Catégorie : Reflets Vers inédits

Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.

  • Le trou noir

    Le trou noir

    Cette région vers l’inconnu situé au cœur de l’entre-cuisse
    A fait chavirer les savants et surtout les théologiens.
    Or, quand je vois une femme nue, je ne pense pas que je puisse
    Faire autrement, tout en bavant, d’avoir un élan coccygien.

    Tableau d’Eugenia Loli sur https:www.boumbang.comeugenia-loli .

  • Belles de jour

    Il appartient au connaisseur de faire son choix en magasin
    Pour trouver la femme de ses rêves et pas seulement dans les limbes.
    Hélas, depuis les oppresseurs et les censeurs un peu zinzins,
    La réprobation est si brève qu’elle finit par paraître dingue.

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Lily de la Montagne

    Lily de la Montagne

    Tous les matins dans les campagnes, retentit un grand « hallali »
    Lorsque s’éveille la géante des monts, des bois et des forêts.
    C’est le titan de la montagne – que tout le monde appelle « Lily » –
    Qui ouvre sa gueule béante en braillant comme une mijaurée.

    Tableau d’Eugenia Loli sur https:www.boumbang.comeugenia-loli .

  • Rêve orange

    Rêve orange

    Quand je rêve d’orange ça peut paraître étrange
    Mais lorsqu’elle est sanguine ou encore clémentine
    Le rêve devient juteux et le temps culbuteux
    Surtout s’il sort un ver du drôle de rêve en vers.

    (Tableau de René Magritte sur http:www.mattesonart.com1947-1948-vache-period.aspx
    Le culbuteux est une sorte de larve ou un taon.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mauvais coton

    Mauvais coton

    Elle filait du mauvais coton et tissait sa vie comme un pied
    Mais elle su se faire aider par la colombe de la paix.
    Elles se sont dit : « Détricotons tout cet ouvrage comme il nous sied !
    Laissons les pieds se démerder et rabattons-leur le clapet ! »

    Tableau de Shiori Matsumoto.

  • Le rêve au rigodon

    Le rêve au rigodon

    J’ai fait un nœud à un beau rêve de peur de l’oublier au réveil
    Mais je ne sais plus dans quel songe je l’ai rattaché au cordon.
    Si l’un de vous faisant la grève à ses nuits blanches sans sommeil
    La trouve- ce n’est pas un mensonge – faites-lui danser un rigodon.

    Tableau de Svetlana Belyaeva.

  • En cas d’urgence

    En cas d’urgence

    La caserne des anges-pompiers prévoit un sas en cas d’urgence
    Selon l’averse de démons qui vont s’abattre sur la Terre.
    Joyeux, ils partent d’un bon pied pour résorber les insurgences
    Mais laissent leurs ailes sur le timon ; il ne faut pas qu’on les repère.

    Tableau de Shiori Matsumoto.

  • La disparition

    La disparition

    Je rêve alors que je la suis dans un labyrinthe boisé.
    La coupe s’est transformée en fleur et l’ange à pris sa forme humaine.
    Je ne voudrais pas qu’elle me fuit et je voudrais l’apprivoiser
    Trop tard ! Je reste avec mes pleurs ; là, au début de la semaine.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La créatrice

    La créatrice

    Peindre le monde à son image lui a demandé tout son cœur
    Et toute son âme et son corps, et tout l’esprit qu’elle a soufflé.
    Je sais comment lui rendre hommage sans se montrer alambiqueur
    En l’aimant encore et encore d’un amour jamais essoufflé.

    Photo de Leonor Fini.

  • L’écrivain des rêves

    L’écrivain des rêves

    J’écris des romans dans mes songes et je me souviens de certains récits
    Où je me voyais « Jules Verne » ou n’importe qui de son rang.
    Mais le matin, cruel mensonge, je me retrouve en Helvétie,
    Malheureusement pour ma gouverne, tout amnésique et ignorant.

    Tableau inachevé « Le Rêve de Dickens » de Robert William Buss.

  • Multicouches

    Multicouches

    La couche sociale inférieure ne voit que le dessous des arbres
    Et l’ombre qui cache la forêt se détache de la nature.

    La couche sociale supérieure dans leurs beaux immeubles de marbres
    Aiment leurs allées décorées d’arbustes quand ils sont matures.

    La couche sociale ultérieure verra le spectacle macabre
    De l’Amazonie déflorée que l’économie dénature.

    Tableau de Rafał Olbiński.

  • Recueillement

    Comme un fantôme recueilli, comme un garde en méditation,
    L’arche m’invite à la rencontre de l’initiatique passage.
    Dans la lumière qui rejaillit, apparaît la contemplation
    D’un Dieu qui irait à l’encontre d’un trop facile apprentissage.

    Comme si Dieu omniprésent décidait d’ouvrir son réseau
    Aux longs corridors espacés, galeries, vestibules et cloîtres
    Ainsi je chemine au présent vers le futur sous le préau
    Et je descends vers le passé où l’âme continue à croître.

    Aquarelles de Cathy Veali.

  • Flux et reflux

    Flux et reflux

    Un clair de Lune sur la plage attise les plus beaux souhaits
    Surtout quand les cœurs désireux ont hâte de se marier.
    Ainsi les vœux en décalage sont accordés ou rabroués
    Selon le reflux généreux ou bien le flux contrarié.

    Tableau de Marianna Foster.

  • Le rendez-vous sur la lande

    Le rendez-vous sur la lande

    Pas de fantôme sur la lande, juste un rendez-vous amoureux.
    À cette heure entre chien et loup, devant les ruines du château,
    Une femme aux amours gourmandes guette d’un regard langoureux
    Son amant qu’hier était jaloux de s’être fait mettre un râteau .

    Tableau de Jack Thurston.

  • Le concerto au poil

    Le concerto au poil

    Le compositeur non-voyant tâta les courbes de son corps
    Et écrivit la partition sur la peau de la demoiselle.
    Le concerto, en envoyant la fille nue faire l’accord,
    Provoqua la disparition du maestro et sa pucelle.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le secret des pyramides

    Le secret des pyramides

    Dans le secret de la matrice, là, se cache une pyramide
    Qui, elle-même, constitue le moule de l’origine la vie.
    Voilà pourquoi la génitrice protège sa partie humide
    Car son utérus restitue l’énergie de sa propre survie.

    Illustration de Jerome Podwil.

  • Le flot de Venise

    Le flot de Venise

    Dans la foule à Venise, dans le flot des humains,
    Je me sens étourdi, je me sens étranger.
    Dans le flux des valises, les touristes en chemin
    Me donnent le tournis aux langues mélangées.

    Tableau d’Olivier Suire-Verlay.

  • La nuit écarlate

    La nuit écarlate

    Elle avait entendu l’appel d’une voix qu’elle reconnaissait
    Comme appartenant à son fils disparu depuis des années.
    Elle descendit à la chapelle où elle allait se confesser
    Pour participer à l’office des renaissances instantanées.

    Illustration de Jerome Podwil.

  • Le chat et son ange gardien

    Les chats n’ont pas vraiment neuf vies mais ont un ange fort efficace
    Qui, neuf fois, leur sauve la mise sauf la dixième. Fatalité ?
    C’est vrai qu’il n’a pas l’air ravi de devoir être perspicace
    Pour que chaque mort soit remise à Pâques ou à la trinité.

    En vérité l’ange gardien, neuf fois sauvé son protégé,
    Deviendra un chat à son tour et le chat deviendra un ange.
    C’est le miracle circadien que réalisent ces potes âgés
    De dix-mille ans au compte-tours depuis que dure cet échange.

    Tableaux de Yanin Alexander.

  • La demoiselle dans son nid

    La demoiselle dans son nid

    Elle s’était construit son nid toute seule et sans l’assistance
    Des oiseaux lui tournant autour pleins de bons conseils avisés.
    Mais leurs propositions honnies ne brisèrent pas sa résistance ;
    Elle fit son œuf sans le concours du moindre mâle ravisé.

    Tableau de Jennifer Yoswa.

  • La chatte de Van Gogh

    La chatte de Van Gogh

    Comme il s’était tranché l’oreille et donné la langue à sa chatte,
    Van Gogh lui laissa sa palette et son pinceau puis, son béret.
    Un oiseau la trouvant pareille au maître lui serra la patte
    Et Vincent peignit les starlettes le regarder, l’air sidéré.

    Tableau de Jennifer Yoswa.

  • En attendant l’inconnu

    En attendant l’inconnu

    Juste drapée d’étoffe blanche autour des reins comme une cape
    Elle attendait sur le rivage une rencontre, un inconnu.
    Il était très tôt ce dimanche sur la jetée, au bout du cap
    La brise fraîche sur le visage faisait frissonner son corps nu.

    Tableau d’Omar Ortiz.

  • Le tango de l’archange

    Le tango de l'archange

    Dès lors qu’elle danse avec son ange, elle attrape le diable au corps
    Et ne supporte aucun vêtement, juste ses bas et ses chaussures.
    Lorsque vous apercevrez l’étrange duo qui, d’un parfait accord,
    Danse un tango indécemment, ne leur faites aucune censure.

    Tableau de Kees Van Dongen.

  • Le baiser de l’ange

    Le baiser de l’ange

    Aussitôt que la femme est nue, elle se retransforme en ange
    Comme si des ailes invisibles se dégageaient de son bassin.
    Son gardien lui a convenu d’être présent dans le mélange
    De son auréole sensible et l’aréole de ses seins.

    Tableau d’Omar Ortiz.

  • La famille Jolinichon

    De la famille Jolinichon, j’avais croisé ces deux gamines,
    Inséparables comme à la ville et comme au lit ; ce fut grandiose !
    Nous faisions sauter les bouchons de champagne aux amphétamines
    D’une façon presque servile, une véritable symbiose.

    Elles m’invitèrent à la campagne dans leur vieille maison de famille
    Où je fus reçu par leur mère qui portait aussi bien son nom.
    Elle fut vite ma compagne et ses enfants, mes belles-filles,
    Joignirent leurs glandes mammaires à ma collection de canons.

    Tableaux de Kees van Dongen.

  • Au bord de la Töss

    Au bord de la Töss

    La Töss ouvre en grand ses deux rives pour accueillir les estivants
    Avec îles pour les sirènes et barbecues pour les gourmands.
    Toute la journée elles arrivent, avec le soleil motivant,
    Les belles naïades sereines qui m’éliminent mes tourments.

    Illustration de Kailey Whitman.

  • Derrière la Töss

    Derrière la Töss

    Derrière la Töss, près des collines de jolis prés poussent en attente
    Des campeurs et de leurs copines qui viendront s’aimer sous la tente.
    Les papillons et libellules vous souhaiteront la bienvenue
    Mais gare aux tiques qui pullulent surtout si vous dormez tout nu !

    Illustration de Kailey Whitman.

  • Sous la Töss

    Sous la Töss

    Plus de poisson dans la rivière malgré toutes les tentatives
    Les humains ont mis des barrières et des cascades entre les rives.
    Tant pis pour le héron qui pêche et tant pis pour les canetons.
    Je ne dis pas que ça m’empêche de dormir mais c’est trop thon !

    Illustration de Kailey Whitman.

  • Le cycle des rêves

    Tôt le matin, elle revient ponctuelle à l’heure coutumière
    De l’aurore saupoudrée des rêves que les anges ont fait de leurs mains.
    Lentement son âme devient tout illuminée de lumière
    Pour la diffuser sur la grève et la répandre sur les humains.

    Puis vers le soir, sur le départ, les épaules chargées des souffrances
    Qu’elle a recueillies en échange des rêves d’or qu’elle a donnés,
    Vêtue d’argent, elle repart pour transformer en délivrance
    L’ouvrage réservé aux anges qui sauront bien les pardonner.

    Tableau de Sulamith Wulfing.

  • Cristallisation

    Cristallisation

    À partir d’un cristal de roche aussi pur que de l’eau limpide,
    Les fées mettent des anges au monde par une cristallisation.
    En pleine lune, elles l’accrochent sous la nitescence sapide
    Aux branches d’un arbre à losanges sacrés pour l’angélisation.

    Tableau de Sulamith Wulfing.

  • Bleue de nuit

    Bleue de nuit

    Lorsque la lune est bleue de nuit et que nous avons fait l’amour,
    Elle prend sa douche lunaire pour aider la fécondation.
    Toujours est-il que ça ne nuit ni au plaisir ni au glamour
    Car c’est assez spectaculaire de voir Vénus en pleine action.

    Illustration de Lou Shabner.

  • Suivez-moi jeune homme

    Suivez-moi jeune homme

    En traversant la pataugeoire, j’ai proposé à Marie-Ange
    De s’envoyer en l’air tantôt après quelques brasses dans l’eau.
    Mais elle est montée au plongeoir et m’a dit : « Fais le saut de l’ange »
    Alors je m’ suis pris un râteau et passé pour un rigolo.

    Illustration de Lou Shabner.

  • De tous les regards

    De tous les regards

    J’aimerais changer de regard et reconnaître un nouveau monde
    Avec les yeux des animaux de toutes les catégories.
    Voir comme un chat perché hagard, comme une mouche vagabonde
    À en avoir les lacrymaux remplis de fantasmagorie.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pythagore

    Pythagore

    Si les nuages étaient carrés plutôt que n’importe comment,
    Nous verrions l’ange Pythagore nous expliquer son théorème
    Par des cumulus bigarrés sur un ciel d’un bleu assommant
    Et nous comprendrions l’égrégore de l’hypoténuse suprême.

    Tableau de Gianni De Conno.

  • Diffractions

    Le petit trou de la serrure devient un œil qui se diffracte
    Lorsque la fente rétrécit jusqu’à devenir une loupe.
    Les rayons percent les ferrures et brusquement se décontractent
    Et leur finesse déprécie tant qu’on croirait une entourloupe.

    La lumière garde ses secrets dans l’art dont elle se comporte
    À la fois comme particule et onde électromagnétique.
    Dieu a voulu rester discret sur les miracles qu’il apporte
    Et il serait donc ridicule d’en traiter l’éclat d’hérétique.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Les dessous de la tatouée

    Les dessous de la tatouée

    Qui aurait cru que sous la robe se cachait un corps tatoué
    Dont les dessins enchevêtrés forment une bande dessinée ?
    Lorsque le public se dérobe, j’aime lire, je dois l’avouer,
    Ses aventures empêtrées dans l’amour de sa destinée.

    Tableau de Ray Caesar.

  • Le chat machine

    Le chat machine

    Toutes ces machines ensemble qui nous soulagent des travaux
    Forment une drôle de famille surtout les machines-à-laver.
    Comme la plupart se ressemblent, je ne dirai qu’un mot : « bravo »
    En revanche, lorsqu’elles dégobillent, l’eau se répand sur le pavé.

    Tableau de Ray Caesar.

  • Le rouge et la noire

    Le rouge et la noire

    Quand le rouge entre dans le noir, le sang ne se mélange pas
    Car la sève blanche qui sort reste cependant incolore.
    Monet, Van Gogh, même Renoir n’ont pu franchir ce mauvais pas
    Et mélange en plein essor donne un enfant versicolore.

    Tableau de Leonor Fini.

  • Semblablement

    Cette nuit-là, le chat botté ne semblait pas dans son assiette ;
    En chemise de nuit, ma femme ne semblait pas très réveillée
    Mais ses seins de pure beauté semblaient lui crever la nuisette
    Et je compris qu’un rêve infâme semblait me faire dérailler.

    Tableau de Dorothea Tanning.

  • Violée de lumière

    La porte s’ouvrît sans un bruit et le soleil la pénétra
    D’abord d’un rayon adressé directement à sa maîtresse.
    Puis la lumière ouvrit le fruit et tout son jus se perpétra
    Dans l’ombre sauvage agressée mais qui la remplit d’allégresse.

    Amy Adams photographiée par Boe Marion pour So-it-goes-magazine 2018.

  • La reine de la forêt

    La reine de la forêt

    Comme je passais sous un arbre, l’odeur me monta à la tête
    Et j’entendis une voix frêle dire : « S’il vous plaît embrassez-moi ! »
    Tandis que je restai de marbre, des lèvres semblables aux fleurettes
    D’un arôme de thym et de prêle mirent mon cœur en émoi.

    La reine des forêts – discrète à l’ordinaire dans ces bois –
    M’est apparue avec sa traîne faite de fleurs et de fougères.
    Je connus des amours secrètes telles qu’elles me laissèrent sans voix
    Et depuis ce jour je m’entraîne à biser la reine fourragère.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Partout à la fois

    Je vis partout à la fois dans la tête de chacun,
    Je suis moi et je suis toi, je suis lui et je suis elle.
    Je connais tous les émois et je n’en regrette aucun,
    Des soupirs entre les toits et des rires dans les ruelles.

    Je ris, je pleure et je chante à chaque instant, tous les jours ;
    Je passe du rire au larme, du bourreau à sa victime.
    Je surprends et m’épouvante de la haine et de l’amour
    Et je pousse un cri d’alarme d’une intimité ultime.

    « Têtes suspendues » exposées au Glasgow’s Art Gallery and Museum, Kelvingrove, en Écosse.

  • La balinaise

    La balinaise

    J’avoue je n’ai pas voyagé à Bali,
    Je ne connais pas le levant où pâlit
    Le soleil sur les passagers du Mali
    Qui se sont tous enfui devant l’hallali.

    J’avoue je n’ai jamais dansé à Bali,
    L’ensemble de mes connaissances a pâli
    Devant le malheur condensé du Mali
    Et les guerres en tumescence, l’hallali.

    Tableau de Vladimir Tretchikoff.

  • À la fenêtre

    À la fenêtre

    Je pourrais regarder ma vie par la fenêtre,
    Laisser la pluie frapper les carreaux protecteurs,
    M’enfermer, me garder à l’abri et renaître
    Hors du monde happé par le flot destructeur.

    Cette étrange impression quand j’entends les nouvelles
    Du monde à l’extérieur résonne dans ma maison.
    Toutes ces dépressions toujours se renouvellent
    Et moi, de l’intérieur, il pleut dans ma raison.

    Tableau de Vladimir Tretchikoff.

  • Le Pont-La vie

    Tous les matins le pont s’écarte, du moins son mouvement ressemble
    À une gymnastique de pierre, un étirement de tablier.
    Vous n’ le verrez pas sur les cartes, mais quand les bateaux s’y rassemblent
    Sur les barques fument les soupières sur les planches d’érabliers.

    Tous les soirs le pont se referme, du moins les ombres le resserrent
    Comme pour rapprocher des mains les rives jumelles opposées.
    Le jour s’étire et puis s’enferme sous un ciel noir qui se lacère
    De lassitude mais dès demain d’autres heurs seront proposés.

    Tableau de Dusan Djukaric.

  • Paris sous la pluie

    Il pleut ce matin à Paris, déambulent les parapluies,
    À pas pressés, à pas mouillés, à pas chassés par les bottiers,
    Les gens de tous les gabarits, passants entre gouttes de pluie,
    Sur les trottoirs déjà souillés par un printemps primesautier.

    La Tour Eiffel sous les nuages gratte le ciel qui la démange,
    Le champ-de-Mars joue les miroirs et montre les gens à l’envers,
    Dans la foule en plein remuage, on se confond, on se mélange
    Personne ne semble s’émouvoir qu’aujourd’hui le temps est couvert.

    Tableau de Dusan Djukaric.

  • Ô chat orange !

    Ô chat orange !

    Ô chat orange, roi des forêts,
    Que j’aime ta fourrure !
    Quand, par tes crocs, rats et souris
    Sont dévorés, tu t’en nourris,
    Mon beau matou, roi des forêts,
    C’est pour ta nourriture.

    Toi qu’ le hasard mena chez nous,
    Pour une vie entière !
    Joli chaton, comme il est doux
    Ton corps de félin blanc et roux !
    Toi qu’ le hasard mena chez nous
    Par une drôle de chatière !

    Mon beau matou, ton blanc collier,
    Ainsi que tes chaussettes !
    Que ton cri résonne à jamais
    Sur les montagnes et leurs sommets !
    Mon beau matou, tes blancs souliers,
    Roi du Massachussetts !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La pêche à l’aube

    La pêche à l’aube

    Silencieusement juste avant l’aurore,
    Officieusement dans la nuit encore,
    Chaleureusement les oiseaux pérorent.

    Sentencieusement le bateau s’avance,
    Tendancieusement le pêcheur devance
    Fallacieusement les eaux de jouvence.

    Consciencieusement les poissons approchent
    Malicieusement au-devant des croches,
    Délicieusement passent sous les roches.

    Tableau de Dusan Djukaric.

  • L’amour en mer – 1

    Je t’aimerai dans la mer bleue, dans la mer chaude et savoureuse
    Dans la mer Méditerranée et dans les mers occidentales.
    Parmi les rivages sableux et dans les dunes amoureuses
    Qui ne seront jamais surannées de nos étreintes sentimentales.

    Je t’aimerai dans la mer noire, dans la mer sombre et ténébreuse
    Et aussi dans la mer Caspienne et dans les mers orientales.
    Dans des voyages aux mémoires de nos amours les plus scabreuses
    Dont les odyssées olympiennes restent à jamais fondamentales.

    Tableau de Lorenzo Mattotti sur http:www.mattotti.com .

  • La pose en question

    La pose en question

    Tout est question de point de vue, d’observation et de patience.
    L’image peut paraître trompeuse quand la perspective s’absente.
    Est-ce un homme ou une femme nue qui met en doute votre défiance ?
    Or si cette pose est pompeuse, elle me paraît bien relaxante.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.