Catégorie : Poésie du dimanche

  • De ma chambrette

    De ma chambrette

    Lorsque la pluie fait toilettage à la fin d’un jour moribond,
    L’aurore revient l’érafler de ses rayons d’or mordorés.
    Depuis mon quatrième étage, le soleil entre par rebonds
    En me renvoyant les reflets des perspectives colorées.

    Depuis un moment les lumières achèvent de me réveiller
    Par les rais qui courent au plafond pour chasser les ombres chinoises
    Qui agrémentent ma chaumière et que je ris de surveiller
    Comme un oracle qui se morfond avec ses prédictions sournoises.

    Tous les matins de ma fenêtre, je me crée un instantané
    Afin de visualiser le film vu de ma chambrette
    Depuis que j’y ai vu renaître ma vie, moi, pauvre condamné
    À vivre et à réaliser mes nouvelles amours secrètes.

    Car je suis prisonnier à vie de la gardienne de mes rêves
    Qui m’a accueilli en décembre alors que j’étais somnambule.
    Bien sûr, je lui dois ma survie mais je cherche tous les jours sans trêve
    Comment m’échapper de sa chambre en passant par le vestibule †.

    (Tableau de Bayram Salamov sur https:valentinna.livejournal.com326369.html?style=mine
    † Rassurez-vous : finalement j’ai réussi à m’en sortir au petit matin ; Fabienne m’a réveillé en secouant mon oreiller et en criant « Allez debout ! Fais-moi mon petit déjeuner. J’AI FAIM !!!)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les déesses protectrices – 2

    Outre mes déesses du foyer, ma mère, ma femme, ma fille ainée,
    Il y a celles qui m’inspirent tout au long de mon existence.
    Dont une qui m’a envoyé tout ce qui m’aura entraîné
    Pour le meilleur et pour le pire avec une étroite assistance.

    Pour les poèmes, j’ai ma muse qui me souffle l’inspiration
    Direct dans le canal du cœur et qui illumine mon âme.
    Lorsque j’écris, elle s’amuse à piquer ma motivation
    Avec son sourire moqueur mais qui alimente ma flamme.

    Celle qui a le plus de travail, c’est celle qui gère les équipes
    De mes nombreux anges gardiens qui doivent me porter secours.
    Comme je suis, vaille que vaille, du vrai casse-cou, l’archétype,
    Ils ont un rythme circadien de quarante-huit heures par jour.

    Enfin celle que je préfère, c’est ma déesse imprévisible
    Qui fait de chaque jour de ma vie, l’aventure de ma destinée.
    Je l’appelle parfois Lucifère tant elle prépare dans l’invisible
    Une retraite en vis-à-vis d’un paradis prédestiné.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • Les déesses protectrices – 1

    Ma première déesse, ma mère, n’était pas très démonstrative ;
    Souvent elle restait de marbre devant mes besoins dispendieux
    Et j’ai connu l’enfance amère privé de mes prérogatives
    Que j’aurais héritées de l’arbre généalogique des dieux.

    Après ma deuxième déesse n’était pas vraiment une mère
    Mais plutôt une grande sœur qui me fit découvrir l’amour.
    Elle m’a initié aux prouesses et leurs sensations éphémères
    Car elle m’a quitté sans douceur, brutalement au petit jour.

    Ma troisième déesse plus mature m’a donné deux très beaux enfants
    Et j’en suis devenu le père presque du jour au lendemain.
    J’ai développé leur nature vers un avenir triomphant
    En respectant chaque repère que je trouvais sur mon chemin.

    La quatrième des déesses était la plus belle, la plus grande ;
    Elle me parut inaccessible comme la plus haute des montagnes.
    Si jamais cela vous intéresse, elle m’a concédé comme offrande
    Son assurance irréversible d’être une éternelle compagne.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • Veni Vidi Vici Venise !

    Je n’ai jamais atteint Venise que par les livres d’aventures
    Ou le cinéma du dimanche ou bien les bandes dessinées.
    Je n’ai pas connu d’entremise pour partir en villégiature
    Mais je veux prendre ma revanche sans pour autant me débiner.

    Ainsi, Veni Vidi Vici, je me transporte en train de rêve ;
    Arrivée en gare de Venise par l’Orient-Express, s’il vous plait.
    Mais comme je ne suis pas d’ici, je recherche un guide sans trêve
    Qui j’appellerais bien Denise si ce joli nom vous complait.

    D’ailleurs voici sa tête rousse qui vient d’apparaître sur le quai ;
    Héritière du Céleste-Empire au blason ceint d’une orchidée.
    Suivons les traces de Barberousse dont les exploits ont provoqué
    Les pleurs sur le pont des soupirs dans notre visite guidée !

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Le retour d’Amarilla

    Le retour d’Amarilla

    Depuis que sa disparition m’avait laissé l’âme orpheline,
    Mon cœur s’était cicatrisé de l’absence de ses étreintes.
    Guettant sa réapparition, toutes mes envies masculines
    Ont tant mes yeux électrisés que j’en ai la rétine empreinte.

    Je l’ai trop aimé chaque nuit, je l’ai trop peinte dans mes rêves
    Car l’image est un peu jaunie et s’estompe de ma mémoire.
    Or plus son souvenir me nuit, plus sa réminiscence est brève
    Et met mon cœur à l’agonie comme sous un coup d’assommoir.

    De l’eau a coulé sous les ponts depuis ces dix années passées ;
    J’ai réussi à l’oublier et rencontré d’autres horizons.
    Même si rien ne lui correspond, j’ai sa présence outrepassée
    Par mes poèmes publiés afin d’hâter ma guérison.

    Voici que l’on frappe à ma porte et mes réflexions se dérobent ;
    J’ouvre. Elle est là comme une reine qui cherche son prince charmant.
    Je dis « Que le diable t’emporte ! » mais voici qu’elle ôte sa robe,
    Me prend dans ses bras et m’entraîne dans un instant d’égarement.

    Illustration de Milo Manara sur https:designyoutrust.com202201milo-manara-comic-art-youve-probably-never-seen .

  • La dernière image avant la fin du monde

    Lorsqu’un évènement conséquent au cours de la journée survient,
    La Terre entière, c’est éloquent, paradoxalement s’en souvient.
    Ce que faisait tel ou tel père au moment de l’impact immonde
    Est retenu comme un repère crucial dans l’Histoire du monde.

    Malgré les recommandations des stations météo locales
    Personne n’a prêté attention aux crues dues aux pluies radicales.
    Toutes les mères besogneuses surprises en pleine activité
    Furent les premières trépigneuses face à l’intempestivité.

    Lorsque les calottes polaires ont fondu inopinément,
    Les établissements scolaires l’ont appris opportunément.
    Les professeurs et les élèves ont eu le temps de constater
    Que la fin du monde relève du genre humain inadapté.

    Photos LUNGENLIGA Garrigosa Studio sur https:www.behance.netgallery70352317Lungenliga-2018 .

  • L’embarcadère pour le rêve

    L’embarcadère pour le rêve ne reconnaît aucun horaire
    Et chaque départ affrété est chaque soir inopiné.
    L’embarcation paraît si brève et la manœuvre si temporaire,
    Qu’on n’a pas l’temps d’interpréter rien d’autre que sa destinée.

    On ne sait quand on est parti mais on sait que c’est pour longtemps
    Et que chaque escale révèle une aventure exceptionnelle
    Car malgré le temps imparti, le songe s’étire dans l’instant
    Et ouvre une porte nouvelle sur une idylle passionnelle.

    Passé l’archipel aux cauchemars qui n’offre que peu d’intérêt,
    Prenez le temps de visiter l’atoll aux sirènes véganes !
    Malgré les poissons zigomars qui vous mettent en garde, atterrés,
    Goûtez la générosité de Viviane sur l’Île Morgane.

    Tableaux d’Evgeni Gordiets.

  • Les mots dans l’air, le feu et la lumière

    Les mots dans l’air, le feu et la lumière

    Parfois des mots passent dans l’air et mon p’tit avion dans la tête
    Capte ces émissions issues sans doute du cœur des étoiles.
    J’écoute les airs populaires venus par le jeu des tempêtes
    Qui se croisent dans le tissu dont je trame et brode ma toile.

    Ma muse inspiratrice nue ainsi que l’imagination
    Filtrent ensemble mes pensées sous la pleine Lune en extérieur,
    Puis précipitent le contenu dans les flots de divination ;
    Ainsi seront récompensées mes perspectives ultérieures.

    Mais il faut le feu de l’image, la lumière d’une belle intention
    Qui me font retrouver le fil de ce qu’elles m’ont distillé.
    Par ce poème, je rends hommage à la subtile intervention
    De ce miracle qui se profile au bout de ma plume stylée.

    Tableau de Nadia Waheed sur http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18 .

  • Patchwork amoureux

    L’œil droit sur la carte du tendre éclaire un patchwork amoureux
    D’une étoffe tissée par les gènes qui ont dessiné son visage.
    Heureux celui qui sait entendre l’aubade du vent langoureux
    Qui sort des lèvres érogènes pour enchanter son paysage.

    Tandis que l’œil gauche viril devient le soleil conquérant
    Dont le regard monte aux sommets, puis redescend dans les vallées,
    Nulle fossette ne met en péril l’explorateur prépondérant
    Qui saura boire et consommer la source d’amour exhalé.

    Collages de Pete Buttigieg.

  • La danse nuptiale

    À l’instar des paradisiaques, l’éloge de la danse nuptiale
    Revient à qui saura charmer le sexe opposé désiré.
    M’étant pris de multiples claques avec mes rimes provinciales
    Je me dois de savoir m’armer de patience… et bien inspirée.

    Faut-il être maître-chanteur, danseur étoile, charismatique ?
    À la course à la séduction, il faut savoir partir à point.
    Les chauds-lapins, lièvres arpenteurs partent plutôt fantasmatiques
    Et les tortues en déduction s’carapatent malgré l’embonpoint.

    À défaut d’être magnétique, joli garçon, plutôt beau gosse,
    Il ne reste plus que l’argent pour faire l’appoint à l’attirance.
    Sans doute aussi machiavélique, le philtre d’amour se négoce
    Sinon c’est en le partageant que le charme a plus d’assurance.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • L’amour binaire

    L’amour, à l’origine binaire, est devenu plus homogène ;
    La Mère-nature avait pourtant sélectionné la parité
    Mais il devient parfois trinaire et plus s’il n’y a pas de gêne
    Or il n’est jamais dégoûtant malgré toutes ces disparités.

    Alors il faut redéfinir les pôles de la force d’amour ;
    Nord-sud, yin-yang, actif-passif, zéro-un, plus-moins, noir-et-blanc.
    Il y en a à n’en plus finir et si l’amour fait de l’humour,
    Il fera d’un sexe poussif un instrument polyvalent.

    Finalement l’homme et la femme sont ce que Dieu a fait de mieux ;
    Oui mais voilà, nul ne choisit et doit subir son numéro.
    On peut trouver ce choix infâme ; toujours est-il qu’il saute aux yeux
    Que les sexes n’ont pas moisi depuis qu’ils s’affrontent en héros.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • L’être suprême de la forêt

    L’être suprême de la forêt

    L’être suprême de la forêt, elle, je n’ai pas pu la surprendre ;
    Au contraire, elle a décidé de m’approcher de vive voix.
    Nue, dans une aura phosphorée, je mis un moment à comprendre
    Que je venais d’élucider le mystère de la fée-des-bois.

    Nous avons parlé si longtemps que bientôt se mirent à tomber
    La nuit et elle entre mes bras – magie à nulle autre pareille –
    Pour me garder jusqu’au printemps pensant que j’avais succombé
    Au charmant « abracadabra » formulé au creux de l’oreille.

    Sans trop lui montrer de quel bois je me chauffe, d’un aspect vantard,
    J’ai répliqué qu’une autre fée m’ensorcelait à la maison
    Du genre jalouse qui flamboie lorsque j’arrive très en retard…
    Nonobstant son air stupéfait, j’ai disparu à l’horizon.

    Tableau de Karol Bąk sur http:touchofcolorr.blogspot.com201601karol-bak.html .

  • La femme des bois

    La femme des bois

    La femme des bois n’a pas de corne mais une longue chevelure
    Faite de toison végétale qui la vêt pour tout ornement.
    Hélas, à l’instar des licornes, elle s’enfuit à vive allure
    Si la moindre entrée sociétale menace son environnement.

    Elle vit là où nul ne la voit, se confondant dans les branchages,
    Et participe par sa nature aux activités sylvicoles.
    Parfois le vent porte sa voix qui transmet les meilleurs présages
    Aux poètes en villégiature en manque de veine agricole.

    Évidemment je la rencontre dans mes rêves les plus sylvestres
    Sous l’effet de la pleine Lune et son attraction sororale.
    Ses pensées viennent à l’encontre et je m’en fait le vaguemestre
    Par cette complainte opportune de la poésie pastorale

    Illustration de Sakimichan.

  • Les êtres de la forêt

    Pareils aux animaux sauvages, les petits êtres de la forêt
    Restent discrets et bien cachés car ils se méfient des humains,
    De leurs machines et les ravages qu’ils pratiquent dans les fourrés ;
    Arbres coupés, buissons hachés, écobuages au bout des chemins.

    Eh bien, parfois je les surprends quand je pratique le hors-piste,
    Séduit par un coin qui embaume d’essences et toutes autres substances.
    Ils ont la crainte, je les comprends, d’être accusé comme un lampiste
    D’avoir fricoté avec l’homme et révélé leur existence.

    Mais bientôt nous voilà amis – je vous le jure croix-de-bois –
    Devenus compagnons de souches depuis que l’on s’est rencontré.
    Nous avons les mêmes ennemis : ces pyromanes qui flamboient,
    Vététistes et cavaliers louches qui nous bousillent nos contrées.

    Mes petites rencontres dans la forêt d’Eschenberg derrière chez-moi.

  • L’homme des bois

    Lorsqu’il perd ses bois en Automne, le jeune homme-cerf redevient
    Un humain sans comparaison qui se fond dans l’anonymat.
    Le faune s’en va, monotone, gagner l’abri qui lui convient
    Pour subir la morte saison malgré la rigueur du climat.

    Vous le rencontrez en hiver sans toutefois le reconnaître,
    Ses cicatrices dissimulées sous une cagoule discrète.
    Jamais le moindre fait divers n’a entrouvert une fenêtre
    Sur la légende stipulée à l’aune de la forêt secrète.

    Puis lorsque revient le printemps, deux nouvelles branches s’ajoutent
    Aux jolis bois dont la ramure caractérise sa beauté.
    Il joue de la flûte à plein temps parmi la faune qu’il envoûte
    Et même ceux qui se claquemurent sortent pour s’en aller riboter.

    Il reste discret tout l’été, fuyant la compagnie des hommes,
    Leur préférant les cervidés auxquels il demeure attaché.
    Quand vient le temps de compléter l’héritage de ses chromosomes,
    Il croise son hominidé avec une biche amourachée.

    Illustrations Iris Compiet, Brian Froud et autres illustrateurs.

  • La belle verte au final – 2

    La belle verte au final - 2

    J’ai ramené à la maison ma belle verte rencontrée,
    Nourri sa chèvre et son mouton et calmé son air hystérique.
    Pour je ne sais quelle raison j’ai réussi à lui montrer
    Avec quels plaisirs nous goûtons aux amourettes féériques.

    Lorsque je me suis réveillé, elle était habillée de vert
    Et me regardait effarée de ses découvertes ovariennes.
    Mais elle était émerveillée par ce détour dans l’univers
    Qui lui avait fait s’égarer dans une aventure terrienne.

    Je n’ai pas eu droit à trois vœux mais elle me fit l’amour trois fois
    Avant de partir pour toujours et son mouton et sa chevrette.
    Je garde une boucle de ses cheveux que je conserve toutefois
    En souvenir de l’heureux jour où je connus la bergerette.

    (Tableau de Kees van Dongen
    La première version finissait par « où j’ai pris la fée en levrette. » mais j’ai décidé de rester sage.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La belle verte au final – 1

    La belle verte au final - 1

    Je ne l’avais pas vu venir avec sa chèvre et son mouton
    Et j’aurais dû me méfier d’une bergère toute nue ;
    Elle portait dans mon souvenir juste un collier sur les tétons
    Et je restai là, stupéfié par cette fille sans retenue.

    Sa peau verte et luminescente faisait penser à un mirage ;
    Je devais sans doute être en train de rêver comme d’habitude.
    Cette vision déliquescente cesserait au prochain virage
    Pensais-je et c’est avec entrain que j’avançais en certitude.

    « Joli damoiseau, aide-moi ! Je suis la fée Belle Lurette
    Et je me suis perdue, je crois ; je n’ai aucun plan sous la main ! »
    Assez surpris, tout en émoi, je lui ai dit qu’une amourette
    Avec un terrien de surcroît la mettrait sur le bon chemin…

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Ma belle planète verte – 2

    Prenons une planète vierge et semons les graines de vie,
    Après quelques millions d’années, observons leur propagation ;
    Mammifères et oiseaux émergent de l’océan, puis ont suivi
    Des chemins bénis ou damnés selon leur force d’adaptation.

    Après plusieurs essais ratés de plusieurs races dominatrices,
    L’homme s’est taillé la part du lion dans la course au pouvoir suprême.
    Mais il est lui-même piraté par sa propre soif destructrice
    Qui fait de lui le trublion apprenti-sorcier de l’extrême.

    Gageons qu’à force de monter et dépasser tous les sommets,
    Il n’aura plus les pieds sur Terre soumis aux antidépresseurs.
    Une fois ces détails surmontés et tous les plaisirs consommés,
    Bye-bye pauvre humain délétère et fais place à ton successeur !

    Tableaux de Rithika Merchant sur https:www.thisiscolossal.com202211rithika-merchant-mixed-media-works .

  • Ma belle planète verte – 1

    Le créateur de l’univers n’était qu’un simple jardinier
    Qui, d’un coup de botte précis, envoya valdinguer la Terre
    Avec été, automne, hiver et un renouveau printanier
    Avec comètes qui apprécient d’apporter leurs eaux salutaires.

    Pluies chargées de graines de vie et Soleil rempli d’énergie
    Ont fait progresser toutes sortes d’espèces dans les océans.
    Poissons et oiseaux ont suivi des destinées en synergie
    Avec une planète forte d’un environnement bienséant.

    La vie se nourrissant de vie, les prédateurs ont pris le train
    De la révolution en marche, soi-disant pour l’écologie.
    Et les moutons avec envie se sont jetés d’un même entrain
    Dans l’enclos de leurs patriarches par abus de psychologie.

    Tableaux de Rithika Merchant sur https:www.thisiscolossal.com202211rithika-merchant-mixed-media-works .

  • Ballerine en peinture

    Ballerine en peinture

    Nue, la ballerine dansait comme une petite souris verte
    Que ces beaux messieurs ont trempé dans un pot de peinture à l’huile.
    Puis tandis que se condensait le liquide qui l’a recouverte,
    Apparut une robe estampée sur ses formes les plus subtiles.

    Mais plus la danseuse sautait et tressautait en soubresauts,
    Plus la matière gélatineuse dévoilait un peu plus son corps.
    Et plus la robe se dépiautait plus n’en restait que le trousseau ;
    Une culotte lumineuse et un soutif du même accord.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ailleurs la mer semble plus verte

    Ailleurs la mer semble plus verte

    Ou bien elle écrivait car elle se sentait seule,
    Ou bien elle était seule parce qu’elle écrivait.
    Elle semblait sur le port toujours faire la gueule
    Car son inspiration sans cesse dérivait.

    Alors elle la suivait d’un regard apathique
    En se posant au mât des voiliers qui passaient
    Et puis elle s’envolait vers une hypothétique
    Île sur l’horizon qui au loin dépassait.

    Un jour elle est partie vers son île déserte ;
    Elle a dû embarquer sur quelque bateau ivre.
    Elle croyait qu’ailleurs la mer semblait plus verte ;
    Ainsi, quoi qu’il en soit, l’espoir fait toujours vivre.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Mon paradis de guimauve

    Comment est régi l’univers au-delà du mur de lumière,
    Là où la matière n’est plus, pas plus que le temps et l’espace ?
    Finis tous les aspects divers dont la science est coutumière
    Et si mon entrée vous a plu, bienvenue dans mon outrespace !

    Ici, la matière est guimauve, l’espace et le temps élastiques ;
    Les arbres sont en sucre d’orge et les montagnes en pain d’épice.
    Toutes les aurores sont mauves et les crépuscules exotiques
    Au goût qui reste dans la gorge durant toute une nuit propice.

    Imaginez-vous réveillés sur une plage acidulée
    Qui parfume votre corps nu d’arômes pour tout vêtement.
    Eh bien soyez émerveillés : ce paradis affabulé
    N’est pas tout à fait biscornu mais utopique, complètement.

    Tableaux 3D de Nerdzilla sur https:nerdzilla.com.brpapel-em-camadas-3d-layered-paper-art .

  • La mort joyeuse

    Le baiser de la mort joyeuse présumait une nouveau départ
    Vers l’autre monde bien visible qui s’ouvrait aux yeux de l’astral.
    Je saisis sa main pourvoyeuse surgie soudain de nulle part
    Pour suivre une imprévisible voie vers l’au-delà magistral.

    Je franchis le fleuve des morts en riant de toute mon âme ;
    J’en fus baptisé d’eau-de-feu brûlante et glaciale à la fois.
    Inconscient comme un matamore qui part, aux couleurs de sa dame,
    Gagner les terres de ses vœux et les acquérir à sa foi.

    À l’arrivée, j’ai retrouvé tous les corps que j’ai habités ;
    Nymphes grossières et séductrices, héros primitifs et vainqueurs.
    Une garde-robe approuvée pour revivre en dualité
    Toutes les amours conductrices vers l’ineffable beauté du cœur.

    Tableaux de Felippo Masi sur https:www.psynft.xyzartistsfelippo-masi .

  • Comme dans un livre

    Comme dans un livre

    Elle pouvait lire comme dans un livre l’esprit des hommes prévisibles
    Tant leurs histoires se répétaient au fil des mois et des années.
    Tel un synopsis qui délivre la conclusion tellement plausible
    Dès les premiers mots hébétés par un bel amant basané.

    Mais elle n’avait pas de mérite ; elle était rat d’bibliothèque
    Et avait passé sa jeunesse à lire les romans d’aventures
    Où les pauvres héros démérites avec leurs gueules de métèques
    Chaque fois rabâchaient sans finesse toujours la même littérature.

    Photo de Stina Walfridsson.

  • La Terre ronde et féconde

    La Terre ronde et féconde

    Bien que des fous la pensent plate, notre Mère la Terre est ronde
    Et de son ventre sort une source d’eau vive nutritive de vie.
    De ses mamelles parfois éclatent geysers en colonnes fécondes
    Et de sa matrice des ressources qui se multiplient à l’envi.

    Elle est si belle que, de l’espace, les extra-terrestres font la queue
    Pour en admirer les rondeurs de son corps nu sous les nuages.
    Étrangement plus le temps passe et plus son caractère aqueux
    Trace des rides en profondeur comme un élégant tatouage.

    Mais d’autres fous inconséquents exercent leur hégémonie
    Et lui font pleurer des calottes de grosses larmes désenchantées.
    Il est logique par conséquent qu’elle les voue aux gémonies
    Par une apocalypse idiote mais nécessaire pour sa santé.

    Tableau de Shuren sur https:www.artmajeur.comshuren .

  • Bouddha psychédélique érotissima

    Bouddha est grand, surtout sa femme qui pose magnanimement
    Devant le seuil du nirvâna pour cueillir les âmes à sa porte.
    Elle m’a accordé le sésame qui m’ouvrit emphatiquement
    Le cœur de la Sainte Nana, grande patronne des plumes mortes.

    Première fois. Premier frisson. Faire l’amour à une déesse
    Procure des sensations fortes qui vous décuple tous les sens.
    Hier, je j’étais qu’un polisson mais je découvre des prouesses
    Telles que le diable m’emporte si ce n’est de concupiscence.

    J’ai le goût de l’amour sucré, la vision de la volupté,
    L’ouïe de la lascivité, l’odorat de l’accouplement.
    Quant au toucher, ce sens sacré, il est comme électrocuté
    Par la sainte impulsivité qui m’a valu mon sacrement.

    Illustrations de Victor Moscoso sur we-heart.com20150320victor-moscoso-psychedelic-art .

  • Bienvenue dans le Pandémonium !

    Vous me croirez si vous voulez mais je me suis retrouvé nu
    Devant la porte des enfers dans une étrange procession.
    J’ai vu des femmes débouler sur des montures saugrenues
    Je n’ devais pourtant pas m’en faire ; je ne sentais nulle oppression.

    Lorsque les portes furent ouverte, j’entrai dans un parc d’attraction
    Où des queues de gens patientaient pour recevoir mille frissons.
    Ainsi je fis la découverte avec joie et décontraction
    De femmes qui s’impatientaient de délurer les polissons.

    « Poisson d’avril ! » cria Satan, « En fait vous êtes au Paradis !
    J’ai composé un consortium qui unit le bien et le mal ! »
    Ainsi Dieu n’est qu’un charlatan et l’Éden n’est que parodie.
    Entrez dans mon Pandémonium et baisez comme un animal ! »

    Tableaux de Michael Hutter.

  • À chacun sa proie

    À chacun sa proie

    Le chat attrape la souris, l’homme apprivoise le matou,
    La femme mate son bonhomme et la souris la fait bondir.
    Toutes les parties sont nourries avec de semblables atouts
    Qui font des tête-à-queue en somme et qui ne font que rebondir.

    Quand les chats craindront les souris et les hommes auront peur des chats,
    Les femmes deviendront des chiennes invraisemblables et burlesques.
    Finalement tout est pourri sur cette Terre sans rachat
    Pour s’affranchir des cornéliennes idées plus ou moins ubuesques.

    Aujourd’hui tous les peuples jouent au jeu du chat et la souris
    Et gardent encore la rancœur des escarmouches infligées.
    On a beau tendre l’autre joue, les règles du jeu sont pourries
    Entre victimes et vainqueurs et leurs descendances affligées.

    Tableau de James Mortimer sur https:www.minus37.com20190308british-artist-and-sculptor-james-mortimer .

  • Les moules jardinières aux concombres

    Les moules jardinières aux concombres

    Tous les goûts sont dans la nature et notamment dans la cuisine
    Où chaque aliment se prépare selon diverses traditions.
    De même que la nourriture apprêtée chez votre voisine,
    Chez les indigènes barbares et en voie de disparition.

    Aux antipodes de la Belgique, au large de la Nouvelle Zélande,
    On n’ sert pas d’ frites avec les moules mais des concombres de saison
    Car l’îlotier est allergique aux pommes de terre de Hollande
    Qu’ont pédalé dans la semoule pour on ne sait quelle raison.

    Sans doute un problème de friteuse à l’huile de noix de coco
    Qu’aura donné un indigeste goût de café à la liégeoise.
    Quoi qu’il en soit la visiteuse avec son chapeau rococo
    Devra s’en retourner la veste si jamais elle est bruxelloise.

    Tableau de James Mortimer sur https:www.minus37.com20190308british-artist-and-sculptor-james-mortimer .

  • Les femmes anima

    Sans doute l’attirance animale a dérouté l’imaginaire
    De l’homme qui se représente la femme dans son anima.
    La source infinitésimale dont son cœur est originaire
    Coule d’une eau qui alimente l’amour poussé aux maxima.

    L’âme évolue avec prudence dans l’existence délicate
    Lorsque dans le corps d’une femme naîtra un enfant autonome.
    Il faut se rendre à l’évidence certaines anima candidates
    Ont eu peur d’une vie infâme et se sont incarnées en homme.

    Dans l’intimité protectrice de leur gynécée protégé,
    Lorsque aucun mâle ne les dérange pour des petits démons sucrés,
    Elles se montrent réceptrices envers l’esprit le plus léger
    Qui produit ce mystère étrange comme le féminin sacré.

    (Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161
    Anima : Représentation féminine au sein de l’imaginaire de l’homme.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Parlez-lui avec des fleurs

    Lundi, des iris pour ses yeux au premier regard sourcilleux
    Pour arroser ses bleus de l’âme de fleurs hissées en oriflamme.
    Pour la nuit, iris indigo accompagnés de madrigaux
    Pour la diriger sur la voie guidée par le son de ma voix.

    Mardi, des pensées à la fête pour lui en mettre plein la tête ;
    Des fleurs de toutes les couleurs pour y délayer ses douleurs.
    Pour la nuit, des pensées nocturnes pour plonger son cœur taciturne
    Dans des rêveries amoureuses sous mes caresses langoureuses.

    Mercredi, jeudi pâquerettes selon comment son cœur s’apprête
    Et pour son esprit émérite, j’effeuillerai sa marguerite.
    Pour la nuit, jolies fleurs des champs aux couleurs du soleil couchant ;
    Bleuets, boutons d’or, pissenlits pour l’apprivoiser dans mon lit.

    Vendredi, samedi, dimanche, des roses mais en robe blanche
    Afin de parfumer son corps de fragrances encore et encore.
    Pour les nuits, roses rouges et noires pour l’accueillir en mon manoir
    Et goûter entre ses pétales son bouton de porte fœtale.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • Le premier café du matin

    Le premier café du matin

    Une heure du matin, mes nuits blanches m’insufflent une petite faim ;
    Deux heures, c’est une petite soif qui me tire du lit conjugal ;
    Trois heures, aujourd’hui c’est dimanche mais cette nuit n’a pas de fin ;
    Quatre heures, je m’lève, je me dessoiffe et je m’fais un p’tit lunch frugal.

    Il est cinq heures, Paris s’éveille et moi je vais me recoucher.
    Il est six heures, c’est enfin l’heure du café noir matutinal
    Et là, tous mes sens s’émerveillent à chaque lampée embouchée
    De ce nectar dont la chaleur serait presque libidinale.

    Illustration d’Andrey Popov.

  • La Lune féminine

    La Lune féminine

    Chaque fois fécondée de Soleil, la Lune enceinte s’arrondit
    Jour après jour et chaque soir montre sa grossesse brillante.
    Après quelques nuits sans sommeil, son croissant dodu s’agrandit
    Et Maman-Lune vient s’asseoir sur un lit d’étoiles filantes.

    Quand l’enfant naît, discrètement la Lune va se reposer
    Dans les confins inexplorés des grandes sagas romancées.
    Elle reviendra timidement et on pourra la supposer
    Encore enceinte et déflorée mais prête à tout recommencer.

    Illustration de Liliya Rodnikova sur https:www.stocksy.comlileinayashowcase?page=1 .

  • Monster Magnets Music

    Issu d’une rave party et ses rythmes psychédéliques,
    Le rêve manqué recommence comme s’il n’avait jamais cessé.
    Voici que conscient parti sur un air méphistophélique,
    Déjà le cœur bat sa romance hypnotique, le corps affaissé.

    Alors l’inconscient se réveille – à moins que ce ne soit son double –
    Et s’empare de toutes les ficelles pour un show de marionnettes.
    L’étrange démon s’émerveille avec un regard qui se trouble
    Sous trop de larmes qui ruissellent par l’effet d’envies malhonnêtes.

    À l’apogée, l’âme s’envole et se reconnecte à ses dieux
    Ou à ses saints, peu lui importe au monde de l’irréalité.
    Toutes les fantaisies convolent avec des caprices odieux
    Afin que le diable l’emporte mais avec sensualité.

    Posters sur https:411posters.comtagmonster-magnet .

  • La nature photographe

    L’aurore, peintre impressionniste, livre sa première impression,
    Par les ombres complémentaires sur les façades des maisons,
    Du nouveau jour opportuniste dont la lumière en progression
    Peint en touches élémentaires ses prévisions pour la saison.

    Quand midi sonne, la chaleur chasse furtives silhouettes
    Qui résistent par leur fraicheur sur les murs muets qui suffoquent.
    La photo prend de la valeur par les sinuosités fluettes
    Dont les bouts arqués accrocheurs tentent une opposition loufoque.

    Le crépuscule met sa patte et signe le dernier cliché
    Qui restera toute la nuit gravé sur la toile des rêves.
    Sous le chef-d’œuvre qui m’épate, j’admire le talent affiché
    Dont l’expression chasse l’ennui. Mais quel dommage qu’elle soit si brève !

    Tableaux de Sergiy Ciochina.

  • Mon réseau de vies

    Mon réseau de vies

    Depuis mon premier pas sur Terre, j’ai déroulé mon fil de vie
    Qui s’est tellement embrouillé que les Parques s’en sont courroucées.
    Un méli-mélo salutaire à qui je devrai ma survie
    Jusqu’à c’ que leurs ciseaux rouillés s’en retrouvent tous émoussés.

    J’ai tellement tourné en rond, refais cent fois les mêmes erreurs
    Et noué mes vies en spirales comme l’araignée sur sa toile !
    La mort se fera du mouron lorsqu’elle verra avec terreur
    L’impossibilité virale de trancher net mon cœur d’étoile.

    Photo de Menina Roja Alfredo Palmero.

  • Le nid d’aigle des culbutants

    Le nid d’aigle des culbutants

    Voler sans quitter le sol, grimper sans escalader,
    Voguer sur des vagues vides et par les vents soutenu ;
    Immobile, sans boussole qui m’enverrait balader
    Et sans direction avide de me perdre dans les nues.

    Sur mon nid d’aigle isolé des soucis matérialistes,
    Je ne vis que d’air du temps et d’orages intentionnels.
    Ne soyez pas désolés si mon âme fataliste
    A choisi des culbutants † comme maîtres ascensionnels.

    (Tableau de Francisco Fonsca.
    † Le culbutant est une race de pigeons.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les pieds dans l’eau

    Les pieds conservent la mémoire du temps où ils étaient nageoires
    Et le contact d’une eau bien fraîche en ravive le souvenir.
    Surfaces aux effets de moires d’élémentaires pataugeoires
    Se répandent en ondes revêches au moindre pas en devenir.

    La réflexologie issue de nos origines aquatiques
    Nous reconnecte à la matrice archangélique et infinie.
    Je le sens dans tous mes tissus et mon système sympathique
    Comme une ligne directrice reliée à ma kundalini.

    « Les pieds dans l’eau » sont synonymes de la détente et des vacances
    Comme si tout le corps se rebranche à la nature par ses eaux.
    « Se baigner », geste magnanime qui parle d’une muette éloquence,
    Est natif de la même branche que toutes les mères en réseau.

    Tableaux de Michele Poirier Mozzone.

  • L’immersion du corps astral

    Mon corps astral, fin psychologue, voyage sans papier-monnaie
    Car la traversée transparaît en impressions psychédéliques.
    Mes jambes à la « Vincent van Gogh » dans un décor « Claude Monet »
    Vont en substance chamarrée dans le pur marbre pentélique.

    Tandis que le reste du corps, dans la lumière ultraviolette,
    Se soustraits aux lois de l’optique pour des perspectives quantiques
    Dont la lumière s’édulcore comme l’oiseau à la volette
    Qui fond dans l’azur hypnotique d’une vieille photo argentique.

    Ne reste alors que cette image évaporée de l’antimonde
    Au moment même du passage de l’indescriptible frontière,
    Puis disparaît par le gommage du temps comme une trace immonde
    Vue au seuil de l’interfaçage entre l’esprit et la matière.

    (Tableaux d’Alexandra Djokic.
    Reprise du Reflets-Vers 486 « Avancer » du 29.06.2019

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’incarnation de l’âme

    L’incarnation de l’âme

    L’âme non initialisée par un mental spirituel
    Accomplit un cycle de vie qui nous est encore inconnu.
    Avant de se spécialiser dans cet étrange rituel
    Tenue de donner son avis, elle doit préparer sa venue.

    C’n’est pas l’ovule qui choisit, non plus le spermatozoïde
    Mais l’âme elle-même qui orchestre les participants au concert.
    Elle fait preuve de courtoisie pour concevoir l’humanoïde
    Depuis le flux extraterrestre qui va s’incarner dans l’insert.

    En une fraction de seconde, elle sélectionne le meilleur
    Qui lui convient pour préparer son véhicule corporel.
    Tandis que les autres vagabondent, l’élu deviendra l’éveilleur
    Qui bientôt va accaparer tout l’embryon intemporel.

    Illustration de Silvio Vieira.

  • Amour cosmique

    Amour cosmique

    J’aime dans les paréidolies voir les formes humanoïdes
    Du visage de la nature et de la Terre féminine.
    J’attrape des torticolis à prévoir ses organoïdes
    Surgir comme la signature de sa féminité divine.

    Si j’essayais d’imaginer le Big-Bang d’un œil artistique,
    Je verrais bien Dieu accoucher et Sa première étoile cosmique
    S’extirper et s’évaginer de sa sainte vulve christique
    Qu’il aurait sitôt attouchée dans une lumière orgasmique.

    Au bout de sept milliards d’années, Il se serait dit qu’il est temps
    De lui inoculer le germe du mal qu’on appelle la vie
    Et son descendant condamné à devenir incompétent
    Pour qu’enfin arrive le terme de Sa création assouvie.

    Tableau de Tina Maria Elena.

  • Sirènes des mers chaudes

    Selon la teinte des mers chaudes situées entre les tropiques,
    Les sirènes ont l’âme violette et une queue en lie-de-vin.
    Celles-là, rien ne les échaude ; ni les marins philanthropiques,
    Ni les loups de mer obsolètes dont on n’sait ce qu’il en devint…

    Sur le tropique du Cancer, en plein océan pacifique,
    Sans doute inspirées par Gauguin sont les sirènes polynésiennes
    Dont les couleurs vont de concert avec leurs coiffes mirifiques
    Et dont le système sanguin est d’origine vénusienne…

    Au tropique du Capricorne, elles nagent la tête à l’envers
    Pour faire sans doute tourner la tête des voyageurs en dilettante.
    Les légendes parlent de licornes dont les os transmués en vert
    Se seraient changés en arête et la corne en queue chatoyante…

    Illustrations de Liselotte Eriksson.

  • Le rendez-vous des sirènes

    L’instinct agit comme un signal programmé dans ses chromosomes
    Et la femme, nubile sirène, rejoint sa mer originelle
    Dont le souvenir vaginal la guide au sein de son royaume
    Vers la destination sereine des sororités éternelles.

    Bientôt rejointe par ses sœurs qui répondent à l’appel tout proche,
    Elles recouvrent tous leurs sens par la mutation de leurs corps.
    Par les courants intercesseurs et les écailles qui s’accrochent
    Et recouvrent en effervescence leur métamorphose en accord.

    Chacune retrouve sa branche dans l’arbre généalogique
    Qui règne au Détroit de Messine d’un ange tombé en décadence
    Qui a choisi qu’on lui retranche ses ailes anthropologiques
    Pour une queue dont la racine se transmet à sa descendance.

    Tableaux dAlexander Surkov sur https:kolybanov.livejournal.com25265646.html .

  • L’ascension au Paradis – 2

    L’ascension au Paradis – 2

    Depuis que j’ai été nommé gestionnaire du Paradis,
    J’ai amélioré le voyage qui rebutait tous les humains.
    La mort ayant triste renommée avec toutes ses maladies,
    J’ai rénové le convoyage pour faciliter le chemin.

    Désormais on ouvre l’espace avant que la mort ne survienne
    Et l’on s’adresse aux appelés avec une voix de sirène.
    Ainsi, tandis qu’un ange passe, on attend que leurs âmes viennent
    D’elles-mêmes pour être attelées à un char tiré par six rènes :

    Tornade, Danseur et Éclair, Fringant, Comète et Cupidon
    Qui les transportent de conserve vers un avenir triomphant.
    Pour Furie, Rudolph et Tonnerre, ce n’est pas nous qui décidons,
    Car le Père Noël les réserve pour ses grands et petits enfants.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’accès à l’imaginaire

    L’accès à l’imaginaire

    Un livre symbolise une porte qui ouvre sur l’imaginaire ;
    Un monde que je ne peux voir qu’avec l’œil situé dans le cœur.
    Une bonne préface lui apporte une échelle extraordinaire
    À condition de ne prévoir que quelques lignes sans longueur.

    Aussitôt la première page, moi, lecteur, j’oublie d’où il vient
    Et pénètre dans l’atmosphère que l’auteur m’aura préparée.
    Suspense et tensions se propagent de la manière qu’il convient
    Pour sustenter et satisfaire ma soif de lire désemparée.

    Chacun sa méthode du livre ; soit on le lit de bout en bout,
    Soit on réserve la surprise à déguster un autre jour.
    Quoi qu’il en soit, cela délivre et fait office de garde-boue
    Sur les soucis que l’on méprise dès qu’on allume l’abat-jour.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Quelques heures avant le Big-Bang

    Au commencement la Déesse, mère de tous les univers,
    Tissa soigneusement sa toile, perchée aux chaînes angéliques
    Qui ont soutenu sa prouesse et l’ont racontée dans les vers
    Retranscrits au cœur des étoiles comme poèmes évangéliques.

    Quand la Déesse l’ordonna, tous les soleils étincelèrent
    Et les planètes s’invitèrent au céleste commencement.
    Ensuite Elle subordonna son plus bel ange titulaire
    Pour veiller au bien de la Terre ainsi qu’à l’ensemencement.

    Alors Lucifer créa l’homme et la femme selon ses desseins
    Les sommant de se multiplier avec ses démons estourbis.
    Et la Déesse en son royaume se fâcha contre tous ces saints
    Et décida de se plier à réparer tout ce fourbi.

    Illustrations de Faith Gozenc.

  • 24 heures de la vie de la Terre

    D’abord elle est née de la mer pour respirer une autre essence
    Et rejoindre ses partenaires, les astres lunaire et solaire.
    À son tour de devenir mère et favoriser les naissances
    Issues de son imaginaire destiné au règne cellulaire.

    Dès que le soleil apparut, elle sentit son âme intérieure
    Briller de la même origine que celui du cœur des étoiles.
    Celle-ci dans la nuit transparut dans une lumière extérieure
    Et la femme devint androgyne par son fils couvé dans sa toile.

    Et la vie engendre la vie selon le rythme du Soleil
    Et le sang retransmet le sang selon les phases de la Lune.
    Ainsi sa substance survit à travers les temps qui balayent
    Tous ses enfants ressortissants d’une destination commune.

    Illustrations de Faith Gozenc.

  • L’ascension au Paradis – 1

    L’ascension au Paradis - 1

    La direction du Paradis
    change tous les quarante-huit mois
    Et désormais elle m’en incombe
    et je dois veiller aux pensions.
    Comme elles ne coûte pas un radis,
    Saint-Pierre s’est confié à moi
    Pour renforcer depuis la tombe
    le processus de l’ascension.

    J’ai nommé des anges-pilotes
    pour repérer les accidents
    Et, un quart d’heure avant leur mort,
    ils ascensionnent les victimes
    Qui perdent jusqu’à leur culotte,
    tous leurs vêtements excédants
    Que nous revendons sans remords
    au prix du gramme à vingt centimes.

    Lorsque les nouveaux arrivants
    entrent au Paradis à poil,
    Devenu un camp naturiste,
    ils ont les nerfs à fleur de peau.
    Mais on équipe ces morts-vivants
    d’une auréole à cinq étoiles
    Produites en Chine communiste
    que j’ai piquées sur leurs drapeaux.

    Tableau d’Isabel Mahe sur https:www.artmajeur.comisabel-mahe .

  • Le corps éthérique

    Le corps éthérique

    Mon corps éthérique s’étire
    entre les différents niveaux
    De physique et d’intelligence,
    sentiments et spirituels.
    Bien que ces quatre états s’attirent,
    ils n’en restent pas moins rivaux
    D’où négligence ou exigence
    d’un équilibre éventuel.

    La négligence et la bêtise
    de ne pas sentir ces piliers
    M’auraient sans doute fourvoyé
    dans les pièges de la science.
    Heureusement je sympathise
    avec des forces affiliées
    Qui m’ont permis de louvoyer
    entre conscience et subconscience.

    Corps astral, subtil ou vital,
    éthérique, extra-sensoriels,
    Sans doute y en a-t-il autant
    que de dimensions planétaires.
    Le dernier passage létal
    qui me libère du matériel
    M’ouvrira la porte du temps
    par la clef de tous les mystères.

    Tableau de Martin Bridge.

  • Flous de femmes

    L’image de ma mère, dans les yeux de mon père,
    Incluse dans mes gènes, revient comme un fantôme
    Le long des télomères des chromosomes en paires,
    ADN érogène jusque dans ses atomes.

    Bien sûr l’image est floue, la photo fut rapide,
    Cryptée dans les gamètes au cours de la méiose.
    Ce cliché me renfloue en désirs insipides
    Mes plans sur la comète que l’âme ébahie ose.

    L’encre du génotype dont j’écris mes poèmes
    Traduit entre les lignes ma génitrice offerte.
    Ce complexe d’Œdipe à l’esprit de bohème
    N’est autre que le signe d’intruses découvertes.

    Tableaux de Georgia O’Keeffe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201202georgia-okeeffe-1887-1986-precisionist.html?m=1 .