Étiquette : Anniversaire

Anniversaire des poèmes écrits au fil des années au quantième du jour

  • Marianne désabusée

    L’un de ces matins, fatiguée, sur les marches de l’Élysée,
    Marianne tentera de séduire un beau garde républicain,
    Au bel uniforme astiqué, dévoué et fidélisé
    Très enclin à se reproduire hors du contexte américain.

    Car Marianne est harassée par la pression de l’Amérique,
    Car Marianne est étouffée par l’oppression du roitelet,
    Car Marianne est terrassée par les décisions homériques
    De ses ministres qui ont tout fait avant de la voir chanceler.

    Doit-elle attendre les élections ou doit-elle partir pour de bon
    Avant que l’autre ne bafouille : « Chérie ne me qui-quitte pas ! » ?
    Doit-elle attendre une érection de ce gros morceau de jambon
    Dont les efforts partent en quenouille à force de mea-culpa.

    Tableau d’Audrey Kawasaki.

  • Suivez mes chiens !

    La chasse à courre à l’Élysée
    Reste un service réservé
    À une élite dont les chevilles
    Lui permettront de courir vite.

    Les ébats sont télévisés
    Entre une Marianne préservée
    Et des élus qui s’égosillent
    Dans un marasme qui s’invite.

    Car Marianne est très à cheval
    Sur l’aspect de la séduction
    Et ne s’offrira qu’au vainqueur
    Dont tous les coups lui sont permis.

    Dans la campagne qu’elle dévale
    Elle maintient en addiction
    Tous les candidats qui, en chœur,
    Vocifèrent en frères ennemis.

    Quand le jour de la chasse arrive.
    Marianne nue, immaculée,
    Montre son cul comme Fanny
    Et – ça y est ! – les chiens sont lâchés.

    Taïaut ! Tout part à la dérive
    Quand Marianne est acculée
    À se faire – quelle avanie ! –
    Baiser par un ours mal léché.

    Tableau de Maximilian Liebenwein sur https://slavikap.livejournal.com/17437112.html .

  • Quand ça fond, fond, fond !

    La nuit du quatorze février, nuit la plus chaude par excellence,
    Valentine passe sa journée à évacuer toute sa chaleur.
    Le soir, déjà tout enfiévrée, au mépris de toute indécence,
    Elle commence sa tournée des grands ducs les plus cavaleurs.

    Comme elle veut battre le record du nombre de copulations,
    Elle enchaîne les soupirants qui font la queue impatiemment.
    Elle se donne de tout son corps à toute une population
    Venue l’aider en espérant tirer son coup indolemment.

    À minuit c’est l’heure des comptes et Valentine a bien gagné
    Le titre de Fornicatrice, la plus grande de tous les temps.
    Dans certains night-clubs, on raconte qu’elle y vient nue, accompagnée
    D’une gorille intimidatrice pour chasser les incompétents.

    Tableau de Timo Kähara sur https://timokahara.com/portrait-drawings .

  • Valentine au soleil

    À la Saint-Valentin, débute le printemps
    Car les graines d’amour commencent à germer.
    Et déjà le soleil rayonne à chaque instant
    Pour réveiller les œufs qui sont encore fermés.

    Quand l’amour a frappé, le cœur irréversible
    Se met à bourgeonner d’envies et de projets.
    Les caprices marcottent de désirs impossibles
    Qui pourtant réussissent car rien n’est abrogé.

    Rendez-vous l’an prochain, à la Saint-Valentin,
    Vous verrez la récolte de nos fruits de l’amour.
    Des filles aux joues roses et leurs rires enfantins ;
    Des garçons pleins de fougue et du sens de l’humour.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Enfin seuls !

    Finis déguisements idiots, fausse barbe et fausse bedaine !
    Adieu, vieux traîneau obsolète, rennes de bois, maintes clochettes !
    Bonjour les bienfaits primordiaux de trois-cent-dix jours de fredaine
    À galoper sur la sellette à la croupe de ma bichette !

    Le Père Noël n’existe plus pour les onze mois de l’année
    Et je redeviens Petit Prince, je vous le dis en vérité.
    Si ma visite vous a plu en passant par la cheminée,
    Souffrez que maintenant j’en pince pour des vacances bien méritées !

    Pour vos prochains bons de commande, envoyez en poste restante
    Vos désirs pour l’année prochaine adressés à Marie Licorne.
    Car ma chérie, à ma demande, sera ma précieuse assistante
    Pour dépouiller à la douzaine tous vos courriers d’un coup de corne.

    Illustration de Lisa Aisato sur https://www.aisato.no/andre-illustrasjoner

  • L’école des voyeurs

    Pour appâter l’œil des voyeurs que j’élève dans mon atelier,
    Je dois leur fournir des modèles, principalement des femmes nues.
    Auprès des meilleurs pourvoyeurs de la fine fleur des bordeliers,
    J’obtiens les meilleures donzelles dodues, callipyges et charnues.

    « Petits, petits, les apprentis ! Ouvrez grand vos yeux impudiques !
    Goûtez ces formes appétissantes, buvez dans la courbe du tendre ! »
    La nourriture est garantie naturelle et biologique,
    Conciliante et obéissante envers ce que l’on peut attendre.

    Vous cherchez un travail facile ? Bien rémunéré, sans fatigue ?
    Il n’y a rien d’illégitime à montrer votre plasticité !
    Nourrir l’œil n’est pas difficile envers celui qui investigue ;
    Exposez vos parties intimes et vous serez plébiscitées !

    Maryam Motamedi Masoudieh devant le tableau « L’artiste et son école » de Franz Nolken

  • Ciel intemporel

    Qui de la Terre ou bien du Ciel exerce-t-il son plus bel art ?
    La Terre féminine enfante ce que le Soleil lui engendre.
    Comme si le geste essentiel du dessin suivait un scénar
    Écrit par la vie qui enchante de tout son talent à revendre.

    Quel enthousiasme au crépuscule quand le soleil salue le monde
    Sous les applaudissements dorés de la nature rougeoyante !
    Puis, au moment où il bascule, à la toute dernière seconde,
    Un rayon vert sur les forêts, ultime ovation chatoyante.

    Tableau de Leo Gestel

  • À rayer de vos listes

    J’ai retrouvé ce vieux carnet de toutes mes conquêtes incarnées
    Avec ses rayures et ses coches au grenier dans un vide-poches.
    Quelques photos un peu jaunies qui ne m’ont pas très rajeuni
    Et en postface évocatrice, leurs propres notes réprobatrices.

    Nos désirs font interférence mais après tout, quelle différence ?
    L’homme serait-il dépareillé à voir sa femme ainsi rayée ?
    Les rayons aux cuisses fessues et l’ombre bras-dessus bras-dessous
    Forment un érotisme subtil sur les courbes les plus ductiles.

    Photo de Feri Lukas

  • Bleu et or

    J’ai quitté les tons rouge-et-or pour des tons lapis-lazuli
    Avec des vagues bleu-marine pour atténuer mes douleurs,
    Expédié comme un météore les moindres petits stimuli
    Qui provoque un jet d’azurine et fait ressortir ses couleurs.

    Et puis, le rêve disparaît dans un halo fantomatique
    Et le bleu quitte, comme à regret, la couleur dorée dominante.
    Alors peu à peu, m’apparaît, parmi les limbes chromatiques,
    Une âme que mon cœur agrée et qui deviendra mon amante.

    Tableaux d’Angela Betta Casale sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/10/angela-betta-casale-1954-torino-italy.html

  • Les ondes valentines

    Toutes les femmes me rappellent mes souvenirs d’avant la vie,
    Avant que je devienne un homme, avant de prendre un corps de chair.
    Et si les femmes m’interpellent, si leur présence me ravit,
    Je n’y vois là que le symptôme de mes principes les plus chers.

    Sans cesse leurs courbes m’évoquent des rayonnements magnétiques,
    Des interférences d’amour entre les plis de ma mémoire.
    La raison la plus équivoque qui guide mes rimes érotiques,
    Apparaît clair comme le jour parmi mes reflets vers qui moirent.

    Tableaux d’Egor Ostrov ; Facebook a censuré le deuxième tableau a sa parution.

  • Monsieur et Madame de l’Abondance

    Tandis que Monsieur thésaurise, économisant chaque centime,
    Madame, elle, dilapide toute sa vie en abondance.
    Tandis que Monsieur mémorise ses entremises les plus intimes,
    Madame, d’un geste rapide, dispense avec force et outrance.

    Que croyez-vous qu’il arriva quand vint le temps des intérêts ?
    Monsieur dût rembourser le prêt que sa vie avait emprunté ;
    Madame fut tout empourprée d’en jouir avec volupté.
    Et tout ce qui en dériva, c’est qu’ils durent coopérer.

    Tableaux de Yana Fefelova

  • La ballade de Valentin & Valentine

    Au moyen d’un piètre escalier qu’elle devait escalader
    Valentine aimait écouter Valentin qui jouait du violon.
    Elle s’allongeait sur le palier et lui, aimait la balader
    Sur des airs, vous vous en doutez, accordés au La d’Apollon.

    Dès qu’ils purent se marier, ils partirent, prédisposés
    À profiter de leurs promesses à voyager en sac-à-dos.
    Ils dormirent désappariés à cause des lits superposés
    Car les auberges de jeunesse, c’est pas toujours l’Eldorado !

    Pour agrémenter le retour, ils achetèrent une voiture
    À un gars qui baragouinait que c’était une Torpédo.
    Comme ils faisaient souvent l’amour, ils ont compté leurs courbatures
    Dues à leurs sièges qui couinaient au rythme de leur libido.

    Tableaux de Zurab Martiashvili

  • Les couloirs de l’âme

    Les couloirs de l’âme

    Lorsque je pense au labyrinthe des couloirs qu’emprunte mon âme
    Où chaque mur a des oreilles et dont les yeux pointent aux fenêtres,
    Mon troisième œil piste l’empreinte révélée par mon cœur en flammes
    Qui ressent l’amour sans pareil de mes aïeux qui m’ont vu naître.

    Tableau de Remedios Varo.

  • L’ADN de l’âme

    L’ADN de l’âme

    « Désoxyribonucléique », ça rime comme une mosaïque
    D’âmes qui formeraient une chaîne dont le message se renouvelle
    À chaque formule magique que deux amants biologiques
    Tricoteraient avec leurs gènes pour s’mettre du plomb dans la cervelle.

    Tableau de Autumn Skye Morrison.

  • Le verseau en question

    Le verseau en question

    Afin de donner du piment à ses aventures amoureuses,
    Monsieur Verseau doit inventer tout ce qui casse la routine.
    Sinon fondront les sentiments dans une ronde langoureuse
    Que seule une épouse enfantée égayera à coups de tétines.

    Elle recherche évidemment comment exciter leurs amours
    Car, après la Saint-Valentin, il leur reste encore quelques nuits
    Pour s’affectionner galamment en s’entraînant au jour le jour
    Au son d’un tango argentin à faire valser leurs ennuis.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • Les yeux de la voyante

    Les yeux de la voyante

    Quand je veux savoir l’avenir, je vais observer la voyante
    Pour plonger au fond de ses yeux comme une boule de cristal.
    Ça me permet de voir venir les peines de cœur larmoyantes
    Ou bien les moments merveilleux lorsqu’elle a le don génital.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le petit cœur de Valentine

    Le petit cœur de Valentine

    Qu’il était beau, le petit cœur de Valentine cette nuit !
    Il en a carrément scié les barreaux épais de mon lit !
    L’amour distille une liqueur qui vous expulse de l’ennui
    Pour vous faire bénéficier des soubresauts de wagon-lit.

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  • Le cœur à l’orange

    Le cœur à l’orange

    Ceux qui ont le cœur à l’orange après Saint-Valentin sonnée,
    Laisseront la clef sur la porte sinon ils risquent d’oublier
    Que c’est Valentine qui range les fruits des amours moissonnés
    Qu’il faudra que le vent emporte pour, dans neuf mois, les publier.

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  • Die Rückkehr der Möwe

    Weit hinter mir habe ich die Erinnerung an die Möwen gelassen,
    Diese Vögel weiss wie Schnee mit ihrem schrillenden Schrei an einem Lachen ähnlich.
    Hier denke ich an sie, im Laufe des Winters, wenn ich das weiße Mantel betrachte
    Die Schneeflocken tanzend im Kreis um nach und nach alles zu bedecken.

    Dann projektiere ich die Wellen, welche meine Gedanken wiegen
    Auf diesem strahlend weissen Bildschirm und lösche den Flut meines Geistes.
    Und das Herz langsam wandert, wie eine kompensierte Sehnsucht
    sieht den Vogel wie in einem Film, hört seine Stimme, sein Schrei.

    Ich weiß nicht mehr wo meine Visionen stehen,
    Aber ich fühle mich verbunden, als ob ich noch dort war.
    Nur diese ungeschickter Text der mich an die Sammlung dieser Bilder
    aus der Vergangenheit entrissen, erinnert, und an meinem Körper kleben.

    Bild von Fabienne Barbier

  • Le retour du goéland

    Le retour du goéland

    J’ai laissé loin derrière moi le souvenir des goélands,
    Ces oiseaux blancs comme la neige aux cris stridents comme des rires.
    J’y pense ici, au fil des mois, en regardant le manteau blanc
    Des flocons faisant leur manège pour, peu à peu, tout recouvrir.

    Alors je projette les vagues berçant le flux de mes pensées
    Sur cet écran immaculé et j’éteins le flux de l’esprit.
    Et le cœur lentement divague, puis comme un regret compensé,
    Revoit l’oiseau pelliculé, entend sa voix, entend son cri.

    Je ne sais plus où est l’endroit où bien l’envers de mes visions,
    Mais je m’y ressens attaché comme si j’y étais encore.
    Juste ce texte maladroit qui me rappelle la provision
    De ces images arrachées au passé qui me colle au corps.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Contre la morosité

    Contre la morosité

    Trempant dans l’encre grenadine, j’ai écrit à répétition
    Des histoires à l’eau de rose disant « Te quiero, mi amor ! »
    J’étais avec ma Valentine à bousculer les traditions
    Contre ce monde noir et morose qui ne parlait que de la mort.

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  • Les lendemains de Saint-Valentin

    Les lendemains de Saint-Valentin

    On reconnaît les lendemains de la Saint-Valentin au rose
    Que la nature a répandu sur l’ensemble de sa garde-robe.
    Il n’y a pas quatre chemins qu’on puisse emprunter, l’air morose,
    Lorsque le cœur a répondu et que la raison se dérobe.

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  • Le chemin du sablier

    Le chemin du sablier

    Laissons les jours oubliés, laissons le passé jauni,
    Changeons pour un renouveau, pour un printemps d’espérances.
    Le chemin du sablier, d’un côté nous rajeunit
    Et, de l’autre, met à niveau tous nos printemps d’expériences.

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  • L’heure bleue

    L’heure bleue

    L’heure bleue, mes douleurs s’écoulent ;
    L’heure bleue, dans un camaïeu.
    Peu à peu les couleurs découlent
    Dans les eaux aux flots écailleux.

    L’heure bleue, aux reflets d’argent ;
    L’heure bleue, ce soir sous la lune.
    Lentement, je vais partageant
    Chez Pierrot, mon encre et ma plume.

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  • Riches de temps

    Riches de temps

    J’aime laisser passer le temps qui file si complaisant ;
    J’aime gaspiller ces instants qui se vivent au présent.
    Je sais le prendre pourtant pour quelque échange plaisant ;
    Car vivre à contretemps est pour moi omniprésent.

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  • Lundi, mon amour

    Lundi, mon amour

    Lundi est comme un reflet de mes semaines passées
    Si je veux gagner du temps, si je veux tuer le temps.
    Un jour mon cœur m’a soufflé que tout ça, c’est dépassé
    Et que le plus important c’est d’être là chaque instant.

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  • À chaque saison son chat

    À chaque saison son chat

    À chaque saison son chat pour bien traverser l’année
    Couleurs de feu pour chanter, couleurs de ciel pour danser.
    Tracer des entrechats avec ces quatre minets,
    C’est l’humeur enchantée en douze mois condensés.

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  • Les moutons du temps

    Les moutons du temps

    Les moutons de nos jours frisent le ridicule
    À craindre docilement le passage du temps.
    Ça chauffera toujours pour leur cher matricule.
    Si, imbécilement, ils attendent longtemps.

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  • Fleurs de lune

    Fleurs de lune

    Pierres de lune dans les racines, rosée fraîche du matin,
    Tous les ingrédients sont là pour voir éclore les fleurs.
    Ces si jolies fleurs de lune aux pétales de satin
    Qui font rêver les artistes et respirer les souffleurs.

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  • La grande évasion

    La grande évasion

    Évadez-vous tous en cœur ! Faites des nœuds aux chemises !
    Ouvrez la porte au bonheur et changez votre atmosphère !
    Suivez le vol des oiseaux car c’est par leur entremise
    Que s’ouvrira le chemin vers une nouvelle Terre !

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  • Histoires de cigognes

    Histoires de cigognes

    Quand deux cigognes se croisent au retour des livraisons,
    Elles se racontent comment se présentaient leurs lardons.
    « Le mien était potelé et pesait plus que de raison ! »
    « La mienne criait d’une voix stridente, c’était pire qu’un chardon ! »

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  • Le colibri dans la tempête

    Le colibri dans la tempête

    Quand la tempête se lève, menaçant le frêle oiseau,
    Celui-ci n’en a que faire et prend l’air écornifleur.
    « Connaissez-vous cette histoire, celle du chêne et du roseau ? »
    « Ta puissance n’est que du vent, moi j’étreins le cœur des fleurs.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Butiner ou voler

    Butiner ou voler

    Nos deux commères abeilles faisaient la tournée des bars
    Et butinaient le nectar à s’en péter l’abdomen.
    Après avoir picolé et raconté des bobards,
    Elles en perdirent leur ruche et s’écartèrent du domaine.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mes lettres-nature-mortes

    Mes lettres-nature-mortes

    Toutes ces invitations, que sont mes natures mortes,
    Voient l’appel à partager au-delà de la peinture.
    Voyez ce cadre parfait qui scelle comme une porte
    Le message recelé dans l’ultime fermeture.

    Tous mes récipients renferment mon nectar le plus intime.
    Oserez-vous y goûter ? Risquerez-vous d’accepter ?
    Mon breuvage est un poison qui vous fera ma victime,
    Mais aussi un antidote qu’il faudra intercepter.

    On prétend que mes images sont de parfaites inepties,
    Que leur créateur est fou ou frappé d’ignominie.
    Mais laissez-moi vous montrer qu’elles sont une asepsie
    Contre un mal que l’on vous fait croquer en catimini.

    Beaucoup d’autre ont refusé de rejoindre mes agapes.
    Ils m’accusent de malice et de vivre dans mes rêves.
    Souffrez que ces collations ne sont pas des chausse-trapes,
    Mais reflètent mes intuitions que je recueille sans trêve.

    Mes pensées contre nature ne resteront pas lettre morte ;
    Si elles sont décalées, c’est de l’homéopathie.
    Juste assez pour provoquer un réflexe en quelque sorte
    Pour réveiller votre aura, élever votre empathie.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le faucheur

    Le faucheur

    Il vous tranchera la vie au plus près de vos racines,
    Brandissant sa grande faux comme un sceptre d’agronome.
    Il vous scindera le cœur avec sa lame assassine
    De la précision glacée du funeste métronome.

    Mais c’est pour vous détacher de ces liens qui vous enserrent ;
    C’est pour mieux vous délivrer de ce que vous n’avez su faire.
    Lorsque l’heure est arrivée, il se fait votre émissaire
    Pour vous permettre d’oser de changer votre atmosphère.

    Je l’ai entendue siffler plusieurs fois dans cette vie,
    Tranchant chaque fois la part qui m’entrainait vers le bas.
    La blessure est douloureuse, difficile est le devis
    Lorsqu’il faut prendre commande et continuer le combat.

    Regardez-le aiguiser le fil ténu de sa lame
    Car il n’est pas immoral et ne cherche pas le mal.
    Il est juste l’instrument du plus profond de votre âme
    Qui décide quand il faut un jour préparer ses malles.

    C’est le passeur de votre âme, il faut bien le reconnaître
    Et le tranchant de sa lame est parfois bien nécessaire.
    Il faut mourir à la vie afin de pouvoir renaître
    Pour préparer le retour du prochain anniversaire.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Les cendres de décembre

    Les cendres de décembre

    Au solstice de l’hiver quand tout se pare de glace
    Et que les cristaux fleurissent comme des étoiles au vent,
    Je monte à la citadelle retrouver dans son palace
    Ma reine sur sa terrasse, préoccupée sous l’auvent.

    C’est une tâche difficile qu’être reine des amours
    Pendant le temps des frimas et des journées raccourcies.
    Heureusement qu’il y a les nuits bien plus courtes que les jours
    Qui permettent d’abriter les idylles endurcies.

    Les volutes de tendresse parées de mille couleurs
    Enchantent mon cœur de braise et le préservent du froid.
    Les spirales de caresses éliminent les douleurs
    Et complimentent mon corps qui abandonne ses effrois.

    Toutes ces gerbes ardentes, dans des coïts prolongés,
    Me réchauffent le sérum qui coule dans mes artères.
    Toutes les étreintes vives entre nos corps allongés
    Me prolongent l’énergie dont je suis héréditaire.

    C’est la saison des amours mortes pour ceux qui hibernent,
    Mais c’est celle qui consume mon cœur et mon corps de feu.
    Je suis le Phénix de l’hiver, j’allume les drapeaux en berne
    Et j’entretiens votre flamme pour la saison des adieux.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Fleurs de novembre

    Fleurs de novembre

    C’est à l’aube des jours tristes qu’il faut sortir de l’impasse
    Avant que les afflictions n’envahissent mon pays.
    C’est aux portes de l’hiver, avant que mon cœur trépasse
    Que je vais cueillir mes fleurs dans les champs de l’abbaye.

    Je commence par l’Aurore, cette fleur du Canada
    Qui pousse à longue distance et me met le cœur en transe.
    Puis je butine Carmen, celle qui me répond « nada ! »
    Quand je demande son prix en faisant des remontrances.

    Sous le soleil de midi, j’aime cueillir Dalila
    Et la baiser dans le foin avec le vent pour témoin.
    Mais c’est notamment Fabienne que je couche dans les Lilas
    Retroussant sa robe blanche, sans culotte néanmoins.

    Plus tard dans l’après-midi, j’effeuille la marguerite
    Avec la jolie Sophie en lui ôtant ses habits.
    Lorsque le soleil s’abaisse, rasant les toits des guérites,
    Je lui broute le minou tartiné de wasabi.

    Sous la cape de la nuit noire, je dépose enfin ma gerbe
    De toutes ces fleurs des champs devant un feu de cheminée.
    Quand leur peau est bien dorée, comme le dit le proverbe,
    Je leur fais mon plein d’amour, aux sexuelles graminées.

    Tableau de Fabienne Barbier