Catégorie : Reflets Vers inédits

Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.

  • Les robes couleurs du temps

    Une robe couleur du temps qui passe entre chaque saison ;
    Couleur du jour, couleur de nuit, tissée des heures et des secondes.
    Une robe à chaque printemps pour toutes sortes de raisons
    Qui ne vieillirait que d’ennui mais qui ferait tourner le monde.

    Une robe couleur du temps selon la météorologie ;
    Couleur de pluie, couleur de vent, que jamais ne pourrait découdre.
    Une robe aux cœurs débutants qui fleurissent dans les logis
    Et que l’on ôterait souvent durant les nuits de coups de foudre.

    Tableaux de Duy Huynh.

  • La boîte du temps doré

    La boîte du temps doré

    Bien sûr, je transporte mon coffre qui contient tous mes souvenirs
    Bien sûr, ils datent d’une époque d’avant ce siècle à rebrousse-poil.
    Ces petits vers que je vous offre et qui s’envolent vers l’avenir
    Trouveront peut-être leurs réciproques ou rejoindront les cœurs d’étoiles.

    Tableau de Duy Huynh.

  • L’évasion des pensées intimes

    L’évasion des pensées intimes

    Toutes mes pensées qui galopent et qui tournent à ressasser
    Par une force centrifuge voudraient goûter leur puberté.
    Mais dans l’inconnu interlope qu’elles devront outrepasser
    Trouveront-elles le refuge pour s’exprimer en liberté ?

    Tableau de Duy Huynh.

  • La forêt secrète

    La forêt secrète

    Forêt auguste et silencieuse, je sais ta végétalité.
    Muette, discrète et secrète, tu m’observes à travers le temps.
    De mes racines prétentieuses qui font mon animalité,
    Tu t’en moques car tu sécrètes ce qui me nourrira longtemps.

    Tableau de Dmitry Lazarev.

  • Dans l’abîme de mes rêves

    Dans l’abîme de mes rêves

    Lorsqu’un rêve me tend la main matérialisée dans l’espace,
    J’ai l’impression de m’enfoncer vers des abîmes sans retour.
    En effet, passé le chemin, mon itinéraire s’efface
    Et je me retrouve engoncé dans ses méandres et ses contours.

    Bravée la peur de l’inconnu, je commence un nouveau chapitre.
    Je lâche prise à mes remords, je revis et je m’émerveille.
    Bien que tout y soit biscornu et que je m’y comporte en pitre,
    Je danse un peu avec la Mort qui me rend la clef du réveil.

    Tableau de Juuri.

  • Rêve de nage et d’envol

    Rêve de nage et d’envol

    Rêve d’Icare et d’envolées pour joindre les pigeons voyageurs
    Ou rêve d’eaux et de sirènes pour rallier les poissons volants,
    Qu’il est bon de batifoler dans des fantasmes échangeurs
    Direction « Les-nages-sereines » ou vers un vol affriolant !

    Tableau de Christophe Gol.

  • Des ailes et des racines

    Des ailes et des racines

    De drôles d’ailes ont pris racine là où je pensais m’envoler
    Pour me rappeler d’où je viens comme un cordon ombilical.
    Et je ressens mes origines, mâle et femelle, inconsolées
    De n’avoir su créer le lien vers l’évolution verticale.

    Tableau de Duy Huynh sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201111duy-huynh-1975-vietnam.html .

  • L’homme dématérialisé

    L’homme dématérialisé

    L’évolution des connexions de nos organes et nos cellules
    Passera au mode sans-fil d’un futur asocialisé.
    Et l’on verra des collections de papillons et libellules
    Chargés de l’âme colombophile de l’homme dématérialisé.

    Tableau de Duy Huynh sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201111duy-huynh-1975-vietnam.html .

  • Si j’avais des ailes – 2

    Je n’ai pas trouvé les démons pour transgresser les traditions,
    Je n’ai pas croisé le soleil qui aurait pu mes ailes fondre,
    Mais j’ai humé à plein poumons jusqu’à en avoir l’addiction
    Un air à nul autre pareil, plaise à mon cœur d’y correspondre.

    Tant pis si je rampe sur Terre enchaînée à la gravité ;
    J’ai le pouvoir de m’envoler lorsque j’ai besoin d’évasion.
    Tant pis si on me met en terre, je ne pourrai pas l’éviter
    Mais au moins j’aurai convolé avec mes rêves à profusion.

    Tableaux de Duy Huynh.

  • Si j’avais des ailes – 1

    Si je pouvais tracer des ailes sur l’écran noir de mes nuits blanches,
    J’y peindrais les plumes des rêves de mes plus grandes envergures.
    Être un oiseau ou une oiselle, un moineau ou une pervenche
    Dépendrait d’une impulsion brève choisie selon les bons augures.

    Bien sûr, je porterais un masque afin de voir sans être vu
    Avec une robe couleur de temps pour voler en toutes saisons.
    Bien sûr, j’aurais des amis très fantasques, des démons un peu m’as-tu-vu
    Pour m’escorter jusqu’au printemps …

    … et rigoler dans ma maison.
    … et faire les fous sans raison.
    … et se joindre à la floraison.

    Tableaux de Duy Huynh.

  • Annie Massion

    Annie Massion

    Les bandes dessinées magiques l’avaient rendue tant nostalgique
    Que la petite Annie entra entre les pages d’un mantra.
    En récitant l’incantation, elle subit la transformation
    Et devint ainsi la vedette des héroïnes en jupettes.

    Tableau d’Edmond Dulac.

  • La Vénus du poète

    La Vénus du poète

    Je ne vous ai jamais présenté ma Vénus de l’inspiration.
    Elle pose souvent dans l’image dont j’entrouvre tous les tiroirs.
    D’un compartiment enchanté, elle fait son apparition
    Puis, écrit son plus bel hommage dans la buée sur le miroir.

    Tableau de Julio Romero de Torres.

  • Mélusine

    Mélusine

    Pour séduire les princes charmants, il suffisait d’un peu de charme ;
    Ce que Mélusine, insolite, enchantait par enjambements.
    Mais aujourd’hui, c’est désarmant ! L’amour ne tire plus des larmes ;
    Ce qui met l’usine en faillite, c’est l’addiction au rendement.

    Tableau de Heinrich Vogeler.

  • La petite mort

    La petite mort

    Surgissant à travers les bois pour se mirer à la fontaine,
    La nymphe ne prête attention à qui percevrait sa pudeur.
    Celui-là resterait sans voix devant cette Vénus hautaine
    Qui, exaltant ses intentions, lui causerait l’arrêt du cœur.

    Tableau de Giovanni Costa alias Nino Costa.

  • Israfel

    Israfel

    Personne ne chante aussi bien que l’ange porteur de musique
    Dont l’accord des cordes vocales vibre dans les fibres du cœur.
    Plus beau que le chant amphibien des sirènes euthanasiques,
    Plus fort que les étoiles astrales du firmament des dieux vainqueurs !

    Tableau d’Edmond Dulac.

  • Le lever du jour

    Le lever du jour

    Quand mes yeux retrouvent la clarté du jour,
    Revient le miracle, là, dans ma chaumière.
    Le soleil me prouve d’un rayon d’amour,
    D’un simple spectacle, que tout est lumière.

    Dans l’obscurité naissent les fantasmes
    Dans la nuit empreinte de ma cécité.
    L’insécurité agite mes spasmes,
    Mes peurs et mes craintes de nécessité.

    C’est pourquoi je l’aime cet amant fidèle,
    Ce prince de charme qui revient m’étreindre.
    Finis les dilemmes, j’éteins la chandelle
    Qui verse une larme de se faire éteindre.

    Tableau d’Eugène Monks.

  • La voix de sa maîtresse

    La voix de sa maîtresse

    J’ai enregistré ma maîtresse sur un disque en microsillon
    Pendant que nous faisions l’amour au moment de l’aboutissement.
    Désormais quand j’ai la tristesse je colle l’oreille au pavillon
    De mon tourne-disque glamour pour entendre ses rugissements.

    Tableau de X.

  • Si les dinosaures n’avaient pas disparu

    Si les dinosaures n’avaient pas disparu

    Si tous les dinosaures n’avaient pas échoué dans l’évolution,
    Nous serions des sauriens-sapiens modernes et intelligents.
    Nous aurions une gueule de navet et résoudrions la pollution
    Avec un cerveau reptilien doté d’un laxisme affligeant.

    Tableau de Mark Roger.

  • Les auberges de rêverie

    Les auberges de rêverie

    Avoir compté mille moutons fatigue plus que de raison.
    Heureusement tout est prévu pour le rêveur accoutumé.
    Pour les sommeils les plus gloutons, les arbres offrent une maison
    Pour faire face aux imprévus selon les nuits noires de fumée.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • L’autre tarot

    L’autre tarot

    J’ai rencontré un bateleur égaré dans mes souvenirs.
    En me montrant ses instruments j’ai su à qui j’avais affaire ;
    Comme un tarot ensorceleur qui m’aurait prédit l’avenir,
    Celui-ci m’annonçait crûment que j’avais des progrès à faire.

    Tableau de Mark Roger.

  • Les convois de nuages

    Les convois de nuages

    Premier quartier, premier sommeil, premier départ pour un voyage.
    En gare des songes d’été, les chouettes assurent la surveillance.
    Par les trains privés de soleil, elle observent les nuages
    Des rêveurs encore hébétés qui partent sous leur bienveillance.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • L’artiste imaginatif

    L’artiste imaginatif

    La bosse des mathématiques avec les cornes musicales
    Confèrent un sixième sens à l’artiste imaginatif.
    Combien d’animaux poétiques à son cordon ombilical
    Fait-il surgir avec aisance de son concert récitatif ?

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Le mouvement cosmique

    Le mouvement cosmique

    Les fleurs obéissent au soleil, certaines soumises à la lune ;
    Les animaux suivent les astres et la Terre orchestre l’ensemble.
    Quant à l’homme, il n’est pas pareil ; il s’inféode à la fortune ;
    Ses actions sèment le désastre et Dieu sait à quoi il ressemble !

    Tableau d’Adélaïde Andreu-Leferme.

  • Perséphone

    Elle est revenue au printemps, elle repartira en automne ;
    Six mois sur la Terre en été, six mois en enfer en hiver.
    Ainsi depuis la nuit des temps, l’aller-retour de Perséphone
    Porte l’abondance répétée autour des dieux de l’univers.

    Tableau de Kinuko Y. Craft.

  • L’œil de paon

    L’œil de paon

    Ouvrant un œil panoramique sur un matin vierge d’envie,
    La plume guide, les yeux fermés, le cœur vers l’initiation.
    Une perception dynamique adaptée aux sources de vie
    Pour se ressentir transformée d’une sainte propitiation.

    Tableau de Mark Harrison.

  • Les matins complémentaires

    Les matins complémentaires

    Juste avant l’aube, les couleurs encore vierges de lumière
    Dans les ombres complémentaires peignent des terres inconnues.
    L’orange et le bleu, sans douleur, côtoient à l’orée des chaumières,
    Sur les terrains sédimentaires, le vol des oiseaux ingénus.

    Tableau d’Annie Soudain.

  • La frontière

    La frontière

    Cette jeune fille ingénue, hier encore garçon manqué,
    Avant-hier une petite fille, demain une femme accomplie,
    M’est apparue à moitié nue, dans l’allée d’arbustes flanquée,
    Comme un guêpier à la cheville des appas qui se multiplient.

    La frontière de son innocence qui s’ouvre à la perversité
    – Si difficile à définir pourtant si facile à franchir –
    Devrait se porter à la connaissance de la biodiversité
    Pour aider à se prémunir de ce dont il faut s’affranchir.

    Tableau de Chie Yoshi.

  • Jusqu’ici mais pas plus loin !

    Jusqu’ici mais pas plus loin !

    La touche infinitésimale apportée au précipité
    De la réaction alchimique donne au dragon sa bonne humeur.
    La moindre erreur de décimale donnerait un air dépité
    À cet égrégore chimérique si j’en crois toutes les rumeurs.

    Mais l’hermine blanche surveille et m’avertir d’une litote
    S’il faut ajouter ou soustraire deux ou trois grammes d’hellébore.
    À l’instant où elle s’émerveille, j’y incorpore l’antidote
    Sauf si elle me dit au contraire que ce n’est pas ce qu’elle abhorre.

    Tableau de Chie Yoshi.

  • Suivez-moi mais pas trop près !

    Suivez-moi mais pas trop près !

    Levez les yeux, bien à niveau ! Plus bas, votre regard s’égare.
    Parlez plutôt, dites trois mots ! Votre silence vous trahit.
    Abandonnez au caniveau cet épouvantable cigare !
    Arrêtez de faire le chameau, vous serez peut-être ébahi…

    Tableau de Joan Dumouchel.

  • Les ailes du matin

    Les ailes du matin

    Juste avant que vienne l’aurore, j’entends le bruissement des ailes
    Des oiseaux porteurs de lumière d’Héméra, déesse du jour.
    Tandis que les mâles pérorent pour émerveiller les oiselles,
    Elle, majestueuse et coutumière, éclaire la terre d’amour.

    Tableau d’Edward Robert Hughes.

  • L’amour avec contacts

    L’amour avec contacts

    Finalement nous continueront l’amour avec ses bons offices
    Avec la téléportation dans de nouvelles positions.
    Alors les sexes s’insinueront à travers tous les orifices
    Par la multi-pénétration dans la quatrième dimension.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La femme en gestation

    La femme en gestation

    En pleine lumière, elle capte toute la synergie sylvestre
    Que l’arbre concentre au soleil pour bénir la fécondation.
    Déjà son physique s’adapte à la chaîne de vie terrestre
    Dont l’hérédité se relaye dans une femme en gestation.

    Tableau d’Odilon Redon.

  • L’amour sans contact

    L’amour sans contact

    Bientôt la communication se faisant par télépathie,
    Plus besoin de fornication et toutes ses psychopathies !
    Nous ferons l’amour virtuel avec des masques et des gants
    Avec juste un petit rituel qui ne soit pas trop fatiguant.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La renonciation

    La renonciation

    Il m’arrive de renoncer, de m’alléger de mes fardeaux
    Afin de continuer ma tâche sans la contrainte du passé.
    Je suis plus libre pour avancer car l’attrait de l’Eldorado
    Dès lors à mon cœur ne rattache que des sentiments compassés.

    Illustration de Kay Nielsen.

  • Le renoncement

    Le renoncement

    Lorsque la mer est en colère et que les vents sont furibonds,
    Il faut que tu reconsidères l’instant où tu vas t’embarquer.
    D’autre part, si l’astre solaire se cache sous un ciel moribond,
    Renonce aux désirs suicidaires que ton cœur te fait remarquer.

    Illustration d’Arthur Rackham.

  • La fuite du temps

    La fuite du temps

    Au moment d’être rattrapée par les souvenirs du passé,
    Elle a quitté ses vêtements empreints du parfum du présent.
    La première femme rescapée de l’avenir s’est surpassée
    En exposant son dénuement pour un instant électrisant.

    Tableau de Hu Jun Di.

  • La fuite au prochain numéro

    La fuite au prochain numéro

    La peur, cette bonne conseillère, donne des ailes face au danger,
    Ouvre les portes et les fenêtres quand mon courage reste à zéro.
    Quand le feu atteint la poudrière et qu’je n’y pourrai rien changer,
    J’opte, je fois le reconnaître, pour la fuite au prochain numéro.

    Tableau de Percy Tarrant.

  • La fuite dans les bois

    La fuite dans les bois

    Promenons-nous au bois-joli jusqu’à en perdre le nord ;
    Enfonçons-nous dans les ombres dans le silence des fourrés.
    Vient cet instant de folie d’une panique insonore
    Qui fera les peurs en nombres tourner en échauffourée.

    Illustration d’Arthur Rackham.

  • Coucher du soleil sur la mer d’Iroise

    Coucher du soleil sur la mer d'Iroise

    Le peintre range ses couleurs tous les soirs sur la mer d’Iroise ;
    Le marin prépare ses filets pour la marée demain matin ;
    La mer replie ses flots rouleurs sur un horizon de turquoises ;
    Le vent sur le sable profilé plisse ses dunes de satin.

    Photo de Mathieu Rivrin – https:www.mathieurivrin.com .

  • La création du monde – 2

    La création du monde - 2

    J’ai trouvé cette explication des grandes civilisations
    Qui ont régné et périront puis renaîtront différemment.
    Ainsi, pas de complications concernant son utilisation
    Et tous ceux qui l’apprécieront comprendront tout, évidemment.

    Tableau de Sam Braun.

  • Demain la bouffe

    Demain la bouffe

    Les gens, de plus en plus pressés, deviendront vite habitués
    À nos fast-foods ultra rapides avec cuisine mécanisée.
    Choisissez le menu, pressez ! Dans le guichet attribué,
    Prenez le repas insipide dans nos dînettes urbanisées.

    Illustration de Gerhard Glück.

  • La création du monde – 1

    La création du monde - 1

    Pour expliquer la création du monde et tous ses univers,
    Il faudrait faire une spirale pour en conter tous les exploits.
    Par ailleurs l’interprétation de la série des faits divers
    Aurait une masse sidérale qui s’effondrerait sous son poids.

    Tableau de Sam Braun.

  • La visite

    La visite

    « Excusez-moi, j’me suis trompée, je cherche la chambre de grand-mère! »
    Lui dit d’une voix effrontée celle qui l’avait rossé hier.
    « Hélas, je suis assez clampé par toutes les tractions qui m’enserrent ! »
    Répondit le loup affronté et vaincu par sa tortionnaire.

    Illustration de Gerhard Glück.

  • Sisyphe vainqueur

    Sisyphe vainqueur

    Il était temps qu’il réussisse depuis qu’il passe l’éternité
    À remonter la pente abrupte avec son fardeau accroché.
    Pourvu que Dieu se radoucisse et donne un repos mérité
    À l’homme à la force brute qui a abouti son rocher.

    Tableau de Rafał Olbiński.

  • Au bain, Marie

    Au bain, Marie

    Tandis qu’elle attendait l’enfant, Marie allait baigner souvent
    Les corps qui étaient confiés sous sa responsabilité.
    Ce petit moment triomphant dans l’eau fraiche du lac du couvent
    Offre aux pénitents conviés un air de compatibilité.

    Tableau de Rebecca Dautremer.

  • Le bain des princesses

    Le bain des princesses

    Pour entretenir sa beauté, prendre le temps de barboter
    Dans un bain de fleurs aux couleurs les plus vives comme antidouleur.
    Coquelicots et fleurs des champs fond de teint le plus aguichant ;
    Pour terminer la décoction, un jus des fruits de la passion.

    Tableau de Rebecca Dautremer.

  • Berceuse

    Berceuse

    Les bois et les cuivres dormaient entre les cordes et les vents ;
    Les instruments de percussion ronflaient au rythme des soupirs.
    La berceuse se déformait et s’étendait sur les devants
    D’un public en répercussion qui, lui, venait de s’assoupir.

    Tableau de Rebecca Dautremer.

  • Le son du corps

    Le son du corps

    L’abdomen, ce bel instrument m’accompagne après l’aloyau
    D’une berceuse ventriloque selon les notes consommées.
    Les féculents sonnent indûment dans les cornes de mes boyaux
    Mais la symphonie se disloque quand l’interprète est assommé.

    Tableau de Rebecca Dautremer.

  • Le troisième œil

    Le troisième œil

    Personne ne naît avec trois yeux mais par un regard extérieur,
    On voit un monde merveilleux qui se situe à l’intérieur.
    Si l’on veut en rester le maître, il s’éclipse miséricordieux
    Car l’univers ne peut permettre qu’on voie les coulisses de Dieu.

    Illustration de Paolo Pedroni.

  • L’attrape-rêves

    L’attrape-rêves

    Dès que je prends le train des rêves vers je ne sais quelle station,
    J’oublie toujours le lendemain les découvertes du voyage.
    J’ai bien mis un attrape-rêve pour capturer les sensations
    Mais, des mots sur le parchemin, reste un infâme gribouillage.

    Illustration de Kurt Huggins et Zelda Devon.