Catégorie : Reflets Vers inédits

Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.

  • La fin du blues

    La fin du blues

    À sa manière de se mouvoir en se balançant en arrière,
    Je subodore qu’elle a le blues d’être enfermée entre ses murs.
    Puisque je n’ai pas le pouvoir de lui entrouvrir ses barrières,
    Pour ne pas la rendre jalouse, je vais lui dire dans un murmure…

    Qu’aujourd’hui je reste avec elle et demain et après-demain ;
    Et même définitivement si elle veut de moi dans sa vie.
    Je lui chuchote la nouvelle, elle sourit, me prend la main
    Et puis, irrévocablement, elle m’embrasse, elle est ravie.

    Tableau d’Izumi Kogahara sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201806Izumi-Kogahara-Abstract-Painter.html .

  • Comme un cobra

    Comme un cobra

    D’abord elle voit avec les yeux puis, elle observe avec le corps
    Ensuite les jambes regardent avec le ventre et puis, les bras.
    Cette pose, fort délicieuse, me rappelle aujourd’hui encore
    Que sa grâce se sauvegarde quand son buste est comme un cobra.

    Tableau d’Izumi Kogahara sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201806Izumi-Kogahara-Abstract-Painter.html .

  • Fleur de Soleil

    Fleur de Soleil

    Lorsqu’elle était petite fille et s’habillait en calicot,
    Je l’appelais « Rayon de Lune » et plus souvent « Fleur de Soleil ».
    Elle éclairait notre famille par la couleur coquelicot
    De ses joues rouges et opportunes comme la fleur de joie qui s’éveille.

    Aquarelle de Janet Rogers.

  • La naissance du phénix

    La naissance du phénix

    Le premier phénix de l’histoire sortit de l’œuf d’une déesse
    Qui l’avait conçu dans un rêve qui renaissait toutes les nuits.
    De sa vision prémonitoire, elle accomplit cette prouesse
    Créer l’oiseau à la vie brève d’une éternité qui reluit.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Retour angélique

    Retour angélique

    J’ai pris en photo le départ de mon âme quand je m’endors
    Et qui rejoint l’archangélique source de tout être vivant.
    Lorsqu’elle force le rempart que l’esprit garde comme l’or
    Elle redevient angélique dans une flamme me ravivant.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Les atomes ensemble

    Les atomes ensemble

    Du néant surgit la lumière, le temps, l’espace et la matière
    Comme si Dieu frappait du poing son imperceptible substance.
    La véridicité première forge mon âme tout entière
    Chaque fois qu’en un ou plusieurs points s’en produit la coexistence.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Le soir de toutes les nuits

    Le soir de toutes les nuits

    Chaque soir est le même soir, le même instant qui se répète
    Comme si le temps se pliait comme un roman interminable.
    Je les sentais comme un pressoir dont une force centripète
    M’obligeait et me suppliait d’en percer l’ère imaginable.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • La nuit mystique

    La nuit mystique

    Dès que la porte du conscient lâche la bride à l’inconscient,
    Le cœur, aussitôt libéré, remonte vers ses origines.
    La lutte avec le subconscient cesse et l’âme en se différenciant
    Se reconnecte à l’éthéré monde des anges androgynes.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Tendre spirale

    Tendre spirale

    La porte s’ouvre tous les soirs sur un moment d’intimité
    Lorsque les corps sont libérés de l’ascendance de l’esprit.
    Car son emprise est un pressoir qui emprisonne l’illimité
    De l’aptitude délibérée à fuir tout ce qu’on a appris.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Phosphoreuse

    Phosphoreuse

    Comme cela faisait quelques jours que j’étais, inopinément,
    Venu d’abord la rencontrer puis, tenté de l’apprivoiser,
    Elle m’attendait dans son séjour au crépuscule, précisément,
    Et moi, j’étais déconcentré, il n’y a pas de quoi pavoiser.

    Tableau de Miho Hirano.

  • Vaporeuse

    Vaporeuse

    Matin de rencontre amoureuse au bord de l’étang des étoiles.
    J’étais, comme à l’accoutumée, venu chercher l’inspiration.
    Elle était ainsi, vaporeuse, baignée de brumes et de voiles,
    Juste vêtue et costumée de sa propre respiration.

    Tableau de Miho Hirano.

  • Le miracle Picasso

    Le miracle Picasso

    Toutes les femmes laides adoraient Picasso
    Car il les arrangeait en peignant leur portrait.
    Elles appréciaient l’aide qu’apportaient ses pinceaux
    Et qui avantageaient leurs ridicules attraits.

    Tableau « Jeune fille sur une chaise » 1952 de Pablo Picasso.

  • Essayages

    Madame est d’avant-garde et fait ses essayages.
    Comment trouver l’idée pour la fête ce soir ?
    Elle veut qu’on la regarde avecsans maquillage.
    Alors c’est décidé, il faut un accessoire !

    Son vieux jean tout usé, jeté sur les épaules
    Ou même sur la tête comme un joli foulard…
    Non, ça c’est refusé ! Ce sera une étole
    Qu’elle mettra pour la fête au club des cagoulards.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Sable chaud

    Elle était belle, elle était chaude mais elle n’était pas légionnaire.
    En revanche à voir ses obus, elle aurait pu faire artilleur ;
    À voir ses mamelles rougeaudes, elle aurait pu être missionnaire ;
    Et à voir ses fesses imbues, j’ n’aurais pas été pinailleur.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Tant pis !

    Tant pis !

    Hélas, je ne peux rien écrire, elle se voile le visage.
    Dommage car j’aurais bien voyagé dans l’océan bleu de ses yeux ;
    Je ne pourrai dire son sourire ni ce que mon cœur envisage.
    Mais je peux vous faire partager qu’elle se réserve aux audacieux.

    Illustration de Roy Price.

  • Méditation

    Méditation

    Le cul possède son cerveau et les fesses, leurs propres cervelles
    Et il convient de méditer le postérieur bien dégagé.
    Enlevez tous ces écheveaux de tissus pour que se renouvellent
    Les fantasmes prémédités de votre sexe à partager.

    Tableau d’Iwona Wierkowska-Rogowska.

  • Avant après

    Une femme, tout simplement, le chef-d’œuvre est déjà signé
    Et je ne vois pas bien comment faire mieux que le créateur.
    Sa propre mère est amplement et spontanément désignée
    Et son père a dû, un moment, mettre du sien procréateur.

    Mais l’érotisme qui se dégage offre une nouvelle dimension,
    D’autres couleurs, d’autres horizons, que l’amour seul peut apporter.
    Point n’est besoin d’autre bagage que le charme met sous tension
    Pour sortir le cœur de prison, l’entrouvrir et le transporter.

    Audrey Yakovkev vue par Yossi Kotler.

  • Surprise du matin – 2

    Surprise du matin - 2

    C’est incroyable mais c’est vrai ! Vous êtes nu dans le journal !
    Bien sûr, c’est un tirage unique ; elle ne sait pas, évidemment.
    La seule chose qui l’effraie, c’est la tentation infernale
    D’ôter très vite sa tunique et vérifier concomitamment.

    Photo de Jane Fonda dans Paris-Match.

  • Ces yeux-là

    Ces yeux-là

    Quand elle me regarde en arrière comme pour jeter son regard,
    Je sais déjà qu’elle prépare une de ses cachoteries.
    Je le sais bien ; je suis derrière et je lui tend, d’un air hagard,
    Dans l’espace qui nous sépare, un genre de cajolerie.

    Illustration de Natasa Buha.

  • Rivalités

    Rivalités

    « Plus belle que moi, tu mourras ! » Pensait-elle en apercevant
    Cette rivale qui lui vole les baisers du prince charmant.
    « Tu peux faire ce que tu pourras ! » Pensait l’autre en s’esquivant
    D’un air satisfait mais frivole après un temps d’égarement.

    Illustration d’Edwin Georgi.

  • Surprise du matin – 1

    Surprise du matin - 1

    Surprenez-la dès le matin, juste au moment de son départ ;
    Placez-vous nu sur une chaise et bandez de toutes vos forces.
    Si elle se comporte en catin et vous traite de salopard,
    Dites-lui simplement à l’aise : « Cette fois, chérie, je divorce ! »

    Illustration d’Ernest Chiriaka.

  • Les plumes roses

    Les plumes roses

    Des perles en guise de robe, voilà une idée merveilleuse !
    Mais dans ce cas, quelle culotte porter pour assortir le tout ?
    Pas de problème ! Elle se dérobe sous un tas de plumes soyeuses
    De couleur rose et rigolotes, éparpillées un peu partout.

    Illustration de Robert McGinnis.

  • Le foulard orange

    Le foulard orange

    Ne portez plus de soutien-gorge mais un foulard autour du cou
    De la couleur de la culotte ; l’orange marquera le coup.
    Lorsque le fantasme se forge dans le regard de votre époux,
    Savourez lorsqu’il vous pelote et trouve vos seins à son goût.

    Illustration de Robert McGinnis.

  • L’éventail bleu

    L’éventail bleu

    Si par hasard une bretelle s’envole du décolleté,
    Si d’aventure la deuxième retombe de l’autre côté,
    Ce n’est que simple bagatelle, il vous suffira d’agiter
    Un éventail mais le problème risque d’être déculottée.

    Illustration de Robert McGinnis.

  • Gymnastique du soir

    Gymnastique du soir

    Pour être en forme le matin, un petit peu de gymnastique
    Le soir avant de se coucher juste au moment du crépuscule.
    Après, dans les draps de satin, passer alors à la pratique
    À l’aide d’un mâle embouché et jouir quand il éjacule

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Nec plus ultra

    Nec plus ultra

    Nec plus ultra dans les restos cet été aux camps de nudistes.
    Portez juste un rien qui habille, de l’or, des diamants et du fard.
    Vous rendrez illico presto jaloux les exhibitionnistes
    Dont seuls les bijoux de famille leur accaparent le regard.

    Tableau de Marius Markowsky.

  • De la plus exquise saveur

    De la plus exquise saveur

    Les bons cocktails donnent au sexe l’alcool tiré des bonnes caves
    Comme le sexe apporte au cœur sa plus délicieuse faveur.
    Imaginez son suc convexe plongé dans un verre concave
    Qui en distille la liqueur de la plus exquise saveur.

    Tableau de Danny Byl.

  • Noël en été

    Noël en été

    Les veinards de l’autre hémisphère célèbrent Noël en été
    Je ne vois pas quelle est la raison qui nous empêche d’en faire autant.
    Il suffit pour me satisfaire tout simplement de décréter
    Que Noël occupe deux saisons et doubler les cadeaux d’autant.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le cœur chroniqueur

    Le cœur chroniqueur

    Ses rêves ouvrent une fenêtre dans les murs d’ennui de ses jours
    L’aventure inonde l’espace et tout résonne dans un chœur.
    Et que croyez-vous qu’il va naître dans la lumière à contrejour ?
    Vous saurez tout ce qui s’y passe en lisant son cœur chroniqueur.

    Tableau de Kitty Jujube.

  • Les femmes-papillon

    Les femmes-papillon

    Qu’une femme fleurisse d’amour et aussitôt des papillons,
    Comme des anges de beauté, viennent papillonner ses yeux.
    Et que dire des belles-de-jour qui s’ouvrent comme un portillon
    Pour laisser le cœur barboter dans ses effluves capricieux.

    Tableau de Phresha.

  • La femme publique – 2

    La femme publique - 2

    Il y a la femme qu’on oublie, il y a la femme qu’on oublie ;
    Il y a la femme publique et la pute de la république.
    Aucun besoin de se défendre, la femme vend, la femme fait vendre
    Et on dira qu’il faut tuer le métier de prostituée !

    Collage de Derek Gores.

  • La femme plume

    La femme plume

    J’aime tremper la femme nue comme plume dans l’encrier
    Et lui écrire des mots d’amour par la caresse de son corps
    Sur le papier vélin grenu en grandes lettres pour crier
    Tout ce que j’aime au jour le jour : elle-même, et son âme et son corps.

    Tableau de Nicola Villa.

  • La femme publique – 1

    La femme publique - 1

    Dans notre bonne république, nous votons afin de vouloir
    Choisir entre femme publique et l’homme qui se vend au pouvoir.
    Si la première est nécessaire à ceux qui vivent chichement,
    Le second en est l’adversaire …

    … dans tous les arrondissements.
    … sauf en cas d’investissement.
    … sauf pour les divertissements.

    Tableau « Yumi » de Jaya Suberg.

  • Le chant des sirènes de l’été

    Le chant des sirènes de l’été

    Les chansons douces des sirènes ont toujours été de mon goût
    Surtout celles des mois de juillet, d’août et la vierge de septembre.
    Car l’été couronne ces reines autant que le public s’engoue
    Et j’ai déjà pris mon billet aux concerts de musique en chambre.

    Tableau de Shiloh Sophia McCloud.

  • Les perles exquises

    Les perles exquises

    Des tahitiennes de Gauguin à celles des îles Marquises,
    Des paysages d’hawaïennes aux couronnes et jupes de fleurs,
    Je vous l’avoue, j’ai le béguin pour ces jolies perles exquises
    Mais j’ai trouvé une Fabienne qui peint ses bateaux à Honfleur.

    Tableau de Maya Telford.

  • La maman des phénix

    La maman des phénix

    Le phénix renaît de ses cendres et ne serait né qu’une fois
    D’un œuf de feu et mordoré sorti du volcan de maman.
    Enfants, quand vous voyez descendre la pluie que le ciel vous envoie,
    Observez les gouttes dorées, ce sont ses plumes d’ornement.

    Tableau de Shiloh Sophia McCloud.

  • Les yeux de la Dolorès – 5

    Je revois toujours Dolorès ; ses enfants ne sont plus jaloux.
    Il paraît que Soleil-qui-rit me considère comme un ami.
    Soleil-qui-pleure n’a pas compris et me voit comme son ennemi.
    Que voulez-vous ? Elle m’intéresse mais je l’approche à pas de loup.

    Depuis, nous sommes mariés et nous vivons dans l’allégresse.
    Les deux enfants m’ont accepté et figurent sur mon testament.
    Je ne veux pas les contrarier mais les enfants de Dolorès
    Ont consenti de m’excepter de la liste des mauvais amants.

    Tableaux de Michael Shapcott.

  • Soleil qui rit, soleil qui pleure

    Tandis que je tâtais leur mère, ses deux fils ont fait irruption.
    Soleil-qui-rit m’a éclairé sur tout ce qui s’était passé.
    Puis, d’une manière assez sommaire, il m’offrit une interruption
    Avec un peu de vin clairet d’un air grivois et compassé.

    Soleil-qui-pleure n’étant pas tendre – et c’est là son moindre défaut –
    De ma visite prit ombrage – il défendait sa forteresse –
    Comme je n’avais rien à attendre de rester là en porte-à-faux,
    J’ai préféré passer l’orage et dit adieu à Dolorès.

    Tableaux de Michael Shapcott.

  • Les yeux de la Dolorès – 3

    Les yeux de la Dolorès - 3

    Les saules rieurs savent tout, notamment sur la Dolorès
    Qui vient souvent se mirer nue dans les eaux du fleuve aux couleurs.
    Je leur dois mon meilleur atout : le récit d’une centauresse
    Qui aurait suivi l’inconnue jusqu’à ses premières douleurs.

    « Douleurs de quoi, douleurs de qui ? » Demandai-je à la fabuleuse
    Créature mi jument- mi femme qui ressemble un peu à ma sœur.
    « Elle a lu un cadavre exquis qui l’a rendue tant enjôleuse
    Qu’elle en a eu des crampes infâmes ; elle attend tes mains de masseur. »

    Tableau de Susann Sines.

  • Les yeux de la Dolorès – 4

    Lorsque je frappai à sa porte, la centauresse vint m’ouvrir
    Et m’indiqua par l’escalier qu’elle m’attendait dans sa chambre.
    Arrivé là-haut, elle s’emporte : « Comment as-tu me faire souffrir ?
    Ton texte était fou à lier, j’en ai tremblé de tous mes membres ! »

    Je n’ai rien dit, juste écouté ensuite, mes mains ont parlé
    Je lui expliquai de mes doigts sur son corps nu aux bons endroits
    Les phrases qu’il fallait goûter avec caresses en pourparlers
    De manière à, comme il se doit, lui remettre les idées à l’endroit.

    Tableaux de Michael Shapcott.

  • Les saules rieurs

    Les saules rieurs

    Au bord du fleuve indélébile qui charrie les couleurs du temps,
    Deux saules rieurs se racontent comment le soleil est tombé.
    Comment après sa course débile il commit l’erreur du débutant
    En voulant se prendre à son compte toutes les étoiles surplombées.

    Tableau de Susann Sines.

  • La mémoire

    La mémoire

    J’ n’oublierai jamais son visage, pourtant l’image m’est impossible ;
    Je me souviens de tous ses traits mais son minois reste caché.
    J’y vois quand même le doux présage que c’est elle un jour, impassible,
    Qui reconnaîtra mon portrait et que je ne dois rien gâcher.

    Tableau de Susann Sines.

  • Le chat parti, le temps s’emballe

    Le chat parti, le temps s’emballe

    Le chat parti, les souris dansent et les intempéries aussi.
    Toutes les grenouilles ont quitté et leur échelle et leur bocal ;
    Les vents ont prit l’indépendance et les orages s’associent
    Avec les averses acquittées pour inonder notre local.

    Tableau de Makk Briscoe.

  • Voyage Nº2

    Voyage Nº2

    Au deuxième amour de voyage les premiers pas vous mettes à l’aise
    Les langues reviennent très vite dans les endroits appréciés.
    On pense même au mariage en veillant bien, à Dieu ne plaise,
    Que les traditions nous invitent à l’espoir que vous caressiez.

    Tableau de Graham Dean.

  • Voyage N°1

    Voyage N°1

    Le premier amour de voyage dans une contrée inconnue
    Apporte sa première langue étrangère à embrasser.
    Posséder le don du langage ouvre les lits les plus connus
    Mais, par un effet boomerang, vous êtes vites remplacés.

    Tableau de Mark Demsteader.

  • La maison rouge

    De l’intérieur, tout paraît rouge et contraste avec l’extérieur
    Comme si les couleurs du ciel et de la terre étaient intruses.
    Dans la maison, tout le monde bouge ; au-dehors, le soleil rieur
    Semblerait bien préjudiciel à la dominante percluse.

    La nuit, les chats n’y sont pas gris mais lie-de-vin ou cramoisi.
    Le chien dort au coin comme un loir, un loir cousin des rouges-gorges.
    La femme sans doute un peu aigrie à cause des odeurs de moisi
    Frotte d’acajou nonchaloir sa commode Louis XIV.

    Tableau « la chambre rouge » de Henri Matisse.

  • Le chat baromètre

    Le chat baromètre

    Tout allait bien jusqu’à ce que l’chat passa sa patte sur l’oreille.
    Le vent fraîchit et se leva puis, on entendit le tonnerre.
    L’orage gronda, la pluie cracha. Jamais vu de tempête pareille !
    Du baromètre, on releva le chat sur le toit, débonnaire.

    Tableau de Makk Briscoe.

  • Le virus des sirènes

    Le virus des sirènes

    Partout sont les sirènes, partout sont les chimères,
    Dans les vagues en rouleaux, dans l’écume de mer.
    Partout elles sont reines, partout elles sont mères
    D’enfants naissant sous l’eau pour une vie éphémère.

    Elles sont au marin, le virus de l’amour ;
    Elles sont à l’amour, le virus des fantasmes ;
    Elles sont aux fantasmes, le virus doux-amer ;
    Elles sont à la mer, le virus du marin.

    Illustration d’Edna Cooke.

  • La Voie Bleutée

    La Voie Bleutée

    La Voie Lactée, à l’origine, était bleutée, le saviez-vous ?
    Vénus et Mars faisaient la fête et avaient tracé une route
    Pour tous les êtres androgynes invités à ce rendez-vous
    Afin qu’elle guide leur comète directement chez eux, sans doute.

    Photo de Mariano Peccinetti.

  • L’étreinte des jours

    L’étreinte des jours

    Le temps s’enlace autour des os et chaque jour resserre un peu
    L’étreinte pour ceux qui ont peur d’arriver au jour de leur mort.
    Les pleurs font des dégâts des eaux, la vie s’amuse comme elle peut
    À envoyer toute la vapeur ce temps qui embrasse et qui mord.

    Tableau de Patrice Murciano.