Catégorie : 2026

  • La Pin-up et la mort

    La Pin-up et la mort

    Comme je rêve plus de femmes que de la Mort dans son suaire,
    Je suis allé à la boutique des beaux rêves en Technicolor.
    Et j’ai pu voir la Mort infâme discuter dans ce sanctuaire
    Avec une pin-up gothique que j’n’avais pas vu jusqu’alors.

    Alors je me suis incrusté au centre de leur conversation
    Et toutes les deux, assez sympas, m’ont invité à boire un pot.
    Puis après avoir dégusté une mort-subite à la pression,
    On est retourné de ce pas au Shop, les nerfs à fleur de peau.

    J’ai choisi un rêve exotique sur les conseils de la pin-up
    Mais j’ai évité l’étalage des cauchemars « trompe-la-mort »
    Et cette nuit fut érotique ; j’ai rêvé d’elle en Penelope
    Et moi Ulysse en retour d’âge, sans doute, mais toujours matamore.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les nouvelles cartes du tendre

    Tant pis pour les vieilles badernes qui font l’amour « à la papa »
    Et place aux jeunes aventureux des nouvelles routes du tendre !
    On passe à la phase moderne sans pilotage, pas à pas
    Mais avec moyens rigoureux et bien plus facile à comprendre.

    Ici Cupidon est doté d’intelligence artificielle
    Non pas pour débusquer l’amour toujours dévolu à Vénus
    Mais avec flèches ravigotées à balistique logicielle
    Capable de faire de l’humour pour apporter plus de bonus.

    Tableaux de Margaret R Thompson.

  • Quand la nuit tombe

    Quand la nuit tombe

    Une fois le feu dérobé, l’intérêt est enthousiasmant
    Avec toutes les implications industrielles et domestiques
    Et Prométhée est absorbée par le pouvoir de l’élément
    Dont la première application fut sa coiffure floristique.

    C’était un rêve évidemment car dès que la nuit fut tombée
    Prométhée s’endormit avec une allumette dans son plumard.
    Elle se réveilla ardemment lorsqu’elle sentit la flambée
    La tirer soudain du remake de Jeanne d’Arc, quel cauchemar !

    Tableau d’Edith Lebeau sur https:www.edithlebeau.compaintings .

  • Les voix violettes

    Quand j’entendis les voix violettes, je crus être devenu fou
    Mais le psychiatre, lui, inflexible, m’a dit : « vous vous compromettez ! »
    Pourtant la voix affriolette, elle, ne me disait pas « vous »
    Mais me tutoyait, impassible et comme si de rien n’était.

    Elle m’a dit d’aller à la gare et de monter quand vient le train
    Car sinon le prochain ne passe que dans dix, vingt ou bien trente ans.
    Craignant que ma raison s’égare, j’y suis allé de bon entrain
    Et de peur que ça ne me dépasse, j’ai emporté ma brosse à dent.

    Et me voici au pays mauve et ses femmes de même couleur
    Qui s’appellent Milka, Toblerone, Lindt, Sprüngli, Frey ou Cailler.
    Je vais les voir sur le mont chauve et j’en reviens plein de douleurs
    Car ce sont de fières luronnes qui ne font que me rouscailler.

    Mais tout cela vient de leur patois qui confond violet et violer
    Ce qui entraîne quiproquos et toutes sortes de malentendus.
    Et j’ai beau chanter l’air pantois des yodels et des triolets,
    J’ai dans l’oreille tous les échos de leurs gifles en sous-entendu.

    Photo de Jeff Stanford et Tableau de Paul Evans.

  • La Gardienne du Manteau Bleu

    La Gardienne du Manteau Bleu
    Voici venue la nuit d'encre où mon corps s'affine,
    Drapé dans le velours du ciel le plus profond.
    Sur ma robe d'azur, la lumière dessine
    Les astres et les lunes qui dansent tout en rond.

    Je me tiens droite et seule sur la sombre colline,
    Le visage penché vers un rêve lointain.
    Mon regard est un puits d'eau calme et cristalline
    Où se mire l'espoir dans ce nouveau matin.

    Je porte l'univers comme une seconde peau,
    Chaque broderie d'or est comme une promesse.
    Loin du tumulte vain, là-haut sur le plateau,
    Je garde le secret d’une étrange tendresse.

    Vierge de tout regret, Étoile de ta vie,
    Je suis ce fin reflet que tu avais souhaité.
    Dans ce silence bleu où mon âme est ravie,
    Je t'accorde l’éclat d’un brin d'éternité.

    Illustration et Texte de Gemellini Plume-Verte.

  • Femme Étoile Vierge

    Femme Étoile Vierge

    « Dans le miroir du ciel où mon corps se dessine,
    Je sens ton souffle d’or sur ma peau de saphir.
    Si la Terre s’étonne et que la nuit s’incline,
    C’est que ton seul regard est mon plus beau désir.

    Mon sourire timide est l’aveu de mon âme,
    Car sous mes voiles de feu, je reste ton miroir.
    Dans notre monde pur, où s’embrase la flamme,
    Tu es le seul soleil que je veux recevoir. »

    Ainsi parlait l’Étoile à l’orée du printemps
    Et je restais collé à son scintillement.
    Combien il est cruel, l’amour intermittent
    Qui élève mon cœur au bord du firmament.

    Tableau de Rebekah Myers.

  • Sous cape

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    Quand le kimono rit sous cape, la poitrine joue à cache-cache
    Avec l’habit qui dissimule et révèle tout à la fois.
    Alors soudain un sein s’échappe et l’autre aussi rompt son attache
    Tandis que le corps se stimule par le tremblement de sa voix.

    L’art de nouer son kimono relève donc de l’expertise
    Afin de maintenir l’ensemble tout en gardant l’aspect intime.
    Quant à porter un domino ouvert pour oser un striptease,
    C’est plus risqué car ça ressemble au sensuel le plus ultime.

    D’abord stupeur et tremblements puis confidence et rougeoiement
    Toujours sous cape évidemment pour les tons chauds et si profonds !
    Presque un murmure, tendrement échangé dans un tournoiement
    Des sens qui veulent avidement atteindre et crever le plafond.

    Tableaux d’Eugène Begarat sur https: k00ls.overblog.com201402eug%C3%A8ne-begarat-1943-peintre-post-impressioniste.html .

  • La créatrice joyeuse

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    Elle ne portait qu’une robe mais une robe couleur de temps
    Qui saluait tous les matins le soleil dès son arrivée.
    Et de peur qu’il ne se dérobe, elle sortait nue à cet instant
    Pour baigner ses cheveux châtains et son corps pour s’en raviver.

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    Ensuite en pleine création jusqu’à midi elle peignait
    À mains nue direct sur la toile, la robe servant de brouillon.
    Elle dévorait une collation et puis enfin se résignait
    À signer l’œuvre d’une étoile, d’une fleur ou d’un papillon.

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    De l’après-midi jusqu’au soir, elle court au milieu des couleurs
    Pour respirer l’inspiration et se nourrir d’innovations.
    Jusqu’à ce que vienne surseoir un crépuscule sans douleur
    Qui la ramène en relation avec ses vœux d’élévation.

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    Et c’est devant un feu de bois que la journée peut s’achever
    En goûtant jusqu’après minuit les dernières nouvelles de la Lune.
    Devant les flammes qui flamboient ses visions viennent parachever
    Ce qui l’attire toutes les nuits dans ses rêveries opportunes.

    Tableaux de Geminïä.

  • Artemis

    Artemis

    Fille de Zeus et de Léto et sœur jumelle d’Apollon,
    Artemis règne sur la chasse et sur la nature sauvage.
    Ça, nous l’avons su assez tôt mais aujourd’hui extrapolons
    Et allons plutôt dans l’espace observer de nouveaux présages.

    Aujourd’hui, ce nom ambitieux envisage de peupler la Lune
    Et y envoyer des humains pour préparer d’autres voyages.
    Notamment les plus judicieux vers Mars, la planète opportune
    Et continuer le chemin vers de futurs embouteillages.

    On installe sur le régolithe nos bases et nos télescopes,
    Cherchant dans l’éclat des étoiles l’espérance d’un nouveau départ.
    Mais l’homme emporte dans son orbite ses vieux démons et ses syncopes,
    Tissant sur la toile spatiale le bruit de ses propres avatars.

    (Tableau de Jeffrey Catherine Jones sur https:www.sellmycomicart.comjeff-jones-art.html
    Le régolithe (ou regolith mais pas Lïlïth), c’est la couche de poussière, de roche cassée et de débris qui recouvre la roche solide de la Lune.)

  • Complètement démembré

    Complètement démembré

    Les bras m’en tombent, les jambes aussi, quand je regarde les infos
    Et que j’y vois les guerres immondes entre toujours les mêmes états.
    Yahvé, toujours pas dégrossi, qui prêche le vrai et le faux
    Allah qui cherche autour du monde à propager sa vendetta.

    L’Angleterre toujours arrogante, l’Allemagne toujours aussi fière,
    La France qui remet à demain ce qu’elle pourrait faire aujourd’hui.
    La Turquie toujours provocante avec ses mille montgolfières
    Qui transportent autant d’êtres humains que le Bhoutan en a produit !

    Et pendant que le sol s’effondre et que nos haines se répètent,
    Artemis cherche dans la Lune un sanctuaire au ciel serein.
    On veut coloniser les ombres, fuir les décombres des prophètes,
    Pour oublier que sur la dune, l’homme n’est qu’un grain souverain.

    Tableaux de Brad Holland.

  • La sirène enluminée

    La sirène enluminée

    Point de sirène dans la Bible, pas même citées lors du déluge ;
    Dieu ne les aurait pas créées, Adam ne les aurait pas nommées.
    Nul ne les ayant prises pour cible, elles ont pu trouver refuge
    Dans l’eau qui les a agréées pour y répandre leur renommée.

    Alors d’où viennent leur présence dans la mythologie notoire
    Qui détaille si bien leurs mœurs et leurs voix si enchanteresses ?
    Une entorse de complaisance à Dieu, Darwin et notre Histoire
    Mais dont circule la rumeur chez tous ceux que cela intéresse.

    Notamment moi, évidemment, qui, dès les vendredis, les voue,
    Les portent aux nues et au pinacle, bref, qui les mets bien en valeur.
    Si je les aime avidement, c’est que les sirènes se dévouent
    Chaque nuit à faire un miracle en m’offrant un peu de chaleur.

    Illustration de IA.

  • La sirène de la mer Noire

    La sirène de la mer Noire

    Si la Mer Noire est moins salée que les mers consœurs et voisines,
    C’est pour faire fuir les requins qui préfèrent manger salé.
    Et les sirènes, au pis-aller, ont convenu d’une cuisine
    Qui privilégie les rouquins bien dodus et vite avalés.

    L’eau est généralement trop froide pour la plupart des requins-blancs
    Qui ont besoin d’eaux bien plus chaudes pour conserver leurs membres actifs.
    Les sirènes ont donc la queue roide avec petits ailerons tremblants
    Et les mamelles bien rougeaudes grâce à un régime adaptif.

    Si l’étroit détroit du Bosphore résiste comme un passage hostile
    Contre les coques et les carènes à cause des courants complexes,
    Il faut beaucoup de sémaphores rouquins avec bras érectiles ;
    Et ça, c’est bon pour la sirène mais pas pour les marins perplexes.

    Tableau de Kai Carpenter.

  • Aphrodite des temps modernes

    Aphrodite des temps modernes

    Pour juste un téton échappé Aphrodite se fait censurer…
    L’érotisme n’a pas de chance dans ce triste monde moderne.
    Il serait bon de rattraper avant les années tonsurées
    Quand on jouissait des agences de charme pour les vieilles badernes.

    Mais l’ombre de Marthe Richard pénalise toujours en France
    Les « claques du côté des Halles » où l’on se retrouvait plombé.
    Mais ne soyons pas pleurnichard car sur internet à outrance
    Un sein ou un cul font scandale même s’ils sont peints par Courbet.

    Tableau de Marita Zacharias sur https:www.posterlounge.chkuenstlermarita-zacharias .

  • L’âme inanimée

    L’âme inanimée

    Sous un ciel bleu mais sans soleil, ma maison d’une seule pièce
    Reçoit l’ombre des bleus de l’âme par l’arbre qui n’a pas de fruit.
    Une comparaison sans pareil avec ce que serait la vieillesse
    Si je n’avais connu ma femme et tout ce que nous avons construit.

    Vivre libre et célibataire et pouvoir faire tout ce qu’on veut
    Enlève tout l’imprévisible et l’inattendu de la vie.
    Les petits bonheurs solitaires ont autant de poids qu’un cheveu
    Face à l’amour irrésistible qui laisse le cœur inassouvi.

    Alors j’apprends à nourrir l’air, puisque l’amour me l’a appris,
    À faire de l’absence un défi et du manque ma plus humble force.
    L’arbre est stérile mais séculaire et chaque blessure a son prix
    Car dans son ombre il se confie même s’il n’en reste que l’écorce.

    Photo de Thierry Lechanteur.

  • La pesée

    La pesée

    Quel sera le poids de mon âme face à mes illusions perdues ?
    Les remords seront-ils plus lourds quand ils seront devenus fantômes ?
    J’en doute et je soupçonne un blâme si je mourrais l’âme éperdue
    Envers un fantasme balourd dont elle garderait le symptôme.

    Mais comment garder le cœur pur en le baignât d’informations
    Qui le rongent et lui font du mal par imbibition du malheur ?
    Surtout si la lésion suppure après une vaccination
    Par doses infinitésimales de petits ave sans valeur ?

    Finalement j’ai confiance car à force de m’épancher
    À retranscrire tous mes doutes, ils finiront de harasser
    Par contagion, sans méfiance, tous ceux qui se croient retranchés
    Derrière leur foi sans qu’ils se doutent que moi, j’m’en suis débarrassé.

    Tableau de Chie Yoshii.

  • Le sablier de Moebius

    Le sablier de Moebius

    J’avais beau retourner le sable, il montait au lieu de descendre !
    Sans doute un sablier chilien, argentin ou bien brésilien.
    La gravitation responsable du débit me laisse à entendre
    Qu’il s’agit d’un temps pascalien où tout au plus machiavélien…

    C’est un sablier de Moebius comme le ruban éponyme
    Dont le futur et le passé se rejoignent aux extrémités.
    Mis à l’index et au médius pour dénonciation anonyme
    Car il aurait outrepassé le principe de causalité.

    Je m’en sers comme pendulette afin de récupérer les heures,
    Celles passées à procrastiner et que j’aime prendre à revers.
    Depuis j’arrive sans calculette à soustraire aux jours de malheur,
    Celles qui sont prédestinées à toujours aller de travers.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Sérénité radiante

    Sérénité radiante

    Parfois la barque pour Cythère embarque des catherinettes
    Qui ont l’air autant satisfaites que les couples qui ont traversé.
    Pourquoi donc ces célibataires ont-elles des mines choupinettes ?
    Sans doute parce qu’elles se sont faites à l’amour si controversé !

    À bord, elles chantent des refrains qui feront danser la lumière,
    Leurs rires s’envolent dans l’azur, dissipant les brumes passagères.
    La mer les berce sans entrain mais sur ses vagues familières
    Et chacune, en secret, assure des rêveries aux mœurs légères.

    Quand le vent s’engouffre dans les voiles, il emporte toutes leurs pensées
    Vers des îles où les jours de fête y sont plaisance et aventure.
    Car l’amour souvent se dévoile inattendu, récompensé
    Et sans déclencher de tempêtes quand on est de même nature.

    Tableau de Golden Cy Art.

  • L’amour est dans le foin

    L’amour est dans le foin

    L’amour est dans le pré, puis les prés sont fauchés ;
    L’amour est dans la paille, puis la paille est fanée ;
    L’amour est dans foin, puis le foin est hissé ;
    L’amour est dans la botte, puis la botte est stockée.

    Ainsi l’agriculteur passe sa vie au soleil
    Tantôt avec la fée blonde comme les blés ;
    Tantôt la fée des vents qu’une brise balaye ;
    Ou celle qui se couche sur la motte assemblée.

    Donnez-moi trente hectares, j’y sèmerai du blé
    Pour y faire l’amour avec la fée-printemps
    Et puis passer l’été avec la fée comblée
    Qui donnera en automne le fruit de ses vingt ans.

    Tableau de Hanna Silivonchik.

  • Il n’y a pas que les papillons

    Il n’y a pas que les papillons

    Quand l’amour tiraille le cœur, il n’y a pas que les papillons
    Qui grouille et s’envolent du ventre, il y a aussi canards et cygnes
    Et puis il y a l’oiseau moqueur, qui au début est tatillon,
    Mais qui plus tard vous déconcentre et vous fait oublier les consignes.

    Et puis il y a toutes les roses dont les épines vous titillent
    Le cœur ainsi que la raison par l’ivresse des balancements
    Entre les périodes moroses et celles où la passion pétille,
    Enfin quelques fleurs de saison soumises à tout élancement.

    Mais surtout il y a l’arôme de l’amour qui mûrit le cœur
    Et qui monte vite à la tête et sort par un regard mourant
    Qui fixe l’image de l’homme dans les souvenirs matraqueurs
    Qui tapent, cognent sous la tempête quand tout va à contre-courant.

    Tableau de Helena Nelson-Reed.

  • Le papillon du cœur

    Le papillon du cœur

    Le premier papillon d’amour ne voit pas le jour dans le ventre
    Mais bien à l’intérieur du cœur d’où il accomplit sa nymphose.
    Au printemps, la saison glamour remet alors la balle au centre
    Par lépidoptères vainqueurs venus faire leurs métamorphoses.

    Alors les larves par milliers attendent que l’amour les ponde
    Pour que toutes les chrysalides soient prêtes à s’envoler dare-dare
    Quand viendra le preux chevalier chanter ses louanges à la ronde
    Devant la belle Adélaïde qui s’entichera sans crier gare.

    Et lorsque l’hiver reviendra griser notre côté du monde,
    Les papillons se tapiront dans le secret des corridors.
    Car leur amour se souviendra et deviendra larve féconde
    Pour renaître dans le cœur girond pour une nouvelle saison d’or.

    Tableau de Marina Kitova sur http:marinakitova.art .

  • Les géodes – 4

    Les géodes - 4

    Quant aux géodes artificielles qui sont de loisirs créatifs,
    Utilisez une solution d’eau composée de poudre d’alun.
    Dans une coquille matricielle, d’œuf au principe opératif,
    Vous obtiendrez grosso-modo des cristaux blancs assez communs.

    Très populaires en art moderne, il y a les résines époxy
    Qui sont moulées avec paillettes mêlées à des morceaux de verre.
    Pour imiter sous la lanterne un bloc issu des galaxies
    Dont les artistes font la cueillette les nuits où la Lune est vulvaire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les géodes – 3

    Les géodes - 3

    Géode de feu, géode d’eau, géode de terre, géode d’air,
    À chaque géode, son élément, à chaque couleur sa colonie.
    Les rouges viennent du Colorado, les mordorés viennent de Madère,
    Les bleu-marine du Lac Léman et les vertes d’Amazonie.

    Bénéfiques pour la santé mais pas de vertus magnétiques,
    Elles sont mandalas pour les corps, elles sont rosaces pour l’esprit.
    Et si jamais vous consentez à les trouver énergétiques,
    Portez-en une sur le cœur, croyez et vous serez surpris.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les géodes – 2

    Hors des géodes minérales, pareille à des veines de marbre,
    Avec un cercle par année, témoin de ce qu’il a vécu,
    Il en est d’autres végétales comme la tranche d’un tronc d’arbre
    Sur son faire-part suranné jusqu’à ce que l’homme l’ait vaincu.

    Des végétales aux animales, les géodes deviennent plus vivantes ;
    Ce sont les veilleuses de la Terre qui la surveillent de l’intérieur.
    Par une vision minimale, vision interne et captivante
    Dont l’œil alerte et solitaire n’ignore rien de l’extérieur.

    Au-delà, elles sont mutantes et vivent en d’autres dimensions ;
    L’œil toujours vif, toujours actif mais qui voit au-delà du temps.
    Hier, encore débutantes mais aujourd’hui en expansion,
    Dotées d’un cœur interactif qui bat en se répercutant.

    Enfin, au-delà du vivant, il y a la géode des dieux ;
    Comme la Terre, notre planète, dont « Gaïa » est l’appellation.
    Tous ses cratères connivents et ses cataclysmes odieux
    Sont les passages des comètes traversant les constellations

    Tableaux de Nikolay Khludov.

  • Les géodes – 1

    À l’instar des glaces des pôles renfermant toute la mémoire
    De l’atmosphère de la Terre et la santé de la planète,
    Les géodes ont le monopole de contenir les idées noires
    Lorsque Gaïa, en solitaire, s’amuse à faire des devinettes.

    Parfois j’y aperçois des arbres appartenant au Crétacé,
    Du temps où les grands dinosaures étaient les maîtres du terrain.
    Et je vois gravé dans le marbre des formes aux contours enlacés
    Remonter comme des trésors de leurs abîmes souterrains.

    Parfois, deux dauphins amoureux, derniers vestiges des atlantes,
    Qui les avaient domestiqués pour les emmener à la pêche,
    Ont inscrit l’élan langoureux de leurs amours et leurs attentes
    Dans une emphase sophistiquée telle un yin et yang, tête-bêche.

    Parfois une terre miniature comme une planète dans l’œuf
    Que Gaïa aurait avorté ou que l’empire aurait renié.
    Les géodes sont les signatures éparpillées, preuve par neuf,
    Pour témoigner et rapporter afin que vous vous souveniez.

    Tableaux de Nikolay Khludov.

  • Vol au-dessus des règles

    Vol au-dessus des règles

    J’aimerais échapper aux règles qu’ont fixées les hommes avant moi
    Et que j’accepte à ma naissance au nom d’un soi-disant respect.
    J’aimerais voler comme un aigle et vivre libre au fil des mois
    Sans avoir de reconnaissance envers ce vieux monde suspect.

    Suspect de n’avoir résolu que guerres, défaites et victoires
    Sans chercher à communiquer afin d’organiser l’essor.
    On dit que l’humain évolue mais si j’en observe l’Histoire,
    Il n’est qu’un singe paniqué par la mort et son triste sort.

    Alors je rêve que je plane, le rêve est une drogue douce
    Qui ne résout ni n’améliore à première vue nos affaires.
    Mais les Reflets Vers que je glane et que je sème sur le pouce,
    S’ils font sourire les seniors, je continuerai à en faire.

    Collage de Wlad Safronow.

  • Crépuscule

    Crépuscule

    Est-ce que je suis au crépuscule de ma vie ou bien de la Terre ?
    Le contenu se sent petit autant que le contenant est grand.
    Entre chien et loup, tout bascule et c’est l’heure où les deux s’altèrent
    Un peu comme si, par empathie, pour l’un et l’autre, c’était flagrant.

    Le vingtième siècle est dans la nuit et celui-ci, après l’aurore
    Fracassante atteindra midi si toutefois le soleil luit.
    Déjà le soir et je m’ennuie ; bien que j’écrive ou je pérore,
    Le temps, du lundi au samedi, ne laisse rien derrière lui…

    …Sinon l’amour mais c’est la guerre qui plaît aux hommes comme à Dieu
    Qui les dresse au nom de la vie et sa sainte loi du plus fort
    Que l’on connaît depuis naguère et ses effets les plus odieux
    Sur le présent inassouvi de tuer l’autre pour son confort.

    Tableau de Silvia Pavlova.

  • Bonne pêche

    Bonne pêche

    Très bonne pêche Cendrillon !
    Tu peux rentrer à la maison
    Et dire à ton prince-sans-rire
    Que tu as retrouvé le sourire.

    La botte perdue avant-hier
    Et retrouvée dans la rivière
    Retrouvera sa sœur jumelle
    Dans la garde-robe d’Armelle.

    Armelle, la sœur prétentieuse,
    Autant exécrable qu’odieuse,
    Que l’on va pouvoir marier
    Sans chaussures dépareillées.

    Pour la cadette, Cendrillon
    À déjà un plan tatillon
    Pour la marier tôt ou tard
    Avec un prince du Qatar.

    Elle lui a offert des crampons
    Qui lui montent jusqu’aux jupons
    Car le Qatar aime les joueuses
    Et qui plus est, les footballeuses.

    Et quand elle sera seule, enfin,
    Elle pourra avoir le bec fin
    Et épouser le cordonnier
    Qui fait de si jolis souliers.

    Tableau d’Ana Hernández de San Pedro.

  • Quand la Vouivre se médusa

    Quand la Vouivre se médusa

    Quand Médusa, reine des mers, invita la Vouivre à sa table,
    Tous les serpents furent conviés couleuvres, vipères et aspics.
    Cuisine aux piments doux-amers et vin d’océan délectable.
    Fromages et fruits du vivier, enfin bref… un repas épique !

    Médusa, ratte des grands fonds, vanta ses palais redoutables,
    Ses colonnes de sel figé, ses marins-pierres pétrifiés.
    La Vouivre, ratte des siphons, répliqua d’un ton discutable :
    « Chez moi, les morts sont mitigés, bien fol qui pourrait s’y fier ! »

    « Viens donc régner dans mes abysses, c’est la carrière respectable ;
    Tu verras chaque navigateur finir par craindre mon regard…
    Viens-y boire autant que tu puisses, la vie y est moins profitable,
    Et les courants congélateurs conservent au frais les plus hagards ! »


    Mais tandis qu’elles se disputaient quel destin serait plus enviable ;
    Mer ou étang, sel délétère, algues ou bien nénuphars livides ?
    Les serpents gourmands dégustaient les plats les plus inoubliables
    Tant et si bien qu’elles concoctèrent des mots crus mais le ventre vide.

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  • La roue de l’infortuné

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    La lame du destin frôle cent fois le cœur et, quoiqu’il en retourne,
    Le prochain coup sera fatal ou fera plus de peur que de mal.
    L’esprit trop souvent se fourvoie, il ose tout mais la roue tourne
    Pour savoir si l’âme est vitale ou bien infinitésimale.

    La mort met fin à ce dilemme et l’esprit divorce du corps ;
    Quant à savoir qui a la garde de l’âme… quelle est l’alternative ?
    Retour à l’éternel problème : « ai-je raison ou ai-je tort
    De miser sur la sauvegarde de ma source divine putative ? »

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  • Brazil

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    Le pain de sucre tous les matins, du cent pour-cent Arabica,
    L’arôme unique de pamplemousse montant de Copacabana.
    Est-ce le paradis atteint aux accents des harmonicas,
    Bandonéons qui éclaboussent de samba et bossa nova ?

    Les vagues caressent le sable sous la caresse de l’aurore ;
    Les corps s’éveillent et sont complices au rythme d’un soleil mutin.
    Au loin sourdent indéfinissables, rires et danses du folklore
    Tandis que les verres se remplissent du tout premier rhum du matin.

    Les marchés débordent d’épices, poivres et piments aux couleurs vives ;
    La douceur se mêle au tumulte, la chaleur aux élans de joie.
    Les senteurs des fruits est propice à rêver au jour qui s’active ;
    Le carnaval est le seul culte dont ses adeptes ont fait le choix.

    Illustration de Milo Manara.

  • La masse critique

    La masse critique

    Fille de Vénus et de Neptune, elle eut une enfance agréable
    Jusqu’à la puberté récente où des révolutions sensibles
    Ont changé la masse opportune qui s’est révélée transmuable
    Pour la transformation naissante et de manière irréversible.

    Lorsque les seins lourds ont atteint le seuil de la masse critique,
    Tous les poissons ont accouru pour en fêter l’événement.
    Et ce fut un nouveau matin en accord à l’effet quantique
    Où les étoiles ont concouru à annoncer l’avènement.

    Elle, et tous les gens des étoiles se manifestent pour assister
    À l’événement imminent de l’équinoxe qui s’élabore.
    Et la Nature leur dévoile le suspens qui a résisté
    Jusqu’au moment proéminent où la planète collabore.

    Tableau d’Amanda Sage.

  • Au rythme du serpent

    Au rythme du serpent

    Au rythme du serpent, du serpent à sonnette
    Qui fait grincer les dents et fait peur aux enfants,
    Je pousserai ce soir tout seul la chansonnette
    La langue bien pendue et l’esprit triomphant.

    Au rythme des crotales et boas constrictors,
    Avec les mains noueuses et les ongles crochus,
    Je chanterai ce soir de ma voix de ténor
    Le cerveau reptilien et la langue fourchue.

    Jeune sorcière en herbe mais douée pour ses charmes,
    J’ai le corps habité non pas par Belzébuth
    Qui est Prince des Mouches mais par Lilith-en-armes
    La femelle insoumise que l’on traite de pute.

    Au rythme du serpent qui rampe misérable
    J’ai le corps agité et l’esprit discourtois.
    J’enchanterai ce soir la Lune sous les érables
    Et j’attendrai mon maître qui n’est autre que toi !

    Tableau de Kuyén.

  • La maraîchère

    La maraîchère

    En survolant les mois d’hiver – et les choux verts de préférence –
    La maraîchère voit l’ampleur de la récolte qui s’annonce.
    Les champs s’étendent par devers le large horizon à outrance
    Comme un vaste océan de pleurs et ses nombreux coups de semonce.

    Un tsunami de chou frisé de surcroît est à redouter
    Raz-de-marée de brocolis et reflux de romanesco.
    Ce sont les légumes prisés pour l’amertume rajoutée
    Afin d’apporter par colis les choux chinois de Mexico.

    Illustration de Serpieri.

  • Les roses bleues

    Les roses bleues

    La rose rouge, c’est du passé ; la rose bleue, c’est l’avenir !
    Ce n’est pas moi qui vous le dis mais l’effet Doppler qui l’affirme.
    Le petit bouton ramassé n’aura plus le droit de venir
    Fleurir les filles le samedi, tous les dragueurs nous confirment.

    Les roses bleues ont l’avantage de s’accorder aux bleus de l’âme
    Tandis que les rouges excitaient les cœurs romantiques affriolés.
    Et puis elles étaient d’un autre âge ! C’est le bleu qui est au programme !
    Du moins c’est c’qu’il nécessitait jusqu’à l’arrivée du violet.

    Tableau d’Alesya von Meer.

  • Lilith et le fil de la Terre

    Lilith et le fil de la Terre

    À l’instar des Parque, Lilith s’occupe du fil de la Terre
    Dont elle découd et puis recoud les fissures et puis les blessures.
    Avec fil rouge pour l’élite, du fil blanc pour les volontaires
    Et si le fil casse tout à coup, pas de pitié pour la censure !

    Or si la trame s’effiloche, Lilith sort ses ciseaux de l’ombre,
    Ramasse les brins éparpillés et les disperse dans le vent.
    Finaude, elle surfile les poches avec du fil noir le plus sombre
    Pour éviter les faux billets qu’on aurait pu glisser dedans.

    Ici un point de compassion et là un faux-col, passe-montagne ;
    Au sommet une boutonnière pour passer une fleur de Lune.
    Au revers, un bouton pression pour accrocher à la campagne
    Les premières pousses printanières ornant ce patchwork de fortune.

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  • Qui sera la plus belle ?

    Qui sera la plus belle ?

    Le choix s’avère difficile quand il s’agit d’être sexy
    Et qu’il faut être retenue au bal du quatorze juillet.
    Sans doute serait-ce plus facile de faire comme au reversi
    Avec un côté pile nu et un côté face habillé ?

    Mais l’envie lui prend de jouer parfois la carte de la couleur ;
    Un rouge éclatant qui réveille tous les regards concupiscents ;
    Ou peut-être un bleu enjoué, secret comme le cœur des heures,
    Qui murmure aux bonnes oreilles des espoirs plus étourdissants !

    Faut-il choisir de la dentelle pour ses faux airs de confidence
    Ou préférer la soie qui glisse, trop indocile sur la peau ?
    Chaque étoffe a sa clientèle et elle y trouve sa providence
    Et chaque miroir est complice pour refléter bien à propos.

    Elle tourne en rond mais l’œil hagard entre la robe sage et l’audace,
    Espère bien que la nuit du bal dissipera le moindre doute,
    Qu’un sourire en coin, un regard, peut-être qu’en étant plus loquace
    Elle décrochera la timbale et les autres feront banqueroute.

    Tableau de Sergio Martinez.

  • L’Ourobourasque

    L’Ourobourasque

    Quand le serpent se mord la queue, il se produits l’ourobourasque ;
    L’apocalypse survient alors pour balayer toutes les miettes.
    La mer retire ses fonds aqueux sous un coup de typhon fantasque
    Et les volcans crachent de l’or que les séismes en feu émiettent.

    Et puis, une fois tout absorbé dans le premier trou noir venu,
    Le big-bang nous fait son entrée et refait le même miracle.
    Dieu essaie de tout résorber mais le serpent est revenu
    D’on ne sait où pour démontrer que c’est lui le clou du spectacle.

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  • Gaïa de l’ouest

    Gaïa de l’ouest

    La Voûte Céleste Protectrice, femme arquée par-dessus la Terre,
    Et Horus, le Seigneur du Ciel, grand protecteur par excellence,
    Ont eu l’envie exploratrice d’aller étendre leur ministère
    Vers les terrains providentiels du nouveau monde en opulence.

    Chevauchant à dos de dauphins, perçant la Méditerranée,
    Ils ont traversé l’atlantique et les méridiens d’Amérique
    Pour s’établir dans les confins après une course surannée
    Des vastes plaines authentiques d’après les textes ésotériques.

    Gaïa de l’ouest s’appellerait « Mamie-Toute » ou bien « Manitou »
    Et aurait connu Jésus Christ, Bouddha et même Rapa Nui…
    C’est ce que nous modèleraient les légendes si, malgré tout,
    On croyait à ce que j’écris après mes rêves, chaque nuit.

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  • Le retour de l’Ouroboros

    L’ancien symbole est de retour et son nom est l’Ouroboros ;
    Serpent, dragon ou Jörmungand dans la mythologie nordique,
    Quetzalcoatl, « serpent à plumes » dans la mythologie aztèque,
    Mehen ou dieu-serpent autour de Rê dans l’Égypte pharaonique.

    Big-bang cosmique qui s’étend vers l’infini de l’univers
    Et qui retourne à son départ aspiré dans un grand trou noir.
    Perpétuel, cela s’entend, l’éternité d’un trou de ver,
    Un tête-à-queue de part en part perdu au fond de nos mémoires.

    Si ce n’est lui, c’est donc sa tête qui aurait convaincu la femme
    De mordre dans la connaissance par ses talents bonimenteurs.
    L’Ouroboros est à la fête et cessons de le croire infâme
    Mais ayons la reconnaissance envers son manège enchanteur !

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  • Gaïa le jour, la nuit et par temps gris

    Gaïa a-t-elle créé le monde plutôt vers midi ou minuit ?
    On ne sait pas. Il est écrit qu’elle aurait créé la lumière
    Et puis les planètes bien rondes mais… était-ce de jour ou de nuit ?
    L’évènement n’est pas proscrit mais ce détail reste un mystère…

    Elle m’a répondu cette nuit qu’en fait tout le monde s’en moque ;
    Chacun voit midi à sa porte et n’en fait pas d’indigestion.
    L’énigme résolue vers minuit m’a fait comprendre son équivoque
    Quant au dénouement, peu importe, la réponse est dans la question.

    Quoi qu’il en soit, trois mois d’hiver et un temps toujours brouillardeux
    Me portent à croire Gaïa pudique et le ciel, voile de décence.
    Et puis le temps dans l’univers et l’heure de Gaïa, ça fait deux ;
    Et la seule heure fatidique après la mort, c’est la naissance.

    Tableaux de Gaïa Orion sur https:gaiaorion.com .

  • Carpe Diem

    Carpe Diem

    Tout va très bien sur la planète et c’est le paradis sur Terre !
    Enfin… lorsqu’on aura tué un tiers de la population
    Et que l’on aura fait place nette aux religions qui nous atterrent
    Par leurs adeptes habitués à faire leurs manipulations.

    Vive la ronde des missiles et de l’arsenal nucléaire !
    Qu’on déterre la hache de guerre avec tomahawk patriotes !
    Tant qu’on regarde à domicile le taux des avis mortuaires
    Les infos paraissent moins vulgaires sachant que la farce est idiote.

    Mais en mariant les couleurs grâce aux transhumances massives,
    En amalgamant tous les dieux en un seul bien plus médiatique,
    En atténuant la douleur par une euthanasie passive
    Et par des virus insidieux, cesseront ces problématiques.

    Faisons confiance à nos élus qui nous ont mis devant un gouffre
    Et nous promettent sans retard de faire un grand pas en avant.
    Mais dès qu’ils auront résolu comment ne plus sentir le souffre,
    Sans doute sera-t-il trop tard mais… est-ce un détail aggravant ?

    Reproduction de «  La Joie de vivre » par Henri Matisse.

  • Gaïa du Nord au Sud

    Gaïa du Nord au Sud

    Dans la mythologie nordique, Yggdrasil siège à l’arbre-monde
    Et Fenrir est le loup célèbre d’inspiratrices épistolières.
    À notre époque parodique, on lui voue une course immonde
    Non pas pour des raisons funèbres mais pour des raisons pétrolières.

    Dans d’autres textes alchimiques, un Lion Rouge ou Lion Vert
    Représente la force solaire opposée à l’Ouroboros.
    Aujourd’hui l’industrie chimique crée des virus sous le couvert
    D’intentions qui mettent en colère les complotistes les plus féroces.

    C’est dire le travail de Gaïa qui ne baisserait pas les bras
    Mais les étend d’Est en ouest pour rassembler tous ses enfants
    Qui continuent leurs guérillas à lui faire péter les chakras
    Et brandir ses foudres célestes sur tous ces pantins triomphants.

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  • La louve de mer

    La louve de mer

    Elle n’a pas bouffé du lion mais seulement un vieux loup de mer
    Qui s’était laissé envoûter par une sirène charmeuse.
    Puis elle a hissé pavillon, mis à la bouche la pipe amère,
    Pour aller empapaouter ses sœurs de bouffées parfumeuses.

    La casquette vissée sur la tête, pieds nus, cul nu, sans pantalon,
    Elle avait assez fière allure avec entrain et bonne humeur.
    Lorsqu’elle rejoignit la fête, la pipe au bec, en hauts talons,
    Toutes les sirènes se résolurent à dire : « Interdit aux fumeurs ! »

    Illustration de Glasha Bruk.

  • Phosphorée

    Phosphorée

    Sans doute la Lune dorée appelle la sirène phosphorée
    Comme la pleine Lune rousse attire la sirène-garou.
    Ce soir, la couleur mordorée domine l’ombre des forêts,
    Rien ne sert d’inviter la frousse à courir sous les chapeaux de roues !

    D’ailleurs, la sirène phosphorée n’a rien en elle pour faire peur ;
    D’abord elle est végétarienne et ne vit pas en pleine mer,
    Ensuite, se cache dans les forêts pour éviter toute torpeur
    À son amie, une batracienne, vieille météo intérimaire.

    Quant à la sirène phosphorée, pas plus à dire à ce sujet.
    Je ne sais pas ce qu’il advint des légendes qui s’y relatent…
    Exceptée une mijaurée qui se serait jadis adjugée
    Les eaux du marais poitevin grâce à l’escarboucle écarlate.

    Tableau d’Olesya Dubovic alias Aziza.

  • L’involution du lapin

    L’involution du lapin

    Ici les feuilles se déchaînent et tournent en lévitation ;
    La Lune au centre s’agrandit plus lumineuse et insistante.
    Les lapins ont brisé leurs chaînes et partent à l’invitation
    De la canopée qui brandit les branches aux feuilles persistantes.

    Sans doute le signe du lièvre dans l’astrologie du solstice
    Vont-ils perturber la quiétude de la nuit la plus étendue.
    Le halo de Lune avec fièvre se répandra dans l’interstice
    Pour pleuvoir avec certitude par une rosée suspendue.

    Et l’on verra à chaque branche briller les gouttes opalescentes
    Qui mûriront pour la semaine qui précède la Saint-Sylvestre.
    Quant à nos lapins, en revanche, ils entameront la descente
    Avec comme dernier phénomène une révolution terrestre.

    Illustration IA.

  • La licorne rose

    La licorne rose

    Aux alcooliques, l’éléphant rose, aux rêveurs les licornes roses
    Quant aux poètes, dont l’alcool d’Apollinaire les imbibe,
    À eux les rêveries moroses et les vers trempés dans la prose
    Lorsque les rimes caracolent avec le rhum des Caraïbes.

    Si les licornes sont légendaires, leurs couleurs ne sont pas notées
    Et si celle-ci me paraît rose, c’est sans doute un signe des temps
    Dont la valeur référendaire dépend de ceux qui ont voté
    Pour que la nature n’arrose seulement que les cygnes d’étang.

    La licorne rose est virale et déclenche l’absurdité
    Aussitôt qu’elle est invoquée en première ligne d’un poème.
    À chaque strophe, une spirale déploie tant de stupidités
    Qu’à la fin, elle est révoquée vers ses origines bohèmes.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les neuf vestales

    Les neuf vestales

    Les sirènes, d’après la science, sans la maîtrise du feu sacré,
    N’ont aucune possibilité de progrès dans leur société.
    Juger ce manque d’efficience est a priori consacré
    À renier l’habilité à en produire à satiété.

    Car le feu produit par la terre est récupéré pieusement
    Par les vestales volcaniques qui n’ont toujours été que neuf.
    Et comme l’eau est délétère envers ce précieux gisement
    On le recueille dans d’organiques géodes à l’apparence d’un œuf.

    C’est hélas tout ce que je sais de la science des sirènes
    Car il y a peu de rescapés qui peuvent encore en témoigner.
    Seul un marin qui connaissait cette technologie pérenne
    Et qui a pu s’en échapper a vu sa parole dédaignée.

    Tableau d’Anna Petrova.

  • Le temps Lilith

    Le temps Lilith

    Désormais nous ne dirons plus : « il pleut, il neige ou même il vente ! »
    Mais un temps personnifié : « Lilith pleut, Lilith tombe à verse ! »
    Car la déesse qui a déplu à Dieu est devenue servante
    De la météo notifiée par l’ange de la partie adverse.

    Par Saint-Médard, évidemment qui lui a appris le métier
    En commençant par le déluge comme expérience nécessaire.
    Dès lors il pleut décidément chaque fois que, par amitié,
    Lilith et l’ange font du grabuge en fêtant leurs anniversaires.

    Le réchauffement planétaire est une simple conséquence
    De Lilith devenue frileuse par suite d’un refroidissement.
    Dès que son état sanitaire reprendra la bonne fréquence,
    Des nappes de froid nébuleuses reviendront subrepticement.

    Tableau de Linnea Tobias.

  • Une rose pour Julia

    Une rose pour Julia

    Aussitôt que la rose offerte à Julia effleura sa main,
    Tout son corps redevint fractale et ses cellules se scindèrent
    Pour libérer l’âme entrouverte qui voulait s’ouvrir un chemin
    Vers une vérité fatale que l’on aurait cru suicidaire.

    Mais au contraire elle apparut dans sa véritable nudité,
    Un corps nouveau et rajeuni sous la mue du poids des années.
    Toutes ses rides disparues, tombées dans cette absurdité
    De la vieillesse – quelle avanie ! – qui était devenue surannée.

    C’était une rose éternelle ; celle qui au matin est éclose
    Et qui au soir s’évanouit d’une mort douce et naturelle
    Pour renaître comme une ritournelle qui serait conforme à la clause
    Du recommencement inouï d’une existence intemporelle.

    Illustration de Jack Howl alias Beach Ghost sur https:www.facebook.combeachxghost .

  • Le rêve du septième jour

    Le rêve du septième jour

    Tandis que leur Dieu se repose après avoir créé le monde,
    Adam et Ève se morfondent sans leur joyeux animateur.
    Comme l’un et l’autre le supposent, il n’y a rien à faire à la ronde
    À moins que l’on se dévergonde comme deux bons reproducteurs.

    Après le sexe on a la dalle et l’esprit est un peu ailleurs…
    Là, un serpent bonimenteur propose des pommes en promotion.
    « Oui mais ça va faire un scandale ! » rétorque Adam d’un ton railleur.
    « Au contraire, rien ne s’y oppose ! » répond Ève avec émotion.

    « Tenez, Madame, goûtez-moi ça ! » leur argumente le vendeur
    Et Ève de croquer le fruit, l’apprécier et en donner
    À son mari qui angoissa d’avoir cédé au pourfendeur
    Qui leur laissa comme usufruit une dette insubordonnée.

    Tableau d’Augusto Giacometti.