Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Un peu artiste, beaucoup fantasque, avec des fleurs à la folie, Ma belle-fille est bien l’épouse qui convenait à mon cher fils. Mais ses belles parures démasquent des sentiments, pas très jolis ; Une petite femme jalouse derrière tous ces artifices.
La main, organe préhensile s’adapte au corps parfaitement Surtout les parties délicieuses qui font le charme féminin. Point n’est besoin d’autre ustensile à l’organe d’allaitement Que mes phalanges précieuses pour en sentir tout le tanin.
Quand ma main fait supination, la paume ouverte pour demander, Elle soupèse l’instrument comme une pâte parfumée. Lorsqu’elle se met en pronation, paume tournée pour commander, Elle en tâte les téguments pour les pincer et assumer.
Évidemment les femmes cachent leurs mamelles hors de ma portée ; Alors je n’ai plus que mes yeux pour les caresser du regard. Que voulez-vous ? Je m’y attache. Ces fantasmes m’ont transporté Dans des poèmes délicieux ; vos jolis seins me rendent hagard.
À quatre pattes sur le siège de sa voiture, portière ouverte, Elle essayait péniblement de fouiller dans la boîte à gant. Sans redouter le moindre piège, elle se sentit découverte D’une grande claque horriblement donnée par un mec arrogant.
Quand cette fessée magistrale retentit sur son postérieur, Une vague d’humiliation se diffusa jusqu’à ses joues. Comme un violent coup de Mistral, de forte chaleur supérieure Avec une assimilation de violence qui s’en déjoue.
Alors qu’elle tentait de comprendre elle entendit une voix hilare Grave, tranquille et moraliste pour être clairement entendue : « Jeune fille, il vous faut apprendre que nous sommes tous des vicelards Mais surtout traditionalistes : Tout cul tendu mérite son dû ! »
Elle ressemblait à une artiste, chanteuse de charme ou comédienne ; Je l’appelait « Françoise Hardy » mais elle se moquait de moi. Elle me traitait d’ « Saint-Jean-Baptiste » comme la ville canadienne À cause de mon bec hardi et mon accent de québécois.
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Lorsque je passais la chercher pour l’emmener au restaurant, Elle demandait comment se fringuer : vêtue en garçon ou en fille ? J’aimais ses petits seins perchés et répondait corroborant Que j’aime ses robes distinguées d’un tout petit rien qui l’habille.
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À sa manière de se mouvoir en se balançant en arrière, Je subodore qu’elle a le blues d’être enfermée entre ses murs. Puisque je n’ai pas le pouvoir de lui entrouvrir ses barrières, Pour ne pas la rendre jalouse, je vais lui dire dans un murmure…
Qu’aujourd’hui je reste avec elle et demain et après-demain ; Et même définitivement si elle veut de moi dans sa vie. Je lui chuchote la nouvelle, elle sourit, me prend la main Et puis, irrévocablement, elle m’embrasse, elle est ravie.
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D’abord elle voit avec les yeux puis, elle observe avec le corps Ensuite les jambes regardent avec le ventre et puis, les bras. Cette pose, fort délicieuse, me rappelle aujourd’hui encore Que sa grâce se sauvegarde quand son buste est comme un cobra.
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Lorsqu’elle était petite fille et s’habillait en calicot, Je l’appelais « Rayon de Lune » et plus souvent « Fleur de Soleil ». Elle éclairait notre famille par la couleur coquelicot De ses joues rouges et opportunes comme la fleur de joie qui s’éveille.
Le premier phénix de l’histoire sortit de l’œuf d’une déesse Qui l’avait conçu dans un rêve qui renaissait toutes les nuits. De sa vision prémonitoire, elle accomplit cette prouesse Créer l’oiseau à la vie brève d’une éternité qui reluit.
J’ai pris en photo le départ de mon âme quand je m’endors Et qui rejoint l’archangélique source de tout être vivant. Lorsqu’elle force le rempart que l’esprit garde comme l’or Elle redevient angélique dans une flamme me ravivant.
Du néant surgit la lumière, le temps, l’espace et la matière Comme si Dieu frappait du poing son imperceptible substance. La véridicité première forge mon âme tout entière Chaque fois qu’en un ou plusieurs points s’en produit la coexistence.
Chaque soir est le même soir, le même instant qui se répète Comme si le temps se pliait comme un roman interminable. Je les sentais comme un pressoir dont une force centripète M’obligeait et me suppliait d’en percer l’ère imaginable.
Dès que la porte du conscient lâche la bride à l’inconscient, Le cœur, aussitôt libéré, remonte vers ses origines. La lutte avec le subconscient cesse et l’âme en se différenciant Se reconnecte à l’éthéré monde des anges androgynes.
La porte s’ouvre tous les soirs sur un moment d’intimité Lorsque les corps sont libérés de l’ascendance de l’esprit. Car son emprise est un pressoir qui emprisonne l’illimité De l’aptitude délibérée à fuir tout ce qu’on a appris.
Comme cela faisait quelques jours que j’étais, inopinément, Venu d’abord la rencontrer puis, tenté de l’apprivoiser, Elle m’attendait dans son séjour au crépuscule, précisément, Et moi, j’étais déconcentré, il n’y a pas de quoi pavoiser.
Matin de rencontre amoureuse au bord de l’étang des étoiles. J’étais, comme à l’accoutumée, venu chercher l’inspiration. Elle était ainsi, vaporeuse, baignée de brumes et de voiles, Juste vêtue et costumée de sa propre respiration.
Toutes les femmes laides adoraient Picasso Car il les arrangeait en peignant leur portrait. Elles appréciaient l’aide qu’apportaient ses pinceaux Et qui avantageaient leurs ridicules attraits.
Tableau « Jeune fille sur une chaise » 1952 de Pablo Picasso.
Madame est d’avant-garde et fait ses essayages. Comment trouver l’idée pour la fête ce soir ? Elle veut qu’on la regarde avecsans maquillage. Alors c’est décidé, il faut un accessoire !
Son vieux jean tout usé, jeté sur les épaules Ou même sur la tête comme un joli foulard… Non, ça c’est refusé ! Ce sera une étole Qu’elle mettra pour la fête au club des cagoulards.
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Elle était belle, elle était chaude mais elle n’était pas légionnaire. En revanche à voir ses obus, elle aurait pu faire artilleur ; À voir ses mamelles rougeaudes, elle aurait pu être missionnaire ; Et à voir ses fesses imbues, j’ n’aurais pas été pinailleur.
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Hélas, je ne peux rien écrire, elle se voile le visage. Dommage car j’aurais bien voyagé dans l’océan bleu de ses yeux ; Je ne pourrai dire son sourire ni ce que mon cœur envisage. Mais je peux vous faire partager qu’elle se réserve aux audacieux.
Le cul possède son cerveau et les fesses, leurs propres cervelles Et il convient de méditer le postérieur bien dégagé. Enlevez tous ces écheveaux de tissus pour que se renouvellent Les fantasmes prémédités de votre sexe à partager.
Une femme, tout simplement, le chef-d’œuvre est déjà signé Et je ne vois pas bien comment faire mieux que le créateur. Sa propre mère est amplement et spontanément désignée Et son père a dû, un moment, mettre du sien procréateur.
Mais l’érotisme qui se dégage offre une nouvelle dimension, D’autres couleurs, d’autres horizons, que l’amour seul peut apporter. Point n’est besoin d’autre bagage que le charme met sous tension Pour sortir le cœur de prison, l’entrouvrir et le transporter.
C’est incroyable mais c’est vrai ! Vous êtes nu dans le journal ! Bien sûr, c’est un tirage unique ; elle ne sait pas, évidemment. La seule chose qui l’effraie, c’est la tentation infernale D’ôter très vite sa tunique et vérifier concomitamment.
Quand elle me regarde en arrière comme pour jeter son regard, Je sais déjà qu’elle prépare une de ses cachoteries. Je le sais bien ; je suis derrière et je lui tend, d’un air hagard, Dans l’espace qui nous sépare, un genre de cajolerie.
« Plus belle que moi, tu mourras ! » Pensait-elle en apercevant Cette rivale qui lui vole les baisers du prince charmant. « Tu peux faire ce que tu pourras ! » Pensait l’autre en s’esquivant D’un air satisfait mais frivole après un temps d’égarement.
Surprenez-la dès le matin, juste au moment de son départ ; Placez-vous nu sur une chaise et bandez de toutes vos forces. Si elle se comporte en catin et vous traite de salopard, Dites-lui simplement à l’aise : « Cette fois, chérie, je divorce ! »
Des perles en guise de robe, voilà une idée merveilleuse ! Mais dans ce cas, quelle culotte porter pour assortir le tout ? Pas de problème ! Elle se dérobe sous un tas de plumes soyeuses De couleur rose et rigolotes, éparpillées un peu partout.
Ne portez plus de soutien-gorge mais un foulard autour du cou De la couleur de la culotte ; l’orange marquera le coup. Lorsque le fantasme se forge dans le regard de votre époux, Savourez lorsqu’il vous pelote et trouve vos seins à son goût.
Si par hasard une bretelle s’envole du décolleté, Si d’aventure la deuxième retombe de l’autre côté, Ce n’est que simple bagatelle, il vous suffira d’agiter Un éventail mais le problème risque d’être déculottée.
Pour être en forme le matin, un petit peu de gymnastique Le soir avant de se coucher juste au moment du crépuscule. Après, dans les draps de satin, passer alors à la pratique À l’aide d’un mâle embouché et jouir quand il éjacule
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Nec plus ultra dans les restos cet été aux camps de nudistes. Portez juste un rien qui habille, de l’or, des diamants et du fard. Vous rendrez illico presto jaloux les exhibitionnistes Dont seuls les bijoux de famille leur accaparent le regard.
Les bons cocktails donnent au sexe l’alcool tiré des bonnes caves Comme le sexe apporte au cœur sa plus délicieuse faveur. Imaginez son suc convexe plongé dans un verre concave Qui en distille la liqueur de la plus exquise saveur.
Les veinards de l’autre hémisphère célèbrent Noël en été Je ne vois pas quelle est la raison qui nous empêche d’en faire autant. Il suffit pour me satisfaire tout simplement de décréter Que Noël occupe deux saisons et doubler les cadeaux d’autant.
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Ses rêves ouvrent une fenêtre dans les murs d’ennui de ses jours L’aventure inonde l’espace et tout résonne dans un chœur. Et que croyez-vous qu’il va naître dans la lumière à contrejour ? Vous saurez tout ce qui s’y passe en lisant son cœur chroniqueur.
Qu’une femme fleurisse d’amour et aussitôt des papillons, Comme des anges de beauté, viennent papillonner ses yeux. Et que dire des belles-de-jour qui s’ouvrent comme un portillon Pour laisser le cœur barboter dans ses effluves capricieux.
Il y a la femme qu’on oublie, il y a la femme qu’on oublie ; Il y a la femme publique et la pute de la république. Aucun besoin de se défendre, la femme vend, la femme fait vendre Et on dira qu’il faut tuer le métier de prostituée !
J’aime tremper la femme nue comme plume dans l’encrier Et lui écrire des mots d’amour par la caresse de son corps Sur le papier vélin grenu en grandes lettres pour crier Tout ce que j’aime au jour le jour : elle-même, et son âme et son corps.
Dans notre bonne république, nous votons afin de vouloir Choisir entre femme publique et l’homme qui se vend au pouvoir. Si la première est nécessaire à ceux qui vivent chichement, Le second en est l’adversaire …
… dans tous les arrondissements. … sauf en cas d’investissement. … sauf pour les divertissements.
Les chansons douces des sirènes ont toujours été de mon goût Surtout celles des mois de juillet, d’août et la vierge de septembre. Car l’été couronne ces reines autant que le public s’engoue Et j’ai déjà pris mon billet aux concerts de musique en chambre.
Des tahitiennes de Gauguin à celles des îles Marquises, Des paysages d’hawaïennes aux couronnes et jupes de fleurs, Je vous l’avoue, j’ai le béguin pour ces jolies perles exquises Mais j’ai trouvé une Fabienne qui peint ses bateaux à Honfleur.
Le phénix renaît de ses cendres et ne serait né qu’une fois D’un œuf de feu et mordoré sorti du volcan de maman. Enfants, quand vous voyez descendre la pluie que le ciel vous envoie, Observez les gouttes dorées, ce sont ses plumes d’ornement.
Je revois toujours Dolorès ; ses enfants ne sont plus jaloux. Il paraît que Soleil-qui-rit me considère comme un ami. Soleil-qui-pleure n’a pas compris et me voit comme son ennemi. Que voulez-vous ? Elle m’intéresse mais je l’approche à pas de loup.
Depuis, nous sommes mariés et nous vivons dans l’allégresse. Les deux enfants m’ont accepté et figurent sur mon testament. Je ne veux pas les contrarier mais les enfants de Dolorès Ont consenti de m’excepter de la liste des mauvais amants.
Tandis que je tâtais leur mère, ses deux fils ont fait irruption. Soleil-qui-rit m’a éclairé sur tout ce qui s’était passé. Puis, d’une manière assez sommaire, il m’offrit une interruption Avec un peu de vin clairet d’un air grivois et compassé.
Soleil-qui-pleure n’étant pas tendre – et c’est là son moindre défaut – De ma visite prit ombrage – il défendait sa forteresse – Comme je n’avais rien à attendre de rester là en porte-à-faux, J’ai préféré passer l’orage et dit adieu à Dolorès.
Les saules rieurs savent tout, notamment sur la Dolorès Qui vient souvent se mirer nue dans les eaux du fleuve aux couleurs. Je leur dois mon meilleur atout : le récit d’une centauresse Qui aurait suivi l’inconnue jusqu’à ses premières douleurs.
« Douleurs de quoi, douleurs de qui ? » Demandai-je à la fabuleuse Créature mi jument- mi femme qui ressemble un peu à ma sœur. « Elle a lu un cadavre exquis qui l’a rendue tant enjôleuse Qu’elle en a eu des crampes infâmes ; elle attend tes mains de masseur. »
Lorsque je frappai à sa porte, la centauresse vint m’ouvrir Et m’indiqua par l’escalier qu’elle m’attendait dans sa chambre. Arrivé là-haut, elle s’emporte : « Comment as-tu me faire souffrir ? Ton texte était fou à lier, j’en ai tremblé de tous mes membres ! »
Je n’ai rien dit, juste écouté ensuite, mes mains ont parlé Je lui expliquai de mes doigts sur son corps nu aux bons endroits Les phrases qu’il fallait goûter avec caresses en pourparlers De manière à, comme il se doit, lui remettre les idées à l’endroit.
Au bord du fleuve indélébile qui charrie les couleurs du temps, Deux saules rieurs se racontent comment le soleil est tombé. Comment après sa course débile il commit l’erreur du débutant En voulant se prendre à son compte toutes les étoiles surplombées.
J’ n’oublierai jamais son visage, pourtant l’image m’est impossible ; Je me souviens de tous ses traits mais son minois reste caché. J’y vois quand même le doux présage que c’est elle un jour, impassible, Qui reconnaîtra mon portrait et que je ne dois rien gâcher.
Le chat parti, les souris dansent et les intempéries aussi. Toutes les grenouilles ont quitté et leur échelle et leur bocal ; Les vents ont prit l’indépendance et les orages s’associent Avec les averses acquittées pour inonder notre local.
Au deuxième amour de voyage les premiers pas vous mettes à l’aise Les langues reviennent très vite dans les endroits appréciés. On pense même au mariage en veillant bien, à Dieu ne plaise, Que les traditions nous invitent à l’espoir que vous caressiez.
Le premier amour de voyage dans une contrée inconnue Apporte sa première langue étrangère à embrasser. Posséder le don du langage ouvre les lits les plus connus Mais, par un effet boomerang, vous êtes vites remplacés.