
Appel
Parfois l’eau, changée en silence, retourne à sa source première
Dans les nappes originelles où l’onde n’était qu’uniforme.
Monte alors la réminiscence d’un chant d’une mer de lumière
Qui m’invite à l’ascensionnelle évolution où je prends forme.
Mémoire
Je laisse couler les images de nos voyages dans les moires
De la transparence mouvante où tout demeure et tout s’efface.
Chaque onde en garde le message et rejoint l’eau de ma mémoire
Et, s’il en est une éprouvante, mon cœur aplanit sa surface.
Dissolution
Je me déleste des contours de mes attaches malaisées,
Je redeviens l’eau sans rivage, qui se déploie sur son passage.
Les noms, les formes et les jours doucement s’éloignent, apaisés,
Et je redeviens l’eau sauvage, vive, éternellement sans âge.
Pardon liquide
Je pardonne comme je dissous, sans effort et sans retenue ;
L’eau ne peut pas se montrer juge car l’eau ne condamne ni ne nuit.
Tout ce qui fut sera absous dans une dilution continue
Et même l’ombre devient transfuge quand elle se dilue dans ma nuit.
Fusion
Je n’ai plus besoin de frontières mais d’une étreinte en expansion ;
Je traverse étant amarrée aux attractions de l’univers.
Dans ce flux sans rivale altière, je deviens l’onde en suspension
Qui vibre offerte à la marée qui met mon chant à découvert.
Transmission
À vous, mes amours, je confie cette mémoire fluide et vivante,
Ce savoir qui ne se retient que par le lait de votre mère.
Car l’eau croit et se bonifie à chaque cycle, plus motivante ;
Chacune de ses gouttes en détient l’infiniment grand de la mer.
Immersion
Je n’offre aucune résistance dans les eaux anciennes et sages,
Sinon l’écho de ma nature et de ma propre éternité.
Mais pour ma propre consistance, je vous lègue un précieux message :
« Je prends, je transforme et capture tout l’amour en maternité. »

Illustration de Ledalïä.
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