Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Puisque la nuit aimait le jour, un jour ils ont fait une fille Le temps d’une éclipse de lune dont les comètes tenaient le voile. Ils nommèrent leur fruit de l’amour pour concrétiser leur famille : « Terre pour les gens de fortune et qui dorment à la belle étoile. »
Si vous aimez les douches froides, alors adoptez un verseau Plutôt qu’un vierge insipide qui n’a pas inventé l’eau tiède. Ça vous fera le membre roide qui pénétrera le berceau De velours doux, tendre et humide de son sexe qui vous obsède.
Les amoureux du temps jadis faisaient l’amour tout simplement Dans le berceau de la nature ou bien dans l’écrin d’un bosquet. De peur que Monsieur s’affadisse, Madame l’embrassait humblement Là où s’implante la mâture du gaillard pour le provoquer.
Les amoureux des temps modernes font l’amour trop sophistiqué Pour revivre dans les palaces la Dolce Vita embrasée. De peur que Madame le materne, Monsieur doit avant s’astiquer Pour réchauffer les seins de glace de sa partenaire blasée.
Jouez-moi quatre notes blanches intercalées de notes noires Et faites-moi rythmer le tout en douceur et décontracté ! Faites-moi danser sur les planches ou encore sur une patinoire De jolies femmes nues partout car j’aime bien m’en délecter.
Quand tout le monde est en prison au jeu de l’oie, décidément, On se retrouve tous ensemble à se savonner sous la douche. On préférerait d’autres horizons en liberté, évidemment ! Tant pis alors, on se rassemble et on s’embrasse sur la bouche.
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Lorsque la coquille de nuit s’ouvre dans la forêt des rêves, Les lucioles sortent de leurs voiles, les fleurs font tinter leurs clochettes Et toute la clairière luit d’un million de lumières brèves Qui clignotent comme des étoiles pour émerveiller les fillettes.
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La nuit, quand la femme aux yeux d’or ferme doucement les paupières, Un rayon de même couleur fuse à travers l’obscurité. Je ne le vois pas car je dors d’un sommeil lourd comme une pierre ; Seule peut en capter la lueur, la lune pleine de maturité.
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Cerf bleu je suis au fond des bois la nuit quand vous rêvez de moi ; Lorsque la biche est aux abois, Cerf bleu aussi je suis, ma foi. Daim bleu, renne bleu, n’importe quoi, du moment qu’à chaque fois Vous vous retrouvez chaque mois sous la pleine lune en émoi.
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Je l’ai poursuivie cette nuit mais je n’étais pas le chasseur. J’étais ce loup, toujours jaloux, fou amoureux du chaperon Qui était vert, c’est là l’ennui, j’ai dû confondre avec ma sœur Qui s’est prise dans un piège à loup en volant des potimarrons.
Le pire pour un loup daltonien qui mange de la viande rouge, C’est de naître dans un chou vert et d’en être traumatisé. Voici pourquoi, quand la nuit vient, je cours après tout ce qui bouge ; Notamment mon côté pervers envers les filles stigmatisées.
Jolie fleur bleue, l’étiez-vous donc quand vous rêviez à la maison De vos parents à la campagne lorsque le printemps arrivait ? Auriez-vous dessiné adonc des myosotis de saison Afin que vos yeux accompagnent tout le bonheur à raviver ?
Jolie fleur jaune, où étiez-vous quand vous vous perdiez dans les bois Pendant vos journées de vacances lorsque l’été vous animait ? J’aurais aimé, je vous l’avoue, être le soleil qui flamboie Et faut s’épanouir l’enfance des jeunes filles affinées.
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Madame Seguin, étrangement n’a jamais connu de problème Avec sa chèvre Bérengère qui n’aimait pas trop la montagne. « Il y a trop d’éboulements et puis, le loup reste un dilemme ! » Répondait-elle à la bergère dont elle était la seule compagne.
Va-t-on casser les violons blancs pour avoir accompagné le blues ? Va-t-on brûler les violons noirs à cause de leur bois d’ébène ? C’est « blanc-bonnet et bonnet-blanc » mais pas un problème de tarlouze Sinon bientôt on va vouloir l’abolition du droit d’aubaine.
Un quatuor bat la campagne parmi les roses en boutons Et ont trouvé un auditoire parmi les gars du pâturage. Alors compagnons et compagnes, joignez-vous au chœur des moutons Pour écouter le répertoire des chanteurs à tout l’entourage.
Une star s’est électrocutée avec sa guitare électrique, Personne ne s’en est aperçu (quelle infortune) on croyait qu’elle était en transe. Son dernier cri répercuté sur les médias volumétriques S’est tant vendu qu’elle a perçu (une fortune) après cette mort à outrance.
Si l’printemps était une fille, je la fiancerai d’argent ; Si l’été était une femme, je me la marierais en or ; Mais si l’automne me titille, je me vois mal la partageant Avec l’hiver et ses infâmes fesses de glace qui l’honorent.
Jessica Stam – Jean Paul Gaultier Haute Couture – printemps-été 2007.
Bonne nouvelle pour les gémeaux dont le conjoint est sagittaire ! L’amour va de plus en plus loin et dépasse même les pensées. Même prononcés à demi-mot, vos billets doux prioritaires Dont nous nous porterons témoins seront demain récompensés.
Bonne nouvelle pour les gémeaux dont le conjoint est un cancer ! Si sa Vénus est en gémeaux, leurs amours iront de concert. Mais attention, mauvaise pioche si le conjoint est capricorne ! Il vous mettra vite en brioche et vous fera porter des cornes.
Pendant la nuit de pleine lune, Salammbô pleine de désirs Invoqua, d’une voix vorace, la « déesse des choses humides ». L’invocation fut opportune car elle connut le plaisir De faire l’amour sur la terrasse avec un beau prince numide.
Comme sa seule distraction était l’amour pour les marins, Elle en usa, en abusa tant qu’elle en grossit de plaisir. Et l’abus de dégustation de matelots au romarin Lui fit un corps qui médusa longtemps les hommes de désir.
D’une seule main, je la déleste de son précieux déshabillé, De l’autre main pressurisant son intime région pelvienne. Mais si elle accompli ce geste comme pour vouloir se rhabiller, C’est qu’elle juge insuffisant l’excitation clitoridienne.
Comme elle faisait tapisserie quand nous ne faisions pas l’amour, Je l’ai photographiée nue pour en couvrir ma garçonnière. Ce n’était que taquinerie pour mettre une touche d’humour Et capturer sans retenue son exhibition prisonnière.
Lorsqu’elle dort sans rien porter pour un nocturne romantique, Je lui écris les plus beaux rêves à la plume de l’oreiller. Quelques notes sur la portée pour la bercer d’une authentique Aubade ni longue ni brève mais adaptée à la veillée.
J’ai composé cette berceuse afin qu’elle se déshabille ; « Adagio » à l’introduction, « a capricio » selon l’humour, « Presto » si un peu paresseuse, « a capella » quand elle babille, « Presto » pour la reproduction et « a due » quand on fait l’amour.
C’est son regard de mère poule au moment où j’ vais la quitter Que j’apprécie de retenir comme une icône protectrice. Tout son amour qui en découle comme une dette non acquittée Me forcera à revenir vers ses lèvres approbatrices.
Elle fumait après l’amour qu’elle pratiquait vingt fois par jour Selon le talent des amants et s’ils tenaient un bon moment. Elle inscrivit même son corps dans le grand livre des records ! De fumer, moi, j’ai arrêté et je l’ai souvent regrettée.
Photo de Ján Hronský sur http:www.janhronsky.netnude .
J’aime la prendre en mouvement comme une poupée mécanique Pour imaginer ses pensées cueillies sur la photographie ; En capter les trémoussements sur ses attributs organiques Même s’il faut les compenser par un peu de pornographie.
Il lui demanda par caprice de ne plus porter de culotte. Comme elle était dominatrice, elle répondît « D’accord, je l’ôte, De même, ce qui me recouvre de mes genoux jusqu’au nombril Et tant pis si l’ monde découvre que je mets mes fesses en péril ! »
Photo de Ján Hronský sur http:www.janhronsky.netnude .
Elle rêvait d’être danseuse nue mais elle a dû se rhabiller. On ne lui a pas dit pourquoi, apparemment elle ne sait pas. Elle n’a pas été retenue, son ambition a vacillé Et sur cette question de poids, elle s’en va à petits pas.
Elles étaient quatre sur le départ, prêtes à affronter leur destin ; Le bec fixé sur l’horizon pour parcourir soixante-trois yards. La première n’alla nulle-part, l’autre d’un loup fit le festin, La troisième finit en prison, la quatrième trouva son jars.
Je n’avais pas imaginé qu’elle puisse avoir une aventure Mais je l’ai lu en transparence derrière son air méditatif Seulement voilà, j’ai deviné et me demande quelle rupture Choisira-t-elle de préférence ? Moi ou l’amant, dubitatifs ?
Quand Monsieur du corbeau, en costume de nuit, Protège un malheureux prêt à faire un grand saut, Il le prend sous son aile et le tire d’ennui Qu’elle soit jouvencelle ou encore jouvenceau.
Il surveille surtout les femmes éplorées Lorsque passe les ombres d’un ciel de désespoir. Quant aux filles perdues, violées et déflorées, Il leur donne l’élan vers un nouvel espoir.
Il y a une éternité , si on m’avait demandé Qu’un quart de tour se dévisse dans chacune de mes nuits, J’aurais été excité et j’aurais recommandé Que ce quart d’heure me ravisse et me tire de l’ennui.
Elles tissent la nuit imperturbablement Qu’elles cousent d’étoiles et de comètes blanches. Elles faufilent les astres incontestablement Qu’elles boutonnent aux trous noirs sur la matière étanche.
Quand la lune s’enlève indiscutablement Elles ferment le rideau et relèvent la toile. Quand le soleil se couche inévitablement Elles brossent l’ouvrage et font tomber le voile.
L’ange était revêtu d’une aube et d’une ceinture de fleurs Et tandis que je dérivais, il m’a retenu par la main. Je n’aurais jamais revu l’aube s’il n’avait pas calmé mes pleurs Tandis que sa main écrivait que je renaîtrais dès demain.
Il m’a donné des ailes d’or toutes enrobées de lumière Qui ont interrompu ma chute et lié au vent qui m’emporte. Puis, comme le vol du condor au-dessus de la cordillère, Dans cet étrange parachute, je suis arrivé à ta porte.
Une nuit, je me lèverai sur le contour de l’horizon ; Une nuit, je m’élèverai au-dessus du mur des prisons ; Une nuit, je relèverai le défi de la pesanteur ; Une nuit, je dévalerai des montagnes et de leur hauteur.
Ce jour-là, il n’y avait plus le moindre espoir, la moindre chance, Tout allait se jouer ici devant l’abîme de ma vie. Ce jour-là, la vie m’a déplu d’avoir étendu la malchance Si loin pour que je m’initie à croire à ma propre survie.
Alors j’ai lâché tout le poids qui me retenait en arrière Et j’ai continué confiant en récitant une prière. Alors j’ai mis toute ma foi afin de soulever la barrière Et avancer en défiant l’incrédulité meurtrière.
La bicyclette au printemps sur les chemins de traverse, À travers champs réveillés de plusieurs mois de sommeil, Sous le feuillage suintant des arbres après une averse Et les vêtements mouillés qui vont sécher au soleil.
Se retrouver loin du monde, ôter sa robe trempée Profiter de la lumière comme d’un bain de jouvence, Laisser l’âme vagabonde, laisser l’esprit détrempé Et jouir de la première sortie en sa connivence.
Depuis la sieste réparatrice jusqu’à la sieste crapuleuse, La vie est pleine d’occasions pour s’endormir sereinement. Je laisse l’envie tentatrice pour les rêveries fabuleuses Qui m’emportent vers l’évasion loin des plus sombres événements.
Selon ce que j’aurai péché au fil des récits de voyage, Ceux qui auront su résister aux tempêtes cauchemardesques, Une fois qu’ils auront séché après plusieurs bons nettoyages, J’écrirai, si vous insistez, les plus abracadabrantesques.
Je suis ici, je suis ailleurs, je viens ici, je pars ailleurs Pourtant tous ceux qui me regardent ne voient qu’une partie de moi. Le monde est peuplé de railleurs, de sarcastiques fossoyeurs Qui ne prêtent même pas garde à ce que je peux penser de toi.
J’en fais mon toit, j’en fais mon île, j’y bâtit mes rêves magiques ; Je me perds dans leurs labyrinthes et leurs désordres exotiques. J’y retrouve l’aspect juvénile de mes souhaits hypothétiques Et parfois même les étreintes de mes fantasmes érotiques.
Tableau d’Andrew Ferez, alias 25kartinok sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016091534325116.html .
Elle allait trop vite en besogne ou je devais être trop pantois ; Elle dégrafa d’un coup sa robe, entièrement nue en dessous. Elle me dit « j’attends la cigogne qui m’apporte un enfant de toi ! » Trop tard pour que je me dérobe, elle m’absorbe, elle m’absous.
Mais la cigogne était en grève où les voies du ciel perturbées. J’ai dû prendre un abonnement à son club de fécondation. Depuis mes nuits restent sans rêve ; je dois d’abord la masturber Et pénétrer tout bonnement son sexe en pleine inondation.
Je connais une fille dérangée qui s’ prend pour un caméléon. Placée devant un décor vert, elle se métamorphose en plante ; Devant un panneau orangé, elle mime un accordéon ; Lorsque je lui écris mes vers, elle devient ma muse insolente.
Chacun sa manière de voir l’objet de sa sublimation ; Chacun sa façon de s’émouvoir avec tact et fascination. Sur mes tableaux estampillés lorsque j’ai annoncé le prix, Elle s’est sitôt déshabillée et m’a dit « j’ai très bien compris. »
Elle retira chaque gant par petits gestes posément En rajustant à chaque arrêt les plis de sa jupette verte. J’ai trouvé le geste élégant, très féminin exquisément ; J’avais complètement égaré que ma braguette était ouverte.
C’est tout ce qu’elle avait trouvé pour y enfermer son mari ; Du moins, sa tête uniquement, la dépouille n’était pas incluse. La police n’a rien pu prouver car leur sources se sont taries Lorsqu’ils apprirent pudiquement qu’elle était une nonne recluse.
Le pistolet est en plastique et la nana, c’est ma voisine À qui j’ai demandé de poser pour mettre sur ma candidature : « Agent sacré très éclectique dont la porte de la cuisine Donne sur un balcon exposé sur les plus belles créatures ! »
Illustration de Robert McGinnis pour le film « Arabesque » avec Gregory Peck et Sophia Loren.
Elle aime se pencher à sa porte lorsque je monte l’escalier Et me salue du bout des seins, un petit bisou de la bouche. En échange, je lui rapporte tout son courrier sur le palier Mais quels que soient mes beaux desseins, comme c’est chez nous, elle se couche.
Illustration de David Downton, le digne successeur de René Gruau.
Puisque je parle d’appartement, chez ma voisine de palier À qui je demande du sucre, n’importe quoi pour que j’ la voie, Elle ne s’habille apparemment que de maillots hospitaliers Qui me donnent des envies de lucre car elle les peints elle-même sur soie.
Comme nous avons nos cuisines mitoyennes sur le balcon Nous prenons souvent l’apéro un whisky ou un Martini. Le soir j’appelle ma voisine pour lui proposer un flacon Et elle enlève son boléro pour traînasser en bikini.
Plutôt qu’un vieux chapeau à plume, optez pour un beau flamant rose ! D’abord, il tient chaud à la tête et vous n’aurez rien d’autre à mettre. Puis vous verrez qu’à plein volume, finies les réflexions moroses De ceux qui croient les femmes bêtes à n’avoir qu’un toutou pour maître.
J’ai racheté ce miroir magique au vide-greniers d’un manoir Qui le vendait comme illusion d’un vieux prestidigitateur. Comme il est resté nostalgique, dès que je sors de ma baignoire, Il me dit être l’effusion du plus beau mystificateur.
Pour mieux protéger ses fromages, notre corbeau se fit maçon Et d’un pendule pour fil à plomb bâtit sa maison fromagère Et dans laquelle sans dommage l’escalier en colimaçon Accueille les tomes d’aplomb rangées comme sur une étagère.
Depuis ce jour, notre renard, désormais fox-cambrioleur, Dut inventer mille techniques pour voler les fruits du labeur. D’abord déjouer le traquenard d’une serrure anti-voleurs Et la plupart du temps, bernique ! Ne trouver que l’argent du beurre.
J’ai une malle à souvenirs pour mes voyages romantiques Avec des pages d’écritoire pour y raconter mes romances. J’ai décidé à l’avenir n’écrire que des faits authentiques D’ailleurs pour ma prochaine histoire, je sens déjà que ça commence.