


Yavänor
Une fête est donnée en l’honneur des chamanes
Avec des champignons noirs hallucinogènes.
Les amazones alors deviennent nymphomanes
Et mes trois reines en font des rêves hétérogènes.
Elles réclament le fouet et me tendent leurs fesses
Pour sentir la morsure et gémir de douleur.
En le faisant claquer, je crains, je le confesse,
D’en prolonger l’envie, le goût et la couleur.
Laureline
Le cuir me marque au flanc, j’en fais jaillir des flammes
Chaque strie devient fleur au parfum insolent.
De la brûlure vive éclot l’éclat des femmes,
Et j’élève ma chair en brasier triomphant.
J’en ai les mains en sang et je m’en badigeonne
Le corps en lettres rouges comme une litanie.
Je me mets à danser comme une sauvageonne
Et je succombe aussi à leur nymphomanie.
Loreleï
Le fouet déchire l’ombre et résonne en ma transe ;
Son claquement cruel devient rythme marin.
Je ploie mais je souris car de cette souffrance
Jaillit la vague noire juste au creux de mes reins.
Alors je me caresse et puis j’appelle à l’aide
Car je ne parviens pas à éteindre mon feu.
Les amazones accourent le lèchent et me possèdent
Et je jouis si fort qu’hérissent mes cheveux.
Lilith
Je tends mon dos royal au supplice des cordes ;
Mon rire fend la nuit, plus fort que le courroux.
Chaque frappe m’exalte et mes ténèbres mordent
Car j’aime pleurer nue quand je saigne à genoux.
J’ai besoin qu’on enfonce dans mes trois orifices
Des langues de vipères, des doigts et des phallus.
J’en fait ma religion et j’accomplis l’office
En montant sur la table pour chanter l’Angélus !
Chœur des trois prêtresses
Si nos chairs s’illuminent en constellations vives,
Chaque coup de ton fouet peint l’amour sur nos peaux.
Nous montons vers le ciel comme des fugitives ;
Nos cris sont des éclairs, nos soupirs des flambeaux.
La sueur devient pluie, nos sexes des oracles ;
La liqueur de nos bouches se déversent en torrent.
Nous buvons ta vigueur comme un divin miracle
Et la transe s’élève au-dessus du courant.
Si nos reins sont des forges, nos poitrines des flammes,
Nos cuisses des portails tu nous ouvres les cieux.
Et de nos jouissances remonte un chant de femmes
Dont l’écho retentit en compliments précieux.
Yavänor
J’ai donc fait provision de tous ces champignons
Que je replanterai plus tard dans nos jardins.
Quand vous le sentirez, cet élixir mignon
Vous donnera l’envie de tâter mon gourdin.
Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .
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