
La gentille nounou des poissons se trouve dans son élément
Quand le matin elle ravitaille les poissons des gens en vacances.
Elle part faire sa moisson de toutes sortes d’aliments
Flocons et sticks selon leurs tailles et granulés en conséquence.
Petite particularité : sa mère étant une sirène
Elle les nourrit toute nue, rapport à l’aquarium géant
Qu’un vieux loup d’mer a hérité de son extravagante reine
Qui dévorait le contenu des grands viviers de l’océan.
Mais la douce enfant de la mer, quand elle penche son front tranquille,
Entend parfois un long appel qui vient vibrer dans les écailles.
Un chœur ancien mais doux-amer monte en remuant les eaux subtiles
Et fait frissonner la pucelle du fond des bulles qui rouscaillent.
Alors, d’un geste suspendu, elle croit revoir son héritage ;
Des algues d’or, un ciel liquide, la grande houle aux reins profonds.
Et même si ses jambes perdues restent captives de son rivage,
Elle garde en elle, translucide, un océan et ses tréfonds.
Et quand revient le soir docile, qu’elle referme la maisonnée,
Les poissons tournent en pédalier et dansent en guise d’alarme.
Car dans ce monde trop fragile où tout s’efface sans raisonner,
La nounou, douce et déliée, leur sert d’horizon… et de charme.
Tableau d’Amy Crehore.
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