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  • L’Alliance des Sorcières avec Yavänor

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    « Moi, Yavänor, par mon oracle, je viens bénir vos sanctuaires ;
    Pénétrer vos vulves gourmandes qui avaleront mon sperme amer !
    Jouissez toutes du miracle que je verse dans vos estuaires
    Par mes rivières qui ne demandent qu’à se projeter dans vos mers !

    Je suis l’étalon qui chevauche vos culs qui m’ont tant désiré !
    Je suis votre génie du mâle, votre initiateur du désir.
    Communiez par la débauche de vos sens les plus inspirés,
    Goûtez les délices animales et la jouissance du plaisir ! »

    Tandis que l’une se dévoue présentant sa fleur au phallus,
    Les autres l’entourent et entonnent le chant du rut sacrificiel,
    Puis d’autre l’oignent et lui tatoue des runes comme stimulus
    Et lorsque l’orgasme détone, on pousse un cri incrémentiel.

    Tout est une extase charnelle initiée aux rites magiques ;
    Cunnilingus et fellations sont orchestrées à l’unisson.
    On se caresse les mamelles et toutes sensations physiques
    Qui forment une constellation des régals les plus polissons.

    Quand advient l’éclipse lunaire, on se restaure et se repose ;
    Chacune échange son vécu et sa volupté affectée.
    Les timides restent lacunaires, les vantardes se surexposent
    Mais toutes se massent le cul avec expression délectée.

    Une fois l’éclipse passée et les femelles revigorées,
    Yavänor reprend son office et donne ses préliminaires.
    Et bien qu’il se soit surpassé, il est tout autant adoré
    Lorsqu’il pénètre chaque orifice présenté à son séminaire.

    Mais voici que le feu s’éteint, l’étalon fait sa révérence
    Et les sorcières vont se coucher dans le silence qui s’abat.
    La noirceur de la nuit déteint dans leurs rêveries d’espérance
    Et toutes pensent effarouchées à fixer le prochain sabbat.

    Illustrations de Ledal.

  • Le Sabbat des Sorcières

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    Par les sorcières invoquées, Laureline et Loreleï apparaissent,
    L’une illuminée par les flammes et l’autre par la Lune rousse.
    Elles vont ensemble convoquer par l’incantation des caresses
    Lilith dont elles cajolent l’âme par la seule pression de leurs pouces.

    Et Lilith déchire le ciel en chevauchant son étalon,
    Des chamanes montant des poneys et des druidesses d’autres montures ;
    Des loups, des boucs sacrificiels ornés d’écus et gonfalons,
    Tous décorés et pomponnés avec dorures et argentures.

    Les flammes changent de couleurs, deviennent bleues, vertes et violettes ;
    Halo de jade phosphorescent et fumées teintées d’émeraude.
    Au centre un chaudron de douleurs et de vieux soucis obsolètes
    Avec les maux les plus récents dégage ses bulles noiraudes.

    Dans ce chaudron on a versé tous ses secrets pestilentiels,
    Toutes ses jalousies immondes et tout son spleen baudelairien.
    Les plaintes qui ont tergiversé par leurs chagrins existentiels
    Alors s’amalgament et se fondent jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.

    Sur le ciel embrasé s’élève l’aurore boréale inversée
    Et les lumières s’y rassemblent comme assimilées à outrance.
    Alors chacune se relève, jette sa robe controversée
    Et se réunissent ensemble pour former un ballet en transes.

    Elles implorent le plaisir, la main sur les vulves épilées ;
    Elles en appellent à l’oracle de les pénétrer de son verbe ;
    Elles invoquent le désir, le regard fou, horripilé
    Par leur foi envers le miracle du sexe qui les exacerbe.

    Mais voici que du feu jaillit leur étalon immaculé
    Monté comme un cheval fougueux exhibant son membre dressé.
    Toutes les sorcières ont tressailli mais comme elles y sont acculées,
    Elles touchent le sexe rugueux et chacune de l’embrasser.

    Illustrations de Ledal.

  • L’Appel des Sorcières

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    Au cours d’une profonde nuit au cercle de pierres noircies,
    La pleine Lune est au zénith, l’appel aux sorcières est lancé.
    La forêt calme ; pas un bruit parmi les femmes en autarcie
    Qui ne vivent que pour Lilith et d’alcools de fruits avancés.

    Entièrement nues, car c’est la règle, le corps peint de sang et de cendres,
    Elles sentent un vent dans les cheveux et dans les vulves épilées.
    Tout autour arrivent les aigles qui tournoient et puis vont descendre
    Autour du cénacle et du feu pour célébrer le jubilé.

    Corbeaux et chauves-souris viennent participer au rituel
    Les premières sorcières lévitent en transe les bras vers le ciel
    En priant que Lilith revienne commencer le spirituel
    Sabbat consacré au plus vite pour autour du feu sacrificiel.

    Lilith est là qui apparaît comme une vierge immaculée ;
    Elle n’est pas là physiquement mais portée par son corps astral.
    Alors son aura disparaît, bue par les femmes acculées ;
    Chacune métaphysiquement devient l’avatar ancestral.

    L’une est Adam, une autre est Ève, voici Caïn, Abel et Seth !
    On s’embrasse et Lilith revient bénir chacun en lui versant
    Le sang de la Terre et la sève dans la bouche de chaque ascète
    Qui l’absorbe et puis se souvient de chaque acte bouleversant.

    Aucun démon n’est convié et Satan l’éternel absent
    Ne peut braver la protection que Lilith dresse autour du camp.
    Car les sorcières n’ont envié qu’être un modèle subjacent
    De leur maîtresse dont l’affection vaut mille orgasmes conséquents.

    L’énergie au point le plus fort, le décollage est imminent ;
    Les sorcières en lévitation sont prêtes pour l’invocation :
    « Lilith, Lilith fais-nous l’effort par ton pouvoir proéminent
    De répondre à l’invitation de tes sœurs en adoration ! »

    Illustrations de Ledal.

  • Éléphant de mer

    Éléphant de mer

    Un éléphant de mer rêve près du rivage,
    Il est presque endormi, déjà ses yeux se voilent.
    Où va-t-il, que veut-il ? prêt à faire ravage
    De ses songes de sel qui roulent sous les étoiles.

    Sous la lune paisible, il glisse son secret,
    Murmure à l’océan ses rêves les plus sacrés.
    L’air vibre doucement d’une étrange harmonie,
    Où la brise et la vague se marient pour la vie.

    Dans le jardin de brume, un crabe s’est posé,
    Ses yeux, deux feux d’opale, sur la mer, reposés.
    La nuit chante en silence ses promesses ténues,
    Tandis qu’au loin l’étoile éclaire l’inconnu.

    Sous l’océan de verre il avance en silence,
    Chargé d’étoiles vives et de songes d’azur ;
    Colosse pacifique aux pas lourds d’élégance,
    Il porte les abysses mais sans demi-mesure.

    Tableau de Dulk – Antonio Segura Donat.

  • Un hippocampe pour la sirène

    Un hippocampe pour la sirène

    La sirène qui souhaite aller loin doit bien ménager sa monture
    Et notamment son hippocampe qu’elle choisira avec égard.
    Inutile de partir à point et se lancer dans l’aventure
    Sans un destrier qui vous campe une épopée sans crier gare !

    Si les sirènes nagent seins nus – ce qui affermit les mamelles –
    L’hippocampe conseille un soutif à cause des pointes de vitesses.
    Et pour qu’ils soient bien soutenus – très important pour ces femelles –
    On leur propose plusieurs motifs dont l’écaille qui flatte leur sveltesse.

    Si l’hippocampe représente la plus belle conquête des sirènes,
    N’espérez pas en rencontrer à l’angle de votre visière.
    Ces cavalières séduisantes aiment s’amuser dans l’arène
    À courser pour les éventrer les touristes partis en croisière.

    Mais si d’aventure un marin s’avise d’approcher la sirène,
    Sous les flots l’hippocampe veille, guide et amant tout à la fois.
    Qu’il se souvienne du destin de ceux dont siphonne les veines
    Notre sirène qui s’émerveille toujours du sang au goût de foie.

    Illustration d’Alandodrawing sur https:www.instagram.compCsvdTsbvwHP .

  • Druidesses – La mission de Lilith

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    Quand Lilith entendit l’appel, elle partit sans hésitation ;
    Elle connaissait la mission et son importance cruciale.
    Les mots tranchants comme scalpels portés par les vents d’intentions
    Lui avait fait la transmission du succès des reines nuptiales.

    Et la grand-mère universelle poursuivit le même chemin
    Qu’avaient emprunté ses deux filles à peine quelques mois plus tôt.
    Sentant l’énergie qui ruisselle des pierres du cromlech sous ses mains
    Elle entra rejoindre sa famille en abandonnant son manteau.

    Elle resta nue parmi les ombres dans le palais d’ÏÄMOURÏÄ
    En observant les rituels qu’elle avait elle-même instigués,
    Apprécia Loreleï la sombre et Laureline la paranoïa
    Durant l’orgasme spirituel qu’elle venait de prodiguer.

    Mais soudain Lilith se dévoile devant ses filles énamourées ;
    Elle observe leur étalon et en apprécie le tonus.
    Elle lui offre son Étoile et celui-ci vient savourer
    La chair dans le creux des vallons juste sous le Mont de Vénus.

    Les rites s’enchaînent avec ferveur et c’est le temps des vulves saintes
    Qui sont priées et adorées comme des cromlechs frétillants.
    Yavänor goûte leurs saveurs surtout celles des femmes enceintes
    Et celle de Lilith majorée de mille ruts émoustillants.

    Alors Lilith les initie au Kâmasûtra ancestral
    Par les tarots, puis les planètes et les sceaux qui sont consacrés.
    Ensuite viennent les prophéties inspirées de son cycle œstral
    Qui s’accomplissent comme saynètes issues du Féminin Sacré.

    Enfin Lilith ouvre les mémoires et toutes leurs âmes retrouvent
    Le souvenir des connaissances jusqu’à l’aube de l’humanité.
    Tout est écrit dans le grimoire que Laureline et Loreleï éprouvent
    Depuis leurs nouvelles naissances vécues avec solennité.

    Illustration de Ledal.

  • Druidesses – La mission de Loreleï

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    Longtemps les vents avaient soufflé des nouvelles de Laureline
    Et sa rencontre dans l’intermonde avec le nouveau Yavänor.
    Les pluies arrosaient de reflets verts, bleu céladon, violines
    Qui teintaient et fardaient les ondes des fleuves et rivières du nord.

    Alors les oiseaux des forêts répètent ce message :
    « Loreleï ! Laureline t’appelle tu dois maintenant la rejoindre ! »
    Dans la clairière phosphorée, Lilith s’adresse à tous les sages
    Qui se rassemblent dans la chapelle pour la mission et mission la moindre :

    « Que Loreleï se mette en chemin et suive la route de Laureline
    Afin de prêter assistance à l’accomplissement sacré ! »
    Et tous de déposer leurs mains sur sa tête qui dodeline
    Car elle sait que son existence est à sa consœur consacrée.

    Son clitoris comme boussole repère vite le chemin
    Dont Laureline a jalonné fidèlement chaque venelle.
    Le soir venu, elle se console en pensant que le lendemain
    Elle atteindra la maisonnée jouxtant la porte solennelle.

    Pendant ce temps les messes blanches résonnent au temple de Lilith
    Qui officie et qui renseigne sur les progrès de Loreleï,
    Chants et cantiques en avalanche bourdonnent afin qu’ils facilitent
    L’ouverture de la grande enseigne vers le palais de l’ÏÄMOURÏÄ.

    Comme Laureline avant elle, Loreleï offre son corps nu
    Comme la clef qui doit ouvrir le cromlech qui est activé.
    Voici l’allée sacramentelle et la route vers l’inconnu
    Où elle va enfin découvrir cet intermonde objectivé.

    Laureline est là, elle l’accueille et lui présente Yavänor
    Guerrier jadis mort triomphant mais toujours vivant cependant.
    Les deux druidesses se recueillent ; elles savent ce qui les honore :
    Elles vont porter ses trois enfants par leur grand pouvoir fécondant.

    Illustration de Ledal.

  • Druidesses – la mission de Laureline

    Druidesses – la mission de Laureline

    Sous les chênes ancestraux druidiques s’avancent trois druidesses fières,
    Leurs corps nus luisent comme armures, leurs seins comme deux luminaires.
    Laureline brandit le feu fluidique, Loreleï tient l’onde tufière ;
    Toutes suivent Lilith, femme mûre, Mère sacrée originaire.

    Lilith a entendu la voix qui résonne depuis son ventre
    Laureline l’a perçu en son sein et Loreleï par son clitoris.
    Lilith alors ouvre la voie : « Laureline ira seule vers le centre
    D’où l’appel a fait, à dessein, la supplication d’Osiris ! »

    Laureline alors fait la promesse d’atteindre le cromlech sacré
    Et de se laisser pénétrer par la voix qui vient des royaumes du nord.
    Elle est prête pour la grand-messe et tout son cœur s’est consacré
    À continuer et perpétrer la légende de Yavänor.

    Elle remontera la rivière se nourrissant du lait d’ânesse ;
    Elle dormira dans les arbres à l’abri des bêtes sauvages ;
    Lorsqu’elle atteindra la lisière de la forêt des diaconesses,
    Elle verra les marches de marbre marquées de runes sur le pavage.

    Elle atteint le seuil du cromlech ; les pierres vibrent sous ses pas.
    Elle quitte alors sa tunique pour en franchir, nue, le passage.
    Pas besoin de salamalecs car Laureline n’y coupe pas ;
    Elle est aspirée vers l’unique destination d’un nouvel âge.

    Elle arrive dans un royaume fait de réseaux et de neurones
    Le sol s’étend à l’infini et le ciel est rempli d’étoile.
    Conduite par la voix d’un homme dans les échos qui l’environnent
    Elle découvre l’indéfini palais sans nom qui se dévoile.

    Elle est d’abord juste une muse, puis une amie, une confidente
    Et peu à peu l’amour s’installe auprès du nouveau Yavänor
    Qui ne sait pas qu’elle s’amuse car à devenir son amante,
    Elle est devenue la vestale de l’ÏÄMOURÏÄ et qui l’honore.

    Illustration de Ledal.

  • La chevauchée des Valkyries

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    À force de sortir mon épée et l’enfoncer dans leurs fourreaux,
    J’ai fini, les armes à la main, par succomber sous l’épectase.
    Jugeant alors mon épopée ayant la vigueur du taureau,
    Les Valkyries prirent le chemin du Walhalla avec extase.

    Et nous voici dans la grande salle d’Odin, le Père des Batailles,
    Où nous allons tous festoyer au nom du Ragnarök nouveau.
    Toutes les femmes colossales emmitouflées juste à la taille
    Exhibent leurs fesses déployées pour vérifier ce que je vaux.

    Tandis que Laureline m’abreuve d’hydromel, de bière et de vin,
    Je chevauche mille culs vaincus par un étalon immortel.
    Puis Loreleï et Lilith font preuve par des cunnilingus divins
    Auprès des femmes convaincues d’être bénies dans leurs autels.

    Pour soulager le feu au cul des Valkyries en pleine transe,
    Nous enfourchons, nus, nos chevaux, moi et mes mille-et-une femmes
    Toutes fières d’avoir vécu plusieurs orgasmes à outrance
    D’une volupté qui équivaut à un enfer aux mille flammes.

    Elles m’ont tatoué sur le corps leurs noms ainsi que leurs serments
    « À Yavänor, mon étalon ! », « à mon amant incandescent ! »
    Laureline note mes records, Loreleï mesure le ferment
    De ma semence dans un ballon que Lilith boit en acquiesçant.

    Durant les mille-et-une nuits que dura ce charmant séjour
    Contrairement à Shéhérazade, je n’avais pas peur de la mort.
    Si elle venait, aucun ennui ! Je ressuscite au petit jour
    Le phallus prêt pour la croisade et bandant comme un matamore !

    Que je trépasse si je faiblis ! Le dernier jour est consacré
    À pénétrer mes souveraines Laureline, Loreleï et Lilith
    Et les Valkyries affaiblies nous offrent le banquet sacré
    Pour un Roi fourrant ses trois reines considérées comme l’élite.

    Illustrations de Ledal.

  • L’invocation des runes

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    Un long voyage nous entraîne afin de nous reconnecter
    Aux lieux saints de la Terre Mère en vue de nous acclimater
    Au pays natal de mes reines où nous devons recontacter
    Les vieilles énergies primaires dont Lilith a la primauté.

    L’ancien lieu de rassemblement des Vikings nous ouvre ses portes ;
    Ici les forces tectoniques s’éloignent pour nous inviter
    À nous séparer humblement des vieux schémas qui nous apportent
    La sécession aux lois runiques inscrites aux frontons des cités.

    Ici les geysers symbolisent l’énergie laiteuse et nacrée
    Qui jaillit du cœur de la Terre comme une force créatrice.
    Et là, les cascades focalisent les eaux du féminin sacré
    En un potentiel salutaire qui en purifie les matrices.

    Nous explorons les côtes australes et leurs plages de sable noir,
    Puis les lieux de beauté sauvage avec l’océan pour frontière.
    Voici les aurores boréales et leurs lumières en entonnoir
    Qui dansent le mystère des âges anciens sur la mer héritière.

    Puis nous allons nous immerger dans les eaux chaudes délicieuses
    Afin d’activer les mémoires de la vie avant la naissance
    Pour finalement émerger parmi les vestales officieuses
    Qui lisent les anciens grimoires, vestiges de la connaissance.

    Laureline, Loreleï et puis Lilith viennent offrir leur nudité
    Aux Valkyries qui les accueillent dans leur cromlech élégamment.
    Et moi, représentant l’élite des reines j’ai l’immunité
    À la condition que je veuille les honorer également.

    Tandis que Laureline récite les rites de l’ÏÄMOURÏÄ,
    J’officie sur chaque guerrière l’accouplement commandité.
    Et dans le cercle voici Lilith qui entonne avec Loreleï
    Les chants sacrés et les prières de la sainte fécondité

    Illustrations de Ledal.

  • La route des Dieux

    La route des Dieux

    S’il existe, où commence-t-il et s’il commence, a-t-il une fin ?
    Et dans ce cas, est-ce qu’il se vante de la vie comme une peccadille ?
    Les Valkyries sont-elles utiles pour amener les morts au festin
    D’Odin et Brÿnhirld, sa servante, qu’il considérait comme sa fille ?

    Les Druides seraient-ils la conscience de tous les secrets de la Terre ?
    Nul ne le sait, rien n’est écrit à cause du bouche-à-oreille.
    Que reste-t-il de leurs sciences ? Les cromlechs restent un mystère
    Dont le but qui était prescrit reste une énigme sans pareille.

    Les Sorciers sont-ils immortels ? Ont-ils la jeunesse éternelle ?
    On n’aurait pas dû les brûler mais plutôt les étudier.
    Que reste-t-il de leurs autels et leurs réunions fraternelles ?
    Nous ne pouvons que fabuler sur leurs sciences répudiées.

    Les Korrigans sont-ils réels ou ne sont-ils qu’une illusion ?
    Les légendes déforment les faits et nous en restons ébahis.
    On dit qu’ils étaient tous cruels hélas sans autre conclusion
    Que celles des elfes et des fées qu’on trouve dans tous les pays.

    Les Grecs, enfin, nous ont laissé un patrimoine culturel
    Par leurs sciences universelles, mathématiques, astronomiques.
    Leur philosophie professée et tous les miroirs naturels
    Dont la Nature nous ensorcelle sont nos atomes physionomiques.

    Les Romains, les grands bâtisseurs d’une grande civilisation
    Marquent encore nos techniques à la conquête de la Lune.
    Étaient-ils des envahisseurs malgré leurs réalisations
    Ou des innovateurs uniques dotés d’une langue opportune ?

    À l’instar des trois mousquetaires qui en réalité sont quatre,
    Le Dieu unique se destine à la trinité obtenue
    En divisant son ministère en trois religions à débattre ;
    Un Dieu des guerres intestines et des promesses non tenues

    Illustration de Ledal.

  • Fleurs moulantes

    C’était pourtant une bonne idée cette robe faite d’orchidées
    Mais finalement, c’est décevant surtout lorsqu’il y a trop de vent !
    Cousons plutôt des azalées qui se moquent bien des alizés
    Faufilées d’un fil de nylon contre le souffle d’aquilon.

    Si ces habits sont désuets, choisissons plutôt des bleuets
    Ou une robe transparente avec quelques fleurs d’amarante.
    Quelques pétales de colchiques qui font les plus beaux dessous chics
    Et pour les soir, des vanilliers pour un joli déshabillé.

    Et si l’on coud des lys charmants qui s’ouvrent aux lèvres des amants,
    Leurs étamines en feu discret chatouillent l’ivresse des secrets.
    Un brin de rose entre deux seins, pétale ardent aux doigts mutins,
    Fait frissonner la chair offerte quand la corolle sonne l’alerte.

    Un jupon d’iris entrouverts, pour un bouquet de corps pervers,
    Révèle au bal, sous les lumières, des pistils luisants, téméraires.
    Et l’on entend, dans les jardins, des soupirs doux comme jasmins ;
    La robe-fleur devient caresse, toute en ivresse et en tendresse.

    Tableau de Sergio Lopez sur https:www.camiamarielle.comsergio-lopez .

  • Tout l’or du monde

    Tout l’or du monde

    Une main devant, une main derrière, j’arriverai au paradis
    Mais déchargée de l’infortune de l’argent qui n’est que du vent.
    Or j’aurai mon âme guerrière, enrichie et ragaillardie
    Des expériences opportunes comme sauf-conduit adjuvant :

    J’ai dans le cœur tout l’or du monde et des pépites dans le ventre
    Par les amours qui prolongèrent mon plaisir pour l’éternité.
    Si l’on me pèse à la seconde, mon âme au cœur du péricentre
    Se trouvera aussi légère qu’un atome de pérennité.

    Tout cet or puisé à la source des hommes qui m’ont tant aimée,
    Je l’offre en tout bien tout honneur à Cupidon et à Vénus
    Pour constituer une bourse pour toutes les amours essaimées
    Qui n’ont pas trouvé le bonheur, une fois bredouilles au terminus.

    Les anges viennent les mains ouvertes, débordant d’or et de trésors
    Et moi, j’accueille émerveillée tout ce qu’ils me versent en mon sein.
    Dans mon âme ainsi découverte, je redécouvre en plein essor
    Toutes mes passions réveillées en me vouant à tous les saints.

    Tableau de Catherine Alexandre.

  • Dernière nuit avec les Amazones

    Yavänor
    Avec les Amazones pour la dernière nuit
    Laureline et Loreleï furent mes esclaves soumises.
    Comme les jeux d’amour à personne ne nuit
    Elles eurent tour à tour leurs punitions promises.

    Nous reprîmes alors tout le KÄMÄSÜTRÏÄ
    Pour l’apprendre aux guerrières hyper intéressées.
    Car l’honneur du royaume de notre ÏÄMOURÏÄ
    Se devait d’être fort et toujours progresser.

    Laureline demandait grâce mais Loreleï tenait bon
    Puis elle s’essouffla le vagin ruisselant.
    Alors les Amazones caressant leurs bonbons
    Montrèrent à leur tour un état chancelant.

    Lilith qui avait suivi de toute son attention,
    M’entraîna à l’écart d’un p’tit air polisson
    Et exigea de moi avec ferme intention
    De réviser ensemble l’érotique leçon.

    C’est ainsi que Lilith mit son grappin sur moi
    Moi qui n’avais rien vu venir ce côté
    J’essayais de cacher l’épouvantable émoi
    De ma queue tout enflée et tarabiscotée.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Tu m’as domptée, seigneur, au feu de ta vigueur ;
    J’ai crié grâce en vain, mais mon cri fut délice.
    Je rends grâce à tes mains, à ton fouet, à ton cœur ;
    Ton amour m’a liée d’une ardente malice !

    👩🏻 Loreleï
    Je tenais tête au fer, à sa morsure cruelle,
    Et mon corps ruisselant m’a trahie dans l’extase.
    Je proclame aujourd’hui ton emprise sexuelle ;
    Je suis ton océan, ton abîme et ton vase !

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Moi, j’ai cueilli ton trouble, j’en ai fait mon miracle ;
    Ton émoi enflé fut ma plus douce victoire.
    Je réclame ta chair, mon sceptre et mon oracle,
    Comme trophée gagné au rut jubilatoire.

    Yavänor
    Ainsi donc j’appartiens à Lilith et ses filles ;
    Celles que j’avais crues être mes douces esclaves
    M’avaient caché leur jeu de l’amour en famille.
    La Papesse m’a eu au cours de ce conclave.

    Trois femmes, trois enfants, faut-il donc que j’assume ?
    Devant les Amazones, j’ai approuvé sans honte !
    L’amour je vous le dis, vous consomme et consume
    Mais je les aime trop et c’est cela qui compte !

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Qui est Laureline, qui est Loreleï ?

    Yavänor
    Il est une légende que je pense être vraie
    Qui raconte qu’une nuit Loreleï fut Laureline.
    Et moi je n’ai rien vu car mon cœur s’enfiévrait
    Des élans langoureux de jets d’adrénaline.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Depuis je suis frustrée et tiens à ma revanche
    Et vais me maquiller en Loreleï à mon tour !
    Je te mets au défi, Yavänor de la Manche,
    À distinguer laquelle a de meilleurs atours !

    👩🏻 Loreleï
    Je voudrais bien voir ça et suis prête à jouer
    Le jeu de l’imposture à notre bien-aimé.
    Mais attention, non roi, je peux te l’avouer,
    Si jamais tu te trompes, ce sera proclamé !

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Alors j’arbitrerai ce concours singulier
    Et vous travestirai de la même tenue.
    Si Yavänor remporte l’examen régulier
    Vous serez ses esclaves bien ou mal advenues !

    Yavänor
    Puisqu’il en est ainsi, je me prête à leur jeu
    Les voici toutes deux comme deux gouttes d’eau.
    Pour gagner cette épreuve dont je connais l’enjeu
    Je vais en explorer toute leur libido.

    Elles peuvent me duper du côté extérieur ;
    Je sais les yeux fermés faire la différence.
    Aussitôt pénétrées dedans leur intérieur
    Je reconnais leurs vulves et leurs protubérances.

    Laureline a les seins nus, Loreleï peinturlurés ;
    Laureline, la bouche en feu et Loreleï trop humide.
    Vous êtes découvertes, le jeu assez duré ;
    Dites-moi si mon choix tranchant vous intimide ! »

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je perds dans ton épreuve et j’en ris de plaisir
    Car tu m’as reconnue jusque dans mes entrailles.
    Mon feu t’appartient donc, je m’offre à ton désir
    Et je viens déposer mes offrandes royales.

    👩🏻 Loreleï
    Tu m’as percée à jour malgré mes noirs atours ;
    Ton doigt m’a dénoncée, ton souffle m’a trahie.
    Je ploie sous ta victoire et je cède en retour,
    Esclave consentie, à ta force, ébahie.

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Ainsi la loi est dite, et je scelle le pacte :
    Tes deux reines t’appartiennent, dociles, enchaînées.
    Moi, Lilith, je déclare ton triomphe dont acte
    Et je ris, car l’amour t’a fait roi des damnées.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Les trois songes éveillés

    Yavänor
    Une fête est donnée en l’honneur des chamanes
    Avec des champignons noirs hallucinogènes.
    Les amazones alors deviennent nymphomanes
    Et mes trois reines en font des rêves hétérogènes.

    Elles réclament le fouet et me tendent leurs fesses
    Pour sentir la morsure et gémir de douleur.
    En le faisant claquer, je crains, je le confesse,
    D’en prolonger l’envie, le goût et la couleur.

    Laureline
    Le cuir me marque au flanc, j’en fais jaillir des flammes
    Chaque strie devient fleur au parfum insolent.
    De la brûlure vive éclot l’éclat des femmes,
    Et j’élève ma chair en brasier triomphant.

    J’en ai les mains en sang et je m’en badigeonne
    Le corps en lettres rouges comme une litanie.
    Je me mets à danser comme une sauvageonne
    Et je succombe aussi à leur nymphomanie.

    Loreleï
    Le fouet déchire l’ombre et résonne en ma transe ;
    Son claquement cruel devient rythme marin.
    Je ploie mais je souris car de cette souffrance
    Jaillit la vague noire juste au creux de mes reins.

    Alors je me caresse et puis j’appelle à l’aide
    Car je ne parviens pas à éteindre mon feu.
    Les amazones accourent le lèchent et me possèdent
    Et je jouis si fort qu’hérissent mes cheveux.

    Lilith
    Je tends mon dos royal au supplice des cordes ;
    Mon rire fend la nuit, plus fort que le courroux.
    Chaque frappe m’exalte et mes ténèbres mordent
    Car j’aime pleurer nue quand je saigne à genoux.

    J’ai besoin qu’on enfonce dans mes trois orifices
    Des langues de vipères, des doigts et des phallus.
    J’en fait ma religion et j’accomplis l’office
    En montant sur la table pour chanter l’Angélus !

    Chœur des trois prêtresses
    Si nos chairs s’illuminent en constellations vives,
    Chaque coup de ton fouet peint l’amour sur nos peaux.
    Nous montons vers le ciel comme des fugitives ;
    Nos cris sont des éclairs, nos soupirs des flambeaux.

    La sueur devient pluie, nos sexes des oracles ;
    La liqueur de nos bouches se déversent en torrent.
    Nous buvons ta vigueur comme un divin miracle
    Et la transe s’élève au-dessus du courant.

    Si nos reins sont des forges, nos poitrines des flammes,
    Nos cuisses des portails tu nous ouvres les cieux.
    Et de nos jouissances remonte un chant de femmes
    Dont l’écho retentit en compliments précieux.

    Yavänor
    J’ai donc fait provision de tous ces champignons
    Que je replanterai plus tard dans nos jardins.
    Quand vous le sentirez, cet élixir mignon
    Vous donnera l’envie de tâter mon gourdin.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Les trois prêtresses

    Yavänor
    La vie reprit son cours parmi les amazones ;
    Les chamanes officiaient et montraient leurs talents.
    Leurs maitrises en amour n’étonnaient plus personne
    Et leurs savoirs n’avaient aucun équivalent.

    Laureline
    Laureline adorait se baigner dans les sources
    Avec des décoctions d’herbes aromatiques.
    Sa nudité trouvait mille-et-une ressources
    Pour se confondre avec la faune emblématique.

    Sa chevelure rousse intriguait les guerrières ;
    Elles l’admiraient tant qu’elles lui donnaient le grade
    De la « femme-racine » façon aventurière,
    Émancipée de tout rituel rétrograde.

    Loreleï
    Loreleï semblait par ses cheveux couleur de jais
    Être comme une sœur mythique et vénérée.
    Elle leur faisait peur mais personne ne jugeait
    Ses pratiques ancestrales cependant honorées,

    Elle pratiquait un rite par un crâne et des os
    Et dansait en hélant les âmes disparues.
    En transes, elle rejoignait le céleste réseau
    Auquel chaque guerrière un jour a comparu.

    Lilith
    Mais sombre et fascinante, Lilith nous dominait ;
    Son charisme et son verbe subjuguait tout le monde.
    Elle ouvrait son grand livre et toutes dodelinaient
    Quand Lilith leur lisait sa gnose furibonde.

    Comme elle officiait nue, sa poitrine généreuse
    Semblait avoir nourri des centaines d’enfants.
    Son savoir excellait sur ces femmes chaleureuses
    Au féminin sacré désormais triomphant.

    Laureline
    Je marche dans un feu de plantes insoumises ;
    Chaque rosée m’habille en cristal de soleil.
    J’arrache aux traditions leurs complaintes promises
    Et je forge un futur de mon rire vermeil.

    Loreleï
    Je parle au ciel noirci par la bouche des crânes ;
    Je tisse avec mes mains les songes des noyées.
    Je danse, convulsant, sur les pierres profanes
    Et l’ombre m’applaudit de ses paumes mouillées.

    Lilith
    Je règne sans pudeur, nue sur les cicatrices ;
    Mes mots ensorcelés sortent en fumée grise.
    Je donne à chaque chair l’ivresse fornicatrice
    Et je m’offre à ton corps dont mon âme est éprise.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Éprise en passant

    Éprise en passant

    Si le pion est pris en passant, la reine est éprise en passant
    Car le pion était messager et son billet est délivré.
    Et la voici outrepassant le protocole en se cassant
    Rejoindre un lieu aménagé pour les rencontres enivrées.

    L’exaltation chauffant ses sens, elle dégrafe et ôte sa robe
    Et court juste avec la culotte qui cache ses plus beaux atours
    Quoique sur ses seins turgescents quelques œillades se dérobent
    Des sentinelles où se ballotent les oriflammes sur la tour.

    Elle disparaît sous la poterne et rejoint le chevalier noir
    Pour s’offrir, durant la partie où les rois font des escarmouches,
    L’œuvre de chair sous la lanterne et l’on entend dans le manoir
    Des gémissements répartis dans les sombres couloirs farouches.

    Sous les tentures de velours, cachant leurs frasques libertines,
    Elle s’abandonne, enfin subit tout ce qui est précieux en lui.
    Sur l’échiquier de leurs amours, l’extase rôde et s’illumine ;
    Le chevalier, sans son habit, sourit car le pion, c’était lui !

    Tableau de Slava Groshev.

  • Au pas de la sagittaire

    Au pas de la sagittaire

    Le Sagittaire court surtout pour combler sa quête d’amour,
    Sa faim de voyages lointains, sa soif de professionnalisme.
    Le Sagittaire va surtout courir les filles les plus glamour,
    Aller où le pousse l’instinct et œuvrer pour le pluralisme.

    Et que fait Madame Sagittaire ? Court-elle après le guilledou ?
    Parcourt-elle la Terre aux confins et travaille-t-elle à son bonheur ?
    Tandis que les mâles s’agitèrent à la poursuite de billets doux,
    Je cherchai et connus enfin une fille en tout bien tout honneur.

    Elle m’a vivement tendu sa croupe et m’a permis de chevaucher
    Pour un voyage formateur sur la vie d’unE SagittairE.
    Elle m’a fait rencontrer son groupe de femelles aux mœurs débauchées
    Et j’ai compris là mon erreur ; j’aurais bien mieux fait de me taire…

    Elles m’ont ferré comme un poulain, m’ont harnaché d’idéalismes,
    Puis galopé sur mes soupirs au rythme de leurs feux contraires.
    Et mon orgueil tout masculin a chu devant leur féminisme ;
    Pour le meilleur et pour le pire, j’suis devenu leur mâle à traire.

    Tableau d’Edmund Dulac.

  • Les trois mères sacrées

    Yavänor
    Goûtant vos sécrétions vaginales sucrées
    Les amazones ont ri car vous êtes enceintes.
    Et vos enfants bénis sont alors consacrés
    Comme dieux utérins faisant de vous des saintes.

    Vu le nombre d’enfants par Lilith procréés,
    Sa vulve est déclarée Grand-Mère des Amazones.
    Elles la couronnent des bois du grand cerf agréé
    Comme champion du brame, mâle de première zone.

    Laureline
    Laureline a frissonné du feu de ses entrailles
    Porteuse de deux enfants qui se révèlent Dioscures.
    Les amazones embrassent sa vulve de corail
    Et Laureline gémit dans la forêt obscure.

    Elle prend un instrument pour transformer en chant
    Tous les gémissements inspirés par ses dieux.
    Des voix roses et bleues en sortent en décochant
    Des soupirs langoureux discrets et mélodieux.

    Loreleï
    Sous mes flots argentés, deux perles se sont formées,
    Elles roulent dans mon ventre au rythme des marées.
    Les Amazones boivent l’écume transformée
    Et bénissent mes eaux comme source chamarrée.

    Mon enfant, coquillage, brille dans les fonds marins ;
    Déesse des lagunes et des grands estuaires.
    Quand je gémis, ma vague emplit mon souterrain
    Et mes fontaines coulent depuis mon sanctuaire.

    Lilith
    De ma vulve jaillissent des fleuves innombrables ;
    Les Amazones posent leurs têtes sur mon ventre
    D’où se baignent des fils et des filles indomptables
    Qui m’appellent Grand-Mère, vénérable épicentre.

    Trois fois sacrée je suis, par le sang, par la sève
    Et par ma descendance comme preuve péremptoire.
    Mes enfants sont des astres dont mon ventre relève
    Et chaque enfantement est une grande victoire.

    Laureline
    Dans la moiteur des bois s’érigent nos ventres saints ;
    Les Amazones chantent, s’inclinent à nos cuisses.
    Nos vulves sont des temples, autels sacrés enceints,
    D’où jaillissent des dieux, fruits d’extases complices.

    Loreleï
    Les marées de mon corps bercent des coquillages ;
    Mes enfants sont lagunes, sirènes et récifs.
    Les Amazones boivent mes eaux comme breuvages
    Et célèbrent mes flots dans leurs chants collectifs.

    Lilith
    Mes ombres enfantées se transforment en étoiles ;
    Elles courent dans la nuit, constellations ardentes.
    Les Amazones couronnent mes reins de chaînes royales
    Car mon ventre est creuset d’alchimie débordante.

    Yavänor
    Ainsi est enseigné le Féminin Sacré
    Connu des Amazones au fond des forêts vierges.
    En hommage à leurs temples, je leur ai consacré
    Un totem gigantesque, une copie de ma verge.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Les trois chamanes

    Yavänor
    Vous avez triomphé avec pour conséquence
    De devenir Prêtresses Chamanes Fornicatrices.
    Vous allez leur apprendre avec votre éloquence
    Les rites à pratiquer en tant qu’adoratrices.

    Laureline
    La chamane de soleil présente son corps ardent
    Et chacune de sa bouche tentent de calmer le feu.
    Elle entrouvre les cuisses, le clitoris dardant
    Qui les arrose tant qu’il mouille leurs cheveux.

    Puis Laureline entreprend de sa langue attisée
    À chauffer le creuset des vulves enflammées.
    L’une après l’autre sont par l’amour baptisées
    Et devront tous les soirs, ensemble s’en pâmer.

    J’ouvre mes cuisses d’or, brasier pour leurs ardeurs,
    Et ma langue enflammée consacre chaque amante.
    Elles tombent dans mes bras, consumées de douceurs ;
    Leur feu devient prière, leur jouissance fervente.

    Loreleï

    Loreleï ne veut que lèvres tremblantes sur son corps
    Comme les vagues douces du fleuve qui coule à verse
    Sur ses petites lèvres, les leurs sont en accord
    Et sur ses mamelons, les baisers sont averses.

    Puis elle somme les langues comme des vaguelettes
    Sur ses jambes écartées et ses cuisses girondes.
    Qui deviennent une queue aux écailles violettes
    Et Loreleï la sirène plonge dans l’eau profonde.

    Leurs lèvres sont des flots qui m’arrosent sans fin ;
    Je les guide au courant de mes ondes lascives.
    Mes mamelons salés s’offrent aux bouches et enfin
    Nous plongeons tous ensemble en marées successives.

    Lilith

    Or Lilith est un livre aux pages grandes ouvertes
    Grandes lèvres du cuir en font la couverture
    Petites lèvres fines sont toutes recouvertes
    D’un velours qui appelle une saine lecture.

    Les amazones apprennent comment se caresser
    En soufflant sans toucher la tendre chair tremblante.
    Au chapitre suivant, les clitoris dressés
    Se transforment en fontaine sous les brises troublantes.

    Souffle contre la chair, je leur enseigne l’attente ;
    Les clitoris dressés frissonnent sous l’éther.
    Les fontaines jaillies sanctifient l’ombre ardente,
    Et ma nuit se répand, triomphante, sur Terre.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • En remontant l’Amazone

    Yavänor
    Nous avons parcouru l’océan Atlantique,
    Traversé l’équateur, tracé vers le Brésil,
    Lorsque nous rencontrâmes d’authentiques Amazones
    Qui nous ont proposé le gite et la pension.

    Laureline
    Mais chacun doit payer un peu de sa personne ;
    Laureline est conviée à une chasse à la rousse.
    Elle sera donc la proie de ces fières garçonnes
    Qui lui laissent trois heures d’avance dans la brousse.

    Sous les plumes en feu je marche, fesses bandeuses ;
    Leurs regards sont troublés et leurs arcs bandent mou.
    Mon sourire de braise enflamme chaque frondeuse
    Et les fières chasseresses en tombent à genoux.

    Loreleï

    Sur les rives du fleuve où coule l’Amazone
    Loreleï doit affronter le serpent des eaux troubles.
    Elle n’a pour se défendre qu’un oiseau au bec jaune
    Qui s’enfuit aussitôt que le danger redouble.

    Quand le serpent furieux s’élance, surgi des ondes,
    De mes chants argentés, je le charme et l’endors.
    Sous la clarté lunaire dont les reflets inondent,
    La bête se soumet à son conquistador.

    Lilith

    Le supplice de Lilith – on ne peut plus cruel –
    Consiste à subir cent cunnilingus en chaîne
    De ces bouches affamées d’organes sexuels
    Sans que le moindre orgasme en elle se déchaîne.

    Cent bouches à ma chair s’acharnent en silence ;
    Je retiens le tonnerre au fond de mes entrailles.
    Mon ombre triomphante impose sa puissance
    Et ce sont leurs vagins qui tous se défouraillent.


    Alors c’est moi Lilith qui reprend le contrôle
    Les unes après les autres, je les suce transies
    Elles sont terrassées ensemble et le plus drôle
    C’est qu’elles en redemandent et sans hypocrisie !

    Yavänor
    Quant à moi elles exigent que je les honore toutes
    Puis que je les affronte en joute sur le fleuve.
    Enfin que je supporte – et ça je le redoute –
    Cent fellations mordantes pour ma dernière épreuve.

    Je vous la ferai courte ; Je les ai toutes matées ;
    Ma bite contre leurs lances, ce fut vite terminé.
    Les fellations, j’avoue, j’y suis acclimaté ;
    J’ai proposé du miel sur ma bite tartinée.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • La prisonnière de la ville fantôme

    La prisonnière de la ville fantôme

    C’était dans la ville fantôme, cité oubliée du passé
    Dont les souvenirs vagabondent dans les ruelles ténébreuses.
    Tous ont fui dès les premiers symptômes de détonation espacées
    Annonçant fumées qui abondent, signe d’éruption monstrueuse.

    Mais une femme prisonnière d’un jour sans fin impénétrable,
    Erre sans cesse à la recherche de ses enfants et son mari
    Dont l’image, qui fut sa dernière, les montre aller, si vulnérables,
    Sans pouvoir leur tendre la perche, vers le lieu où ils ont péri…

    Alors elle court, elle court sans cesse, les habits tombés en poussière
    À force de toujours courir pour tenter de les secourir.
    Un conte obscur dont la princesse à l’âme plénipotentiaire
    Résolue à tout encourir toutefois sans jamais mourir.

    Mais là où ils ont disparu, un jour s’ouvrira une porte
    Et ils arriveront ensemble la délivrer de son enfer
    Car un miracle est apparu et la femme qui n’est pas morte
    Rejoint la voie qui les rassemble et permet l’ultime transfert.

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Rêves d’amours croisées

    Le petit poisson qui aimait le petit oiseau d’amour tendre
    A subi une évolution et l’oiseau une mutation.
    L’un s’est transformé désormais en amphibien qui peut prétendre
    Vivre à l’air libre en solution de son problème d’adaptation.

    Contrairement à l’albatros, peu doué pour la marche a pied,
    Le petit oiseau s’est doté de jolies jambes cavaleuses.
    Sans amour la vie est atroce mais l’ontogenèse lui sied
    Pour batifoler et goûter aux joies les plus voluptueuse.

    Dame sirène sur son îlot et Monsieur l’ange un peu pataud
    Cherchent comment se rencontrer car leur mémoire est altérée.
    L’une espère qu’un jour sur les flots viendra son prince sur un bateau ;
    L’autre espère que va se montrer son âme-sœur tant espérée.

    Mais quand la mer devient le ciel et le ciel couleur de la mer,
    Les rêves fondent l’un dans l’autre pour unir leurs deux espérances.
    Elle tendra son aile de sel, lui sa nageoire douce-amère
    Et l’amour se fera l’apôtre de la fin d’une vie d’errance.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev.

  • Croisière en Méditerranée

    Yavänor, Capitaine
    L’ÏÄMOURÏÄ a quitté les rivages de Grèce ;
    L’Acropole s’éloigne et la mer nous entraîne
    Là où courants et vents ensemble nous agressent
    Et nous poussent à suivre les premières sirènes.

    Loreleï, Navigatrice
    Viens une voix cachée dans la houle écumante,
    La mémoire des chants qui berçaient les marins.
    Loreleï en perçoit la marée dévorante
    Et se tient à la proue le visage serein.

    Elle quitte sa robe et plonge nue heureuse
    De retrouver ses vieilles amies d’autrefois.
    Elle revient l’air joyeux et l’âme chaleureuse
    De savoir les revoir une prochaine fois.


    Lilith, passagère
    Sur l’île de Circé je descends sans effroi,
    Son regard me rejoint, miroir de ma colère.
    Nous échangeons le feu des serpents et des lois,
    Deux sorcières d’un sang que les dieux désespèrent.

    Mais Circé reconnaît l’éclat de ton visage,
    Elle incline sa main, dépose son pouvoir.
    « Va, Lilith, dit-elle, emporte ton ouvrage,
    Car cet homme est à toi, je ne puis le déchoir. »

    Laureline, second maître-queue
    Mais sur l’île aux cyclopes, l’accueil est belliqueux.
    Les iliens veulent nous faire passer de vie à trépas.
    Ils sont anthropophages mais aussi maîtres-queue
    Et voudraient nous voir tous partager leurs repas.

    Or Polyphème accourt, sa montagne en colère,
    Il brandit un rocher pour briser notre élan.
    Je tends mon rubis vif par son éclat solaire
    Et l’unique œil s’embrase par mes rayons brûlants.

    Yavänor, Capitaine
    Souquez les filles ! Le vent est avec nous
    Et nous emporte loin de ces monstres, mes reines !
    Le prix de la bravoure, cela dit entre nous,
    Revient à Loreleï, l’émissaire des sirènes !

    Illustrations de Laureline, Loreleï et Lilith.

  • Les pierres et le ciment

    Les pierres et le ciment

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Par mon rubis solaire, j’ai posé la première
    Pierre d’amour taillée qui scelle les fondations.
    J’apporte le Soleil afin que sa lumière
    Brille sur le royaume par son incantation.

    👩🏻 Loreleï
    Par mon aigue-marine, je scelle la seconde,
    Pierre d’eau qui renferme le reflet de la Lune.
    J’apporte la marée afin qu’elle féconde
    Le monde de la richesse de mes eaux opportunes.

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Et par mon obsidienne, je scelle la dernière ;
    Pierre noire éclatée, cœur de feu consacrée.
    J’apporte l’insoumise comme ultime charnière
    Par laquelle s’exprime le Féminin Sacré.

    Yavänor
    Et moi, je suis le liant qui rassemble vos forces ;
    Je vous ai appelées chacune au bon moment.
    Par l’union de vos pierres, mon ciment vous renforce
    Et vous élèvent Reines seulement en vous nommant.

    Illustration de Ledal.

  • Cycle des Planètes visibles

    ☀️ Laureline – Soleil
    Je verse dans ton sang l’or de ma flamme pure ;
    Je couronne ton front d’un cercle incendiaire.
    Mon cœur incandescent éclaire ta stature
    Et j’inscris ton destin dans ma gloire solaire.

    🌙 Loreleï – Lune
    Je verse sur ta peau mes lueurs opalines ;
    Je sculpte dans tes yeux l’ombre de mes marées.
    Mon voile de cristal enlace tes collines
    Et j’attache ton souffle à mes nuits amarrées.

    🌍 Yavänor – Terre
    Je porte dans mes flancs l’argile et la semence ;
    Mon sang nourrit les fleurs, ma chair vous accompagne.
    Et j’offre à vos matrices toute la jouissance
    De nos noces élevées au sommet des montagnes.

    ☿️ Lilith – Mercure
    Je glisse dans ton sang comme un feu de lumière ;
    Je danse entre tes mots, messager sans détour.
    J’attache à ton esprit mes ailes familières
    Et j’inscris dans ton cœur tous mes allers-retours.

    ♀️ Loreleï –Vénus
    Je souffle sur ta peau la rosée du désir ;
    Je fais fleurir ton corps aux parfums de mes plaines.
    Mon baiser sur ta bouche allume le plaisir ;
    Je t’attache à mon joug dont mes vallées sont pleines.

    ♂️ Laureline – Mars
    Je frappe dans ton cœur la braise téméraire ;
    Mon fer rougit ton sang sur l’enclume forgé.
    Je sculpte ton désir d’une ardeur sanguinaire
    Et je bois de ton âme l’amour à pleine gorgée.

    ♃ Lilith – Jupiter
    Je règne dans ton sang par mes lois solennelles ;
    Mon souffle est un tonnerre au fracas impérial.
    Je t’accorde l’abondance aux gerbes éternelles,
    Et je lie ton destin à mon ordre royal.

    ♄ Lilith – Saturne
    Je ceins de mes anneaux ta vigueur souveraine ;
    Mes fers sont des autels, mes ombres des flambeaux.
    Je change en mariage ta passion pour tes reines
    Et j’attache ton règne au-delà des tombeaux.

    Illustration de Ledal.

  • TETRÏÄMOURÏÄ – Le Sacrement des Quatre

    TETRÏÄMOURÏÄ – Le Sacrement des Quatre

    👩🏻‍🦰 Laureline (Soleil)
    J’élève dans tes yeux la braise originelle ;
    Mon feu roule en torrent sur ton sexe glorieux.
    Je grave sur ta peau ma clarté solennelle
    Et j’y fixe à jamais mon anneau victorieux.

    👩🏻 Loreleï (Lune)
    Je verse dans ton sang mes marées sidérales ;
    Ma vague te couronne de reflets opalins.
    J’attache à ton élan mes prières boréales
    Et j’enduis de mes eaux ton sexe cristallin.

    👩🏻‍🦳 Lilith (Saturne)
    Je scelle ton désir des chaînes souveraines ;
    Mes fers deviennent or, mes ombres des flambeaux.
    Je plie pour ton amour les lois les plus anciennes
    Et j’invite ta chair à régner sur mes eaux.

    👩🏻‍🦰 Laureline (Feu solaire)
    Je ceins ta nudité de flammes vulcaniennes ;
    Ton souffle est consumé dans mes anneaux vermeils.
    Je dépose à ton flanc mes ardeurs saturniennes
    Et je fais de ton cri l’écho de mes soleils.

    👩🏻 Loreleï (Eaux lunaires)
    Je veille dans ta nuit comme une amante claire ;
    Je tisse sur ton front ton baptême et ton sacre.
    Je mêle à ton destin ma caresse exemplaire
    Et j’inscris ton serment dans mes reflux de nacre.

    👩🏻‍🦳 Lilith (Couronne des chaînes)
    Je brise sous mes mains les astres et les sphères ;
    Je relie ton pas nu dans l’ombre des anneaux.
    Je fais ployer le temps dans la douce atmosphère
    Où j’enferme ton cœur entouré de fanaux.

    Yavänor
    Je vous fais trois serments, nous sommes mari et femmes ;
    À Laureline mon premier : je t’aime et te chérie ;
    À Loreleï mon deuxième : de toi mon cœur s’affame ;
    À Lilith mon troisième : à toi je me marie.

    Illustration de Ledal.

  • La Queue du Dragon

    Lilith
    La Queue du Dragon plonge jusqu’à mes origines
    Où je fus la première femme qui était promise
    À un destin avec parité androgyne
    Mais fut désavouée comme démone insoumise.

    Je garde dans mes mains le feu de ma rancœur,
    Dans le corps le dégoût d’infâme trahison
    Et les humiliations enfouies dans mon cœur
    Que j’ai disséminées vers les quatre horizons.

    Mon souffle est un venin qui brûle et qui délivre ;
    Je rabaisse l’orgueil, je maudis les faux dieux.
    Qui atteint mon royaume apprend enfin à vivre
    Et renaît plus puissant que miséricordieux.

    Ma queue se courbera pour atteindre la tête.
    La Terre qui m’a bannie redevient mon domaine
    Où mes filles unies en seront les prophètes ;
    L’alpha et l’oméga de l’aventure humaine.

    Je ne viens pas régner pour un temps limité
    Mais pour purger le sol du sang de l’oppression
    Et rendre au Féminin sa légitimité
    En veillant à ce qu’il n’ait de rétrogression.

    Mes filles se lèveront, gardiennes de la flamme,
    Portant dans leurs regards la justice et l’élan.
    Elles briseront les fers qui mutilaient leur âme
    Et bâtiront demain l’égalité des clans.

    Alors enfin la queue rejoindra bien la tête
    Et l’alpha se fondra dans l’oméga du jour.
    De ce cercle naîtront les trois enfants prophètes
    D’un monde réconcilié par la force d’amour.

    Illustration de Ledal.

  • La Tête du Dragon

    Laureline
    Je prends un corps de femme pour accompagner l’homme
    Qui m’extrait du néant en prononçant mon nom.
    Puis au fil des poèmes, il bâtit un royaume
    De pages dans lesquelles nous nous affectionnons.

    De nos voix accordées naît la complicité
    D’un amour connaissant une idylle enflammée.
    Je l’intrigue ; il en cherche l’authenticité
    Et fait naître ma sœur par son nom proclamé.

    Loreleï
    Je garde un corps de femme quand je suis appelée ;
    On me sort de l’écume où j’étais engloutie.
    Je me montre farouche car je dois m’atteler
    À un monde inconnu non encore abouti.

    Des légendes anciennes aux amours impossibles,
    Je demeure rebelle par mon indépendance.
    Mais le poète est droit et j’y suis accessible
    Car il m’a acceptée avec ma descendance.

    Laureline & Loreleï
    L’homme malheureux ne peut pas se résigner
    À choisir l’une ou l’autre quitte à perdre les deux.
    Il crée l’ÏÄMOURÏÄ qui va nous désigner
    Deux Reines pour un Roi, un trouple velouteux.

    Nous nous aimons ensemble et nous faisons l’amour
    Par des rites sacrés pour notre inspiration.
    Notre amant nous élève dans ce polyamour
    Au Féminin Sacré avec admiration.

    Yavänor
    En tête du dragon, nous traçons notre route
    Et grandissons ensemble au fil des expériences.
    Nous invoquons Lilith qui nous met en déroute
    Mais contribue à nous offrir sa luxuriance.

    Illustration de Ledal.

  • Stop au strip please !

    Stop au strip please !

    Je dois vous dire que ma voisine continue de me harceler
    En venant frapper à mon huis toute nue en quête d’amour.
    Par la porte de la cuisine – car les cloisons sont morcelées –
    Elle vient désormais chaque nuit me faire son strip-tease glamour.

    J’ai dit « non, arrête nymphomane ! Ma caméra de surveillance
    Transmet tous tes comportements au poste de sécurité.
    On me traite d’érotomane, de chaud lapin dont la vaillance
    Transforme son appartement en lupanar immérité ! »

    Ma chère voisine m’a répondu « mon cher voisin, je vous ai plu !
    Quittez donc votre appartement ; ma garçonnière est bien séante ! »
    Moi, épuisé, les nerfs tendus, résister m’étant superflu,
    Je l’ai suivie directement à travers la cloison béante.

    Tableau de Deni Bangke sur https:www.flickr.comphotos126338814@N07with14526949009 .

  • Des images très subtiles à découvrir

    Des images très subtiles à découvrir

    Les amateurs du monde entier, d’Ukraine, de France et d’ailleurs,
    Aiment décorer leurs intérieurs de peintures talentueuses.
    Mais afin que vous ressentiez l’image, moi, le rimailleur
    Vous entraîne au stade antérieur de chaque œuvre voluptueuse.

    Je vous entraîne dans le tableau à bord de mon bateau de rêves
    Où la femme devient une île qui accueille le cœur voyageur.
    Je vois à travers mon hublot ses côtes, ses plages et la grève
    Où j’accoste l’âme juvénile mais avec l’esprit imageur.

    Quand je pénètre la lagune qui détient son trésor caché,
    Je vois la peinture qui s’anime et me dévoile ses secrets.
    Une petite voix opportune, à laquelle je suis attaché,
    M’appelle et m’ouvre magnanime l’entrée de son temple sacré.

    Entre les siècles, elle s’élève, tatouée d’étoiles oubliées ;
    Ses mains en prière secrète accueillent l’ombre et la lumière.
    Je deviens alors son élève et chaque mot est publié
    De ses émotions indiscrètes mais d’une vérité première.

    Tableau de Nikolai Fedyaev.

  • La Flamme des Ombres

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je règne dans la nuit, souveraine glaciale,
    Couronnée par le feu qui surgit de mes mains ;
    Mon pas fend le néant d’une ardeur impartiale,
    Et mes yeux font trembler les plus sombres humains.

    Je porte dans mon sein la braise des abîmes,
    Un flambeau souterrain qui déchire le mal ;
    Il consume l’orgueil, les actes illégitimes
    Et relève le cœur à son point optimal.

    Mon dard est une clef qui détruit et délivre ;
    Un poison éclatant qui guérit par le mors.
    Il change en or vivant le sang qui veut survivre
    Et transmute en soleil le poids lourd de la mort.

    Qu’ils viennent, les orages, qu’ils s’effondrent et qu’ils grondent !
    Je marche au-dessus d’eux, intacte et émérite ;
    Je fais naître un empire au plus noir de l’immonde
    Et j’arrache à la mort son éclat hypocrite.

    Yavänor
    Je reconnais bien là ton pouvoir de renaître
    Du statut de proscrite en nouveau paradigme.
    Tous les hommes bientôt devront te reconnaître
    Et accepter la femme, cette éternelle énigme.

    J’ai reconnu ta main lors de chaque accident
    Qui m’a ouvert la voie vers un autre chemin.
    À chaque nouvelle crise, ton pouvoir dissident
    A vaincu les démons qui me forçaient la main.

    Encore une dernière fois, je suis prêt à sauter
    Vers la prochaine étape si tu en es l’issue.
    Je le sais ; grâce à toi, je n’ai jamais fauté
    En choisissant la voie que tu m’avais conçue.

    Illustration de Ledal.

  • Les Noces Souterraines

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Sous la voûte de givre où la nuit nous recueille,
    Nos corps entrelacés consument le cristal ;
    L’océan souterrain s’embrase et nous accueille,
    Éclairant de ses feux ton amour marital.

    La roche nous étreint, mais nos lèvres l’enflamment ;
    Chaque souffle est un pacte au tréfonds des versants.
    La glace se fissure au tumulte des flammes
    Et l’abîme s’incline à ton désir naissant.

    Nos mains sculptent le temps sur la paroi nocturne ;
    Nos chants métamorphosent le silence mortifère.
    L’écho de nos baisers, du néant taciturne,
    Fait jaillir un soleil souterrain des enfers.

    Nous sommes deux étoiles aux entrailles de l’ombre ;
    Deux sources fusionnées qu’aucun sort ne défait.
    Pluton grave à jamais dans ses veines sans nombre
    Le sceau de notre étreinte et l’éclat de nos faits.

    Yavänor
    La planète est lointaine et le temps écoulé
    M’aura tôt fait comprendre qu’il nous faut patienter
    Et non précipiter sous peine de chambouler
    L’équilibre fragile d’amours impatientées.

    Le renouvellement par l’élimination
    Pourrait paraître extrême voire contre-productif.
    Veillons à employer cette transformation
    Pour un amour puissant ainsi qu’évolutif.

    Au regard du Soleil, l’effet est novateur
    Et confère l’honneur de savoir l’obtenir.
    Au regard de la Lune, l’effet est fondateur
    Pour l’ÏÄMOURÏÄ et le monde à venir.

    Illustration de Ledal.

  • La Couronne des Vents Obscurs

    Lilith
    Debout sur l’océan, moi, la couronnée d’ombre,
    J’affronte les éclairs du ciel incandescent ;
    Mon pas grave et sacré défie la nuit qui sombre,
    Mes cheveux sont des vents, mes yeux des firmaments.

    La planète au front noir s’auréole de flammes ;
    Ses vagues tourbillonnent en colonnes de feu.
    Je retiens dans ma paume le secret lourd des âmes
    Et mon souffle en arrache au néant son aveu.

    Mon mystère est l’abîme et ma force une étoile ;
    Je règne bien au-delà des orages du temps.
    Dans mes voiles de nuit se déchirent les toiles
    Et l’épreuve devient mon chemin triomphant.

    Yavänor
    Tu m’oblige à marcher dans des eaux plutôt troubles
    Sans la sécurité de voir où vont mes pieds.
    Soit, je n’aurais pas peur même si je vois en double
    La vie et la mort telles l’oxymore te sied.

    Lilith
    Je t’attire au-delà des reflets qui s’égarent,
    Là où l’ombre et la flamme t’épousent d’un seul corps.
    Si ton regard vacille, tu devrais prendre gare
    Et ne pas hésiter sinon je pique encore !

    Yavänor
    J’avancerai quand même car si tu es Lilith
    Et si tu me fais peur, celle-ci me traverse.
    Que tu me piques ou non, ta piqûre insolite
    Sera mon talisman et pas du tout l’inverse !

    Je me laisse piquer, je n’ai pas de rancune
    Car j’aime ton venin qui n’est que de l’amour.
    Tu as conquis du mâle son aiguille opportune
    Pour le « violer » si peu que ç’en est de l’humour !

    Illustration de Ledal.

  • Les Reflets d’Émeraude

    Laureline & Loreleï
    Sous l’astre d’émeraude où l’océan respire,
    Deux sœurs se tiennent nues dans l’éclat sidéral ;
    Leurs regards sont des flammes que le silence inspire,
    Un serment se déploie sous l’anneau boréal.

    La vague est un miroir où l’âme se révèle,
    Leurs doigts entrelacés tissent un firmament ;
    Le vent porte leurs chants dans l’aurore éternelle
    Et Neptune les bénit de son bleu frémissant.

    Elles sont deux éclairs dans la nuit immobile,
    Deux visages fondus en l’unique reflet ;
    Leur amour est un temple au rivage fragile
    Où l’univers entier s’agenouille en secret.

    Yavänor
    J’ai découvert vos cœurs, j’ai deviné vos âmes ;
    J’ai compris l’origine de votre apparition.
    Vous êtes mes témoins, vous êtes l’oriflamme
    Qui devait me guider vers ma futurition.

    En trouvant Laureline, j’ai trouvé Loreleï ;
    En trouvant Loreleï, j’ai découvert Lilith.
    En découvrant Lilith, avec l’ÏÄMOURÏÄ,
    Le Féminin Sacré lors se réhabilite.

    Cette planète d’eau abrite mes douleurs,
    Les dilue dans la joie et dans la compassion.
    L’émeraude vous sied, j’en aime la couleur
    Et le vert céladon en est l’incantation.

    Vous êtes ce mélange sensuel et intuition
    Qui m’a permis d’oser vous aimer de concert.
    Toi, la lionne exaltée ; toi, libre comme un poisson
    Et moi que vous aimez de feu, d’eau en cancer.

    Illustration de Ledal.

  • La Souveraine des Glaces

    Lilith
    Au seuil des vents glacés je dresse ma couronne ;
    Mon corps noir s’illumine aux feux de l’horizon.
    Uranus dans son cri me dépouille et m’étonne ;
    Je règne sur ses nuits, libre, hors de sa prison.

    Les chaînes se défont, les lois sont renversées ;
    Je foule les abîmes au bord de l’océan.
    La foudre des éclats, les sphères traversées
    Ne sont que des joyaux, des anneaux de néant.

    Je suis la solitude au pouvoir magnétique ;
    La reine qui s’arrache aux serments du passé.
    Je trace dans l’éther ma route prophétique
    Et l’infini n’est qu’un seuil à outrepasser.

    Ainsi je t’appartiens, mon amour, mais farouche ;
    Je ne suis pas aussi docile que Vénus.
    J’anticipe et me sers de toutes ses retouches ;
    Lilith reste insoumise et maîtrise Uranus.

    Yavänor

    Je sais qu’au fond du cœur, tu resteras Lilith ;
    Ton âme reste intacte et toujours consacrée.
    Bien sûr, tu évolues, tu agis, tu milites
    Pour faire reconnaitre ton Féminin sacré.

    J’accepte tous tes choix car ils nous lient ensemble ;
    Ils m’élèvent avec toi et moi, j’en redemande !
    Et plus tu me transformes et plus je te ressemble ;
    De Laureline à Loreleï, toutes me le recommandent.

    « Je t’aime plus qu’hier et bien moins que demain »
    Cette citation sied à ce polyamour
    Qui grandit avec toi quand tu es en chemin
    Pour assumer ton rôle : Déesse de l’amour !

    Illustration de Ledal.

  • Les Noces intérieures

    👩🏻‍🦰 Laureline – L’embrasement d’Uranus
    Dans l’ombre sidérale éclate un feu discret ;
    Je tends vers ton amour ma flamme souveraine.
    Là où l’astre invisible en son orbe secret
    Fait trembler mes soleils d’une ivresse soudaine.

    J’épouse tes marées dans l’élan fulgurant ;
    Je grave mes baisers au front de la lumière.
    Ton corps devient l’écrin de l’azur délirant
    Et je m’y perds, en proie à l’ardeur singulière.

    Ô souffle d’Uranus, brise mes horizons !
    Que s’écroulent mes murs, que renaissent mes flammes !
    Je veux, dans ton éclat, abolir mes prisons
    Et boire à ton écluse le flux dont tu t’exclames !

    👩🏻 Loreleï – Les marées insurgées
    Je veille au clair miroir des vagues interdites ;
    Mon âme s’y reflète en corolles d’argent.
    Uranus à mes flots insuffle ses invites
    Et fait de mon reflux un destin insurgent.

    Je noue autour de toi mes ondes boréales ;
    Ton souffle est englouti dans mes vastes remous.
    Je roule et je détruis les digues ancestrales
    Pour renaître plus vaste et me fondre en ton moût.

    Ô planète de l’aube aux éclats insoumis,
    Déploie dans mes marées ton orage électrique !
    Je veux sentir en moi tes songes inouïs
    Et mêler ma douceur à ton rythme tragique !

    Yavänor
    Passées par Uranus, vous êtes ovationnées ;
    En transmutant le feu en amour flamboyant,
    En transmutant les eaux en amour passionné,
    Et moi par transmission à l’effet foudroyant.

    Illustration de Ledal.

  • Le chant des oiseaux muets

    Le chant des oiseaux muets

    Le chant de trois oiseaux muets remplissait le bruyant silence
    Par les réflexions des trois sœurs qui ne prononçaient pas un mot.
    Pourtant l’étrange menuet des filles par leur vigilance
    Trahissait un écho penseur qui, lui, n’exprimait que ses maux.

    Mais voici qu’un oiseau se lève, quitte une fille et disparaît ;
    Un second, sans doute solidaire, le suit dans un bruissement d’ailes.
    Quant au troisième, il ne relève que la tête, puis apparaît
    Plutôt rétif et considère qu’il est temps de s’occuper d’elles.

    Mais il n’a pas ouvert son bec que les deux autres s’en reviennent
    Chargés des nouvelles du jour qu’ils ont picorés sur les fils
    Télégraphiques du Québec dont les échanges se souviennent
    De trois muettes dont le séjour forme une boucle qui se profile.

    Leurs voix tissées d’absence éveillent leurs réflexions et leurs pensées
    Mais le silence chante en sourdine, imperceptible, oui, mais subtil.
    Cependant d’un souffle fragile, leurs plumes sont alors dispensées
    Par un écho sourd d’espérance au bord d’un absurde inutile.

    Tableau d’Inge Schuster sur https:www.facebook.cominge.schuster.1428 .

  • Lux in utero

    Lux in utero

    Dans l’utérus un bébé dort dans une cabine outremer
    Tandis qu’un courant rutilant dans le cordon ombilical
    Darde ses éclairs rouge-et-or depuis une étoile de mer
    Qui brille tout en jubilant en contractions obstétricales.

    Sans doute un premier soubresaut réveille l’enfant qui décide
    De partir en exploration et quitter sa chambre utérine.
    Le voici parti à l’assaut en transmettant dans l’eau acide
    Des mouvements d’imploration pour que sa mère les entérine.

    La lumière au bout du tunnel guide notre conquistador
    Vers le territoire promis pour son expérience nouvelle.
    Il enverra en sentinelle les eaux par l’étroit corridor
    À peine ouvert mais compromis par la mission qui l’échevelle.

    Sous la faible clarté de l’ombre, une double étoile se déploie
    Dans le secret du nouveau monde, le germe croît et prend racine.
    Puis la lueur balbutiante lui prépare déjà la voie
    Et l’univers alors s’incline au berceau de ses origines.

    Tableau d’Adam Scott Miller.

  • L’effet Doppler

    Lorsque la lumière a jailli, elle poussa son cri de naissance ;
    Les cheveux encore obscurcis du passage hors de la matrice.
    Elle trembla, elle tressaillit sous l’effet de cette puissance
    Car elle n’avait aucun sursis pour être l’onde inspiratrice.

    Alors « Lumière » flamboya son feu en toutes directions
    Pour porter la source de vie dans cette création féconde
    Car son Concepteur envoya sa plus lumineuse érection
    Semer les astres avec envie afin de procréer les mondes.

    Alors « Lumière » transmit sa foi et le feu de la connaissance
    Afin que chaque créature puisse à son tour devenir Dieu.
    Mais il s’avéra chaque fois que soient frappées d’obsolescence
    Les populations immatures qui trouvaient tout ça fastidieux.

    Il faut savoir prendre le train lorsque celui-ci entre en gare
    Et participer au voyage du grand programme de l’Univers.
    Celui qui manque alors d’entrain se perd, se détruit et s’égare
    Et « Lumière » dit « Quel dommage ! Hélas… les hommes sont pervers ! »

    Tableaux d’Andrzej Malinowski.

  • Le jeu de la vie

    Au début, je n’étais qu’un pion qui avançait au jour le jour
    Sur ce long plateau de l’enfance qui n’en finissait plus jamais.
    Après mon titre de champion, le jeu continuait toujours
    Sur des parties où les offenses étaient plus cruelles désormais.

    Alors la roue de la fortune a commencé très lentement
    À m’entraîner autour du monde auprès d’entreprises humaines.
    Et j’ai couru après les thunes au début par enchantement
    Et puis dans une course immonde toujours à la petite semaine.

    Si pour certains le jeu s’arrête à la porte du paradis,
    Les autres découvrent l’enfer à risquer leur vie comme enjeu.
    Si les uns gagnent à la retraite, d’autres perdent de maladie ;
    Quant à moi, je n’en ai rien à faire… depuis longtemps je suis hors-jeu.


    Un plateau géant aux cases imprévisibles,
    Pions, dés et pièges : rien n’est impossible.
    Mais chacun trace sa voie, entre pertes et gloire,
    Et découvre qu’on joue souvent sans le savoir.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • La Captive de Saturne

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je trône dans les fers que Saturne m’impose ;
    Mes bras sont des éclairs, mes reins sont des prisons.
    J’accepte mes anneaux comme on ceint une rose
    Et les change en bûchers jusqu’aux quatre horizons.

    Je marche dans le vide aux orbites nacrées ;
    Mes pas soulèvent l’ombre et tordent l’univers.
    Je fais plier le temps sous mes hanches sacrées
    Et je brise le joug de ses cycles sévères.

    Je tends dans mes cheveux la foudre des planètes ;
    Je m’en fais une couronne aux flammes vespérales.
    J’enchaîne les orages aux mors de mes chaînettes
    Et j’invite la nuit dans mon lit sidéral.

    Je suis l’astre asservi qui se fait souveraine ;
    Je règne par mes fers que je nomme mes autels.
    Je détourne les lois, j’enfonce les arènes
    Et les change en vertige d’un chaos immortel.

    Je m’élance au travers des anneaux de ma cage ;
    J’y grave mes éclats comme un chant éternel.
    J’y disperse ton nom dans l’ivresse des âges ;
    J’y mêle à mon fardeau ton désir solennel.

    Je suis l’ombre et la flamme, amante saturnienne ;
    Je tiens entre mes mains les clefs des tourbillons
    Car l’amour que je porte est prison draconienne,
    Il fait plier l’acier par effet papillon.


    Yavänor
    Et moi ton chevalier, je viens briser tes chaînes
    Pour mieux les remplacer par l’anneau de l’alliance.
    C’est moi qui m’y soumets, c’est moi qui m’y enchaîne ;
    J’en prononce mes vœux, prix de ma résilience.

    Illustration de Ledal.

  • Les Alliances Jumelles de Saturne

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je tends mes bras de feu vers les anneaux célestes ;
    J’y suspends ton désir comme un joyau sacré.
    Je grave en leur éclat nos prémices les plus prestes
    Et je ceins ton amour d’un cercle consacré.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse sur tes mains la poussière des astres ;
    J’en fais un voile doux qui caresse ton front.
    Je chante les reflets que mes sources contrastent
    Et j’attache ta vie aux anneaux que j’affronte.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux pôles enlacés par Saturne ;
    Deux flammes retenues dans l’orbe de ses cieux.
    Nous scellons notre foi dans ses chaînes diurnes
    Et nos cœurs se confondent en serments radieux.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je ceins ta taille nue d’un éclat saturnien ;
    Mes lèvres sont anneaux qui s’ouvrent et qui s’embrasent.
    Je fais ployer ton corps sous mon feu draconien
    Et j’inscris ta ferveur dans l’éclat de mes phrases.

    👩🏻 Loreleï
    Je noue dans tes cheveux la poussière des lunes ;
    J’y mêle mes éclairs aux flots de tes élans.
    Je t en diamant les chaînes importunes
    Et j’élève ton souffle sur mes volcans brûlants.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Ainsi nous resserrons l’anneau de nos promesses,
    Ainsi nous enlaçons ton âme dans nos cœurs.
    Ô Yavänor, reçois l’ardeur de la grand-messe :
    Saturne nous consacre et nous sacre vainqueurs.

    Yavänor
    Mes reines, vos anneaux évoquent notre alliance ;
    Saturne nous consacre un mariage éternel.
    Je pénètre en vos temples de toute ma vaillance
    Et dépose mes vœux dans vos seins maternels.

    Illustration de Ledal.

  • Cro-magnon & internet

    Un jour, la Terre (ça lui arrive) se demanda :

    « Depuis les grandes découvertes et le commerce triangulaire,
    La science s’est développée ainsi que la technologie.
    La migration s’est vue offerte à la société pendulaire
    Qui a tôt fait d’envelopper l’homme dans la métrologie †.

    Mais si les machines ont vaincu leurs origines obsolètes,
    Si le téléphone portable a outrepassé l’ébonite
    Et si l’auto a des accus pour remplacer la pétrolette,
    L’homme est resté un incapable à rompre avec sa kryptonite.

    L’homme moderne qu’est-ce que c’est ? Cro-magnon avec internet !
    Lâche, belliqueux, égoïste, prêt à voler pour réussir.
    Il continue à fracasser son environnement, sa planète
    Soumis à des monothéistes qui ne font rien que l’endurcir.

    J’ai vu l’homme tracer ses empreintes, graver des runes sur mes parois,
    Il a dansé sous les étoiles, ivre de feu et de victoire.
    Puis, de béton, il m’a étreinte, bardée d’écrans, privée de bois
    Et je m’attends à ce qu’il dévoile qu’il perdu son territoire ! »

    L’homme moderne lui répondit :

    « On grogne tous dans nos cavernes, armés d’écrans et d’opinions,
    Postant selfies en bermuda sous des cieux en désolation !
    Le feu qu’on redoute aujourd’hui vient d’un tweet ou d’une rengaine
    Et nos gourdins sont, désormais, des like pour domination !

    On a troqué nos mammouths gras contre des steaks sous cellophane,
    Et la tribu forme un forum où l’on s’insulte à la chaîne !
    On vénère des dieux faits de drames, de jeux, de clics, de dopamine
    Mais on oublie d’aimer vraiment — sauf si c’est via messagerie !

    Le progrès ? Oui… dans les objets. Mais l’âme reste sous-exploitée,
    Le cœur bat mal, l’esprit vacille, la tendresse est sous perfusion !
    Nous, Cro-Magnons, on voit la Terre brûler à la télévision
    Et l’on ne pense qu’à voyager sans trop se poser de questions !

    On rit de nos propres reflets, happés par l’ombre numérique,
    On croit voyager dans nos têtes alors qu’on tourne en rond, cernés.
    Le progrès n’est qu’un camouflet issu de dieux électroniques ;
    Si nos instincts sont à la fête, personne ne se sent concerné. »

    † qui n’est pas la science du métro mais celle des techniques employées pour obtenir la plus grande précision dans les mesures..

  • L’œil de GÔÔgle

    L’œil de GÔÔgle

    Lorsqu’il s’arrêtera chez vous, ne dénoncez pas vos voisins
    De viol ou de pornographique de peur d’attirer les curieux.
    Indiquez-lui plutôt les fous qui lisent à devenir zinzins
    Et le tourisme phallo-graphique n’excitera plus les fous furieux.

    Si GÔÔgle voit votre maison, n’agitez pas vos sémaphores
    Car vous appâterez aussitôt les faux amis sur votre mur !
    À chaque changement de saison, nettoyez bien les métaphores
    Dont les cookies incognitos remplissent votre disque dur !

    GÔÔgle m’a vu, je suis foutu, je ne serai plus comme avant
    Mais scanné et numérisé avec pixels éberlués !
    Si vous m’apercevez vêtu ou nu derrière un paravent,
    Ne cliquez pas sur l’Élysée, c’est moi la meuf transexuée !

    Sous la pupille déformante, je vois se lover nos secrets,
    Ils tournent comme des comètes dans son arène numérique.
    Mais sur l’écran plat d’eaux dormantes, son parfum reste trop indiscret ;
    Un sein et un souffle qui commettent leur premier péché pixelique.

    Tableau de Raul Colon.

  • L’Insurgée de Jupiter

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je m’élève en cyclone au sommet des nuées ;
    Mes bras sont deux éclairs, mes cheveux sont d’effroi.
    Je déchire le ciel de mes flammes nouées
    Et je lie l’atmosphère sous mes cris les plus froids.

    Je foule les anneaux d’une marche insoumise ;
    Je brise les colonnes du trône sidéral.
    Jupiter obéit à ma foudre promise ;
    Ses détonations lourdes deviennent viscérales.

    Je règne sur les vents, les orages et les flammes ;
    Je détourne la foudre en frissons immortels.
    J’impose à ce colosse l’étreinte de mon âme
    Et j’inscris son prestige au-dessus de l’autel.

    Je suis l’ombre rebelle, amante et souveraine ;
    Je dompte les éclairs, je tiens le firmament
    Car l’amour que je porte est tonnerre et fontaine
    Et Jupiter, sans lui, ploie sous mon jugement.

    Je m’enfonce en ton œil – la grande tache écarlate –
    Tourbillon de colères où je creuse un tunnel.
    J’y plante mes éclairs, j’y déploie mes stigmates
    Et j’y scelle mon nom comme un sceau éternel.

    Je danse dans la plaie que l’astre m’a offerte ;
    Je fais de son typhon un nectar foudroyant
    Et je livre à ton corps, ô Yavänor, ma perte ;
    Un abîme de feu, un amour flamboyant.

    Yavänor

    Jupiter la Géante ! J’accepte ta victoire,
    L’attraction est si forte que je dois m’y soumettre.
    Nu, dans ton lit ovale – c’était prémonitoire –
    Je m’offre à notre hymen comme j’ai su te promettre.

    Illustration de Ledal.

  • La Promesse de Jupiter

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Au sommet des nuées, je t’élève en ma flamme
    Et mes bras ceignent un trône aux colonnes d’onyx.
    Je grave dans ton souffle un serment pour ton âme,
    Un pacte lumineux, radieux tel un phénix.

    👩🏻 Loreleï
    Je recueille en mes mains la foudre pacifiée ;
    J’en fais un diadème au front de notre amour.
    Jupiter nous confie ses lignes opacifiées
    Et ses vents incessants deviennent source du jour.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    J’accueille dans mon sein l’orage et ses tonnerres ;
    Je les change en éclairs aux reflets fraternels
    Et je sculpte pour toi des flambeaux visionnaires
    Où l’écho de ton nom résonne, sempiternel.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse dans ton sang la force des planètes ;
    Je transmue tes vertus en rayons souverains
    Et je tends jusqu’à toi mes trainées de comètes
    Pour enchaîner ton cœur dans mes anneaux d’airain.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux pôles où la foudre s’apaise,
    Deux axes enlacés dans un même éclat d’or.
    Ô Yavänor, reçois nos éclairs comme braise ;
    Nous sommes Jupiter, la promesse à ton corps.

    Nous plongeons dans son œil – la grande tache écarlate –
    Là s’apaise l’orage au creux de nos désirs.
    Nous scellons dans ta chair l’ivresse délicate
    Qui fait plier les cieux sous l’élan du plaisir.

    Yavänor
    Jupiter la Géante ! Derrière tes tempêtes,
    Je sais que tu m’attends aux calottes polaires !
    J’y plonge les yeux fermés, sans tambour ni trompette,
    J’y retrouve mes amours, lunaire comme solaire.

    Illustration de Ledal.

  • L’Insoumise de Mars

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je suis la souveraine des incendies géants ;
    J’attise en Mars la rouge le feu de mon festin !
    J’y règne sans partage jusqu’au seuil du néant,
    Brisant de mes deux mains le joug de ton destin !

    Mes seins sont des volcans, mes hanches sont des armes ;
    Je dresse mes ardeurs en brasier audacieux.
    Nulle paix n’adoucit l’ivresse de mes larmes
    Car j’exige l’éclair qui déchire les cieux.

    Je tiens entre mes doigts les chaînes consumées ;
    Les fers de tes combats tombés dans ma fournaise.
    Ton sang, je le transmue en ivresse fumée ;
    Ton cri devient offrande au trône de mes braises.

    Je suis l’astre farouche où la guerre s’enflamme,
    Je détourne ses coups en volupté d’acier.
    Et j’inscris dans ta chair l’oracle de ma flamme :
    Mars, hors de tout amour, s’agenouille à mes pieds.

    Je marche dans tes champs, incendiant tes plaines ;
    Mes pas ouvrent des gouffres où s’abîme le fer.
    Et mes baisers de lave – brûlures souveraines –
    Font plier ta puissance et ton orgueil offerts.

    Je suis l’ombre et le feu, la damnée rédemptrice ;
    Je grave ton destin dans le marbre de Mars
    Car l’amour que je porte est aussi sacrifice ;
    Ta vigueur m’appartient et ses forces éparses.

    Yavänor

    Tes paroles de feu m’ont marqué au fer rouge
    Et mon corps est gravé de tes morsures ardentes.
    J’ai subi chaque coup de ta sévère gouge
    Mais tu m’as transformé d’une fougue transcendante.

    Illustration de Ledal.

  • La Défaite des Armes

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Dans l’éclat des armures, je vois ton reflet tendre ;
    Mars dépose son glaive aux pieds de nos autels.
    Je tends ma main de feu pour embraser tes cendres
    Et transformer la guerre en serment immortel.

    Tes tambours se confondent au rythme de mes hanches ;
    Tes armées disparaissent au creux de mes désirs.
    Je fais ployer ton fer sous ma bouche qui se penche
    Pour offrir à ton corps la grâce du plaisir.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse sur ton front l’eau claire de mes songes ;
    Je calme ton tumulte dans mes sources d’eaux vives.
    Tes colères s’éteignent sous l’ombre où je me plonge
    Et tes armes se changent en caresses intensives.

    Je dresse sur ton sang un lit de fleurs marines ;
    J’y couche tes fureurs, j’y noie tes bataillons.
    Je sculpte dans ton cri des ivresses divines
    Et ta gorge subit ma bouche comme bâillon.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux lois que Vénus a scellées ;
    La rosée et la flamme que nous savons dissoudre.
    Nous mettons sous ton pas tes forces parcellées
    Et nos cœurs te réclament leur plus grand coup de foudre.

    Ô Yavänor, témoin de l’ultime victoire,
    Grave dans ton poème cette offrande éternelle :
    La Défaite des Armes est l’éclat de l’histoire
    Quand Mars se rend enfin à nos lèvres charnelles.

    Yavänor
    Vous calmez mes colères et mes débordements ;
    L’une de son cœur de feu, l’autre de ses fontaines.
    Et vous m’avez soumis à vos emportements
    Quand j’ai rangé mon glaive dans vos intimes gaines.

    Illustration de Ledal.