À l’école des chats, les souris sont nombreuses
À servir de support aux cours d’anatomie.
L’un de ces scélérats eut l’idée ténébreuse
De les mettre en rapport à leur gastronomie.
Dessin de Lazlo Tibay.
À l’école des chats, les souris sont nombreuses
À servir de support aux cours d’anatomie.
L’un de ces scélérats eut l’idée ténébreuse
De les mettre en rapport à leur gastronomie.
Dessin de Lazlo Tibay.
D’un cœur désemparé de peines et de pleurs
Le jeune damoiseau pour ses amours premières,
Les rêva toutes parées de pétales de fleurs
Et de plumes d’oiseau sur leurs corps de lumière.
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Sous la lumière tamisée associée à l’ombre jaune,
Le corps montre ses parements comme une perle sur écrin.
J’aime que l’œil soit amusé par la beauté d’une amazone,
Dans un instant d’égarement qui ardemment mon cœur étreint.
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Allons joueurs de la patri-i-e, le jour de gloire est arrivé !
Contre les équipes ennemi-es, la coupe du monde est levée.
La coupe du monde est levée.
Entendez-vous cette mouvance de cris des braves supporters
Qui viennent des quatre coins de la Terre acclamer l’équipe de France !
On est Champions du Monde (pom pom pom)
Rois de la balle ronde (pom pom pom)
Schootons, schootons, qu’un but poignant
Fasse de nous les gagnants !
Pas mal, n’est ce pas ? Mais continuons :
Napoléon enfin vengé-é-e de sa retraite de Russie.
La grande armée fort dérangé-e, ce n’était pas très réussi !
Ce n’était pas très réussi !
Ce sont nos anciennes colonies qui ont su laver l’infamie
De ces russes, ces faux-amis qui bravaient la francophonie.
Merci les africains ! (pom pom pom)
Merci amis maliens ! (pom pom pom)
Marquez, marquez, les angolais
Avec les togolais !
Image de Jeannielise.
Vois les racines qui s’enroulent autour des deux troncs père-mère
Et qui s’enfoncent dans la terre comme un cordon ombilical.
Un jour, tu es sorti du moule, incrusté dans l’arbre primaire,
Comme le fruit élémentaire de la matière corticale.
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C’est vers minuit que ma minette cherche son chaton en peluche
En miaulant tous ses mots d’amour comme un carillon de minuit.
Fabienne en fait une binette et met sa tête sous la capuche
De l’oreiller non sans humour, jurant : « Combien ce chat me nuit ! »
Histoire authentique qui se répète assez souvent mais jusqu’à présent les voisins n’ont pas réagi.
Souvent les voyages déforment l’observateur et l’observé
Car ces lunettes d’illusion donnent une image transgressée.
Je pense que je me transforme et que le cadre est préservé,
Mais le tourisme en collusion laisse une planète agressée.
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Les Parques ont bien évolué depuis qu’on ne croit plus aux dieux
Et se sont bien reconverties dans les bijoux de fantaisie.
Car les vies sont évaluées, sur des fils miséricordieux,
Désormais en colliers sertis avec des perles d’ambroisie.
Rappelons que les Parques étaient, dans la mythologie, les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort, généralement représentées comme des fileuses mesurant la vie des hommes et tranchant le destin.
Beaucoup de mes amours sont comme la musique ;
D’abord l’introduction est puissante et profonde,
Puis des coups de tambours battent un rythme physique,
Enfin, la séduction du contre-ut est féconde.
Tableau de Marlina Vera.
Il existe des surfaces courbes que l’on appelle « positives »
Parce que la somme des angles est dépassée par ces rivales.
Il en est d’autres un peu plus fourbes que l’on targue de « négatives »
Car elles ont la forme d’une sangle épousant la selle d’un cheval.
En mathématiques, la topologie est l’étude des déformations spatiales par des transformations continues notamment les surfaces et les nœuds par leurs dimensions et aussi à leurs déformations comme l’illustre le dessin ci-joint.
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Je connais bien tous les chemins où trône mon arbre en sa cour ;
Autant ceux que j’ai oubliés que ceux dont j’ignore l’origine.
C’est parce qu’aujourd’hui et demain j’en continuerai le parcours
Jusqu’à ce qu’en soient publiés tous les récits que j’imagine.
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Qu’est-ce que perdre de l’argent ?
Un banal déséquilibre désavantageant.
Qu’est-ce que gagner de l’argent ?
Un acte de pouvoir sur un tas de gens.
Qu’est-ce que perdre son temps ?
Un éternel recommencement.
Qu’est-ce que gagner du temps ?
Juste un raccourci sur longtemps.
Qu’est-ce que perdre l’honneur ?
Une déchéance notable, un déshonneur.
Qu’est-ce que gagner son honneur ?
Une évaluation du bonheur
Qu’est-ce que perdre l’amour ?
Une perte fatale qui arrive toujours.
Qu’est-ce que créer l’amour ?
C’est la nuit et le jour.
« Perte d’argent, perte banale. Perte d’honneur, perte notable. Perte d’ardeur, perte fatale. » extrait de « La Machine à tuer » de Jack Vance.
Prends l’étalon de ton compas et joins le sein à l’asymptote
Jusqu’au point de rebroussement du mamelon à l’aréole.
Après, reproduis le schéma, de l’hyperbole à la litote,
Jusqu’au plein accomplissement qui te vaudra ton auréole.
Tableau de Ewa Ludwiczak.
Qui se souvient de la planète qui était un monde intérieur,
Où chauffait doucement un cœur comme un soleil en gestation ?
Qui se sent nourri des comètes qui portent des germes antérieurs
Des gènes d’étoiles vainqueurs pour une nouvelle prestation ?
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L’été est aux femmes éclatantes, ce que le printemps est aux fleurs :
La griffe artistique divine qui épanouit leurs beautés.
Et mon cœur contre toute attente lance ses atomes qui effleurent
En mots crochus qui se devinent tout en touches d’amour bottés.
Tableaux de Konstantin Razumov.
J’ai perdu Jacqueline dans les coquelicots ;
Elle a troublé ma vue de ses lèvres incarnates.
Son chapeau d’opaline et son joli vélo
Me laissent au dépourvu de sa rouge incartade.
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Dommage que je ne puisse goûter ces belles femmes croustillantes,
Étalées et prêtes à croquer le long des plages rissolées.
J’aimerais bien les égoutter de leurs tenues émoustillantes,
Juste assez pour les provoquer, juste les faire rigoler.
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Les femmes savent faire mille choses, mais pourtant n’aiment qu’un seul homme !
Les hommes n’aiment faire qu’une chose, mais savent aimer plusieurs femmes !
Ça devient bien souvent morose d’harmoniser dans son royaume
Ces deux énergies bleue et rose, l’une honorable et l’autre infâme.
Aussi, mes amis, je propose, pour que ça dégage un bon arôme,
De faire une métamorphose, alchimique, subtil amalgame :
Que la femme ne fasse plus qu’une chose mais donne mille amours à son homme ;
Que l’homme fasse plusieurs fois la chose quotidiennement à sa femme.
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Quand je suis en lévitation, je chevauche un grand dragon bleu
Et je m’envole autour des pôles dans l’ivresse des courants d’air.
Quand je suis en méditation, j’ai la trompe d’un éléphant bleu
Qui repose sur mon épaule comme un complice légendaire.
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J’ai germé dans l’arbre-mère, à l’abri dans mon cocon,
Relié à l’univers par ses racines profondes.
Des lumières éphémères ont bercé mon cœur fécond
Et après passé l’hiver, j’ai émergé dans ce monde.
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Mon chat se cache dans l’armoire dès qu’il entend quelqu’un sonner ;
Il explore chaque étagère, les plus moelleuses, les plus profondes.
Mes vêtements, à sa mémoire, de tous ses poils sont jalonnés
Et je crois bien qu’il exagère pour que mes habits s’en morfondent.
C’est malheureusement une histoire vraie et je suis obligé de lui concéder le rez-de-chaussée de mon armoire mais, périodiquement, jeans, sweat-shirts et pulls sont constellés de ses poils.
Jamais je ne saurai les règles qui régissent le cœur des étoiles
Mais je sais qu’elles m’ont construit pour m’élever comme un levain.
C’est pourquoi l’esprit est espiègle à chercher à lever les voiles
Tandis que mon âme m’instruit à me connecter au divin.
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Ici, juste au bord de la mer, j’aime m’enivrer des embruns.
Ici, juste au bord de l’amère saveur des vents du souvenir.
Ici, juste au bord de la mère, le nez dans son corsage brun
Pour un agrément éphémère qui présage un bel avenir.
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Boulevard des amis, j’habite et, dans chacune des maisons,
Je n’ai pas besoin de frapper ; les portes sont toujours ouvertes.
J’y fait bouillir quelques marmites avec des rimes de saison
Du fromage de vers râpé et la bouteille toujours offerte.
Tableau de Larisa Aukon.
Ma vie est comme un petit village où chaque année j’y ai construit
Plusieurs maisons pour les amours et parfois à rebrousse-poil.
Ma vie est un apprentissage qui inlassablement m’instruit
Et quand la nuit couvre le jour, les amis brillent comme des étoiles.
Tableau de Larisa Aukon.
Un jour, tous les feux d’artifices qui animent les festivals
Engendrent avec de la musique des centaines d’enfants floraux.
Voyez les arbres du solstice qui, sous le soleil estival,
Portent les fruits métaphysiques bercés sous les chants pastoraux.
Tableau de Juan Romero.
Sur les trois cent soixante-cinq branches de l’arbre qui marque l’année,
Des oiseaux aux tons chatoyants marquent l’humeur de la journée.
Ainsi du lundi au dimanche, ils offrent une miscellanée
De jours joyeux ou larmoyants, selon l’humour de la fournée.
Tableau de Juan Romero.
Toute une année, c’est comme un arbre ; les grosses branches sont les mois,
Toutes les feuilles sont les jours, et chaque jour, une couleur.
Plein de caméléons de marbre, immobiles frères siamois,
Selon la valeur de l’amour expriment la joie ou la douleur.
Tableau de Juan Romero.
J’aimerais m’écrire un message, printemps-été-automne-hiver,
Que je lirais après ma vie, que je lirais après ma mort,
Que je lirais dans un autre âge ou bien dans un autre univers,
Enfin si mon âme survit à mon corps comme un oxymore.
J’y collerais tous les fragments de mon passé, de mon présent,
De mon futur, évidemment et du temps où je ne suis plus.
Des bouts de phrase, des segments, des extraits pas trop déplaisants,
Tout ce qui peut incidemment me rappeler ce qui m’a plu.
Bien sûr, il y aurait tous les romans d’amour, d’histoires et d’aventures,
Les meilleurs dont j’ai souvenance et même ceux que j’ai perdus.
De la musique, des bons moments lorsqu’on partait tous en voiture,
Quand c’était le temps des vacances et de la jeunesse éperdue.
Et puis un jour, Dieu seul sait quand, une comète viendra frapper
Ces souvenirs enregistrés ; et la poussière des étoiles
Donnera vie, en impliquant toutes ces mémoires rattrapées
Qui, en périodes chapitrées, des mystères, lèvera le voile.
Si je réfléchis en instant, je suis peut-être en ce moment
En train de lire cette histoire d’un autre temps, d’un autre espace.
La seule preuve l’attestant, je ne sais pas vraiment comment,
Du fond de mon cœur, c’est notoire, je crois que c’est ce qui se passe.
Tableau de Fabienne Barbier
J’aime ces histoires champêtres comme les écrivait George Sand
Quand elle mettait les paysans au rang de héros empathiques.
Ô combien j’aime me repaître de ces récits qui me transcendent,
Me font le cœur poétisant sur ses sentiments emphatiques.
(Empathique : capacité de s’identifier à autrui dans ce qu’il ressent.
Emphatique : grandiloquent, un peu pompeux.)
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Les couleurs sont bien déformées dans ma mémoire quand je tente
De revoir les vieilles images consignées dans mes souvenirs.
Les teintes sont chloroformées et quand je les pense constantes
Elles ne sont plus que le gommage qui peu à peu se voit ternir.
J’ai pris cette photo l’année dernière dans la forêt d’Eschenberg et Google s’est amusé à me la coloniser différemment. Ça m’a fait penser que les couleurs que je crois enregistrées fidèlement dans ma mémoire sont souvent fausses lorsque je revois de vieilles photos de voiture verte que je voyais grise, de noire que je pensais bleue… jusqu’à même me tromper dans des répliques de films célèbres que je croyais retenues par cœur…
Sur une route de Provence,
Les deux senteurs qui se mélangent,
Fleurs de lavande, grains de muscat
Et la lavande entre deux draps,
Dans un sachet tout provençal
Et le muscat dans la corbeille
Au beau milieu de la desserte.
Ou pourquoi pas au fond d’un verre ?
Pour le gâteau après la messe,
Les deux senteurs qui se mélangent
Dans un vieux mas de la Provence.
(Tableau de Lucos ARNO – Huile format 30×30 cm sur papier « figueras »de Canson. »Soir de Provence.
Texte de Henriette Berge – « Sur une route de lavande et de vin… » René Char.)
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Femme chamane, de ton tambour, tu préviens partout à la ronde
La bienvenue que tu me fais par les coups que tu énumères :
Onze échos sonnés à rebours comme mon départ dans ce monde
Où je vais vivre de bienfaits à tes côtés, ma tendre mère.
Tableau de Anne-Marie Zilberman.
« Oui, nous formons une organisation réactionnaire, secrète, maléfique. Nous possédons des agents partout. Nous connaissons mille procédés pour décourager la recherche, saboter les expériences, fausser les renseignements…
Cependant, permettez-moi de répondre maintenant à quelques questions et accusations qui nous viennent souvent aux oreilles. Les membres du gouvernement jouissent-ils de la richesse, des privilèges, de la puissance, sont-ils dispensés d’obéir aux lois ? L’honnêteté nous oblige à répondre : oui, à des degrés divers qui dépendent des circonstances et des contingences. Dans ce cas, le gouvernement serait un groupe fermé, limité ? En aucune sorte. Nous nous considérons, évidemment, comme une élite intellectuelle. Mais nos portes sont ouvertes à tous, bien que peu d’élus puissent les franchir.
Notre politique ? Plutôt simple. L’ère économique a mis une arme terrible entre les mains des mégalomanes qui se trouvent dans notre sein. Il existe d’autres connaissances qui, si elles étaient mises à leur disposition, pourraient leur assurer un pouvoir tyrannique. C’est pourquoi nous contrôlons la dissémination de la connaissance.
On nous stigmatise du nom de « divinités auto-sacralisées » ; on nous accuse de pédantisme, de conspiration, de condescendance, d’arrogance, d’être obstinément persuadés de notre bon droit. Ce sont là les moindres critiques qu’on nous adresse. On nous traite d’insupportables paternalistes et, dans le même temps, on nous reproche de nous désintéresser des affaires humaines.
Pourquoi n’utilisons-nous pas notre influence à soulager la peine des hommes, à prolonger leur vie ? Pourquoi affectons-nous de nous retirer sur un plan supérieur ? Pourquoi ne transformons-nous pas l’habitat humain en un royaume de bonheur, alors que nous possédons les moyens d’y parvenir ?
La réponse est simple – et peut-être décevante. Nous pensons que ce sont là de faux biens ; que la paix et la satiété sont synonymes de mort. Malgré sa brutalité et ses excès de cruauté, nous envions à l’humanité archaïque ses expériences ardentes. Nous prétendons que la récompense après l’effort, le triomphe après l’adversité, l’accomplissement d’un projet longuement poursuivi, procurent plus de satisfaction qu’une prébende nutritive puisée à la mamelle d’un gouvernement bonasse. »
Extrait d’une allocution de Madian Carbuke, politicien imaginaire issu du roman « le Prince des étoiles » de Jack Vance. Tous ceux qui ont cru à la confession d’un ministre de notre gouvernement pourraient être classés comme activistes, fatalistes et alarmistes. Et moi, un petit farceur.
Je n’y vois que ce que je veux voir, volupté ou méchanceté,
Selon les habits de mon cœur et selon l’ego qui raisonne.
Si j’acceptais de recevoir le moindre propos infesté,
J’aurais l’esprit bien critiqueur d’une âme noire qui s’empoisonne.
Mais si je crois que mon devoir est d’écarter, sans fausseté,
Les compliments des mots moqueurs, alors la loyauté résonne.
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Dans cette boule de cristal que la Terre replie sur la mer,
Je vois s’écrire dans les vagues tant de paroles éphémères
Qui semblent tellement distales, qu’elles s’étalent, douces-amères
Telles des ondes qui divaguent et qui ne sont que des chimères.
Distal : qui est le plus éloigné de la personne qui parle.
À la recherche
Du temps perdu,
Dans mon grenier
Je suis montée
Et j’ai trouvé
Nippes mitées,
Ballon crevé,
Deux ou trois malles,
Chaise bancale,
Vieilles bouteilles,
Bouts de ficelle,
Tas de courroies,
Papier de soie,
Boites en carton,
Boules de coton,
Papier mâché,
Papier roché,
Cotillon sale,
Selle de cheval,
Roses séchées,
Jouets cassés.
Et j’ai fouillé,
Et j’ai trouvé,
Dans mon grenier,
Toute bien cachée,
Dans un coffret
De bois nacré,
Une enveloppe
Enrubannée,
Recachetée.
Je l’ai ouverte,
Photo jaunie,
Un militaire
Me regardait
Pensivement,
C’était mon Père
Mort à la guerre,
Ça fait vingt ans.
À la recherche
Du temps perdu,
Dans mon grenier
J’ai retrouvé
Un inconnu.
J’ai tout remis
Timidement
Dans le coffret
De bois nacré.
Toute petite
Redevenue,
Je suis partie.
Oh, grand bonheur,
Le chaud au cœur !
Texte d’Henriette Berge.


Sur chaque branche de mon arbre,
J’ai des oiseaux qui chantent juste,
J’ai des oiseaux qui chantent faux,
J’ai de beaux rameaux bien robustes,
J’ai du feuillage bien comme il faut.
Sur chaque feuille de mon arbre,
Certaines ont de belles nervures,
Certaines brûlées de soleil.
Puis, en belles photogravures,
Voici le vent qui les balaye.
Sur chaque fleur de mon arbre,
Les abeilles butinent le nectar,
Les chenilles mangent les pétales.
Toute une faune file dare-dare
Autour du festin végétal.
Sur chaque fruit de mon arbre,
Les oiseaux goûtent les meilleurs,
Le vent fait tomber les plus lourds.
Une pomme, sur un sommeilleur,
L’aurait assommé, quel balourd !
Sur chaque saison de mon arbre,
Le printemps fait monter la vie,
Les fruits de l’été nous honorent,
La rouille d’automne nous ravit,
L’hiver pourtant n’est pas la mort.
Tableau de Anne-Marie Zilberman.
J’aime bien ces soixante-huitards qui démarrent au quart de tour
Dès qu’ils écoutent Fleetwood Mac ou qu’on leur parle de Woodstock.
Les femmes étalent leurs nibards, les mecs se mettent à poil autour
De leur Windows ou de leur Mac pour revoir leurs photos loufoques.
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La femme doit être parfaite et se forcer à ressembler
Aux jolies filles des magazines et aux plus belles créatures.
Pour une clientèle satisfaite, on va finir par assembler
Directement depuis l’usine des poupées plus vraies que nature.
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Finalement dans le futur, nous serons devenus robots ;
Robots épouses bien dociles, robots maris reconvertis.
L’amour des lois de la nature, c’était trop vrai, c’était trop beau !
Mais on a trouvé plus facile de demeurer assujettis.
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Garçons chou-fleur ou filles fleurs naissent d’un gros baiser mouillé
Qui arrose la graine fœtale dans sa matrice bien agrippée.
Soufflent les rires et les pleurs d’un vent de câlins papouillés
Sur les petits doigts en pétales et frimousses toute fripées.
Tableau Christian Schloe.
Si danser, c’est faire l’amour avec la musique des corps,
Il faudrait apprendre aux armées à balancer l’anatomie.
Et je propose, trois fois par jour, de les faire franchir des records
Avec des généraux charmés de danser avec l’ennemi.
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On dit que vivre à deux, c’est vivre la même vie,
Alors que lire à deux ensemble le même livre…
C’est un peu hasardeux d’avoir les mêmes envies
Mais rien n’est plus fougueux que la passion de vivre.
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Il y a vingt mille lieues de ça, le Capitaine Nemo aima
Une sirène très féconde qui lui offrit progéniture
De poissons qui nagent en deçà des projecteurs de cinéma
Pour, vingt-cinq images par seconde, nous raconter leurs aventures.
Tableau Steven Kenny.
La danse devient érotique quand les partenaires fondent
Dans un tango langoureux qui tend à les mélanger.
La danse devient exotique lorsque les deux se confondent
Dans un cocktail amoureux d’attouchements prolongés.
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Entre la Mer et la Montagne
Tu sens le sel le séquoia
Inattendu au coin d’ la rue
Le vent s’engouffre entre deux ciels
Pour en chasser tous les brouillards
Chaque quartier a sa saison
Chaque quartier a sa nation
Et sans passer aucune frontière
Après un saut très parisien
Pour un croissant et un p’tit crème
Tu vas de Chine en Italie
Tu escalades une colline
Pour dire bonjour à la Russie
Thé au jasmin fleurs de lotus
Dans un jardin tout japonais
Vite oubliées les grandes querelles
Quand l’Empire du Soleil Levant
Tend les deux mains j’usqu’à Pékin
Tu suis ton propre calendrier
Emmitoufflée au mois d’ Juillet
Tu laisses sans honte tomber tes fringues
Dès que les arbres perdent leurs feuilles
Tes lions de mer et tes mouettes
C’est le grand large la liberté
Même s’ils embêtent le pêcheur
Les crabes qui prennent des bains d’ vapeur
Devant l’ public sur le vieux port
Et les canards sans modestie
Tout étalés dans les vitrines
Font saliver les acheteurs
De vieux dragons qui se dandinent
Lancent leurs flammes innoffenvives
En meilleurs vœux de Bonne Année
Dans les pétards et la musique
C’est un vrai parc zoologique
Quand tu accueilles le visiteur
Toutes les races toutes les langues
Tour de Babel où on s’entend
Ceux qui s’en vont te laissent leur cœur
Les indigènes “J’y suis j’y reste”
Se croient déjà au Paradis
Texte d’Henriette Berge – pour Lawrence Ferlinghetti.
Une ballerine à la fleur de l’âge
Répétait ses pointes avec son tutu.
Un banc de sardines nageant sur la plage
L’eurent bientôt rejointe, bien entendu.
Avec sa cousine, elle revint le soir
Avec canne à pêche et un beau filet.
Et les deux coquines lancèrent plein d’espoir
Qui sa canne à pêche, qui son filet.
Puis dans la cuisine on entendit frire
Les jolis poissons honteux et confus.
Et les deux copines en pissaient de rire,
Ivres de boisson en plein raffut.
Dans la nuit câline, nos deux pécheresses
Regrettant la dure loi de la nature,
Se léchant les babines comme deux ogresses,
Rêvaient de friture et de nourriture.
Tableau Michael Cheval.
Si vous préférez prendre un bain le samedi dans la soirée,
Décrassez bien les cauchemars et nettoyez les meilleurs rêves.
Ainsi, le dimanche matin, lorsque thé ou café boirez,
Vous sentirez que redémarrent tous vos délices plus ou moins brèves.
Si ça vous dit, je vous conseille de faire des bulles de savon
Pour mettre un peu plus de couleurs et de gaieté dans le local.
N’oubliez pas une bouteille ; vous boirez bien quelques canons
Afin d’échanger vos douleurs contre un petit plaisir buccal.
Tableau Zurab Martiashvili.
Si vous partez, dès le matin, pour vous revêtir de nature,
Un arc-en-ciel couronnera vos cheveux cuivrés du levant.
Comme une robe de satin adaptée à votre stature,
Tout l’azur vous façonnera une toilette dans le vent.
Tableau Zurab Martiashvili.