« Dans la maison de mon père, les ventres deviennent des astres
et les silences, des promesses.
Je suis celle qui regarde avant d’exister,
celle qui se souvient avant d’apprendre.
Et j’écris pour que rien ne se perde de ce qui nous traverse. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

Le petit plaisir d’un baiser, la recrudescence des mamours,
Dieu en est expérimenté ; on jouit à créer le monde !
Un petit moment apaisé tandis qu’une graine d’amour
Cherche sa moitié aimantée en vue d’une alcôve bien ronde.
Et quand le feu rencontre l’eau, quand le yin et le yang ensemble
Ont décidé de fusionner avec la plus grande attirance.
D’abord assez méli-mélo mais rapidement tout s’assemble
Pendant neuf mois emprisonné jusqu’au jour de la délivrance.
Et si deux idylles conjointes ont élu dans le même ventre,
Le même désir de construire, c’est deux complices pour la vie.
Et quand les deux seront rejointes par trois fœtus qui se concentrent
Rien ne pourra jamais détruire la vie qui enfante la vie.
Alors les deux feux de Laurelïne et l’eau de Loreleï retrouvent
La même force que leurs mères vibrer entre leurs cotillons.
L’une et l’autre ensemble dodelinent pour les mêmes énergies qu’éprouvent
Trois petites larves éphémères en train de devenir papillon.
Les deux ventres à présent se touchent et leurs mémoires se souviennent…
« Crois-tu qu’Élysäé et Orélion, comme nous jadis communiquent ? »
Sollicite Laurelïne dont la bouche cherche les mots qui lui conviennent
Tandis que son cœur de lion bat d’une émotion volcanique.
« De la même façon que nous avions inventé un langage
Qu’il nous arrive d’échanger encore par télépathie ! »
Pense Loreleï dont les genoux ploient sous le poids du gros bagage
Qu’elle ne voudrait plus prolonger de la moindre heure compatie.
Dans la pénombre, elles s’allongent, elles s’embrassent tendrement ;
« Qu’il est bon de s’aimer ensemble, qu’il est bon d’aimer un humain ! »
Dans la soirée qui se prolonge, elles s’étreignent folâtrement
Sous les étoiles qui se rassemblent autour des enfants en chemin.
Illustration de Ledalïä.
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