La vie serait née de l’espace brassée dans le coeur des étoiles ; La lumière serait la divine créatrice de notre univers. Je ne sais pas ce qui se passe derrière la science et son voile Mais mon petit doigt en devine tous les secrets les plus divers.
« Fiat lux ! Que la lumière soit ! » Ces mots ont surgi du néant Comme une explosion d’énergie d’où se déversa la matière. Puis, s’étendît par-devers soi l’espace-temps comme un géant Qui se réveille en synergie avec un monde à part entière.
Tandis qu’il répand la semence composée de poudre d’étoiles, Le créateur transmet la vie à la planète nourricière. Il attend que tout recommence pour que l’avenir lui dévoile La maintenance et le suivi de la part des bénéficiaires.
Aussitôt qu’elle reçoit l’onde génératrice de la vie, La génitrice alors arrose la terre promise à l’essor. Elle déverse l’eau féconde qui assurera la survie Des filles aux pétales de rose, des garçons aux choux … et consort.
Regard sévère, regard amer voilà le prix de la souffrance Quand l’amour n’a pas eu son dû ou n’en a pas eu son content. Regard bleu-vert presque outremer ou fluorescent à outrance Pour marquer sans sous-entendu un litige qui se paie comptant.
Regard de face en face-à-face voilà le prix de l’amertume Quand la tromperie se dilue dans l’eau de rose polluée. Regard tordu, plein de grimaces, saumâtre et d’un zeste d’agrume Pour mesurer l’huluberlu d’un sentiment dévalué.
Regard qui s’en va de travers voilà le prix d’indifférence Quand elle veut taire les mots qu’elle n’ose pas prononcer. Regard qui renvoie à l’envers les fallacieuses déférences Qui écriront, chargé de maux, un chagrin d’amour romancé.
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À peine franchi la frontière, je croyais maîtriser les langues – Puisqu’elles sont universelles en ce qui concerne l’argent – Pour naviguer ma vie rentière sur les eaux d’un euro qui tangue Entre les monnaies qui excellent et un franc suisse, départageant.
Au début, leur langue curieuse ressemblait assez à la mienne ; Un peu plus lente entre les phrases avec un patois des alpages. J’eus alors une envie furieuse pour plaire à mes concitoyennes De parler la langue genevoise afin de paraître à la page.
Mais à la frontière des langues, l’affront que j’essuie salement Me donne le pire des maux avec une langue imbuvable. Bien que ce pays me harangue de parler le suisse-allemand, Je n’en comprends pas un seul mot sinon un dialecte improbable.
Heureux comme un poisson dans l’eau… mais limité à son bocal Qui paraît tellement fragile qu’il pourrait voler en éclats. La pollution va à vau-l’eau, et le gouvernement bancal N’est qu’un colosse aux pieds d’argile pour qui, déjà, sonne le glas.
Et nos petites vies tranquilles que nous pensions inébranlables Se fissurent sur les frontières et à l’intérieur de nos villes. Nous pensions nos règles utiles mais les voici incontrôlables Aux mains d’autorités altières sur des groupuscules serviles.
À vue d’œil derrière un écran, je vois mes propres opinions ; Je me vois, l’esprit mis à cran, privé de toutes réunions. À vue de nez derrière un masque, je sens mes propres excrétions ; Je me sens, une âme fantasque, asphyxiée sous l’oppression.
À vue d’oreille derrière un casque, j’entends mes propres cris du cœur ; J’entends s’élever la bourrasque d’un peuple qui crie sa rancœur. À vue de goût, c’est le dégoût d’avaler ma propre nausée Envers ceux qui frappent des coups sur une foule ecchymosée.
Un rêve qui ne manque pas d’air serait d’attendre un dirigeable Directement sur ma terrasse contiguë à l’embarcadère. Pour un voyage hebdomadaire avec billets interchangeables Afin que je me débarrasse des tracasseries légendaires.
Puis, selon la boussole folle qui tournicote au gré des vents, Je m’embarquerais sans valise juste mes chaussures à la main. Et dans l’azur dont je raffole, je m’élancerais aux devants De l’aventure sans balise, sans destination pour demain.
Et puis, à l’intérieur du rêve, s’entrouvrirait un autre monde Où disparaîtraient les frontières pour ne laisser que l’inconnu. Les heures, d’ordinaire si brèves, dans une course vagabonde, D’allongeraient la vie entière pour l’honneur d’un cœur ingénu.
Tableaux de Stanislav V. Plutenko sur http://malaguetasur.blogspot.com/2015/03/stalinlav-plutenko-pintor-ruso.html
Quand le cœur appelle, Quand il interpelle, L’invitation au voyage, Le corps lui répond « Partons au Japon, Courrons à l’appareillage ! » La raison s’efface Sans perdre la face Dans un simple lâcher prise Et l’âme s’éveille Devant les merveilles Issues de cette entreprise.
Là, tout le sel de la Terre Charme le voyage en solitaire.
Au hasard des rues, La peur disparue, J’irai à la découverte De nouveaux regards Aux yeux pleins d’égards Pour mes intentions ouvertes. Je rencontrerai, Je recouvrerai Cette âme-sœur en attente Qui m’attend là-bas Peut-être à Cuba Sur la plage miroitante.
Là, le voyage solitaire Goûte le sel de la Terre.
Quand je reviendrai, Quand je rejoindrai Mes amis et ma famille, Je leur offrirai Ces vers inspirés De l’odeur de la vanille. Je repartirai, Sans aucun regret, Vers de nouveaux paysages, Pour voir triomphants Grandir mes enfants De tout ce qu’ils envisagent.
Là, le voyage reprend, Tout le monde se comprend.
Au soir de ma vie, Mon âme ravie Connaît sa dernière étape, Elle largue les voiles, Va vers les étoiles, Personne ne la rattrape. Ce dernier voyage N’est qu’un nettoyage De l’essence tout entière Qui renaît demain Qui me tend la main Pour une vie sans frontière.
Là, le voyage sans fin Trouve son plaisir enfin.
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J’aimais ses cumulonimbus sous son manteau en peau de nuit Qui épousait les dépressions et les sommets de sa poitrine. Mais au moindre cunnilingus, qui lapait doucement son huis, Sa bouche s’ouvrait d’une expression semblable à un lèche-vitrine.
Quand l’amour parsème à tout vent, les corps subissent la tempête Dans les folles précipitations de l’effervescence des sens. On y revient le plus souvent dès que l’orage monte à la tête Aussitôt que l’excitation met les cœurs en incandescence.
En ce temps-là, nonchalamment, perchés au sommet de la piste, Nous dénombrions les météores, pluies, grêles, ouragans et tempêtes. J’y accompagnais galamment ma belle météorologiste Comme deux anges égrégores assis sans tambour ni trompette.
La nuit venue, secrètement, juchés sur un esquif fragile Nous naviguions sous le prétexte d’améliorer nos connaissances. Mais pour parler concrètement nous nous échappions des vigiles Pour nous aimer dans un contexte plus en rapport avec nos sens.
L’amour fait chavirer le cœur et en aveugle la raison Par interférences avec moires dans les souvenirs partagés. J’en veux pour preuve avec rancœur les errances en toutes saisons Dont j’ai gravé dans ma mémoire les mésaventures outragées.
Ève voyait flou, Adam myope, ils n’ont pas reconnu la pomme, Ont croqué le fruit défendu dans un paradis de brouillard. S’ils avaient été nyctalopes ou bien consulté les Prud’hommes, Ils auraient été entendus par un avocat débrouillard.
Voilà pourquoi l’amour est flou voici pourquoi l’amour voit double. Dieu nous a brouillé l’œil du cœur en nous privant de connaissance. C’est ainsi, l’homme devient fou ; c’est ainsi, sa femme le trouble Mais peu importe la liqueur pourvu que l’ivresse des sens.
Au matin la reine s’éveille encore éperdue dans les songes Dont les souvenirs disparaissent de sa mémoire vaporeuse. Il suffit d’un peu de soleil pour faire traiter de mensonge La nuit aux ténèbres épaisses fors d’une attente langoureuse.
À midi, la reine s’habille encore baignée de rosée Avec des pétales de rose et leurs arômes inégalés. Juste un éclat sur les pupilles sur une joue couperosée Qui lui efface l’air morose de rester seule en son palais.
Le soir, la reine au crépuscule encore en attente du roi Dont le retour imprévisible deviendrait presque indispensable. Sans un seul mot, son cœur bascule, affolé, en plein désarroi D’une émotion intraduisible et d’une envie imprononçable.
Bien que ce ne soit pas Venise, ici, le soleil nous gondole Toutes les images, peuchère, trois cent soixante-cinq jours par an. Autant la chaleur galvanise, autant le pastis nous console, À l’ombre des portes cochères, à la santé de nos parents.
La dame sortit de l’auto arborant une tête en fleur ; Fleurs magnifiques de surcroît qui lui camouflaient le visage Comme ornements sacerdotaux qui dissimuleraient les pleurs D’une déesse de qui l’on croit obtenir un tendre présage.
Elle fit quelques pas à droite et s’agenouilla sur la berge De la rivière dont les eaux transportaient les neiges fondues. Dans une action souple et adroite la dame dégaina sa flamberge Solennellement de son fourreau dans le silence répandu.
Manifestement alarmistes sur les dangers qui les menacent, Les oiseaux commencent à crier comme les Oies du Capitole. Assez craintifs et pessimistes, ils ne s’en affichent pas moins tenaces Dans le milieu approprié des domaines arboricoles.
Manifestement trop nombreux sur la planète fragilisée, Les oiseaux commencent à pleurer avec les mouettes rieuses. Qu’ils soient blancs ou bien ténébreux, ils se sont tous coalisés Avec les poissons apeurés par la pollution injurieuse.
Manifestement trop à dire, trop à se plaindre et protester, Les oiseaux commencent à maudire les cargos et les pétroliers À qui on devrait interdire d’impunément se délester Du pétrole dont on peut prédire la mort de la Terre spoliée.
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J’ai cru que la Terre était plate, j’ai cru que j’habitais au centre, J’ai cru que régnait le néant après le mur de l’horizon. Mais quand la vérité éclate – et même si cela fait mal au ventre Et me retourne sur mon séant – je dois me faire une raison.
Alors il faut bien que j’admette, alors il faut bien que j’accepte Que tout ce que l’on m’a fait croire n’était qu’un monde d’illusion Avec ses plans sur la comète et ses vérités qu’on excepte Et ses dogmes contradictoires qui m’ont contraint par collusion.
Aujourd’hui je lève le voile des doctrines d’obscurité Qui me maintiennent dans l’ignorance pour mieux m’auto-suggestionner. Je vois au-delà des étoiles mon futur de maturité Qui m’engage à la tolérance afin de me perfectionner.
Steve Jobs et les Beatles, déçus de n’avoir point été conviés, Désapprouvèrent le partage de la pomme de la discorde. Adam et Ève, bien fessus, n’avaient rien à leur envier ; Ils en subirent le boycottage par l’ange de miséricorde.
Blanche neige et Guillaume Tell, trouvant la pomme empoisonnée, Jetèrent, sur Issac Newton, ce fruit sans trop de gravité. Bill Gates la mit sur Minitel et força tous ses abonnés À lui payer des kilotonnes de royalties accréditées.
J’appelle tous les amoureux qui croquent la pomme à belles dents, À se souvenir de l’histoire de Blanche-Neige et de son prince Dont l’itinéraire langoureux s’apparente à Ève et Adam Qui pour une transgression notoire ont dû fuir leur jardin à pinces.
En effeuillant la marguerite, j’ai connu le bien et le mal ; En mesurant selon ses rites, j’ai jugé l’homme et l’animal ; En détachant chaque pétale, j’ai pesé, péché et vertu ; En dépouillant le végétal, j’ai vu le mâle qui s’évertue.
À force de dire « je t’aime » de ma naissance jusqu’à ma mort, J’ai vu que le cœur du problème vit à travers tous mes remords. « Un peu, beaucoup et pas du tout », comme justice et injustice Peut-être je ne comprends pas tout mais tout est dans cet interstice.
C’est à travers joies et douleurs que j’ai vu le ciel et l’enfer ; Je suis de toutes les couleurs, je suis le tout dans l’univers. C’est ainsi que j’ai pu apprendre que ce que je juge me juge ; C’est ainsi que j’ai su comprendre que je suis mon propre refuge.
Inspiré d’un poème de Hazrat Inayat Khan, fondateur du « soufisme universel », un mouvement spirituel basé sur l’unité de tous les peuples et de toutes les religions.
Sens-tu l’éternelle jeunesse battre chaque jour dans ton cœur ? Sens-tu sa douce flamme ardente brûler ton esprit de désirs ? Sens-tu la suprême finesse de l’âme et de son air moqueur Lorsque l’humeur pétaradante te fait explorer de plaisir ?
Vois-tu l’éternelle lumière briller au plus profond de ton regard ? Vois-tu la couleur de l’amour lorsque tu joues à la poupée ? Vois-tu la vérité première qui sort de ton sourire hagard Lorsque ta bouche avec humour me dit « je t’aime » à mots coupés ?
Entends-tu le son de ta voix lorsque tu me donnes ta bouche ? Entends-tu l’écho de ton cœur qui s’emballe tout feu tout flamme ? Attends-tu la fin de l’envoi pour répliquer qu’enfin tu couches Avec ton amant, ce vainqueur qui a su découvrir ton âme ?
Goûtes-tu la saveur du jour lorsque vient la Saint-Valentin ? Goûtes-tu le bouquet du temps qui rythme le cœur des amants ? Écoute le son de l’amour résonnant au petit matin Réveiller en les affûtant le cœur et le corps, ardemment.
Parlez-moi d’une saison d’une couleur de printemps Et de ses teintes pionnières qui envahissent la nature, De ses premières floraisons qui portent un bonheur chantant À nos abeilles ouvrières et aux papillons en pâture.
Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’été Et de l’or en abondance qui se répand sur les terres. Arômes et exhalaisons que les vents ont haletés S’exhalent en récompense de la manne alimentaire.
Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’automne Par la rouille qui convertit les feuilles de nos forêts D’une foi qui aurait raison de la terre monotone, Lasse d’avoir trop verdit et de s’être trop dorée.
Parlez-moi d’une saison d’une couleur de l’hiver Et la neige en avalanche jour de la Saint-Valentin, Qui isole les maisons de la froidure qui diffère La Terre d’une nuit blanche comme un manteau de satin.
À la distribution des corps, je me suis fondue dans le décor ; Pour la distribution des cœurs, j’ai pris le mien à contrecœur ; À la distribution des âmes, j’étais nue tout comme une femme ; Pour la remise des cerveaux, j’ai été remise à niveau.
Parfois au sortir de la douche, elle se met à la fenêtre En plaquant son corps de sirène contre la vitre tout embuée. Ensuite, elle y colle sa bouche à la recherche d’un bien-être Pour sentir cette joie sereine à laquelle j’ai contribué.
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L’arobas fait des arabesques et les astérisques, des étoiles Sur les parures couleur du temps, des temps modernes, évidemment. Bien que le goût du romanesque prenne la femme à rebrousse-poil, Elle ne trouve pas rebutant d’y renouer incidemment.
Or, l’astérisque devient sexy quand, posée sur le mamelon, Elle en souligne sans cacher l’affriolante rotondité. Et je tombe en apoplexie quand l’arobas glisse selon Comment l’étoffe reste attachée en dévoilant l’intimité.
Vêtue de poussière d’étoiles ou d’arobas ou d’astérisques Tout ça c’est cousu de fil blanc, c’est blanc bonnet et bonnet blanc ! Mais jamais elle ne se dévoile, la fille ne prend aucun risque, Car elle se protège en tremblant contre mensonges et faux-semblants.
Si les murs avaient des oreilles, dorénavant ils ont du nez ! C’est dû à l’effet combiné de l’internet et la 5G. L’humanité n’est plus pareille maintenant qu’elle est condamnée À se retrouver confinée sous une protection singée.
Grâce à nos appareils modernes, le futur nous suit à la trace Grâce à nos cartes de crédit qui s’usent graduellement. Le téléphone nous materne avec tous ses forfaits voraces Dont l’abonnement nous prédit son tacite renouvellement.
Vous aurez plus que la lumière ! Demain on vous rase gratis ! Tout est promis, tout est prévu dans notre offre de comédie ! Depuis l’échéance première, au fil des mois, on vous ratisse Jusqu’à la mort, sauf imprévu, mais là, cochon qui s’en dédit !
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Tandis que les humains voyagent pour mieux réchauffer la planète, Tous ceux qui vivent des grands froids devront s’adapter ou mourir. Quant aux ours blancs, le bousillage de leur banquise fait place nette À une lutte avec effroi pour trouver de quoi se nourrir.
Adieu compagnons plantigrades qui montraient toujours patte blanche, Vous resterez dans nos mémoires rangés avec les dinosaures ! Vous étiez juste rétrogrades à la croissance en avalanche Des humains et de leurs déboires à coups de Nabuchodonosor.
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Les femmes aux cervelles d’oiseaux nous trompent depuis le début ; Elles jouent les filles innocentes, pimbêches et superficielles. Elles nous prennent pour des zozos dotés des pires attributs Par la conscience abêtissante volatile et obédientielle.
« C’est mon p’tit doigt qui me l’a dit ! » lancent-elles à brûle-pourpoint Avec l’intuition féminine et les mots qui s’y apparient. Entre les dits et les non-dits ou les « Va ! Je ne te hais point ! », Derrière ces phrases sibyllines se cache un vilain canari.
Les petits pois sont bien revêches comme de subtils ennemis Et les pois cassés racornis sont les pires belligérants Car les princesses, ces pimbêches, ne supportent pas l’infamie Après une nuit d’insomnie causée par ce mal ulcérant.
Les petits poissons rouge et or peuplent les rêves polissons Du chat botté qui en profite lorsque la princesse est partie. Quand ces souris sont au-dehors, queue lovée en colimaçon, Minet, la mine déconfite, se repose en contrepartie.
Les petits pois sont confortables, surtout l’intérieur de leur cosse, À condition d’avoir poussé suffisamment sur l’échalas. Et la princesse insupportable préfère un légume précoce À ce lit qui l’a courroucée malgré ses douze matelas.
Merle noir ou rossignolet, qui fait le meilleur professeur ? Les filles-merles, dans la nuit, en ont retenu la leçon. Les deux oiseaux croquignolets restent les plus grands connaisseurs Des chants qui tirent de l’ennui filles chipies et polissons.
Quand elles ont le cœur galopin qui révèle une âme friponne, Elles viennent travailler leur voix avec éclat et apparat. Sur les Impromptus de Chopin, elles s’entraînent, elles chantonnent ; Les oiseaux leur ouvrent la voie qui les conduit à l’opéra.
Quand vient le temps de la maîtrise, décorées d’une grive blanche, Les filles en jupes et chemisiers donnent un gala de circonstance. Sous le vertige de leur emprise, un saisissement se déclenche Que même les paradisiers n’ont jamais vu dans l’assistance.
Selon les phases de la Lune, mon château change de saison. Il nettoie ses tours au printemps au premier quartier de sa dame Et ses murailles fort opportunes quand elles sont en pleine floraison Puis, son donjon désappointant du dernier quartier bas de gamme.
En hiver, je ferme ses portes et tout s’endort jusqu’au printemps ; On fait l’amour dans les tourelles pour se réchauffer tour à tour. Le froid, que le diable l’emporte, reste l’ennemi fort inquiétant Dont les neiges intemporelles annoncent l’éternel retour.
J’ai connu des printemps voraces d’une jeunesse insatiable Baignée dans un temps d’insouciance presque arrêté sur mes treize ans, Où nulle inquiétude n’embarrasse ni dieu, ni maître, ni le diable Et où la vie n’est qu’impatience à boire le moment présent.
J’ai connu des étés de rêves comme un paradis avant l’heure, Avant que ne démarre l’horloge du temps stupide des adultes. L’hiver où tu marches ou tu crèves afin d’entretenir le leurre D’une vie qui ferait l’éloge des vanités qui en résultent.
D’abord pour commencer, il y va pas à pas Au hasard des rencontres qu’il sait anticiper. Un début romancé car il ne faudrait pas Trop aller à l’encontre d’une femme émancipée.
Une fois qu’elle a ri, il passe à l’offensive En flattant son physique mais aussi son sourire. Si elle ne s’apparie pas à la défensive, Son audace magique saura la conquérir.
Quand la femme est conquise, son vainqueur magnanime Pénétrera le Saint Graal de sa forteresse. Et sa chair tout exquise dans un cri unanime Accueillera en son sein la sève enchanteresse.
Tandis que je rêve au printemps, la Terre s’habille de fleurs, De pissenlits, de marguerites, myosotis et pâquerettes. Adieu jours au froid éreintant peuplés de larmes et de pleurs Bonjour la douceur émérite des dahlias en collerette.
Tandis que je rêve à l’été, la Terre s’habille de fruits ; Pommes d’amour au goût sucré s’invitent à faire bombance. Hier, la nature a haleté à se réveiller à grands bruits Mais aujourd’hui s’est consacrée à nous nourrir en abondance.
Tandis que je rêve à l’automne, la Terre s’habille de rouille ; Tapisseries aux feuilles d’or, forêts dorées et arbres d’ambre. Dans cette douceur monotone valsent potirons et citrouilles Qui entrent par le corridor de septembre, octobre et novembre.
Tandis que je rêve à l’hiver, la Terre s’habille de blanc ; Premières gelées matinales, chutes de neige sur le parvis. Ainsi le cycle de l’univers refroidit la Terre en tremblant Comme une horloge machinale qui règle les lois de la vie.
Selon la couleur du matin, la Terre montre ses humeurs ; En robe blanche de satin, d’arbre aux senteurs du parfumeur. S’il a gelé, elle paraît triste ; s’il a neigé, elle s’endimanche ; S’il fait beau, d’un ciel naturiste et s’il pleut, ses ruisseaux s’épanchent.
Selon la teinte au crépuscule, la Terre prépare l’avenir Et les nuages se bousculent selon l’échéance à tenir. Ciel rouge et soleil mordoré pour déblayer tous ses malheurs, Ciel bleu et lune phosphorée pour nous redorer nos valeurs.
Si l’amour est une couleur, ce sera un rouge baiser ; Avec une ivresse des sens que boira mon cœur en douceur, Avec un soupçon de douleur pour pimenter et embraser Mon esprit en effervescence en vue de trouver l’âme-sœur.
Si je devais mourir d’amour, alors ma couleur dominante Prendrait la teinte du désir diluée d’une eau de bien-être. Rouge comme le premier jour où, d’une fièvre contaminante, Mon cœur a battu de plaisir envers mon propre enfant à naître.
Au dernier quartier de la lune, elle extrait le jus du croissant Qui a poussé durant sept nuits et a mûri durant sept autres. Si la révolte est opportune, elle obtiendra en le pressant Un vin qui aurait réjoui, dit-on, Jésus et ses apôtres.
Mis dans un calice argenté en forme de croissant de lune, Son arôme se développe durant toute une année lunaire. Il devient un vin charpenté, un vin qui coûte une fortune ; Des superstitions interlopes disent un vin extraordinaire.
Mais qui donc est à l’origine de cette étrange préparation ? Certains prétendent qu’Andromède apparaîtrait à chaque fois Et même qu’une fée androgyne en aurait fait la narration ; Quoiqu’il en soit, c’est un remède qui guérit ceux qui ont la foi.
Tableaux de Matteo Arfanotti sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/12/matteo-arfanotti-1974-italy.html
Jamais femmes n’ont été sculptées aussi finement pour la danse Par un squelette approprié et des muscles en parfait accord. Elles n’ont aucune difficulté à entretenir la cadence, Durant des heures à tortiller l’harmonie du cœur et du corps.
Les boubous aux jolis motifs pour exprimer les traditions ; Les dashikis très colorés qui volent au vent comme tuniques ; Les pagnes et les jolis soutifs, merveilleuses apparitions ; Les kangas vifs et mordorés dessinant leur maxime unique.
Elles expriment leurs émotions et le corps entier participe À dépenser une énergie infiniment développée. Elles ne souffrent ni commotion, ni stress, ni autre stéréotype, Les africaines en synergie aux rituelles mélopées.
Voilà, ce soir je rêverai au départ de la Corne d’Or Sortant du port de Concarneau, de La Rochelle ou Saint-Malo. Et, à son bord, je voguerai en compagnie d’un commodore, Vieux loup de mer du Landerneau, et ses plus vaillants matelots.
À Marseille, nous jetterons l’ancre si nous avons le privilège Que Notre-Dame-de-la-Garde bénisse notre entrée au port ; La Bonne-Mère se fait un sang d’encre si je commets le sacrilège D’oublier d’écrire par mégarde notre rendez-vous au rapport.
Puis, à la dernière marée, enfin, nous appareillerons Avant que l’aube nous réveille et fasse son apparition. Les souvenirs bien amarrés, nos femmes nous accueilleront Avec les fruits et les merveilles de la pêche à l’inspiration.
Plus de jeunes filles à chapeau qui coiffent Sainte-Catherine ; Les couvre-chefs sont démodés, tant pis pour les jolies coiffures. Plus de bibis tel un appeau qui charme la gent masculine ; La mode s’est incommodée de ces rétrogrades galures.
Les belles dames du temps jadis pourraient tout autant se moquer Des corps cachés sous les burqas, enfouis de la tête au pied. Mais je crains que ne s’affadisse celles qui s’en vont soliloquer Au téléphone et en parkas pour s’isoler comme il leur sied.
Il reste les photographies, les bons vieux films de Pagnol Qui évoquent ces belles élégantes chapeautées de coiffes luxuriantes. Tant pis si ma chronographie date du temps des carmagnoles Mais cette mode extravagante, d’aller nu-tête, me désoriente.
Tableau de Kees Van Dongen sur http://pasperdus.canalblog.com/archives/2007/10/21/6561016.html
Au moment de passer l’hiver les muses entrent en hibernation Attendant en hypothermie le prochain retour du printemps. Tous les potins, les faits divers deviennent sources d’inspiration Car nos égéries endormies ne peuvent inspirer à plein temps.
Quand vient le temps du renouveau, les muses renaissent en pensées Qui s’épanouissent en boutons, en fleurs et fruits de la passion. Elle, pour me remettre à niveau, quand tout son art est dépensé, Ma muse compte les moutons et se plonge en hibernation.
Sur les chromosomes des filles, il existerait un gène d’Ève Dominant ou bien récessif mais qui se veut acoquinant. Leurs petits bassins qui vacillent et leurs tétons qui se soulèvent Obéissent, d’un geste excessif, à cet aspect prédominant.
Si les seins ressemblent à des pommes, les mamelons aux pédoncules, C’est qu’ainsi s’exprime ce gène lorsqu’il est transmis à nos dames. Et lorsqu’il est transmis à l’homme, il n’y a là rien de ridicule Car son caractère androgène développe une pomme d’Adam.
Voilà pour ma question loufoque, une réponse pas moins foldingue Sur le rapport entre les pommes et les jolies rotondités. Une explication équivoque issue d’un cerveau ribouldingue Dont les divagations, en somme, sont en pleine fécondité.
Furtivement à la fenêtre ou par la porte entrebâillée, Apparaissait une jeune fille pointant le nez à sa roulotte. Sa robe, il faut le reconnaître, et ses jupons embroussaillés Lui arrivaient à la cheville pour cacher froufrous et culottes.
Elle vendait des colifichets quand elle était adolescente, Parfois sur les quais de la Seine, parfois sur les Champs-Élysées. Le soir venu, sans aguicher, gardant sa pudeur innocente Elle dormait au bois de Vincennes chez des nonnes fidélisées.
Elle fréquentait parfois les hommes mais juste pour faire bonne chère Car elle refusait de coucher même au prix de quelques billets. Mais un jour grâce aux chromosomes d’un gars venu du Loire-et-Cher, Elle consentit, effarouchée, à se laisser déshabiller.
Tableaux de Kees Van Dongen sur http://pasperdus.canalblog.com/archives/2007/10/21/6561016.html
La barre à cent quatre-vingts degrés, on vire de bord lof pour lof Et l’on donne aujourd’hui aux femmes la direction de la nation ! Car nous, les hommes, leur sommes gré de cesser d’être la voix off Qui les plaçait au rang infâme sous notre discrimination.
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Nous dédions ce jour aux femmes pour se souvenir du combat Qu’elles ont remporté sur les hommes dont elles n’étaient pas les égales. À cause du péché infâme dans lequel Ève succomba Et perdit au référendum son autorité conjugale.
Bouddha l’a placée inférieure au plan civil et religieux ; Krishna les aimait tellement qu’il en eut plus qu’on l’imagine ; Jésus plutôt apparieur mais Mahomet plus sourcilleux ; Quoi qu’il en soit réellement, les Dieux se montrent misogynes.
Tableau « Krishna à la flûte de paon » de Madhumita Bhattacharya
Joli-Nichon lavait son linge le dimanche soir au lavoir, Dans l’intimité de l’étuve, se retrouvait entièrement nue. Ne vous cassez pas les méninges pour tenter de l’apercevoir Car elle se couchait près des cuves pour cacher sa déconvenue.
Un coup de Mistral équivoque jeta ses habits dans les nues Et elle n’eut d’autres ressources de se réfugier sur les toits. Moi, j’habitais une bicoque sise dans la même avenue Et lui achetai de ma bourse des fringues d’un geste courtois.
Elle fut ainsi ma lavandière et s’installa dans mon logis Et ne lavait plus que mon linge et ses lingeries fines, chez moi Car elle n’était pas née d’hier et connaissait l’astrologie ; Elle était du signe du singe d’après l’horoscope chinois.
Constante dans ses habitudes, Dame Nature sait reproduire Chaque année des chefs-d’œuvre d’art, garants de sa célébrité. Quelle que soit la latitude, elle se plaît à reconduire Ce qui obéit aux standards de la mode en prospérité.
Innovatrice cependant, Dame Nature aime inventer Selon les humeurs du printemps de nouvelles variétés Qu’elle mélange en répandant les fleurs qu’elle aura enfantées ; Enfin, maternées à plein temps, pluie et soleil à satiété.
Malgré la menace de l’homme, Dame Nature sait rebondir Et trouvera d’autres chemins pour recommencer son office. Puisqu’elle est reine en son royaume, elle sait comment approfondir L’avenir pour ensemencer la Terre pour nos filles et nos fils.
Il est des lignes de voyages qui proposent plusieurs sorties. L’une d’elles, passagère et très brève, vous fait déboucher sous les ponts ; Une autre voie de délestage renvoie sur des quais assortis. Choisissez votre croisière de rêve et l’issue qui lui correspond !
Vêtue de coquilles de nacre à même sa peau satinée, Le long des bras jusqu’aux poignets et sur sa poitrine effrontée, Tout le temps qu’elle me consacre me paraît folle destinée Pourtant, je peux en témoigner, je me tiens prêt à l’affronter.
Une fois par an, au carnaval, vêtue des habits d’arlequin, Colombine reprend le costume type de la « Comedia dell’arte ». Elle ne craint aucun rival pour captiver tous les coquins Attirés, comme de coutume, par son jeu de jambes écartées.
De nature exhibitionniste, Colombine attire son public En enlevant, l’un après l’autre, chaque élément de sa tenue. De mémoire de contorsionniste, jamais dans notre république N’avons vu femme qui se vautre dans une extase soutenue !
Pour terminer, poitrine à l’air, les mamelons en turgescence, Elle vous chante une chanson de sa petite voix fluette. Après deux ou trois « trala-lère » qui ont semé l’effervescence, Elle récolte sa rançon d’une révérence désuète.
Ainsi parlaient les amazones, directement au corps-à-corps, Enlaçant amoureusement le cou puissant de l’animal. Alliées à la flore et la faune auxquelles elles étaient en accord, Elles vivaient langoureusement l’instant infinitésimal.
Ainsi flattaient les écuyères, passionnément au cœur-à-cœur, Paradant somptueusement avec leurs compagnons équestres. Les pieds plantés dans l’étrivière, en mouvements alambiqueurs, Elles dansaient voluptueusement suivant le rythme de l’orchestre.
Ainsi sincères, les cavalières unissent l’esprit et leurs âmes, S’attachant délibérément à la vigueur du destrier. Féminine et animalière, l’union alloue tout un programme À l’amour immodérément qui met le pied à l’étrier.
Que de trésors accumulés, le matin à l’heure du réveil ! Les rêves et les cauchemars en sont parsemés sur la couette ! J’en chargerai mille mulets et j’irai vendre ces merveilles Une fois bu mon coquemar de café, d’une pirouette.