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  • Autoportrait

    Autoportrait

    Moi, si je devais me décrire comme j’aimerais être perçu,
    J’aurais le front rempli de vers et les joues pleines des bleus de l’âme.
    D’encre de Chine pour écrire, mes yeux auraient été conçus
    Pour appréhender à travers votre cœur, sa petite flamme.

    Mais Dieu, mon père ainsi qu’ ma mère m’ont modelé à leur image
    Avec une bouche charnue et des yeux de biche aux abois.
    Ainsi mes poèmes amers sont finalement leur héritage
    Et si je suis si biscornu, c’est parce que j’ai cassé du bois.

    Autoportrait de Beth Marcil sur https:www.artfromtheinsideout.commixed-media-portrait-for-grade-5 .

  • Les beaux yeux

    T’as de beaux yeux, surtout le gauche car il me parle avec le cœur ;
    T’as de belles mains, surtout la droite quand elle brandit mon crayon.
    J’aime sur ta bouche l’ébauche d’un petit sourire moqueur
    Lorsque d’une parole adroite vers l’amour nous appareillons.

    T’as d’beaux cheveux, surtout les blonds qui ressemblent à un champ de blé ;
    T’as d’belles jambes, de belles hanches surtout quand tu viens t’accroupir
    Et m’offres tout ton corps oblong tous les week-ends dans ton meublé
    Pour faire l’amour jusqu’au dimanche suivi de six jours de soupirs.

    Tableaux d’Erik Renssen sur https:renssenartgallery.comartists25-erik-renssenworks .

  • De la vache enragée

    De la vache enragée

    Quand les pervenches chanteront, les vaches seront bien gardées
    Et les taureaux prendront eux-mêmes le chemin vers les abattoirs.
    Quand les vautours arriveront, leur cuir sera sauvegardé
    Afin de couvrir sans problème nos canapés ostentatoires.

    Quand les sérums et les vaccins issus de la vache enragée
    Seront réservés aux abonnés qui devront prendre toute leur vie
    Un shoot de plus en plus succinct dont l’effet sera prorogé,
    Là, bonnet blanc et blanc bonnet, nous serons tous du même avis.

    Tableau d’Elsa Sroka sur https:www.southwestart.comeventssorrel-sky-jul2020 .

  • Les fleurs penchées

    J’ai beau pencher de tout mon cœur vers les jeunes filles en fleurs,
    Je n’ai pas hélas la main verte pour leurs amours de jardinières.
    Même mes textes chroniqueurs et mes poèmes écornifleurs
    Passent par leurs oreilles ouvertes comme banalité routinière.

    Alors je parle aux plantes mûres qui embellissent avec le temps
    Et je les arrose de vers à l’eau de prose et de rosée.
    À la plus belle, je lui murmure que je l’aimerai toujours autant
    Quand elle sera sèche en sous-verre mais d’éternité composée.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur https:elizabethprice-ceramic-sculpture.weebly.comsculptures.html .

  • Le pont sur la Nivelle

    Le pont sur la Nivelle

    Sur le pont de Jean de Nivelle, nul ne rétorque à son appel.
    On reste sourd aux bienvenues, on ne répond pas à son nom.
    Ainsi les mauvaises nouvelles ne sont pas transmises à la pelle
    Et aucune disconvenue ne trahira votre renom.

    Impolitesse ? Pas du tout ! Je vous en fiche mon billet !
    Le torrent et ses eaux grondantes dégagent tant de décibels
    Que vous attraperiez la toux à force de vous égosiller
    Et les oreilles correspondantes devenir sourdes de plus belle.

    (Tableau de Louis Dewis.
    Le pont sur la Nivelle également appelé Pont Romain, date du 5eme siècle, il fut reconstruit en 1994, après l’effondrement de la pile centrale, due à la crue. Il a été inscrit aux monuments historiques le 19 mai 1925.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Femmes coccinelles

    Ne dites plus « bête-à-bon-Dieu » mais « femme-en-quête-spirituelle »
    Car, de nos jours, les coccinelles sont l’élytre de l’ascension.
    Le nombre de pois dispendieux définit l’âge contractuel
    Auquel la faute originelle ne condamne aucune dissension.

    Ainsi la femme émancipée arborera autant de pois
    Que de conquêtes amoureuses comptabilisées à son actif.
    Les hommes pourront anticiper à en apprécier le poids
    Selon des offres langoureuses mais à effet rétroactif.

    Photos de Serge Lutens.

  • L’homo-synthétique

    L’homo-synthétique

    Aussitôt le gène « casse-couilles » éradiqué de nos bâtards
    Et celui des « marie-salope » isolé, réduit à néant,
    On verra des hommes-grenouilles, femmes-reinettes, enfants-têtards
    Vivre dans des zones interlopes, vingt-mille lieues sous l’océan.

    Le génie de la mutation transformera hommes et femmes
    Et l’on choisira son bébé sur catalogue génétique.
    Hélas, par ces permutations, naîtront quelques monstres infâmes
    Qui, s’ils ne sont pas macchabées, deviendront « homo-synthétique ».

    Bodypaintings de Johannes Stoetter sur http:www.lazerhorse.org20130707johannes-stoetter-world-body-painting-championamp .

  • Bonjour, salut !

    La bienséance et le bien-être obligent, les hommes modernes
    Opteront pour de nouveaux signes pour se saluer en public.
    Le moyen pour se reconnaître sous les néons et les lanternes
    Devra toutefois être digne des enfants de la république.

    On pourrait se frapper du coude ou bien soulever sa tignasse ;
    Lever la main comme un indien ou dodeliner de la tête.
    Aujourd’hui nos aïeux le boudent et bien qu’hier ils s’indignassent,
    Pour les plus jeunes, c’est le maintien d’une arrogance toute bête.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur https:www.kelliemillerarts.comelizabeth-price .

  • Femmes à la volée

    Femmes à la volée

    Femme frivole, femme qui vole, femme légère, femme adultère.
    Que de mots doux, jetés en l’air pour défier son déséquilibre !
    Femme qu’on vole, femme convole, femme solitaire ou volontaire,
    Les hommes ont un vocabulaire approprié à leurs calibres.

    Hélas la femme tombe des nues quand on la croit femme facile
    Ou quand on vient lui décoller sa jupe à volants, envolée.
    L’homme la scanne toute nue avec sa vision imbécile
    Jusqu’à ce qu’elle vienne lui coller une gifle qu’il n’a pas volée.

    Photo d’Ernest A. Bachrach.

  • Grosse tête, petit cul

    Chacun renferme en son miroir l’infinité de sa mémoire
    Qui, pour raisons ésotériques, est stockée quelque part ailleurs.
    Ainsi les millions de tiroirs et les centaines de grimoires
    Qui renferment notre historique ont trouvé un coin bien meilleur.

    Je traîne ainsi ma grosse tête comme une bosse dans le dos
    Qui m’déséquilibre par le poids de mes chagrins et mes remords.
    Je sens cet immense pense-bête qui prend en charge tous mes fardeaux
    Oscillant comme un contrepoids qui bat entre la vie et la mort.

    Sculptures de Sergei Isupov sur http:sergeiisupov.comworksworks-in-public-collections#jp-carousel-801 .

  • L’impasse diabolique

    L’impasse diabolique

    S’il est facile d’entrer en crise dans les méandres de la loi,
    Il demeure assez difficile avec un plan de s’en sortir.
    Après la première surprise, on trouve tous de bon aloi
    À se conduire en imbéciles et même de s’y assortir.

    À chaque jour, son oppression qui augmente insensiblement
    Comme la grenouille plongée dans l’eau qu’on chauffe doucement.
    Plus forte sera la pression, plus suivront ostensiblement
    Les moutons vers leur apogée et mourront d’affadissement.

    Entrée du palais de Linlithgow.

  • Les passages en diagonales

    Chaque jour, la voûte céleste me fait avancer dans l’espace
    Et franchir le couloir du temps à chaque arcade récurrente.
    À chaque fois, je me déleste d’une tranche de vie qui passe
    Et puis, à chaque fois je m’attends à vivre une journée différente.

    Curieusement, le bon chemin n’est pas tracé en ligne droite.
    Je dois savoir virer à temps et dégringoler une pente.
    Jamais ne remettre à demain une décision maladroite
    Mais me décider à l’instant d’une intuition participante.

    Photos de Bjorn Borgers et Stefan Opalka.

  • Au pays des internautes, les aveugles sont rois

    Au pays des internautes, les aveugles sont rois

    Aveuglé par l’information diffusée dans l’actualité,
    J’ai longtemps cru être éveillé alors que j’étais un mouton
    Berné par la déformation d’une fausse réalité
    Comme un enfant émerveillé par tous ses jouets à boutons.

    Seul celui qui ferme les yeux à la pollution médiatique
    Évite de s’empoisonner lentement à petites doses.
    Or, j’ai fait ce choix judicieux d’occulter l’intox systématique
    Dans l’info qui vient foisonner à m’en filer une overdose.

    Illustration de Saman Torabi sur https:cartooncontest.yesilay.org.trenarchive?page=10 .

  • L’homme de bois

    Que ne suis-je homme-végétal, roseau pensant au cœur de bois,
    Enraciné dans la nature et qui revit chaque printemps !
    Aux beaux jours, mes premiers pétales refleuriraient à chaque fois ;
    L’automne verrait ma mâture porter la robe du pénitent.

    Je vivrais nu dans les forêts avec femmes-fleurs à portée
    Afin de féconder les fruits qui propageraient mon essence.
    L’hiver viendrait me déflorer mais l’été saurait m’apporter
    Un héritage dont l’usufruit serait l’éternelle naissance.

    Œuvres de Johannes Stoetter sur http:www.lazerhorse.org20130707johannes-stoetter-world-body-painting-championamp .

  • Fragmentations

    Fragmentations

    Sans doute y-a-t’il plusieurs corps dans ce qui nous fait homme et femme !
    Un corps de chair, d’eau et de feu, d’air et de Terre mélangés ;
    Un esprit souvent en désaccord entre l’honorable et l’infâme ;
    Un cœur qui tend, de tous ses vœux, à surmonter tous les dangers.

    Toutes les pièces de mon puzzle ne sont pas livrées dans la boîte
    Certaines se touchent, d’autres s’entendent, d’autres se voient, d’autres se goûtent.
    Quoi qu’il en soit, je reste seul à découvrir comment s’emboîtent
    Toutes ces parcelles qui tendent à m’améliorer mon écoute.

    Hermon & Heroda par Alma Haser.

  • Soirées intimes

    Soirées intimes

    Que dois-je faire quand je m’ennuie dans des soirées interminables
    Où les heures soporifiques n’en finissent plus de s’étirer ?
    Combien j’ai hâte que la nuit d’un mystère inimaginable
    Réveille en moi d’honorifiques fantasmes qui vont m’attirer !

    Juste vêtue d’obscurité, ma première fée imaginaire
    Vient m’embrasser comme Morphée convoyée par sa sœur jumelle
    En vêtement de vérité pour un rêve extraordinaire
    Dans lequel je suis le trophée de ces deux chasseuses femelles.

    Quant à ceux qui les croient lesbiennes admirant le phallus sacré
    Je les invite à postuler afin de leur être présentés.
    Qui sait ? Peut-être qu’elles entretiennent une admiration consacrée
    À se le faire inoculer lorsqu’il est bien instrumenté ?

    Photo de Helmut Newton.

  • La sirène immigrée

    La sirène immigrée

    Leurs jolies queues emprisonnées par ceux qui draguent l’océan
    Les ont poussées, contre leur gré, à se ramener sur nos plages.
    Sorties des eaux empoisonnées par des détritus malséants,
    Pauvres sirènes immigrées et condamnées au recyclage.

    Certaines chantent dans les rues, dans le métro ou dans les bars,
    Ou reconverties en hôtesses dans les palaces en plein turbin ;
    D’autres pleurent leurs queues disparues dans un bordel à Zanzibar.
    Aussi, messieurs, par politesse, ouvrons-leur nos salles-de-bain !

    Stephanie Seymour à Hawaii en 1989 et photographiée par Herb Ritts.

  • Vacances sur Mars – 1

    Vacances sur Mars – 1

    Vacances de rêves inoubliables, loin de la civilisation.
    Choisissez Mars pour un séjour désempourpré de vos douleurs !
    Des paysages incroyables grâce à la canalisation
    Des eaux de Mars qui, pour toujours, vous marquerons de leurs couleurs.

    À condition d’aimer le rouge et vivre nu sous le soleil
    Car la lumière trop éloignée peine à bronzer les épidermes.
    En revanche, on vit et on bouge au rythme des vents qui balayent
    Le sable qui vient témoigner d’une satisfaction à terme.

    Vu sur https:yazbukeyloves.tumblr.com .

  • La nuit de tous les désirs

    La nuit de tous les désirs

    La compagnie a fait l’erreur
    de couper l’électricité
    La nuit où je suis arrivé
    à mon rendez-vous libertin.
    Pourtant j’ignorai la terreur
    que m’inspirait l’obscurité
    Et tapotai sur les rivets
    de la porte d’un geste incertain.

    Une main est sortie de l’ombre
    et m’a fait signe de rentrer
    Puis, m’a guidé dans le couloir
    jusqu’à son petit nid douillet.
    J’entendis plusieurs voix en nombre
    et j’en fus très déconcentré
    Car voici que, sans le vouloir,
    des mains m’ont tout déshabillé.

    On me tâta les génitoires
    tandis qu’on me pinçait les fesses
    Et je me suis senti happé
    par une bouche de velours.
    Alors moi, sans faire d’histoires
    mais tourmenté, je le confesse,
    J’ai senti mon fluide échapper
    le cœur battant, confus et lourd.

    Au petit jour on m’a réveillé
    par des câlins pleins de promesses ;
    C’était le chat dans mon giron
    qui me pelotait sans finesse.
    Je relevai de l’oreiller
    une tête lourde avec mollesse
    En maudissant ce vigneron
    qui m’a vendu son vin de messe.

    Tableau de Dmitri Anatolyevich Belyukin.

  • L’amour vache

    L’amour vache

    Bien que ces vaches de censeurs veuillent tout nous désapprouver,
    Voici une jolie vache à poil et un superbe taureau en rut.
    Et n’en déplaise aux défenseurs de la morale retrouvée,
    Vous découvrirez sur la toile le goût sauvage de l’amour brut.

    Hélas, je n’ai pu accéder aux ébats des amours bovines
    Car la pluie s’est mise à tomber pareille à un rideau pudique.
    Mais l’animal a concédé à montrer sa moitié rouquine
    Le jour où elle a succombé à son caractère méthodique.

    Tableau de Jennifer Stottle Taylor.

  • Les femmes de l’été

    Été pourri pour les houris, le paradis est repoussé ;
    Heureusement pendant ce temps les jeunes filles sont en fleurs.
    Tous les minets et leurs souris tiennent leurs chausses retroussées
    Et les pieds nus en clapotant dansent sous l’orage écornifleur.

    Été pluvieux et malheureux, les vacances ont un coup dans l’eau ;
    Par bonheur, demoiselles d’honneur et jolies mariées font la fête.
    Le marié rit, le bienheureux, en entraînant au bungalow
    Sa jeune épouse pour une heure pour un intime tête-à-tête.

    Été maudit dans les taudis que les inondations emportent ;
    Grâce à Dieu, les matins radieux rendent les femmes encore plus belles.
    Et les compagnes ébaudies s’en viennent frapper à la porte
    Et puis, s’en vont sans un adieu jouer les pucelles rebelles.

    Été bâclé par les raclées des pluies cinglantes et persistantes ;
    Mais davantage d’avantages quand les femmes ouvrent leurs maisons
    Et qu’elles vous offrent la clef avec une fièvre insistante
    Pour les protéger de l’orage pour toutes les autres saisons.

    Tableaux de Michael & Inessa Garmash sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201609Garmash-Art.html .

  • L’illusion du masque

    Depuis un an, je mets le masque pour avoir le droit de rentrer
    Dans les trains ou les autobus avec des gens à côtoyer.
    Cette respiration fantasque me donne un air déconcentré
    Qui me perturbe les sinus et m’embue les doubles foyers.

    Je ne sais pas où me conduit le vaisseau du gouvernement
    Qui trace un drôle plan de vol vers je n’ sais quelle destination.
    J’ai l’impression d’être éconduit par un commandant qui me ment
    Et qui, ma liberté , me vole sous d’iniques attestations.

    J’ai décidé de m’arrêter et tirer le signal d’alarme
    Malgré la désapprobation des gens masqués et asservis.
    Tant pis. J’ai été maltraité mais ne regrette pas mes larmes
    Et arrivé à la station, je suis sorti pour ma survie.

    J’ai ôté ce masque maudit et ses odieuses précautions,
    J’ai recouvré mon équilibre loin de la fausse actualité.
    J’ai été d’emblée ébaudi et dès ma première impression
    J’ai découvert un monde libre dans toute sa réalité.

    Illustrations de Moebius.

  • Métamorphoses

    Métamorphoses

    Quand les prochaines gestations verront naître des aberrations
    Grâce aux conseils déblatérés par de drôles de polichinelles,
    Nous pleurerons les mutations des prochaines générations
    Une fois l’ADN altéré par le graphène originel.

    Par le vaccin de la discorde de l’arbre de la méconnaissance
    Nous allons vivre tous ensemble une joyeuse apocalypse.
    Et si tous les peuples s’accordent à obéir en connaissance
    Alors l’humanité ressemble à une race qui s’éclipse.

    Pas plus de virus dans la pomme que de survie par le vaccin
    Le serpent a changé de peau et revêtu l’habit de science.
    Et cette pandémie, en somme, n’est qu’un moyen des plus succincts
    À nous transformer en robots esclaves de notre inconscience.

    Illustration de Chiara Aime.

  • Mon petit bocal

    Mon petit bocal

    Je distille ma propre liqueur qui s’écoule du canal du cœur
    Grâce à l’essence que je recueille et au spirituel que j’accueille.
    Et si vous voulez y goûter, je vous invite à écouter
    Les voix des anges viticoles qui changent le suc en alcool.

    Si vous trouvez que mon local se réduit au petit bocal,
    Sachez que sa capacité égale sa sagacité.
    Ce que l’on voit à l’intérieur paraît plus grand que l’extérieur
    Cette source est la résurgence de mon éternelle jouvence.

    Tableau de Viaggio Magico.

  • Les nouveaux héros

    Les nouveaux héros

    Aujourd’hui, on devient héros par la puissance dégagée
    Par ce qui nourrit les banquiers et tire les nerfs de la guerre.
    La suite au prochain numéro ? Toutes les forces engagées
    Pour protéger sur l’échiquier le roi et sa reine vulgaire.

    À qu’elle sauce serons-nous mangés ? Tout est déjà anticipé !
    Nous serons pucés et parqués comme gibier provisionné.
    D’ailleurs, ça doit les démanger puisqu’ils ont déjà dissipé
    Poisons et virus embarqués dans leurs vaccins empoisonnés.

    Illustration de Paweł Kuczynski.

  • Les femmes et les trois petits singes

    Les femmes et les trois petits singes

    Tellement de sourds sur la planète qui soutiennent ne rien entendre ;
    Tellement d’aveugles sur la Terre qui, eux, prétendent ne rien voir ;
    Tellement de gens sur internet qui, la main, refusent de tendre ;
    Tellement de muets solitaires qui se taisent sans le savoir…

    Les femmes crient à la fenêtre mais les sourds ne peuvent l’admettre ;
    S’il faut, elles se montrent nues mais les aveugles n’ont rien vu ;
    Elles s’expriment sur les réseaux mais on les traite de noms d’oiseaux ;
    Elles ont beau s’ casser les méninges, l’homme moderne reste un singe.

    Photo d’Ormond Gigli.

  • Migration piscicole

    Migration piscicole

    Les cascades à rebrousse-temps, comme une clepsydre à l’envers,
    Saumons, lamproies, truites de mer, remontent le cours des torrents.
    Les escaliers à contretemps, depuis la Suisse jusqu’à Anvers,
    Voient remonter aux maisons-mères leurs anadromes vétérans.

    Hélas, certaines sont trop hautes dans les zones industrielles
    Où les eaux chutent de six mètres et empêchent la progression.
    Même si les plus costauds sautent, cette barrière préjudicielle
    Additionne tous les paramètres pour qu’ils soient en rétrogression.

    (The RUG Company sur https:www.therugcompany.comuscustom-bespoke
    Les espèces anadromes comme l’esturgeon, le saumon, la truite de mer, la lamproie de rivière ou l’alose quittent la mer et remontent les rivières pour venir s’y reproduire.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Printemps cosmique, été comique

    Printemps cosmique, été comique

    Printemps pluvieux, été heureux ? Printemps cosmique, été comique ?
    J’ai beau chercher les relations des intermittents paradoxes,
    Interroger les valeureux bulletins météorologiques,
    Examiner les équations des précessions des équinoxes,

    Rechercher dans l’astrologie une logique aux mauvais signes,
    Retracer toute la genèse et les péchés qui s’y encroûtent,
    Internauter de mon logis les publications à la ligne,
    J’en ai raté ma mayonnaise et pédalé dans la choucroute.

    Tableau de Frantisek Kupka.

  • Suspendu au bon vieux temps

    La diligence en chrysalide pour prototype en papillon,
    Les deux chevaux désattelés, eux, gobent les mouches du coche.
    Encore un jour et on valide la dernière mise au postillon ;
    Bientôt ils pourront cavaler, ça va marcher, c’est dans la poche !

    Le voiturier fait des efforts, il pousse, il geint pour s’extirper.
    Les phares sortent en premier puis, le capot et ses verrous.
    Voici sorti en contrefort, toutes options suréquipées,
    Le bolide que vous réclamiez pour partir sur les chapeaux de roues.

    Tableau de Esao Andrews.

  • Musique hors chambre

    Musique hors chambre

    Petite musique des rues dépouillée d’accords dissonants
    Pour la simplicité de l’appareil de la jolie compositrice.
    J’aime ces notes disparues du folklore polissonnant
    Dont l’artiste n’a pas son pareil pour mes délices auditrices.

    Je lui propose, à quatre mains, de rejouer la partition ;
    Elle au violon et moi au cor pour faire un duo en goguette.
    Tout en suivant le parchemin des gammes de l’orchestration,
    Elle a joui lorsque son corps a suivi mon coup de baguette.

    Tableau de Constantin Art Paunescu.

  • Loup, y es-tu ?

    Loup, y es-tu ?

    Derrière l’arbre qui cache la forêt se masque un loup dissimulé
    Qui hurle pour vous effrayer et prétend qu’il veut vous manger.
    La peur de se faire dévorer par trop de propos simulés
    Est, par la presse, défrayée par l’année de tous les dangers.

    Derrière l’intox manigancée se camoufle un vrai prédateur
    Dont la morsure empoisonnée s’attache à toutes vos envies
    D’une menace autofinancée par le pouvoir des dictateurs
    Qui s’efforcent de vous cloisonner dans un combat contre la vie.

    Illustration de Guillaume Morellec.

  • La vie autrement

    La vie autrement

    C’est rigolo, ces Rayons X qui laissent apparaître mon squelette
    Et la résonance magnétique, vue dans ma matière vivante.
    Elle me montre tel le Phénix qui se transforme en flammelettes
    Afin, par biogénétique, de renaître à la vie suivante.

    Sans doute qu’avec la 5G, nous serons tous irradiés
    Et n’aurons plus besoin de phare grâce à nos cheveux lumineux.
    Le cerveau hyper méningé par des pensées expédiées
    Évoquera un gyrophare perçant nos yeux faramineux.

    Une cellule humaine obtenue avec rayonnement X, résonance magnétique nucléaire et microscope cryoélectronique.

  • Les aoûtiennes

    Dès les juilletistes parties, les aoûtiennes entrent dans la danse
    Et les seins nus s’épanouissent sous de pudiques parasols.
    Les hommes en contrepartie étalent également leurs panses
    À moins qu’ils ne s’évanouissent après leur énième Bartissol.

    Mais entre santé et pudeur, qui sait qui des deux primera ;
    Les gros lolos à peine couverts ou une frimousse dénudée ?
    Les flics auront-ils la lourdeur de rudoyer les scélérats
    Qui vont à visage découvert plutôt qu’un sexe préludé ?

    Tableaux d’Erik Renssen sur https:renssenartgallery.comartists25-erik-renssenworks .

  • Mon Roi Soleil

    Mon Roi Soleil

    Au mois d’août les chats sont partis, au soleil, les souris se dorent ;
    Les chiens partent à la campagne à pied, à cheval, en voiture.
    Le soleil, en contrepartie, puisque les vacanciers l’adorent
    Envoie la pluie à la montagne pour ruisseler sur les toitures.

    À la mi-août, les chats reviennent et les souris rentrent à l’école ;
    Les chiens se remettent à mordre dans les goulets d’étranglement.
    Quoi qu’il en soit, quoi qu’il advienne, le même cycle caracole ;
    Ça donne du fil à retordre aux partisans du changement.

    The Golden Art d’Andrea de Pascalis.

  • La lutte contre qui-vous-savez

    La lutte contre qui-vous-savez

    Que j’aimerais avoir la force d’Hercule lors de son combat
    Contre le Lion de Némée, la créature légendaire !
    Que sa fourrure me renforce et que l’ennemi succombât
    Pour que disparaisse à jamais ses menaces génocidaires !

    J’étranglerais les variantes de ses chimères vérolées,
    Je ferais cracher le venin du faux vaccin de leurs dentiers.
    L’autorité contrariante de l’état fort déboussolée
    Par le virus jugé bénin et proscrit dans le monde entier.

    Illustration de Dvojnik.

  • La cartographie du tendre

    La géographie de l’amour aplanie la carte du tendre,
    Dresse les cimes proéminentes et trace les abîmes du cœur.
    Les voies se croisent aux carrefours avec des hôtels pour attendre
    La correspondance imminente avec le prochain remorqueur.

    Les Monts de Vénus remarquables avec leur touche d’exotisme
    Sont les mamelles des voyages qui nourrissent les belles promesses.
    Les télétransmissions par câble relient les couples illégitimes
    Mais cryptées par un gribouillage que seuls ses arpenteurs connaissent.

    Cartographies d’Ed Fairburn.

  • La musique de l’amour

    La musique de l’amour

    Si l’amour était en musique, la femme serait la partition
    Et l’homme jouerait de l’instrument en pénétrant l’orchestration.
    Allegro, selon la rythmique et l’attrait de la position,
    Le duo jouirait congrûment d’un vrai chef-d’œuvre en gestation.

    On commencerait allegretto l’ouverture aux préliminaires
    On effleurerait l’instrument, juste d’un baiser sur la bouche.
    La suite serait en vibrato avec coups de tambourinaire
    Portés en frappant indûment d’un coup de baguette farouche.

    Photo de Serge Lutens.

  • Anamorphoses

    Rien ne se perd, tout se transforme et l’humanité se transmute !
    Les africains plus blancs que blancs et les chinois qui jappent au nez ;
    Les femmes aux formes sans cesse énormes mais dont le charme se permute
    Avec les hommes, sans faux-semblants, aux sexes surdimensionnés.

    Un troisième œil n’a pas suffi, un quatrième dans les naseaux
    Enregistrera notre vie avec un poil d’indiscrétion.
    On saura qui se cocufie en explorant dans les réseaux
    Les internautes asservis à leurs virtuelles excrétions.

    Photos de Joshua Davison sur https:theinspirationgrid.comglitch-portrait-paintings-by-joshua-davison .

  • La fée des lavandes

    La fée des lavandes

    Les longues jambes allongées qui s’étirent vers l’horizon
    Personnifient ses courbes mauves et la lavande devient femme.
    Monts de Vénus si mensongers trompent mon cœur et ma raison
    Par leurs effluves douces et fauves qui troublent l’essence de mon âme.

    Mamelons en touffes violines qui réitèrent leurs appels
    À laisser mes sens s’accorder à la plante en robe de fée.
    Fesses arrondies sur les collines, fragrances versées à la pelle,
    Distendues jusqu’à m’encorder dans leurs vertigineux effets.

    Création de Kryolan sur https:beautyshallsavetheworld.com2013012013-a-new-year-and-a-new-kryolan-calendar .

  • Les habits neufs de l’impératrice

    Andersen n’a pas précisé que, l’Empereur étant marié,
    L’Impératrice comme toilette s’était fait faire une tenue :
    Robe en coton mercerisé avec dentelle appariée,
    Chaussures, chapeau et voilette bien qu’elle s’y sentit toute nue.

    Qu’à cela ne tienne ! On verrait bien tous ceux qui seraient assez bêtes
    D’admettre qu’ils ne voyaient rien du tissu précieux alloué.
    Or, justement, les poils pubiens ridiculisaient la coquette
    Tant et si bien que l’historien n’osa jamais le lui avouer.

    Photos de Trina Merry sur https:welldonestuff.comincredible-body-paintings?utm_content=buffer69b45&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer .

  • Le grand livre de l’amour

    Le grand livre de l’amour

    Introduction
    En amour comme en littérature, l’introduction d’une aventure
    Fera long-feu ou sonnera le départ d’une belle histoire ;
    Des mots à bonne température ajustés d’un style mature
    Invitent au baiser qui sera leur première petite victoire.

    Développement
    La vie s’apparente au roman et offre un développement
    Où chaque étape du projet produit des tomes en série.
    Tom et Léa puis, leur maman vivront d’épanouissement
    Avec un papa prorogé pour des années de féerie.

    Conclusion
    L’histoire s’arrête et puis repart ; la conclusion ferme la page
    Sur une première partie qui appelle un nouvel auteur
    Qui remettra sur le départ, par un nouveau redécoupage,
    Un conte autrement réparti pour reprendre de la hauteur.

    Tableau de Jean Dominique Antony Metzinger sur https:fr.wahooart.comArt.nsfArt_FR?Open=&Query=Jean%2CMetzinger .

  • Patchwork

    Soit, je m’aime comme je suis, comme le Dieu qui m’a construit,
    Soit, j’ me mets à vitupérer contre ce Dieu qui m’a raté.
    Quoi qu’il en soit, ce qui s’ensuit, soit me renforce ou me détruit
    Mais rien ne me fait espérer connaître un jour la vérité.

    Avec ma tête de cochon et mes yeux de biche aux abois,
    Je me console avec mes pieds qui marchent en crabe de concert.
    Mon dandinement folichon qui tient plus du cheval de bois
    Me fait tourner comme il lui sied mais de bon cœur, comme un cancer.

    Sculptures de Sergei Isupov sur https:sergeiisupov.comworks-in-public-collections .

  • Le dos au miroir

    Le dos au miroir

    Étrange miroir du passé qui reflète l’envers du futur
    Et qui compare les nouvelles à l’historique répertorié.
    L’info est déjà dépassée, le scoop de première mouture
    Ne sont toujours que ritournelles d’évènements inventoriés.

    Le miroir lit entre les lignes, entre les mots en anagrammes
    Et me redresse les mensonges en vérités dissimulées.
    J’y vois toujours les mêmes signes des mêmes faits au kilogramme
    Qui s’y confèrent et qui rallongent les mêmes bobards simulés.

    Tableau de Dannis Duanc.

  • Le fou à la cervelle d’oiseau

    Une autre carte après le fou, ultérieure aux vingt-deux arcanes ;
    Il perd la tête et la cervelle et se disperse dans les airs.
    Une fois lâché les garde-fous et soufflé d’une sarbacane,
    D’un dernier coup de manivelle, le fou s’enfuit dans le désert.

    Désormais chevalier sans tête, sur sa monture, tel un héros,
    Le cœur vide et l’esprit ailleurs, seul le corps se plaît à vibrer.
    Une corneille guide sa quête pour recommencer à zéro
    Son existence de railleur, éternel déséquilibré.

    Tableaux d’Esao Andrews.

  • Les amours de sable

    Les amours de sable

    Les amours bâties sur le sable ne perdurent pas mais se meuvent
    Au gré des vents et des marées et selon l’humeur de la Lune.
    Les souvenirs impérissables nourrissent le cœur et l’émeuvent
    Bien que nul ne soit amarré à quelques terres de fortune.

    Sauvegarde et sécurité forment une solide carapace
    Mais manquent d’improvisation, d’aléatoire et d’imprévu.
    L’âme cherche la sérénité et le cœur cherche son passage
    Contre la cristallisation d’un futur où tout est prévu.

    Tableau de Jiri Borsky.

  • Êtes-vous Van Gogh ou Picasso ?

    Spectaculaires et attirantes dans les méandres de leurs chairs
    Lorsqu’à Van Gogh, elles dédient leurs corps à l’art impressionniste.
    Outremer mêlé d’amarante, l’amour fait monter les enchères
    Et devient l’encyclopédie de l’inspiration féministe.

    Paradoxales par les volumes de leurs physiques tout en rondeurs
    Quand à Picasso, elles expriment leurs attirance pour le cubisme.
    J’aime leur consacrer ma plume afin d’écrire en profondeur
    L’hommage à la couleur qui prime pour les amateurs du nudisme.

    Créations de Kryolan sur https:beautyshallsavetheworld.com2013012013-a-new-year-and-a-new-kryolan-calendar .

  • Un marin en Suisse

    Un marin en Suisse

    Emmenée par un beau marin au regard d’un bleu outremer
    Sur la mer blanche des alpages qui s’étend au cœur des Grisons,
    Elle offrit le creux de ses reins et naturellement devint mère
    D’enfants qui formèrent équipage pour courir d’autres horizons.

    La navigation helvétique étant soumise au gré des lacs,
    Le marin, plutôt flibustier, connu d’autres conquêtes intimes ;
    Derrière son visage hermétique, sa destinée aphrodisiaque
    Lui fit ouvrir d’autres bustiers que ceux de l’épouse légitime.

    Je n’ai jamais croisé sa route mais celle de sa première épouse
    Avec laquelle je navigue entre les fleuves et les torrents.
    Ce vieux loup de mer en déroute aurait au cours d’une partouze
    Rencontré une fille prodigue près du canal du Saint-Laurent.

    Illustration de Hugo Pratt.

  • Le premier août

    Le premier août

    Pour une fois, le premier août se présente presqu’en hiver.
    Nous avons longtemps cru, sans doute, telle est la loi de l’univers,
    Que l’été règne sans concession une fois franchi le solstice
    Et juste après la récession des jours qui déjà raccourcissent.

    Le dérèglement climatique explique tout, n’explique rien.
    L’activité problématique de toutes les races de terriens
    Ignore le cœur de la Terre et la raison de sa Nature
    Nous n’en étions que locataires pour une courte villégiature.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les Femmes aux Foyers Modérés – 2

    Comme un vrai poulailler, plus on sera de fous
    Et plus les poules à lier seront folles de vous.
    Dans les cages à lapin tout le monde s’entasse
    Et puis, dès matin tout le monde se casse.

    Du matin jusqu’au soir, ces autruches en jupons
    Ne peuvent plus surseoir à guetter les fripons.
    Quelques femmes volages ouvrent aisément leur lit
    Troquant batifolage contre mélancolie.

    Toutes femmes honnêtes, au regard de la loi,
    Font les marionnettes et marchent au pas de l’oie.
    À l’épouse respectable, à la femme au foyer,
    Vous serez redevable mais c’est vous qui voyez.

    Tableaux de Felicia Chao.

  • Les Femmes aux Foyers Modérés – 1

    De mémoire d’oiseau, nous n’avions vu de cages
    Établir un réseau de tous ces commérages.
    Ça papote et ça piaille dans tous nos escaliers
    Et la marmaille braille gaiement sur les paliers.

    On a toujours besoin d’un plus petit que soi
    Surtout si le conjoint un beau jour les déçoit.
    La raison pour laquelle sans cesse elles bougonnent
    Dévoile les séquelles lorsqu’on les abandonne.

    Depuis qu’on est sortis de la coquille d’œuf,
    À ces cris assortis on pâtit sous les meufs !
    Toujours en train de pondre à chaque accouplement,
    On ne sait que répondre à leurs roucoulements.

    Tableaux de Felincia Chao.