Qui veut voyager loin, ménage sans monture.
Oui mais nous, dans le coin, n’avons pas de voiture.
Je cherche un side-car, une bonne occasion
Pour partir au hasard notre grande évasion.
Illustration de Fred Calleri.
Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Qui veut voyager loin, ménage sans monture.
Oui mais nous, dans le coin, n’avons pas de voiture.
Je cherche un side-car, une bonne occasion
Pour partir au hasard notre grande évasion.
Illustration de Fred Calleri.
Toi, tu es toujours nulle part ou ailleurs, je ne sais jamais.
Moi, je suis devant ma fenêtre, dehors déjà la nuit tombe.
Toi, tu es toujours sur le départ comme si ta vie t’affamait.
Moi, j’attendrai le jour renaître, tant pis si l’amour succombe.
Là-bas dans l’immeuble en face, quelqu’un ouvre les rideaux.
Il m’observe, je suis nue et j’ai très envie de lui.
Il me fait signe dans la glace, je me lève rapidos.
Que serai-je devenue s’il ne sonne pas à mon huis ?
Photo d’Oleg Gabisov plus connu sous le pseudonyme Karman Verdi.


Cigogne, cigogne mon amie, ne vois-tu vraiment rien venir ?
Quand m’apporteras-tu l’enfant que je commande au fil des mois ?
Cigogne, es-tu mon ennemie ? Pourquoi ternir mon avenir
Si tu n’as pas l’air triomphant et ta livraison atermoies ?
Cigogne, cigogne, ce matin me procureras-tu enfin
L’enfant qui fera le bonheur et le soleil dans la maison ?
L’oiseau tient un sac de satin, arrive comme un jour sans fin
Et pose le fruit d’une teneur d’au moins neuf mois de couvaison.
Tableaux de Rezzan Ganiz.
Dans les campagnes, pas de réseau ? Je vais vous confier un secret :
Chez nous les vaches et les oiseaux échangent des avis discrets
Sur les nouvelles des forêts qui se disent sur la planète
Dont les humains sont ignorés, jugés cruels et malhonnêtes.
Illustration de Jan Pashley.
Parce que l’amour coule de source, on croit qu’il suffit de s’aimer.
Eh non ! L’amour ne se construit que si les cœurs sont accordés.
Il faut savoir ouvrir sa bourse, ensemencer, laisser germer
Et puis, laisser mûrir le fruit et aux saveurs se raccorder.
Tableau de Roza Goneva.


Entre les cris d’enfants braillards et les chiens qui hurlent à la mort,
Je suis parti dans la nature pour d’autre atmosphère essentielle.
J’ai vu des vaches, l’air gaillard, paître sans le moindre remords
Et leurs compagnes miniatures parées de fleurs providentielles.
Une âne, coiffé d’un beau chapeau, volé à quelque épouvantail,
Parlait de pluie et de beau temps, informé par des papillons,
Avec son ami l’escargot, les antennes en éventail.
Quant à moi, j’en ai fait autant et j’ai piqué un roupillon.
Illustration de Jan Pashley.
En ce temps là, aller au bal nourrissait son réseau social.
On y rencontrait des amis ou des amants épistoliers.
La politesse était verbale, monotone ou bien glaciale
Selon si ses pires ennemies lorgnait un peu trop son collier.
Tableau d’Olga Kondakova sur http:kids-pix.blogspot.com201111blog-post_7208.html#more .
C’était au temps des chevaux libres, quand les plaines n’étaient à personne ;
C’était au temps des hommes braves, avant la mondialisation.
C’était au temps de l’équilibre entre la nature et la faune ;
C’était au temps où nulle entrave gênait la civilisation.
Tableau de Penelope Bushman.
Dans les vagues de ma mémoire, j’ai retrouvé le chat Moka.
Et ce chat siamois de ma tante par ses yeux bleus me transperçait.
Ils sont restés dans l’écumoire des jours où la vie m’évoqua
Quelques périodes de détente dans mes histoires du chas percé.
Illustration de Kelly Beeman.
Clef du bonheur ou clef des champs ? Elle en possède plusieurs copies.
Clef de voûte ou bien clef de sol ? Elle en détient l’usage unique.
Son trousseau paraît aguichant tellement il ouvre d’utopies
Mais notez telle une boussole : La clef des cœurs sur sa tunique.
Tableau de Mamuka Didebashvili.
Sa tête, un ensemble d’ellipses qui lui quadraturent le cercle.
Regard carré, observateur qui met ses yeux en équation.
Si parfois l’attention s’éclipse, il soulève juste le couvercle
De l’inconnu dérivateur de sa parfaite adéquation.
Tableau de Mamuka Didebashvili.
Le crâne aux pensées étriquées ressemble au bâton de parole
Dont il abuse sur nos têtes dont il accuse nos esprits.
Fureur de mener imbriquée à sa passion des jeux de rôles,
Il a choisi d’être en vedette et leader quel qu’en soit le prix.
Tableau de Mamuka Didebashvili.
Tout nu ou presque, derrière leurs masques, ils en ont fait leur profession.
On les croit semblables à nous-mêmes, pas du tout, ce sont des larrons.
On leur donne, à leurs airs fantasques, le bon dieu presque sans confession.
Mais qui sont-ils donc ? Quel dilemme ! Comment ils nous rendent marron !
Tableau de Maia Ramishvili.
Son joli masque, mascarade, qui lui sert à dissimuler
Un regard un peu trop timide ou l’œil qui se met à pleurer.
Un face-à-main qui fait parade peut-être bien pour simuler
Des sentiments qui intimident par un loup qui aide à leurrer.
Tableau de Maia Ramishvili.
Trouver, finir ou aboutir, ne représente qu’une fin.
En revanche, l’illumination signifie parcours et chemin.
L’important est de ressentir, connaître la soif et la faim
Joindre l’esprit et l’intuition et recommencer dès demain.
Tableau de Marti Fenton.
L’œil qui ne voit que l’illusion ne perçoit qu’une image plate ;
L’œil qui perçoit sa profondeur voit au-delà de la vision.
Derrière le monde en collusion, lorsque le rideau se dilate,
Est un rayon échosondeur qui révèle les collisions.
Tableau de Marti Fenton.
Le matin, trop grise et trop froide ; l’après-midi, bleue et trop chaude ;
Le soir assombrie et trop tiède ; la mer paraît cyclothymique.
Les vacanciers grisés et roides ; les estivantes qui minaudent
Avec leurs toutous quadrupèdes ; l’été devient paroxysmique.
Illustration de Fred Calleri.
Toujours ses quatre Pitbull-Terrier tenus d’une main draconienne,
Elle allait calmer les douleurs de son cœur auprès des grands arbres.
À sa manière contrariée, je sus qu’elle était daltonienne
Car lorsqu’on hissait les couleurs, mademoiselle restait de marbre.
Illustration de Fred Calleri.
Sur la route des vins clairets, elle guettait le compagnon
Qui lui ferait goûter l’ivresse autre que des spiritueux.
Un demi sourire éclairait son regard câlin et mignon
Qui allait crocher d’allégresse son bel amant talentueux.
Illustration de Fred Calleri.
Comme elle a pris goût aux tanins que le vin rouge donne au sexe,
Elle a décidé d’établir sa propre carte du vin tendre.
D’un geste noble et féminin, elle trempe le bout de l’index
Puis elle caresse, pour l’anoblir, l’amour qui ne saurait attendre.
Illustration de Fred Calleri.


L’arbre des âmes disparues, pareil à l’automne à l’envers,
Recueille celles qui sont en hiver et les rattache entre ses branches.
Lorsqu’elles auront comparu devant le Dieu de l’Univers,
Peut-être, s’Il a l’endroit ouvert, leur laisser a-t-il une autre chance.
Alors le printemps qui bourgeonne les transmettra dans les cellules
Qui renaîtront dans des ovules fécondés d’un nouvel espoir.
Ainsi cette âme sauvageonne, légère comme libellule
Quittera l’abri de sa bulle pour suivre une autre trajectoire.
Tableau d’Alessandro Sicioldr.


Le cœur du jeune capitaine incarne l’esprit du conquérant
Et don esprit fait équipage avec le bateau tout entier.
Le corps, lui, brandit sa carène devant la force des courants
Et le vent souhaite bon voyage à l’âme, le chef du chantier.
Tableau de David Grove.
Si la nuit était une femme, elle serait chaude et sensuelle
Et procréerait des univers pour enfanter au jour le jour.
Si la nuit renfermait notre âme, elle serait l’Être spirituel
Qui au plus profond de l’hiver brillerait d’étoiles d’amour.
Tableau de Karol Bak.
Si le temps était une femme, elle serait toujours en retard
Parce que l’amour lui filerait des doigts comme du sable fin.
Si le temps était une flamme, elle mettrait le feu aux pétards
Et notre vie s’échapperait dans une détonation sans fin.
Tableau de Karol Bak.
Si Ève avait été maligne avec l’intuition féminine,
Elle aurait refusé la pomme et tout serait xx en somme,
Nous vivrions nus sans nous fâcher et sans avoir à se cacher
Nous ferions l’amour comme des bêtes sans avoir à se prendre la tête.
Oui mais…
Nous serions des bêtes de somme, aussi bien les femmes que les hommes.
À forniquer avec aisance mais sans un sou de connaissance.
Adieu le pouvoir de l’argent et ce qui va en partageant
Les petits larcins entre ennemis, les bons comptes font les bons amis.
Et alors ?
Finie la crainte de la mort… pas de souci, pas de remords.
Au lieu du paradis sur Terre, nous vivrions peut-être en enfer.
Finalement, Ève a bien fait de prendre ce fieffé forfait
De vivre avec intelligence …
… plutôt que bête. Quelle engeance !
… et supporter l’intransigeance.
… une vie de désobligeance.
… et puis, travailler dans l’urgence.
Tableau de Michael Hutter.
Le jour des fous, on donne au singe le pouvoir de juger les hommes
Aidé par deux femmes partiales qui viennent aussi régler leurs comptes.
Alors, creusez-vous les méninges ! Devez-vous craindre ce trinôme ?
Montrez-vous vous-même impartial et versez leur donc un acompte !
Tableau de Michael Hutter.
Les fornications collectives bannies de la moralité
Depuis le péché originel heurtent la sensibilité.
Cependant si la tentative du diable avait été évitée
Ce seraient des scènes banales en toute généralité.
Bien sûr, nous serions tous des bêtes qui pècheraient sans le savoir
Comme le lion et le rat, comme le chat et la souris.
Mais nous ferions toujours la fête en faisant notre vrai devoir :
Celui que Dieu, ce scélérat, avait prévu comme plan pourri.
Tableau de Michael Hutter.
C’était au temps où les garçons commençaient la reconnaissance
De l’entraînement militaire pour leur devoir de patriote.
Les secrets du cheval d’arçon et la gymnastique à outrance
Transformaient tous ces volontaires en jeunes loups, soldats, pilotes.
Après le lever de drapeau commencent les activités ;
Apprendre à allumer un feu ou à sauver un camarade.
Prendre les armes au dépôt, maîtriser la rapidité
Le but de ce drôle de jeu ? Commencer tôt la mascarade !
Ces joyeuses activités sont décrites ici : https:www.opnminded.com20170117originales-colonies-de-vacances-militaires-russie-camps-doctrine-armee-patriotisme-soldats.html .
Tableau de Pyotr Konchalovsky.
Voyez dans les créneaux de noix, voyez plus qu’un cerveau de bois.
Vous y verrez une matrice et ses amours reproductrices.
Croquez dans le fruit défendu ; savourez-le, bien entendu
Et goûtez-en toute l’extase qui mène jusqu’à l’ épectase.
Tableau de Vladimir Kush.
Le jour s’incarne en Roméo et la nuit s’incarne en Juliette
Lorsque les billes se jumellent et les cités s’interpénètrent.
L’ombre cachée sous les préaux s’ouvre à la lumière douillette
Et la pénombre s’entremêle aux premiers rayons aux fenêtres.
Tableau de Sergey Nikolayevich Lukyanov.
Comme un monde dans un monde, en dessous de la surface,
Je retourne aux origines dans le monde du silence.
Les courants portent les ondes prisonnières de l’interface
Entre l’espace androgyne et cette matrice immense.
Photo de Elnaz Mansouri.
Chaque fois qu’Alice est survoltée, qu’elle roule sa mère dans la farine,
Répond « je n’sais pas » à son chat en mettant l’café dans l’quignon.
Son cœur a dû virevolter plus de mille fois dans sa poitrine
À cause de Boris et Natacha qui se dont crêpé le chignon.
Illustration d’Aitch Heliana.
Finalement la grande roue qui emportera tout le monde
Nous paraît comme un accident qui fait partie du quotidien.
À cet effet, les grands gourous nous cachent ces pertes immondes
Et grâce aux antioxydants, masques et vaccins, tout va très bien !
Trompe-l’œil de Julian Beever.
Il était un p’tit homme tout blanc, assis sur un trône écarlate,
Qu’elle observait par sa lorgnette en se hissant sur les talons.
Elle, elle pensait qu’il était troublant de voir ce bonhomme en savate
Qui lui montrait ses coucougnettes par les plis de son pantalon.
Illustration d’Aitch Heliana.
Votre corps contient votre tête, laquelle contient votre cerveau,
Lequel contient plein de pensées et de soucis et de délices.
Les yeux aussi sont à la fête dont les oreilles font le pivot
Des confidences récompensées avec un gros bouquet de lys.
Illustration d’Aitch Heliana.
Dans le top secret protégé par l’utérus confidentiel
Vit le beau fruit de vos amours qui mûrit, il vous en répond.
Quand il sera temps de propager le message providentiel
De celle qui s’ouvrira au jour, de l’eau coulera sous les ponts.
Illustration d’Aitch Heliana.
Cheval le dire à ton oreille qu’un garçon rêve de toi la nuit.
Cheval le montrer à ton œil que son cœur pour toi bat très fort.
Ce cheval m’a pas sa pareille pour découvrir l’amour qui luit.
Alors faites-lui bon accueil car il est d’un bon réconfort.
Illustration d’Aitch Heliana.


Elle soutint et inspira les pionniers de l’aviation ;
Ses frères Wright reconnaissaient son influence extravertie.
Plus tard, elle leur suggérera la forme de l’embarcation
D’une lime à ongle enchâssée dans une pince à linge sertie.
Tant et si bien qu’elle en rêva emportée par l’aéroplane
Bien installée dans la carlingue et trouva son vol merveilleux.
Et dans ce songe, elle observa qu’elle pourrait faire du deltaplane
En enlevant la pince à linge et en n’ayant pas froid aux yeux.
Tableau de Didier Lourenco.
La Mère Médard, très peu connue seconde souvent son mari
Mais si celui-ci n’est qu’un Saint, elle au contraire a de gros seins.
C’est un’ jardinière reconnue et tout l’été devient marrie
Contre les brasiers assassins qui perturbent ainsi ses desseins.
Alors la nuit, elle se venge et envoie fortes pluies d’averses
Des ruisseaux approvisionneurs pour faire grossir les torrents.
Puis elle plonge dans la fange surtout les chemins de traverses
Pour empêcher les randonneurs de faire des feux dévorants.
Tableau de Diana Sudyka.
Si elle mange une cerise après l’amour, il est trop tard !
C’est une mante religieuse qui doit, comme à l’accoutumée,
Prendre un fruit qui lui favorise l’action de vous mordre le dard
Et puis, de façon prodigieuse, entièrement vous consumer.
Tableau de Malcolm T. Liepke.
Pourquoi les chasseurs se rassemblent-ils au cœur de la forêt ?
Les cerfs comptent contrer l’offense grâce au manteau fourni par Diane.
Les animaux restent ensemble cachés sous la robe perforée
De mille cachettes de défense qui protège de manière idoine.
Pierre et le loup et son grand-père font partie de la résistance
Avec les oies et les canards pour la surveillance aérienne.
Cette année, tout le monde espère mettre la pâtée la plus intense
À tous ces chasseurs de cornards et leurs addictions vénériennes.
Tableau de Diana Sudyka.
Lorsque Morphée vous tend ses lèvres à défaut de ses bras puissants
Elle goûte votre appétence à la qualité du sommeil.
J’l’ai embrassée de tant de fièvre d’un baiser profond et jouissant
Que désormais, quand ça commence, elle met ses lunettes de soleil.
« Lorsque nous dormons tous les deux, nos yeux doivent rester fermés ! »
M’annonce-t-elle, maternelle, et me rendre amoureuse me nuit.
« Quant aux lunettes, c’est hasardeux de s’biser, je dois l’affirmer
Parce que mon repos éternel reste éblouit toute la nuit. »
Tableau de Malcolm T. Liepke.
Depuis que je possède une tête d’oiseau après ma chute de quinze mètres,
Mes ailes n’s’sont pas matérialisées d’une manière tragi-comique.
Certes, j’ai perdu mon réseau mais j’ai trouvé mes nouveaux maîtres ;
Une maîtresse idéalisée et Cherche-Midi, le chat Mystique.
Illustration d’Aitch Heliana.


Voici l’histoire fantastique d’une sirène et deux poissons
Qui voulaient briller au soleil pour une existence terrestre.
Pour la sirène, c’est dramatique, elle perdit son don d’oraison ;
Pour les poissons, c’est pas pareil, ils furent au menu d’ la Saint-Sylvestre.
La sirène retrouva sa voix, elle avait simplement pris froid.
Pour les poissons, on s’est trompé, on les a vite relâchés.
Ils ont chacun repris la voie de la pleine mer avec effroi
Ils ont le moral bien trempé et, finalement, restent cachés.
Illustration de Laurel Burch.
Elle sait lire entre les lignes et surtout entre les rayures
Et plus vous lui cambrez le corps et plus elle voit clairement.
Elle a commencé par les cygnes dont le cou fait belle courbure
Mais le zèbre est toujours d’accord pour le meilleur éclairement.
Tableau de Jahar Dasgupta.
La reine blanche a succombé sous les coups du vieux roi négro
Mais son chien est resté fidèle et guette sa venue la nuit.
Le fantôme vient le surplomber car il dort entre les carreaux
Et lui tient longtemps la chandelle jusqu’aux douze coups de minuit.
Tableau d’Alex Alemany.
Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
Avec un peu d’écume et de brume marine,
Un joli pull-over à remettre à son roi
Sa Majesté Neptune aux écailles azurine.
Une vague tressée, une vague en crochet
Les aiguilles tricotent sous les mains qui tremblotent.
Il faudrait se presser, il faudrait s’accrocher !
Elle en a les chochottes et fait dans sa culotte.
Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
Elle est professionnelle, tout ira bien pour elle.
Ce Neptune pervers, certes un peu maladroit,
Laissa l’exceptionnelle marge à la demoiselle.
Tableau d’Alex Alemany.
Que fait donc la raccommodeuse und fois terminé ses filets ?
Pardi ! Elle rentre à la maison pour se reposer dans sa chambre.
Mais la mer se fait demandeuse car sa marée s’est effilée
Après les écueils de saison qui se répandent en novembre.
Tableau d’Alex Alemany.
Dans la jungle toute en plastique, le loup est mort, vive le loup !
Fou de rage de ce carnage, le loup est mort, vive le loup !
Parmi les arbres synthétiques, le loup est mort, vive le loup !
Il a perdu son apanage, le loup est mort, vive le loup !
Les beaux dégâts chez les bergers avaient mis sa tête à l’affiche.
Les coups fourrés dans les fourrés ne seront plus la loi du plus fort.
L’homme humilié a gambergé et coupé la forêt en friche,
Remplacée d’une échauffourée de nylon et de photophores.
Tableau de Martin Wittfooth.
Dès que l’ange déploya ses ailes, on n’entendit que le silence
Puis, la rumeur scandalisée par ce qu’un ange ne pouvait avoir.
Ces mamelles autour des aisselles, ces nichons nus, quelle insolence !
Et la pauvre Sainte-Élysée s’enfuir et manquer son devoir.
Tableau d’Omar Ortiz pour réparer ma censure du 11.02.2020.