
Ah ! Si vous l’aviez vue cet été, presque nue en robe légère,
Comme moi vous seriez tombé sous le charme de cette minaudière.
Si vous aviez vu ses tétés vous darder d’un air de mégère
Vous auriez aussi succombé à son panache subsidiaire.
Si vous la voyez cet automne, parée des couleurs de saison,
Vous aurez envie de croquer ses fruits mûris mais défendus.
Mais d’elle plus rien ne m’étonne ; entre le cœur et la raison,
Elle adore me provoquer avec ses corsages tendus.
J’attends de la voir en hiver… Deviendra-t-elle froide et austère ?
Il faudra que beaucoup de neige fonde et s’écoule sous les ponts…
J’attends le moindre fait d’hiver en rapport avec ses mystères
Pour vous raconter ses manèges et ses artifices fripons.
Quand reviendra le clair avril, elle renaîtra printanière,
Les bras remplis d’un champ subtil où s’égarent les primevères.
Je l’y suivrai, cœur indocile, ivre de sève et de poussière,
Pour célébrer l’aube fertile du renouveau de la lumière.
Tableau de Peder Mørk Mønsted.
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