L’heure du thé pour la sirène sonne pour le matelot hardi
Attiré par la voix sifflante de sa bouilloire sous pression.
Celui hélas dont la carène croise ses eaux ragaillardies,
Périra d’une époustouflante infusion de dépossession.
C’est vers cinq heures en mer de Chine – mais pas sur le plancher des vaches –
Qu’elle déguste un florilège d’exceptionnels thés au jasmin.
Le marin que rien ne rechigne, ravale son air de bravache
Avec le dernier privilège qu’elle accorde à son genre humain.
Le thé servi par la sirène est tellement chaud qu’il s’évapore
En petites bulles d’oxygène si agréable à respirer !
Pris d’une fatigue sereine, il dort tandis qu’elle lui dévore
La peau, les os, le collagène jusqu’au dernier souffle expiré.
Tableau de Catrin Welz-Stein.
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