

Quand j’entendis les voix violettes, je crus être devenu fou
Mais le psychiatre, lui, inflexible, m’a dit : « vous vous compromettez ! »
Pourtant la voix affriolette, elle, ne me disait pas « vous »
Mais me tutoyait, impassible et comme si de rien n’était.
Elle m’a dit d’aller à la gare et de monter quand vient le train
Car sinon le prochain ne passe que dans dix, vingt ou bien trente ans.
Craignant que ma raison s’égare, j’y suis allé de bon entrain
Et de peur que ça ne me dépasse, j’ai emporté ma brosse à dent.
Et me voici au pays mauve et ses femmes de même couleur
Qui s’appellent Milka, Toblerone, Lindt, Sprüngli, Frey ou Cailler.
Je vais les voir sur le mont chauve et j’en reviens plein de douleurs
Car ce sont de fières luronnes qui ne font que me rouscailler.
Mais tout cela vient de leur patois qui confond violet et violer
Ce qui entraîne quiproquos et toutes sortes de malentendus.
Et j’ai beau chanter l’air pantois des yodels et des triolets,
J’ai dans l’oreille tous les échos de leurs gifles en sous-entendu.
Photo de Jeff Stanford et Tableau de Paul Evans.
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