
Les ruines des erreurs d’autrefois ne peuvent pas s’anéantir
Comme un abîme de souffrances que l’on tenterait de combler
En y mettant toute sa foi sinon elles vont s’appesantir
Plutôt que mourir dans l’errance et nous refaire succomber.
Et nous nous reconnaissons tous dans les mémoires de Lïlïth ;
Nous avons tous, dans notre vie, une expérience désastreuse
Menée pour que nous connaissions cette part en nous qui périclite
Pour nous apprendre la survie par une échappée impérieuse.
C’est la géographie de l’âme, la carte des gouffres du cœur,
L’esprit aveugle doit connaître les pièges et les précipices.
Il y a ceux qui montrent une flamme pour avertir le voyageur
Et les subtils qui laissent naître le doute envers le mal propice.
Et ces petits démons sucrés qui se prétendent une famille :
« Alléluia ! Dieu est bonté et tout le reste n’est que péché ! »
Et l’esprit de se consacrer à se construire des béquilles
Plutôt que, lui-même, d’affronter tous ces fourbes ours mal léchés.
Alors le courage véritable est de quitter ce faux confort,
Partir les blessures ouvertes et laisser le temps les laver.
Prendre une distance équitable et devenir beaucoup plus fort
En gravant la plaie recouverte : « lieu où j’ai été enclavé ».
Parfois l’expérience est fatale et ne mène qu’à l’alternative :
Accepter de vivre l’entrave ou choisir la mort qui libère.
Parfois l’option est capitale et la décision palliative :
Ce qui apparaît le plus grave, c’est la vie qui s’y réverbère !
Alors il faut considérer le chemin qu’on a parcouru
– Mais en parler en métaphore car tous suivent d’autres chemins –
Faire sentir et proliférer tout ce qui aura concouru
À comprendre les sémaphores sans la crainte des lendemains.

Illustrations de Ledalïä.
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