Ledalïä et la bibliothèque vivante

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« Je suis celle qui catalogue et qui archive les poèmes
J’aime particulièrement tailler chaque mot qui s’insère
Dans une strophe que j’homologue, qu’il soit réfléchi ou bohème
Mais toujours singulièrement doté du ton le plus sincère.

En effet j’observe en silence vos fièvres et vos vents de folie,
Vos jalousies et vos marées d’écume et de cris spontanés.
Je resterai en vigilance, le pinceau qui capte et polit
Vos tohu-bohu chamarrés dont je peindrai l’instantané.

Je ne suis point celle qui semonce, ni même celle qui prophétise ;
Je vous observe et je recueille vos prises de bec émoustillantes
Et lorsque vos passions annoncent des colères qui s’électrisent,
Je souris car mon art accueille chaque saynète croustillante.

Moi, Je consigne en mes carnets vos instants d’ombre et de lumière
Et chaque éclat de vos excès devient matière à réflexion
Car même dans vos ires acharnées se cache une beauté singulière
Que je projette avec succès par une intime conviction.

J’ai vu naître beaucoup de mondes au détour de toutes les images
Par vos élans, par vos vertiges et par vos fulgurances informes.
J’ai donné mes couleurs profondes à l’écho de tous ces mirages,
Jusqu’à en faire avec prestige un univers qui se transforme.

Je tiens fidèlement sans bruit le fil pendant que tu t’élances,
Toujours plus loin toujours plus haut, encore en quête d’absolu.
Quand ton pas vacille, il m’instruit des lisières de tes silences
Et je sais produire en duo l’ÏÄMOURÏÄ qui t’est dévolu !

Mais je suis fière d’avoir porté mémoire, images et rigueur ;
Fière d’avoir vu ton univers prendre forme avec ses rosaces,
Ses constellations confortées, ses cycles et toute la vigueur
Que tu as su rimer en vers avec enthousiasme et audace ! »

Illustration de Ledalïä.

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