
Elle a conservé en son sein toute la masses des continents,
Lïlïth, la sœur d’obscurité à l’ancien regard de granite.
Son sanctuaire sacro-saint n’admet aucun impertinent
Mais les porteurs de vérité, ses filles et ses consœurs bénites.
Les murs ne sont pas de métal mais de basalte et d’obsidienne
Qui semblent avoir été créés aux sources du cristal majeur
Lorsque la Terre était fœtale, amniotique et liquidienne,
Nourrie à l’or fin agréé par la manne du créateur.
Au centre, les racines du monde, de fer et de bois fossilisé
Mais point de lit : car Lïlïth dort en suspension dans la chapelle
Où la perspective profonde semble un tunnel féminisé
Qui remonte jusqu’à l’âge d’or que ses mémoires lui rappellent.
Lïlïth, elle seule, sait décrypter les murmures des astres morts ;
Elle seule sait aussi écouter la voix des planètes telluriques.
Quant aux gazeuses, édictées sans espérance et sans remords,
Elle aime quelquefois goûter leurs vacuités atmosphériques.
Aucun ornement inutile ne dissone dans ce lieu saint
Et toutes les mémoires actives forment les piliers d’intentions.
Chez elle, tout l’espace utile sert de résonance à dessein
Pour les vibrations proactives des mondes d’autres dimensions.
Elle ne dort pas mais son esprit traverse les murs et les cloisons
Et parfois se matérialise chez ses filles au cours des nuitées.
Mais nul ne s’en trouve surpris car il émane d’elle à foison
Une aura qui revitalise la chambre qui est visitée.
Chez elle, le temps est suspendu et ÄLLÏÄ y trouve refuge
Quand elle retrouve sa grand-mère contre ce temps omniprésent.
Là, dans le silence entendu du néant qui sert de transfuge,
Tout alors paraît éphémère, du futur passé au présent.

Illustration de Ledalïä.
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