Cristïäs de Thestias

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Les êtres en métal orichalque seraient nés au cœur des étoiles
Ce qui explique leur peau gravée de lames de feux discordants.
Lïlïth s’en est moulé un calque que ses doigts aveugles dévoilent
Quand elle a envie de braver ses souvenirs les plus ardents.

Cristïäs de Thestias n’a connu de Lïlïth que ce qu’on racontait
Lorsqu’il vivait en Atlantide avant qu’elle soit engloutie.
Alors parti pour l’inconnu du cosmos où il escomptait
Bâtir de nouvelles cités splendides, son vaisseau n’a pas abouti.

Il s’est retrouvé sur Thestias, une planète très montagneuse
Où il n’a pas su s’adapter malgré son métal malléable.
Très solitaire, de guerre lasse, loin de l’atmosphère dédaigneuse,
Sous l’arche de la Voie Lactée, il est devenu liquéfiable.

Il a couru dans les torrents, lui prêtant ses reflets vermeils ;
Il a vécu dans les lacs verts dans d’étranges habitations.
De nuit, il sortait arborant un corps brillant comme le soleil
Mais retournait sous le couvert à l’aube pour ses méditations.

De temps en temps, il retournait dans les villes où il était sourd ;
Il savait se faire comprendre mais sans rien entendre de leurs dires.
Et bien souvent il ajournait ses rondes à la tombée du jour
Tout en prenant le soin d’apprendre ce que, seul, qu’il n’aurait su prédire.

Comme l’arrivée inopinée d’un vaisseau tout semblable au sien,
Pas tout à fait exactement mais de structure compatible.
Il su se faire nominer lors d’un congrès dialecticien
Vêtu plutôt fantasquement du plus beau métal conductible.

Il s’enfonça parmi la foule guettant l’accent compatriote
Ou des langages plus accessibles que le dialecte thestiassien.
Malgré les groupes qui le refoulent, il voit l’étole qui emmaillote
L’épaule mais… est-ce possible ? Ce drap est de quelqu’un des siens…

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Illustrations de Ledalïä.

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