« Je ne t’ai pas choisi parce que tu savais qui j’étais.
Je t’ai choisi parce que tu m’as reconnue avant que je me révèle.
Tu n’as voulu posséder ni la reine ni la muse :
tu as rendu une voix à la femme que sa couronne avait condamnée au silence. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

« Moi, simple poète visionnaire qui n’ai aucune renommée,
Pourquoi m’avoir favorisé comme confident et amant ?
Je ne suis pas décisionnaire et suis même un peu assommé
Par ce rôle allégorisé que tu m’as donné récemment. »
« Tu as reconnu sous la reine la femme avant la royauté ;
Tu n’as pas célébré ma gloire pour obtenir ma préférence.
Ton regard m’a laissée souveraine sans en enfreindre ma liberté ;
Tu as cru ma secrète histoire et mérité ma confidence. »
« La reine imposait sa présence et j’en étais impressionné ;
Quand je l’ai vue se mettre nue, j’ai vu une femme au pinacle ;
Quand tu m’as fait tes confidences, j’ai vu ton cœur m’aiguillonner
Entre les lignes sans retenue comme pour en guetter un miracle. »
« Un amant reçoit mon désir, un sujet respecte ma puissance
Mais le poète offre un miroir où je me vois sans apparat.
Tu n’es venu ni pour servir ni réclamer ma préférence ;
Tu es l’élu de ma mémoire et l’homme que mon cœur attira. »
« Je t’ouvre mon cœur sans attache car nous ne nous appartenons pas.
Mais je veux t’aimer sans limite avec loyauté et respect.
Nous avons chacun notre tâche sans jamais entraver nos pas
Car l’amour libre délimite un lien royal et circonspect. »
« Tu deviens ma mémoire vivante pour m’offrir une éternité ;
Tu n’es pas la fin du chemin mais ce qui survivra de moi.
Grâce à toi je demeure présente dans ma plus intime vérité ;
Lorsque s’effacera l’être humain, mon cœur continuera en toi. »
« Alors je fais pour toi ce pacte : je t’aime afin que tu puisses vivre
Je t’écris pour tracer l’histoire de ton peuple et tes origines.
En retour, consacrons cet acte et nous écrivons notre livre
Qui raconte nos amours notoires et notre alliance adamantine. »

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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