Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Lorsque l’hiver a enseveli, toute trace de civilisation, Lors, ls génération suivante fut assez prise au dépourvu. Tous ces morceaux de dégueulis, plastiques en putréfactions. Comment une race pensante a pu polluer à perte de vue ?
Si le service est réussi et les fleurettes aphrodisiaques, Je replonge dans le dernier rêve avec un cachet d’aspirine. Sur une musique de Debussy, une berceuse paradisiaque, Je fais dans le songe une trêve sous la nuit d’été bleu-marine.
Quand je me réveille à quatre heures, j’appelle le service de nuit Et je commande un bouquet d’ fleurs pour le manger en solitaire. On raconte que Jack l’Éventreur, lorsqu’il avait des insomnies, S’en allait bouffer, à Honfleur, ses fleuristes affinitaires.
On m’a dit « S’il fallait fumer, Dieu aurait placé sur la tête Une sorte de cheminée avec un foyer dans le cœur ! » On a trop vite résumé et un peu trop sabré l’enquête Car notre planète est minée et se consume à contrecœur.
Afin d’augmenter la lumière autour de l’œil gauche du cœur, Elle avait, autour de l’orbite, dessiné un cercle magique. L’œil droit gardera la première version d’un soleil sans rancœur Afin d’en voir sa mort subite lors de son coucher léthargique.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Si ça s’trouve, je suis un cadeau ou juste un dessert commandé Et tout l’univers avec moi ferait partie d’une surprise. Au restaurant Eldorado, Dieu aurait simplement demandé : « Servez-moi un café viennois afin qu’ je m’en métaphorise ! »
Quand votre femme devient lune, nul n’en voit sa fesse cachée Car elle ne montre que son visage penché vers son propre quartier. Saisissez la chance opportune de lui parler, l’air détaché, Les yeux dans les yeux puis, courage, elle ne va pas vous châtier.
N’est pas forcément « con qui roule » celui qui fonce en solitaire Dans une abstraction intégrale de ce qui vit autour de lui Même si ses pensées s’enroulent comme un besoin parasitaire D’un cercle vicieux cérébral pour se libérer de l’ennui.
N’est pas forcément « con qui marche » celle qui va dans la nature Pour y retrouver ses racines et ses cousins de la forêt. Sauf si le téléphone en marche la transforme en caricature D’une contenance assassine envers la Terre toute éplorée.
Avoir les mêmes avantages lui serait assez réducteur Car la femme en a davantage que son homologue abducteur. Bien sûr, la beauté de la force demeure bien vite en avant Sauf si le mâle ne s’efforce de n’en faire qu’un muscle savant.
Avec l’histoire de la pomme de connaissance et du progrès, Le serpent enferma la femme dans le foyer de sa maison. Elle y éleva tous ses hommes au quotidien, bon gré mal gré, Jusqu’à ce qu’elle trouve infâme que le mâle ait toujours raison ?
La femme serait-elle égarée parmi les fantasmes de l’homme ? Peut-être connaît-elle le chemin pour arriver à le semer ? Parmi les rêves bigarrés qu’il déploiera durant un somme, Madame pourrait mettre la main là où se cache le verbe aimer.
On aime bien glisser le loup parmi les brebis égarées Pour semer le doute et la peur chez les filles qui vont danser. Car ceux qui ont les pieds jaloux cherchent toujours à séparer Les gens à voile et à vapeur avec quelques arrières pensées.
Un’ fois par an, la Nuit Renarde attire les belles rouquines Qui se transforment pour l’occasion en lycanthropes aux grandes robes. Les malheureux qui s’y hasardent seront violés par ces coquines Dont la queue avec précision leur injectera plein de microbes.
Au paradis, on est gavé d’amour et de belles attentions Pourtant l’enfer serait pavé de ses meilleures intentions. Comme si les beaux sentiments suscitent la montée des enchères Tandis qu’on met le châtiment sur le sexe et le goût de chair.
Lequel décide des deux frères de la tragédie du bateau ? Sera-ce une erreur humaine ou la technologie en faute ? L’un choisit la mort téméraire et l’autre se prendra un râteau. Quoi qu’il en soit cette semaine, éclatez-vous entre les côtes !
En jouant à colin-maillard, elle serait tombée enceinte. C’est du moins ce qu’elle prétend, la robe ouverte aux quatre vents. Ce doit être un sacré gaillard celui qui réussi cette feinte Et sûrement l’enfant qu’elle attend sera appelé Percevan.
J’aimais ces poupées mécaniques qui jouaient dans les boîtes à musique En surgissant tel un ressort et pivotant sur sa chaussure. Ici, en Suisse alémanique, nous avons même une clinique Qui solde après les réassorts des modèles grandeurs nature.
Hier, mes pensées m’ont brulé la cervelle à trop réfléchir Et la morsure irréversible s’attise lorsque je respire. Aujourd’hui, des yeux cérulés ont fait d’amour mon cœur fléchir Pour un garçon irrésistible tout feu, tout flamme et même pire.
« S’étend la vague déferlante pas en largeur mais en longueur ! » Ordonnent les nymphes des rivières pour se baigner dans les rouleaux. Milliers de gouttes déperlantes dans la quiétude et la langueur Tandis qu’un pêcheur à l’arrière observe parmi les bouleaux.
La queue lovée autour d’une patte et l’autre posée sur son trône, Sa Majesté Chat Bleu Persan s’amuse à nous intimider. Mais ne soyez pas psychopathe, il n’a pas peur qu’on le détrône Mais inféode un œil perçant, ainsi règnent les félidés.
Liberté de darder un œil sur un crépuscule fragrant, Égalité du bleu d’azur et de l’océan abyssal, Fraternité mêlée d’orgueil des petits poissons et des grands, Telle est la loi de l’embrasure et son regard paradoxal.
Je n’irai pas par quatre chemins mais toutes les éventualités Qui se présentent dans ma vie jamais ne se recouperont. Pourtant il y a des lendemains où je revois ces dualités D’une manière qui me ravit mais jamais ne se renoueront.
Par les rimes de mes poèmes, je me bâtis un escalier Qui me permet de m’évader et d’y construire le bonheur. Peu m’importe s’il est bohème ou s’il n’est pas très cavalier ; Nul besoin de jérémiader, j’ai juste un esprit ronchonneur.
J’la prends ! Pouvez-vous l’emballer dans un joli papier de soie ? Vous comprenez, c’est pour offrir comm’ cadeau à mon cœur d’enfant. Ce soir j’ vais la lui déballer et il en restera sans voix, De, finalement, découvrir ce beau visage ébouriffant.
Je ne vous ai jamais présenté Madame Reflets Vert et Prose ? La voici en déshabillé tout comme elle aime le porter. Elle paraît un peu absentée car elle cherche la rime morose Qui pourrait lui remaquiller la touche de bleu rapportée.
Si la lumière me regardait, son œil serait couleur forêt, L’iris teinté de mille fleurs et le blanc comme un ciel laiteux. Si la lumière se fardait, d’émeraude et de mordoré, J’aurais le coup de foudre au cœur puissant, en même traps velouteux.
Si la Terre-Mère me regardait, son œil serait couleur rubis, Turquoise, diamant et topaze de toutes ses pierres précieuses. Et si le ciel se rencardait comme il en a tant la lubie Leur couleurs mêleraient d’extase …
… toute une harmonie audacieuse. … toute une symphonie gracieuse. … toute une flore délicieuse.
Toutes les poussières d’étoiles qui s’accumulent dans mon cœur Forment un trésor à dépenser, pas un magot à conserver. Rien ne sert de mettre sous le voile tous les petits grains de bonheur Qui peuvent à leur tour compenser les amitiés à préserver.
Une fois le lièvre parti pour de rapides aventures, La tortue s’est mise à son compte et fait le taxi au marais. On lui paie en contrepartie, salade ou un peu de verdure, Et, en échange, elle vous raconte comment elle a pu se marrer.
Le truc qui coince, dans Cendrillon, ce sont les « pantoufles de verre ». « La citrouille changée en carrosse » ne me paraît pas très compliqué Pas plus qu’un « chien en portillon », ce n’est vraiment pas un calvaire ! Mais le coup qui me paraît rosse, ce sont ces pompes inexpliquées.
Chacun voit midi à sa porte à l’horloge de ses envies. La mienne, pourtant, n’a ni aiguille ni mécanisme compliqué. Seul le fil de l’histoire apporte son eau dans le cours de ma vie Et l’avenir fait la béquille avec un foi inexpliquée.
Beaucoup d’enfants font apparaître des arcs-en-ciels dans les jets d’eau. Moi je rêvais des caravelles qui surgissaient du fond des mers. Même si cela peut vous paraître idiot, c’était l’Eldorado Qui m’apportait dans la cervelle des aventures d’outremer.
Trop facile, le coup des cartes qui se transforment en colombes, On apprend ça dès le berceau avec des rats mélancoliques ! Plus difficile, lorsque s’écartent les jolies jambes qui surplombent Pour faire sauter dans son cerceau l’éléphant et toute sa clique.
La conque provenait sans doute de la soute du Nautilus Et faisait partie du trésor de Barberousse, roi des sept mers. Quoi qu’il en soit, elle y écoute dans un silence d’angélus Une voix plus précieuse que l’or, le doux gazouillis de sa mère.
Parmi les corps d’armées alpestres, chaque année le lapin sylvestre Nous fait l’honneur d’un défilé à fond la caisse dans les vallées. Tous ses plus grands exploits pédestres, inscrits sur les parois rupestres, Forment la fierté profilée que le chasseur a dévalée.
Chose promise, chose due, Voici un’ photo de moi nu. Les mains croisées derrière la tête Vous en admir’rez le squelette.
Si vous n’ voyez pas le zizi Ce n’est pas qu’il est trop petit C’est pour n’ pas donner de complexe À tous les obsédés du sexe.
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Elle aimait bien se baigner nue sous l’approbation des moulins Qui montraient beaucoup de respect sans brasser pourtant trop de vent. Mais l’un eut l’idée saugrenue de souffler comme un margoulin. C’était le meunier circonspect qui se rinçait l’œil, émouvant.
Au son des notes en trémolos, elle dirige son bateau ; On l’appelle la nue-capitaine car c’est sa nue-propriété. Elle compose au fil de l’eau en jouant piano, staccato, Des mélodies napolitaines dont sa péniche a hérité.
En Forêt Noire, les coucous sont difficiles à capturer Et l’on confie aux petits anges le soin de les apprivoiser, Ce qui fonctionne à tous les coups et qui n’est pas trop facturé Mais en revanche, en échange, tous les poids sont ratiboisés.
Tout le monde voulu être Roi ; les pions, les fous et les évêques Même les tours, les cavaliers et les reines, quelle absurdité ! Les rois qui n’ sont pas maladroits réussirent à leur clouer le bec En montrant à ces fous à lier que c’était prématurité.
Pour être zen, il faut trois mains pour donner, prendre et espérer. Comme trois yeux pour percevoir les dimensions qui sont cachées. Que faire alors s’il vient demain une solution désespérée ? Faut-il croire qu’on va recevoir la zénitude … et tout gâcher ? … et nous fâcher ?
Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .
Enfin, la vérité éclate car nous ne sommes plus des pommes ! Si on nous a manipulés c’est que nous sommes manipulables. Et alors ? Ça vous épate que parmi les femmes et les hommes Ces dieux aient tant gesticulé qu’ils nous voient comme contribuables ?
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Le coup de montrer patte blanche, ce n’est que de la comédie ! Les loups n’ont plus besoin de peau d’ailleurs ils n’ont plus de boutons. Ils arrivent beaux comme un dimanche puis ensuite, ils vous congédient ; Votre retraite passe aux impôts, vous à la broche, comme un mouton.
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On nous a trompé sur les contes, notamment le chaperon rouge Qui s’était vite amourachée du loup et de sa longue queue. Ne croyez pas ce qu’on raconte, ce sont des légendes qui bougent Les vrais faits qui sont recrachés par trop de mensonges visqueux.
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Tous ces objets de tous les jours, tout cet ensemble d’habitudes, Formatent l’esprit aux couleurs d’une vie qui a tout prévu. L’enfance à travers le séjour d’une école de certitudes Par un enseignement sans douleur me gardera de l’imprévu.
Dans dix ans, je ferai l’amour dans ma vie de béatitudes Avec le bonus des valeurs j’amasserai à perte de vue Toutes ces richesses que je savoure qui récompensent mes aptitudes À me préserver du malheur dont je me suis bien dépourvu.
Tous ces objets de tous les jours, toujours les mêmes habitudes, M’oppressent de mille douleurs et je n’ai plus de goût à rien. Je m’ennuie, là, dans mon séjour au milieu de ma solitude Je ne vois plus que la couleur d’un épicurien stoïcien.
Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .
Quand je revois dans mon passé le reflet de mes illusions, Elles sont restées exactement comme j’aurais aimé les voir. Mon corps actuel compassé d’y avoir trop fait allusion Se voit lui, éternellement, enfermé dans sa tour d’ivoire.
Tableau de Guy Billout sur http:www.margarethe-illustration.comguy-billout.html .
Le trou dans ma bibliothèque finalement restera ouvert Car j’apprends plus entre l’espace entre les livres qu’en leurs volumes. J’ai un voté un peu métèque, un peu sauvage, un peu pervers Et je vois tout ce qui se passe là où s’ sont envolées les plumes.
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Au bout de soixante-deux années, tout bascula dans l’organisme Qui se sentit empoisonné par sa manière de regarder. Son voisinage basané, la perte de son humanisme, Les uns, les autres cloisonnés et chacun de s’en brocarder.
« Comment vas-tu ? » Dis-je au voisin « As-tu le temps de prendre un verre ? » « Je vais venir ! » Répond-il donc mais en fait, il ne vient jamais. On se verra au magasin ? Mais il est fermé, quel calvaire ! Tant pis, j’en demande pardon, qu’ont-ils donc tous à me blâmer ?
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Leurs regards avaient pris ce pli avec des yeux exorbités Pour avoir l’air de regarder partout ailleurs s’ils n’y sont pas. Et devant ce fait accompli, tous les voisins de la cité Firent de même sans tarder et chacun fit son premier pas.
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Il regardait par la fenêtre qui avançait tant qu’il ramait Et regardait pendant ses pauses pour s’arrêter lorsqu’il dormait. Mais c’est lorsqu’il se vit renaître dans l’infinité à jamais Qu’il comprit que sa vie repose sur cette vision déformée.
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