Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Elle croyait au spiritisme et savait faire tourner les tables. Lui, ne croyait pas aux esprits, sceptique doublé d’un incrédule. Mais bon, pas de favoritisme ! Il eut droit à une respectable Démonstration qui nous surprit … sauf ce Saint-Thomas ridicule.
Avec son visage de chatte et ses ongles bien effilés, Elle joint le geste à la parole en donnant la chasse aux colombes. Brusquement elle lance sa patte, l’autre n’a pas le temps de filer Et Hop-la à la casserole ! Ah, mes amis, quelle hécatombe !
Tableau de Juan Carlos Ñañake Torres sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201510juan-carlos-nanake-torres.html .
Bleue, nos ancêtres fut leur valeur ; ni blancs ni noirs même pas jaunes. Ils ont dû perdre leur couleur lorsqu’ils traversèrent l’Amazone. On n’a jamais pu le prouver car leur squelette, teinté ardoise, Semblait tant et tant éprouvé que la science en fut matoise.
Tableau de Juan Carlos Ñañake Torres sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201510juan-carlos-nanake-torres.html .
Pour elle, l’amour est un art qui mérite son spectateur ; Ses positions sont calculées pour leurs attitudes artistiques. Dans l’écrin de son lupanar, après l’entracte fellateur, L’homme qu’elle a tant acculé …
… jouit de façon fantastique. … connaît l’orgasme fantastique.
Je lui avais préparé son bain avec d’ la peinture à rayures Puis j’ai appelé le bambin pour une bonne nettoyure. Son bodypainting achevé, il a couru nu sans chaussures Et le chef-d’œuvre parachevé n’a pas eu droit à la censure.
Tableau de Jonas Burgert ; titre piqué dans la chanson « 4 z’arts » de Georges Brassens.
Quelques menues génuflexions, le dos cambré en extension Car la pratique de l’amour demande aussi sa gymnastique. Toutefois, à la réflexion, avant de prendre position, Elle attendra que son balourd en fasse autant et qu’il s’astique.
Elle aimait confier aux poissons qui l’écoutaient dans le silence Toutes ses amours échaudées par toujours trop d’ingratitude. Au diable ces fous de garçons qui ne savent montrer qu’insolence Et ne font que marivauder et font l’amour par habitude.
L’eau devient un voile pudique, troublant, émotif et limpide ; La nudité comme habillée d’un vêtement approprié. La femme, elle, devient fatidique dans une vénusté liquide Sublimée d’ondes maquillées mais impossible à décrier.
Depuis que je suis réveillée, après des siècles de sommeil, Je ne sais comment présenter la liberté sans impudeur, Tellement d’hommes ont veillé à cacher leur propre soleil Sous prétexte qu’Ève était hantée par une absence de pudeur.
Alors on me voila mon sexe, mes seins et même ma figure Car ma lumière rend aveugle l’œil masculin démérité. Enfin sans peur et sans complexe, je m’extrais de mes ligatures Et, toute nue devant le peuple, je lui montre la vérité.
Une fois que la mer fut gelée nous y construisîmes nos maisons Quelques sapins pour l’infernal hiver qui s’abattait sur Terre. Parfois des poissons congelés remontent à la belle saison Pendant que l’été hivernal réveille l’étoile solitaire.
D’elle, je n’ai que cette image ; j’avais surpris sa méfiance. Elle fuyait les objectifs pour ne pas être mise en cage. Elle en faisait tout un fromage et j’ai dû m’armer de patience Pour décrocher ce subjectif portrait d’une femme sauvage.
Plutôt charmeuse que flûtiste, elle attirait ses amateurs Qui se laissaient hypnotiser et même charmer leur serpent. Elle laissait s’ dévêtir l’artiste et, d’un air intimidateur, Charmait le membre érotisé du mélomane participant.
Le trio mettait de l’ambiance au cabaret des trois sœurs juives Par leur musique nostalgique et leurs chansons gaies pour les pieds. On disait : « Voyez comme on danse ! » Et aussi : « Qui m’aime me suive ! » Ce remède anti-léthargique faisait même valser les estropiés !
Elle habitait tout près des Halles, derrière la poissonnerie Et exerçait le beau métier de contactologie du sexe. D’une lentille fovéale et un peu d’ polissonnerie Elle vous rinçait l’œil en entier d’une dextérité connexe.
Elle capture les oiseaux suivant les ordres de sa reine Qui possède une oisellerie la plus réputée du royaume. Et dans ses cages de roseaux tressées de façon souveraine Sa science de la volerie la faisait grimper au summum.
Tableau de Merab Gagiladze sur http:merabgagiladze.com20130703this-is-a-sample-post-3 .
Celle-ci a dû perdre son âme dans le portrait du photographe Car elle me regarde de travers, derrière moi et au-delà. Je ne vois naître aucune flamme, aucun atome qui vous agrafe J’y perds mes rimes et mes vers avec cette Marie-couche-toi-là !
Celle qui avait des écus d’or et le mari dans le pétrin Étaient réputés pour l’artiche mais pas pour être chauds lapins. Ainsi, dans la chambre où l’on dort, leur temps d’amour assez restreint N’empêchait pas les belles miches de se vendre comme des petits pains.
Il l’avait trouvée dans les bois mais n’avait pas manifesté sa voix Juste un visage inexpressif et des cheveux couleur lavande. D’un petit sarment qui flamboie, un jour, revenant d’un convoi, L’oracle, resté dépressif, ouvrit un œil à sa demande.
Mais à chacune de ses questions, elle répondait continûment Que ce n’était pas le moment, qu’il le découvrirait plus tard. Après trois jours de digestion de ses réponses en dénûment, Il lui dit simplement : « Maman, pour toi, j’ suis toujours en retard ! »
D’accord ! Ma femme me décoiffe, elle sait se plier en quatre Et m’étonnera tous les jours, c’est même sa spécialité. Mais pour imiter la girafe, elle me fait rire comme au théâtre. Ma chérie, tu pourras toujours la peindre en impartialité.
Plus fort que la voix de son maître, plus fort que le cri de sa maîtresse, Le gramophone romantique savait vous arracher des larmes. Portée à cent-vingt kilomètres, équipé de feux de détresse, Il réveillera l’authentique voix de la chanteuse de charme.
Photo de Hüseyin Şahin sur https:designyoutrust.com201807turkish-artist-huseyin-sahin-creates-stunning-imaginative-and-dreamlike-photo-manipulations .
J’en ai rêvé, Dieu l’a créée et puis le progrès l’a tuée. Dommage, car elle était si belle dans ses toilettes folichonnes ! Bien qu’il soit enfin agréé qu’elle n’est plus une prostituée, Aujourd’hui la femme est rebelle mais elle s’habille comme un homme.
Connaissez-vous la nage équestre de l’hippocampe et la sirène ? Imaginez une harmonie de cambrements synchronisés. Elle se conduit en chef d’orchestre sur sa monture et vous entraîne En Nouvelle-Calédonie dans ses voyages organisés.
Photo de Hüseyin Şahin sur https:designyoutrust.com201807turkish-artist-huseyin-sahin-creates-stunning-imaginative-and-dreamlike-photo-manipulations .
Le vieux cheval s’est arrêté, un side-car l’a remplacé. Avec son chien, il soliloque ; de toute façon, nul ne l’écoute. Il paraît qu’il est bien traité dans sa réserve déplacée Avec son peuple qui débloque mais ce sont des rumeurs, sans doute.
Il a fui son anniversaire et toutes ces années de malheur Pour aller où ? Il ne sait pas mais il reste nomade avant tout. Le temps n’est pas un adversaire, il n’a pas la même valeur Pour qui vit déjà son trépas nonobstant le grand Manitou.
Représentant de l’ancien monde, j’ai régné au septentrion ; Au temps des grandes découvertes, on en respectait le royaume. Rattaché au progrès immonde, moi, seul ultime échantillon Disparais bien lâchement, certes, mais n’est ce pas ce que veut l’homme ?
Les fruits de la connaissance polluent toute la surface de la Terre Depuis que les hommes les ont cueillis avec les yeux plus gros que le ventre. On dit qu’il faut qu’on évolue et que c’est un mal nécessaire Fier d’avoir été accueilli au cœur du bien, dans l’épicentre.
Cette double hélice alchimique sépare traditions et science. L’une perpétue les jours heureux mais l’autre voudrait faire encore mieux. L’une révère la botanique, l’autre l’atome et sa puissance. Moi, je serais par trop peureux si j’en étais moins insomnieux.
J’ai toujours l’étrange impression de marcher à contre-courant D’une raison irrationnelle, d’un cœur qui bat à contrecœur. Même si je sais que la pression qui pousse tous ces concurrents Vers une vie sensationnelle n’obéit qu’à des arnaqueurs.
Il manipule les secrets, les grands mystères de l’Astrée, Les cartes perdues des tarots dans les signes astrologiques. Mais ce qui lui paraît concret reste pour les autres trop abstrait Il en lévite sur les carreaux dans un état pathologique.
Le cœur d’enfant voit sans limite l’univers de ce qu’il découvre, Même si la morale le pousse à l’enfermer dans sa maison. Mais peu lui importe ces mythes qui dissimulent et qui recouvrent L’imagination qui repousse tous ceux qui veulent avoir raison.
La porte qui s’ouvre sur les rêves demeure pour moi bien difficile. Une fois ouverte, les courants d’air m’emportent assez facilement Mais pour l’entrouvrir, je m’y crève ! La serrure d’aspect indocile Demande au rêveur solidaire d’y porter le bon talisman.
Toute nue sous l’imperméable reste un petit jeu agréable Car j’aime sentir ruisseler les gouttes de pluie jubilées. Lorsque personne ne me suit, je ne prends que le parapluie Mais si la censure s’en mêle, je cours à m’ gratter les semelles.
Cette force qui donne des ailes pourrait se faire plus discrète Je dois choisir entre la cacher ou bien l’exposer au grand jour. Pour l’afficher, il faut du zèle et ma vie tranquille s’arrête ; Alors je les ai attachées et je vis cool en mon séjour.
La course est similaire aux filles comme aux garçons ; il faut gagner ! Avec l’épreuve supplémentaire : la plus belle doit sortir du rang. Pour arriver à la cheville du prince charmant et l’empoigner D’une manière élémentaire, on élimine ses concurrents.
Tout le monde veut tenter sa chance lors de la course pour la vie. Chacun veut être le plus fort, être adulé comme un héros. Dieu nous facture cette exigence qu’on a signé après devis ; Gare aux fractures et aux efforts sous peine de rester à zéro.
Ce matin-là, pas de soleil, Sa Majesté a festoyé. Toutes ces éruptions solaires lui auront fait tourner la tête. Maudite nuit ! Maudit réveil ! Il va falloir tout nettoyer ! Et l’étoile secouer sa poussière un peu partout sur la planète.
Septième ciel, septième étage, le choix paraît bien difficile Mais être assis sur la fenêtre comporte toujours de gros risques. Ce monde plein de bizutages ne nous rend pas la vie facile Mais si vous êtes prêt à renaître, sautez ou bien changez de disque.
Chez les familles de hiboux, le Roi Soleil est renversé. La lune est seule souveraine du royaume des noctambules. Au crépuscule, on dit « debout ! » on ne va pas tergiverser Les heures nocturnes sont reines pour tenir des conciliabules.
Chaque famille de hibou respecte le cycle lunaire Et les mamans veillent au grain lorsque la lune devient gibbeuse. Durant ces nuits, des marabouts rôdent sous le grand luminaire Et cela cause du chagrin aux chouettes un peu chichiteuses.
Elle travaillait comme modèle pour un grand peintre de Paris Mais les braves gens disaient ainsi qu’elle n’était que prostituée. Pour eux, atelier ou bordel, c’était du même gabarit Et les « Léonard de Vinci » leur semblaient guère institués.
Elle avait les yeux émeraude comme les murs de sa chambrette Qui me jettent une œillade hagarde comme un éclat vert-azuré. Tandis qu’un doute me taraude, se déshabille la soubrette Et ses deux seins qui me regardent m’ont complètement rassuré.
Voici qu’un rayon la transforme par le pouvoir de l’embrasure Qui l’adoube comme chevalier à l’épée-soleil flamboyante. Ainsi soit-elle copie conforme à la princesse de l’azur, Comme l’attestent son collier et son anneau de clairvoyante.
Malgré la chaleur des blés d’or, les bleuets veulent s’échapper Comme s’ils voulaient gagner le ciel, pour un Eldorado d’azur. Tandis que la plaine s’endort sous les collines escarpées, Ils suivent un moment le soleil jusqu’à sa dernière embrasure.
Ce mouvement obligatoire de la rivière vers la mer Produit des effets hypnotiques de feux follets vers le néant. Je les vois suivre les histoires que les eaux tiennent de leurs mères Lorsqu’elles n’étaient qu’hypothétiques évaporées de l’océan.
Il perce le ciel nuageux toutes les fins d’après-midi Comme s’il revendique le droit de nous exposer ses romances. Et il s’étire cet élogieux soleil qui fait un peu de comédie Mais comme il n’existe qu’un roi, remercions-le de sa clémence.
Fantastiques, ces appareils aux nouvelles technologies Qui mettent en quatre dimensions toutes les photos collectées. Superbes, à nulle autre pareilles, les couleurs en analogie Avec toutes les dissensions des portraits interconnectés
Trop belle pour moi qui la voyait en beauté grecque au nez gracieux Avec des fleurs dans les cheveux comme colliers de tahitiennes. Là dans sa bouche, je me noyais, ici son regard audacieux Qui fait de moi tout ce qu’il veut dans le cœur de la magicienne.
J’aime emporter, d’une balade, juste une ramille de fleur Que je choisis un peu surprise mais en attente du cueilleur Ou qui mérite une escalade, là où ciel et terre s’affleurent. Enfin, je l’offre à ma promise comme un petit bonheur rieur.
Au crépuscule, les flamants roses se rassemblent pour un ballet. Ils s’agitent en faisant des signes aux autre groupes sémaphores. Le soleil se couche, morose, la nuit met un coup de balai Et puis, la tête haute, la tête digne, les oiseaux attendent l’aurore.
Tôt le matin, déjà à leur poste, deux chats sont juchés sur les toits. Ils surveillent les environs, capables de tenir des heures. Attendent-ils une riposte d’une minette à l’air matois Qui les jugerait trop gironds ou peut-être un peu trop poseurs ?
Tard dans la nuit, sont revenus les deux matous aux mêmes places Matant la chatte à sa fenêtre qui les fascine et les rassemble. Que seront-ils demain devenus ? Auront-ils pu rompre la glace ? Tout dépendra si l’on voit naître une portée qui leur ressemble.
J’avance à pas de loup, je surprends les renards, Les biches et les chevreuils, même les écureuils. Je ne suis ni jaloux, ni à peine goguenard, Mais les fées dans les feuilles s’enfuient quoi que je veuille.
Trop rapides pour moi, elles vivent hors du temps ; Je ne vois que le vent, juste un souffle de fuite. Un jour, avec émoi, j’ai vu un habitant Petit être vivant, de forme très réduite.
Je n’ai pas eu le temps de prendre une photo Mais je l’ai dessinée du fond de ma rétine Très vite en haletant juste avant qu’aussitôt Ne se soit débinée l’image de la lutine.