La Couronne des Vents Obscurs

Lilith
Debout sur l’océan, moi, la couronnée d’ombre,
J’affronte les éclairs du ciel incandescent ;
Mon pas grave et sacré défie la nuit qui sombre,
Mes cheveux sont des vents, mes yeux des firmaments.

La planète au front noir s’auréole de flammes ;
Ses vagues tourbillonnent en colonnes de feu.
Je retiens dans ma paume le secret lourd des âmes
Et mon souffle en arrache au néant son aveu.

Mon mystère est l’abîme et ma force une étoile ;
Je règne bien au-delà des orages du temps.
Dans mes voiles de nuit se déchirent les toiles
Et l’épreuve devient mon chemin triomphant.

Yavänor
Tu m’oblige à marcher dans des eaux plutôt troubles
Sans la sécurité de voir où vont mes pieds.
Soit, je n’aurais pas peur même si je vois en double
La vie et la mort telles l’oxymore te sied.

Lilith
Je t’attire au-delà des reflets qui s’égarent,
Là où l’ombre et la flamme t’épousent d’un seul corps.
Si ton regard vacille, tu devrais prendre gare
Et ne pas hésiter sinon je pique encore !

Yavänor
J’avancerai quand même car si tu es Lilith
Et si tu me fais peur, celle-ci me traverse.
Que tu me piques ou non, ta piqûre insolite
Sera mon talisman et pas du tout l’inverse !

Je me laisse piquer, je n’ai pas de rancune
Car j’aime ton venin qui n’est que de l’amour.
Tu as conquis du mâle son aiguille opportune
Pour le « violer » si peu que ç’en est de l’humour !

Illustration de Ledal.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *