Le neuvième rêve qui est un rêve éveillé

Le neuvième rêve qui est un rêve éveillé

Cette nuit-là au moment même où j’allais partir dans les limbes,
Lïlïth surgit dans le couloir du labyrinthe de mes songes.
« Suis-moi ! Je suis folle mais je t’aime. Depuis des jours mon cœur regimbe
À l’idée que sans le vouloir tu m’aies fécondée un mensonge ! »

« Souviens-toi de cet enfant-flamme qui s’est introduit sous mes jupes,
Par mon vagin vers l’utérus afin de rencontrer l’ovule !
Bien qu’il soit issu de ton âme, ce serait un vrai jeu de dupes
Et un jeu de roulette de russe pour en reprendre la formule ! »

« Viens avec moi, c’est le moment d’explorer les couloirs du temps
Afin d’offrir à notre fils, le même père que mes filles ! »
Et nous revînmes quand les mamans, dans l’automne à peine débutant,
Rient soumises à un maléfice et… les voici qui se déshabillent.

Pendant ce temps, un homme âgé que Lïlïth bien sûr reconnaît
Tandis qu’alors les femmes dansent, se présente en tant qu’Irénée.
Ma Lïlïth alors dégagée de son kimono japonais
S’allonge nue avec prudence dans le secret d’un hyménée.

Lïlïth et Irénée-l’ancien consomment l’union insolite
Arrivent au moment de l’orgasme qui déclenche un vrai feu de joie.
Or tous les deux sont magiciens – tout comme Loreleï, leur acolyte –
Et je vois surgir l’ectoplasme d’un enfant-flamme à vive voix.

Irénée se lève et s’en va sans autre forme de politesse ;
Lïlïth se lève et se rhabille en me fixant droit dans les yeux.
« Voilà, mon beau Casanova ! Il fallait enfin que tu cesses
De juger que cette broutille n’était qu’un pur inceste odieux ! »

Et je rentrai avec Lïlïth inquiet mais aussi soulagé,
Ne sachant pas très bien quoi faire, je déambule un peu pantois…
Alors la mère hétéroclite recommence à m’encourager :
« Je te ramène à tes affaires car mes filles languissent de toi ! »

Illustration de Ledalïä.

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