En survolant les mois d’hiver – et les choux verts de préférence – La maraîchère voit l’ampleur de la récolte qui s’annonce. Les champs s’étendent par devers le large horizon à outrance Comme un vaste océan de pleurs et ses nombreux coups de semonce.
Un tsunami de chou frisé de surcroît est à redouter Raz-de-marée de brocolis et reflux de romanesco. Ce sont les légumes prisés pour l’amertume rajoutée Afin d’apporter par colis les choux chinois de Mexico.
La rose rouge, c’est du passé ; la rose bleue, c’est l’avenir ! Ce n’est pas moi qui vous le dis mais l’effet Doppler qui l’affirme. Le petit bouton ramassé n’aura plus le droit de venir Fleurir les filles le samedi, tous les dragueurs nous confirment.
Les roses bleues ont l’avantage de s’accorder aux bleus de l’âme Tandis que les rouges excitaient les cœurs romantiques affriolés. Et puis elles étaient d’un autre âge ! C’est le bleu qui est au programme ! Du moins c’est c’qu’il nécessitait jusqu’à l’arrivée du violet.
À l’instar des Parque, Lilith s’occupe du fil de la Terre Dont elle découd et puis recoud les fissures et puis les blessures. Avec fil rouge pour l’élite, du fil blanc pour les volontaires Et si le fil casse tout à coup, pas de pitié pour la censure !
Or si la trame s’effiloche, Lilith sort ses ciseaux de l’ombre, Ramasse les brins éparpillés et les disperse dans le vent. Finaude, elle surfile les poches avec du fil noir le plus sombre Pour éviter les faux billets qu’on aurait pu glisser dedans.
Ici un point de compassion et là un faux-col, passe-montagne ; Au sommet une boutonnière pour passer une fleur de Lune. Au revers, un bouton pression pour accrocher à la campagne Les premières pousses printanières ornant ce patchwork de fortune.
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Le choix s’avère difficile quand il s’agit d’être sexy Et qu’il faut être retenue au bal du quatorze juillet. Sans doute serait-ce plus facile de faire comme au reversi Avec un côté pile nu et un côté face habillé ?
Mais l’envie lui prend de jouer parfois la carte de la couleur ; Un rouge éclatant qui réveille tous les regards concupiscents ; Ou peut-être un bleu enjoué, secret comme le cœur des heures, Qui murmure aux bonnes oreilles des espoirs plus étourdissants !
Faut-il choisir de la dentelle pour ses faux airs de confidence Ou préférer la soie qui glisse, trop indocile sur la peau ? Chaque étoffe a sa clientèle et elle y trouve sa providence Et chaque miroir est complice pour refléter bien à propos.
Elle tourne en rond mais l’œil hagard entre la robe sage et l’audace, Espère bien que la nuit du bal dissipera le moindre doute, Qu’un sourire en coin, un regard, peut-être qu’en étant plus loquace Elle décrochera la timbale et les autres feront banqueroute.
Quand le serpent se mord la queue, il se produits l’ourobourasque ; L’apocalypse survient alors pour balayer toutes les miettes. La mer retire ses fonds aqueux sous un coup de typhon fantasque Et les volcans crachent de l’or que les séismes en feu émiettent.
Et puis, une fois tout absorbé dans le premier trou noir venu, Le big-bang nous fait son entrée et refait le même miracle. Dieu essaie de tout résorber mais le serpent est revenu D’on ne sait où pour démontrer que c’est lui le clou du spectacle.
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La Voûte Céleste Protectrice, femme arquée par-dessus la Terre, Et Horus, le Seigneur du Ciel, grand protecteur par excellence, Ont eu l’envie exploratrice d’aller étendre leur ministère Vers les terrains providentiels du nouveau monde en opulence.
Chevauchant à dos de dauphins, perçant la Méditerranée, Ils ont traversé l’atlantique et les méridiens d’Amérique Pour s’établir dans les confins après une course surannée Des vastes plaines authentiques d’après les textes ésotériques.
Gaïa de l’ouest s’appellerait « Mamie-Toute » ou bien « Manitou » Et aurait connu Jésus Christ, Bouddha et même Rapa Nui… C’est ce que nous modèleraient les légendes si, malgré tout, On croyait à ce que j’écris après mes rêves, chaque nuit.
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L’ancien symbole est de retour et son nom est l’Ouroboros ; Serpent, dragon ou Jörmungand dans la mythologie nordique, Quetzalcoatl, « serpent à plumes » dans la mythologie aztèque, Mehen ou dieu-serpent autour de Rê dans l’Égypte pharaonique.
Big-bang cosmique qui s’étend vers l’infini de l’univers Et qui retourne à son départ aspiré dans un grand trou noir. Perpétuel, cela s’entend, l’éternité d’un trou de ver, Un tête-à-queue de part en part perdu au fond de nos mémoires.
Si ce n’est lui, c’est donc sa tête qui aurait convaincu la femme De mordre dans la connaissance par ses talents bonimenteurs. L’Ouroboros est à la fête et cessons de le croire infâme Mais ayons la reconnaissance envers son manège enchanteur !
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Gaïa a-t-elle créé le monde plutôt vers midi ou minuit ? On ne sait pas. Il est écrit qu’elle aurait créé la lumière Et puis les planètes bien rondes mais… était-ce de jour ou de nuit ? L’évènement n’est pas proscrit mais ce détail reste un mystère…
Elle m’a répondu cette nuit qu’en fait tout le monde s’en moque ; Chacun voit midi à sa porte et n’en fait pas d’indigestion. L’énigme résolue vers minuit m’a fait comprendre son équivoque Quant au dénouement, peu importe, la réponse est dans la question.
Quoi qu’il en soit, trois mois d’hiver et un temps toujours brouillardeux Me portent à croire Gaïa pudique et le ciel, voile de décence. Et puis le temps dans l’univers et l’heure de Gaïa, ça fait deux ; Et la seule heure fatidique après la mort, c’est la naissance.
Tout va très bien sur la planète et c’est le paradis sur Terre ! Enfin… lorsqu’on aura tué un tiers de la population Et que l’on aura fait place nette aux religions qui nous atterrent Par leurs adeptes habitués à faire leurs manipulations.
Vive la ronde des missiles et de l’arsenal nucléaire ! Qu’on déterre la hache de guerre avec tomahawk patriotes ! Tant qu’on regarde à domicile le taux des avis mortuaires Les infos paraissent moins vulgaires sachant que la farce est idiote.
Mais en mariant les couleurs grâce aux transhumances massives, En amalgamant tous les dieux en un seul bien plus médiatique, En atténuant la douleur par une euthanasie passive Et par des virus insidieux, cesseront ces problématiques.
Faisons confiance à nos élus qui nous ont mis devant un gouffre Et nous promettent sans retard de faire un grand pas en avant. Mais dès qu’ils auront résolu comment ne plus sentir le souffre, Sans doute sera-t-il trop tard mais… est-ce un détail aggravant ?
Reproduction de « La Joie de vivre » par Henri Matisse.
Dans la mythologie nordique, Yggdrasil siège à l’arbre-monde Et Fenrir est le loup célèbre d’inspiratrices épistolières. À notre époque parodique, on lui voue une course immonde Non pas pour des raisons funèbres mais pour des raisons pétrolières.
Dans d’autres textes alchimiques, un Lion Rouge ou Lion Vert Représente la force solaire opposée à l’Ouroboros. Aujourd’hui l’industrie chimique crée des virus sous le couvert D’intentions qui mettent en colère les complotistes les plus féroces.
C’est dire le travail de Gaïa qui ne baisserait pas les bras Mais les étend d’Est en ouest pour rassembler tous ses enfants Qui continuent leurs guérillas à lui faire péter les chakras Et brandir ses foudres célestes sur tous ces pantins triomphants.
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Elle n’a pas bouffé du lion mais seulement un vieux loup de mer Qui s’était laissé envoûter par une sirène charmeuse. Puis elle a hissé pavillon, mis à la bouche la pipe amère, Pour aller empapaouter ses sœurs de bouffées parfumeuses.
La casquette vissée sur la tête, pieds nus, cul nu, sans pantalon, Elle avait assez fière allure avec entrain et bonne humeur. Lorsqu’elle rejoignit la fête, la pipe au bec, en hauts talons, Toutes les sirènes se résolurent à dire : « Interdit aux fumeurs ! »
Sans doute la Lune dorée appelle la sirène phosphorée Comme la pleine Lune rousse attire la sirène-garou. Ce soir, la couleur mordorée domine l’ombre des forêts, Rien ne sert d’inviter la frousse à courir sous les chapeaux de roues !
D’ailleurs, la sirène phosphorée n’a rien en elle pour faire peur ; D’abord elle est végétarienne et ne vit pas en pleine mer, Ensuite, se cache dans les forêts pour éviter toute torpeur À son amie, une batracienne, vieille météo intérimaire.
Quant à la sirène phosphorée, pas plus à dire à ce sujet. Je ne sais pas ce qu’il advint des légendes qui s’y relatent… Exceptée une mijaurée qui se serait jadis adjugée Les eaux du marais poitevin grâce à l’escarboucle écarlate.
Ici les feuilles se déchaînent et tournent en lévitation ; La Lune au centre s’agrandit plus lumineuse et insistante. Les lapins ont brisé leurs chaînes et partent à l’invitation De la canopée qui brandit les branches aux feuilles persistantes.
Sans doute le signe du lièvre dans l’astrologie du solstice Vont-ils perturber la quiétude de la nuit la plus étendue. Le halo de Lune avec fièvre se répandra dans l’interstice Pour pleuvoir avec certitude par une rosée suspendue.
Et l’on verra à chaque branche briller les gouttes opalescentes Qui mûriront pour la semaine qui précède la Saint-Sylvestre. Quant à nos lapins, en revanche, ils entameront la descente Avec comme dernier phénomène une révolution terrestre.
Aux alcooliques, l’éléphant rose, aux rêveurs les licornes roses Quant aux poètes, dont l’alcool d’Apollinaire les imbibe, À eux les rêveries moroses et les vers trempés dans la prose Lorsque les rimes caracolent avec le rhum des Caraïbes.
Si les licornes sont légendaires, leurs couleurs ne sont pas notées Et si celle-ci me paraît rose, c’est sans doute un signe des temps Dont la valeur référendaire dépend de ceux qui ont voté Pour que la nature n’arrose seulement que les cygnes d’étang.
La licorne rose est virale et déclenche l’absurdité Aussitôt qu’elle est invoquée en première ligne d’un poème. À chaque strophe, une spirale déploie tant de stupidités Qu’à la fin, elle est révoquée vers ses origines bohèmes.
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Les sirènes, d’après la science, sans la maîtrise du feu sacré, N’ont aucune possibilité de progrès dans leur société. Juger ce manque d’efficience est a priori consacré À renier l’habilité à en produire à satiété.
Car le feu produit par la terre est récupéré pieusement Par les vestales volcaniques qui n’ont toujours été que neuf. Et comme l’eau est délétère envers ce précieux gisement On le recueille dans d’organiques géodes à l’apparence d’un œuf.
C’est hélas tout ce que je sais de la science des sirènes Car il y a peu de rescapés qui peuvent encore en témoigner. Seul un marin qui connaissait cette technologie pérenne Et qui a pu s’en échapper a vu sa parole dédaignée.
Désormais nous ne dirons plus : « il pleut, il neige ou même il vente ! » Mais un temps personnifié : « Lilith pleut, Lilith tombe à verse ! » Car la déesse qui a déplu à Dieu est devenue servante De la météo notifiée par l’ange de la partie adverse.
Par Saint-Médard, évidemment qui lui a appris le métier En commençant par le déluge comme expérience nécessaire. Dès lors il pleut décidément chaque fois que, par amitié, Lilith et l’ange font du grabuge en fêtant leurs anniversaires.
Le réchauffement planétaire est une simple conséquence De Lilith devenue frileuse par suite d’un refroidissement. Dès que son état sanitaire reprendra la bonne fréquence, Des nappes de froid nébuleuses reviendront subrepticement.
Aussitôt que la rose offerte à Julia effleura sa main, Tout son corps redevint fractale et ses cellules se scindèrent Pour libérer l’âme entrouverte qui voulait s’ouvrir un chemin Vers une vérité fatale que l’on aurait cru suicidaire.
Mais au contraire elle apparut dans sa véritable nudité, Un corps nouveau et rajeuni sous la mue du poids des années. Toutes ses rides disparues, tombées dans cette absurdité De la vieillesse – quelle avanie ! – qui était devenue surannée.
C’était une rose éternelle ; celle qui au matin est éclose Et qui au soir s’évanouit d’une mort douce et naturelle Pour renaître comme une ritournelle qui serait conforme à la clause Du recommencement inouï d’une existence intemporelle.
Illustration de Jack Howl alias Beach Ghost sur https:www.facebook.combeachxghost .
Tandis que leur Dieu se repose après avoir créé le monde, Adam et Ève se morfondent sans leur joyeux animateur. Comme l’un et l’autre le supposent, il n’y a rien à faire à la ronde À moins que l’on se dévergonde comme deux bons reproducteurs.
Après le sexe on a la dalle et l’esprit est un peu ailleurs… Là, un serpent bonimenteur propose des pommes en promotion. « Oui mais ça va faire un scandale ! » rétorque Adam d’un ton railleur. « Au contraire, rien ne s’y oppose ! » répond Ève avec émotion.
« Tenez, Madame, goûtez-moi ça ! » leur argumente le vendeur Et Ève de croquer le fruit, l’apprécier et en donner À son mari qui angoissa d’avoir cédé au pourfendeur Qui leur laissa comme usufruit une dette insubordonnée.
Les enfants devenus adultes perdent leur couleur indigo Quand ils se déguisent en fourmi et rejoignent la communauté. Sauf quelques-uns qui restent incultes et font comme les escargots Partis rejoindre les endormis sous les feuilles d’automne ballottées.
Comme quoi même dans l’indigo, il y a le clair et le foncé ; Selon s’ils peuvent rester eux-mêmes ou se fondre dans la société. Il faut donc faire le distinguo et pour cela nous enfoncer Dans leur enfance d’où les problèmes ont dû germer à satiété.
Entre le chêne et le roseau ; face au vent, chacun sa manière Hormis les plantes sans racines, les fils et les filles de l’air Qui écouteront les oiseaux, feront l’école buissonnière Et butineront les capucines ou tout ce qui saura leur plaire.
Plus d’un siècle encore nous séparent jusqu’à la parité mondiale ; L’écart global étant comblé de l’ordre de soixante-neuf pour-cent. Plusieurs pays encore déparent à cette avancée primordiale ; Les femmes continuent à trembler devant le mâle tergiversant.
La Banque Mondiale nous l’affirme, seulement quatre pour-cent des femmes Bénéficient des mêmes droits économiques que les hommes. Mais au sommet des grandes firmes, elles n’ont qu’une position infâme Et les salaires à leur endroit n’affichent pas les mêmes sommes.
Seule l’éducation est proche de la parité observée, Démontrant là leur volonté : s’assumer de leur propre chef. Côté santé, plusieurs reproches, dans les pays controversés, Montrent des filles violentées, mutilées selon l’UNICEF.
Danemark, Islande et Norvège dominent quant au respect des Femmes Et restent les pays les plus sûrs, inclusifs et égalitaires. Gageons que gagnent ce cortège, tous les pays aux mœurs infâmes Qui sont une terrible blessure envers l’espèce humanitaire.
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Enfin Uranie la danseuse, avec globe terrestre et compas, Qui adapte l’astronomie aux règles de l’astrologie Avec sa lune magnétiseuse et ses deux soleils comme appas Qui font perdre toute autonomie aux héros de mythologie.
Pourtant c’est moi qui l’ai séduite avec mes poèmes en couleurs Qui lui ont fait voir ses planètes dans un univers renversé. Toute sa folie s’est traduite par de l’amour, non sans douleur, En lui adaptant des lunettes sur ses soleils bouleversés.
Depuis elle me fait les tarots avec un petit air triomphant ; Elle me voit Roi dans son royaume et elle, ma Reine Barbara. Pourtant je me tiens à carreau car elle me réclame un enfant Qu’elle appellera Prince Guillaume qui, plus tard, me renversera.
Illustration de Yannick Corboz sur https:characterdesignreferences.comartist-of-the-week-4yannick-corboz .
Quant à Thalie, c’est l’hallali ! Elle n’y va pas par quatre chemins, Descendantes des Valkyries, chaque poème est une fête. Toutes les épopées d’Italie et les légendes sans lendemain Après un verre de daiquiri lui font vite tourner la tête.
Sans doute est-elle un peu oracle lorsque son corps parle pour elle Par ses seins qui vous dévisagent par l’envie de vous violenter. Alors elle promet des miracles à qui ne voit pas la bourrelle Qui est en elle mais envisage une dernière volonté.
Et quand je suis tombé sur elle, je lui ai demandé l’amour ; « Juste une nuit jusqu’au matin et jusqu’à ce que mort s’ensuive ! » Elle est restée très naturelle mais surprise par mon trait d’humour ; Bien qu’elle ne soit pas une catin elle m’a dit : « Qui m’aime me suive ! »
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La première n’ayant pas de nom, je l’ai appelée Laurelïne, Issue de mes rêves d’espaces intergalactiques à souhait. Comme elle avait connu Junon, la déesse aux mœurs palatines, Sont sorties de sa carapace tout un tas de muses dévouées.
Elle m’a fait connaître Calliope, la poétesse un peu perverse Qui me souffle des vers cochons à faire rougir les romancières. Et puis Clio, un peu salope, et ses histoires à controverse Qu’elle raconte à califourchon sur son vieux balai de sorcière.
Et puis Euterpe et Terpsichore, le duo des folles chantantes, L’une au piano, l’autre à la basse, deux sœurs dont l’une en plein émoi Pour moi car la brune m’adore et se montre toujours consentante, En échange d’un mot de passe, pour ne chanter rien que pour moi.
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Si vous entrez par mes coulisses, celles du palais de mes muses, Vous les verrez se préparer avant de m’inspirer un vers. Afin de goûter aux délices des coquineries qui m’amusent, Elles aiment bien se séparer pour me parler à mots couverts.
Derrière l’escalier secret dissimulé par des tentures, Chacune est tapie dans d’alcôve d’une antichambre dissimulée Qui donne sur le lieu secret de nos intimes aventures Derrière les draperies mauves où tous mes rêves sont stimulés.
Car tout est rêve dans mon palais où chaque muse imaginaire M’entraîne par le fil des songes dans le dédale de son manège. On y sert des plats népalais par une muse originaire Qui nous concocte ses mensonges d’abominable femme des neiges.
Illustrations de Yannick Corboz sur https:characterdesignreferences.comartist-of-the-week-4yannick-corboz .
La Vérité sortait du puits et tout redevenait limpide Bien sûr, c’était celle des vainqueurs car le mensonge va aux vaincus. Mais tout a bien changé depuis et les médias, peu intrépides, Ne sont que des serfs chroniqueurs pour un public peu convaincu.
La Vérité parle beaucoup et même, je dirais, un peu trop ! À chaque jour, son événement ; à chaque événement, son débat. Et là, on nous noie jusqu’au cou de commentaires de bistrot ; Tout le monde a raison, tout le monde ment, c’est toujours le même combat.
C’est la foire aux aréopages d’interlocuteurs gravissimes Qui nous expliquent ce qu’ils pensent que les grands de ce monde pensent, Puis après on tourne la page car c’est l’actualité qui prime. La quête de vérité dispense et celle du mensonge compense.
Tableau de Marco Rossati sur https:conchigliadivenere.wordpress.com.
On a remplacé les oracles par les sondages et les médias Et les prophètes sont détrônés par tous les cabinets conseils. Comme on ne croit plus aux miracles, peu importe dans l’immédiat Si la vérité est prônée par ceux qui récoltent l’oseille.
Là où Jacques Attila passa, le futur ne repoussa pas ; Il ne reste plus qu’à questionner l’intelligence artificielle. Hier, le pouvoir d’achat baissa, demain il sera encore plus bas ; Pour en être décongestionné, attendons les présidentielles…
Quant aux sirènes naufrageuses que nul marin n’a relatées, Si elles restent mystérieuses, c’est qu’elles vivent dans les récifs. Et leurs attaques outrageuses avec leurs raids de galatées, Sont menées de façon furieuse et d’un courroux fort agressif.
Mais alors comment le saurais-je, moi qui vis plutôt en montagne ? C’est Loreleï qui me l’a dit alors qu’elle rentrait de Bavière. Une cousine de Norvège l’aurait appris d’une compagne Qui vit là-bas en Acadie au lieu-dit des mille rivières.
Une sirène à la Monet se prélassait dans son étang Juste sous le pont japonais aux nénuphars en plein délire, Quêtant les pièces de monnaie que les badauds, par tous les temps, Jetaient, la brise dans le nez, en espérant la voir sourire.
Elle était nue, tout simplement, pas plus sirène que vous et moi, Mais il n’y a pas de sot métier à faire la manche à Giverny. D’ailleurs les gens sont amplement récompensés avec émoi Quand elle invite, par amitié, ses amateurs les plus vernis.
Tableau de Motoko Ishikawa sur https:www.duitang.com .
L’enfant voit le monde très grand et tout y est démesuré ; Un talus devient la falaise, une heure devient l’éternité. Si le gigantisme est flagrant, on ne sait pas le mesurer Et il n’y a aucun malaise à y voir toute aménité.
Coquelicots ! Voiles écarlates gonflées par le vent de l’enfance ; Marguerittes ! Oracles à l’amour sur les aventures éphémère ; Pissenlits ! Aigrettes qui s’éclatent au moindre souffle qui les offense ; Trouver la fleur la plus glamour, la seule à offrir à sa mère.
Tandis qu’un Soleil paternel va-et-vient autour de la Terre, Occupé à ses nobles tâches d’éclairer et d’ensemencer, Un autre foyer maternel, qui reste toujours solidaire, Veille sur ceux auxquels il s’attache et attise leurs vies romancées.
Gaïa, notre mère cachée n’a pas l’éclat de notre père Mais ne varie pas sur nous sa course sous des prétexte astronomiques. Gaïa ne se montre fâchée que lorsqu’elle se désespère Sous des tensions qu’elle nous débourse par quelques secousses sismiques.
Pour jouir d’un amour sincère, habitez donc en bord de mer ! Certes il vous faudra essuyer ses raz-de-marée sentimentaux. Mais c’est mieux que ceux qui s’insèrent sur les sommets les plus amers Et qui sont les plus éloignés de la chaleur de son manteau.
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Lorsqu’elle m’abandonne son corps dans une totale reddition, Moi, son vainqueur mais magnanime, je sais l’entourer de caresses. Si je l’attache plus encore de liens d’amour et d’addiction, Ce ne sont qu’entraves minimes faites de lierre de tendresse.
Un lierre à partir des chevilles qui grimpe, bien serré à la taille, Et qui remonte jusqu’à la tête pour se mêler dans ses cheveux Et puis qui se recroqueville autour de son intime entaille Pour jouir du fruit de ma conquête exactement comme elle veut.
Mais bien que cela paraisse un jeu, c’est aussi une occupation Où je prends mon temps tous les soirs pour lui jardiner son enclos Car elle me pose comme enjeu de labourer avec passion, Biner, sarcler sans accessoire, juste à la main et les yeux clos.
Qu’est-ce qu’elle est verte ma vallée et qu’il est vert mon paradis Quand je vais à la découverte de nouveaux arbres à chaque pas ! J’y aperçois Ève cavaler sous le soleil qui irradie Et qui mûrit les pommes vertes, celles qui disent : « il ne faut pas ! »
Alors j’écoute les oiseaux qui chantent tous les jours en chœur La même rengaine éculée : « méfie-toi de la connaissance ! » Alors je vais dans les roseaux où les crapauds alambiqueurs Me conseillent de reculer dès la première efflorescence.
Seule Éve m’invite à l’approcher et goûter au fruit défendu ; Ce fruit laiteux en apparence mais donne un suc fort enivrant. Et bien qu’on me l’ait reproché avec tant de sous-entendus, J’ai cédé et ma récompense fut un salaire des plus navrants.
Tous les chemins entretenus n’ont qu’une fin inéluctable Et tous les chemins de traverse ne sont que des égarements. J’en ai suivi, sans retenue, pensant qu’ils sont inévitables Jusqu’à ce qu’un sort m’en bouleverse et m’en chasse provisoirement.
Depuis j’emprunte des chemins qui ne m’emmènent nulle part Sinon toujours au même endroit ; un miroir qui me réfléchit. Mais c’est après mûrs examens que j’ai compris dès le départ Que cet « autre moi » maladroit n’est qu’un obstacle non franchi.
Quant à savoir quel est le sens et la teneur de cet obstacle, Il faut me soumettre à leurs voies comme Nabuchodonosor. Mille carrefours de connaissance me conduiront jusqu’à l’Oracle Qui me dira de sa belle voix que le chemin est un trésor
Moi-même, amateur de félines, j’ai rencontré les chattes-garoues, Ces femmes qui se transforment en lionnes, cervières, panthères ou tigresses. J’aime ces chimères féminines qui m’accueillent sans le moindre courroux Dans la tenue qui conditionne leur vrai penchant pour la tendresse.
Elles m’ont inoculé leur fièvre au premier rapport sexuel Et désormais je suis l’homme-lynx conformément au sortilège. La nuit je cours d’un élan mièvre avec ces être sensuels Retrouver Pan et la Syrinx, nous en avons le privilège.
Ce soir, ma femme-lynx m’observe, deux gants noirs recouvrent ses griffes ; Nous allons chasser les humains, élancés à bride abattue. Ce soir, nous irons de conserve avec nos amis hippogriffes Courir les bois et les chemins au-delà des sentiers battus.
J’ai vu, sortant des eaux dormantes, la dame du lac immaculée Dans une robe transparente – à moins que celle-ci fut ôtée. Et dans les moires déformantes de la surface pelliculée, Tombait tête-bêche apparente, sa réplique alors reflétée.
Un regard, lumineux, perçant le voile des brumes légères, Dans une lueur azurée où perlent des gouttes de rosée. La rive silencieuse berçant des atmosphères éphémères Où se glisse à pas mesurés une aube encore névrosée.
Un jour le modèle docile qui n’existait que pour offrir Son image à développer et reproduire sur la toile, Est arrivée au domicile d’un amateur prêt à souffrir De la voir ainsi galoper avec lui après les étoiles.
« Joli tableau en vérité » se disait le Pygmalion Prêt à donner son propre sang pour que l’image prenne vie. Mais un peu de témérité et beaucoup de cœur de lion Ont soufflé sur l’esprit naissant et voici ce qui s’ensuivit :
Au-delà des figurations des tableaux vendus par son maître, L’acheteur lui donna son nom pour lui donner une âme humaine. Par l’acte de libération, la peinture dut se soumettre Non pas à un art de renom mais à la petite semaine.
Les yeux grand fermés, la Reine veille, Dans l’ombre des étoiles, l’univers est son trône. Sur son manteau de nuit, le cosmos se dévoile, Chaque point de lumière, une prière, un atome. Ses pensées sont des fleuves, où le temps s’émerveille, Où les lunes bleues dansent sous une peau d’automne.
Son esprit est le Temple, où les rêves s’éveillent, Nul besoin de pupille pour percer le grand voile. Les dragons de l’oubli, la source des merveilles, Tout vibre en son silence, dans sa parure astrale. Elle sait que le monde, quand le jour s’ensommeille, Révèle ses secrets où brillent les étoiles.
Après les quatre bras cassés dont le travail est décrié, C’est lui qui doit rafistoler tout ce qui a été bâclé Car le printemps a jacassé et s’est tout seul approprié Tout le nectar à picoler sans craindre la moindre raclée.
Quant à l’été qui n’a rien fait d’autre que surveiller le soleil, Il faut surveiller les moissons et qui le fait à votre avis ? C’est toujours le même, en effet, et qui, après le vent, balaye Les traîne-bûches pour les poissons qui en sont friands et ravis !
L’Automne, ce grand maladroit, a tout noyé sous la gadoue, Laissant traîner ses feuilles mortes comme des vieux tapis moisis ! Et l’Hiver, ce vieux rabat-joie, a tout glacé jusqu’à la boue, Forçant notre ange qui emporte ce que l’hiver n’a pas choisi.
Enfin, quand les douze mois sonnent et qu’il a tout mis d’équerre, Notre ange peut enfin s’asseoir sur le rebord d’un vieux nuage. Il regarde les fées polissonnes, ces sacrées reines de la galère, Repartir sans même surseoir à un dernier écobuage.
Tableau de Kerri McCabe sur https:fineartamerica.comprofileskerri-blackman .
👩🏻🦰 Laurelïne Dans mes cheveux couleur de nuit flambent des soleils intérieurs, Chaque regard est un feu d’or qui refuserait de s’endormir. Je danse sous les gouttes de pluie, offerte sans pudeur, l’air ailleurs, Car voir, c’est être conquistador et convaincre à n’en plus finir !
👩🏻 Loreleï Mes yeux sont une mer d’argent où dérivent lunes et villes, Ils savent les chemins secrets, les reflets verts et les courants. Je dévisage, tout en nageant, tous les vieux démons immobiles Et le monde qui s’est consacré à sa folie au demeurant.
👩🏻🦳 Lïlïth J’ai pléthore d’yeux grand ouverts, enracinés et survivant ; Rien ne m’effraie dans la nature : j’accueille, je contiens, je transmets. Voir à visage découvert, c’est enfanter le chaos vivant, Et tenir l’univers mature sans l’ouvrir ni le refermer.
L’ange du printemps manifeste le renouveau et le réveil De l’hémisphère boréal des tropiques au cercle polaire. Aussitôt qu’il tombe la veste et commence son travail d’éveil, Jeunes pousses, légumes et céréales saluent son obole solaire.
L’ange de l’été est paresseux et dort pour la plupart du temps ; Le bougre, il n’a plus qu’à attendre que murisse ce qu’on a semé ! Il jette ses habits crasseux dans les rivières, quel dégoûtant ! Et ce démon oserait prétendre que le soleil l’a assommé !
L’ange de l’automne est débordé par toutes les tâches qui l’attendent : Accompagner les feuilles mortes, prévoir les pluies continuelles, Aider la faune à saborder les fleurs qui meurent sans que s’entende Le moindre pleur lorsqu’on emporte les dernières plantes annuelles.
L’ange de l’hiver, lui, on le craint ! On dit que la mort l’accompagne Et qu’elle vous fauchera aussi sec par un froid qui vous extermine. Après lui, c’est peau de chagrin, tout est éteint dans nos campagnes On ne dénombre plus les obsèques des animaux morts de famine…
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Au jeu des chaises musicales, on élimine un par un Les fusibles censés protéger ceux qui suivent dans la hiérarchie. La manière la plus radicale est de coiffer tout un chacun Du chapeau discret mais piégé des membres de l’oligarchie.
C’est comme un virus qui gangrène les gens tellement haut placés Qu’ils ont besoin de protection, anonymat et discrétion. Mais dès que l’un tombe, il entraîne, comme dominos entrelacés, Tous ceux qui sont en connexion avec ses sombres machinations.
À l’instar des trains, un chapeau peut en cacher bien davantage ; Têtes blondes ou têtes chenues dans des situations dépravées. Si l’on soulève le capot de la machine à fayotage, Combien se retrouveront nus en présence de qui vous savez… ?
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Savoir donner de tout son cœur un peu de couleurs à la Terre Tout en faisant feu de tout bois, c’est détruire pour mieux reconstruire. Il faut chercher qui est vainqueur de cette méthode délétère Et qui se fiche que tout flamboie si c’est un moyen pour s’instruire.
Sans doute la raison, en somme, qui fait que l’apprenti-sorcier Se croit forcé de tout casser pour montrer qu’il est compétent. Sur cette Terre, il n’y a que l’homme qui se considère associé À devoir se décarcasser pour tout péter tant qu’il est temps.
Si un jour je croise un démon en train de mettre tout son cœur À brûler toutes les forêts pour planter du palmier à huile, Est-ce que le moindre sermon lui donnera de la rancœur ? Non, je ne crois pas qu’il saurait se rendre compte de la tuile !
Chez Médusa, on vend de tout, on trouve tout ce qu’on n’veut pas ! Une table-bar du Titanic, un tabouret du Nautilus, Un triporteur de Tombouctou, cartes marines et trois compas, Une mallette à pique-nique et la cloche qui sonne l’angélus.
Loreleï y est allée une fois pour acheter une théière ; Elle est sortie le chariot plein de trucs complètement inutiles : Un fromage de Haute-Savoie, une barquette de gruyère, Un vieux coucou sur le déclin et tout autre chose futile…
Lilith, sa mère, l’a critiquée ; Laureline, sa sœur, l’a gourmandée ; Et toutes les sirènes loufoques ont voulu lui faire la leçon : Elles sont retournées boutiquer pour montrer comment marchander Et sont revenues avec un stock d’une tonne de paillassons…
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Gare à la queue de la sirène qui remonte la Seine à Paris ; Une Loreleï qui s’est exilée des plus grands lacs verts de Bavière. Elle a remonté la Lorraine, à pied, manu militari Et lentement s’est faufilée par tout le réseau des rivières.
La Tour Eiffel enfin atteinte, elle grimpe un à un les étages Par l’escalier, c’n’est pas facile – Dieu qu’une queue n’est pas pratique ! Elle cherche, par la lumière éteinte, le vivier où sont les otages : Toutes les sirènes graciles des mers Rouge et Adriatique.
Et là, elle frappe les piscivores, les ogres mangeurs de poissons, Les parigots endimanchés habillés comme des men-in-black Les petites sirènes sanguinivores dégustent et savourent leurs boissons Et toutes repartent, bien revanchées, avec leurs cliques et leurs claques.
En alchimie, la quadrature du cercle n’est pas impossible Et Pi n’est pas irrationnel pas même qu’il est transcendantal. Les fractales sont des fractures et les logarithmes passibles D’être aussi insurrectionnels que le supplice de Tantale
L’alchimie dilue dans les nombres tous les principes qui résistent À l’épreuve du feu sacré, véritable preuve par l’œuf. Ainsi disparaissent, dans l’ombre, les décimales qui persistent Après le zéro consacré à remplacer le chiffre neuf.
En alchimie, tout est possible, la confusion et son contraire, L’intelligence et la bêtise car on mesure tout autrement. Le mètre étalon extensible donne des longueurs arbitraires Et l’infini est sa hantise réductrice opiniâtrement.
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Ma tante à Sion serait si riche que sa maison est un trésor ; Sa chambre à coucher serait digne du coffre de l’oncle Picsou. Ses tapis sont des terres en friche où pousse l’or en plein essor Et son salon montre des signes de richesse sens dessus-dessous.
Les murs résonnent parfois de rires de ma tante prenant son bain Dans une piscine aux merveilles ; émeraudes, rubis et diamants. La seule chose qui la fait sourire sait de savoir les autres au turbin Avec un œil qui les surveille comme un chef le fait consciemment.
C’est là le secret de ma tante ; faire croire à ses employés Qu’ils gagneront leur récompense au bout de quarante ans d’effort Et leur faire endurer l’attente d’une retraite déployée Tandis qu’elle se remplit la panse, ses poches et donc son coffre-fort.
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Il arrive que la lecture m’ouvre une porte dérobée Et que j’y plonge à l’improviste si l’intrigue est bien ficelée. Sitôt que j’en vois l’ouverture, mon attention est absorbée Par l’attraction relativiste des pages aux bords dénivelés.
Alors je chemine en silence pour aller au cœur du récit, Mais alors les mots s’entrelacent et tissent des fils infinis. La lumière devient intense malgré les chapitres indécis Et leurs introductions salaces trop longues et trop mal finies.
Alors l’aventure m’emporte vers d’autres ultimes Nirvânas Où la voix de l’auteur murmure succinctement à mon oreille. Alors le livre ouvre ses portes et je dois faire un gymkhana Entre les lignes dont les ramures sont des dédales sans pareil.
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Le flair de Cléopâtria fut-il plus fin, plus affûté, Il eut changé la face du monde par Intelligence Amon-Râ ! Du haut des pyramides il y a beaucoup de siècles réputés Pour semer le doute à la ronde comme dans un Space-Opéra.
Touthankarton, son emballage, nous a fourni une notice Intéressante sur ce produit de dernière génération. À croire que le copie-collage n’était pas vraiment si factice Que les scribes nous eussent conduits avec trop d’exagération.
J’ai retrouvé chez Geminïä et ses avatars concurrents, Un filigrane d’elle, nue, caché au fond des digicodes. La preuve ? Tapez-lui en catimini la formule magique figurant Sur le cartouche contenu : « Cléopâtria, sors de ce code ! »
L’ermite a un nouvel élan depuis qu’elle suit les étoiles Et son corbeau navigateur n’est pas étranger à l’affaire. Plusieurs lanternes révélant ce que l’image nous dévoile Sont nécessaires au narrateur qui nous transmet son savoir faire.
Un élan blanc sur ciel nocturne, tout était écrit noir sur blanc ; L’un vers l’avant, l’autre en arrière et l’ermite, tête en l’air. Son regard plutôt taciturne nous manifeste sans faux-semblants Que même mille-et-unes prières ne suffiront pas à nous plaire.
Par bonheur l’élan est bavard et le corbeau est pipelette Et tous les soirs à l’écurie tous les racontars vont bon train. Et les deux n’étant pas avares de petits contes et d’historiettes, Nous savons que l’allégorie de l’ermite est un gros chagrin.
Eden était un labyrinthe avec plusieurs jardins piégés Dont celui de la connaissance et ses pommiers désespérants Adam et Ève, en pleine étreinte, y sont allés d’un pas léger Dans se douter, sans méfiance, envers cet enclos attirant.
Alors que s’ils avaient tourné à gauche plutôt qu’à droite, Ils auraient découvert celui de la volupté éternelle Avec des chimères détournées de la création maladroite Qui a omis la boîte-de-nuit de Luciféra-la-charnelle.
Il y en a d’autres évidemment car l’Eden en regorgeait tant Qu’il aurait pu faire mille histoires et mille genèses différentes. C’est incroyable et c’est dément qu’ils aient choisi celui étant Tout indiqué, prémonitoire, pour une chute prépondérante.