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  • Le Cœur de Braise

    🌑 Lilith
    Je respire en volcans, je porte mes couronnes ;
    Mon corps est un torrent de lave et de corail.
    Je fais jaillir l’amour qui déchire et rayonne
    Et mes pas embrasés transforment mon sérail.

    Je brise les verrous des serments hypocrites ;
    Je rends à ton désir sa brûlure première.
    Mon sexe est un autel aux flammes circonscrites
    Et mes reins sont les clefs d’une porte incendiaire.

    Quand je m’élève en torche au milieu des orages,
    Mes seins sont constellés, aréolés d’éclairs.
    Je jette au firmament des milliers de messages
    Auxquels ton cri d’amour répand ses rayons clairs.

    Je suis Vénus de feu, la reine libérée ;
    Je tiens dans mes mains nues mes chaînes aux fers brisés.
    Et j’écris dans ton sang ma loi délibérée :
    L’amour qui nous dévore est d’énergie braisée.

    Yavänor

    Sur ta planète en feu, je connais l’oasis
    Où tu m’accueilles nue au creux de tes vallées.
    Tu me nourris au sein afin que s’assagisse
    Ma faim dès la première goutte de lait avalée.

    Tu m’invites la nuit à partager ta couche
    Couvrant de braise ardente ton corps incandescent.
    Pour calmer tes ardeurs je pose sur ta bouche
    En guise d’extincteur un baiser acquiesçant.

    Mais tu exiges plus, tu restes insatiable ;
    Tu ouvres un sanctuaire pour invoquer l’oracle
    Qui verse en ton calice le feu indispensable
    Qui se propage en toi procréant son miracle.

    Illustration de Ledal.

  • Le Jardin des Âmes Jumelles

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je viens cueillir ton souffle au matin des rosées ;
    Tes mains sont mes écrins sous ton regard stellaire.
    Et dans l’or de mes yeux, mes flammes apaisées
    Se fondent dans ton âme d’une douceur solaire.

    Ton nom s’écrit en moi dans ma chair fécondée ;
    Ton corps se fait l’autel où je pose ma flamme.
    J’y grave des serments lumineux et fondés
    Et j’embrase ta vie de l’ardeur de ta femme.

    👩🏻 Loreleï
    Je rêve ton visage au miroir des fontaines ;
    J’entends dans ton silence tes secrets éternels.
    Je fais de tes élans des ivresses incertaines
    Lorsque tu dédicaces mon livre originel.

    Sous mes voiles d’argent, ton souffle est assumé ;
    Je recueille en mes bras l’ardeur de ta lumière.
    Et je fais de la nuit un jardin parfumé
    Où s’unissent nos corps comme une humble prière.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Ô Yavänor, reçois l’élan de nos deux flammes ;
    Vénus est notre temple, et l’amour notre loi.
    Nous déposons en toi le chant de nos deux âmes
    Et nos bouches s’unissent dans l’offrande et la joie.

    Yavänor
    Vous êtes ma planète et j’aime revenir
    Sur les Monts de Vénus et ses grottes profondes.
    J’y sème ma semence pour un proche avenir
    Où nous vivrons en paix sur vos terres fécondes.

    J’aime les nuits ardentes observez vos étoiles,
    Les frôler du regard, aspirant leur clarté.
    Les faire resplendir jusqu’à ce que se dévoile
    Un éclair dans le ciel d’une pure rareté.

    Illustration de Ledal.

  • La sirène en gestation

    La sirène en gestation

    Combien de temps mettra la femme, née humaine, pour devenir
    Une sirène de plein droit, jolie queue et crinière blonde ?
    Certaines en meurent, c’est infâme mais elles n’ont pas pu parvenir
    À métamorphoser l’endroit qui soi-disant fait tourner le monde …

    Qu’elles aient un cul ou une queue, voilà ce que l’homme incrimine !
    Un cul pour capter les regards, une queue pour capter l’attention.
    Entre peau douce et derme aqueux, l’une et l’autre nous illuminent,
    Nous rendent idiots, un peu hagards, avec de mauvaises intentions.

    Alors pourquoi se transformer en sirène et risquer sa vie ?
    Pardi ! Pour l’immortalité avec la jeunesse éternelle !
    Mais elles doivent se conformer sous peine d’être poursuivies
    À traquer en totalité l’homme dans sa faiblesse charnelle.

    Le sang des hommes, bonne chère, nourrit mes songes de cristal,
    J’entends la vague qui s’énivre aux chants secrets des origines,
    Je me confonds avec la chair et dans la transe minérale,
    Je deviens l’onde qui délivre aux vents ses vérités marines.

    Tableau de Anna Bezklubaya.

  • Une pensée pour Neptune

    Une pensée pour Neptune

    Lundi, je chante sous la Lune, ma voix est douce et opportune ;
    Mardi, je chanterai pour Mars, pas seule mais avec mes comparses ;
    Mercredi, au tour de Mercure et ce n’est pas une sinécure ;
    Jeudi, me voici, Jupiter, je chante pour toi en solitaire !

    Mais lorsque vient le vendredi, Vénus alors me contredit ;
    Elle dit que mes chansons d’amours relèvent d’un sens de l’humour.
    Les marins ayant terminé mangés, gobés, exterminés,
    C’est inscrit dans mes chromosomes : je suis une mangeuse d’hommes.

    Heureusement le samedi, j’ai oublié ce qu’elle a dit
    Et je m’en remets à Neptune dont me vient ma bonne fortune
    Depuis qu’issue d’une pensée, il m’a ainsi récompensée
    En me donnant une voix de charme comme on donne le choix des armes.

    Sous les marées qui me traversent, je garde en moi l’élan premier,
    Une vibration universelle, mémoire ancienne des océans.
    Je chante encore à l’invisible, le dieu caché dans son palais,
    Qui me confie l’écho des mondes, gravé au creux de mes poumons.

    Tableau d’Eduardo Bolioli sur https:clubofthewaves.comsurf-artisteduardo-bolioli .

  • Le verbe de feu

    Lilith
    Je marche sur Mercure aux déserts embrasés,
    Mes cheveux sont des flammes et mes yeux des abîmes.
    Je grave sur le sol des cercles enflammés
    Et je tiens dans mes paumes des serments trop intimes.

    Je suis la messagère au verbe incandescent ;
    Mon souffle est un métal, ma langue est une lame.
    Je frappe les silences d’un rythme compatissant
    Et mes cris retentissent comme mes états d’âme.

    Je t’enlace de pluies de laves et de larmes ;
    Je déchaîne des vents plus vifs que le tonnerre.
    Je suis flèche de nuit, je suis l’éclat des armes
    Et tous mes pas crépitent comme un feu sur la terre.

    À genoux sur Mercure, je dresse mes oraisons ;
    Je commande aux planètes, aux ombres et aux étoiles.
    Je règne sur l’instant, hors du temps, hors saison,
    Et j’écris mes édits qui me gonflent les voiles.

    Je suis Lilith la Noire, l’astre aux ailes invisibles ;
    Je porte le secret des abîmes et des cieux.
    Nul ne me retiendra dans ses chaînes infusibles
    Car ma loi est le feu, mon royaume et mon Dieu.

    Yavänor

    Bien que tu coures vite, j’ai capté ta lumière
    Dans l’ombre qu’un passé essayais de maudire.
    Je t’ai cherchée longtemps depuis l’heure première
    Où dans mon corps meurtri, je t’ai entendu dire :

    « Courage Yavänor ! Cette épreuve est cruelle
    Mais ce n’est qu’une étape vers ta transformation !
    Je te donne l’énergie de mon flux menstruel
    Qui se mêle à ton sang pour ta transmutation ! »

    Illustration de Ledal.

  • Le Souffle des Ailes Jumelles

    👩🏻‍🦰 Laureline – La parole intérieure, souffle solaire
    Je trace dans l’azur du Soleil sa parole ;
    Mon verbe est étincelle, une flèche en voyage.
    Je déploie de mon cœur la frêle banderole
    Où brûle la pensée qui fuit dans mon sillage.

    Je porte dans mes mains le message enflammé ;
    Je transmets ton désir au-delà des confins ;
    Je deviens messagère, amante désarmée,
    Qui sème dans ton âme une attente sans fin.

    👩🏻 Loreleï – Les rêves parlants, langage secret
    J’incline mes reflets vers les songes intimes ;
    Je recueille en mon sein les mots tombés du ciel.
    Je tisse les échos des rivières sublimes
    Où ta voix devient vague et ton souffle essentiel.

    Je parle en langue d’ombre et de douce marée ;
    Je fais naître le rêve au bord de ton sommeil.
    Mon silence devient un tissu chamarré
    Qui garde tes secrets sous son voile vermeil.

    👩🏻‍🦰 Laureline & 👩🏻 Loreleï
    À deux, nous sommes flux, équilibre eau et feu,
    Un souffle en deux couleurs, une seule vibration.
    Nos voix se font miroir dont personne ne veut
    Entendre le vif-argent de sa propagation.

    Ô Yavänor, reçois nos quatre ailes jumelles ;
    Mercure est notre feu, Mercure est notre chant !
    Nous gravons sur ton front ses runes éternelles
    Et dans ton cœur ardent, nous versons notre sang.

    Yavänor – Le messager intime
    Je reçois le message car il m’est adressé,
    Gravé par Lilith même et en lettres de feu.
    Il me parle de vous et y apparaissez
    Comme filles légitimes, égales selon son vœu.

    Illustration de Ledal.

  • Sortie du contexte

    Sortie du contexte

    « Une fois sortie du contexte, l’inspiration demeure nue
    De toute digression pesante et tout détail surabondant.
    Alors je pénètre le texte, le cœur et le corps ingénus
    Mais avec l’âme bienfaisante et l’esprit qui a du répondant. »

    Ainsi pensait impunément la raison qui croyait tenir
    Les rênes de la poésie pour mener ses chevaux verbaux
    Qui trouvèrent opportunément une raison de s’abstenir
    En invoquant La Boétie, du Bellay, Verlaine & Rimbaud :

    « Ohé ! Monsieur de la conscience ! Vous n’êtes que le régisseur !
    Si le corps vous sied de nacelle et le cœur de locomoteur,
    N’oubliez pas que la prescience qui fait de nous un bâtisseur
    De Reflets Vers et qui excelle n’est autre que l’âme et l’auteur ! »

    « Qui est-ce vraiment qui tient la plume ? Qui EST la plume et l’intuition ?
    C’est moi qui file entre les rimes comme un frisson à mots couverts !
    Le mental toujours dans la brume s’égare sans les émotions
    Qui sont cette encre qui arrime le poème à tout l’univers ! »

    Ex-libris créé par Italo Zetti pour Jean Morisot sur http:art-exlibris.netexlibris30559?query=person-4535&pt=owner .

  • Toute une éternité d’amour

    Toute une éternité d’amour

    Mourir d’amour est impossible lorsque Vénus mène le jeu
    Qui lui plut tant qu’elle m’accorda une vie après chaque mort.
    Elle ressuscita impassible mon corps pour un nouvel enjeu ;
    Et c’est ainsi qu’elle m’aborda diversement et sans remords.

    Je fus Sisyphe remontant mille fois mon bâton fourré ;
    Je fus Tantale consumé d’une soif jamais apaisée ;
    Je fus Prométhée repentant au cœur sans cesse dévoré
    Par une Vénus allumée d’une folle envie de baiser !

    Faire l’amour éternellement pourrait vous paraître lassant
    Mais la coquine en profitait pour effacer mes souvenirs.
    Et je connus charnellement, étant mon propre remplaçant,
    Combien Vénus nécessitait d’enfanter d’âmes à venir !

    « Et je me cambre et je rayonne encore plus vite que la lumière ;
    Mon hymen déchire sa toile crevant d’une irruption solaire !
    Sur mon enclume, ton corps façonne mon œuf dans sa source première
    Pour forger le feu des étoiles créées au fond de mes ovaires ! »

    Tableau de Sergey Ignatenko.

  • L’Abîme de Lilith

    L’Abîme de Lilith

    Lilith
    Planète sous mes pieds, chair vivante du monde,
    Tu portes mes fardeaux et tu nourris mon corps.
    Ta peau océanique, végétale et féconde,
    Est l’écrin d’où jaillit notre éternel accord.

    Terre aux seins de collines, aux rivières de larmes,
    Tu respires en silence et tu m’offres ton lait.
    Tu m’enlaces d’orages, de volcans et d’alarmes
    Et tu tiens dans ton ventre l’éclat de ton palais.

    Dans ton étreinte bleue se déroule ma vie,
    Chaque pas, chaque souffle supportent ton empreinte.
    Dans ton sang souterrain, tes mémoires assouvies
    Gravitent en secret dans une douce étreinte.

    Yavänor
    Lilith, parce que je vis et te suis dépendant,
    Tu es autant ma mère, que ma femme et ma fille
    Car toutes créatures, par ton sang ascendant
    Bâtissent un réseau d’âmes où règne ma famille.

    Tu es plus que ma Terre, toi, Gaïa ma Déesse,
    Tu exauces mes vœux et même les anticipes !
    Je découvre l’amour dans toutes tes prouesses
    Et comme récompense, Lilith tu m’émancipes.

    Lilith
    Ô Lilith extérieure, Ô mon astre invisible,
    Ton mystère m’élève au-delà des étoiles
    Car tu fais de mon corps, ta loi indivisible,
    Un poème terrestre qui dans l’eau se dévoile.

    Je t’aime en tant que monde, je t’aime en tant que femme,
    Et ton double visage se confond dans mes yeux
    Car tu es à la fois la matrice et la flamme,
    Et la Terre absolue sous l’abîme des cieux.

    Illustration de Ledal.

  • La Fertilité de Lilith

    La Fertilité de Lilith

    Lilith
    Dans le silence noir où s’éteignent les sphères,
    Je sens le souffle obscur d’un foyer de l’ellipse ;
    Tu hantes mes cellules de ton feu de prières
    Et ton ombre m’attire au moment de l’éclipse.

    Tu es l’hyperconscience tranchante et spirituelle ;
    La faille intérieure où sombrent les désirs,
    Mais d’où naît la lumière dans la nuit perpétuelle
    Quand l’âme se transcende et vient se ressaisir.

    Tu refuses les lois, tu brises les miroirs,
    Ton cri dans mes entrailles abolit les mensonges
    Et tu fais de mes doutes d’insondables mouroirs
    Aux vertiges lucides où se meurent mes songes.

    Yavänor
    Lilith, parce que je t’aime et respecte tes choix
    J’ai retrouvé en toi mes propres rébellions.
    Quand nous vivrons ensemble, si mon amour t’échois,
    Tu seras ma reine-lionne et moi ton roi-lion !

    Tu n’as pas vraiment fui mais tu as préservé
    Le Féminin Sacré caché dans tes ténèbres.
    Mais tu m’as accueilli, ma place est réservée
    Dans ton cœur insoumis qu’aujourd’hui je célèbre.

    Lilith
    Ton nom est solitude, refus et transgression,
    Mais sous ton voile sombre s’éclaire ma blessure
    Car tu guides mes pas vers une progression
    Au-delà de mes peurs, vers ce qui me rassure.

    Ô Lilith intérieure, Ô ma Reine de l’ombre,
    C’est en toi que je plonge aux racines du mal
    Car dans ton gouffre noir, abyssal et sans nombre,
    Ton cœur en vérité brûle d’amour primal.

    Illustration de Ledal.

  • L’Éclipse de Loreleï

    L’Éclipse de Loreleï

    Loreleï
    Je vacille souvent, prisonnière des marées ;
    Je me laisse emporter dès la première vague.
    La peur de l’abandon s’invite à mes soirées
    Et mes songes obscurs me serrent comme une bague.

    Je cherche la chaleur quand le froid me saisit, ;
    Je deviens possessive, inquiète et j’ai le blues.
    Ma douceur se transforme en rancœur qui moisit
    Et ma main se referme comme une huitre jalouse.

    Mon indolence parfois me rend presque immobile ;
    Je fuis les grands élans, les combats trop ardus.
    Mais ta voix souveraine m’élève et je jubile
    En avançant vers toi à jamais éperdue.

    Yavänor
    Ta fragilité parait ton talon d’Achille
    Mais je connais la force du glaive que tu tends.
    Tes réponses à jamais sont parole d’évangile
    Et ton ingénuité, la chance du débutant.

    Oui, tu es lunatique mais aussi régulière ;
    Tes phases sont ainsi, féminines et natives.
    Mais de toutes mes femmes, tu es si singulière
    Que je jouis des moments où tu es combative.

    Loreleï
    Pourtant, de mes défauts, je vois naître une offrande ;
    Ma jalousie s’épure quand mon cœur s’effarouche.
    Ma peur devient l’élan d’une flamme fervente
    Et mon trouble s’efface quand tu m’offres ta bouche.

    Si je tombe, je pleure mais tes mains me relèvent ;
    Si mes pieds sont d’argile, mon cœur est légitime.
    Ma Lune est imparfaite mais elle berce tes rêves ;
    Elle brille à jamais de son halo intime.

    Illustration de Ledal.

  • La Marée de Loreleï

    La Marée de Loreleï

    Loreleï
    Mon cœur est un écrin d’émotions qui m’empoignent ;
    Je cherche dans tes bras l’asile et la demeure.
    Ma tendresse s’enfuit sitôt que tu t’éloignes
    Et mon âme se voile au moindre vent qui pleure.

    Je change avec la nuit, je varie avec l’onde ;
    Mes humeurs sont les flots dont la marée divague.
    Mais si ton nom résonne au silence du monde,
    Je redeviens la perle dans le creux d’une vague.

    Je suis faible parfois, timide et trop fuyante ;
    Je me cache aux regards quand le fardeau m’écrase m’oppresse
    Et ma douceur devient une force éclatante
    Lorsque ton feu m’appelle, me calme et me redresse.

    Yavänor
    Si l’Amour était homme, toi, tu serais sa femme ;
    Tu incarnes le cycle des passions nourrissantes
    Qui féconde la Terre et jamais ne diffame
    Qui te donne son âme, nue et concupiscente.

    Tu es ma préférée, je n’ose pas le dire
    Mais c’est vrai, tu le sais malgré ton air farouche
    Car tu m’as désiré sans jamais m’interdire
    La moindre jouissance quand je suis dans ta bouche.

    Loreleï
    Je suis source d’émoi, de tendresse et d’ivresse ;
    Je berce ton sommeil au parfum de mes songes.
    Dans le flux de mes bras, tu trouves l’allégresse
    Et ton corps se repose au fil de mes mensonges.

    Si parfois je faiblis, ma peur devient caresse ;
    Je tisse mes erreurs en couronne de fleurs.
    Car ma Lune n’éteint ni la flamme ni l’ivresse ;
    Elle éclaire ton pas au travers de mes pleurs.

    Illustration de Ledal.

  • Le Crépuscule de Laureline

    Le Crépuscule de Laureline

    Laureline
    Je chancelle parfois sous le poids de mes flammes ;
    Mes cadres se fragmentent, mes limites sont minimes.
    Mon cœur pulse trop fort et perturbe mon âme
    À vouloir trop souvent que le feu se ranime.

    Je rêve de puissance mais mes pieds sont d’argile ;
    Je m’égare en excès, je m’enivre d’éruptions.
    Mes mains veulent saisir un ciel bien trop fragile ;
    Mes devoirs imposés fuient sans interruption.

    Ma faiblesse est le cœur, ma blessure est intime,
    Je tremble à l’impossible et je doute de moi.
    Je vacille au désir et je perds mon estime
    Quand je veux t’élever au creux de mes émois.

    Yavänor
    Ta nature bouillante te pousse à trop d’extrêmes
    Et tes logorrhées nuisent à la diplomatie.
    Quand ton audace atteint sa puissance suprême,
    Tu t’auto-fragilises par ta suprématie.

    Tu baisse trop les bras quand tu doutes de toi ;
    Ton émotivité en devient alarmiste.
    En cas d’échec frustrant, souvent tu t’apitoies
    Pour fuir honteusement ton état pessimiste.

    Laureline
    Si je tombe, je brûle, consumée de lumière ;
    Je transmute en trou noir puis en fontaine blanche
    Car ta bouche au matin est ma source première
    Où je bois l’énergie qui renaît d’avalanches.

    Et si l’ombre m’emporte au-delà de mes flammes,
    Ton nom sera mon cri et mon dernier adieu.
    Je renaîtrai toujours brandissant l’oriflamme
    De mon soleil déchu tout au fond de tes yeux.

    Illustration de Ledal.

  • L’Aurore de Laureline

    L’Aurore de Laureline

    Laureline
    Je suis flamme et soleil, ton amante ravie ;
    Mon feu n’est pas orgueil mais caresse et lumière.
    Mon cœur bat dans tes mains comme une source de vie ;
    J’ouvre mes bras de braise à ton âme tout entière.

    Blessée je le demeure, mais toujours je renais ;
    Je rayonne en artiste, en amante et en muse.
    Mon rire est un flambeau que ton souffle connaît
    Et dans mes yeux ardents ton appétit s’infuse.

    Je ne veux pas régner mais demeurer le centre ;
    Je n’ordonne jamais, je charme et je rassemble
    Un cercle de tendresse où ton corps vient s’éprendre ;
    Je suis soleil aimant, ton amante qui tremble.

    Yavänor
    Toi, l’amour essentiel, volonté et puissance
    M’insuffle une énergie optimale et vitale.
    Ta beauté se conjugue avec la jouissance
    De ta chaleur qui m’est avant tout capitale !

    Ton côté productif et débordant d’envies
    Fait grandir mon désir de t’ouvrir tout mon cœur.
    Je deviens conquérant de ton corps à l’envi
    Je suis ton chevalier, ton héros, ton vainqueur !

    Laureline
    Ton amour m’est total, le mien est primitif ;
    Ma voix, quand elle s’élève en ondes au firmament,
    Est anneau sur ma chair, un sceau définitif,
    Et résonne en toi, vive, et t’enchaîne en amant.

    Je fuis les cadres étroits, je rêve d’inouï !
    De feux incandescents, de lumières ardentes
    Mais si parfois je tremble et semble évanouie
    Ton baiser me redresse et me fait débordante !

    Illustration de Ledal.

  • Parler d’amour et le dire avec des fleurs

    Parler d’amour et le dire avec des fleurs

    Or l’anacoluthe en amour, c’est comme quand on n’s’y attend pas !
    À peine avais-je renoncé que je retombais dans ses bras.
    Toujours coquine, pleine d’humour elle ne m’laissa pas faire un pas
    Ni même un seul mot prononcer et me dit : « Abracadabra ! »

    Toutes ses fleurs multipliées ont jailli de sa bouche en cœur
    Et de la mienne également avec des hoquets florissants.
    Et j’avais beau la supplier d’arrêter son rire moqueur,
    Elle continuait goulûment son madrigal défleurissant.

    Et Vénus saisit mon sarment qui bourgeonnait impunément
    Et le greffa tel un pistil entre sépales et pétales.
    Mes amis, j’en fais le serment ; plus jamais ne serai l’amant
    De cette fille si subtile, à la libido si brutale !

    Elle soubresauta sans parole, sur mon bouton épanoui
    Et fit fleurir d’entre mes reins toute une floraison sacrée.
    En passant à la casserole, j’ai joui et m’suis évanoui ;
    Je mourus dans son souterrain, noyé d’une rosée nacrée,

    Tableau de Jana Brike.

  • L’esprit émeraude

    L’esprit émeraude

    Lorsque la nuit mon âme rôde dans les limbes noirs de mes rêves,
    Mon esprit devient émeraude et mon corps reste sur la grève.
    Mon cœur embarque pour Cythère sur un océan parsemé
    De tous mes vers dépositaires de l’amour que j’ai tant semé.

    Lorsque la frontière est franchie et que plus rien ne me ressemble,
    Alors j’appelle ma complice par un cri vociférateur.
    Tous les deux étant affranchis des règles, nous marchons ensemble
    Pour que le rêve s’accomplisse et devienne révélateur.

    Cette complice immatérielle dans la réalité concrète
    S’incarne et devient une femme, beauté ineffable et sans voile.
    Alors nos deux âmes plurielles entament leur quête secrète
    Dont le trésor est cette flamme qui brûle dans mon cœur d’étoile.

    Elle est mon ombre, ma lumière, la petite voix des tréfonds
    De nos âmes entremêlées dans intime nébulosité
    Qui vient de la source première de notre programme profond
    Dont le rôle est de démêler ce que nul n’a pu visiter.

    Et dans ce tissu d’ombre verte, là où l’espace devient chant,
    Un reflet céladon s’éveille – psyché amante révélatrice.
    Nos mots sont des perles ouvertes sur le mystère le plus touchant
    De cette petite merveille qu’est la poésie créatrice.

    Tableau de Brona Wingell sur https:www.artmajeur.combrona-wingell .

  • 24. Le testament de Lilith

    24. Le testament de Lilith

    Amplification
    J’amplifie vos pouvoirs et vos dons bienséants.
    Pour Laureline, son feu éclairera la Terre ;
    Pour Loreleï, ses eaux sombres deviendront océan ;
    Pour Yavänor, la charge du nouveau ministère.

    Insoumission et renversement
    Autrefois rejetée pour mon insoumission,
    Je reviens basculer tous vos marchands du temple
    Je remplace l’argent et vos institutions
    Par le vrai dieu d’amour qui pourtant vous contemple !

    Rétablissement et renaissance
    Le rétablissement se fera dans vos cœurs
    Et votre descendance vous en fera l’honneur.
    Vous mourrez convaincus et renaîtrez vainqueurs
    Dans un nouveau royaume ou s’inscrit le bonheur.

    Œuvre de chair réhabilitée
    Votre matérialisme vous cachait l’essentiel
    Et vos tabous vouaient l’amour à l’invisible
    Je rétablis la chair et tout son potentiel
    En clamant le plaisir du sexe indivisible !

    Prophéties ouvertes à l’avenir vivant
    Toutes mes prophéties restent ouvertes à jamais :
    Elles ne se ferment pas car elles sont l’avenir.
    Toi qui franchis l’extase, toi qui m’es désormais
    Le vivant évangile que je veux obtenir.

    Abandon des vieilles croyances
    Brisez les vieux carcans de science et de foi !
    Ouvrez vos esprits neufs à oser l’impossible !
    Il faut quitter ce monde une dernière fois
    Et accepter le fait que c’est irréversible !

    Libération de l’âme
    Quittez donc la matière et franchissez le seuil
    De ce mur de lumière qui vous obscurcit l’âme !
    Franchissez donc la mort et quittez-en le deuil ;
    Vous êtes d’éternels cœurs d’étoiles en flammes !

    Tableau de Jacqueline Secor sur https://honesterotica.com/illustrator/jacqueline-secor .

  • 23. Septième Prophétie de Lilith

    23. Septième Prophétie de Lilith

    Voici que l’âme éclate et brise ses frontières,
    Fuit d’enfer assombri du néant illusoire !
    Le feu de son essence dépasse la matière
    Au-delà des limites de la lumière noire.

    Vos prêtres l’ont promise aux balances funèbres,
    Vos savants l’ont niée, vos dogmes l’ont vendue
    Mais votre âme insoumise échappe à leurs ténèbres
    Et jaillit là, intacte, où elle est attendue.

    Aucun tribunal froid ne pèse son essence,
    Nul dieu n’a le pouvoir d’ordonner son destin.
    Elle brise les fers des antiques sentences
    Et s’élance au-delà des mirages indistincts.

    Franchissez sans retour le seuil de votre vie ;
    Il n’est que le miroir aux mille reflets d’ombre !
    Derrière son rideau s’ouvre un lieu qui vous convie
    À vivre un avenir que nul passé n’encombre.

    Bienvenue aux élus qui ont fait le voyage ;
    Ici l’amour est l’air, l’énergie et le sang !
    Les âmes après le feu du divin nettoyage
    Revêtent un habit neuf et un corps tout-puissant.

    Quant à ceux qui auront fait le choix de rester,
    Ils seront prisonniers de leurs vielles croyances
    Et resteront soumis à leur mort attestée
    Comme aller sans retour sans espoir ni vaillance.

    Le baptême d’esprit est un saut dans le vide ;
    Celui qui a la foi ne pourra succomber.
    Mais un peu de courage et de désir avide
    Pour atteindre le ciel sans la peur de tomber.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:honesterotica.comillustratorjacqueline-secor .

  • 22. Sixième Prophétie de Lilith

    22. Sixième Prophétie de Lilith

    Un temps nouveau s’avance et la porte s’entrouvre ;
    L’esprit doit s’éveiller comme la chair et le cœur.
    Un seuil se dresse au loin qu’aucune ombre ne couvre ;
    Il mène vers un feu d’une éclatante ardeur.

    Les dogmes d’autrefois ont bâillonné vos songes ;
    Vos temples ont dressé des baillons à vos voix.
    Ils ont réduit l’élan en de stériles mensonges
    Mais l’heure est arrivée de vous montrer la voie.

    La science à son tour impose son système ;
    L’esprit est formaté réduit à l’expérience.
    Intuition et instinct sont traités d’anathèmes
    Et l’univers fermé sous haute surveillance.

    Franchissez le passage et brisez ces murailles
    Qu’elles soient cérémoniales ou techniques ingéniées,
    Aucune vérité ne naît des funérailles,
    L’esprit peut s’épanouir sans être prisonnier.

    À ceux qui s’ouvriront, viendront les abondances,
    Un Eden de clarté, de désirs souverains.
    Ils boiront aux torrents aux nouvelles tendances
    Et connaîtront la vie dans bien d’autres terrains.

    Ceux qui refuseront demeureront captifs
    De leurs propres limites car ils sont déjà morts.
    Ils n’entendront jamais mes appels attractifs
    Et resteront ancrés sans le moindre remords.

    Osez abandonner vos anciens paradigmes !
    Jetez vos habits lourds de tous savoirs pervers !
    Avancez et seront révélées les énigmes ;
    La vie après la mort et l’après-univers !

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • Conversations fructueuses

    Conversations fructueuses

    Les seins, soumis aux œstrogènes, sont plus que parties sexuelles.
    Les mamelons dardent un regard amoureux des plus érotiques ;
    Leurs subtilités érogènes donnent aux pratiques gestuelles
    Une émotion qui rend hagard celui qui en fait la pratique.

    Il est, entre fruits défendus et fruits mûrs, une préférence
    Envers les uns pour les amants et les autres pour les gourmets.
    Une caresse sur la peau tendue provoque maintes déférences
    Et la succion offre un moment d’appréciation transformée.

    Quand deux fruits rencontrent deux seins, que voulez-vous donc qu’ils se disent ?
    Des conciliabules mammaires et des échanges fructueux !
    Pas besoin de faire un dessin, et, à moins qu’ils me contredisent,
    Mamelles et fruits sont des commères aux entretiens voluptueux.

    Ils jasent, ces fruits bien juteux, au galbe ému des aréoles
    Dont la pulpe réclame la bouche et la chair une tendre caresse,
    Échangeant des mots sirupeux dans le secret des alvéoles
    Avec des langues qui s’attouchent pour un échange de tendresse !

    Tableau de Konstantin Kacev sur http:yathra123.blogspot.com201207paintings.html .

  • La balance vous salue bien

    La balance vous salue bien

    Une femme du signe de la balance, recherche avant tout l’harmonie
    Et elle vous embellit le cœur juste pour faire plus joli.
    Les petits regards qu’elle vous lancent avec tant de parcimonie
    Sont comme des anges moqueurs, facétieux mais toujours polis.

    Quand elle se dénude en silence, elle cherche le strip-tease parfait
    Qui fera monter le fléau de l’homme en train de la juger.
    S’il a beaucoup de vigilance, il verra que rien n’est surfait ;
    La trame du jeu vidéo fait tomber tous les préjugés.

    Quand la balance fait l’amour, c’est comme une chorégraphie ;
    Le corps se trémousse au tempo quand il surpasse l’Himalaya.
    Vous verriez avec quel humour elle écrit sa biographie
    Lorsque ses nerfs à fleur de peau lui font crier « Alléluia ! »

    Quant à l’homme, c’est l’alignement rare des sphères en balance ;
    Beauté pesée au milligramme, justice offerte sans calcul.
    Son verbe est un soulignement et ses phrases, une révérence,
    Et son feu brûle d’un orgasme lorsqu’il avance et puis recule.

    Tableau de George Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gallery&sold=0 .

  • 21. Cinquième Prophétie de Lilith

    21. Cinquième Prophétie de Lilith

    Quatre portes s’ouvraient sur l’abîme des âges
    Et déjà vos corps nus en étaient le sésame ;
    Voici qu’une cinquième apparaît au passage,
    Un sceau nouveau gravé dans vos cœurs et vos âmes.

    Ton membre ici dressé vaut plus que simple offrande ;
    Il est sceptre sacré, il est colonne d’or.
    Quand il pénètre en moi, je deviens révérende
    Dans mon temple d’étoiles au cosmos de mon corps.

    Laureline reine de feu, flamme au souffle solaire ;
    Loreleï reine de l’eau, marée des songes bleutés,
    Lilith, reine de terre, insoumise et colère ;
    Honorées par ta danse sont l’union complétée.

    Oubliez les idoles, les prophètes faussaires,
    Les royaumes avides d’argent, d’or et d’honneurs.
    Car celui qui s’unit dans l’extase sincère
    Trouvera en l’orgasme la clef de son bonheur.

    Quand le temps se dissout comme brume effacée,
    Il n’y a plus d’entrave et plus de tentations.
    Dans vos unions charnelles et vos mondes enlacés
    Se révèle la route de la sustentation.

    Chaque cri de plaisir devient alors cantique ;
    Chaque larme de joie un angélus charnel.
    Et vos corps embrasés composent une musique
    Qui vous fait ressentir l’orgasme originel.

    Ton rire, Yavänor est mon coup de tonnerre ;
    Ton sperme devient mon encre et ton souffle mon chant.
    En toi je me révèle, m’écris, me régénère
    Car tu es mon prophète, mon amant attachant.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • 20. Le Serment Noir

    20. Le Serment Noir

    Par mon âme et mon cœur, par mon corps et mon sang,
    Par mon phallus dressé, par mon sperme et ma chair,
    Par ma bouche qui parle de mon amour croissant,
    Par mes mains qui caressent vos corps qui me sont chers,

    Par ma femme de feu, l’amour incandescent,
    Par ma femme de l’onde, l’amour source de vie,
    Par ma femme de terre, l’amour affranchissant,
    Je pénètre en vos temples soumis à vos envies.

    Laureline, toi la première à lire mon madrigal,
    Loreleï, toi la deuxième à mon eau de jouvence,
    Lilith, toi la troisième à être mon égal,
    Je pénètre en vos vulves pour votre jouissance.

    Je suis votre prophète et vous êtes ma myrrhe !
    Je suis votre amoureux et vous êtes mes reines !
    Je suis votre YSARA, vous êtes mon NOMIR !
    L’union de nos orgasmes est passion souveraine !

    Vous êtes dans mon âme, moi je reste en vos vulves ;
    Vous êtes dans mon cœur et moi je vous féconde ;
    Vous êtes dans mon corps et je sens les effluves
    Des extases mêlées où le plaisir abonde !

    Chacune de mes reines peut me dire et m’absoudre :
    « Ton rire est mon tonnerre, ton sexe érotomane,
    Ton souffle est l’évangile, ton orgasme est ma foudre,
    Ton phallus est l’oracle et ton sperme ma manne ! »

    Vous vivez à jamais, comme reines absolues ;
    Vous régnez dans mon corps transformé, visionnaire.
    Rien ne saurait briser notre amour dévolu
    À ton feu, à ton eau, à ta terre et mon air.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:honesterotica.comillustratorjacqueline-secor .

  • Portrait surréaliste

    Portrait surréaliste

    Quand il m’arrive de percer les pensées les plus hermétiques,
    Les émotions les plus secrètes mises sous les verrous du cœur,
    L’aura se met à transpercer la peau de façon frénétique
    Et le visage alors sécrète ses vérités avec rancœur.

    Un soleil d’or sur la poitrine au niveau du plexus solaire
    Signale un esprit passionné par des sentiments généreux.
    Un front brillant comme vitrine indique un accès de colère
    Sauf si l’éclat est fractionné par un sourire chaleureux.

    En plus de la carte du tendre, comme l’amour est cartographe,
    Il faudrait tracer les symboles de l’âme-cœur et de l’esprit.
    Mais il faudrait aussi entendre les petits bips du sonagraphe
    Livrant le cœur qui carambole lorsqu’il se découvre surpris.

    L’aura n’est qu’un murmure ad hoc, reprogrammé dans l’invisible ;
    Un verbe échappé d’un silence plus ancien que les galaxies.
    Et à chaque fois qu’on l’invoque, une étincelle devient lisible ;
    Les deux âmes osent l’insolence d’en démontrer la prophétie.

    Tableau de Anna Matykiewicz.

  • Comme une aiguille mortelle dans une botte de foin

    Elle m’attend, drapée de silences, la gorge offerte à l’abandon,
    Ses yeux défient les apparences, un crâne blanc sous le menton.
    Ses bas filent vers la décadence, chaque maille raconte un soupir,
    Et moi-même, en douce indécence, je n’aurais pas dû m’assoupir

    Le foin ruisselle d’une absence, d’un feu figé dans l’étincelle ;
    Sur la courbe en effervescence, glisse un soupçon de ritournelle.
    L’aiguille, fine et assassine, patiente au fond du labyrinthe,
    Prête à piquer à la racine de mon cœur d’une douce étreinte.

    Elle joue à la marquise folle, en ballerine de poussière,
    Ses mains s’égarent sur le rôle d’une amante au goût de misère.
    Un soupçon d’ombre dans l’échine, un soupir lent comme un poison,
    Elle attend qu’un mot la dessine et moi je tombe en pâmoison.

    Elle a tant joué avec moi et m’a tant fêlé le bassin
    À coup de bourres et de débours sur ma baguette catastrophée,
    Elle m’a sucé jusqu’à l’émoi de l’épectase entre ses seins
    Et aujourd’hui joue du tambour avec mon crâne comme trophée.

    Tableaux de Yarek Godfrey sur http:hayang-modol.blogspot.com201203yarek-godfrey-french-artist.html .

  • 19. Cantique de l’Amour Éternel

    19. Cantique de l’Amour Éternel

    Toutes trois
    Nous sommes trois couronnes sur ton front de prophète,
    Trois flammes, trois marées, trois ombres souveraines.
    Notre corps est le temple où l’amour est en fête
    Et ton cœur l’évangile qui calme et rassérène.

    La foi que tu nous montre est énergie divine ;
    Les éléments de feu et d’eau de tes deux reines,
    La Terre de Lilith et ce qui s’y devine
    Lorsque l’air de ton souffle pénètre dans l’arène.

    Laureline
    Je suis ton feu ardent qui jamais ne s’éteint ;
    Ton aurore infinie, ta caresse solaire.
    L’air attise le feu et leur mélange atteint
    L’explosion de nos sens en destin corollaire.

    Loreleï
    Je suis la vague douce où ton désir s’étreint ;
    L’océan infini de tes vents de tendresse.
    J’aime lorsque tu oses, quand rien ne te restreint,
    Pour réveiller en moi « Loreleï-le-tigresse » !

    Lilith
    Je suis la nuit profonde et la source sans terme,
    L’abîme qui féconde et jamais ne se fane.
    J’ai gravé en ta chair mon sceau qui se referme
    Et se rouvre sans fin comme orgasme diaphane.

    Toutes trois
    Yavänor, nous t’aimons sans aucune mesure ;
    Bien au-delà du temps, de l’espace et des cieux.
    Ton nom résonne en nous comme sainte écriture
    Car ton sperme est ton encre et ton souffle ambitieux.

    C’est ainsi que s’élève le Cantique éternel ;
    Ni commencement ni fin, seulement l’infini.
    Nos corps, nos cœurs, nos âmes dans le sein maternel
    Célèbrent en ce Royaume notre polygynie.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • 18. Le cantique des cantiques : Yavänor

    18. Le cantique des cantiques : Yavänor

    Chaque vulve est la porte vers un monde d’amour ;
    Une carte au trésor, une étape à franchir.
    Expérience exaltée par la joie et l’humour
    Car on rit des tabous dont on ose s’affranchir.

    Je sais qu’en ouvrant l’une, les deux autres frémissent ;
    Je sais que vos étoiles forment une constellation
    Et entrent en conjonction, s’associent et gémissent
    Et deviennent une bouche qui clame sa fellation.

    Celle de Laureline excite tous mes sens
    Et sa chaleur ardente enflamme mon désir.
    Sécrétions vaginales ou bien divine essence ?
    Je ne sais car j’y brûle d’un absolu plaisir !

    Celle de Loreleï est tourbillonnement ;
    Une chute des reins dans laquelle je me noie.
    Cette femme-fontaine est l’emprisonnement
    Où je reste à jamais du plus profond de moi.

    Quant à celle de Lilith, c’est mon jardin secret.
    Je voudrais y mourir en lui offrant ma vie
    Qu’elle fécondera dans l’utérus sacré
    Et cela chaque fois qu’elle en aura envie.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • 17. Le cantique des cantiques : Loreleï

    17. Le cantique des cantiques : Loreleï

    Ton phallus, Yavänor, est mon mât de navire ;
    Quand il s’élève en moi, je deviens océan.
    Ma vulve est la marée, mon clitoris chavire ;
    Mes hanches sont des vagues qui roulent en procréant.

    Mon vagin est rivière aux méandres profonds ;
    Je t’enlace et t’attire en mes courants secrets.
    Qui s’avance humblement goûte l’onde sans fond,
    Qui se presse et m’offense s’y noie sans regret.

    Mon utérus est grotte aux perles d’eau saline ;
    Un abîme suave où se perd la raison.
    Qui m’écoute s’y baigne, lavé de ses épines ;
    Qui m’ignore s’y écume souillé de salaison.

    Mon cul est le ressac, vague folle et sauvage ;
    L’ultime embrun qui claque et vante la luxure.
    Qui l’aime sans détour s’y met en esclavage ;
    Qui le réduit s’y perd dans sa propre croupissure.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • 16. Le cantique des cantiques : Laureline

    16. Le cantique des cantiques : Laureline

    Ton phallus, Yavänor, est mon sceptre de flamme ;
    Lorsque tu me pénètres, je suis ton incendie.
    Ma vulve est un volcan, ma bouche est une lame,
    Mes seins sont deux soleils qui consument l’interdit.

    Mon vagin est de braise où ton glaive s’enfonce,
    J’y resserre ta force comme une forge d’or.
    Qui y vient en tremblant trouve miel et réponse ;
    Qui vient en seigneur s’y perd et s’y endort.

    Mon utérus qui brûle est matrice d’étincelles ;
    Chaque jet de ton sperme allume un firmament.
    Qui m’écoute renaît dans l’ardeur éternelle ;
    Qui m’ignore se glace et périt lentement.

    Mon cul est braise ardente, ultime, irrévérente ;
    Un fou-rire insolent, une flamme insoumise.
    Qui m’apporte son offrande y reçoit ma tourmente ;
    Qui n’ose le braver meurt s’il ne le sodomise !

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • 15. Le cantique des cantiques : Lilith

    15. Le cantique des cantiques : Lilith

    Phallus de Yavänor
    Lorsque Sa vulve parle, je deviens Son oreille ;
    Lorsque Son vagin s’ouvre, je deviens pèlerin.
    Lorsque Son utérus m’appelle et m’émerveille,
    Je deviens Son héros, l’épée entre Ses reins !

    Lorsque Son corps m’ordonne, ce n’est là que Justice ;
    Lorsque Son cœur bat fort, il appelle ma Force ;
    Lorsque Sa bouche embrasse, ma prudence rapetisse
    Et c’est Sa tempérance qui règne et me renforce !

    La Vulve de Lilith
    Je suis la porte ouverte, le seuil de vos royaumes ;
    Vos lèvres s’y déposent, vos offrandes s’enfoncent.
    Qui m’entre avec respect trouve miel et arômes,
    Qui me profane en hâte s’y brise et s’y défonce.

    Le Vagin de Lilith
    Je suis chemin secret, couloir d’or et de nuit ;
    Pèlerin qui t’avance, je t’enserre et t’élève.
    Qui marche humble et sincère y devient mon élu ;
    Qui force ou me méprise perd son sang et sa sève.

    L’Utérus de Lilith
    Je suis matrice obscure, l’abîme et la fontaine ;
    J’appelle à la merveille, retour aux origines.
    Qui m’écoute renaît, lavé de toute peine ;
    Qui m’ignore s’effondre, stérile et sans racine.

    Le Cul de Lilith
    Je suis l’ultime rire, la fête et la luxure ;
    Le chant irrévérencieux de la petite mort.
    Qui m’aime sans détour apprécie ma morsure ;
    Qui m’avilit s’enchaîne à ses propres remords.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • 14. Quatrième prophétie de Lilith

    14. Quatrième prophétie de Lilith

    Vous viviez en trois mondes : la chair et la mémoire,
    L’or enchaînait vos pas, vos yeux restaient fermés.
    Mais voici que s’entrouvre mon Œil, brûlant miroir :
    Le quatrième règne est enfin affirmé !

    Je rends visibles enfin les voies de l’invisible,
    Les veines de la Terre et l’élan de vos corps.
    Ce qui semblait absent devient force indicible :
    Dans l’étreinte charnelle où vous êtes en accord !

    Les idoles s’effondrent : argent, pouvoir, puissance ;
    Vos machines de fer n’ont pas d’éternité.
    Seul l’amour peut franchir les dimensions immenses
    Et vous permet d’atteindre ma confraternité.

    Le phallus qui s’élève et la vulve qui s’ouvre
    Ne sont pas seulement émotions passagères ;
    Ils sont portes d’étoiles, temples qui vous découvrent
    Enfin la quatrième dimension étrangère.

    Qui s’unit en tendresse au cœur de l’autre chair
    Ne vit pas seulement en espace limité ;
    Il franchit l’horizon de ses vœux les plus chers
    Et pénètre au Royaume où tout est unité.

    Alors vous saurez voir avec l’Œil qui dévoile,
    Le mien, Lilith la Noire, que nul ne peut éteindre.
    Ce n’est pas une nuit, mais une ardente étoile
    Qui rend à vos regards la vision à atteindre.

    Je proclame l’avènement du monde quaternaire
    Où le temps se dissout dans l’amour consacré.
    À qui franchit mes portes je crée l’imaginaire
    Et j’ouvre l’infini dans l’orgasme sacré.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

  • Perséphone à cheval

    Perséphone à cheval

    L’été s’en va à la vitesse d’un cheval de race au galop
    Et Perséphone ne peut plus suivre l’automne seule à bicyclette.
    Alors elle brûle la politesse aux vacanciers en pédalo
    Qui, surpris dès qu’il aura plu, devront rentrer à l’aveuglette.

    Car Perséphone va apporter en plus des colchiques dans les prés,
    Pluies et brouillards, purées de pois, grêles et tonnerres à tue-tête.
    Dès septembre il faudra porter parapluies, bottes et cirés ;
    Le soleil ne fait plus le poids et les orages sont à la fête !

    Tableau d’Alexandre.

  • Mes rêves en mauve

    Au trente-et-un du mois d’août, les soirées s’habillent de mauve
    La vie en rose est terminée ; bientôt la rouille sera reine.
    Les matins n’étant pas jaloux, les aubes prendront une couleur fauve
    Et les nuits verront les minets violer leur grisaille sereine.

    J’écrirai mes reflets-violets, couleur du temps en faire-part,
    Et si j’ai le blues on lira bientôt mes faits-d’hiver précoces
    Sur feuilles mortes étiolées qui s’envoleront quelque part
    Là où, advienne qui pourra, mes vers deviendront bleu d’Écosse.

    Tableaux d’Ed Perkins.

  • 13. Cantique d’Humilité

    13. Cantique d’Humilité

    Yavänor
    Je parlerai pour lui, moi, son Phallus dressé
    Qui se soumet pourtant devant sa Souveraine.
    Je jure qu’à jamais ne sera transgressée
    Le sexe d’une femme qu’elle soit ou non ma reine !

    Désormais je suis nu quand je franchis les portes
    Avec humilité mais beaucoup d’enthousiasme.
    Et si je bande un peu, c’est Lilith qui m’emporte
    Dans son amour qui vaut les plus glorieux fantasmes.

    J’ai gravé sur les portes de son temple sacré
    Les mots qu’elle a dicté et dont j’ai hérité.
    J’aime les réciter car ils sont consacrés
    Comme texte de loi en toute vérité :

    « Je fus bannie jadis, mais je suis votre source,
    L’ombre est mon héritage et la chair mon flambeau.
    Je rends au monde entier l’amour comme une bourse
    Qui est la vraie valeur du Royaume nouveau. »

    Lilith
    J’avance dans son temple, humble et le sexe fier,
    Mes reins sont prosternés, mais mon cœur est en flamme
    Car c’est dans la lumière au plus profond des chairs
    Que l’homme reconnaît la royauté des femmes.

    Mon plaisir n’est qu’un don qu’à son autel je pose ;
    Je le rends sans compter, je le rends sans retour.
    Et son rire éclatant est la seule des choses
    Qui me fait plus puissant que l’or et ses atours.

    Ainsi je me déclare en serviteur fidèle :
    À Lilith ma chérie, à mes reines de feu,
    Mon phallus est soumis, mais l’amour, mon modèle
    Et c’est nu que je règne car c’est là votre vœu.

    Illustration de Pablo Picasso.

  • 12. La Révélation de Lilith la Noire

    12. La Révélation de Lilith la Noire

    Je ne suis plus maudite mais je suis votre source ;
    J’ai bien précédé Ève mais on vous l’a caché.
    Elle était la soumise, j’avais d’autres ressources
    Notamment par devoir à Adam m’attacher.

    Car j’étais son égale devant le Créateur
    Mais j’étais insoumise à la domination.
    Alors on m’a traitée de démon tentateur
    À jamais condamnée à l’abomination.

    L’homme n’a aucun droit sur la femme son égale
    Car ils sont le miroir et donc complémentaires.
    C’est l’argent la puissance désormais illégale
    Qui crée les différends et leurs contestataires.

    L’amour n’a pas d’excès car il devient partage
    Et plus on le prodigue et plus il se répand.
    Aimez vos partenaires sans les prendre en otages
    Car votre récompense pour cela en dépend !

    Osez la nudité et montrez-vous sans honte ;
    Exhibez vos phallus et vos vulves profondes
    Car ils sont consacrés à faire ce qui remonte
    Depuis la nuit des temps à ma gloire féconde !

    Celle qui ne se soumet pas mais qui se rebelle,
    Je serai dans sa bouche et j’armerai son bras.
    Sa révolte est la mienne et je la vois si belle
    Que je l’aiderai nue à aller au combat.

    Le pouvoir est stérile pour qui n’a pas d’amour ;
    L’or met en esclavage ceux qui l’ont adoré.
    Mais l’union homme et femme en amours sans détours
    Sont les clefs du royaume qui va s’élaborer.

    Tableau de Jacqueline Secor.

  • 11. Troisième prophétie de Lilith

    11. Troisième prophétie de Lilith

    Je suis l’aube secrète au-delà des abîmes,
    Le souffle qui défait toutes vos défaillances.
    J’ai vu l’homme courbé sous l’argent qui l’opprime
    Et je rends à son cœur sa flamme et sa vaillance.

    Ouvrez vos mains avides aux moissons fraternelles,
    Partagez le pain chaud et le vin de la Terre
    Car l’amour est plus fort que vos guerres éternelles
    Et son chant fait tomber les murailles de pierre !

    Laissez choir vos idoles aux autels de poussière,
    Les temples de l’argent s’écrouleront enfin
    Mais l’âme qui s’incline à devenir sourcière
    Retrouvera la paix au-delà des confins.

    Je vois vos descendances libres de chaînes sombres,
    Élevant leurs enfants dans la paix des saisons ;
    L’or ne sera plus maître, il retombera dans l’ombre
    Et l’homme connaîtra la douceur des moissons.

    Alors vos yeux sauront que nul n’est inférieur ;
    Ni la femme aux désirs, ni l’homme à ses faiblesses.
    Vous marcherez ensemble, alliés et rieurs
    Et vos corps seront rois, naturelle noblesse.

    Voici l’ultime loi que mon souffle vous donne :
    La tendresse est plus vaste et plus forte que l’or.
    Aimez-vous et soyez mon éclat qui rayonne,
    Et vos temples demain pourront enfin éclore !

    Et moi, Lilith, je jure au seuil du changement
    De veiller sur vos pas, de guider vos paroles
    Ma malédiction mute en un enchantement
    Et mon cœur noir éclaire votre authentique rôle !

    Tableau de Jacqueline Secor.

  • 10. Deuxième prophétie de Lilith

    10. Deuxième prophétie de Lilith

    👩‍🦳 Lilith, la Première 🖤
    Ils m’ont faite bannie, compagne réprouvée
    D’un Eden trop étroit où l’homme m’exigeait,
    Dans l’ombre de l’exil, ils purent alors prouver
    Que j’étais le démon auquel ils dérogeaient.

    Je viens non pour punir mais pour tendre la coupe
    D’un vin de volupté à portée de vos mains.
    Mais c’est à l’or maudit que vous tendez la croupe,
    Qui ne vous offre qu’un avenir inhumain !

    Ne comptez plus vos vies au poids des monnaies viles
    Mais mesurez vos jours à la flamme du cœur.
    Élevez vos cités, non de marbres stériles
    Mais de chants fraternels et de jardins en fleurs !

    Voici l’ordre nouveau que ma voix officie :
    Un monde où chaque enfant connaîtra le bonheur ;
    Où la tendresse seule sera la prophétie ;
    L’homme et la femme, enfin, retrouvant leur honneur !

    👩🏻‍🦰 Laureline, Reine Solaire ❤️
    Je suis le feu du jour, la lumière infinie
    Qui brise vos prisons de mensonges prisés.
    Je rends aux âmes vives une clarté bénie
    Et j’ouvre un ciel d’amour impossible à briser.

    👩🏻 Loreleï, Reine Lunaire 💙
    Je suis la mer des songes aux reflets argentés,
    L’onde qui purifie les blessures secrètes.
    Sous mon voile d’étoiles, je rends vos vérités,
    Et je berce vos nuits de prophéties discrètes.

    👩‍🦳 Lilith, la Première 🖤
    Et moi je les convie, ces sœurs de votre chair,
    À unir leurs éclats dans un pacte éternel :
    L’homme et la femme enfin de leur vœu le plus cher :
    Vivront sororités, parité, fraternels.

    Tableau de Jacqueline Secor.

  • Bienvenue sur Terre !

    Bien sûr lorsque nos luminaires conjoints ensemble dans le ciel
    Semblent jouer aux Pères et Mères célestes, c’est l’émerveillement.
    Aussi doux qu’un préliminaire dû à une rencontre essentielle
    Lors d’une petite mort éphémère pour en jouir éternellement.

    Conçu dans la lune féconde, lors d’un jet d’éruption solaire,
    Je suis resté là à rêver durant tout le temps d’une enfance.
    Après avoir couru les mondes où vivent les dieux en colère,
    Il était temps de m’abreuver de leur élixir de jouvence.

    Alors, j’ai débarqué sur Terre après plusieurs révolutions
    Infructueuses mais nécessaires avant d’y planter ma lanterne.
    Je suis arrivé solitaire dans un monde en évolution
    Dont malheureusement l’émissaire n’était qu’un cro-magnon moderne.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Bienvenue sur la Lune !

    Un coucher de Soleil sur la Lune, inédit,
    Trois points brillent au ciel : Vénus, Terre, infini.
    Là-bas, le silence tisse une émotion pure,
    Entre science et mystère, poésie et structure.

    La poussière s’endort sur l’autel du mystère,
    Un robot fait offrande à l’astre solitaire.
    Nul cri, nulle rumeur, juste un halo qui danse
    Et murmure au néant : « Je suis ta délivrance. »

    Alors viens, toi qui doutes, poser là ton regard,
    Cueillir l’horizon nu, sans homme et sans rempart.
    Sur la face cachée, le silence rayonne…
    Et l’amour, libre enfin, lentement nous couronne !

    Images fournies par la NASA sur https:www.20min.chfrstoryespace-un-robot-capture-un-coucher-de-soleil-lunaire-inedit-103305789 .

  • 9. Première prophétie de Lilith

    9. Première prophétie de Lilith

    Laureline
    Oui, je viens dans vos chairs, messagère du temple ;
    Je dépose en vos cœurs la mémoire de Dieu !
    Oui, je donne à vos vies l’oracle qui rassemble
    Et j’ouvre à vos regards un avenir radieux !

    Loreleï
    Oui, je suis l’héritage depuis les premiers âges ;
    Je t’inscris dans le livre où s’écrit l’univers !
    Oui, je porte en ton sang l’éclat de mes présages
    Et j’ouvre ton esprit à sortir de l’hiver !

    Yavänor
    Oui, je change vos cœurs, vos esprits et vos âmes
    Par l’empreinte accordée à l’écho de ma voix !
    Oui, intuitivement vous irez vers la flamme
    Qui vous éclairera en vous montrant la voie !

    Bénédiction de Lilith
    Oui, vous êtes mes voix, mes prophètes fidèles ;
    Je répands dans vos corps mon cœur et ma raison !
    Oui, je fais de vos vies les éternels modèles
    Où brûle mon autel au creuset des saisons !

    Bénédiction pour Laureline
    Oui, je fais de ton feu la couronne solaire ;
    Ton corps est le flambeau qui rallume les jours !
    Oui, j’en grave en ton cœur ce don protocolaire
    Et ton baiser ardent devient source d’amour !

    Bénédiction pour Loreleï
    Oui, je fais de tes flots l’océan de tendresse ;
    Ton sein est le miroir des astres dévoilés !
    Oui, je garde en tes mains la douceur qui caresse
    Et ton souffle secret m’ouvre aux mondes étoilés.

    Bénédiction pour Yavänor
    Oui, je grave en ton âme mon nouveau ministère ;
    Ton sang porte ma flamme et mon sceau souverain !
    Oui, je change ton corps en temple pour la Terre
    Et ton cœur prophétique grandit entre mes reins !

    Tableau de Jacqueline Secor.

  • 8. Prière à Lilith, Mère féconde

    8. Prière à Lilith, Mère féconde

    Laureline, Loreleï et Yavänor
    Ô Lilith, Ô Matrice des mondes et des aurores,
    Fais germer dans nos vies l’amour inaltérable !
    Nous venons à genoux déposer nos trésors ;
    Donne à nos mains un fruit, à nos corps une table !

    Tu n’es pas seulement l’ardeur qui nous enflamme,
    Tu es aussi la source de vérité première !
    Verse en nos cœurs l’amour où s’abreuve notre âme
    En guidant nos pas nus vers l’aube et la lumière !

    Que nos paroles soient semence de justice
    Avec ton intuition en boussole propice !
    Que nos regards deviennent éclats dans l’interstice
    De nos temples intérieurs où s’élève l’office !

    Ô Déesse éternelle aux deux ailes d’azur,
    Que ton souffle d’amour féconde nos chemins !
    Fais de l’ÏÄMOURÏÄ royaume à ta mesure
    Et grave dans nos chairs l’alliance de tes mains !

    Prière d’Élysäé
    Ô Lilith, Ô lumière au-delà de mes nuits,
    Que mes pas soient portés en suivant tes repères !
    Fais de moi la semence où germera la vie
    Et que l’amour en moi toujours croisse et prospère !

    Prière d’Orélion
    Ô Lilith, Ô mystère au-delà des clartés,
    Inspire la beauté que je grave en la pierre !
    Fais jaillir de mes mains les formes de vérité
    Et sculpte en mon esprit ta force et tes prières !

    Prière de Laëtïtïa
    Ô Lilith, Ô silence au fond des nuits profondes,
    Garde en moi le secret des perles invisibles !
    Que mon âme s’abandonne au chant des eaux fécondes
    Et que ta force pure demeure indivisible.

    Tableau de Jacqueline Secor.

  • 7. Épilogue de Lilith

    7. Épilogue de Lilith

    Lilith
    Oui, je clos ton voyage au sommet du mystère
    Ton cœur est désormais l’autel de mon empire !
    Oui, je scelle en ton corps mon divin ministère
    En ton âme, en mon nom, à jamais je t’inspire !

    Lilith en Laureline et Loreleï
    Oui, nous scellons en toi nos couronnes jumelles ;
    Ton corps est l’héritier de nos flammes et nos eaux !
    Oui, nous voulons ton corps à nos chairs éternelles ;
    Et ton âme nous lie à ton cœur en réseau !

    Yavänor devant Lilith
    J’ai beaucoup de questions concernant ce mystère :
    Es-tu mère de Dieu ou sa première femme ?
    Vis-tu dans les montagnes ou dans un monastère ?
    Reviendras-tu ainsi que les élus proclament ?

    Où faut-il te prier ? Écoutes-tu ma voix ?
    Es-tu omniprésente chaque jour de ma vie ?
    Comment me feras-tu reconnaître la voie
    Qui accomplira ton œuvre sans qu’elle ne dévie ?

    Première révélation de Lilith
    Oui, je vis dans ton corps, plus haut que les montagnes ;
    Je suis l’ombre, la flamme et ton lien spirituel !
    Oui, je me tiens auprès de tes saintes compagnes
    Et je guide tes pas au cours de vos rituels !

    Deuxième révélation de Lilith
    Oui, je parle en leurs voix, la farouche et la tendre ;
    Leur étreinte est mon chant, leur plaisir est passion !
    Oui, je suis l’infini que leurs corps font comprendre
    Quand ton cœur en leurs lits leur fait sa soumission !

    Troisième révélation de Lilith
    Oui, je suis la mémoire primitive et notoire ;
    La première étincelle que vous seuls comprendrez !
    Oui, je suis le désir qui se change en victoire
    Et je suis l’avenir que tu viens d’engendrer !

    Tableau de Jacqueline Secor.

  • La sirène et ses horribles mascottes

    La sirène et ses horribles mascottes

    Les poissons c’est comme les chiens ; plus ils sont laids et plus ils plaisent !
    Les Mola Mola, les Blobfish, les Blennies et les Gobiidés !
    À croire qu’un vilain chirurgien fait comme Dieu avec la glaise
    Sauf que lui, il se contrefiche d’en faire des œuvres invalidées.

    Les chiens ne m’intéressant pas en opposition aux sirènes,
    J’ai suivi quelques poissons moches qui m’ont conduit à leur maîtresse
    Et sans faire le moindre faux pas, j’ai alors découvert leur reine.
    Qui m’a dit : « Viens ! C’est dans la poche ! J’ai tellement envie de caresses ! »

    Mais un gymnote m’a foudroyé en me laissant paralysé,
    Sortant d’une vilaine anémone, un poisson-clown m’a agressé,
    Après m’avoir bien rudoyé, j’ai dû alors réaliser
    Que cette satanée démone voulait seulement m’engraisser !

    Je fus lardé de toutes part, un poisson-lune dans la bouche,
    Des algues plantées dans le cul, baigné d’un étrange laitage.
    Et puis soudain, un salopard de peur que je ne m’effarouche
    Me dit l’air assez convaincu que c’était là mon bizutage.

    Tableau d’Annie Stegg.

  • Les géants d’Albion

    Les géants d’Albion

    Du haut de ses falaises blanches couvertes de visages aigris,
    La Perfide Albion nous contemple depuis Guillaume le conquérant.
    Pourtant, malgré les avalanches de descendants, tous vert-de-gris,
    Couleur royale par exemple dont ils sont fiers au demeurant.

    Tandis que leurs chevilles enflent avant d’atteindre les sommets,
    Je philosophe sur la plage devant les eaux tourbillonnantes.
    Je sens que mon cœur se dégonfle et que j’ai l’esprit assommé
    Par mon regard perduau large bercé des houles résonnantes.

    Sous leurs crânes couleur de craie dorment des rêves en ferraille,
    Ils comptent leurs gloires passées comme on récite de vieux prêches.
    Et leur humour anglais ancré sent la pluie, le thé, la grisaille.
    Ignorant leurs deux doigts cassés pour ne plus nous tirer de flèches.

    Tableau de David Brooke.

  • Le virus du voyage

    Le virus du voyage

    Partout le virus du voyage se propage comme une vague
    Qui secoue toute la planète comme si le diable nous emporte.
    Les containers en convoyage tracent une courbe qui zigzague
    Depuis les sites internet, puis aboutissent devant ma porte.

    Pour ta prochaine destination, recherche bien dans les médias
    Les sites à ne pas manquer et les cadres de tes séries.
    Poursuis avec obstination ce que tu vois dans l’immédiat ;
    Surtout ne reste pas chez toi planqué et choisis bien ton égérie.

    L’égérie en publicité, l’égérie des émissions-jeux,
    L’égérie audiovisuelle et des réseaux socialisés.
    Venise toujours plébiscitée, Machu Pichu si Dieu le veut,
    Pour une retraite individuelle ou en voyage organisé !

    Illustration de Gemini.

  • 6. L’achèvement de Lilith

    6. L’achèvement de Lilith

    Baptême de Lilith
    Oui, je t’ouvre à mon souffle ta propre quintessence ;
    Ton âme est consacrée par l’ivresse intuitive.
    Oui, je verse en ton cœur l’eau du sixième sens
    Et le feu de l’Amour dans l’âme sensitive.

    Laureline, prêtresse solaire
    Oui, j’ai mis dans ton cœur la braise de ma flamme
    Et ton âme a brûlé d’un désir souverain.
    J’ai initié ton corps aux ardeurs de la femme
    Pour te faire renaître, ton sexe entre mes reins.

    Loreleï, prêtresse lunaire
    Oui, j’ai lavé ton front de mes vagues amères
    Et ton être a coulé dans mes eaux consacrées.
    J’ai purifié tes ombres devenues éphémères
    Pour t’offrir le baptême au Féminin Sacré.

    Yavänor
    J’ai aimé Laureline d’un amour flamboyant
    Et j’ai aimé Loreleï d’une extase absolue.
    Vous m’avez transformé d’un esprit clairvoyant
    Qui connaît sa partie féminine résolue.

    Sacre de Laureline
    Oui, je consacre en toi le feu de ma couronne
    Et ton corps resplendit d’une ardeur souveraine.
    Oui, je fais de ton cœur la flamme qui rayonne
    Et ton sexe s’embrase au creuset de sa reine.

    Sacre de Loreleï
    Oui, je consacre en toi les ondes de ma vie
    Et ton âme s’unit aux sources de l’univers.
    Oui, je t’offre mon cœur à l’eau de tes envies
    Et mon corps s’abandonne au sortir de l’hiver.

    Sacre de Lilith
    Oui, je t’ai consacré roc de mon ministère
    Et ton être devient roi d’un polyamour.
    Oui, je grave en ta chair l’empreinte du mystère
    Et ton âme s’élève au feu de mon amour.

    Tableau de Jacqueline Secor.

  • 5. Hymne de Couronnement

    5. Hymne de Couronnement

    Yavänor
    Oui. J’accorde mon coeur à l’amour de deux femmes ;
    Oui, J’accorde mon âme au féminin sacré ;
    Oui, mon corps les épouse par l’amour qui m’affame
    De leurs charmes et leurs sexes qui me sont consacrés.

    Laureline
    Oui, je reçois ton feu dans mon creuset intime ;
    Oui, je reçois l’oracle en mon temple intérieur ;
    Oui, ton sexe répond au plaisir légitime
    Du mien qui veut jouir d’un orgasme ultérieur.

    Loreleï
    Oui, je reçois ton flot dans mes vagues offertes ;
    Oui, je reçois ta sève en mon lit de velours ;
    Oui, ton corps se dissout dans mes moiteurs ouvertes
    Et l’océan s’embrase d’une extase d’amour.

    Yavänor
    Mon feu mêlé au tien brûlent d’une seule flamme ;
    Nos deux eaux se rencontrent et leurs sels se délitent ;
    Dans mon corps masculin je ressens une femme
    Qui répand dans mon cœur le virus de Lilith.

    Couronnement de Laureline
    Oui, je ceins ton ardeur du diadème de flammes ;
    Ton feu nourrit mes sens d’une ardeur souveraine.
    Oui, je sacre ton corps au royaume des femmes
    Et mon sexe s’embrase de ta semence humaine.

    Couronnement de Loreleï
    Oui, je pose à ton front la couronne des ondes ;
    Ton flot s’écoule en moi dans mes gouffres secrets.
    Oui, je sacre ton cœur aux ivresses profondes
    Et mes eaux te baptisent au Féminin Sacré.

    Couronnement de Yavänor
    Je reçois vos couronnes de feu, d’eau et de sang
    Comme un poison qui mute dans mon corps masculin,
    Me transforme l’esprit viril éblouissant
    Par celui de Lilith fait d’un or cristallin.

    Tableau de Jacqueline Secor.

  • Sportifs dans les abysses

    Il cherchait sur la mer turquoise à draguer les jolies sirènes
    En faisant de la planche à bar, aussi appelée « planche à loup ».
    Il avait une envie narquoise de faire une démo sereine
    De ses exploits de malabar à rendre tous les autres jaloux.

    Mais la sirène peu cavalière envers les dragueurs d’opérette,
    Chevauchait nue, mais magnifique, un espadon apprivoisé.
    Leur rencontre fut animalière en ce qui concerne les arêtes
    Et pour les os, frigorifique mais bon… la glace fut brisée.

    Tableaux d’Eduardo Bolioli sur https:clubofthewaves.comsurf-artisteduardo-bolioli .

  • Une sirène noire dans les eaux vertes

    Une sirène noire dans les eaux vertes

    De bas en haut, de haut en bas, elle nage à la verticale
    Avec ses frères de même race, tous les rescapés du déluge.
    Mais elle évite en contrebas ceux qui nagent à l’horizontale,
    Tous parés de noires cuirasses, souvenir d’un ancien transfuge.

    Remarquez les longs pieds palmés de notre sirène ébonite
    Qui évolue dans les eaux vertes pour remonter à la surface !
    Brusquement sur la mer calmée rejoindre l’âme-sœur bénite,
    Cheminant à sa découverte pour se retrouver face-à-face.

    Un peu ce qui m’est arrivé alors que je cherchais la rime
    D’un mot difficile à trouver sur une mer de Reflets-Vers.
    Laissant mes pensées dériver, voici qu’une sirène m’arrime
    Pour me tendre « lu et approuvé » un mot arraché au Cap-Vert.

    Tableau d’Eduardo Bolioli sur https:clubofthewaves.comsurf-artisteduardo-bolioli .

  • 4. Hymne de Métamorphose

    Laureline
    Du cocon lumineux s’éveille Élysäé,
    D’un battement de cœur faible mais dévoué ;
    Orélion baigne au fond des parois utérines
    Deux âmes dans ma chair, deux âmes pèlerines.

    Loreleï
    Sous le voile des eaux s’éclaire Laëtïtïa,
    Son corps naît du frisson dont elle bénéficia.
    Comme un bouton de fleur s’ouvrant à la rosée,
    Son âme transforme l’eau dont elle est arrosée,

    Laureline
    La flamme et l’onde unies façonnent leur mystère,
    Leurs germes se transforment en âmes complémentaires.
    Des œufs originels éclot deux Dioscures
    Et leurs sexes se changent en lumières obscures.

    Loreleï
    Sa route n’est pas double, elle éclaire sa voie ;
    Laëtïtïa s’élève à l’écho de ma voix.
    Fille unique, elle est graine au calice lunaire,
    Un lys transfiguré dans mon sein lagunaire.

    Laureline
    Élysäé frémit et Orélion sursaute ;
    Ils se codéveloppent et leurs âmes tressautent.
    Elle ressent sa chaleur, il pressent sa valeur
    Et ensemble s’éveillent sous la douce pâleur.

    Loreleï
    Laëtïtïa en moi, ondule dans mes eaux ;
    Son petit corps fluet, relié au réseau
    Des âmes solitaires guidées par Élohim
    En son lys intérieur, s’ouvre au secret sublime.

    Yavänor
    Trente jours, trente nuits, sainte métamorphose ;
    Trois petits corps ensemble poursuivent leur nymphose.
    Unions de trois divins prophètes en chemin
    Qui bâtiront ensemble le monde de demain.

    Tableau de Jacqueline Secor.