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  • L’œil alchimiste

    L’œil alchimiste

    En ouvrant un œil dans mon cœur, en mettant du cœur dans mon œil,
    Je trouverai tous les trésors et obtiendrai tout ce que j’aime.
    En traversant toutes mes peurs, en renonçant à mon orgueil,
    Ce qui devient multicolore n’est plus le monde, mais moi-même.

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  • L’esprit médiéval

    L’esprit médiéval

    Dans les artères du passé, les vents tourbillonnent encore,
    Pompés du cœur de la cité au fond des faubourgs délavés.
    Et les maisons carapacées aux murs fondus dans le décor
    Résonnent avec intensité sous les empreintes des pavés.

    Défenestrés du Paradis, Adam et Ève ont dû gravir
    Toutes ces ruelles étroites pour y commencer une vie.
    Les vieilles pierres affadies contre le temps ont dû sévir ;
    Il en reste, à gauche et à droite, quelques légendes inassouvies.

    Photo du village médiéval Dolceacqua par Cicrico.

  • Le rêve du phénix

    Le rêve du phénix

    Lorsque mes rêves se font cendres, je lâche prise à l’univers
    Afin que de mon esprit renaisse comme le phénix du printemps.
    Je laisse son âme descendre sur mon corps encore en hiver
    Pour donner nouvelle jeunesse à mon cœur d’amour de vingt ans.

    Et voici Mars, dieu de la guerre, debout sur son char de soleil,
    Avec ses cavaliers de pluies et artilleurs de giboulées.
    Alors les mémoires de naguère, des printemps que les vents balayent,
    Mêlent les histoires d’aujourd’hui avec les légendes écoulées.

    Tableau de René Magritte.

  • Picolo

    Picolo

    Le plumage ne fait pas l’oiseau, ni même une belle envergure
    Seulement l’organe vocal le hisse au trône des forêts.
    S’il pavane entre les roseaux avec son chant de bonne augure,
    C’est pour charmer dans son local les oiselettes à déflorer.

    Ainsi pour que le Picolo s’attire plein de Picolettes,
    Aussi loin que porte sa voix, il chante ses jolis envois.
    Et gare aux petits rigolos qui convoitent les gigolettes,
    Ils s’affronteront en tournoi dont le vainqueur sera le roi.

    Dès qu’il entend un prétendant gazouiller sur son territoire,
    Il se met à chanter plus fort au maximum de son ramage.
    Le vainqueur a du repondant ; il a séduit son auditoire.
    Le vaincu après tant d’effort s’écarte en un dernier hommage.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La robe couleur d’arrivée

    La robe couleur d’arrivée

    Enceintes, sous leurs robes de moire, les femmes aiment cultiver
    Les fleurs dont elles font la cueillette pour en garnir leurs balconnets.
    Seul le temps en garde mémoire et la couleur à l’arrivée
    Sera bonbon pour les fillettes ou azur pour les garçonnets.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur d’adieu

    La robe couleur d’adieu

    Adieu les premiers perce-neiges, jeunes pousses d’écobuage,
    Qui fleurissez avant printemps pour chauffer les cœurs en hiver.
    Les vents se livrent au manège et font bailler les gros nuages
    Qui vont pleurer avant longtemps leurs grosses larmes salivaires.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur d’hiver

    La robe couleur d’hiver

    À l’occasion des Saints de glace, la nature, en avant-première,
    Nous montre en exclusivité la collection pour cet hiver.
    Faute d’espace, faute de place, nous n’aurons que peu de lumière
    Mais apprécierons l’intimité avec les fées de l’univers.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur d’automne

    La robe couleur d’automne

    La brume dépose ses voiles lorsque l’aube fait sa toilette
    Comme pour faire un paravent sur la nature intimidée.
    Lorsque pâlissent les étoiles, elle apparaît dans sa voilette
    Robe légère qui vole au vent avec les feuilles débridées.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur d’été

    La robe couleur d’été

    Attention, protégez vos yeux de l’éclat des mille soleils
    Que Monsieur de l’Astre Solaire vient d’offrir à Dame Nature !
    L’effet est, certes, prodigieux et d’une beauté sans pareille
    Mais pitié pour nos oculaires et ajustez bien vos montures !

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur de printemps

    La robe couleur de printemps

    Dès février, Dame Nature met son costume de printemps
    Et se plaît à distribuer premiers boutons en pouponnière.
    J’y reconnais la signature dans les bourgeons s’impatientant
    D’éclater et contribuer à lui fleurir sa boutonnière.

    Tableau de Maria Szollosi.

  • Les clefs de la vie

    Je découvris, petit enfant, jeune ingénu, la clef des chœurs
    Qui était pendue au bahut et me narguait hors de portée.
    Mais mes parents, m’apostrophant, disaient que ces questions de cœur
    Ne feraient pas trop de chahut avant d’atteindre ma puberté.

    J’allais plutôt sur mes vingt ans quand j’achetai la clef des rêves
    Que j’avais trouvée pour trois sous mais me semblait de qualité.
    Dès le premier jour du printemps. je l’ai utilisée sans trêve
    Pour m’envoler par en-dessous et par-dessus la réalité.

    Je ne pensais pas à mourir quand j’ai trouvé la clef de l’âme ;
    Une espèce de passe-partout, un peu tordu mais efficace.
    Je ne me laissais pas nourrir ni de promesses ni de blâmes
    Mais en demeurant touche-à-tout, je sus me montrer perspicace.

    J’ouvris les serrures des femmes, mon cœur connut ce qui l’affame.
    J’ouvris l’esprit des conquérants, mon cœur devint intempérant.
    J’ouvris les portes des Églises, le diable avait fait ses valises.
    J’ouvris enfin la clef des cieux et enfin je découvris Dieu.

    Tableaux de Shiori Matsumoto.

  • Au jeu du chat et de la souris

    Au jeu du chat et de la souris

    Le roi des noirs, fier comme un coq, se pavanait avec sa dinde
    Mais il gueulait comme un putois quand elle lui posait un lapin.
    Ce tyran, fort comme un taureau, vit rouge à en devenir chèvre
    Quand sa gazelle aux yeux de biche quitta son vieil ours mal léché.

    Le roi des blancs, fier comme un paon, étant lui-même un chaud lapin,
    Fut séduit par la fine mouche, car cette poule avait du chien.
    La louve, montrant patte blanche pour entrer dans la bergerie,
    Se montra douce comme un agneau pour lui tirer les vers du nez.

    La tour faisait le pied de grue, l’autre roquait d’un tour de cochon,
    Le cheval sautait du coq à l’âne, le fou riait comme une baleine.
    Les pions, muets comme une carpe, autant myopes qu’une taupe,
    Se regardaient en chiens de faïence avec des yeux de merlan frit.

    Mais revenons à nos moutons ; versant des larmes de crocodile,
    La reine blanche vit anguille sous roche, n’étant pas tête de linotte.
    Un jour, en pleurant comme un veau, elle prit le taureau par les cornes
    Et blessa cette peau de vache de roi qui soufflait comme un phoque.

    Le roi blanc, vraie poule mouillée, s’enfuit et fila comme un lièvre
    Mais se fit prendre comme un rat et fut le dindon de la farce.
    Le roi noir dormait comme un loir, car il avait d’autres chats à fouetter,
    Et la reine, maligne comme un singe, lui apaisa sa faim de loup.

    (L’inspiration de ce poème m’a demandé trois ingrédients indispensables :
    1. le tableau de Chie Yoshii ;
    2. le texte de Jean d’Ormesson « Le français, une langue animale » ;
    3. la citation du joueur d’échecs Aaron Nimzowitsch « Ne tendez aucun piège pour le plaisir ! Ne jouez rien dans l’espoir que l’adversaire réagisse de façon stupide ! Prenez toujours pour acquis que l’adversaire va trouver le meilleur coup ! Ne jouez jamais de coup dans l’espoir que l’adversaire ne voie pas la menace ! Chacun de vos coups doit améliorer la position d’une façon ou d’une autre. » .)

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  • La transgression

    La transgression

    Toute une vie pour m’enseigner tout ce que l’homme doit apprendre,
    Pourtant il suffit d’une nuit pour transgresser ses ordonnées.
    Car mes rêves m’ont renseigné que lorsque je pense comprendre,
    Je ferme mon cœur à l’ennui d’une existence subordonnée.

    Tableau de Anderson Debermardi.

  • Les yeux du poisson

    Les yeux du poisson

    Au fond des abysses profondes, dans l’éternelle obscurité,
    Viennent reposer les sirènes dont les yeux ont brûlé d’amour.
    Car il suffit d’une seconde pour mettre en insécurité
    Leurs jolies pupilles érogènes qui voient la lumière du jour.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • Bonjour les poissons

    Une histoire à dormir debout, l’amour d’une belle sirène
    Qui s’est éprise d’un marin déguisé en scaphandrier.
    Je tiens l’histoire d’un hibou qui l’a appris d’une murène
    Qui aurait pointé son tarin dans les eaux de Saint-Mandrier.

    Elle prenait ses bains de boue, tranquillement, l’âme sereine,
    Quand la prenant pour un poisson surgit bientôt l’homme-grenouille.
    Comme il en connaissait un bout dans l’art de séduire une reine,
    Il lui offrit, à sa passion, tout le plaisir de sa quenouille.

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  • Adieu, les vers sots

    Adieu, les vers sots

    Il est onze heures moins le quart, buvons ensemble un dernier verre.
    À minuit nous repartirons vers notre univers à l’envers.
    Nous avons déjà un rencard, nous n’attendons que le feu vert
    Pour déployer nos ailerons et quitter la fin de l’hiver.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • L’ancre de la nuit

    L’ancre de la nuit

    Lorsque, le soir, je jette l’ancre, amarré au port de la nuit,
    Rêves et vents gonflent mes voiles et m’entraîne auprès des sirènes.
    Plongeant dans l’encrier mon encre en soupirant jusqu’à minuit
    Elles m’élèvent vers les étoiles où brillent nos amours sereines.

    Tableau de Andreas Nemmje.

  • La force de l’âme

    La force de l’âme

    Je n’ai jamais senti mon âme aussi fort que quand j’étais enfant
    Et je soulevais des montagnes de mes rêves vitaminés.
    J’ai grandi, cependant Madame, mon cœur fiévreux et triomphant
    Transmet encore à ma compagne, tout mon amour contaminé.

    Tableau d’Igor Samsonov.

  • L’inverseau

    Dans le miroir, inversement, le recto devient le verso
    Mais le jour ne devient pas nuit et la raison n’est pas folie.
    Ainsi les bouleversements que nous apportent les verseaux,
    Qu’ils soient d’hier ou d’aujourd’hui, inversent la mélancolie.

    Ainsi s’il se montre optimiste, dans les cas les plus pessimistes,
    C’est pour nous inventer du neuf en renversant les vieilleries.
    Ainsi s’il se montre enthousiaste, c’est pour opposer un contraste
    À ceux qui croient, dur comme un œuf, qu’on doit cesser les railleries.

    Tableaux de Victor Nizovtsev.

  • La caresse de l’âme

    La caresse de l’âme

    Ce soir, j’effeuillerai ton corps, je déshabillerai ton cœur
    Et je percerai ton esprit jusqu’à l’âme au-delà des sens.
    Puis je caresserai encore et j’embrasserai la liqueur
    Dans le puits de ton bec épris d’amour du feu de mon essence.

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  • Aux racines de l’âme

    Aux racines de l’âme

    Autant le secret de mon âme ressemble à l’âme de la Terre,
    Autant je sens dans ses racines y fleurir mon arborescence.
    Mon cœur ne connaît qu’un sésame : l’arbre de vie élémentaire
    Qui naît depuis mes origines jusqu’à mon souffle d’évanescence.

    Tableau de Daniela Ovtcharov.

  • La transmission

    La transmission

    Évidemment que le verseau, depuis longtemps, veut conserver
    Tous ses plans les plus ingénieux et ses trésors les plus précieux !
    L’enfant qui naît avant-printemps, tous les savants l’ont observé,
    Est entraîné dès le berceau à forger ces buts audacieux.

    Il étudiera la science qui lui donnera l’optimisme ;
    Il brûlera les vieilles lois, faisant du neuf avec du vieux.
    Il n’aura jamais la patience d’atteindre le perfectionnisme
    Mais il vivra de bon aloi et tant pis pour les envieux.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • Les couloirs de l’âme

    Les couloirs de l’âme

    Lorsque je pense au labyrinthe des couloirs qu’emprunte mon âme
    Où chaque mur a des oreilles et dont les yeux pointent aux fenêtres,
    Mon troisième œil piste l’empreinte révélée par mon cœur en flammes
    Qui ressent l’amour sans pareil de mes aïeux qui m’ont vu naître.

    Tableau de Remedios Varo.

  • L’ADN de l’âme

    L’ADN de l’âme

    « Désoxyribonucléique », ça rime comme une mosaïque
    D’âmes qui formeraient une chaîne dont le message se renouvelle
    À chaque formule magique que deux amants biologiques
    Tricoteraient avec leurs gènes pour s’mettre du plomb dans la cervelle.

    Tableau de Autumn Skye Morrison.

  • Le verseau en question

    Le verseau en question

    Afin de donner du piment à ses aventures amoureuses,
    Monsieur Verseau doit inventer tout ce qui casse la routine.
    Sinon fondront les sentiments dans une ronde langoureuse
    Que seule une épouse enfantée égayera à coups de tétines.

    Elle recherche évidemment comment exciter leurs amours
    Car, après la Saint-Valentin, il leur reste encore quelques nuits
    Pour s’affectionner galamment en s’entraînant au jour le jour
    Au son d’un tango argentin à faire valser leurs ennuis.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • La contraception

    La contraception

    Saint-Valentin était en rage de savoir Cupidon en cage ;
    Pour lutter contre les naissances, on l’avait mis en pénitence.
    Aussi le quatorze février, on m’a dit que vous recevriez
    La clef pour ouvrir sa prison et disparaître à l’horizon.

    Tableau de J.-C. Leyendecker.

  • La voix de Saint-Valentin

    La voix de Saint-Valentin

    Depuis des jours, j’entends la voix d’un petit ange qui susurre
    Lascivement à mon oreille qu’il voudrait bien venir chez nous.
    Sa voix revient à chaque fois et, dans le lit, elle me murmure
    De saisir l’occasion pareille pour aller baiser le minou.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Arlequin et Colombine

    Arlequin et Colombine

    Lorsque les cœurs sont en hiver, qu’ils ont oublié leurs printemps,
    Juste un petit rayon d’amour suffit pour un petit bonheur
    Qui mette le corps à l’envers, la tête ailleurs, cheveux au vent.
    Et, pourquoi pas, un trait d’humour pour rire en tout bien tout honneur ?

    Pour l’amour, il n’y a pas de règle, c’est inutile d’expliquer.
    Les règles sont à mourir d’ennui, au diable, les explications !
    Alors soyons un peu espiègles, arrêtons d’être compliqués,
    Faisons l’amour toute la nuit pour jouir sans modération.

    Tableau « Arlequin et Colombine » de Mikhail Pavlovich Bobyshov.

  • Sainte-Valentine, premier choix !

    Sainte-Valentine, premier choix !

    Pour votre dîner aux chandelles, je vous suggère le meilleur d’elle :
    Appétissants, je le confesse, comme le Rumsteak de ses Fesses.
    Pour l’entrée j’ai prévu un flan avec ses Bavettes de Flanc ;
    Pour l’entremets, une terrine avec du Flancher et de la Poitrine.

    Gîte de Noix aux belles Cuisses avec des pommes vapeurs suisses ;
    Flambé pour que ça ravigote, un bon sauté de Plat de Côtes ;
    Et comme j’ai le monopole de Macreuse et Jumeaux d’Épaule,
    Je propose, pour vous mettre à l’aise, le summum de la Charolaise.

    Comme je n’y connais rien en viande de bœuf, j’ai cherché pour vous au rayon boucherie et vous ai mis tous les morceaux en Majuscules.

  • La couleur de l’âme

    La couleur de l’âme

    Bloujine, or-d’ange ou d’indigo, je dois inventer des nuances,
    Je dois posséder d’autres sens, m’ouvrir à d’autres dimensions
    Ou redevenir un nigaud pour découvrir sans influence
    L’originale quintessence de la couleur des intentions.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Les familles d’âmes

    Les familles d’âmes

    Imaginer l’inconcevable réseau d’âmes effilochées
    Dans les immeubles empilés des métropoles gigantesques,
    C’est percevoir l’irrécusable cerveau de neurones accrochés
    À tous leurs gènes estampillés d’une origine titanesque.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Le poids de l’âme

    Le poids de l’âme

    Parfois le poids des connaissances peut paraître comme un éléphant
    Dont les mémoires ancestrales ont connu les monts transalpins.
    Pourtant, quand vient la renaissance, l’inconscient s’élève, triomphant,
    Vers ses origines astrales où l’âme a planté ses grappins.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Les chats sont verseaux

    Les chats sont verseaux

    Des chasseurs redoutables aux fines stratégies,
    Les matous impassibles, l’œil ouvert, attentif,
    Guettent la délectable proie et privilégient
    Tout ce qui est possible à l’instinct inventif.

    Bien sûr, ils aiment autant les signes du zodiaque,
    Le giron des cancers, les poissons au berceau,
    Mais quand il fait beau temps, les matous démoniaques
    Ronronnent de concert en l’honneur des verseaux.

    Tableau de Vladimir Muhin.

  • L’envol des âmes – 2

    L’envol des âmes - 2

    Quand l’esprit lâche les commandes pour se reposer de sa course,
    Toutes les mémoires remontent comme des bulles d’infinités
    Chargées des intimes demandes de mon âme qui se ressource
    Et se reconnecte à son compte pour causer aux divinités.

    Tableau de Julie Heffernan.

  • L’envol des âmes – 1

    L’envol des âmes - 1

    Lorsque s’envolera du sol ma quintessence immatérielle,
    Mes enfants verront mes oiseaux monter dans un bruissement d’aile.
    Moi, j’aurai laissé ma boussole pour une Ariane sensorielle
    M’emportant au-delà des eaux suivre le vol des hirondelles.

    Tableau de Julie Heffernan.

  • Tendre ingénue – 2

    Aveugles et sourds, mes sens n’atteignent pas l’accès à la dimension
    Que seul l’amour peut concevoir car elle échappe à la matière.
    Mais afin que mon âme étreigne ce qui fera son ascension,
    Je chercherai à percevoir ma féminine antimatière.

    Tableau de Chie Yoshii.

  • Fruits de mer

    Jolis bijoux en fruits de mer renforcent l’attrait des sirènes ;
    Après le charme de leur chant vient celui du plaisir des yeux.
    Jolies naïades, tendres chimères, l’océan vous a sacré reines
    Et le royal astre couchant en pleure un rayon soleilleux.

    Tableau de Maxine Gadd.

  • Pavées de roses intentions

    Pavées de roses intentions

    J’ai connu tout un tas d’enfers pavés de bonnes intentions
    Et je ne parle pas du pire qui ne me décevra jamais.
    En même temps, je n’ai qu’en faire ; désormais je fais attention
    À ne céder, pour un empire, aux dieux que l’on m’a déclamés.

    Alors mes rêves me conduisent dans des paradis oubliés
    Où les ruelles sont pavées d’intentions roses et nacrées.
    Toutes ses portes me séduisent ; les bans qui y sont publiés
    Annoncent les plaies délavées dans un amour pur et sacré.

    Photo d’une ruelle de San Gimignano en Toscane et en Italie.

  • Le contreverseau

    Le contreverseau

    Entre nous plus de controverses, arrêtons toutes polémiques ;
    Car le verseau n’est point puceau, il n’a que le cœur à l’envers.
    Que voulez-vous ? Sitôt qu’il verse quelques larmes, c’est la panique !
    En effet, chaque soubresaut met son libre-arbitre de travers.

    Heureusement juste une fois n’est pas coutume, évidemment.
    On n’est point sot d’être verseau, c’est juste un gage de qualité.
    Car il est fabriqué, ma foi, de tant d’amour suffisamment
    Qu’il est doté, dès le berceau, d’espoir et d’amicalité.

    Tableau de Моисеева Лиана.

  • Tendre ingénue – 1

    Tendre ingénue - 1

    Le regard de tes seins me trouble, tendre ingénue, tu m’hypnotises ;
    Tous mes sens restent confondus et l’image en a disparu.
    L’objet dont mon désir redouble revient plus fort car tu l’attises
    Et mon cœur d’hier morfondu revit dès que tu es apparue.

    Tableau de Chie Yoshii.

  • Plongée dans l’infini – 2

    Plongée dans l’infini - 2

    Décidément sans retenue, la belle Alice s’envoie en l’air
    Avec son amant chaud lapin dans une infinie volupté.
    La voici déjà, toute nue, qui disparaît dans l’oculaire
    Du faux miroir, glace sans tain, pour des plaisirs non occultés.

    « Le plaisir tend vers l’infini quand l’amour tend vers la lumière ! »
    Ce n’est pas un matou matheux qui contredira l’expression.
    Aussitôt l’orgasme fini, il repart de source première
    Et c’est d’un bonheur comateux qu’en gémissent les réflexions.

    Tableau de Jeune Séqui.

  • L’art de la Terre

    L’art de la Terre

    Souvent la nature dispose ses tubes de couleurs pour peindre
    Et n’a point besoin de chefs-d’œuvre pour nous montrer son savoir-faire.
    Que j’aime quand la Terre expose, tout simplement et sans se plaindre,
    Ses tremblements et ses manœuvres d’un art qui sait me satisfaire.

    Photo de la Forêt de Bambous de Kyoto au Japon vitrifiée par le froid.

  • À pas de loup

    À pas de loup

    J’aime marcher à pas de loup dans l’âme des forêts gracieuses
    Et parfois surprendre un renard, une biche ou un écureuil.
    Car j’ai un peu le pied jaloux de mes réflexions silencieuses
    Et je m’estime bien veinard lorsque j’y rencontre un chevreuil.

    Tableau « In the Woods at Georgenborn » 1932 de Gustav Cariot. Et je rencontre bien souvent les animaux que j’ai cités dans ma forêt d’Eschenberg car j’ai le pied léger à défaut de l’âme.

  • La déclaration

    La déclaration

    Dans la dernière ligne droite avant de déclarer son cœur,
    Monsieur, pour dévoiler son charme, devra quitter toute rigueur
    D’une jolie façon adroite qui, dans ses deux bras de vainqueur,
    Fera tomber, émue aux larmes, Madame dans toute sa vigueur.

    Mais pour l’instant, ce n’est pas gagné ! Il faut soigner son caractère
    Car s’il veut tomber amoureux, il devra faire des concessions.
    Ne pas mettre la main au panier comme s’il était propriétaire
    Mais réciter de langoureux mots d’amour et sans digression.

    Tableau de J.-C. Leyendecker.

  • Les entrées complexes

    Les entrées complexes

    Les entrées paraissent bien complexes par ceux qui m’y ont précédé
    Et dont l’agrément de passage est souvent lourd à acquitter.
    Je ne suis pas celui qu’on vexe par quelques sournois procédés
    Mais j’en deviens un peu plus sage qu’elle qu’en soit la moralité.

    Photo « Entrée de la mosquée cathédrale de Saint-Pétersbourg » de Kristina Makeeva.

  • Sur les toits de Paris

    Sur les toits de Paris

    Des toits de Paris ardoisés, s’évadent les cœurs en prison
    Qui sont entraînés dans la mer de boulevards et de ruelles.
    Toutes ces tuiles entretoisées s’étirent jusqu’à l’horizon
    Et quand la nuit retombe, amère, l’immensité devient cruelle.

    Mer de toitures, mon ennemie, mon tendre amour, ma douce amante,
    Ton charme m’aura apaisé dans trop d’après-midis intimes.
    Mer de charpentes, ma douce amie, jolie maîtresse si exigeante,
    J’ai encore le goût des baisers dans tes perspectives ultimes.

    Tableau de Catherine Digue-Turpin.

  • Petit verseau deviendra grand

    Petit verseau deviendra grand

    À peine sortis du berceau, tous les enfants originaux
    Découvrent un compagnon de jeux sous les traits d’un ange-gardien.
    Celui-ci, lui-même verseau, membre du club des marginaux,
    Lui donnera l’avantageux pouvoir de rire au quotidien.

    Car le verseau vit plusieurs rêves adaptés quel que soit son âge.
    Si son côté introverti le pousse à être exubérant,
    Ses réactions vives et brèves façonnent un drôle de personnage
    Qui cherche un public converti à sa raison de vétéran.

    Œuvre de J.-C. Leyendecker.

  • Sexe à piles

    Sexe à piles

    Préparez votre sexe à piles afin qu’à la Saint-Valentin
    Toutes vos chances aboutissent à trouver le bon partenaire.
    Car il n’est rien qui horripile que se brancher en serpentin
    Et qu’un court-circuit anéantisse le courant de la caténaire.

    Photo de Jeffery Scott.

  • Pas du tout !

    Pas du tout !

    Sept fois de suite il effeuilla, il dépiauta la marguerite,
    Sept fois de suite il retomba sur « elle ne m’aime pas du tout ! »
    Personne ne lui conseilla de vérifier (et ça m’irrite)
    Si un farceur n’lui avait pas truqué les fleurs un peu partout.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Venise s’enlise

    Venise s’enlise

    Tant d’yeux ont capturé l’image de la cité de la lagune
    Que les places en sont délavées de la couleur de leurs regards.
    Les rues s’estompent en mirages, les maisons montrent leurs lacunes
    Et San Marco est enclavé parmi les souvenirs hagards.

    Tableau « Place San Marco » d’August Lovati.