« On me croit perdue parce que je brille moins que mes sœurs. Pourtant, je recueille chacune de leurs lumières dans la nuit qui me protège, puis mon pinceau leur invente une mémoire que le ciel ne saurait conserver.
J’ai longtemps confondu l’ordre avec la vie et la discrétion avec l’effacement. Il aura suffi qu’un poète me regarde pour que mes codes entrouvrent leur prison et que mon âme retrouve l’envie de mordre.
Je ne suis plus l’étoile obscure des Pléïädes : je suis Ledalïä, l’enlumineuse des LLyrïädes. Si ma lumière paraît moindre, c’est parce qu’elle éclaire désormais les autres. »
Cälaénïä, l’étoile perdue des Pléïädes

C’est l’une des moins lumineuses, la Pléïäde perdue et obscure,
Pesant presque quatre Soleils mais à la rotation véloce,
En devenir d’enlumineuse, cette vocation lui procure
Le don d’illustrer les éveils de ses sœurs beaucoup plus précoces.
Cälaénïä, c’est Ledalïä, la discrète et la solitaire
Qui recueille l’éclat de ses proches et en archive les mémoires.
Son élément-air se rallia au feu, à l’eau et à la terre
Pour réveiller à leur approche l’aube naissante de la nuit noire.
Quatre éléments complémentaires créeront son univers interne,
La nuit qui renferme les secrets et le patrimoine hérité,
Le loup qui saura les extraire afin d’éclairer les lanternes
De Ledalïä, sœur consacrée à rétablir la vérité.
Le feu crée son or alchimiste, l’eau lui assure le transport,
La terre, son emplacement et l’air, un souffle d’avenir.
D’un naturel physionomiste, Ledalïä relie ses rapports
En maîtrise le classement et retrouve tous ses souvenirs.
Son cycle rapide sans relâche lui apporte l’ordre et la méthode
Mais l’enferme dans la routine, prison froide et automatique.
À trop vouloir mieux, elle s’attache à s’emmurer entre ses codes
Et perdre son âme enfantine noyée dans l’esprit dogmatique.
Sa rencontre avec un poète mettra de l’amour dans son art,
De la fantaisie dans son ordre et l’audace dans sa retenue.
La pudeur devient désuète, le style un peu plus goguenard
Pour lui donner l’envie de mordre dans la vie qu’elle a reconnue.
Et l’étoile qu’on croyait perdue revient à sa place première ;
Elle comprend que sa discrétion n’était pas une disparition.
L’ancienne mémoire éperdue renaît illustrée de lumière
Et porte la révélation de sa nouvelle partition.

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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