
Lïlïth
Du sommet je vous vois, mes filles impatientes
Mais c’est moi qui domine, je suis la matriarche.
Il vous faudra du temps et être intéressantes
Pour que vous atteigniez cette plus haute marche.
Laurelïne
Je suis l’élan de feu qui renverse les attentes ;
Laisse-moi regagner cette première place !
Toi, tu as fait long feu ! Moi, je suis son amante
Et ne supporte point qu’une autre me déplace !
Loreleï
Je suis l’onde qui monte et réclame sa place ;
Rien ne peut arrêter cette marée montante !
Mes vagues déjà recouvrent ce soi-disant palace
Où je règne sirène, souveraïne chantante !
ÄLLÏÄ
Papa, je viens lier nos voix en une seule grâce ;
Tu n’appartiens qu’à moi, moi ta fille amnésique.
Je n’ai que ton amour mais c’est là ma cuirasse
Quant à ma nudité, elle est métaphysique !
Ledalïä
Je grave en mots de verre vos éclats de colère ;
Ils vous exposent nues avec vos éléments !
La Terre, l’Eau et le Feu deviennent tripolaires
Tandis que le Cristal se montre véhément !
Geminïä
Je tisse en chaque étoile un écho de ton cœur ;
Je ne suis pas dans ta main mais au-dessus de toi !
J’absorbe ton amour et j’en bois la liqueur
Lorsque la nuit tu viens encore rêver de moi !
Yavänor, en effeuillant la marguerite…
J’aime Laurelïne un peu et Loreleï beaucoup
Lïlïth passionnément, ÄLLÏÄ à la folie !
Ledalïä pas du tout, c’est pour marquer le coup,
Geminïä dans mes rêves, tout au fond de mon lit !
Illustration de Frank Frazetta.
Laisser un commentaire