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  • Mannequin Peace

    Mannequin Peace

    Tant que vos seins me darderons de ce regard protubérant,
    J’y verrai par leurs mamelons le fond de votre cœur brisé
    Par les amours qui lui auront brassé d’un charme exubérant
    Les organes des sens selon la jouissance méprisée.

    J’écouterai votre nombril prophétiser comme un oracle
    Les appétits les plus secrets de votre vulve tremblotante
    Enfouie dans le sexe assombri par tous les prétendus miracles
    S’appliquant à l’amour sacré dont vous êtes encore en attente.

    Mannequin Hannika Sculpture d’Amanda Dake.

  • Dans l’eau de la claire fontaine

    Elle refuse de sortir de l’eau, de l’eau de la claire fontaine
    Depuis que j’ lui ai dit : « Sirène, j’aimerais troubler ta boisson ! »
    Moi qui ne suis que matelot, homme du rang, même pas capitaine
    Et qui n’ai de pensée sereine que pour l’amour en queue de poisson.

    « Je n’tle dlonnerai ploint dle blaiser ! » me répond-elle entre deux eaux.
    « Tlu n’es plas mon genrle et dl’ailleurs, mon clœur est plis plar l’amiral ! »
    Tant pis, Madame qui me plaisez ; je m’en vais dire sur les réseaux
    Que les sirènes ont l’cœur railleur lorsqu’on n’est qu’un p’tit caporal.

    Photos sans source.

  • Conjonction des astres

    Conjonction des astres

    Quand la Nature se mord les doigts face à un virus politique,
    Les astres malades de la peste se réunissent au campement.
    Jupiter leur dit : « Chacun doit exposer son autocritique
    Afin que nous soyons en reste d’en découvrir les fondements.

    La Lune en premier : « Je l’avoue, je suis parfois très lunatique ! »
    Puis le Soleil : « Moi, je m’éclipse parfois avec ou sans raison ! »
    La Terre alors : « Je me dévoue. C’est moi qui suis cyclothymique
    Et qui accomplit des ellipses dans le déroulement des saisons ! »

    À ces mots les astres crièrent « Haro » sur la planète Terre
    Qui écopa comme sanction d’exterminer l’humanité.
    On décréta la meurtrière oppression du passe-sanitaire
    Grâce au président en fonction connu pour son inanité.

    Photo de Haris Nukem.

  • Ces fenêtres qui ont du nez

    Comme une odeur d’amandes amères que dégageait la colle blanche,
    L’arôme de fleurs d’oranger diffusant de l’eau de Cologne,
    Tous ces fantômes éphémères sont mes madeleines qui déclenchent
    Le flot des souvenirs rangés au fond des mémoires gigognes.

    Comme l’émanation de l’encre que répandaient les pages neuves,
    L’exhalaison des pommes vertes aux étalages des primeurs,
    Ces relents de fragrances s’ancrent dans l’interminable roman-fleuve
    Épanoui des découvertes de mes entrains et mes humeurs.

    Photos © 123RF.

  • L’envers à relire le faut-il

    L’envers à relire le faut-il

    Et renaître au commencement
    Jusqu’à redevenir enfant
    Qui retournerait à la source
    Avec toute la connaissance

    S’écoulant vers la création
    Je verrais ma vie autrement
    De ma naissance et de ma mort
    Si je renversais le problème

    Merdiveni Başarı de Illustration.

  • Ces murs qui ont des oreilles

    On nous écoute sans aucun doute grâce à notre technologie.
    Les réseaux sociaux nous espionnent malgré leurs avertissements ;
    L’indiscrétion et ses déroutes nous atteignent dans nos logis ;
    Quand nous sortons, les téléphones trahissent nos déplacements.

    Chaque achat par carte bancaire retrace tous nos comportements ;
    L’adresse IP par internet nous localise au mètre près ;
    Déjà le passe sanitaire renseigne le gouvernement
    Sur la santé de la planète. Rassurez-vous : c’est fait exprès.

    Œuvres de Michael Beitz.

  • Course sans fin

    Course sans fin

    D’abord le Un court pas à pas, l’un après l’autre, même combat ;
    Et puis, le Deux les lui emboîte mais, après deux doubles tours, boîte ;
    Alors le Trois fait un impair et c’est d’ailleurs pour ça qu’il perd ;
    Enfin le Quatre, coupe au carré, se coupe en quatre pour démarrer.

    Ainsi les nombres se succèdent mais ni pairs ni impairs ne cèdent ;
    Pas plus que la règle des Trois qui se sentent toujours à l’étroit ;
    Le fils de Trois et Deux, le Six a triché pour qu’il réussisse
    À damer le pion, ce n’est pas neuf, aux autres par la preuve par Neuf.

    Le Cinq se dégage en coulisse puis, dépasse et double le Six ;
    Le Sept qui court en outsider, quant à lui redouble d’ardeur ;
    Le Huit fait rugir ses gros cubes, hélas abandonne et titube ;
    Qui croyez-vous qui fut héros ? À l’instar de tous : le Zéro !

    Illustration de Hey Tom sur https:www.behance.netgallery28785265Moebius-run .

  • Ces portes qui ont des yeux

    Derrière les portes et les volets, tout s’voit, tout se dit, tout se sait
    Par la vidéosurveillance aux carrefours, jusque chez vous.
    La technique nous a tout volé grâce à l’essor de son succès
    Et sous un masque de bienveillance on traque le moindre rendez-vous.

    Les citoyens s’espionnent eux-mêmes à l’aide de la délation ;
    On se dénonce par jalousie que la mesquinerie complète.
    Par le stress, la peur, les dilemmes, tout le monde, sans modération,
    Craint le variant d’Andalousie, du Brésil ou de La Valette.

    Œuvres de Fancisco « Fran » Bosoletti.

  • Les mémoires ancestrales – 2

    Les mémoires ancestrales - 2

    Aux premiers temps, la Race Astrale a dominé les mers australes ;
    Sans doute sous-évalués, ils n’ont pas su évoluer.

    L’Hyperboréen est venu puis, sa tribu est devenue
    Maîtresse du septentrion dont peut-être nous descendrions…

    Pourtant ce sont les Lémuriens, désormais fiers maîtres-terriens,
    Qui ont occupé la planète et puis, auraient fait place nette.

    La Terre aurait vu les Atlantes, race que la science supplante,
    Accroître sa technologie jusqu’à engloutir leurs logis.

    Tout ça pour qu’un jour les Aryens se conduisent comme des vauriens
    Causant le pire des cataclysmes au nom d’un Dieu Capitalisme.

    Tableau de Thomas Richman Blackshear.

  • Un p’tit coin d’paradis

    Paradis, quelle est ta couleur ? Eldorado, quel est ton prix ?
    Faut-il savoir te mériter ou simplement t’être accordé ?
    Faut-il braver mille douleurs ? Gagner tout ce qu’on a appris ?
    Pourrais-je en être déshérité au risque d’être sabordé ?

    Bien sûr, lorsque je serai mort, la question ne m’fera plus peur.
    Le Paradis dans la confiance ou l’Eldorado dans l’oubli.
    À quoi bon avoir des remords puisqu’on inverse la vapeur
    Une fois passé la méfiance quand le néant est rétabli.

    …lorsque plus rien n’est établi.
    …lorsque la vie est rétablie.

    Sculptures d’Elizabeth Price.

  • Les mémoires ancestrales – 1

    Les mémoires ancestrales - 1

    Frères éperviers, hiboux, chouettes, où vous êtes-vous envolés ?
    Jadis, nous volions de concert vers le continent des licornes.
    Sœurs hirondelles, bergeronnettes, où avez-vous donc convolé,
    Depuis le tropique du Cancer jusqu’au tropique du Capricorne ?

    Frères totem, amérindiens, où sont vos terres ancestrales
    Où nous pourchassions les bisons avec les géants des montagnes ?
    Sœurs et chamanes du quotidien, où sont vos terres en mers australes
    Vers l’Atlantide, sous l’horizon, où sont englouties vos compagnes ?

    Tableau de Susan Seddon-Boulet.

  • L’alchimiste du cœur

    Elle distille la liqueur qu’elle fait couler dans les cœurs
    Par l’alchimie de sa beauté dans toute la principauté.
    Elle stimule les amours par sa gaité et son humour
    Et quand ses yeux me percent l’âme, ils me dévorent de leurs flammes.

    Je suis tombé dans son creuset tout nu, tout cru, tout embrasé ;
    Moi qui n’avait jamais osé, Elle m’a métamorphosé.
    Enfin j’ai pu lui avouer combien je lui étais dévoué
    Et mon p’tit cœur a lévité, je ne pouvais pas l’éviter.

    Tableaux de Kity et Ge Ying.

  • Laissez venir à moi les petits poissons

    Laissez venir à moi les petits poissons

    Celui qui dit : « Laissez venir à moi tous les petits poissons ! »
    Est soit amateur de friture, soit un amateur de plongée.
    Celui qui dit : « À l’avenir, évite de troubler ma boisson ! »
    Est un loup cherchant l’aventure et qui ne pense qu’à manger.

    Jésus et son « Laissez venir à moi tous les petits enfants ! »
    Aujourd’hui « serait » arrêté, soupçonné de pédophilie.
    Quant à ceux dont le souvenir du passage des éléphants
    Dans les Alpes est asserté font de la gérontophilie.

    Photo d’Oleksandr Nechyporenko.

  • Isalaide au pays des horreurs

    Isalaide au pays des horreurs

    Alors qu’Alice disparut dans un miroir troué aux mites,
    Voici qu’Isalaide apparut pour commencer un nouveau mythe.
    Tandis qu’Alice cafouillait au cœur d’un grand château de cartes,
    Voilà qu’Isalaide bafouillait entre les portes qui s’écartent.

    Ainsi commença le récit d’Isalaide au pays des horreurs ;
    D’un gouvernement imprécis, d’un ministère de la terreur ;
    Un monde où le roi était fou et la reine vieille comme tout ;
    Un monde sens dessus-dessous de restrictions un peu partout.

    Isalaide, déclarée malade par des médecins corrompus,
    Rétorqua : « Arrêtez vos salades ! » Et sa purge fut interrompue.
    Elle y trouva tant de poisons que l’infirmière, mal fichue,
    Fit révélations à foison confirmées par le roi déchu.

    Le roi jugé pour trahison révéla l’immonde complot
    Et purgea cent ans de prison, la reine en mourut de sanglots.
    On condamna tant d’ennemis que je ne puis les citer ici ;
    Ainsi Isalaide et ses amis mirent fin à leurs péripéties.

    Tableau de Dimitar Spasov sur https:www.artstation.comstretch .

  • Renversante Éléonore – 2

    Abandonnons toute science qui tente de nous expliquer
    La théorie qui la dépasse sur l’endroit et l’envers des choses.
    Accrochons-nous à la conscience mais sans trop nous la compliquer
    En observant ce qui se passe dans l’illusoire anamorphose.

    L’endroit révèle l’envers des choses et l’envers révèle l’endroit ;
    Où que je me situe sur Terre, j’ai l’impression d’être au sommet.
    Pourtant tout est métamorphose, tout tourne dans ce monde à l’étroit
    Coincé entre deux hémisphères et Dieu, pour ne pas le nommer.

    Tout ce qui s’élève au plus haut pourrait se situer au plus bas ;
    Finalement, j’ai de la chance de ne pas tomber dans l’impasse.
    Nord et sud, ensemble en duo, mènent toujours le même combat
    Entre la Terre qui balance dans sa course à travers l’espace.

    Illustrations de Loïka alias Yan Qin Weng sur http:www.3daysmarch.net .

  • Renversante Éléonore – 1

    La tête en bas, les pieds en l’air, le cœur en haut, l’esprit ailleurs,
    La nature ignore la droite mais pourtant ne perd pas le nord.
    Nonobstant l’Étoile polaire dont les rayons, sans dérailleur,
    D’une brillance maladroite, guident les pas d’Éléonore.

    Tandis que dans l’autre hémisphère, des constellations étrangères
    Suivent l’inverse des saisons dont les solstices se chevauchent,
    Éléonore sait satisfaire son goût pour ces lois mensongères ;
    Son cœur s’en rit et sa raison reste à ouest du côté gauche.

    Finalement, à l’équateur, du pôle sud au pôle nord,
    Le sens de l’orientation manque d’axiome consistant.
    Seul un miroir révélateur inspirerait Éléonore
    Quant à la différentiation sur la raison d’être du temps.

    Tableaux de Vladimir Dunjic sur http:aufildelaviecejour.blogspot.com201112le-ioli-monde-de-vladimir-dunjic.html .

  • Sous la jupe de Madame Nature

    Sous la jupe de Madame Nature

    Je préfère quand Dame Nature déploie sa robe à la montagne ;
    Je peux rester dans les vallées à lui reluquer ses jupons.
    Ses jambes aux belles statures ressemblent à deux mâts de cocagne
    Tant leurs fruits me font ravaler toute l’eau coulée sous les ponts.

    L’été, comme elle sort sans culotte, c’est là ma saison préférée
    Car Dame Nature, très féconde cherche à se faire butiner.
    Ah, que ne suis-je une hulotte pour laisser mon bec s’affairer
    Entre ses cuisses rubicondes et enfin m’y agglutiner !

    Photo d’Anil Saxena.

  • Plus désappointé que moi, tu meurs !

    J’ai trop longtemps tourné en rond dans mes existences antérieures ;
    J’ai trop souvent joué des rôles de personnages secondaires ;
    J’ai trop soulevé d’avirons pour ramer vers mon intérieur ;
    J’ai trop écouté de paroles dont les flots en vain m’inondèrent.

    J’ai trop été dans les nuages à rêver à d’autres contrées ;
    Je me suis trop hissé dessus des convictions inconsistantes ;
    J’ai trop essuyé d’échouages parmi les courants rencontrés ;
    J’ai trop souvent été déçu par une carotte inexistante.

    Illustrations de Guy Billout sur https:littleblacksubs.wordpress.com20170210surreal-illustrations-by-guy-billoutamp .

  • Sur la jupe de Madame Nature

    Sur la jupe de Madame Nature

    Pour faire taire les cancans, Dame Nature déploie sa jupe
    Pour recouvrir lacs et rivières afin que les canards soient contents.
    Un seul petit détail manquant et les oiseaux ne sont pas dupes ;
    Ainsi jusqu’au bord des lisières du bois, elle va se rabattant.

    Le soir, on entend ses froufrous qui s’agitent en vaguelettes
    Et les volatiles plonger avec falbalas et volants.
    À la pleine lune, les loups-garous lui rapportent des sandalettes
    À cause des bains prolongés qui lui font les pieds flageolants.

    Photo d’Anil Saxena.

  • Le pont de lumière

    J’irai en habit de lumière vous apporter la connaissance,
    J’extrairai le mal des ténèbres que l’on veut vous inoculer.
    J’entrerai dans chaque chaumière pour éclairer de renaissance
    Toutes vos expériences funèbres qui renaîtront miraculées.

    Je marcherai dans un éclair qui fera le tour de la Terre,
    Qui avertira les humains que leur salut est arrivé.
    Je parlerai d’une voix claire sans pléiade de commentaires
    Pour vous montrer le vrai chemin, celui qui va vous raviver.

    Illustrations de Guy Billout sur https:littleblacksubs.wordpress.com20170210surreal-illustrations-by-guy-billoutamp .

  • Gepetto

    Gepetto

    Souvent l’histoire s’inversa et Pinocchio fit Gepetto
    À l’image d’un mari honnête tel qu’il se présentait, sans vice.
    Mais quand la colle, il renversa, il se reprocha in petto
    D’avoir fait sa marionnette sans clou sans boulon et sans vis.

    Lorsque la fée bleue délurée fit sa visite hebdomadaire,
    Elle s’esclaffa sur le pantin habillé de colifichets.
    « Tu aurais dû l’peinturlurer », dit-elle, « avec un air moins grabataire
    Et un aspect plus enfantin ou encore mieux, en godemichet ! »

    Marionnette de Česká Tvorba.

  • La femme mûre

    La femme mûre

    L’homme qui aime une femme mûre aime ses courbes et son maintien ;
    La femme qui aime un homme mûr cherche un appui et un soutien ;
    Et dans ces histoires de mur, l’amour se construit et contient
    Autant de mots et de murmures que la construction en retient.

    Parfois la femme pose une muraille impénétrable et imprenable
    Et son trésor reste à l’abri derrière les mâchicoulis.
    Alors sa conquête trop duraille devient très vite déraisonnable
    Et derrière ses murs assombris, elle s’affaisse en mélancolie.

    Photo de Kristijan Antolovic.

  • Peigner la girafe

    Peigner la girafe

    Encore une dernière couche à appliquer prochainement
    Et la girafe est confinée derrière un filet sanitaire.
    Elle faisait la fine bouche à son premier morcellement ;
    À présent elle s’est résignée à ce régime totalitaire.

    Elle aura le droit de brouter, de boire et de se déplacer
    Grâce à l’identification de son bodypainting privé.
    Tant pis si elle est déroutée à se retrouver déclassée
    Parmi l’authentification aux boniments enjolivés.

    Photo d’Anil Saxena.

  • Au gré des vents

    Au gré des vents

    Au gré des vents j’envoie mon cœur comme une bouteille à la mer
    Dans mes petits mots confiés à l’air du temps qui les emporte.
    Aujourd’hui, je suis chroniqueur, demain j’aurai le ton amer ;
    Tout dépend si je suis convié, invité ou mis à la porte.

    Parfois mon mot tombe à propos dans une oreille sympathique,
    Parfois il est malentendu selon ce que vous ressentez,
    Parfois mes nerfs à fleur de peau écrivent à l’encre pathétique
    Mais sont toujours, bien entendu, juste un bulletin de santé.

    Illustration de Amanda Cass.

  • Le Jeu de la Bascule et de la Vertu

    Le Jeu de la Bascule et de la Vertu

    Dans la vie, les hauts et les bas balancent entre deux positions ;
    Embrasser ou être embrassée ou mettre l’épée au fourreau.
    L’égalité n’existe pas ; juste à peine une transition ;
    L’hésitation embarrassée quand la victime devient bourreau.

    Dans la vie, on parle et on ment ou bien on apprend à se taire
    Mais tout est tellement embrouillé que personne ne s’y retrouve.
    Les plus forts siègent au parlement, les plus calés aux ministères
    Même le président est mouillé n’en déplaise à ceux qui l’approuvent.

    Illustration d’Armand Vallée, 1924.

  • Pensées en fleurs

    Pensées en fleurs

    S’il est des pensées qui m’effleurent lorsque je flâne dans la nature,
    Elles proviennent des mille fleurs qui me transmettent leurs teintures ;
    Coquelicots pour l’intuition d’une joie profonde et sincère ;
    Pissenlits pour la transmission de tout l’amour qui s’y insère.

    Bleuets pour une inspiration à transcrire un joli poème ;
    Marguerites pour l’aspiration à aimer la vie de bohème ;
    Mais pour les plus beaux sentiments, je fais route en les partageant
    Avec la fleur d’assentiment qu’on appelle l’étoile d’argent.

    Tableau de Katarína Vavrová.

  • Censure virtuelle

    Censure virtuelle

    Qu’elles soient nues sous leurs vêtements ou qu’elles soient nues derrière un masque,
    La pudeur et la sauvegarde ont leur revers de la médaille.
    La liberté est bêtement anéantie par la bourrasque
    Que la peur répand par mégarde de l’homme honni par la flicaille.

    Il est trop tard pour reculer et recommencer à zéro.
    Le ver est en chacun de nous pour nous ronger de l’intérieur.
    Le seul espoir pour basculer enfin du côté des héros
    C’est de n’ plus se mettre à genoux devant le pouvoir supérieur.

    Photo de Haris Nukem.

  • La jardinière

    L’unique feuille de l’an passé qui a traversé tout l’hiver
    A confié le cœur de son limbe à un messager du printemps
    Qui a pris ce laisser-passer inestimable de l’univers
    Protégé par l’aura des nimbes de tous les anges à plein temps.

    Et Demeter, qui le reçoit, se l’insère dans la poitrine
    Et soudain la vie rejaillit par ses ondées de nourriture.
    Elle ensemence, elle sursoit, elle anticipe, elle endoctrine
    Toutes les graines recueillies pour fertiliser la Nature.

    Tableaux d’Isabelle Bryer sur https:isabellebryer.typepad.comphotosportraits_and_imaginary_findex.html .

  • Fleur des champs

    Fleur des champs

    J’aime cueillir les fleurs des champs et en respirer leur arôme
    Mais en ce qui concerne les femmes, là je préfère être cueilli.
    Le plus beau cadeau attachant qu’une femme puisse faire à son homme,
    C’est de choisir, de toute son âme, le présent du cœur accueilli.

    Coquelicot ou marguerite, passionnément, à la folie,
    L’une pour la couleur des pétales et l’autre pour être effeuillée.
    Pour une femme, il n’est qu’un rite : celui de la trouver jolie
    Et aimer son fruit prénatal qui la rend mère émerveillée.

    Tableau de Michael & Inessa Garmash sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201609Garmash-Art.html .

  • Collection nature – automne-hiver

    Après avoir bien fait bombance, Mère Nature est grassouillette.
    Elle ne rentre plus dans ses nippes et n’a donc plus rien à se mettre.
    Alors on jette en abondance à grands coups de débarbouillette
    Feuilles qui tombent en guenipe au pied des arbres sans en omettre.

    Durant la période du blanc, elle entre dans son grand sommeil
    Les animaux vont hiberner pour se réchauffer dans son ventre.
    Petits et grands viennent en tremblant quêter un peu de son soleil
    Tandis qu’on entend giberner ceux qui patientent dans son antre.

    Tableaux d’Isabelle Bryer sur https:isabellebryer.typepad.comphotosportraits_and_imaginary_findex.html .

  • Coquelicot, mon amour

    Coquelicot, mon amour

    « Coquelicot » quel joli nom pour désigner la fleur de joie.
    Mais pour autant, « fille de joie » n’en partage pas la valeur.
    Quelle ironie que ce surnom que l’on prononce à vive voix
    Pour critiquer celle qu’on voit suivre une renommée de malheur.

    Elles fleurissent à peine écloses en vagues rouges les talus
    Qu’elles couvrent de baisers volés à leurs pétales indélébiles.
    Elles décorent les maisons closes qu’un rayon de soleil salue
    Quand on entrouvre les volets sur les fleurs de joie volubiles.

    Tableau de Michael & Inessa Garmash sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201609Garmash-Art.html .

  • Collection nature – printemps-été

    Au renouveau, la garde-robe se renouvelle entièrement.
    Adieu les tenues démodées, vivent les toilettes chamarrées !
    Les vieilles feuilles se dérobent pour remplacer plus fièrement
    Les vieux habits raccommodés charriés par les raz-de-marée.

    Si l’hiver a déshabillé et mis à nu Mère Nature,
    Elle a fécondé en son sein une future progéniture.
    Le printemps vient la rhabiller de fleurs sur toutes ses ramures
    Et l’été d’un soleil enceint lui prodigue sa nourriture.

    Tableaux d’Isabelle Bryer sur https:isabellebryer.typepad.comphotosportraits_and_imaginary_findex.html .

  • Les voyages de sable

    Les voyages de sable

    Certains voyageurs opprimés emportent un peu dans leurs bagages
    De leurs souvenirs arrachés à la terre qui les a vus naître.
    Voyez leurs regards déprimés qui ont laissé dans leurs villages
    Toutes leurs vies amourachées de leurs cultures et leurs bien-être.

    Leurs corps foulent ce nouveau sol mais leurs cœurs restés au pays
    Pleurent tout ce qu’ils ont perdu et leur parents et leurs amis.
    Ils ont égaré leurs boussoles et marchent les yeux ébahis
    Quand vous les croisez éperdus, n’y voyez pas vos ennemis.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

  • La transparence des corps

    Si nous jouions la transparence avec notre environnement,
    Caméléons, nous deviendrions selon la mode des saisons.
    Pour modifier notre apparence, il nous suffirait, simplement,
    De nous mettre où nous voudrions pour nous fondre dans l’horizon.

    Nous vivrions nus, évidemment, à chacun son bodypainting.
    Le mien serait couleur montagne qui blanchirait lors des hivers.
    Celui de ma femme également selon ce qu’elle a au planning
    Un tableau en pleine campagne ou la mer sur un rayon vert.

    Photos de Jean-Paul Bourdier.

  • Le parfum de la femme en noir

    Le parfum de la femme en noir

    Quand elle s’en va, elle laisse un vide comme un trou noir aspirateur ;
    L’atmosphère nous paraît lourde et le temps devient immobile.
    Nous sentons notre cœur avide d’un souvenir évocateur
    Mais sa présence devient sourde d’une blessure indélébile.

    Les enfants pleurent leurs mamans, les maris pleurent leurs épouses,
    Quand le temps referme la porte de son existence arrêtée.
    À chaque instant, chaque moment, il faudra que le cœur recouse
    L’accroc qui remonte l’aorte de notre organe maltraité.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

  • Roméo & Juliette

    Pas si transparent Roméo qui laisse une trace indélébile
    Dans le petit cœur de Juliette comme un cristal de Baccarat !
    Leur amour fait la météo selon si Éros est habile
    Ou pleure comme une fillette et fait couler le mascara.

    Mais leur amour caméléon est plus fort que vents et marées
    Car leurs cœurs sonnent à l’unisson pareil à l’Orgue de Baschet,
    Comme un petit accordéon ou un célesta chamarré…
    Quoi qu’il en soit, ces polissons n’ont pas besoin de se cacher.

    Camouflages par Camille Mazier et Axel Chang.

  • L’éclat de la femme en rouge

    L’éclat de la femme en rouge

    Déclinons la femme en couleurs pour lui conjuguer tous ses charmes.
    Et le temps du rouge est présent, conditionnel et subjectif.
    Parlez-moi des jours de douleurs où le corps lui tire une larme,
    Je vous répondrai qu’à treize ans, tout son corps devient réceptif.

    Le rouge exprime la passion, coquelicot, la fleur de joie ;
    Les couchers de soleil intenses sous un ciel révolutionnaire ;
    Les degrés d’émancipation rougissent les tons de sa voix
    Et renforcent sa compétence pour l’amour évolutionnaire.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

  • Attention, une femme peut en cacher une autre !

    L’homme aime étiqueter les femmes ; femme-enfant, bimbo ou fatale ;
    Femme d’affaire ou intello ; mère de famille, célibataire.
    D’autres étiquettes infâmes incombent à d’autres récitals ;
    Moi, je préfère les écolos, artistes et bien sûr libertaires.

    Quoi qu’il en soit, ce n’est jamais qu’un côté vu de l’extérieur ;
    À l’intérieur plusieurs personnes vivent en cohabitation.
    Inutile donc, désormais, de regarder son postérieur ;
    C’est dans son âme que raisonne celle qui mérite notre attention.

    Tableaux d’Annick Bouvattier.

  • L’écho de la femme en bleu

    L’écho de la femme en bleu

    La femme sied à la couleur comme le bleu convient au ciel.
    Elle s’accorde à la peinture, la photo et l’illustration.
    La femme passe sans douleur de l’anodin à l’essentiel
    Car elle exprime sa nature sans chichi et sans frustration.

    Le bleu évoque l’océan, les mers du sud et les sirènes.
    Les plages aux lumières dorées sous un ciel lapis-lazuli.
    Tous les tons de bleus bienséants s’harmonisent à son port de reine,
    Reine éternelle et adorée pour nos plus charmants stimuli.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

  • La pluie, par-ci par-là

    Parlez-moi plutôt de la pluie que des étés caniculaires
    Car le soleil brûle ma peau qui transpire au point d’en rouiller.
    J’aime avec ou sans parapluie aller me rincer l’oculaire
    Avec des formes, bien à propos, ressortant des robes mouillées.

    Jolis bassins et popotins, fesses qui dansotent en cadence
    Et qui, plus l’averse redouble, tressautent encore de plus belle.
    Je l’avoue, j’ai l’œil diablotin mais le cœur en correspondance
    Avec la grâce qui me trouble des corps trempés sous les ombrelles.

    Tableaux de Laura Lee Zanghetti et Andre Kohn.

  • L’heure à Dali

    L’heure à Dali

    Ainsi fondent les heures lentes et les minutes interminables.
    Car à Marseille, il fait si chaud que les pendules ramollissent.
    Au zénith, la chaleur violente devient tellement insoutenable
    Que le sol devient four à chaux afin que l’on s’y avilisse.

    Et pour ne pas traîner leur ombre qui s’incruste entre les pavés,
    Tous les Marseillais font la sieste jusqu’aux heures fraîches du soir.
    Comme elles ne sont guère en nombre, tout le jour ils vont en baver
    Et même s’ils le manifestent, ils ne pourront pas y surseoir.

    Montre molle de Salvador Dali exposée lors de Marseille 2013.

  • La Corne à Dali

    La Corne à Dali

    Par l’O du mur, d’un coup de corne, vient télépather la licorne
    Qu’une fée avait appelée avant de se faire étaler.
    Or, il n’y a aucun témoin mais des indices néanmoins
    Qui prouvent qu’on a transpercé le mur et de l’or renversé.

    Mais voici que la fée s’éveille et que soudain, elle s’émerveille :
    « C’est moi qui ai percé le mur ! » avoue-t-elle dans un murmure.
    « C’était pour permettre à la Lune quelques visites opportunes ! »
    « J’en suis ravie ! » dit la Licorne. « J’ai eu peur que l’on ne t’écorne ! »

    Licorne de Salvador Dali exposée lors de Marseille 2013.

  • Ceci n’est pas un Dupondt

    Contrairement aux apparences, toute image un peu trop fidèle
    Ne traduit pas réellement l’émotion qui monte en surface.
    Apparemment cette carence ne proviendrait pas du modèle
    Mais plutôt virtuellement du cerveau qui fait volte-face.

    Plus nous multiplions l’objet qui nous rassure ou nous fait peur
    Et moins l’œil n’y fait attention, il faut s’en faire une raison.
    D’ailleurs, n’importe quel sujet dupliqué à toute vapeur
    Provoquera l’inattention à force de péroraison.

    Matriochka, poupées gigognes, tout n’est qu’une mise en abyme ;
    L’observateur s’identifie à sa perception synoptique.
    Mais, avouons-le sans vergogne, ces aberrations légitiment
    Notre vision qui quantifie que tout n’est qu’illusion optique.

    D’après Hergé et Magritte sur https:tintinomania.comtintin-herge-magritte .

  • Agence Animalia

    Dans les banlieues et les cités, de poulaillers en cages à poules,
    La police n’ose plus entrer ; sans doute tient-elle à ses plumes.
    Alors, pour ne pas les citer, on voit squatter les Babacools
    Et de drôles d’oiseaux concentrés pleins de regrets et d’amertume.

    Un jour, l’inspecteur Canardo, désabusé, démissionna
    Car le commissariat, vraiment, lui courait sur les haricots
    Dégouté du poids du fardeau, son insigne, il abandonna
    Et s’éloigna sous les braiments des ânes et des bourricots

    Ainsi, ce poulet défroqué ouvrit l’Agence Animalia
    Et engagea une levrette spécialisée en filatures.
    Ils s’établirent dans un troquet nommé « La dame aux camélias »
    Un drôle de nom pour leurs enquêtes mais parfait comme couverture.

    Sculptures d’Alessandro Gallo sur https:www.booooooom.com20160413hybrid-sculptures-by-artist-alessandro-gallo .

  • Le mensonge qui tue

    Le mensonge qui tue

    À petites doses insidieuses, la télé vient me formater
    Avec le choc de ses infos et ses programmes de variétés.
    Au moyen de voix mélodieuses je tends à la conformité
    Et j’avale tout ce qu’il faut sans la moindre contrariété.

    Quand je suis cuit, d’un cri qui tue, on manipule mon cerveau
    J’achète ce qu’on me conseille et je voyage où l’on me dit.
    Je m’épuise et je m’évertue à presser le pas comme un veau
    Et travailler pour de l’oseille qui ne m’apporte que maladie.

    Si tu ne sais pas t’arracher à la doctrine médiatique,
    On fera de toi un robot entièrement téléguidé.
    Plutôt que de t’amouracher de ce bourrage idiomatique,
    Dis-toi bien que c’était trop beau … … mais prévu pour te liquider.

    Illustration de xxx.

  • Le refuge étoilé

    Le refuge étoilé

    Le gigantesque arbre étoilé réserve des fruits à surprises
    Et grâce aux moteurs de recherche, j’y trouve plus ou moins ma voie.
    Par des mots à demi voilés qui laissent planer des méprises,
    On me tend soi-disant la perche sans que je sache qui me l’envoie.

    On m’y propose des nuit de rêves pour y goûter l’amour de fées
    Qui me paraissent savoureuses et totalement désirées.
    Parfois je dois dans l’heure brève répondre à l’ami catastrophé
    Qui me demande une vigoureuse somme d’argent à lui virer.

    Nul besoin de passe-sanitaire pour circuler dans les boutiques ;
    Concerts, cinémas s’offrent en ligne sans nécessiter d’affreux masque.
    Ce monde qu’on croyait austère car virtuel et robotique
    Propose le seul recours digne aux antipass et antivax.

    Tableau de Loetitia Pillault.

  • Pendant ce temps à Lourdes…

    Pendant ce temps à Lourdes…

    Dans l’armée sacrée des miracles, les sœurs en attente du front,
    S’organisent en fines stratèges car quelque chose a dérapé ;
    Dieu, lui-même, à travers l’oracle de ses prophètes, a fait l’affront
    De ne plus bénir les cortèges des pénitents handicapés.

    Dieu se serait-il mis en grève ? La nouvelle vient de tomber.
    En effet, il en a assez de rafistoler les mourants.
    Il s’est imaginé un rêve – auquel les saints ont succombé –
    De désormais se prélasser loin de tous problèmes courants.

    Les anges ont fourni la raison : depuis qu’on fait croire aux terriens
    Que la peur de l’épidémie est plus forte que celle du péché,
    Qu’on les confine à la maison en les traitant de bons à rien,
    Le vaccin devient l’ennemi sauf si l’on peut l’en empêcher.

    Bonne nouvelle dans les chaumières ! Personne n’est resté au logis !
    Les braves gens sortent manifester, aveugles, muettes et sourdes.
    Attendons des sœurs leur lumière pour fournir une théologie
    Capable de nous admonester la fin du Covid même à Lourdes.

    Photo de Steve McCurry sur https:www.stevemccurry.com .

  • Bas les masques !

    Lorsque les masques n’auront plus cours, nous devrons le symboliser
    Par un visage libéré de l’étouffement du scandale.
    Honte à ceux qui portent secours par des vaccins diabolisés
    Après avoir délibéré d’un pass voté par des vandales.

    Sous le masque nous grincions des dents, les yeux embués de nos miasmes ;
    Sans masque, la face découverte, nous rirons en tirant la langue.
    Grimaces et rictus évidents pour se moquer avec sarcasmes
    De toutes polémiques ouvertes envers Emmanuel et son gang.

    Tableaux de Jean Dominique Antony Metzinger.

  • L’amour en fumée

    L’amour en fumée

    Par tout le sexe consumé que j’avais idéalisé
    Avec l’amant qui choisirait comment diriger le navire,
    L’amour est parti en fumée le jour où j’ai réalisé
    Qu’en moi surtout il désirait l’esclave de tous ses désirs.

    Tout le film de nos souvenirs se mêlent dans les vapeurs d’alcool
    Dans lequel je noie le chagrin de notre idylle qui fait naufrage.
    La raison de mon avenir va devenir un cas d’école
    Et en attendant, j’ai du grain à moudre dans mon cœur en rage.

    Illustration Lust Digital Art By Geliografic sur https:webneel.comdaily6-lust-digital-art-geliografic .

  • To be rich or not to be rich

    Fais-tu passer ta vie avant ton fric ? Fais-tu passer ton fric avant ta vie ?
    Telle est la question qu’on se pose dans les milieux favorisés.
    Pour les populations d’Afrique dont le problème est la survie
    La solution ne s’interpose que par ethnies terrorisées.

    Peur de n’avoir jamais assez, peur de manquer de nourriture,
    Peur de se sentir rationné et enfermé dans son cocon…
    Tous les moyens sont amassés pour soumettre par la torture
    Ceux que l’on a conditionnés par des années de télécon.

    Illustrations de Pawel Kuczynski.