L’appartement est l’expérience où s’affrontent deux éléments ;
Leur immersion dans un brasier, leur combustion au creux des eaux.
Une chambre de luxuriance sans l’être inconsidérément
Mais pour les deux sœurs extasiées par le cristal et son réseau.
Plusieurs sphères d’une eau abyssale sont maintenues en suspension
Dans la fournaise rayonnante de colonnes d’un feu liquide.
Une literie colossale trône au centre avec propension
À accueillir d’impressionnantes communications intrépides.
Sous le cristal majeur vivant, ici, la flamme épouse l’onde ;
Laurelïne s’embrase au creux du lit, là où la rivière est profonde,
Loreleï, par un flux connivent, épanche leurs flammes fécondes
L’eau et le feu sont stimuli lors des nuits où la Lune est ronde.
Ici, le feu ne brûle pas et l’eau ne pourrait pas l’éteindre ;
Le miracle est dans une étreinte où l’eau-de-feu devient charnelle.
Il n’est ni douleur, ni trépas, ni moindre mal qu’on puisse craindre
Dans cette alliance où l’empreinte devient alchimie éternelle.
Un flux de lumières rougeoyantes du même sang que Laurelïne,
Répond au courant outremer centré, orbital et distal.
Naissent des couleurs foudroyantes, ultraviolettes et violines
Qui s’échangent entre les deux mères et l’âme émanant du cristal.
Parfois les archives racontent que les vers les plus passionnés
Ont, par le feu, été écrits à l’encre des eaux bleu marine.
Mythes et légendes se comptent par milliers tous ovationnés
Parmi les rires et les cris de Loreleï et Laurelïne.
On dit aussi que par moments, Yavänor se matérialise
Entre son amante brûlante et sa favorite embrumée.
Et trois cœurs montent au firmament avec soupirs et vocalises
Sous les comètes turbulentes et les étoiles présumées.
Illustration de Ledalïä.
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