Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Cette région vers l’inconnu situé au cœur de l’entre-cuisse A fait chavirer les savants et surtout les théologiens. Or, quand je vois une femme nue, je ne pense pas que je puisse Faire autrement, tout en bavant, d’avoir un élan coccygien.
Tableau d’Eugenia Loli sur https:www.boumbang.comeugenia-loli .
Il appartient au connaisseur de faire son choix en magasin Pour trouver la femme de ses rêves et pas seulement dans les limbes. Hélas, depuis les oppresseurs et les censeurs un peu zinzins, La réprobation est si brève qu’elle finit par paraître dingue.
Tous les matins dans les campagnes, retentit un grand « hallali » Lorsque s’éveille la géante des monts, des bois et des forêts. C’est le titan de la montagne – que tout le monde appelle « Lily » – Qui ouvre sa gueule béante en braillant comme une mijaurée.
Tableau d’Eugenia Loli sur https:www.boumbang.comeugenia-loli .
Quand je rêve d’orange ça peut paraître étrange Mais lorsqu’elle est sanguine ou encore clémentine Le rêve devient juteux et le temps culbuteux Surtout s’il sort un ver du drôle de rêve en vers.
(Tableau de René Magritte sur http:www.mattesonart.com1947-1948-vache-period.aspx Le culbuteux est une sorte de larve ou un taon.)
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Elle filait du mauvais coton et tissait sa vie comme un pied Mais elle su se faire aider par la colombe de la paix. Elles se sont dit : « Détricotons tout cet ouvrage comme il nous sied ! Laissons les pieds se démerder et rabattons-leur le clapet ! »
J’ai fait un nœud à un beau rêve de peur de l’oublier au réveil Mais je ne sais plus dans quel songe je l’ai rattaché au cordon. Si l’un de vous faisant la grève à ses nuits blanches sans sommeil La trouve- ce n’est pas un mensonge – faites-lui danser un rigodon.
La caserne des anges-pompiers prévoit un sas en cas d’urgence Selon l’averse de démons qui vont s’abattre sur la Terre. Joyeux, ils partent d’un bon pied pour résorber les insurgences Mais laissent leurs ailes sur le timon ; il ne faut pas qu’on les repère.
Je rêve alors que je la suis dans un labyrinthe boisé. La coupe s’est transformée en fleur et l’ange à pris sa forme humaine. Je ne voudrais pas qu’elle me fuit et je voudrais l’apprivoiser Trop tard ! Je reste avec mes pleurs ; là, au début de la semaine.
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Peindre le monde à son image lui a demandé tout son cœur Et toute son âme et son corps, et tout l’esprit qu’elle a soufflé. Je sais comment lui rendre hommage sans se montrer alambiqueur En l’aimant encore et encore d’un amour jamais essoufflé.
J’écris des romans dans mes songes et je me souviens de certains récits Où je me voyais « Jules Verne » ou n’importe qui de son rang. Mais le matin, cruel mensonge, je me retrouve en Helvétie, Malheureusement pour ma gouverne, tout amnésique et ignorant.
Tableau inachevé « Le Rêve de Dickens » de Robert William Buss.
Comme un fantôme recueilli, comme un garde en méditation, L’arche m’invite à la rencontre de l’initiatique passage. Dans la lumière qui rejaillit, apparaît la contemplation D’un Dieu qui irait à l’encontre d’un trop facile apprentissage.
Comme si Dieu omniprésent décidait d’ouvrir son réseau Aux longs corridors espacés, galeries, vestibules et cloîtres Ainsi je chemine au présent vers le futur sous le préau Et je descends vers le passé où l’âme continue à croître.
Un clair de Lune sur la plage attise les plus beaux souhaits Surtout quand les cœurs désireux ont hâte de se marier. Ainsi les vœux en décalage sont accordés ou rabroués Selon le reflux généreux ou bien le flux contrarié.
Pas de fantôme sur la lande, juste un rendez-vous amoureux. À cette heure entre chien et loup, devant les ruines du château, Une femme aux amours gourmandes guette d’un regard langoureux Son amant qu’hier était jaloux de s’être fait mettre un râteau .
Le compositeur non-voyant tâta les courbes de son corps Et écrivit la partition sur la peau de la demoiselle. Le concerto, en envoyant la fille nue faire l’accord, Provoqua la disparition du maestro et sa pucelle.
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Dans le secret de la matrice, là, se cache une pyramide Qui, elle-même, constitue le moule de l’origine la vie. Voilà pourquoi la génitrice protège sa partie humide Car son utérus restitue l’énergie de sa propre survie.
Dans la foule à Venise, dans le flot des humains, Je me sens étourdi, je me sens étranger. Dans le flux des valises, les touristes en chemin Me donnent le tournis aux langues mélangées.
Elle avait entendu l’appel d’une voix qu’elle reconnaissait Comme appartenant à son fils disparu depuis des années. Elle descendit à la chapelle où elle allait se confesser Pour participer à l’office des renaissances instantanées.
Les chats n’ont pas vraiment neuf vies mais ont un ange fort efficace Qui, neuf fois, leur sauve la mise sauf la dixième. Fatalité ? C’est vrai qu’il n’a pas l’air ravi de devoir être perspicace Pour que chaque mort soit remise à Pâques ou à la trinité.
En vérité l’ange gardien, neuf fois sauvé son protégé, Deviendra un chat à son tour et le chat deviendra un ange. C’est le miracle circadien que réalisent ces potes âgés De dix-mille ans au compte-tours depuis que dure cet échange.
Elle s’était construit son nid toute seule et sans l’assistance Des oiseaux lui tournant autour pleins de bons conseils avisés. Mais leurs propositions honnies ne brisèrent pas sa résistance ; Elle fit son œuf sans le concours du moindre mâle ravisé.
Comme il s’était tranché l’oreille et donné la langue à sa chatte, Van Gogh lui laissa sa palette et son pinceau puis, son béret. Un oiseau la trouvant pareille au maître lui serra la patte Et Vincent peignit les starlettes le regarder, l’air sidéré.
Juste drapée d’étoffe blanche autour des reins comme une cape Elle attendait sur le rivage une rencontre, un inconnu. Il était très tôt ce dimanche sur la jetée, au bout du cap La brise fraîche sur le visage faisait frissonner son corps nu.
Dès lors qu’elle danse avec son ange, elle attrape le diable au corps Et ne supporte aucun vêtement, juste ses bas et ses chaussures. Lorsque vous apercevrez l’étrange duo qui, d’un parfait accord, Danse un tango indécemment, ne leur faites aucune censure.
Aussitôt que la femme est nue, elle se retransforme en ange Comme si des ailes invisibles se dégageaient de son bassin. Son gardien lui a convenu d’être présent dans le mélange De son auréole sensible et l’aréole de ses seins.
De la famille Jolinichon, j’avais croisé ces deux gamines, Inséparables comme à la ville et comme au lit ; ce fut grandiose ! Nous faisions sauter les bouchons de champagne aux amphétamines D’une façon presque servile, une véritable symbiose.
Elles m’invitèrent à la campagne dans leur vieille maison de famille Où je fus reçu par leur mère qui portait aussi bien son nom. Elle fut vite ma compagne et ses enfants, mes belles-filles, Joignirent leurs glandes mammaires à ma collection de canons.
La Töss ouvre en grand ses deux rives pour accueillir les estivants Avec îles pour les sirènes et barbecues pour les gourmands. Toute la journée elles arrivent, avec le soleil motivant, Les belles naïades sereines qui m’éliminent mes tourments.
Derrière la Töss, près des collines de jolis prés poussent en attente Des campeurs et de leurs copines qui viendront s’aimer sous la tente. Les papillons et libellules vous souhaiteront la bienvenue Mais gare aux tiques qui pullulent surtout si vous dormez tout nu !
Plus de poisson dans la rivière malgré toutes les tentatives Les humains ont mis des barrières et des cascades entre les rives. Tant pis pour le héron qui pêche et tant pis pour les canetons. Je ne dis pas que ça m’empêche de dormir mais c’est trop thon !
Tôt le matin, elle revient ponctuelle à l’heure coutumière De l’aurore saupoudrée des rêves que les anges ont fait de leurs mains. Lentement son âme devient tout illuminée de lumière Pour la diffuser sur la grève et la répandre sur les humains.
Puis vers le soir, sur le départ, les épaules chargées des souffrances Qu’elle a recueillies en échange des rêves d’or qu’elle a donnés, Vêtue d’argent, elle repart pour transformer en délivrance L’ouvrage réservé aux anges qui sauront bien les pardonner.
À partir d’un cristal de roche aussi pur que de l’eau limpide, Les fées mettent des anges au monde par une cristallisation. En pleine lune, elles l’accrochent sous la nitescence sapide Aux branches d’un arbre à losanges sacrés pour l’angélisation.
Lorsque la lune est bleue de nuit et que nous avons fait l’amour, Elle prend sa douche lunaire pour aider la fécondation. Toujours est-il que ça ne nuit ni au plaisir ni au glamour Car c’est assez spectaculaire de voir Vénus en pleine action.
En traversant la pataugeoire, j’ai proposé à Marie-Ange De s’envoyer en l’air tantôt après quelques brasses dans l’eau. Mais elle est montée au plongeoir et m’a dit : « Fais le saut de l’ange » Alors je m’ suis pris un râteau et passé pour un rigolo.
J’aimerais changer de regard et reconnaître un nouveau monde Avec les yeux des animaux de toutes les catégories. Voir comme un chat perché hagard, comme une mouche vagabonde À en avoir les lacrymaux remplis de fantasmagorie.
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Si les nuages étaient carrés plutôt que n’importe comment, Nous verrions l’ange Pythagore nous expliquer son théorème Par des cumulus bigarrés sur un ciel d’un bleu assommant Et nous comprendrions l’égrégore de l’hypoténuse suprême.
Le petit trou de la serrure devient un œil qui se diffracte Lorsque la fente rétrécit jusqu’à devenir une loupe. Les rayons percent les ferrures et brusquement se décontractent Et leur finesse déprécie tant qu’on croirait une entourloupe.
La lumière garde ses secrets dans l’art dont elle se comporte À la fois comme particule et onde électromagnétique. Dieu a voulu rester discret sur les miracles qu’il apporte Et il serait donc ridicule d’en traiter l’éclat d’hérétique.
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Qui aurait cru que sous la robe se cachait un corps tatoué Dont les dessins enchevêtrés forment une bande dessinée ? Lorsque le public se dérobe, j’aime lire, je dois l’avouer, Ses aventures empêtrées dans l’amour de sa destinée.
Toutes ces machines ensemble qui nous soulagent des travaux Forment une drôle de famille surtout les machines-à-laver. Comme la plupart se ressemblent, je ne dirai qu’un mot : « bravo » En revanche, lorsqu’elles dégobillent, l’eau se répand sur le pavé.
Quand le rouge entre dans le noir, le sang ne se mélange pas Car la sève blanche qui sort reste cependant incolore. Monet, Van Gogh, même Renoir n’ont pu franchir ce mauvais pas Et mélange en plein essor donne un enfant versicolore.
Cette nuit-là, le chat botté ne semblait pas dans son assiette ; En chemise de nuit, ma femme ne semblait pas très réveillée Mais ses seins de pure beauté semblaient lui crever la nuisette Et je compris qu’un rêve infâme semblait me faire dérailler.
La porte s’ouvrît sans un bruit et le soleil la pénétra D’abord d’un rayon adressé directement à sa maîtresse. Puis la lumière ouvrit le fruit et tout son jus se perpétra Dans l’ombre sauvage agressée mais qui la remplit d’allégresse.
Amy Adams photographiée par Boe Marion pour So-it-goes-magazine 2018.
Comme je passais sous un arbre, l’odeur me monta à la tête Et j’entendis une voix frêle dire : « S’il vous plaît embrassez-moi ! » Tandis que je restai de marbre, des lèvres semblables aux fleurettes D’un arôme de thym et de prêle mirent mon cœur en émoi.
La reine des forêts – discrète à l’ordinaire dans ces bois – M’est apparue avec sa traîne faite de fleurs et de fougères. Je connus des amours secrètes telles qu’elles me laissèrent sans voix Et depuis ce jour je m’entraîne à biser la reine fourragère.
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Je vis partout à la fois dans la tête de chacun, Je suis moi et je suis toi, je suis lui et je suis elle. Je connais tous les émois et je n’en regrette aucun, Des soupirs entre les toits et des rires dans les ruelles.
Je ris, je pleure et je chante à chaque instant, tous les jours ; Je passe du rire au larme, du bourreau à sa victime. Je surprends et m’épouvante de la haine et de l’amour Et je pousse un cri d’alarme d’une intimité ultime.
« Têtes suspendues » exposées au Glasgow’s Art Gallery and Museum, Kelvingrove, en Écosse.
J’avoue je n’ai pas voyagé à Bali, Je ne connais pas le levant où pâlit Le soleil sur les passagers du Mali Qui se sont tous enfui devant l’hallali.
J’avoue je n’ai jamais dansé à Bali, L’ensemble de mes connaissances a pâli Devant le malheur condensé du Mali Et les guerres en tumescence, l’hallali.
Je pourrais regarder ma vie par la fenêtre, Laisser la pluie frapper les carreaux protecteurs, M’enfermer, me garder à l’abri et renaître Hors du monde happé par le flot destructeur.
Cette étrange impression quand j’entends les nouvelles Du monde à l’extérieur résonne dans ma maison. Toutes ces dépressions toujours se renouvellent Et moi, de l’intérieur, il pleut dans ma raison.
Tous les matins le pont s’écarte, du moins son mouvement ressemble À une gymnastique de pierre, un étirement de tablier. Vous n’ le verrez pas sur les cartes, mais quand les bateaux s’y rassemblent Sur les barques fument les soupières sur les planches d’érabliers.
Tous les soirs le pont se referme, du moins les ombres le resserrent Comme pour rapprocher des mains les rives jumelles opposées. Le jour s’étire et puis s’enferme sous un ciel noir qui se lacère De lassitude mais dès demain d’autres heurs seront proposés.
Il pleut ce matin à Paris, déambulent les parapluies, À pas pressés, à pas mouillés, à pas chassés par les bottiers, Les gens de tous les gabarits, passants entre gouttes de pluie, Sur les trottoirs déjà souillés par un printemps primesautier.
La Tour Eiffel sous les nuages gratte le ciel qui la démange, Le champ-de-Mars joue les miroirs et montre les gens à l’envers, Dans la foule en plein remuage, on se confond, on se mélange Personne ne semble s’émouvoir qu’aujourd’hui le temps est couvert.
Ô chat orange, roi des forêts, Que j’aime ta fourrure ! Quand, par tes crocs, rats et souris Sont dévorés, tu t’en nourris, Mon beau matou, roi des forêts, C’est pour ta nourriture.
Toi qu’ le hasard mena chez nous, Pour une vie entière ! Joli chaton, comme il est doux Ton corps de félin blanc et roux ! Toi qu’ le hasard mena chez nous Par une drôle de chatière !
Mon beau matou, ton blanc collier, Ainsi que tes chaussettes ! Que ton cri résonne à jamais Sur les montagnes et leurs sommets ! Mon beau matou, tes blancs souliers, Roi du Massachussetts !
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Je t’aimerai dans la mer bleue, dans la mer chaude et savoureuse Dans la mer Méditerranée et dans les mers occidentales. Parmi les rivages sableux et dans les dunes amoureuses Qui ne seront jamais surannées de nos étreintes sentimentales.
Je t’aimerai dans la mer noire, dans la mer sombre et ténébreuse Et aussi dans la mer Caspienne et dans les mers orientales. Dans des voyages aux mémoires de nos amours les plus scabreuses Dont les odyssées olympiennes restent à jamais fondamentales.
Tableau de Lorenzo Mattotti sur http:www.mattotti.com .
Tout est question de point de vue, d’observation et de patience. L’image peut paraître trompeuse quand la perspective s’absente. Est-ce un homme ou une femme nue qui met en doute votre défiance ? Or si cette pose est pompeuse, elle me paraît bien relaxante.
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