Nérätïs nue

« J’ai appris à veiller sur les autres et à cacher ce qui tremble en moi.

Ce soir, je dépose ma blouse, Yavänor. Je te confie mon corps, mes sept secrets et l’enfant d’Atlantïs qui se souvient encore des bras de sa mère.

Veille sur moi avec douceur. »

Nérätïs, princesse d’amour d’Atlantïs

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« Mes mains, ces alliées précieuses, qui soignent et palpent la douleur,
Tremblent lorsque tu les saisis car je ressens tes émotions
Les plus douces et les plus gracieuses et elles lisent même les couleurs
De l’amour qui me rassasie avec respect et dévotion. »

« Malgré mon regard assuré, je doute quand tu me regardes ;
J’espère que tu m’aimeras toujours malgré mes peurs et mes faiblesses.
J’aspire au futur azuré que tu construits et sauvegardes
Pour vivre ensemble nos vieux jours d’un amour empli de noblesse. »

« J’écoute non-dits et silences de mes patients, de ceux que j’aime
Et j’entends aussi tes demandes lorsque tu t’inquiètes pour moi.
Je sais ta grande vigilance lorsque tu perçois mes problèmes
Et je tremble sous mes réprimandes qui mettent tes sens en émoi. »

« J’ai un grand appétit de vivre et un faible pour la bonne chère
Mais je ne peux pas m’empêcher d’en ressentir de la distance.
Lorsque j’apprécie je te livre ma plénitude la plus chère
Mais je crains parfois de pécher par l’excès de mon inconstance. »

« J’ai l’odorat très aiguisé notamment pour le souvenir ;
J’en conserve un ancien flacon des vieilles odeurs d’Atlantïs.
Lorsque je me sens dégrisée, j’aime alors laisser revenir
La petite fille dans son cocon avant que la femme grandisse. »

« Parfois je pressens la douleur que je ne pourrai pas guérir
Et je ne peux m’en éloigner par amour pour celui qui souffre.
J’en vois de toutes les couleurs sans que ça puisse m’aguerrir
Et je ne peux que témoigner de l’impuissance au fond du gouffre. »

« Si je m’offre nue devant toi, après avoir veillé sur tous,
C’est pour ôter toutes défenses et la blouse du médecin,
Pour qu’à ton tour, tu veilles sur moi de la manière la plus douce ;
Celle que j’avais dans mon enfance quand ma mère me donnait le sein. »

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Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

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