Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
La femme et le chat sont liés par cet étrange attachement Qui unit leurs deux intuitions qui se renforcent l’une, l’autre. Elle aime bien se replier sur son corps par le truchement D’une caresse et l’affection dont chacun d’eux se fait l’apôtre.
Cela lui est arrivé hier tandis qu’il rentrait de la pêche ; Une étoile, jaillie de la mer, lui souleva l’embarcation. Après cette entrée en matière, il se hâte et il se dépêche À la rencontre de la chimère qui l’emporte en expectation.
Soumise à l’œuf par vocation et parce que son corps lui rappelle Par ses rondeurs, par sa poitrine et par son ventre l’attachement À cette Sainte Ovulation, dont son corps bâtit la chapelle Pour en respecter les racines et le rite de l’accouchement.
Cette énergie qui vient du cœur et monte du canal de l’âme Se répand autour des mains vertes en synergie de guérison. Plutôt qu’un désir de vainqueur, un plaisir d’émettre la flamme Pour partager les découvertes et les porter à l’horizon.
Bien sûr, le système reptilien renferme les informations Accumulées depuis que Dieu a déclenché le processus. Pourtant il reste un autre lien qui peut, par imagination, Faire remonter vers d’autres lieux comme un magique consensus.
Ces lieux n’existent pas encore, ils le seront si nous vivons Pour leur transmettre la planète par le biais de nos descendants. Ceux-là qui produiront l’accord – auquel aujourd’hui souscrivons – Et qui tireront la sonnette qui sauvera leurs ascendants.
Au début, elle marche à quatre pattes ; c’est pour mieux étudier le sol. Après elle tient sur ses deux jambes ; c’est pour mieux courir les garçons. Plus tard, elle se carapate ; ses propres enfants la consolent. Ce soir, elle est encore ingambe à sauter le cheval d’arçon.
Mais lorsqu’elle devient amoureuse, se produit la métamorphose. Bras et jambes sont à la fête pour la plus belle séduction. Elle prend des poses langoureuses, par moments devient toute chose Mais elle nous fait tourner la tête et ça devient une addiction.
Être une femme, quel boulot de tout recommencer à zéro. Renaître fille, devenir mère, être grand-mère et repartir. Beau matériau, bois de bouleau, je te contemple comme un héros Qui naît pour une vie éphémère et sera traitée en martyr.
Une héroïne enracinée à l’existence qu’elle préserve Par ce long lien ombilical qui remonte à la création. Comment peut-on l’assassiner alors que l’avenir lui réserve Le rôle sacré pontifical de la sainte procréation ?
Cette danseuse, née d’une étoile, juste sortie de son cocon Grâce à ses pointes qu’elle étire pour prendre conscience du sol. Encore maintenue par le voile des limbes qui tombent en flocons Et la corolle qui se retire, la maintient comme un parasol.
Je suis un papillon de jour qui bat ses ailes au réveil Pour retrouver la fleur qu’il aime à l’heure du petit déjeuner. Puis, selon l’humeur du séjour, j’irai saluer le soleil Et les nuages de dilemmes que les humains ont égrenés.
Je suis un papillon du soir qui bat ses ailes au crépuscule Pour voleter chez la voisine et les balcons de mon immeuble. Selon la tension du pressoir qu’on feuillette dans les fascicules J’entends trinquer dans les cuisines ou pleurer entre quatre meubles.
Rien n’a changé sinon la pluie mais son minet n’en a que faire Car il trottine entre les gouttes tenant sa ligne de flottaison. Pour Madame sous son parapluie, ça paraît être une autre affaire Car dès qu’il pleut, elle s’en dégoûte et rentre vite à la maison.
Le miroir se montrait morose et devait sept fois réfléchir Lorsqu’il annonçait la beauté qu’on lui réclamait d’afficher. Par une image à l’eau-de-rose, il tentait de faire fléchir Celle qui rivalisait, butée, avec le tain de sa psyché.
Frisant le scandale aux bonnes mœurs, une serveuse était seins-nus, Arborant sa fière poitrine comme ornement sans importance. Il régnait une bonne humeur dans le bar sis sur l’avenue Qui exposait, par sa vitrine, une barmaid de circonstance.
Derrière un rideau vert foncé, dans la lumière tamisée, On peut s’asseoir dans un salon dans l’atmosphère satineuse. Dans un fauteuil, bien enfoncé, whisky ou boisson anisée Apportée par des hauts talons et les seins nus de l’entraîneuse.
La chambre était spacieuse, mobilier assez strict, Mais le balcon donnait une douce lumière. Dans l’ombre silencieuse, la chaleur sans verdict Tombait abandonnée d’une pluie de poussière.
J’étais à Barcelone aux quartiers du palais Ne sortant que la nuit pour un peu de fraîcheur. J’y ai vu des madones et des sénégalais Qui trainaient devant l’huis des maisons de pêcheurs.
Puis je suis remonté par les ruelles sombres Ponctuées de restaurants et de bar à musique. Des filles bien montées, belles dans la pénombre, Fumaient en instaurant un climat pathétique.
Dans la chambre à côté, la porte était ouverte Alors je suis entré pour braver l’inconnu. Une femme de toute beauté, se tenait, découverte, Et m’a déconcentré ; elle était toute nue.
Elle ne parle pas – peut-être est-elle muette – M’observe de ses yeux noirs et son regard profond. Je fais le premier pas et, d’une voix fluette, Je lui ai dit : « Bonsoir. Tout seul, je me morfonds ! »
Elle m’a laissé asseoir, m’a longtemps écouté Les deux mains sur les cuisses, le regard un peu lourd. Enfin j’ai dû surseoir à l’instant redouté ; Je suis rentré en Suisse mais j’y pense toujours.
Le vol du Phénix me surprend quand le soleil au crépuscule Veut montrer qu’il est le plus fort à sa cour de nuages sombres. Alors les plus grands s’empourprant de la clarté qu’ils véhiculent Rendent gloire en prenant l’essor de l’oiseau de feu, tous en nombre.
Les grands mimosas du Japon, toute la journée portent l’ombre Sans laisser le moindre rayon percer leurs rameaux de minuit. J’étais assis sous son jupon, les yeux fixés sur la pénombre, Guettant où placer un clayon par lequel s’égoutterait la nuit.
Au pied du mur, on voit le maçon ; au bout du fil, on voit le son Qui se dandine au gré du vent, qui se baisse en se soulevant. Il peut aussi raccommoder les conversations démodées Et les remettre au goût du jour en le cousant avec amour.
Un air de musique en couleurs ? Jouez-moi Fa Si La Do Ré Et je vous peindrai sans douleur l’ouïe en notes colorées. Rajoutez-y quelques paroles avec du blues à l’eau de rose Ou encore une barcarolle et le cœur se métamorphose.
Belle à croquer… c’est vite dit si vous avez de l’appétit ! Juste glissée entre deux tranches comme entre deux literies blanches. Plutôt œuf à la coquemouillette ? Trempez-y votre zigounette ! Mais d’abord en bien tout honneur, consacrez-lui une bonne heure.
Bientôt les minéraux reconquerront la surface de notre planète Quand les végétaux disparus auront laissé la Terre vierge. Nous verrons devant nos perrons surgir leurs arêtes bien nettes Et dès qu’ils seront apparus nous pourrons allumer un cierge…
Car
Nos os se cristalliseront et notre sang sera d’albâtre ; Nos yeux vireront émeraude et nos dents seront en diamant. Quand nous le réaliserons, notre peau deviendra blanchâtre ; Tâtez si votre crâne s’érode car ça commence dès maintenant.
J’avais trouvé l’affaire louche, elle tournait l’ dos dans sa vitrine ; Évidemment, elle était nue et je n’étais pas prévenu. Quand elle m’a vu, un peu farouche, elle dissimula sa poitrine Mais finalement j’ai obtenu son impôt sur les revenus.
Originaire d’Allemagne, où il y gardait les troupeaux, Le Rottweiler montait la garde devant la boutique du boucher. Je ne sais si c’était le bagne de défendre ainsi l’entrepôt ; À la façon qu’il me regarde, il ne fera de moi qu’une bouchée.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Trouve-t-on des chiens à Venise et comment les promène-t-on ? Font-ils un petit tour en gondole ? Mais dans ce cas, j’ai des lacunes. Sans doute qu’on leur colonise un genre de parcours piéton… Quoi qu’il en soit, ce n’est pas drôle d’avoir un chien dans la lagune.
Peindre ou écrire me transforme et mon esprit se fond dans l’œuvre. Après je deviens une partie de ma propre imagination. Je crois que chacun prend la forme de ses pensées, de ses manœuvres Et retire en contrepartie le fruit de son automation.
Le train devint un long serpent qui sillonnait dans la nuit sombre ; J’y suis monté portant un masque puisque la loi m’y obligeait. Une passagère en extirpant une rose de la pénombre Vêtue d’une tenue fantasque vers la sortie se dirigeait.
Du coup, je suis redescendu, intrigué par l’apparition ; Du serpent, c’ qui allait s’ensuivre ne me laissait aucun remords. Mais la fille m’a défendu avec certaine irritation De continuer à la suivre car elle personnifiait la Mort.
Optez-vous pour « Être en vacances » ou plutôt « Partir en vacances » ? « Partir » implique le voyage mais « partir » c’est mourir un peu. « Être » a une certaine élégance et ne manque pas d’éloquence. Moi, j’ai choisi le bidouillage avec mes Reflets-Vers pulpeux.
À l’origine de tous les contes, il existait bien un château Avec des reines et des princesses, des loups et tout le saint-frusquin. D’où est-ce que cela remonte ? Ce ne sera pas du gâteau Pour remonter, je le confesse, à la genèse du bouquin.
Tableau de Andrew Ferez sur https:volshebnayakofeinya.blogspot.com202004andrew-ferez-andrej-ferez-illyustrator-fantast.html .
« Hou Hou ! » sonnent les cloches. « Ding Dong ! » hurle le loup. Aujourd’hui tout va de travers et les rôles sont intervertis. Les flics vont vous faire les poches, moines et nonnes seront jaloux Et les politiciens pervers mais là, nous étions avertis.
Tableau de Andrew Ferez sur https:volshebnayakofeinya.blogspot.com202004andrew-ferez-andrej-ferez-illyustrator-fantast.html .
Lorsque je les croise en chemin, les filles à fleurs paraissent floues. Je ne sais si ça vient des fleurs ou des odeurs qu’elles exhalent Je louche à chaque examen qui sont de plus en plus chelous Et j’en ai même les yeux en pleurs par leur vision paradoxale.
Je me suis approché de près et cela nous a intimidés. J’ai dû bafouiller un moment ; elles m’ont regardé bizarrement. Tant pis si je l’ai fait exprès mais maintenant c’est décidé ; Je serai peut-être un fol amant mais d’amour flou dérisoirement
Bien que les chats n’aiment pas l’eau, je connais un chat matelot ; Le matou d’un vieux capitaine qu’il a connu en quarantaine. Et bien qu’il soit un peu voleur, il est surtout batifoleur Mais à part ça, ce scélérat est doué pour chasser les rats.
Bien après la disparition de l’humanité tout entière, On retrouve encore des vestiges de leurs tours de verre et d’acier. Bien que ces tristes apparitions servent aux oiseaux de barbotière, Cela nous donne le vertige quant aux constructions disgraciées.
Il se complote, il se murmure les vagues d’une rébellion, Parmi les manèges de France, spectaculairement fournie. Les chevaux parés de rayures veulent que nous les dételions Des continuelles souffrances qu’occasionnent tous leurs tournis.
Nous vivions très heureux dans nos maisons de verre ; Nous pouvions accéder à mille activités. Mais nous étions peureux, nous craignions que la guerre N’y fasse succéder mille calamités.
Heureusement pour nous, on nous a vaccinés Contre toutes les craintes en bons petits dévots Qui vivent à genoux, du sol déracinés, Libérés de l’étreinte de leurs petits cerveaux.
On croit connaître l’extérieur en multipliant ses voyages. Il m’en demeure que l’intérieur recèle bien plus de maillages. Et plus j’explore mes couloirs qui se dévoilent l’un après l’autre Plus il grandit sans le vouloir …
… mais sans jamais percer le vôtre. … peut-être un jour percer le vôtre. … jusqu’à ce qu’il devienne le nôtre.
Si la mécanique céleste qui gère l’orbite de la Terre, La fait tourner sur elle-même autour du Soleil et son feu, Je peux imaginer les gestes qu’accomplirait en solitaire La fille de Dieu, sans problème, puisque ce ne serait qu’un jeu.
Il l’a enveloppée dans un drap de la nuit d’une pluie d’étoiles Et l’a chauffé par le soleil qui battait au fond de son cœur. Puis il l’a serrée dans ses bras en lui confectionnant un voile Afin de guetter son réveil et qu’elle verrait son vainqueur.
D’après mes signes astrologiques, je suis patient et obstiné ; Peut-être un tantinet trop lent mais réfléchi dans le détail. Mais alors en toute logique, j’ai le pouvoir inopiné De prolonger l’équivalent de quatre doigts en éventail !
Voici la dernière vision que j’ai captée juste avant-hier Mais je ne dormais pas vraiment sans être pour autant éveillé. Serais-je entré en collision avec un monde d’anti-matière ? Quoi qu’il en soit, juste un moment, je fus assez émerveillé.
J’ai pris une autre direction depuis le jour de ma naissance ; Au début je pensais bizarre que les autres se dirigent ailleurs. Je pourrais faire une correction dans mes intimes connaissances Mais à quoi bon tout ce bazar ? Je suis peut-être pinailleur…
Les yeux, ces organes précieux, m’apportent ma vision du monde Mais à quoi ressemblerait-il vu par d’autres humanoïdes ? Mon corps serait-il facétieux selon ma nature profonde S’il était, de façon subtile, capté par un regard cristalloïde ?
Comme un champignon sur la tête, mon cerveau serait vénéneux, Mon cœur battrait entre les algues de mon océan pulmonaire, Mon sang sèmerait la tempête jusque dans ses corps caverneux Et l’abdomen ferait des vagues déferlantes et embryonnaires.
Afin de rendre tout l’honneur à ses plus précieux alliés Qui lui ont permis de danser et de s’en montrer compétante, Elle les hisse avec bonheur et les orteils bien déliés Puis, reste nue, récompensée dans la savoureuse détente.
La ballerine a concouru, la ballerine a remporté Le concours de danseuse étoile, seule et avec son cavalier. Elle pense au chemin parcouru, au bonheur qui l’a transportée Tandis que ses pieds lui dévoilent qu’ils sont ses meilleurs alliés.
Ne cherchez plus l’idée en or, elle est déjà à l’horizon. Courez aussi vite que possible, jamais ne la rattraperez. J’en vois souvent lorsque je dors franchir les murs de ma prison Et s’en évader, impassible, sans jamais paraître apeurée.
La suivre demande l’effort d’abandonner tous ses soucis, Se déshabiller des coutumes et de toute l’éducation. Courir tout nu me rend plus fort et mon esprit se radoucit ! Si vous me voyez sans costume, c’est que je suis une abstraction.
Lorsque j’ai voulu déchirer cette existence de papier, Moi aussi, j’ai senti craquer le genre humain superficiel. Une seule personne m’a désiré sans m’attirer dans un guêpier, Et sans vouloir me matraquer : c’est mon futur existentiel.
Il est des tissus de mensonges qui ne font pas les belles robes Même si on s’habille chez Flaubert, Apollinaire ou Baudelaire. D’ailleurs plus l’histoire s’allonge et plus le support se dérobe. Lisez plutôt mes Reflets-Vers ou vous aurez le cul à l’air.
Puisque la parole s’envole et que l’écrit reste plaqué, Je dois savoir ce que je lis, collé sur le mur de ma vie. Quant aux pensées un peu frivoles, celles-ci ont bivouaqué Depuis longtemps dans la folie avec tous ceux qui m’ont suivi.
C’est la saison paradoxale où la vie ne meurt mais s’endort ; Les jours raccourcissent leurs heures et les nuits tombent un peu plus vite. Dans la forêt équinoxiale, les végétaux se couvrent d’or Et sous l’automne catalyseur, le fantastique nous invite.
Elle buvait son petit vin blanc tous les midis au restaurant Et pour le soir, plutôt du rouge. Quel doux breuvage serait plus digne ? Parfois, par son regard troublant, elle prenait l’air subodorant D’aimer voir son monde qui bouge autour d’une jeune fleur de vigne.
Les nénuphars des villes se sont civilisés Et quitté les couleurs de leurs ancêtres verts, Ce vert un peu servile, pas assez irisé, Tandis que la douleur fait naître un Reflet-Vers.
Nénuphar des campagnes et nénuphar des villes Ne se rassemblent plus dans les mares rituelles. L’évolution y gagne une nature civile Qu’à Dieu n’ait point déplu mais moins spirituelle.