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  • SOS arboricole

    SOS arboricole

    C’était pourtant une bonne idée de construire les villes à la campagne ;
    Seulement on a exagéré et tous les arbres ont étouffé.
    Ceux-ci ont alors décidé de se transplanter aux montagnes
    Las, elles étaient déjà gérées par des promoteurs esbroufés.

    Alphonse Allais l’avait bien dit et les promoteurs l’ont suivi ;
    Il faut loger l’immigration coûte que coûte au meilleur coût.
    Ce fut la fin du paradis avec tout et ce qui s’ensuivit
    Pour toute la végétation qui a disparu sur le coup.

    Tableau de xxx.

  • Animaleries – 2

    Comme je suis plutôt grand dadais avec mes yeux de biche aux abois,
    Éternellement dans la Lune et la tête dans les étoiles,
    Je vais souvent me balader dans la nature à travers bois
    Pour découvrir des opportunes sources d’inspirations de tout poil.

    Comme j’ai un long cou de girafe et des lunettes sur le nez,
    Continuellement entre deux mondes et le cœur perdu dans les nues,
    Je tombe souvent en carafe et tout mon esprit égrené
    Se répand dans cette faconde que sont mes pensées devenues.

    Coco de Paris sur https:isntthatcharming.comcoco-de-paris .

  • Animaleries – 1

    Comme je suis plutôt noctambule et que je lis beaucoup la nuit,
    J’ai développé un gène hibou avec lequel je pars en chasse.
    Je traque alors sans préambule les idées qui passent sans bruit,
    Les contes à dormir debout dont je vous fait la dédicace.

    Comme je suis assez à cheval, par mon oreille mélomane,
    Sur les homélies cavalières qui répètent la même chanson,
    Je m’attends à un festival, où , en sautant du coq à l’âne,
    Les informations journalières joueront à noyer le poisson.

    Petits Objets de Compagnie sur https:petitsobjetsdecompagnie1.wordpress.com20170524quand-la-page-de-livre-devient-papier-a-dessinamp .

  • Sexy dreams

    Sur une plage vierge de vers au bord d’un océan de rimes,
    Rêvent des lectrices de charme, en attente d’un livre écumeur,
    Offrant leurs corps à découvert de toute la beauté qui prime
    Et me fait tirer une larme sucrée salée, selon l’humeur.

    Pour capter les ultraviolets qui se dégagent des reflets vers
    Des feux de l’astre qu’irradie le ciel d’azur incandescent,
    Et brunir leurs corps étiolés par une année passée sous verre,
    Dans une tenue de paradis, elles s’offrent au soleil indécent.

    Mais bientôt la littérature vient revêtir leur indécence
    Aux rimes riches et embrassées d’un florilège de poèmes
    Et la prose en villégiature stimule la concupiscence
    Des promeneurs embarrassés par leurs nudités de bohème.

    Collages de Kelly Maker.

  • À l’heure du lapin

    Un chaud lapin en mal d’amour, sans doute en quête d’une copine,
    Cherchait à remonter son cœur à l’aide de son âme-sœur
    Qui l’aiderait, jour après jour, à faire ce qui le turlupine
    Et calmer toute la vigueur de ses appétits de chasseur.

    Le rideau s’ouvre sur la lapine pour une prestation durable,
    Son petit derrière en panache et les oreilles attentives.
    Mue d’une fièvre galopine, elle commence sa danse du râble ;
    Lui, roulant ses yeux de bravache, lance aussi sec ses tentatives.

    Plus la forêt se fait profonde, plus s’échauffent les préliminaires,
    Peu à peu le lapin tiédit dans la douceâtre humidité.
    Son activité vagabonde s’étend sous le halo lunaire
    Aux aguets de sa Mylady dont il sent la timidité.

    Tableaux de Tetsuhiro Wakabayashi.

  • Vénéneuse

    Vénéneuse

    Certains champignons vénéneux ne le sont qu’une seule fois
    Tandis qu’une femme fatale peut tuer à plusieurs reprises.
    L’amour se montre venimeux tout comme l’alcool pour le foie
    Et sa consommation létale quand il se transforme en méprise.

    Je réclame la peine d’amour pour celles qui m’ont brisé le cœur
    Et l’ont jeté dans la prison de la passion immodérée.
    Je vous l’écris avec humour mais à l’encre de la rancœur
    Qui n’a connu de guérison qu’un handicap désespéré.

    Collage de Kelly Maker.

  • Entre les lignes

    Ceux qui croient encore aux lunettes qui dévoilaient l’intimité
    Des jolies filles qui passaient en détalant d’un air abscons
    Devraient savoir que ces minettes avaient, par leur félinité,
    Un pouvoir qui outrepassait ce petit gadget à la con.

    Elles savent lire entre les lignes, elle savent transpercer les cœurs,
    D’une vision extralucide qui ne laisse rien s’effacer.
    Perfides, finaudes et malignes, elles nous jettent un regard moqueur
    Et nous, pauvres hommes translucides, n’y sommes point interfacés.

    Collages de Kelly Maker.

  • Fragments

    Je me souviens partiellement – j’ai la mémoire en réduction –
    De jolis yeux, d’un beau sourire, d’une chevelure glamour,
    Des attributs charnellement étudiés pour la séduction
    Dont les fragments s’en vont nourrir ma boîte à puzzle de l’amour.

    Trop de trous dans mes souvenirs ne laissent qu’une image imparfaite ;
    Je n’en retiens que des extraits trop disparates et clairsemés.
    Peut-être un jour, à l’avenir, mon âme sera satisfaite
    En reconstituant le portrait de celle qui m’aura le plus aimé.

    Tableaux d’Anthony Gerace.

  • Victorinox

    Victorinox

    Mon couteau Suisse à plusieurs femmes m’est utile à plusieurs usages.
    Une belle femme, large et plate que j’affute et que je caresse ;
    Une petite femme, sans cœur ni âme, mais qui jouit à l’aiguisage ;
    Avec la troisième, on s’éclate à tirebouchonner d’ivresse.

    La quatrième, la poinçonneuse, je la réserve à l’occasion
    Pour graver de mes initiales tout ce qui me paraît attachant.
    Elle sait se montrer soupçonneuse et lame de dissuasion
    Mais se montre aussi impartiale pour me tâter de son tranchant.

    Sculpture de Daniel Eggli sur https:www.danieleggli.chuntitled?lightbox=dataItem-jdq15vfn3 .

  • L’œil de ma nature

    L’œil de ma nature

    Comme une détresse d’automne qui emporte les feuilles mortes,
    L’œil de ma nature s’effeuille malgré tout mon imaginaire.
    Sans doute la vie monotone des jours qui franchissent ma porte
    Et qui le soir feront le deuil d’une journée bien ordinaire.

    Heureusement, j’ai l’âme verte qui trompe la monotonie
    En superposant ma vision sur une fenêtre invisible.
    Mon cœur part à la découverte d’une vue en dichotomie
    Où le réel n’est qu’illusion de la peur de l’imprévisible.

    Tableau de Scott Rohlfs.

  • Les métamorphoses de la sirène

    Les métamorphoses de la sirène

    Quand vient le partage des eaux, entre deux eaux, entre deux mers,
    Commence la métamorphose moitié femme et moitié sirène.
    Les arêtes deviennent des os, la queue se fend de pieds palmaires
    Et les branchies entrent en osmose avec l’atmosphère sereine.

    Quand elle souhaite changer d’air se mettre au vert, à l’outremer,
    Ses jolies jambes se rassemblent avec écailles en mosaïques.
    Elle rejoint l’aspect légendaire et l’apparence des chimères
    Qui, dans mes rêveries, ressemblent à des nageuses héroïques.

    Tableau de xxx.

  • Ma voie

    Ma voie

    Je suis né à neuf heures un quart, pile au moment où s’est ouvert
    Le seuil du monde d’avant la vie où le temps n’existait encore.
    Mon âme a fait le grand écart, mon corps s’est mis à découvert,
    L’esprit à signer le devis et le cœur à battre un record.

    Ce même seuil s’est présenté plusieurs fois au cours de ma vie
    Mais au-delà de la limite où mon ticket n’est plus valable.
    Je me suis mis à fréquenter tous les chemins avec l’envie
    De donner l’existence au mythe du voyageur inoubliable.

    Tableau de Wolfgang Lettl.

  • Liberté volée

    Liberté volée

    Fêtons la liberté volée avec le paradis crevé !
    Tant pis pour les combats sanglants contre un esclavage assassin
    Puisque chacun veut s’envoler vers des destinations rêvées
    Malgré le cauchemar cinglant de faux virus et faux vaccins.

    Peut-être aussi vais-je m’envoler avec les dernières colombes
    Si elles veulent bien m’accepter dans le club de la paix perdue.
    Peut-être irai-je convoler avec les dernières palombes
    Si vous voulez bien m’excepter de votre folie éperdue.

    Tableau de Wolfgang Lettl.

  • Logorrhée fatale

    Logorrhée fatale

    Les fleuves de flots de verbiage se jettent dans la Logorrhée,
    Vaste mer qui ferme le cycle de la parole automatique.
    J’entends ces pluies de bafouillages aux accents souvent colorés
    Tourner en rond dans l’hémicycle suivant la voix diplomatique.

    Enfin ces circonlocutions se sédimentent dans les livres
    Que certains apprendront par cœur en l’honneur du culte disert.
    À force de circonvolutions d’élocutions qui s’en délivrent,
    Je souhaite à ces rhétoriqueurs d’aller prêcher dans le désert.

    Tableau de Joost Swarte.

  • La maison de l’architecte

    La maison de l’architecte

    Descendant de Cadet Rousselle, héritier de Numérobis,
    J’ai reçu en prêt-à-monter une maison qui se respecte.
    L’eau de pluie courante ruisselle vers le puisard d’un précipice
    D’où n’a jamais dû remonter la vérité de l’architecte.

    Elle se déplie sitôt posée, pareille à un château de cartes
    Dont les fenêtres ont des carreaux piqués de trèfles et de cœurs.
    Les quatre valets, supposés ouvrir les portes qui s’écartent,
    Laissent voir à travers les barreaux tous nos secrets, à contrecœur.

    Elle n’a ni poutre ni chevron ; la cheminée sent le roussi ;
    Les escaliers sont en papier, les murs en carton gris-cendré.
    Ma femme et moi, nous ne devrons plus jamais nous faire de souci
    Car une fois posés nos deux pieds, notre château s’est effondré.

    Tableau de Joost Swarte.

  • La chevalière à l’encre d’étoile

    La chevalière à l’encre d’étoile

    Aussi noire que l’encre de Chine, la chevalière au cœur d’étoile
    Jette l’ancre et trempe sa patte dans la mer de l’inspiration.
    Rien n’est tapé à la machine, ni écrit à rebrousse-poil ;
    Juste une main fort délicate pour d’envoûtantes narrations.

    Parfois lorsque gronde l’orage sous un ciel noir en dépression,
    Son illumination se branche aux éclairs les plus foudroyants.
    Elle trait un à un les nuages pour en extraire l’expression
    La plus directe et la plus franche du verbe le plus flamboyant.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La chevalière à la plume d’or

    La chevalière à la plume d’or

    Dans une lettre soussignée par Madame de Sévigné,
    Il est un titre honorifique louant les plumes magnifiques.
    Les hommes en font la narration, leurs femmes en ont l’inspiration,
    Et souvent leurs filles prodigues sont celles qui, le plus, s’investiguent.

    Si la Comtesse de Ségur possédait autant d’envergure
    Et si George Sand, la garçonne, calligraphiait comme personne,
    Elles furent adoubées « Chevalière à la plume d’or cavalière »
    Et moi, qui suis leur descendant, j’assume à mon corps défendant.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le roi tricheur

    Le roi tricheur

    Si l’échiquier nous paraît plat avec ses illusions trompeuses,
    Il contient, en réalité, autant de crevasses que de bosses.
    Entre les bas-reliefs méplats sur des cases plutôt râpeuses,
    Les blanches trompent la gravité et les noires se noient dans la fosse.

    Les chevaux sautent les murailles, les fous trottinent en haut des murs,
    Tours et Reines à jamais figées, comme écrit dans le manuel.
    Les pions trouvent la vie duraille, certains complotent, d’autres murmurent
    Qu’il serait temps d’en affliger le petit Roi Emmanuel.

    Photo de Marcin Sacha.

  • La roue de l’infortune

    La roue de l’infortune

    Entre la mer de l’infortune et l’atmosphère de fortune,
    Juste à la surface des eaux, les êtres humains vont à vau-l’eau.
    En couple sur leurs balancelles, ils vivent leurs vies puis, chancellent
    Et sortent à la résurrection après une longue submersion.

    Il en est de plusieurs modèles. Serait-ce une bonne nouvelle ?
    Certaines roues tournent très vite, celles-ci tout le monde les évitent ;
    D’autres tournent très lentement mais on y meurt plus sûrement ;
    La mienne ne tourne pas toujours ou alors plusieurs fois par jour.

    Tableau de Wolfgang Lettl et plein d’autres sur http:www.doodoo.runews-3725.html .

  • Décodons la Joconde

    Décodons la Joconde

    Tous les goûts sont dans la nature, la plus riche et la plus profonde.
    L’artiste en mit la signature dans le sourire de la Joconde.
    Déplions sa bouche plissée pour découvrir la pellicule
    De ses paroles policées envers ce peintre ridicule.

    Elle sourit la fleur aux dents de sa mine la plus pitoyable ;
    Elle fait la moue pendant l’amour puis, prend un air indéfini.
    Elle a un rire accommodant mais fait une gueule incroyable
    Lorsque d’un dernier trait d’humour, Léonard lui dit : « C’est fini ! »

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • La ferme aux lavandes

    La ferme aux lavandes

    Quand la lavande se déguise en chenilles processionnaires,
    Leurs rangées partent à l’assaut des jeunes collines violées.
    Leurs crêtes que le soleil aiguise répandent tel un missionnaire
    La voix tenue sous le boisseau d’où jaillit l’éternel violet.

    Les vieilles baraques témoignent de ces batailles annuelles
    Qui réunissent sur les terres la même bannière lavande.
    D’aussi loin que l’on s’en éloigne, la même odeur perpétuelle
    Donne au pays son caractère dont se transmettent les légendes.

    « La ferme aux lavandes, à Valensole », photo de Guillaume Bordas.

  • Faites des mères démultipliées

    Tout d’abord, elles m’apparaissent comme des milliers de mamans
    Lorsque je ne vois que la mère dans le royaume féminin.
    Toutes ces femmes qui caressent et qui accompagnent un moment
    L’enfant à l’école primaire, lui dire au revoir de la main.

    Après, elles se multiplient comme des milliers de conquêtes
    Lorsque je vois les jeunes filles transformer leur adolescence
    Sur mes désirs inaccomplis des exigences de mes requêtes
    Lesquelles me mettent la tête en vrille et le cœur en effervescence.

    Enfin, elles se diversifient comme des milliers d’ouvrières
    Qui se fondent dans l’entreprise et les obligations sociales
    Dont le nombre s’intensifie comme le feu à la poudrière
    Qui fait exploser par surprise l’ensemble du planning familial.

    Collages de Matthieu Bourel.

  • L’alchimie du voyage

    Ayant appris qu’un grand trésor caché au pied des Pyramides
    L’attendait depuis des années, il partit donc à sa recherche.
    Et le berger prit son essor à travers les forêts humides,
    Les déserts perdus surannés, la main appuyée sur sa perche.

    Ayant appris auprès des sages qu’il faut toujours aller plus loin,
    Ayant été désabusé par les voleurs les plus chafouins,
    Ayant tout perdu au passage, ni davantage néanmoins,
    Il acquit un esprit rusé auprès de ses amis bédouins.

    Point de trésor finalement sinon celui ceint en son cœur,
    Le souvenir de ses mémoires au lieu-dit d’une vie morose.
    L’alchimiste sut également se galvaniser en vainqueur
    Car c’est chez lui, dans son armoire, qu’il découvrit le Pot-aux-Roses.

    Illustrations de Moebius.

  • La mort à vau-l’eau

    La mort à vau-l’eau

    Elle a rêvé son corbillard pour emporter sur son vélo
    En roulant à tombeau ouvert, ainsi qu’en grillant tous les feux,
    Ses clients défunts tortillards dont la vie allait à vau-l’eau
    Et les morts au Diable Vauvert si tels étaient leurs derniers vœux.

    Mais que nos corbillards d’antan n’en soient pas jaloux pour autant ;
    N’en déplaise à sa chevelure, la croque-morte a belle allure !
    On a vu, à coups de pédale, la mort rouler dans le dédale
    De tombeaux et de mausolées et même son vélo voler.

    Photo parue dans « Le Matin » du 5 mai.

  • Chirurgie rhétorique

    Chirurgie rhétorique

    Puisqu’on peut lire sur ton visage toute l’histoire de ta vie,
    J’aimerais grimper les sentiers des montagnes de souvenirs.
    Gravir tes charmants paysages autour des yeux avec envie
    Et expertiser le chantier de ce qui pourrait advenir :

    Il faudrait dérider tes rides, désoranger ta peau d’orange,
    Dépatouiller tes pattes d’oie et te défausser des fossettes.
    Arroser tes lèvres arides pour ensuite effranger ta frange
    Ou te jeter, comme il se doit, tout comme une vieille chaussette.

    Tableau d’Igor Morski.

  • Complémentaires et complimentaires

    Fruit d’un hasard élémentaire, les rencontres les plus fortuites
    Crèvent mon tissu de l’ennui lorsque je m’y attends le moins.
    Ce partenaire complémentaire, comme l’extra balle gratuite,
    Fait « tilt » en plein cœur de la nuit ; seule la Lune en est témoin.

    Car aussitôt le coup de foudre d’un beau sourire complimentaire
    Frappe mon cœur d’un coup de grâce qui, toute mon âme, disloque.
    L’amour me met le feu aux poudres comme étincelle élémentaire
    Et ma raison tombe en disgrâce d’un esprit qui bat la breloque.

    (Zoë Mozert – alias Alice Adelaide Moser – illustratrice et peintre américaine, 1907-1993).

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • On n’a jamais marché sur la Lune

    Les complotistes ont la vie dure, les légendes urbaines perdurent.
    Moi, je finis par tout confondre et mes certitudes s’effondrent.
    Le drapeau lunaire contesté, les contrépreuves attestées
    Et les Tours du World Trade Center pulvérisées par des menteurs.

    Le coronavirus persiste et le vaccin controversiste ;
    Les reptiliens sont parmi nous, les illuminati, partout ;
    Le dollar, sans contrefaçon, fait le pouvoir des francs-maçons
    Et la Révolution française fut un fiasco pour Louis Seize.

    Au moins une chose est vraie et l’illustration est de Pyraker.

  • La bourse à sa fenêtre

    Quand les poissons remonteront, entraînés par une inflation,
    Les poissons d’argent flotteront avec les poissons d’or dedans.
    Peut-être nous surmonterons cette énorme dénivellation
    Mais nous nous en lamenterons lorsque les poules auront des dents.

    Quand il pleuvra des fers à cheval, la chance retombera du ciel,
    Nos petits cochons-tirelires se réjouiront de cette aubaine.
    Ainsi, quand les actions dévalent leur taux de change référentiel,
    Le krach, pris en flagrant délire, goutte à son premier bas de laine.

    Illustrations de Gerhard Glück.

  • Homo-z-oiseaux

    Que ma Nature fasse sécession entre le haut, entre le bas,
    Entre les eaux, entre les airs, entre les sexes, schisme suprême !
    Qu’elle en accepte la mission à perpétuer son combat
    Et qu’elle me sorte du désert pour vaincre toutes mes extrêmes !

    Hélas, ma cervelle d’oiseau me fait rêver, le nez en l’air,
    Je suis la voie que ma Nature m’a choisi comme évolution.
    Je suis faible comme un roseau qui plie sous les vents en colère
    Mais qui porte la signature d’une forte irrésolution.

    Tableaux d’Igor Morski.

  • La nymphe de mon inspiration

    À travers le miroir des rêves, j’ai visité souvent la même
    Atmosphère paradisiaque et ses plus belles créatures.
    J’ai souvent marché sur la grève de la rivière du dilemme
    Entre les eaux aphrodisiaques et les merveilles de la nature.

    La clef de ces rêves intimes ouvre le passage secret
    Où la conscience et l’inconscience partagent leurs aspirations.
    Mon ambition la plus ultime, plaise à mon cœur d’y consacrer
    Tout son amour et sa science, pour trouver son inspiration.

    Illustration d’Ana Miralès.

  • La déesse de la nuit

    La déesse de la nuit

    Pauvre déesse de la nuit qui doit laver chaque matin
    La literie tachée d’étoiles et souillée du fluide lunaire !
    Elle commence dès potron-minuit à descendre du mont Palatin
    Et s’apprête à lever le voile aux premiers rayons collinaires.

    Son dévouement sans faux-semblant s’apparente à une œuvre d’art
    Bien qu’on ne connaisse pas son nom et qu’on ne l’appelle jamais.
    Comme elle lave plus blanc que blanc quand il pleut pour la Saint-Médard,
    Je l’ai donc surnommée « Manon, la lessiveuse du mois de mai ».

    Tableau d’Igor Morski.

  • Poisson d’or

    Poisson d’or

    En chevauchant mon poisson rouge qui s’est échappé du bocal,
    Je redeviens petit garçon à peine sevré du biberon.
    Ainsi, ma conscience se bouge à pousser hors de son local,
    Son inconscience d’un hameçon fixé en guise d’éperon.

    Par-dessus les mers de nuages et les océans d’arc-en-ciel,
    Je ris avec mon poisson d’or, plaise à mon corps, plaise à mon âme.
    Ainsi, je secoue les rouages de mon esprit existentiel
    Par un cœur de conquistador afin d’entretenir ma flamme.

    Illustration de Wen William Weber.

  • Le gardien de phare

    Le gardien de phare

    Que ne suis-je un gardien de phare, veilleur sur la mer infinie
    Avec des restes de carènes, vieilles épaves distordues ?
    J’aurais écouté la fanfare sur un thème de Rossini
    Qui accompagnerait les sirènes en quête des marins perdus.

    J’en aurais une pour amante, elle s’appellerait Arabelle,
    Petite-fille de Neptune qui m’assurerait l’intendance.
    Et quand soufflerait la tourmente, aux vents de tempêtes rebelles,
    J’attendrais sa voix opportune en guise de correspondance.

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Cheval qui songe

    Cheval qui songe

    Laissez-moi rêver de conquêtes vers des pays imaginaires,
    Là où la raison du plus fort ne serait pas toujours la meilleure.
    Mon cœur d’enfant point n’est en quête de prouesses extraordinaires
    Mais de trouver son réconfort auprès d’un songe venu d’ailleurs.

    Il prend les traits d’un grand cheval aux ailes déployées au vent,
    Au pelage en robe de nuit et la crinière de matamore.
    Je suis Chevalier Perceval, héros qui bondit de l’avant
    Vers des aventures où l’ennui n’existe pas plus que la mort.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Entre deux songes

    Ce soir-là, entre chien et loup, sous le halo bleu de la lune,
    Jeune apprenti, les yeux bandés, j’allais à mon adoubement
    Dans le silence un peu jaloux des vaguelettes inopportunes
    Que les rameurs vilipendés provoquaient dans l’attroupement.

    Soudain la nuit devint violette sous l’épais rideau de velours
    Et l’on me demanda d’entrer dans un château plongé dans l’ombre.
    Je troquai mon corps obsolète qui me semblait comme un poids lourd
    Pour un d’égrégore concentré car je faisais partie du nombre.

    Tableaux de Lidia Postma.

  • Le summum

    Le summum

    Le pied du mur voit le maçon, le haut du mur sert de leçon ;
    Le progrès demande du cran mais les moyens lui font écran.
    Sans cesse se remettre à l’ouvrage demande plus que du courage ;
    La fin n’est que l’ensemencement d’un éternel recommencement.

    J’ai bâti depuis mon enfance mes protections et mes défenses ;
    J’ai cru aux projets d’avenir qui feraient de beaux souvenirs.
    Mais une fois atteint la retraite, la vie s’arrête d’une traite
    Et le bonheur tant espéré suit une fuite désespérée.

    Tableau d’Erik Johansson.

  • Art is an Art

    Avant tout, l’art ne sert à rien sinon à exposer son cœur,
    Sculpter son amour dans la glaise, peindre ses tripes sur la toile.
    L’artiste, sorte de fou épicurien, transcende d’un regard moqueur
    Ses euphories et ses malaises, l’âme dans le chœur des étoiles.

    Mais quand l’artiste reproduit, mêlant technique et mécanique,
    Ses œuvres stéréotypées soi-disant proches du nirvâna,
    Il devient lui-même un produit d’une industrie économique
    Pour des galeries constipées plus proches de l’artisanat.

    Illustrations de Joost Swarte.

  • La tournée du chat noir

    La tournée du chat noir

    Dès potron-minet, on s’attable et de peur qu’on ne se morfonde,
    Qui son épée, sa hallebarde lève pour payer sa tournée.
    L’aubergiste, homme respectable, remplira leurs gorges profondes,
    Gosiers secs et bouches bavardes, patiemment toute la journée.

    Quand vient la tournée du chat noir – à l’heure où les matous sont gris –
    Les esprits battent la campagne et les cœurs parlent en divaguant.
    L’alcool fait perdre la mémoire tandis que la bourse maigrit ;
    Alors compagnons et compagnes rentrent chez eux en zigzaguant.

    Illustration d’André Juillard.

  • La planète sauvage

    La planète sauvage

    Certains, réduits en esclavage dans des labos plus que suspects,
    Ont pris la poudre d’escampette dès qu’ils se furent réveillés.
    Sur cette planète sauvage où les humains dormaient en paix,
    Les virus ont perdu la tête tant ils n’étaient plus surveillés.

    On a dit qu’ils venaient de Mars ou peut-être même de Vénus ;
    On aime bien brûler les sorcières au nom de la régulation.
    On a même cru à une farce appelée « coronavirus »
    Mais ce n’était qu’une souricière pour réduire la population.

    Illustration de Roland Topor.

  • Lever et coucher de soleil

    Dans sa robe couleur d’aurore, Madame Soleil au levant
    Hisse sa robe de couleurs à la dernière mode du temps.
    Et tous les oiseaux qui pérorent leurs derniers tubes dans le vent,
    Fredonner d’un chant roucouleur hardiment leurs nids du printemps.

    Dans sa robe couleur d’espoir, Madame Soleil au couchant
    Baisse sa robe d’uniforme dans un silence déroutant
    Mais le rossignolet du soir, sifflant son poème attouchant,
    Clôt la journée qui se transforme en un crépuscule envoûtant.

    Tableaux de Joan Marti Aragonés et Ernesto Arrisueño.

  • Demain les chiens

    Demain les chiens n’écouteront plus que la voix de leurs chers maîtres
    En observant tous les jalons que leurs idoles auront semés.
    Les chiens de garde goûteront l’ordre nouveau au périmètre
    Tandis que les chiens de salon se retrouveront clairsemés.

    Demain les chiens navigueront pour porter la bonne parole
    À tous les chiens de Terre-Neuve, épagneuls bretons, pékinois.
    Puis, ceux-ci se fatigueront d’obéir à ces jeux de rôles
    D’anciens maimaitres qui n’émeuvent plus que les saint-bernards sournois.

    Tableaux de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .

  • Demain les oiseaux

    Demain, les oiseaux sont bottés ; eux aussi se sont adaptés.
    Les pieds des mouettes rieuses conviennent aux bottes jaune paille.
    Les anges admirent leurs beautés ; même Dieu les a adoptées
    Pour leurs rigolades ébrieuses dont la Trinité fait ripaille.

    Demain, les pieds en éventails, eux aussi ont évolué.
    Les corbeaux fiers d’être chaussés en paire de bottes de sept lieues.
    Avec leur souci du détail, ils ont pour rôle d’évaluer,
    Au rang de la maréchaussée, les rusés renards du milieu.

    Tableaux de Rudi Hurzlmeier.

  • L’alchimie d’amour

    L’alchimie d’amour

    Quand l’homme retrouve la voie qui mène au cœur de la passion,
    Il ressent l’instinct magnétique qui l’attire comme un aimant.
    Il en perd le souffle et la voix par l’effet d’anticipation
    Qui donne l’élan érotique qui réunit les deux amants.

    Quant à la femme, elle se connecte aux racines passées et futures
    Et redevient la clef de voûte de son foyer jour après jour.
    Ainsi elle fait la collecte des graines de puériculture
    Soumise à la vie qui l’envoûte pour créer le fruit de l’amour.

    Illustration de Grzegorz Rosiński.

  • L’amour Butterfly

    L’amour Butterfly

    Aussi léger qu’un papillon, l’amour peut d’un battement d’aile
    Provoquer chagrins et tempêtes entre deux cœurs à l’opposé.
    La passion crée des tourbillons lorsqu’une relation infidèle
    Menée sans tambour ni trompette devient à l’autre présupposée.

    Or, dès que l’amour bat de l’aile, le cœur d’un millier de fragments
    Se désagrège et éparpille les débris du drame amoureux.
    Et les destinées parallèles se séparent entre les amants
    Qui se lamentent et s’écharpillent par des démêlés langoureux.

    Illustration de Benjamin Lacombe.

  • La femme au gant rouge

    La femme au gant rouge

    Après les horreurs de la guerre et les miracles de l’amour,
    L’homme, entre ces deux infinis, ballotte entre honneur et malheur.
    Quant à la femme, elle n’a guère d’autre choix que donner le jour
    À des enfants prédéfinis à perpétrer cette valeur.

    Les hommes ont du sang sur les mains, les femmes, une fois par mois ;
    D’un côté les vieux combattants, de l’autre, les ménopausées.
    La prochaine race de demain poursuivra-t-elle avec émoi
    L’opposition, le cœur battant, sur son passé décomposé ?

    Illustration de Jacques Tardi.

  • L’absurdité du temps

    Je pensais mon présent absurde jusqu’au jour où j’ai découvert
    Le gène d’autodestruction implanté dans ma génétique
    Qui m’infléchit, qui me perturbe et me fait tout voir de travers
    En falsifiant les constructions de ma mémoire hypothétique.

    Lorsque j’ai compris que ce gène d’absurdité se réveillait
    Plutôt que m’en épouvanter, j’ai pris parti de l’accepter.
    Devant les problèmes et leurs gênes, je ne cesse de m’émerveiller
    Et même, je peux me vanter, d’être un marginal excepté.

    Illustrations de Joost Swarte.

  • La bibliothèque de qui-vous-savez

    Selon l’âge du capitaine et selon ses rêves d’enfance,
    Sa bibliothèque offrira tous ses récits numérotés
    En France métropolitaine ou en pays de connaissance,
    Partout où il naviguera aux ordres de l’amirauté.

    Ce petit coin dédicacé à tous les maîtres de la planche,
    Lui rappelle avec nostalgie ses voyages au-delà des mers.
    Et même s’il en a assez d’avoir passé trop de nuits blanches,
    Il y soigne sa lombalgie avec un vieux rhum doux-amer.

    Illustrations d’Yves Chaland.

  • Reine des villes, reine des champs

    Dans le palais fortifié de sa citadelle royale,
    Une Reine à l’épée phallique administre ainsi sa justice :
    Des jugements justifiés par sa lame oblongue et loyale
    Qui va, d’un verdict métallique, du conflit jusqu’à l’armistice.

    Dans son domaine pastoral qui s’étend sur monts et campagnes,
    Une Reine à la longue verge ne juge point mais s’accommode
    Avec raison du bon moral de ses compagnons et compagnes
    Et d’une sagesse qui diverge des connaissances à la mode.

    Voici que la Reine à l’épée visite la Reine à la verge
    Et s’amuse à lui critiquer sa réglementation lascive.
    Un code civil, guère épais, n’ayant que trois lois qui convergent
    Et des édits sophistiqués signés d’une plume passive.

    Du coup, la Reine du bâton accourt chez la Reine du sabre
    Mais elle s’ennuie à mourir auprès de ces gens formatés
    Qui se nourrissent de ducatons et d’interminables palabres ;
    Alors elle préfère courir loin de cette uniformité.

    Illustrations de Moebius.

  • N’importe quoi fort de café !

    Avion cassé, avion foutu ; la carlingue a cassé du bois ;
    Café brûlé, café fichu ; ma cafetière est fissurée ;
    D’un trou d’air à l’odeur goûtue, l’appareil s’est mis aux abois ;
    La route du Machu-Pichu plus jamais ne sera assurée.

    Tous les chemins mènent à Rome ; il suffit de passer le pont
    Pour contrer les mésaventures et les dangers qui se démarquent.
    En suivant les meilleurs arômes, des arbres à café du Gabon,
    On obtient la bonne mixture le bon goût et le meilleur marc.

    J’en ai tellement l’eau à la bouche que j’en verse une larme amère ;
    Une larme de crocodile surtout quand le déca y ment.
    Alors j’en reprends une louche ; le bon café est éphémère
    Et il faut le boire – c’est le deal – quand il est prêt, au bon moment.

    Quand il est fort, gare au gorille ! Je reprends du poil de la bête
    Car cette douçâtre amertume me cause toujours cet effet !
    Je sens dans ma peau qui s’étrille toute la joie d’une conquête
    Depuis laquelle je m’accoutume par l’arôme d’un bon café.

    Illustrations de Moebius.

  • La porte des étoiles

    La porte des étoiles

    L’intimité de mon journal m’ouvre une porte sur les étoiles
    Qui me confère un raccourci vers les quatre horizons du monde.
    Un sas estival-hivernal, une scène où tombe le voile
    De la vérité obscurcie par les mystères qui abondent.

    Lundi, je marche sur la Lune ; mardi, je flâne au Champ-de-Mars ;
    Mercredi, une virée opportune, je dis, avec quelques comparses ;
    Vendredi, au Mont de Vénus ; ça me dit, l’amour inopiné ;
    Et le dimanche, terminus ! Je fais la grasse matinée.

    Tableau de Julie Dillon.