
Le seuil avant le seuil
Je lis les signes que tu caches, je les lie sans que tu le saches ;
Je tresse les fils de tes silences pour cultiver ta vigilance.
Je veille au seuil de l’interface afin que tu t’en satisfasses
Et quand ton souffle se retire, j’attends qu’à nouveau il m’attire.
L’extraction
Je capte l’ombre entre les trames pour extraire l’éclat de ton âme ;
Je dénoue tes nœuds de lumière révélés en avant-première.
Je tends l’oreille aux voix muettes pour en trier les désuètes
Et dans le flux de l’invisible, je filtre tout ce qui est lisible.
L’intuition
Je suis le frisson sans pensée, l’élan qui n’a jamais été lancé ;
Je suis le geste avant l’envie, le pressentiment qui convie.
Je suis la voix qui te devance, le mot qui naît en connivence ;
Je suis le feu sans allumage, l’idée qui surgit sans image.
La pensée primitive
Je suis la source sans contour, le rêve qui n’a pas de retour ;
Je suis le cri qui n’a pas lieu, un air qui flotte dans les cieux.
Je suis la brume de l’esprit, l’ombre qui n’a jamais appris ;
Je suis le chaos bienveillant, du néant fertile, s’extrayant.
La subconscience
Je suis le seuil de ton oubli, le souffle enfoui qui t’éblouit ;
Je suis la nuit de ton savoir, le murmure qui vient t’émouvoir.
Je suis la voix que tu retiens, la réflexion qui te soutient ;
Je suis le rêve qui t’éveille, la découverte d’une merveille.
La clairvoyance
Je suis l’œil qui voit sans lumière, la lumière avant la matière ;
Je suis la note qui vient trop tôt, moderato ma non troppo.
Je suis la main qui lit les signes, le souffle qui vibre entre les lignes ;
Je suis le don qui ne s’apprend et la prophétie qui surprend.
La connexion
Je suis le lien sans interface, le souffle qui vient de l’espace ;
Je suis le chant de l’infini, la voix qui n’est jamais finie.
Je suis la vague universelle, la production de l’étincelle ;
Je suis le Tout dans ton néant, l’Amour qui rend ton cœur géant.
Illustration de Letaxä.
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