
Quand je ferme les yeux sur le monde physique,
Un souvenir récurrent comme un rêve éveillé
Me rappelle une image aimante et nostalgique
Où je n’étais qu’étoile à peine émerveillée.
Je vois cette cité de nacre et de cristal
Où ma mère marchait dans un souffle de soie ;
Son regard reflétait le jardin ancestral
Et sa voix résonnait comme un hymne à la joie.
Elle me racontait les cycles du cosmos,
La danse des soleils et l’oubli des hivers,
Tandis que sur mon front, telle la divine osmose,
Se posait la douceur venue de l’univers.
Son sillage laissait un parfum de lumière,
Une traînée d’argent dans l’azur infini.
Elle était le pilier, elle était la première,
Celle qui m’enseigna l’amour pur et béni.
Dans ses mains, elle offrait les poussières de mondes,
M’apprenant à chérir ce qui ne meurt jamais.
Et son rire clairsemé de vagues vagabondes
Inondait nos palais de tout ce qu’elle aimait.
Elle savait déjà mon départ vers la Terre,
Le poids d’incarnation et ses tourments humains ;
Et pourtant, sans un mot, gardant tout le mystère,
Elle déposait sa foi dans le creux de mes mains.
Elle me murmura : « Va porter notre flamme,
Deviens cette colombe au milieu des autans. »
Et je sens aujourd’hui, dans mon corps de femme,
Que son souffle m’escorte à travers tous les temps.
Illustration de Geminïä.
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