Catégorie : Poésie du dimanche

  • Sortie de l’ombre

    La vie serait née de l’espace brassée dans le coeur des étoiles ;
    La lumière serait la divine créatrice de notre univers.
    Je ne sais pas ce qui se passe derrière la science et son voile
    Mais mon petit doigt en devine tous les secrets les plus divers.

    « Fiat lux ! Que la lumière soit ! » Ces mots ont surgi du néant
    Comme une explosion d’énergie d’où se déversa la matière.
    Puis, s’étendît par-devers soi l’espace-temps comme un géant
    Qui se réveille en synergie avec un monde à part entière.

    Tableaux de Remedios Varo

  • Coopération et création

    Tandis qu’il répand la semence composée de poudre d’étoiles,
    Le créateur transmet la vie à la planète nourricière.
    Il attend que tout recommence pour que l’avenir lui dévoile
    La maintenance et le suivi de la part des bénéficiaires.

    Aussitôt qu’elle reçoit l’onde génératrice de la vie,
    La génitrice alors arrose la terre promise à l’essor.
    Elle déverse l’eau féconde qui assurera la survie
    Des filles aux pétales de rose, des garçons aux choux … et consort.

    Tableaux de Christian Schloe

  • Pervers Regards

    Regard sévère, regard amer voilà le prix de la souffrance
    Quand l’amour n’a pas eu son dû ou n’en a pas eu son content.
    Regard bleu-vert presque outremer ou fluorescent à outrance
    Pour marquer sans sous-entendu un litige qui se paie comptant.

    Regard de face en face-à-face voilà le prix de l’amertume
    Quand la tromperie se dilue dans l’eau de rose polluée.
    Regard tordu, plein de grimaces, saumâtre et d’un zeste d’agrume
    Pour mesurer l’huluberlu d’un sentiment dévalué.

    Regard qui s’en va de travers voilà le prix d’indifférence
    Quand elle veut taire les mots qu’elle n’ose pas prononcer.
    Regard qui renvoie à l’envers les fallacieuses déférences
    Qui écriront, chargé de maux, un chagrin d’amour romancé.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Tintin pour la Suisse !

    À peine franchi la frontière, je croyais maîtriser les langues
    – Puisqu’elles sont universelles en ce qui concerne l’argent –
    Pour naviguer ma vie rentière sur les eaux d’un euro qui tangue
    Entre les monnaies qui excellent et un franc suisse, départageant.

    Au début, leur langue curieuse ressemblait assez à la mienne ;
    Un peu plus lente entre les phrases avec un patois des alpages.
    J’eus alors une envie furieuse pour plaire à mes concitoyennes
    De parler la langue genevoise afin de paraître à la page.

    Mais à la frontière des langues, l’affront que j’essuie salement
    Me donne le pire des maux avec une langue imbuvable.
    Bien que ce pays me harangue de parler le suisse-allemand,
    Je n’en comprends pas un seul mot sinon un dialecte improbable.

    Parodies et hommages à Hergé

  • Comme un poisson dans l’eau…

    Heureux comme un poisson dans l’eau… mais limité à son bocal
    Qui paraît tellement fragile qu’il pourrait voler en éclats.
    La pollution va à vau-l’eau, et le gouvernement bancal
    N’est qu’un colosse aux pieds d’argile pour qui, déjà, sonne le glas.

    Et nos petites vies tranquilles que nous pensions inébranlables
    Se fissurent sur les frontières et à l’intérieur de nos villes.
    Nous pensions nos règles utiles mais les voici incontrôlables
    Aux mains d’autorités altières sur des groupuscules serviles.

    Tableau de Jacob A. Pfeiffer

  • Vu d’ici

    À vue d’œil derrière un écran, je vois mes propres opinions ;
    Je me vois, l’esprit mis à cran, privé de toutes réunions.
    À vue de nez derrière un masque, je sens mes propres excrétions ;
    Je me sens, une âme fantasque, asphyxiée sous l’oppression.

    À vue d’oreille derrière un casque, j’entends mes propres cris du cœur ;
    J’entends s’élever la bourrasque d’un peuple qui crie sa rancœur.
    À vue de goût, c’est le dégoût d’avaler ma propre nausée
    Envers ceux qui frappent des coups sur une foule ecchymosée.

    Tableau d’Arantzazu Martinez

  • L’embarcadère de rêve

    Un rêve qui ne manque pas d’air serait d’attendre un dirigeable
    Directement sur ma terrasse contiguë à l’embarcadère.
    Pour un voyage hebdomadaire avec billets interchangeables
    Afin que je me débarrasse des tracasseries légendaires.

    Puis, selon la boussole folle qui tournicote au gré des vents,
    Je m’embarquerais sans valise juste mes chaussures à la main.
    Et dans l’azur dont je raffole, je m’élancerais aux devants
    De l’aventure sans balise, sans destination pour demain.

    Et puis, à l’intérieur du rêve, s’entrouvrirait un autre monde
    Où disparaîtraient les frontières pour ne laisser que l’inconnu.
    Les heures, d’ordinaire si brèves, dans une course vagabonde,
    D’allongeraient la vie entière pour l’honneur d’un cœur ingénu.

    Tableaux de Stanislav V. Plutenko sur http://malaguetasur.blogspot.com/2015/03/stalinlav-plutenko-pintor-ruso.html

  • L’invitation au voyage

    Quand le cœur appelle,
    Quand il interpelle,
    L’invitation au voyage,
    Le corps lui répond
    « Partons au Japon,
    Courrons à l’appareillage ! »
    La raison s’efface
    Sans perdre la face
    Dans un simple lâcher prise
    Et l’âme s’éveille
    Devant les merveilles
    Issues de cette entreprise.

    Là, tout le sel de la Terre
    Charme le voyage en solitaire.

    Au hasard des rues,
    La peur disparue,
    J’irai à la découverte
    De nouveaux regards
    Aux yeux pleins d’égards
    Pour mes intentions ouvertes.
    Je rencontrerai,
    Je recouvrerai
    Cette âme-sœur en attente
    Qui m’attend là-bas
    Peut-être à Cuba
    Sur la plage miroitante.

    Là, le voyage solitaire
    Goûte le sel de la Terre.

    Quand je reviendrai,
    Quand je rejoindrai
    Mes amis et ma famille,
    Je leur offrirai
    Ces vers inspirés
    De l’odeur de la vanille.
    Je repartirai,
    Sans aucun regret,
    Vers de nouveaux paysages,
    Pour voir triomphants
    Grandir mes enfants
    De tout ce qu’ils envisagent.

    Là, le voyage reprend,
    Tout le monde se comprend.

    Au soir de ma vie,
    Mon âme ravie
    Connaît sa dernière étape,
    Elle largue les voiles,
    Va vers les étoiles,
    Personne ne la rattrape.
    Ce dernier voyage
    N’est qu’un nettoyage
    De l’essence tout entière
    Qui renaît demain
    Qui me tend la main
    Pour une vie sans frontière.

    Là, le voyage sans fin
    Trouve son plaisir enfin.

    Tableaux de Stanislav V. Plutenko sur http://malaguetasur.blogspot.com/2015/03/stalinlav-plutenko-pintor-ruso.html

  • La météorologiste

    J’aimais ses cumulonimbus sous son manteau en peau de nuit
    Qui épousait les dépressions et les sommets de sa poitrine.
    Mais au moindre cunnilingus, qui lapait doucement son huis,
    Sa bouche s’ouvrait d’une expression semblable à un lèche-vitrine.

    Quand l’amour parsème à tout vent, les corps subissent la tempête
    Dans les folles précipitations de l’effervescence des sens.
    On y revient le plus souvent dès que l’orage monte à la tête
    Aussitôt que l’excitation met les cœurs en incandescence.

    Illustration « Ter » de Dubois & Rodolphe

  • La chasse aux météores

    En ce temps-là, nonchalamment, perchés au sommet de la piste,
    Nous dénombrions les météores, pluies, grêles, ouragans et tempêtes.
    J’y accompagnais galamment ma belle météorologiste
    Comme deux anges égrégores assis sans tambour ni trompette.

    La nuit venue, secrètement, juchés sur un esquif fragile
    Nous naviguions sous le prétexte d’améliorer nos connaissances.
    Mais pour parler concrètement nous nous échappions des vigiles
    Pour nous aimer dans un contexte plus en rapport avec nos sens.

    Illustrations « Ter » de Dubois & Rodolphe

  • L’amour flou, flou, flou

    L’amour fait chavirer le cœur et en aveugle la raison
    Par interférences avec moires dans les souvenirs partagés.
    J’en veux pour preuve avec rancœur les errances en toutes saisons
    Dont j’ai gravé dans ma mémoire les mésaventures outragées.

    Ève voyait flou, Adam myope, ils n’ont pas reconnu la pomme,
    Ont croqué le fruit défendu dans un paradis de brouillard.
    S’ils avaient été nyctalopes ou bien consulté les Prud’hommes,
    Ils auraient été entendus par un avocat débrouillard.

    Voilà pourquoi l’amour est flou voici pourquoi l’amour voit double.
    Dieu nous a brouillé l’œil du cœur en nous privant de connaissance.
    C’est ainsi, l’homme devient fou ; c’est ainsi, sa femme le trouble
    Mais peu importe la liqueur pourvu que l’ivresse des sens.

    Tableaux d’Egor Ostrov

  • Souveraine matin, midi et soir

    Au matin la reine s’éveille encore éperdue dans les songes
    Dont les souvenirs disparaissent de sa mémoire vaporeuse.
    Il suffit d’un peu de soleil pour faire traiter de mensonge
    La nuit aux ténèbres épaisses fors d’une attente langoureuse.

    À midi, la reine s’habille encore baignée de rosée
    Avec des pétales de rose et leurs arômes inégalés.
    Juste un éclat sur les pupilles sur une joue couperosée
    Qui lui efface l’air morose de rester seule en son palais.

    Le soir, la reine au crépuscule encore en attente du roi
    Dont le retour imprévisible deviendrait presque indispensable.
    Sans un seul mot, son cœur bascule, affolé, en plein désarroi
    D’une émotion intraduisible et d’une envie imprononçable.

    Tableaux de Joshua Burbank

  • La fondue marseillaise

    Bien que ce ne soit pas Venise, ici, le soleil nous gondole
    Toutes les images, peuchère, trois cent soixante-cinq jours par an.
    Autant la chaleur galvanise, autant le pastis nous console,
    À l’ombre des portes cochères, à la santé de nos parents.

    Tableau de Tinou Grimal

  • La dame avec la tête en fleurs

    La dame sortit de l’auto arborant une tête en fleur ;
    Fleurs magnifiques de surcroît qui lui camouflaient le visage
    Comme ornements sacerdotaux qui dissimuleraient les pleurs
    D’une déesse de qui l’on croit obtenir un tendre présage.

    Elle fit quelques pas à droite et s’agenouilla sur la berge
    De la rivière dont les eaux transportaient les neiges fondues.
    Dans une action souple et adroite la dame dégaina sa flamberge
    Solennellement de son fourreau dans le silence répandu.

    Tableaux d’Anna Kincaide

  • Manifestement

    Manifestement alarmistes sur les dangers qui les menacent,
    Les oiseaux commencent à crier comme les Oies du Capitole.
    Assez craintifs et pessimistes, ils ne s’en affichent pas moins tenaces
    Dans le milieu approprié des domaines arboricoles.

    Manifestement trop nombreux sur la planète fragilisée,
    Les oiseaux commencent à pleurer avec les mouettes rieuses.
    Qu’ils soient blancs ou bien ténébreux, ils se sont tous coalisés
    Avec les poissons apeurés par la pollution injurieuse.

    Manifestement trop à dire, trop à se plaindre et protester,
    Les oiseaux commencent à maudire les cargos et les pétroliers
    À qui on devrait interdire d’impunément se délester
    Du pétrole dont on peut prédire la mort de la Terre spoliée.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Sous des spirales d’idées

    J’ai cru que la Terre était plate, j’ai cru que j’habitais au centre,
    J’ai cru que régnait le néant après le mur de l’horizon.
    Mais quand la vérité éclate – et même si cela fait mal au ventre
    Et me retourne sur mon séant – je dois me faire une raison.

    Alors il faut bien que j’admette, alors il faut bien que j’accepte
    Que tout ce que l’on m’a fait croire n’était qu’un monde d’illusion
    Avec ses plans sur la comète et ses vérités qu’on excepte
    Et ses dogmes contradictoires qui m’ont contraint par collusion.

    Aujourd’hui je lève le voile des doctrines d’obscurité
    Qui me maintiennent dans l’ignorance pour mieux m’auto-suggestionner.
    Je vois au-delà des étoiles mon futur de maturité
    Qui m’engage à la tolérance afin de me perfectionner.

    Tableaux d’Anna Ewa Miarczynska

  • La pomme de discorde

    Steve Jobs et les Beatles, déçus de n’avoir point été conviés,
    Désapprouvèrent le partage de la pomme de la discorde.
    Adam et Ève, bien fessus, n’avaient rien à leur envier ;
    Ils en subirent le boycottage par l’ange de miséricorde.

    Blanche neige et Guillaume Tell, trouvant la pomme empoisonnée,
    Jetèrent, sur Issac Newton, ce fruit sans trop de gravité.
    Bill Gates la mit sur Minitel et força tous ses abonnés
    À lui payer des kilotonnes de royalties accréditées.

    J’appelle tous les amoureux qui croquent la pomme à belles dents,
    À se souvenir de l’histoire de Blanche-Neige et de son prince
    Dont l’itinéraire langoureux s’apparente à Ève et Adam
    Qui pour une transgression notoire ont dû fuir leur jardin à pinces.

    Illustration de Marco De Angelis

  • En effeuillant la marguerite

    En effeuillant la marguerite, j’ai connu le bien et le mal ;
    En mesurant selon ses rites, j’ai jugé l’homme et l’animal ;
    En détachant chaque pétale, j’ai pesé, péché et vertu ;
    En dépouillant le végétal, j’ai vu le mâle qui s’évertue.

    À force de dire « je t’aime » de ma naissance jusqu’à ma mort,
    J’ai vu que le cœur du problème vit à travers tous mes remords.
    « Un peu, beaucoup et pas du tout », comme justice et injustice
    Peut-être je ne comprends pas tout mais tout est dans cet interstice.

    C’est à travers joies et douleurs que j’ai vu le ciel et l’enfer ;
    Je suis de toutes les couleurs, je suis le tout dans l’univers.
    C’est ainsi que j’ai pu apprendre que ce que je juge me juge ;
    C’est ainsi que j’ai su comprendre que je suis mon propre refuge.

    Inspiré d’un poème de Hazrat Inayat Khan, fondateur du « soufisme universel », un mouvement spirituel basé sur l’unité de tous les peuples et de toutes les religions.

  • Les quatre sens en question

    Sens-tu l’éternelle jeunesse battre chaque jour dans ton cœur ?
    Sens-tu sa douce flamme ardente brûler ton esprit de désirs ?
    Sens-tu la suprême finesse de l’âme et de son air moqueur
    Lorsque l’humeur pétaradante te fait explorer de plaisir ?

    Vois-tu l’éternelle lumière briller au plus profond de ton regard ?
    Vois-tu la couleur de l’amour lorsque tu joues à la poupée ?
    Vois-tu la vérité première qui sort de ton sourire hagard
    Lorsque ta bouche avec humour me dit « je t’aime » à mots coupés ?

    Entends-tu le son de ta voix lorsque tu me donnes ta bouche ?
    Entends-tu l’écho de ton cœur qui s’emballe tout feu tout flamme ?
    Attends-tu la fin de l’envoi pour répliquer qu’enfin tu couches
    Avec ton amant, ce vainqueur qui a su découvrir ton âme ?

    Goûtes-tu la saveur du jour lorsque vient la Saint-Valentin ?
    Goûtes-tu le bouquet du temps qui rythme le cœur des amants ?
    Écoute le son de l’amour résonnant au petit matin
    Réveiller en les affûtant le cœur et le corps, ardemment.

    Tableaux d’Edward Vardanian

  • La couleur des saisons

    Parlez-moi d’une saison d’une couleur de printemps
    Et de ses teintes pionnières qui envahissent la nature,
    De ses premières floraisons qui portent un bonheur chantant
    À nos abeilles ouvrières et aux papillons en pâture.

    Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’été
    Et de l’or en abondance qui se répand sur les terres.
    Arômes et exhalaisons que les vents ont haletés
    S’exhalent en récompense de la manne alimentaire.

    Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’automne
    Par la rouille qui convertit les feuilles de nos forêts
    D’une foi qui aurait raison de la terre monotone,
    Lasse d’avoir trop verdit et de s’être trop dorée.

    Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’hiver
    Et la neige en avalanche jour de la Saint-Valentin,
    Qui isole les maisons de la froidure qui diffère
    La Terre d’une nuit blanche comme un manteau de satin.

    Tableaux de Anna Ewa Miarczynska

  • La distribution

    À la distribution des corps, je me suis fondue dans le décor ;
    Pour la distribution des cœurs, j’ai pris le mien à contrecœur ;
    À la distribution des âmes, j’étais nue tout comme une femme ;
    Pour la remise des cerveaux, j’ai été remise à niveau.

    Tableau de Felice Casorati

  • Une femme à sa fenêtre

    Parfois au sortir de la douche, elle se met à la fenêtre
    En plaquant son corps de sirène contre la vitre tout embuée.
    Ensuite, elle y colle sa bouche à la recherche d’un bien-être
    Pour sentir cette joie sereine à laquelle j’ai contribué.

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  • Astérisques et arobas

    L’arobas fait des arabesques et les astérisques, des étoiles
    Sur les parures couleur du temps, des temps modernes, évidemment.
    Bien que le goût du romanesque prenne la femme à rebrousse-poil,
    Elle ne trouve pas rebutant d’y renouer incidemment.

    Or, l’astérisque devient sexy quand, posée sur le mamelon,
    Elle en souligne sans cacher l’affriolante rotondité.
    Et je tombe en apoplexie quand l’arobas glisse selon
    Comment l’étoffe reste attachée en dévoilant l’intimité.

    Vêtue de poussière d’étoiles ou d’arobas ou d’astérisques
    Tout ça c’est cousu de fil blanc, c’est blanc bonnet et bonnet blanc !
    Mais jamais elle ne se dévoile, la fille ne prend aucun risque,
    Car elle se protège en tremblant contre mensonges et faux-semblants.

    Tableaux de Csaba Markus

  • Ces murs qui ont du nez

    Si les murs avaient des oreilles, dorénavant ils ont du nez !
    C’est dû à l’effet combiné de l’internet et la 5G.
    L’humanité n’est plus pareille maintenant qu’elle est condamnée
    À se retrouver confinée sous une protection singée.

    Grâce à nos appareils modernes, le futur nous suit à la trace
    Grâce à nos cartes de crédit qui s’usent graduellement.
    Le téléphone nous materne avec tous ses forfaits voraces
    Dont l’abonnement nous prédit son tacite renouvellement.

    Vous aurez plus que la lumière ! Demain on vous rase gratis !
    Tout est promis, tout est prévu dans notre offre de comédie !
    Depuis l’échéance première, au fil des mois, on vous ratisse
    Jusqu’à la mort, sauf imprévu, mais là, cochon qui s’en dédit !

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  • Pendant ce temps…

    Tandis que les humains voyagent pour mieux réchauffer la planète,
    Tous ceux qui vivent des grands froids devront s’adapter ou mourir.
    Quant aux ours blancs, le bousillage de leur banquise fait place nette
    À une lutte avec effroi pour trouver de quoi se nourrir.

    Adieu compagnons plantigrades qui montraient toujours patte blanche,
    Vous resterez dans nos mémoires rangés avec les dinosaures !
    Vous étiez juste rétrogrades à la croissance en avalanche
    Des humains et de leurs déboires à coups de Nabuchodonosor.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le vilain petit canari

    Les femmes aux cervelles d’oiseaux nous trompent depuis le début ;
    Elles jouent les filles innocentes, pimbêches et superficielles.
    Elles nous prennent pour des zozos dotés des pires attributs
    Par la conscience abêtissante volatile et obédientielle.

    « C’est mon p’tit doigt qui me l’a dit ! » lancent-elles à brûle-pourpoint
    Avec l’intuition féminine et les mots qui s’y apparient.
    Entre les dits et les non-dits ou les « Va ! Je ne te hais point ! »,
    Derrière ces phrases sibyllines se cache un vilain canari.

    Tableaux de Maria Pace-Wynters

  • Petits pois sont rouges et verts

    Les petits pois sont bien revêches comme de subtils ennemis
    Et les pois cassés racornis sont les pires belligérants
    Car les princesses, ces pimbêches, ne supportent pas l’infamie
    Après une nuit d’insomnie causée par ce mal ulcérant.

    Les petits poissons rouge et or peuplent les rêves polissons
    Du chat botté qui en profite lorsque la princesse est partie.
    Quand ces souris sont au-dehors, queue lovée en colimaçon,
    Minet, la mine déconfite, se repose en contrepartie.

    Les petits pois sont confortables, surtout l’intérieur de leur cosse,
    À condition d’avoir poussé suffisamment sur l’échalas.
    Et la princesse insupportable préfère un légume précoce
    À ce lit qui l’a courroucée malgré ses douze matelas.

    Tableaux de Hanna Silivonchyk

  • Faute de filles, on prend des merles

    Merle noir ou rossignolet, qui fait le meilleur professeur ?
    Les filles-merles, dans la nuit, en ont retenu la leçon.
    Les deux oiseaux croquignolets restent les plus grands connaisseurs
    Des chants qui tirent de l’ennui filles chipies et polissons.

    Quand elles ont le cœur galopin qui révèle une âme friponne,
    Elles viennent travailler leur voix avec éclat et apparat.
    Sur les Impromptus de Chopin, elles s’entraînent, elles chantonnent ;
    Les oiseaux leur ouvrent la voie qui les conduit à l’opéra.

    Quand vient le temps de la maîtrise, décorées d’une grive blanche,
    Les filles en jupes et chemisiers donnent un gala de circonstance.
    Sous le vertige de leur emprise, un saisissement se déclenche
    Que même les paradisiers n’ont jamais vu dans l’assistance.

    Tableaux de Maria Pace-Wynters

  • Le château des quatre lunes

    Selon les phases de la Lune, mon château change de saison.
    Il nettoie ses tours au printemps au premier quartier de sa dame
    Et ses murailles fort opportunes quand elles sont en pleine floraison
    Puis, son donjon désappointant du dernier quartier bas de gamme.

    En hiver, je ferme ses portes et tout s’endort jusqu’au printemps ;
    On fait l’amour dans les tourelles pour se réchauffer tour à tour.
    Le froid, que le diable l’emporte, reste l’ennemi fort inquiétant
    Dont les neiges intemporelles annoncent l’éternel retour.

    Tableaux d’Anna Ewa Miarczynska

  • C’était avant l’hiver

    J’ai connu des printemps voraces d’une jeunesse insatiable
    Baignée dans un temps d’insouciance presque arrêté sur mes treize ans,
    Où nulle inquiétude n’embarrasse ni dieu, ni maître, ni le diable
    Et où la vie n’est qu’impatience à boire le moment présent.

    J’ai connu des étés de rêves comme un paradis avant l’heure,
    Avant que ne démarre l’horloge du temps stupide des adultes.
    L’hiver où tu marches ou tu crèves afin d’entretenir le leurre
    D’une vie qui ferait l’éloge des vanités qui en résultent.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https://www.aisato.no

  • La conquête du soupirant

    D’abord pour commencer, il y va pas à pas
    Au hasard des rencontres qu’il sait anticiper.
    Un début romancé car il ne faudrait pas
    Trop aller à l’encontre d’une femme émancipée.

    Une fois qu’elle a ri, il passe à l’offensive
    En flattant son physique mais aussi son sourire.
    Si elle ne s’apparie pas à la défensive,
    Son audace magique saura la conquérir.

    Quand la femme est conquise, son vainqueur magnanime
    Pénétrera le Saint Graal de sa forteresse.
    Et sa chair tout exquise dans un cri unanime
    Accueillera en son sein la sève enchanteresse.

    Illustrations de Riccardo Guasco

  • Les quatre saisons

    Tandis que je rêve au printemps, la Terre s’habille de fleurs,
    De pissenlits, de marguerites, myosotis et pâquerettes.
    Adieu jours au froid éreintant peuplés de larmes et de pleurs
    Bonjour la douceur émérite des dahlias en collerette.

    Tandis que je rêve à l’été, la Terre s’habille de fruits ;
    Pommes d’amour au goût sucré s’invitent à faire bombance.
    Hier, la nature a haleté à se réveiller à grands bruits
    Mais aujourd’hui s’est consacrée à nous nourrir en abondance.

    Tandis que je rêve à l’automne, la Terre s’habille de rouille ;
    Tapisseries aux feuilles d’or, forêts dorées et arbres d’ambre.
    Dans cette douceur monotone valsent potirons et citrouilles
    Qui entrent par le corridor de septembre, octobre et novembre.

    Tandis que je rêve à l’hiver, la Terre s’habille de blanc ;
    Premières gelées matinales, chutes de neige sur le parvis.
    Ainsi le cycle de l’univers refroidit la Terre en tremblant
    Comme une horloge machinale qui règle les lois de la vie.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https://www.aisato.no

  • Du levant au couchant

    Selon la couleur du matin, la Terre montre ses humeurs ;
    En robe blanche de satin, d’arbre aux senteurs du parfumeur.
    S’il a gelé, elle paraît triste ; s’il a neigé, elle s’endimanche ;
    S’il fait beau, d’un ciel naturiste et s’il pleut, ses ruisseaux s’épanchent.

    Selon la teinte au crépuscule, la Terre prépare l’avenir
    Et les nuages se bousculent selon l’échéance à tenir.
    Ciel rouge et soleil mordoré pour déblayer tous ses malheurs,
    Ciel bleu et lune phosphorée pour nous redorer nos valeurs.

    Tableaux d’Annie Hamman

  • Rouge d’amour

    Si l’amour est une couleur, ce sera un rouge baiser ;
    Avec une ivresse des sens que boira mon cœur en douceur,
    Avec un soupçon de douleur pour pimenter et embraser
    Mon esprit en effervescence en vue de trouver l’âme-sœur.

    Si je devais mourir d’amour, alors ma couleur dominante
    Prendrait la teinte du désir diluée d’une eau de bien-être.
    Rouge comme le premier jour où, d’une fièvre contaminante,
    Mon cœur a battu de plaisir envers mon propre enfant à naître.

    Tableaux d’Anna Baibakova

  • Calice de lune

    Au dernier quartier de la lune, elle extrait le jus du croissant
    Qui a poussé durant sept nuits et a mûri durant sept autres.
    Si la révolte est opportune, elle obtiendra en le pressant
    Un vin qui aurait réjoui, dit-on, Jésus et ses apôtres.

    Mis dans un calice argenté en forme de croissant de lune,
    Son arôme se développe durant toute une année lunaire.
    Il devient un vin charpenté, un vin qui coûte une fortune ;
    Des superstitions interlopes disent un vin extraordinaire.

    Mais qui donc est à l’origine de cette étrange préparation ?
    Certains prétendent qu’Andromède apparaîtrait à chaque fois
    Et même qu’une fée androgyne en aurait fait la narration ;
    Quoiqu’il en soit, c’est un remède qui guérit ceux qui ont la foi.

    Tableaux de Matteo Arfanotti sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/12/matteo-arfanotti-1974-italy.html

  • Danses africaines

    Jamais femmes n’ont été sculptées aussi finement pour la danse
    Par un squelette approprié et des muscles en parfait accord.
    Elles n’ont aucune difficulté à entretenir la cadence,
    Durant des heures à tortiller l’harmonie du cœur et du corps.

    Les boubous aux jolis motifs pour exprimer les traditions ;
    Les dashikis très colorés qui volent au vent comme tuniques ;
    Les pagnes et les jolis soutifs, merveilleuses apparitions ;
    Les kangas vifs et mordorés dessinant leur maxime unique.

    Elles expriment leurs émotions et le corps entier participe
    À dépenser une énergie infiniment développée.
    Elles ne souffrent ni commotion, ni stress, ni autre stéréotype,
    Les africaines en synergie aux rituelles mélopées.

    Tableaux de Hennie Niemann Jnr

  • La Corne d’Or

    Voilà, ce soir je rêverai au départ de la Corne d’Or
    Sortant du port de Concarneau, de La Rochelle ou Saint-Malo.
    Et, à son bord, je voguerai en compagnie d’un commodore,
    Vieux loup de mer du Landerneau, et ses plus vaillants matelots.

    À Marseille, nous jetterons l’ancre si nous avons le privilège
    Que Notre-Dame-de-la-Garde bénisse notre entrée au port ;
    La Bonne-Mère se fait un sang d’encre si je commets le sacrilège
    D’oublier d’écrire par mégarde notre rendez-vous au rapport.

    Puis, à la dernière marée, enfin, nous appareillerons
    Avant que l’aube nous réveille et fasse son apparition.
    Les souvenirs bien amarrés, nos femmes nous accueilleront
    Avec les fruits et les merveilles de la pêche à l’inspiration.

    Tableau de Paul Signac

  • Les chapeautées

    Plus de jeunes filles à chapeau qui coiffent Sainte-Catherine ;
    Les couvre-chefs sont démodés, tant pis pour les jolies coiffures.
    Plus de bibis tel un appeau qui charme la gent masculine ;
    La mode s’est incommodée de ces rétrogrades galures.

    Les belles dames du temps jadis pourraient tout autant se moquer
    Des corps cachés sous les burqas, enfouis de la tête au pied.
    Mais je crains que ne s’affadisse celles qui s’en vont soliloquer
    Au téléphone et en parkas pour s’isoler comme il leur sied.

    Il reste les photographies, les bons vieux films de Pagnol
    Qui évoquent ces belles élégantes chapeautées de coiffes luxuriantes.
    Tant pis si ma chronographie date du temps des carmagnoles
    Mais cette mode extravagante, d’aller nu-tête, me désoriente.

    Tableau de Kees Van Dongen sur http://pasperdus.canalblog.com/archives/2007/10/21/6561016.html

  • Avant que les pensées fleurissent

    Au moment de passer l’hiver les muses entrent en hibernation
    Attendant en hypothermie le prochain retour du printemps.
    Tous les potins, les faits divers deviennent sources d’inspiration
    Car nos égéries endormies ne peuvent inspirer à plein temps.

    Quand vient le temps du renouveau, les muses renaissent en pensées
    Qui s’épanouissent en boutons, en fleurs et fruits de la passion.
    Elle, pour me remettre à niveau, quand tout son art est dépensé,
    Ma muse compte les moutons et se plonge en hibernation.

    Tableaux de Alina Fontains

  • Histoires de pommes

    Sur les chromosomes des filles, il existerait un gène d’Ève
    Dominant ou bien récessif mais qui se veut acoquinant.
    Leurs petits bassins qui vacillent et leurs tétons qui se soulèvent
    Obéissent, d’un geste excessif, à cet aspect prédominant.

    Si les seins ressemblent à des pommes, les mamelons aux pédoncules,
    C’est qu’ainsi s’exprime ce gène lorsqu’il est transmis à nos dames.
    Et lorsqu’il est transmis à l’homme, il n’y a là rien de ridicule
    Car son caractère androgène développe une pomme d’Adam.

    Voilà pour ma question loufoque, une réponse pas moins foldingue
    Sur le rapport entre les pommes et les jolies rotondités.
    Une explication équivoque issue d’un cerveau ribouldingue
    Dont les divagations, en somme, sont en pleine fécondité.

    Tableaux de Daron Mouradian

  • Prude gitane

    Furtivement à la fenêtre ou par la porte entrebâillée,
    Apparaissait une jeune fille pointant le nez à sa roulotte.
    Sa robe, il faut le reconnaître, et ses jupons embroussaillés
    Lui arrivaient à la cheville pour cacher froufrous et culottes.

    Elle vendait des colifichets quand elle était adolescente,
    Parfois sur les quais de la Seine, parfois sur les Champs-Élysées.
    Le soir venu, sans aguicher, gardant sa pudeur innocente
    Elle dormait au bois de Vincennes chez des nonnes fidélisées.

    Elle fréquentait parfois les hommes mais juste pour faire bonne chère
    Car elle refusait de coucher même au prix de quelques billets.
    Mais un jour grâce aux chromosomes d’un gars venu du Loire-et-Cher,
    Elle consentit, effarouchée, à se laisser déshabiller.

    Tableaux de Kees Van Dongen sur http://pasperdus.canalblog.com/archives/2007/10/21/6561016.html

  • Les femmes à la barre !

    La barre à cent quatre-vingts degrés, on vire de bord lof pour lof
    Et l’on donne aujourd’hui aux femmes la direction de la nation !
    Car nous, les hommes, leur sommes gré de cesser d’être la voix off
    Qui les plaçait au rang infâme sous notre discrimination.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La journée de la femme

    Nous dédions ce jour aux femmes pour se souvenir du combat
    Qu’elles ont remporté sur les hommes dont elles n’étaient pas les égales.
    À cause du péché infâme dans lequel Ève succomba
    Et perdit au référendum son autorité conjugale.

    Bouddha l’a placée inférieure au plan civil et religieux ;
    Krishna les aimait tellement qu’il en eut plus qu’on l’imagine ;
    Jésus plutôt apparieur mais Mahomet plus sourcilleux ;
    Quoi qu’il en soit réellement, les Dieux se montrent misogynes.

    Tableau « Krishna à la flûte de paon » de Madhumita Bhattacharya

  • Joli-Nichon – 2

    Joli-Nichon lavait son linge le dimanche soir au lavoir,
    Dans l’intimité de l’étuve, se retrouvait entièrement nue.
    Ne vous cassez pas les méninges pour tenter de l’apercevoir
    Car elle se couchait près des cuves pour cacher sa déconvenue.

    Un coup de Mistral équivoque jeta ses habits dans les nues
    Et elle n’eut d’autres ressources de se réfugier sur les toits.
    Moi, j’habitais une bicoque sise dans la même avenue
    Et lui achetai de ma bourse des fringues d’un geste courtois.

    Elle fut ainsi ma lavandière et s’installa dans mon logis
    Et ne lavait plus que mon linge et ses lingeries fines, chez moi
    Car elle n’était pas née d’hier et connaissait l’astrologie ;
    Elle était du signe du singe d’après l’horoscope chinois.

    Tableau d’Anton Kiyasov

  • Fleurs de printemps

    Constante dans ses habitudes, Dame Nature sait reproduire
    Chaque année des chefs-d’œuvre d’art, garants de sa célébrité.
    Quelle que soit la latitude, elle se plaît à reconduire
    Ce qui obéit aux standards de la mode en prospérité.

    Innovatrice cependant, Dame Nature aime inventer
    Selon les humeurs du printemps de nouvelles variétés
    Qu’elle mélange en répandant les fleurs qu’elle aura enfantées ;
    Enfin, maternées à plein temps, pluie et soleil à satiété.

    Malgré la menace de l’homme, Dame Nature sait rebondir
    Et trouvera d’autres chemins pour recommencer son office.
    Puisqu’elle est reine en son royaume, elle sait comment approfondir
    L’avenir pour ensemencer la Terre pour nos filles et nos fils.

    Illustrations de Hülya Özdemir

  • Issue de concours

    Il est des lignes de voyages qui proposent plusieurs sorties.
    L’une d’elles, passagère et très brève, vous fait déboucher sous les ponts ;
    Une autre voie de délestage renvoie sur des quais assortis.
    Choisissez votre croisière de rêve et l’issue qui lui correspond !

    Sur un quai de Venise

  • L’impudence

    Vêtue de coquilles de nacre à même sa peau satinée,
    Le long des bras jusqu’aux poignets et sur sa poitrine effrontée,
    Tout le temps qu’elle me consacre me paraît folle destinée
    Pourtant, je peux en témoigner, je me tiens prêt à l’affronter.

    Tableau de Skupova Lyubov

  • Coquine Colombine

    Une fois par an, au carnaval, vêtue des habits d’arlequin,
    Colombine reprend le costume type de la « Comedia dell’arte ».
    Elle ne craint aucun rival pour captiver tous les coquins
    Attirés, comme de coutume, par son jeu de jambes écartées.

    De nature exhibitionniste, Colombine attire son public
    En enlevant, l’un après l’autre, chaque élément de sa tenue.
    De mémoire de contorsionniste, jamais dans notre république
    N’avons vu femme qui se vautre dans une extase soutenue !

    Pour terminer, poitrine à l’air, les mamelons en turgescence,
    Elle vous chante une chanson de sa petite voix fluette.
    Après deux ou trois « trala-lère » qui ont semé l’effervescence,
    Elle récolte sa rançon d’une révérence désuète.

    Tableaux de Nikolai Fedyaev

  • L’amour du cheval

    Ainsi parlaient les amazones, directement au corps-à-corps,
    Enlaçant amoureusement le cou puissant de l’animal.
    Alliées à la flore et la faune auxquelles elles étaient en accord,
    Elles vivaient langoureusement l’instant infinitésimal.

    Ainsi flattaient les écuyères, passionnément au cœur-à-cœur,
    Paradant somptueusement avec leurs compagnons équestres.
    Les pieds plantés dans l’étrivière, en mouvements alambiqueurs,
    Elles dansaient voluptueusement suivant le rythme de l’orchestre.

    Ainsi sincères, les cavalières unissent l’esprit et leurs âmes,
    S’attachant délibérément à la vigueur du destrier.
    Féminine et animalière, l’union alloue tout un programme
    À l’amour immodérément qui met le pied à l’étrier.

    Tableaux de Peter Mitchev

  • Ma couette en plumes

    Que de trésors accumulés, le matin à l’heure du réveil !
    Les rêves et les cauchemars en sont parsemés sur la couette !
    J’en chargerai mille mulets et j’irai vendre ces merveilles
    Une fois bu mon coquemar de café, d’une pirouette.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk