
Yavänor
Depuis longtemps déjà tu guettes le moment qui t’est consacré ;
La Fornicatrice lunaire va exiger son protocole.
Je tiens bien dressée ma baguette, prête à ton office sacré
Par de subtils préliminaires qui font honneur à ton école.
Loreleï
Mes cuisses s’ouvrent en marées sombres où se jettent déjà tes désirs ;
Mon ventre appelle ta morsure, l’oracle ardent de tes mystères.
Lilith se réveille dans l’ombre avec un torrent de plaisir ;
J’écarte grand mes commissures pour te mordre jusqu’aux molaires.
Ton sexe enfonce sa puissance au fond de mes gouffres marins
Et je deviens ta proie sacrée, ton animal offert aux flammes.
Chaque assaut brise mes défenses et me tord au plus creux des reins ;
Je hurle, aimée et consacrée par l’extase au secret des femmes.
Mes seins gonflés sont turgescents, j’offre mes perles à tes dents ;
Ton souffle embrasé me ravage, j’étouffe en mes râles lubriques.
Lilith hurle : « À feu et à sang ! Rends-lui sa sève en mords ardents ! »
Je deviens louve au cri sauvage, ivresse aux transes idolâtriques.
Tes mains de fer serrent mes hanches, mes fesses ploient sous ton ardeur
Et ton épée de chair m’entrouvre comme un lys au cœur de la nuit.
Je sens mon âme qui s’épanche, noyée de jouissances en pleurs
Et mes convulsions se découvrent en éclairs d’orage et de pluie.
Enfin je cède, corps inondé, mon fleuve éclate en ton abîme ;
La mer entière se répand dans l’extase de ton ânanda.
Je suis ta reine furibondée, ta sirène offerte au sublime ;
Lilith m’habite et me suspend au sortilège du nirvâna.
Ainsi je tombe et je me dresse au seuil des gouffres sensoriels ;
Ton nom s’inscrit dans mes abîmes, il est le sceau de ma couronne.
Lilith, gorge repue, m’adresse son trop-plein d’éclats tensoriels
Et mon amour, fleuve sublime, déborde de progestérone.
Illustration de Luis Royo.
Laisser un commentaire