant que le charme a plus d’assurance.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • L’amour binaire

    L’amour, à l’origine binaire, est devenu plus homogène ;
    La Mère-nature avait pourtant sélectionné la parité
    Mais il devient parfois trinaire et plus s’il n’y a pas de gêne
    Or il n’est jamais dégoûtant malgré toutes ces disparités.

    Alors il faut redéfinir les pôles de la force d’amour ;
    Nord-sud, yin-yang, actif-passif, zéro-un, plus-moins, noir-et-blanc.
    Il y en a à n’en plus finir et si l’amour fait de l’humour,
    Il fera d’un sexe poussif un instrument polyvalent.

    Finalement l’homme et la femme sont ce que Dieu a fait de mieux ;
    Oui mais voilà, nul ne choisit et doit subir son numéro.
    On peut trouver ce choix infâme ; toujours est-il qu’il saute aux yeux
    Que les sexes n’ont pas moisi depuis qu’ils s’affrontent en héros.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • Rien ne sera jamais plus comme avant

    Rien ne sera jamais plus comme avant

    Plus rien ne sera comme avant pourtant c’est ce que voudraient les gens
    Qui veulent traverser les crises serrant les poings, fermant les yeux.
    Mais il faut aller de l’avant et grandir tout en partageant
    Nos expériences durement apprises comme un enseignement précieux.

    Bien sûr, la vie nous handicape et le temps y grave ses marques
    Mais il nous importe de vivre et de savourer l’existence.
    Bien sûr, les accidents décapent ; bien sûr, les bosses se remarquent
    Mais c’est la façon de survivre qui forge notre subsistance.

    Le futur semblait éternel et le passé tellement solide
    Que je n’me suis pas aperçu de l’importance du présent.
    Les instants de plaisirs charnels ont voltigé comme un bolide
    Quant au bon vieux temps mal perçu, je l’utopise omniprésent.

    Tableau de Michel Delacroix.

  • Passé sombre et futur imparfait

    On croit que l’homme, sauf erreur, évolue lorsqu’il se reproduit
    Depuis l’époque des cavernes jusqu’à nos jours sur la planète.
    Il n’en est rien car les horreurs d’hier se répètent aujourd’hui.
    En fait, qu’est-ce que l’homme moderne ? Cro-Magnon avec internet !

    Le passé simple semblait plus clair que son avenir plutôt sombre
    Mais le présent n’a pratiqué que la politique de l’autruche.
    Le temps passe comme un éclair et déjà on rentre dans l’ombre,
    Puis l’on s’endort pour abdiquer, dégonflé comme une baudruche.

    Mais si demain il fera jour et après-demain tout autant,
    Les journées passent et puis s’en vont s’empiler dans la collusion.
    Les riches gagneront toujours, les pauvres toujours mécontents ;
    Quant à nous autres qui l’approuvons, cruelle est la désillusion !

    Tableaux de Michel Delacroix.

  • Planche surnaturelle

    Planche surnaturelle

    Méditation surnaturelle que celle d’une sirène libre ;
    Libre de vivre à satiété avec sa manne faramineuse.
    De son expression corporelle qui lui apporte l’équilibre,
    Elle dort dans une variété d’étoiles de mer lumineuses.

    Quand sur la mer ensanglantée l’azur remonte lentement
    Avec les étoiles en question sur l’avenir de la sirène,
    Elle, après s’être sustentée, s’étend sur l’onde mollement
    Pour, le temps d’une digestion, méditer d’une âme sereine.

    Si les sirènes possèdent une âme, on se demande quel Dieu cruel
    A pu la faire à son image à moins que ce n’ fut essentiel…
    Quoiqu’il en soit, c’est une femme dont le côté spirituel
    Évoque le scénarimage de l’univers existentiel.

    Tableau d’Emily Kell.

  • Planche naturelle

    Elle est nue ; elle fait la planche au large des côtes bretonnes ;
    Moitié sirène ou moitié femme mais entièrement amphibie.
    Contrastant sa peau presque blanche, détone sa bouche gloutonne
    Que les fils de Neptune affament pour cause d’anthropophobie.

    Lorsque l’eau bleue devient verdâtre, elle cherche à assouvir sa faim
    Et guette le marin-pêcheur qui va venir la secourir.
    Il aura beau vouloir combattre, il connaîtra bientôt sa fin
    Et l’autre verra, l’air bêcheur, l’homme sa disgrâce encourir.

    Tableaux d’Emily Ponsonby sur https:www.emilyponsonby.comartworks .

  • À quoi ça cerf d’être mouton ?

    À quoi ça cerf d’être mouton ?

    Dimanche matin dans l’église, j’ai reçu en guise de baptême
    Un troisième œil dont la vision me montrait la réalité :
    D’après une première analyse, j’ai compris comment le système
    De la foi n’est que dérision et est toujours d’actualité.

    Tous les chrétiens sont des moutons guidés par un immense cerf
    Assujetti au provisoire pouvoir du domaine des Dieux
    Dont le but – nous nous en doutons – est de nous convertir en serf
    Pour nous mener à l’illusoire abattoir miséricordieux.

    Vu sur https:hitek.fr4238-images-surrealistes-embarqueront-realite-alternative_10462 .

  • Interpénétration

    Interpénétration

    Dans chaque homme une femme veille – du moins son côté féminin –
    Et dans chaque femme on observe souvent des envies masculines.
    Ainsi quand l’homme se réveille d’un rêve plus ou moins bénin,
    Il s’en souvient et le conserve comme une présence anodine.

    Quant à la femme évidemment, étant la plus intelligente,
    Elle met l’homme dans son cœur lors de leurs tendres conciliabules.
    Mais pour cela, incidemment, elle devient plus exigeante
    Et n’accepte que le vainqueur qui se présente devant l’ovule.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • Les chapelles volantes

    Les chapelles volantes

    Il est possible, évidemment, que Dieu existe finalement
    Et qu’Il viendrait – ça vous la coupe – nous espionner dans sa soucoupe.
    Soucoupe en forme de chapelle – assez malin, je vous rappelle –
    Incognito comme il se doit pour nous manier du bout des doigts.

    Ainsi les prêtres et les pasteurs ne s’raient pas que des imposteurs
    Mais des navigateurs discrets – une sorte d’agents secrets –
    Nous surveillant pour nous guider comme des moutons téléguidés
    Vers un paradis virtuel à chacun de leurs rituels.

    Cependant mes frères attention, méfions-nous de leurs intentions
    Quand ils font monter aux garçons l’escalier en colimaçon
    Pour brandir le sexe tendu comme un paradis prétendu
    Parmi les voies impénétrables de leur religion déplorable.

    Vu sur https:hitek.fr4238-images-surrealistes-embarqueront-realite-alternative_10462 .

  • Le combat des reines

    Si les guerrières de l’amour s’allient contre les cavaleurs,
    Elles n’aiment guère partager leur roi avec d’autres amazones.
    Elles n’ont pas le sens de l’humour mais reconnaissent la valeur
    Des coups de foudre passagers avec des filles de seconde zone.

    Vient donc le temps des jalousies, rivalités, sous-entendus,
    Des coups bas, des coups dans le dos et des atteintes inélégantes.
    On s’aime dans les jacuzzi mais au moindre malentendu
    C’est fini pour la libido et on expulse l’intrigante.

    Illustrations de Carl Otto Czeschka.

  • La naufragée des rêves

    Elle avait fui les mauvais rêves, cauchemars et coquecigrues
    Qu’au gré des nuits je parsemais tels des galets imaginaires
    Composés de syllabes brèves, de groupes de mots incongrus
    Avec virgules et guillemets comme balises et luminaires.

    Ainsi guidée, elle est sortie, fruit de mon imagination,
    Juste vêtue d’une tunique négligemment portée en cape.
    Sans doute, épines et orties avaient par élimination
    Produit l’effet catatonique de l’échappée de pied en cap.

    De peur que je ne me rendorme et ne la renvoie dans les limbes,
    Elle me tira hors du lit pour parcourir la Terre entière.
    Depuis nous courons sous les ormes, la tête enveloppée d’un nimbe
    Sous un ciel lapis-lazuli comme deux anges sans frontières.

    Illustration de Gene Szafran.

  • Le combat des rois

    Quand vient le temps de conquérir tous les territoires ennemis,
    Les rois se transforment en loups et leurs adversaires en gibier.
    Dès le début, sans coup férir, ils se font vite amis-amis
    Pour rallier les partis chelous voire les sortir du bourbier.

    Quant au bon peuple, il a le choix : soit il s’assujettit au roi,
    Soit il refuse la soumission et lutte contre l’arriviste.
    Que cette décision m’échoie et me frappe en plein désarroi,
    Je choisirai l’insoumission et rejoindrai les activistes.

    Illustrations de Carl Otto Czeschka.

  • La mort sûre

    La mort sûre

    Le baiser mortel des sirènes s’apparente à une mort sûre
    Lorsqu’au moment de son strip-tease elle ôte sa queue tricotée
    En peau d’écailles de murènes qui révèle alors les blessures
    Qu’ont fait les harpons par bêtise de baleiniers mal empotés.

    Une fois qu’elles ont ôté le bas et exposé leurs cicatrices,
    Le haut est aussi effrayant avec ses crânes aux épaulettes.
    Et après le dernier rabat de la pseudo fornicatrice,
    Vient le coup de foudre veillant à vous trémousser le squelette.

    Dessin de Martin Schurdak à partir d’une photo de Jade A par Gubin.

  • Tantôt bleue et tantôt verte

    Je l’aime lorsqu’elle est turquoise avec des reflets verts et bleus
    Tantôt cyan, tantôt caraïbe, ou n’importe quelle couleur fraîche,
    Selon si son humeur narquoise est assortie au fond sableux
    De la mer sombre qui prohibe les amourettes trop revêches.

    Ses états d’âme assez maussades au matin ne durent qu’un moment ;
    Elle devient plus guillerette de midi jusqu’au crépuscule.
    Après une ultime embrassade, je la quitte rapidement
    Car j’ai peur que ses dents d’aigrette aillent trop loin et m’émasculent.

    Illustrations de Carl Otto Czeschka.

  • L’être suprême de la forêt

    L’être suprême de la forêt

    L’être suprême de la forêt, elle, je n’ai pas pu la surprendre ;
    Au contraire, elle a décidé de m’approcher de vive voix.
    Nue, dans une aura phosphorée, je mis un moment à comprendre
    Que je venais d’élucider le mystère de la fée-des-bois.

    Nous avons parlé si longtemps que bientôt se mirent à tomber
    La nuit et elle entre mes bras – magie à nulle autre pareille –
    Pour me garder jusqu’au printemps pensant que j’avais succombé
    Au charmant « abracadabra » formulé au creux de l’oreille.

    Sans trop lui montrer de quel bois je me chauffe, d’un aspect vantard,
    J’ai répliqué qu’une autre fée m’ensorcelait à la maison
    Du genre jalouse qui flamboie lorsque j’arrive très en retard…
    Nonobstant son air stupéfait, j’ai disparu à l’horizon.

    Tableau de Karol Bąk sur http:touchofcolorr.blogspot.com201601karol-bak.html .

  • La femme des bois

    La femme des bois

    La femme des bois n’a pas de corne mais une longue chevelure
    Faite de toison végétale qui la vêt pour tout ornement.
    Hélas, à l’instar des licornes, elle s’enfuit à vive allure
    Si la moindre entrée sociétale menace son environnement.

    Elle vit là où nul ne la voit, se confondant dans les branchages,
    Et participe par sa nature aux activités sylvicoles.
    Parfois le vent porte sa voix qui transmet les meilleurs présages
    Aux poètes en villégiature en manque de veine agricole.

    Évidemment je la rencontre dans mes rêves les plus sylvestres
    Sous l’effet de la pleine Lune et son attraction sororale.
    Ses pensées viennent à l’encontre et je m’en fait le vaguemestre
    Par cette complainte opportune de la poésie pastorale

    Illustration de Sakimichan.

  • Les êtres de la forêt

    Pareils aux animaux sauvages, les petits êtres de la forêt
    Restent discrets et bien cachés car ils se méfient des humains,
    De leurs machines et les ravages qu’ils pratiquent dans les fourrés ;
    Arbres coupés, buissons hachés, écobuages au bout des chemins.

    Eh bien, parfois je les surprends quand je pratique le hors-piste,
    Séduit par un coin qui embaume d’essences et toutes autres substances.
    Ils ont la crainte, je les comprends, d’être accusé comme un lampiste
    D’avoir fricoté avec l’homme et révélé leur existence.

    Mais bientôt nous voilà amis – je vous le jure croix-de-bois –
    Devenus compagnons de souches depuis que l’on s’est rencontré.
    Nous avons les mêmes ennemis : ces pyromanes qui flamboient,
    Vététistes et cavaliers louches qui nous bousillent nos contrées.

    Mes petites rencontres dans la forêt d’Eschenberg derrière chez-moi.

  • L’homme des bois

    Lorsqu’il perd ses bois en Automne, le jeune homme-cerf redevient
    Un humain sans comparaison qui se fond dans l’anonymat.
    Le faune s’en va, monotone, gagner l’abri qui lui convient
    Pour subir la morte saison malgré la rigueur du climat.

    Vous le rencontrez en hiver sans toutefois le reconnaître,
    Ses cicatrices dissimulées sous une cagoule discrète.
    Jamais le moindre fait divers n’a entrouvert une fenêtre
    Sur la légende stipulée à l’aune de la forêt secrète.

    Puis lorsque revient le printemps, deux nouvelles branches s’ajoutent
    Aux jolis bois dont la ramure caractérise sa beauté.
    Il joue de la flûte à plein temps parmi la faune qu’il envoûte
    Et même ceux qui se claquemurent sortent pour s’en aller riboter.

    Il reste discret tout l’été, fuyant la compagnie des hommes,
    Leur préférant les cervidés auxquels il demeure attaché.
    Quand vient le temps de compléter l’héritage de ses chromosomes,
    Il croise son hominidé avec une biche amourachée.

    Illustrations Iris Compiet, Brian Froud et autres illustrateurs.

  • Les dimensions supérieures et inférieures

    Les dimensions supérieures et inférieures

    Heureux ceux qui sont nés nantis d’une fortune familiale,
    Pourvus de lettres de noblesse et assortis d’un beau physique.
    Heureux car ils n’ont ressenti ni la misère déloyale,
    Ni la famine, ni la faiblesse et ni l’issue euthanasique.

    Heureux ceux qui n’ont pas subi le péché de la connaissance
    Et qui peuvent voler les gens pour s’enrichir à leurs dépens.
    Ils peuvent continuer leurs lubies : mentir, jurer avec aisance,
    Adorer le Dieu de l’Argent et tuer les petits rampants.

    Heureux ceux qui vivent aujourd’hui sans se préoccuper de demain,
    Qui vivent au-dessus de leurs moyens sans épargner notre planète.
    Heureux ceux qui vivent des produits qu’ils n’ont faits de leurs propres mains
    Et sont d’honorables citoyens doublés de fieffés malhonnêtes.

    Heureux jusqu’à quand ? C’est plié ! Une fois qu’ils auront consommé
    Et détruit toutes les ressources, les pauvres seront accusés
    De s’être trop multiplié en tous lieux et seront sommés
    De mettre la main à la bourse sous peine d’être récusés.

    Tableau de Daniel Loveday sur https:www.artfinder.comartistdaniel-loveday?epik=dj0yJnU9QXVBOW9faWdJalhBTG5KSU9hc1lPM2Y3T05abjZkZVcmcD0wJm49QjZWYURGcjdWeERvX1FGZ2wxTGVBUSZ0PUFBQUFBR1VpV2VF .

  • Les jours assombris

    À la ville comme à la campagne, il pleut, il fait soleil, il vente
    Et la nature n’est présente que dans les parcs municipaux.
    Les immeubles jouent aux montagnes, certains quartiers vivent d’épouvante
    Et les vacances représentent les impératifs principaux.

    Les samedis soir sur la Terre dans toutes les rues de Paris,
    Conviviaux côté citoyens et oppressifs côté flicaille,
    Résonnent comme salutaires aux adeptes du charivari
    Mais sonnent chez l’Élyséen comme synonyme de racaille.

    À la campagne on fait la fête, on promène son chien, ses enfants.
    On regarde passer ses avions comme avant les vaches et leurs trains.
    On s’estime arrivé au faîte d’un humanisme triomphant
    Et pourtant si nous le savions aurions-nous freiné notre entrain ?

    Les samedis soir sur la lande, à la montagne ou à la mer,
    Resteront toujours romantiques au cœur de la France profonde,
    Loin de Sarko, Manu, Hollande et tous les guignols éphémères
    Qui nous promettent d’authentiques raisons pour que l’on se morfonde.

    Illustrations de Pascal Campion.

  • Trésors des mers

    Trésors des mers

    Finalement quelle que soit l’origine de ses merveilles,
    C’est l’empreinte de la beauté de la vie qui lui est précieuse.
    Et aussitôt qu’elle aperçoit la première vague qui s’éveille,
    Elle fait une charibotée de bijoux aux nacres gracieuses.

    Puis elle trie ses coquillages tel le piano-cocktail de Vian
    Plutôt instrument concepteur de belles couleurs irisées.
    Après un premier nettoyage, elle placera les plus conviant
    Dans son précieux sac collecteur en imprimé porphyrisé.

    Elle en fera bagues et colliers, boucles d’oreilles et pendentifs ;
    Des broches d’étoiles de mer accrochés à ses cheveux d’or.
    Quand le chemin des écoliers revient toujours intempestif,
    Elle garde le goût doux amer du sel incrusté aux trésors.

    Illustration de Briony May Smith sur https:bldgwlf.combriony-may-smith .

  • La sirène contrebandière

    La sirène contrebandière

    Tous les petits trésors des mers, jolis coquillages nacrés,
    Étoiles à cinq, six ou sept branches, bois flottés, bijoux dérisoires,
    Sont développés outremer par les sirènes consacrées
    À l’import-export Outre-Manche mais produits en Côte-d’Ivoire.

    Ainsi les sirènes anglaises nous refourguent à un prix royal
    Tout ce qu’on glane sur les plages et qui provient des colonies.
    Anciennes colonies françaises qui d’un procédé déloyal
    Arrivent en fin de recyclage sur nos côtes… Quelle félonie !

    Méfiez-vous des imitations des sirènes contrebandières
    Qui nous font avaler des pieuvres comme couleuvres sous-marines !
    Mettons-leur des limitations sur leur production stipendiaire
    Et exigeons d’elles la preuve d’ pas être roulés dans la farine !

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

  • À contrejour

    À contrejour

    Dutronc avait un piège à filles qui faisait « Crac Boum Hu-u-ue ! »
    Le mien est bien plus silencieux et plutôt destiné aux yeux.
    Un rayon vert les déshabille et leur fait du panpan-cucul
    Lorsque le soleil malicieux m’alloue un coup d’œil merveilleux.

    Je crois qu’elles ne sont pas dupes et jouent le jeu impunément ;
    Elles accourent et se bousculent et pas une seule ne se dérobe.
    Elles ne portent rien sous leurs jupes et viennent opportunément
    Une heure avant le crépuscule et ne repartent qu’après l’aube.

    Hélas, je ne suis pas un homme mais le chien de l’imprésario
    Qui accueille chaque starlette qui cherche à postuler un rôle.
    Je ne sais pas si le bonhomme leur fait lire le scénario
    Car je n’entends de la chambrette que des histoires sans paroles.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Costaude la bergère !

    Costaude la bergère !

    J’ai souvent rêvé de compagnes, femmes indiennes assez costaudes,
    Pour me transporter le bison et moi par la même occasion.
    J’en ai cherché dans nos montagnes parmi les bergères rustaudes,
    J’suis même allé dans les Grisons, j’en avais la persuasion.

    J’en ai trouvé un exemplaire au sein d’une distillerie
    Qui vous transportait les tonneaux d’une manière qui décoiffe.
    J’ai bien essayé de lui plaire mais la balaise par moquerie
    M’a pris entre ses jambonneaux et a yodlé jusqu’à plus soif.

    Heureusement les étrangères qui nous arrivent de l’Orient
    Nous font de solides brigandes dont largeur égale hauteur
    Sauf peut-être ma boulangère qui est un brin contrariant
    En c’qui concerne les dividendes qu’elle réclame comme droits d’auteur.

    Tableau de Vladimir Fokanov.

  • Les temples atlantes

    Les temples atlantes

    Il est des temples ridicules dédiés aux dieux les plus comiques ;
    Les anciennes civilisations y ont pas mal contribué.
    Les Atlantes et leurs édicules en auraient légué des cosmiques
    Sauf si nous nous embarrassions de leurs vestiges attribués.

    Imaginez un fils de Dieu, crocodile ou bien lémurien,
    Qui serait né de Jupiter qu’une sirène aurait connu,
    Avec un message insidieux obligeant les épicuriens
    À baiser les filles de la Terre et de se promener tout nu !

    Heureusement les temps modernes ont des dieux on n’ peut plus sérieux
    Qui promettent une vie aux enfers si jamais on n’ croit pas en eux.
    Sans parler des vieilles badernes, barbus fanatiques impérieux
    Qui vous font vite votre affaire d’un bon jihad des plus haineux.

    Tableau de Maura Holden.

  • La Grande Amanite Royale

    La Grande Amanite Royale

    Le cèpe est roi des champignons mais on ne sait qui est la reine…
    Or je devine sa femelle digne des grandes empoisonneuses.
    J’ai rencontré son compagnon qui m’a décrit sa souveraine
    Comme portant sous ses lamelles les toxines les plus vénéneuses.

    Cette reine maudite se nomme « La Grande Amanite Royale »
    Et tue dans les ronds de sorcières tous ceux qui passent à la ronde.
    En effet sa mine bonhomme est au contraire déloyale
    Puisque ses fragrances outrancières vous assomment telle une fronde.

    Elle a su une fois me confondre malgré toute mon attention ;
    Comme quoi j’ai beau être aguerri, je n’en suis pas moins chicanier.
    Avant que je puisse me morfondre sur ses mortelles intentions,
    Je suis allé à la mairie qui m’a jeté tout mon panier.

    Tableau d’Emily Balivet.

  • Danse nuptiale

    Danse nuptiale

    Par quelques verres aphrodisiaques et quelques flirts en camarade,
    On sent l’envie dans les semelles de chasser la mélancolie.
    Comme l’oiseau paradisiaque, l’homme exécute sa parade
    Afin d’attirer sa femelle en souhaitant l’avoir dans son lit.

    Mais la femelle est chasseresse et cherche le meilleur parti
    Pour lui offrir une vie de rêve et lui construire un joli nid.
    Les deux oiseaux donc s’intéressent à donner en contrepartie
    Une illusion forte mais brève pour gagner son panier garni.

    Mais lorsque le couple entre en transe, le virus est inoculé
    Comme une danse de Saint-Guy qui ne s’arrêtera jamais.
    Et s’il la répète à outrance, le voici prêt à copuler
    Dans des positions alanguies mais plus fréquentes désormais.

    Tableau de James R. Eads sur https:dribbble.comjamesreads .

  • Le jardin d’hiver

    Le jardin d’hiver

    Lorsque l’amour entre en hiver pour une période inconnue,
    J’en garde alors ses fleurs séchées empreintes des beaux souvenirs.
    Certainement dans l’univers beaucoup de planètes ont connu
    Des attirances desséchées qu’elles n’ont pas su s’entretenir.

    Quand mon jardin entre en hiver, je me dois de le réchauffer
    Avec multiples attentions surtout les nuits de pleine Lune.
    L’amour d’hier était si vert que mon cœur encore échauffé
    Prodigue ses meilleures intentions à sa plus précieuse fortune.

    Myosotis aux bleus de l’âme, iris soumis aux peurs sauvages,
    Lavandes aux chagrins de Provence, bleuet d’une fin d’innocence.
    Que Cupidon garde la flamme malgré le mortel lessivage
    Pour que Vénus et sa jouvence l’attise encore de connivence !

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • Dévoiler ses émotions

    Dévoiler ses émotions

    Pour chasser la mélancolie des musulmanes opprimées
    Réduites à une entrebâillure comme chaste et prude hygiaphone,
    La burqa serait plus jolie en écossais ou imprimé,
    Avec des fleurs ou des rayures, ou toute autre parure bouffonne.

    Le corps n’a que sa nudité et le voile, sa pudicité
    Mais nous pourrions y projeter nos folles rêveries agitées.
    Le nu attire nos fantasme, la burqa défie nos sarcasmes
    Finalement, c’est un écran qui met beaucoup de monde à cran.

    C’est un trou noir dans mes pensées qui me permet sans t’offenser
    De t’entrapercevoir à poil sous l’épaisseur de cette toile.
    Mais il est vrai que l’essentiel dans ton regard confidentiel
    C’est quand il dit « Délivre-moi ; et je me donnerai à toi ! »

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

  • La véritable amante religieuse

    La véritable amante religieuse

    La vérité sur cette amante n’incombe ni à la religion,
    Ni aux amours dévastatrices, mais à l’habit ample et sans manches
    Qui dissimule d’infamantes élytres dont la contagion
    Fait perdre la tête amatrice de folles amourettes du dimanche.

    Car elle attire hors de l’église le chrétien qui manque de foi
    Et l’invite à se repentir entre ses cuisses homicides.
    Avant que sa proie ne réalise qu’elle lui dévore le foie,
    Il ne peut plus rien ressentir à cause d’excrétions spermicides.

    J’en ai connu des castratrices, des femmes qui n’aiment pas les hommes
    Qui voient le genre féminin comme un esclave érotisé.
    J’ai eu la chance salvatrice de posséder le chromosome
    Qui résiste au fatal venin dont je suis mithridatisé.

    Illustration d’Ed Binkley.

  • La belle verte au final – 2

    La belle verte au final - 2

    J’ai ramené à la maison ma belle verte rencontrée,
    Nourri sa chèvre et son mouton et calmé son air hystérique.
    Pour je ne sais quelle raison j’ai réussi à lui montrer
    Avec quels plaisirs nous goûtons aux amourettes féériques.

    Lorsque je me suis réveillé, elle était habillée de vert
    Et me regardait effarée de ses découvertes ovariennes.
    Mais elle était émerveillée par ce détour dans l’univers
    Qui lui avait fait s’égarer dans une aventure terrienne.

    Je n’ai pas eu droit à trois vœux mais elle me fit l’amour trois fois
    Avant de partir pour toujours et son mouton et sa chevrette.
    Je garde une boucle de ses cheveux que je conserve toutefois
    En souvenir de l’heureux jour où je connus la bergerette.

    (Tableau de Kees van Dongen
    La première version finissait par « où j’ai pris la fée en levrette. » mais j’ai décidé de rester sage.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La belle verte au final – 1

    La belle verte au final - 1

    Je ne l’avais pas vu venir avec sa chèvre et son mouton
    Et j’aurais dû me méfier d’une bergère toute nue ;
    Elle portait dans mon souvenir juste un collier sur les tétons
    Et je restai là, stupéfié par cette fille sans retenue.

    Sa peau verte et luminescente faisait penser à un mirage ;
    Je devais sans doute être en train de rêver comme d’habitude.
    Cette vision déliquescente cesserait au prochain virage
    Pensais-je et c’est avec entrain que j’avançais en certitude.

    « Joli damoiseau, aide-moi ! Je suis la fée Belle Lurette
    Et je me suis perdue, je crois ; je n’ai aucun plan sous la main ! »
    Assez surpris, tout en émoi, je lui ai dit qu’une amourette
    Avec un terrien de surcroît la mettrait sur le bon chemin…

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Ma belle planète verte – 2

    Prenons une planète vierge et semons les graines de vie,
    Après quelques millions d’années, observons leur propagation ;
    Mammifères et oiseaux émergent de l’océan, puis ont suivi
    Des chemins bénis ou damnés selon leur force d’adaptation.

    Après plusieurs essais ratés de plusieurs races dominatrices,
    L’homme s’est taillé la part du lion dans la course au pouvoir suprême.
    Mais il est lui-même piraté par sa propre soif destructrice
    Qui fait de lui le trublion apprenti-sorcier de l’extrême.

    Gageons qu’à force de monter et dépasser tous les sommets,
    Il n’aura plus les pieds sur Terre soumis aux antidépresseurs.
    Une fois ces détails surmontés et tous les plaisirs consommés,
    Bye-bye pauvre humain délétère et fais place à ton successeur !

    Tableaux de Rithika Merchant sur https:www.thisiscolossal.com202211rithika-merchant-mixed-media-works .