Étiquette : Anniversaire

Anniversaire des poèmes écrits au fil des années au quantième du jour

  • Ma chaumine embrumée

    Ma chaumine embrumée

    Quand je reviens dans ma chaumine,
    J’y fais un feu de cheminée.
    Toute la journée, je chemine
    Et j’ai les pieds parcheminés.

    Mais ce soir, plus tard, à la brume,
    Quand je retrouverai ma brune,
    J’aurai quitté toute amertume
    En faisant l’amour sous la lune.

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  • Faon-faon les tulipes

    Faon-faon les tulipes

    Depuis qu’ils ont grandi on les voit de partout !
    Ils sont bien moins farouches et sont curieux de tout !
    Petits conquistadors, ils sont passepartouts
    Mais la biche les surveille et puis le cerf, surtout !

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  • Les paysages de couleurs

    Les paysages de couleurs

    Dans ma boîte de paysages, j’ai déversé mes couleurs ;
    Un tube d’encre turquoise qui ressemble à de la brume,
    Avec quelques tons topaze pour donner de la chaleur,
    Un peu d’éclats de rubis pour poser un ciel d’écume.

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  • Squelettes échoués

    Squelettes échoués

    La mer garde ses secrets et ne les rend plus jamais
    Toutefois il est possible qu’elle rende une captive
    On voit alors s’échouer sur les plages du marais
    Le squelette d’une jonque qui fut loyale combattive.

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  • M’as-tu vu dans l’eau de là ?

    M’as-tu vu dans l’eau de là ?

    Regarde-moi dans ce tableau, tu m’y verras sans artifice !
    Regarde-moi dans mes écrits, tu m’y verras nu sans malice !
    Toutes ces bouteilles envoyées, tous mes envois, mes télégrammes,
    J’y suis dedans, dissimulé, tu m’y verras en hologramme !

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  • La main des arbres

    La main des arbres

    Arbres aux mains effilées, arbres aux doigts acérés
    Vous essayez d’attraper tous les rayons substantiels !
    Mais ils fuient loin de vos doigts et rejoignent tous serrés
    Le trou blanc qui s’est créé juste au pied de l’arc-en-ciel.

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  • Vénus contrariée

    Vénus contrariée

    Voilà, elle est fâchée et me tourne le dos.
    Elle a encore une fois trouvé mal à-propos
    Mes petits commentaires d’un aficionado
    Qui rabote les cœurs et en fait des copeaux.

    Troubadour dans les cœurs en recherche d’amour,
    En voulant le bonheur, je sème les malheurs.
    Je le savais déjà même avec de l’humour,
    Je n’ai fait que détruire nos précieuses valeurs.

    Je ne trouve pas les mots car je sens la souffrance ;
    Chaque fois que je rime ça rallume la flamme.
    Le désir quelquefois change les apparences
    Et le cœur qui dévie fait scandale à mon âme.

    Vénus, si tu m’entends, aies de la compassion !
    Tes tourments me transpercent et le cœur et l’esprit.
    J’en appelle à l’amour qui court dans la passion
    Où naquit l’amitié et mourut l’incompris.

    Nul besoin de pardon quand il n’y a pas d’offense.
    Tous nos conflits intimes n’en ont pas la substance.
    Toutefois je déplore d’abaisser tes défenses
    Et j’implore à ton cœur d’effacer la distance.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Éclats d’automne

    Éclats d’automne

    Toutes des feuilles mortes hier encore au soleil,
    Comme des amours mortes qui font leur dernier vol,
    Votre été se referme dans un demi-sommeil,
    Nul ne passe l’hiver d’une illusion frivole.

    Faut-il avoir souffert pour être aussi méchant ?
    Qui faut-il accuser du soleil ou la feuille ?
    Qui n’a jamais péché a le cœur asséchant
    Et mon âme n’est plus que regrets que j’effeuille.

    J’ai mis mon cœur flambant pareil à un soleil !
    Je pensais voir fleurir les plus belles ramures.
    Mais la vie est ainsi au pays des merveilles ;
    Ce qui nait meurt aussi, dure loi de la nature.

    Trouverai-je mes mots, trouverai-je mes vers ?
    Exprimer de l’amour devient aussi mortel !
    Donner de l’affection devient aussi pervers !
    Seul le mal que je sème demeure immortel.

    Prenez mes mots, ma mie et séchez bien vos larmes.
    Dans mon vent de folie j’ai semé la tempête.
    Toutes les feuilles meurent d’un dernier cri d’alarme ;
    J’ai joué l’apprenti de la poudre d’escampette.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La Fée Souvenirs

    La Fée Souvenirs

    Toute sa chevelure n’est rien qu’une écriture.
    J’ai écrit dans ses lignes combien de souvenirs ?
    J’ai caché dans les nœuds de sa littérature
    Toutes mes provisions pour les jours à venir.

    Au creux de son bustier, j’ai caché un dessin ;
    Un chemin vallonné comme en forme de cœur.
    C’est parce que j’ai besoin de penser à ses seins
    Pour leur goutte de lait d’une infinie douceur.

    J’ai appris à l’oiseau un message trivial :
    Dissimulé en morse dans ses picotements
    Qu’il produit de son bec sur le creux synovial
    De la main de ma fée dans un craquotement.

    Ne cherchez pas la suite, elle est dissimulée
    À l’encre sympathique du jus de citron.
    Et pour le décrypter et le manipuler,
    Placez-le sur la flamme d’un four à neutrons.

    Mais le plus beau message et le plus indiscret,
    C’est au fond de ses yeux caché dans ses iris.
    La pierre de rosette livrerait ses secrets
    Si sa bouche cousue n’était simulatrice.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Pêcheurs en fête !

    Pêcheurs en fête !

    Aujourd’hui les pêcheurs ont le cœur à la fête.
    Ils s’en vont célébrer les fruits de leurs racines.
    Chacun pense à la joie et chacun s’y apprête,
    Pas de pleurs ni chagrins, la gaieté les vaccine.

    Les enfants ont construits des grands radeaux dragons,
    Représentant la terre et toute sa lignée.
    Ce soir on les envoie flotter dans le lagon.
    On y mettra le feu quand ils seront alignés.

    Car le feu c’est le cœur des pêcheurs endurcis !
    Les dragons flamboyants en seront le symbole.
    Fils de la terre-mère ils lui diront « merci » !
    Et porteront un toast en levant leurs saints bols.

    Sous la voûte céleste, le saint père déploie
    Un grand décor bleu-nuit constellé des étoiles.
    C’est pour représenter l’écho de leurs exploits
    Et offrir les bienfaits que l’avenir dévoile.

    Regardez les visages auréolés de flamme !
    Tous les hommes et les femmes et tous leurs descendants
    Ont le cœur en délire et l’extase de l’âme
    Par ces feux de couleurs au pouvoir transcendant.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Les oiseaux de sagesse

    Les oiseaux de sagesse

    Les oiseaux nous enseignent leur solidarité
    Ils sont bien plus fidèles que nos amours brisés
    Toujours ils s’accompagnent en régularité
    Et ne font de calculs même pas algébrisés.

    Ils ne font ni promesse ni même engagement
    Ils n’ont pas le besoin d’écrire de contrat
    Ni la nécessité de quelque arrangement
    Ni profession de foi, ni l’usage de mantras.

    Pas besoin de futur quand on vit au présent
    Et leur seul patrimoine, il est dans la nature !
    Ils vivent le moment et sont omniprésents
    Toute leur vie durant n’est que villégiature.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La petite marchande marocaine

    La petite marchande marocaine

    La petite marchande, au sourire bien étrange,
    Me fixe dans les yeux d’un regard mystérieux.
    Qu’a-t-elle donc à me vendre ? Quelques belles oranges ?
    Ou a-t-elle compris qui est le plus curieux ?

    À la voir, là, assise j’imagine sa vie
    Au milieu de sa ferme perdue dans la campagne.
    Me voit-elle debout comme un preux chevalier
    Qui pourrait l’emmener au pays de cocagne ?

    Je voudrais qu’elle me vende les plus beaux souvenirs,
    Mais ce serait prétendre au bonheur acheté.
    Comment croire une vie de plaisirs à venir
    S’ils ont une valeur souillée et cachetée ?

    Les gens croient au bonheur d’un billet de loterie.
    Ils pensent que le plaisir dépend juste d’un gros lot.
    Pourtant quand je regarde cette ferblanterie,
    Je vois bien que mes mots n’agitent que les grelots.

    Ma petite marchande a cueilli tous ses fruits,
    Tous gorgés de soleil et pétris de ses mains.
    Elle cherche simplement à les vendre à autrui
    Contre deux ou trois pièces pour subsister demain.

    Tableau de Fabienne Barbier