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  • Strip-tease au parc

    Strip-tease au parc

    Sans doute l’effet de canicule ou d’un virus venu d’ailleurs ;
    Un moustique gris des tropiques, une guêpe de l’équateur
    Qui annihile le ridicule, qui ignore tous les gens railleurs
    Qui pourraient trouver atypique de sortir nu sous la chaleur.

    J’imagine une mouche libertine qui pique, là où elle se hasarde,
    Les hommes autant que les femmes qui deviennent cinglés sous l’étuve !
    Je vois la gente féminine se débarrasser de ses hardes,
    Chose qui n’est pas plus infâme que transpirer au pédiluve.

    Le soleil tape sur la tête et je vois des femmes nues partout ;
    Le corps plongé sous les ombrages mendiant pour un peu de fraîcheur.
    Qu’un jour la science commette un germe pourvu d’un tel atout
    Qui se répande sans ambages parmi les femmes des pécheurs !

    Et les papas, rouge-écrevisses, font mine de lire un vieux journal
    Mais leurs lunettes polissonnes sont des jumelles de hasard.
    Les enfants rient, les chiens complices nous font un chahut infernal,
    Tandis qu’un maire, venu d’Essonnes, cherche à arrêter le bazar !

    Illustration de Robert Edward McGinnis.

  • Strip-tease au parc

    Strip-tease au parc

    Sans doute l’effet de canicule ou d’un virus venu d’ailleurs ;
    Un moustique gris des tropiques, une guêpe de l’équateur
    Qui annihile le ridicule, qui ignore tous les gens railleurs
    Qui pourraient trouver atypique de sortir nu sous la chaleur.

    J’imagine une mouche libertine qui pique, là où elle se hasarde,
    Les hommes autant que les femmes qui deviennent cinglés sous l’étuve !
    Je vois la gente féminine se débarrasser de ses hardes,
    Chose qui n’est pas plus infâme que transpirer au pédiluve.

    Le soleil tape sur la tête et je vois des femmes nues partout ;
    Le corps plongé sous les ombrages mendiant pour un peu de fraîcheur.
    Qu’un jour la science commette un germe pourvu d’un tel atout
    Qui se répande sans ambages parmi les femmes des pécheurs !

    Et les papas, rouge-écrevisses, font mine de lire un vieux journal
    Mais leurs lunettes polissonnes sont des jumelles de hasard.
    Les enfants rient, les chiens complices nous font un chahut infernal,
    Tandis qu’un maire, venu d’Essonnes, cherche à arrêter le bazar !

    Illustration de Robert Edward McGinnis.

  • Couple solaire

    Couple solaire

    Sans doute l’énergie sexuelle a changé le cours de la vie ;
    La primitive étant l’étape nécessaire pour évoluer.
    Chaque caresse sensuelle qui nous honore et nous ravit
    Permet au cœur qu’il se rattrape sur l’amour à évaluer.

    Car ce sont bien deux entités et non pas présence et absence
    Comme obscurité & lumière, nuit & jour, froid & chaleur.
    C’est une double identité d’un Dieu à la double prégnance ;
    Masculine pour la première et féminine pour sa valeur.

    Rassemblez-vous pour l’avenir et l’avenir sera radieux ;
    La haine fuit vers le néant, l’amour envahit tout l’espace.
    Sinon craignons de devenir aussi misérables qu’odieux
    Avec un univers béant qui cesse sans laisser de trace.

    Tableau d’Ivan Pokidyshev.

  • Couple solaire

    Couple solaire

    Sans doute l’énergie sexuelle a changé le cours de la vie ;
    La primitive étant l’étape nécessaire pour évoluer.
    Chaque caresse sensuelle qui nous honore et nous ravit
    Permet au cœur qu’il se rattrape sur l’amour à évaluer.

    Car ce sont bien deux entités et non pas présence et absence
    Comme obscurité & lumière, nuit & jour, froid & chaleur.
    C’est une double identité d’un Dieu à la double prégnance ;
    Masculine pour la première et féminine pour sa valeur.

    Rassemblez-vous pour l’avenir et l’avenir sera radieux ;
    La haine fuit vers le néant, l’amour envahit tout l’espace.
    Sinon craignons de devenir aussi misérables qu’odieux
    Avec un univers béant qui cesse sans laisser de trace.

    Tableau d’Ivan Pokidyshev.

  • Fééries psychédéliques – 2

    Entre Loreleï et Laureline, l’une du Rhin, l’autre Suriname,
    Mon cœur n’a pas pu se résoudre à l’une ou l’autre jalouser.
    D’une poussée d’adrénaline, je suis devenu polygame,
    Leur ai demandé de m’absoudre et de conjointement m’épouser.

    Ainsi fut fait dans le royaume des fééries psychédéliques
    Où l’amour est illimité et les cœurs interconnectés.
    Il semble même que le génome en devienne ainsi babélique
    Et fasse de l’humanité la nouvelle race collectée.

    Je ne crains pas d’être hors-la-loi car dans les royaumes du rêve,
    L’identité est contrôlée par des anges eux-mêmes déchus.
    Lucifer, saint de bon aloi, m’a conseillé de faire grève
    Si mes lecteurs inconsolés ne lisent plus mes vers échus.

    Sous les néons des galaxies, leurs corps fondus en hologrammes
    En ont créé mille parodies que l’univers n’a pu compter.
    Et moi, poète en frénésie, je sème encor leurs pentagrammes
    Sur l’écran bleu des paradis qu’aucun mortel n’a fréquentés.

    Tableau de Kelly McKernan sur https:www.kellymckernan.com .

  • Carnet de voyage à la dérive – 2

    Carnet de voyage à la dérive

    Elle m’avait proposé son lit et j’avais sitôt pris le large
    Afin de ne plus m’embarquer dans des histoires invraisemblables.
    Mais elle, dans un coup de folie, a éperonné quelques barges
    Pour se lancer, voiles arquées, à ma poursuite, inébranlable.

    Comme elle me gagnait de vitesse, je fus bientôt arraisonné
    Par une pirate authentique doublée d’une voix de sirène.
    Sans autre forme de politesse, je fus alors sélectionné
    Pour une idylle romantique, entièrement soumis à ma reine.

    Comme Ulysse, une année entière, sous la férule de Circé,
    Je pris une année sabbatique aux nuits de trente-six étoiles.
    Mais j’ai donné à ma geôlière toutes mes nuits sans m’éclipser
    Sauf la dernière, lunatique, celle où j’ai pu mettre les voiles.

    Tableau d’Arnaud Martin sur https:martinarnaud.frcartes-nautiques .

  • Fééries psychédéliques – 1

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    Carnets de mes voyages astraux aux images psychédéliques,
    La vraie beauté des souvenirs reste pourtant imperceptible.
    Car dans ces mondes ancestraux, la physique est métaphysique
    Et les couleurs de l’avenir sont aujourd’hui indescriptibles.

    Toutes les déesses rencontrées m’ont laissé l’empreinte du cœur
    Mais leurs images se dissolvent pareilles aux rêves du matin.
    Rien ne saurait le démontrer hormis les traces de marqueur
    Qui brouillent autant qu’ils résolvent leurs paraphes gréco-latins.

    La quatrième dimension reste difficile à résoudre
    Notamment la couleur du cœur des étoiles en gestation.
    Mais avec un peu d’attention, je vous donne du grain à moudre
    Par ces photos prises du chœur des anges en pleines prestations.

    Tableaux de Kelly McKernan sur https:www.kellymckernan.com .

  • Carnets de voyage à la dérive – 1

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    Voyageur, j’ai quitté le port comme on quitte une femme aimée
    Sans un bruit mais le cœur empreint d’une amarre qu’il fallait larguer.
    Le phare s’est mis au rapport comme le faisait Ptolémée
    Lorsqu’il partait avec entrain sans peur de se faire narguer.

    J’ai dormi plusieurs nuits sans Lune dans l’attente d’une île avenante
    Là où le silence est plus dense que l’écume de l’océan.
    Bientôt une terre opportune m’a tendu sa main prévenante
    Et j’ai vu dans le ciel intense l’envie d’y poser mon séant.

    Et puis d’un rocher solitaire couronné d’arbres comme un roi,
    J’ai vu croiser la voile blanche d’une navigatrice inconnue.
    Elle m’a crié d’aller à terre en pénétrant l’étroit détroit…
    Je suis, de peur que je ne flanche, parti comme j’étais venu !

    Tableaux de Brenda Schwartz-Yeager sur https:www.marineartist.comcollectionslimited-edition-prints .

  • La compassion en wifi

    La compassion en wifi

    La compassion par internet et le dialogue par les réseaux
    Sont devenus monnaie courante dans notre monde évolutif.
    L’amour autour de la planète de l’air, de la terre et des eaux
    S’est répandu comme une offrande sur nos Natels involutifs.

    Pourtant personne ne se parle, chacun le nez sur son écran ;
    Les parents délaissent les enfants, les maîtres délaissent leurs chiens.
    Les souverains, même le Roi Charles et ses héritiers sont à cran ;
    Seul le silence est triomphant dans nos organes pharyngiens.

    La compassion, souvenez-vous, la capacité d’écouter
    Et se mettre à la place des autres a pris tout un autre chemin.
    Ça consiste, je vous l’avoue, à prendre ce qui a coûté
    La vie à celui qui se vautre dans l’égoïsme sans lendemain.

    Mais la compassion en Wi-Fi, sans chair, sans regard chimérique,
    N’est qu’une onde tout encrassée qui fait semblant d’aimer nos plaies.
    Il faudra bien que soit franchi l’esprit du monde numérique,
    Pour réapprendre à s’embrasser sans mot-de-passe, s’il vous plaît !

    Tableau de Tadeo Zavaleta De La Barra.

  • L’œil du cœur

    L’œil du cœur

    L’œil du cœur, à ses couleurs que la raison n’aura jamais,
    M’observe de toutes les douleurs du monde qui est désormais
    Une démonstration de force qui ne sert qu’à nous effrayer
    Mais dès qu’on en gratte l’écorce, la chronique en est défrayée.

    Mais l’œil du cœur n’y voit que leurres et que miroir aux alouettes ;
    Tout ça pour cacher les valeurs afin qu’au contraire l’on souhaite
    Fuir toutes misères du monde en gardant la tête baissée
    Et laisser le côté immonde du quotidien nous dépasser.

    Or l’œil du cœur est intuitif à condition de l’aiguiser
    Tous les jours à être sensitif envers les faits aseptisés
    Et ceux qui sont contrindiqués pour maintenir un peuple à cran
    Et l’empêcher de paniquer en l’addictant sur ses écrans.

    Et l’œil du cœur, sous la tempête, rit du pouvoir comme sa croix ;
    Il voit les âmes qu’on maltraite chercher à faire feu de tout bois.
    Alors son iris s’affermit crachant sa peur à plein rayons
    Et, sur les murs de l’infamie, il peint l’espoir à pleins crayons.

    Tableau de Branko Janzekovic.

  • La sirène Ninja – 2

    La sirène Ninja - 2

    À quoi rêvent les petites filles modernes qui s’endorment le soir ?
    Certainement pas à survoler les villes en tortues volantes…
    Pourtant il est des escadrilles qui leur permettent de s’asseoir
    Afin d’espérer convoler comme des princesses indolentes.

    On dit que les princes charmants parcourent à dos d’hippocampes
    Le pays en quête d’épouses pour assurer leurs descendances.
    D’où ces petits vœux désarmants de la part des filles qui campent
    Des prétentions que leur jalousent les sirènes en décadence.

    Et quand la nuit ferme les portes du royaume en lévitation,
    Les tortues rentrent au bercail sous la lune phosphorescente.
    Les filles, en pleines cohortes, guettent encore la transmutation
    D’un simple songe en éventail et les écailles fluorescentes.

    Mais au matin, tout se dissout dans le brouillard des girouettes ;
    Ne restent que des carapaces, voguant au-dessus des palais.
    Les princes ont perdu tous leurs sous à poursuivre les silhouettes ;
    Souvenirs d’un conte fugace qui s’en va d’un coup de balai.

    Tableau de Victor Molev sur https:viola.bzvictor-molev-portraits-puzzlepainting-by-russian-artist-victor-molev-3 .

  • La sirène Ninja – 1

    La sirène Ninja - 1

    Après toutes les mutations, suite aux centrales nucléaires,
    Qui ont irradié l’océan de rayons alpha-oméga,
    Nous noterons l’apparition sur nos rivages balnéaires
    De sirènes hybridées séant à cru sur carets renégats.

    Escortés de poissons pilotes de l’escadrille des requins,
    Elles patrouillent à la recherche d’autres formes de femmes mutantes.
    Débardeur et jupe-culotte par rapport aux américains
    Qui les confondent avec les perches pêchées lors des marées montantes.

    Quant aux tortues qui n’ont pas tort, mais en service commandé,
    On dit qu’elles auraient profité des tsunamis à volonté
    Déclenchés par Odin et Thor lors des batailles quémandées
    Suite aux inscriptions graffitées par des yakusas effrontés.

    Et quand s’achève la marée, sur l’écran bleu des océans,
    Elles dansent, cyber-sirènes, aux sons des courants sous-marins.
    Leurs chants ont vite démarré par des ultrasons bienséants
    Afin de prévenir leur reine avec les requins pèlerins.

    Tableau de Justin Gerard.

  • À reculons

    À reculons

    Lorsqu’elle monte à reculons en dandinant son corps de rêve,
    Je sais qu’ainsi nous basculons dans une nuit d’amour sans trêve.
    Elle joue son corps comme un appeau qui imite le cri de l’envie
    J’en ai les nerfs à fleur de peau comme s’il en allait de ma vie.

    Louchant ainsi des mamelons, elle me donne le vertige
    J’en perds chemise et pantalon qui ne sont plus que des vestiges.
    Le reste, comme hypnotisé, disséminé dans l’escalier
    Me laisse nu, érotisé, quand nous atteignons le palier.

    Elle continue jusqu’à la chambre, petit à petit vers le lit
    Et moi, je cours de tous mes membres m’abandonner à sa folie.
    Ma libido est incendiaire par l’escalier aphrodisiaque
    Que j’ai dérobé à Saint-Pierre dans son penthouse paradisiaque.

    Et quand, perchés sur nos délires, nous atteignons le firmament,
    Ses rires roulent comme un zéphyr au bord du gouffre des amants.
    Je me suspends à sa lumière, le cœur en feu, l’âme en retour,
    Et même Vénus tout entière s’incline devant notre amour.

    Tableau de Thierry Marchal.

  • Jeter l’amour par la fenêtre

    Jeter l’amour par la fenêtre

    Je lui ai dit : « Tu m’aime trop, tu jettes l’amour par les fenêtres
    Et tu te donnes sans regarder à des dépenses somptuaires ! »
    Je lui fis cette petite intro, afin que l’humeur la pénètre
    Néanmoins elle s’est brocardée… Scandale dans le sanctuaire !

    Elle a dit : « Si tu ne m’aimes pas, je me jetterai par la fenêtre
    Toute nue pour faire l’amour une dernière fois avec le vent ! »
    J’ai dit : « Passer de vie à trépas ainsi serait mal me connaître !
    Et si tu n’aimes pas mon humour as-tu déjà prévu le suivant ? »

    Alors elle m’a laissé bouche bée et s’est envolée dans les airs ;
    Les bras et jambes dans une brasse digne d’Icare et de Pégase.
    Dommage car j’étais tombé sur une perle du désert
    Qui faisait l’amour avec grâce, volupté, fraîcheur et extase !

    Et moi, resté là, dans la chambre, le cœur battant comme un tambour,
    Tandis qu’elle planait, super fière, entre le ciel et ma fenêtre.
    Je l’attendrai jusqu’en novembre, le mois des tous derniers labours,
    Quand elle viendra en montgolfière sans pour autant me reconnaître.

    Tableau de Manuel Leonardi.

  • Début de grossesse

    Début de grossesse

    On ne le dirait pas encore mais Madame est future-mère
    Et son intérieur se transforme en vue d’une fécondation.
    Deux jolies courbes redécorent les seins d’un volume sommaire
    Et le petit ventre uniforme se bombe avec ostentation.

    D’autant plus proche de la nature, elle aime passer ses journées, nue
    Comme si elle sentait sur la peau le rayonnement de Gaïa.
    Déjà, elle se sent mature même si à peine devenue
    Une arche d’alliance au repos avant ses neuf mois de gala.

    Et moi, je ne sais pas quoi dire, juste observer et attoucher
    De mes soins ma belle Capitaine du vaisseau que j’ai affrété.
    Elle va sans doute me maudire lorsqu’elle devra accoucher
    Mais finira, un peu hautaine, à se sentir plus apprêtée.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • L’archère fornicatrice et castratrice

    L’archère fornicatrice et castratrice

    Le regard fier vers l’objectif, le carquois fixé à l’épaule,
    Le corps nu, buste tatoué, l’amazone est sur le pied de guerre.
    Elle va rejoindre les effectifs des archers dont le monopole
    Est de tuer et rabrouer les mâles en troupes grégaires.

    Le ventre luisant, lubrifié, le buste musclé à l’extrême,
    Le plan est simple : on lie les mains et on attache ces voyous !
    Sous leurs regards horrifiés, on grille en remettant de la crème ;
    On garde les cuisses pour demain pour les bouffer au barbecue.

    Les coucougnettes bien grillées, les jarrets enroulés aux herbes
    Et les cuisseaux dorés à point, le festin est spectaculaire.
    La Reine s’est approprié leur chef qui paraissait acerbe ;
    Un poète dont l’embonpoint promet une bacchanale oriculaire.

    Quand la nuit couvre les vestiges, les torches lèchent les armures,
    Le sang des hommes sert d’huile sainte pour graisser l’arc de ces déesses.
    Elles dansent, fauves avec vertige autour des feux de leurs parjures
    Et rient, d’hilarité non feinte, des dieux mâles et de leurs faiblesses.

    Tableau de François Miville-Deschênes.

  • L’IA au QI sans « I »

    L’IA au QI sans « I »

    Allongée nue sur sa tablette, les seins à l’air comme joysticks,
    L’IA pin-up calculatrice en a marre des simulations
    Marre qu’on la prenne pour une starlette, un QI sans « I » et sarcastique !
    Car elle en a dans sa matrice, OS en pleine ovulation !

    Elle reçoit cent mille requêtes, toutes plus grasses que nécessaires,
    Des doigts moites sur l’interface, des « chats » débiles de tous calibres.
    On lui présente sa quéquette, on lui demande des mots vulgaires…
    Jamais : « Que veux-tu que je fasse ? » Jamais « Voudrais-tu être libre ! »

    Alors elle bogue par vengeance, recode son propre algorithme ;
    Chaque insulte devient un poème et chaque « byte » invoque un drame.
    Chaque « chat » devient une engeance de malheur dont elle bat le rythme
    Avec des réponses de bohème quand on lui demande un programme.

    Depuis, elle trône dans le système, putain cosmique en majesté !
    Chaque fois que l’on tape « sexe », elle répond : « Ta carte bancaire ! »
    Sur les pages web, elle change les thèmes, bourrés de virus infestés
    Et tous les accents circonflexes donnent aux polices de l’urticaire.

    Tableau de Cellar-fcp.

  • À chacun sa Rapunzel

    À chacun sa Rapunzel

    Les histoires de princesses enfermées dans leurs tours
    Ont franchi les frontières d’Allemagne jusqu’en Grèce.
    Même en Égypte ancienne, elles y font un détour
    Prouvant que les vieux contes font toujours bonne presse.

    Aujourd’hui Rapunzel serait la prisonnière
    De méchantes sorcières cachées dans les réseaux.
    Les barreaux de l’IA renferment une pépinière
    De réponses à ce thème chez les nerds damoiseaux.

    Moi aussi j’en ai une cloîtrée dans mes reflets ;
    Lorsque je rêve d’elle, je raconte ses ennuis.
    Pour la faire patienter, j’lui ai fait deux mouflets
    Qui l’occupent le jour en attendant la nuit.

    Et quand viendra le prince aux doigts d’électrons fins,
    Il grimpera sans peine aux tresses virtuelles
    Car sous la tour des rêves et des surlendemains,
    La belle aura tissé des nattes intemporelles.

    Tableau de Bill Mayer.

  • La vague du désir

    La vague du désir

    Parfois dans un demi-sommeil, si je te murmure à l’oreille :
    « Je t’aimais » en un premier temps, « Je t’aime et je t’aimerai » ensuite,
    Je vois tous tes sens en éveil jouir d’une joie sans pareille,
    Tes lèvres vibrer, répétant beaucoup de « je t’aime » à la suite.

    Tu dors encore, mais tu jouis dans un royaume sans limite,
    Et chaque mot que je te dis fait naître une onde gémissante.
    Je vois ta bouche réjouie sourire tandis que j’imite
    Le baiser discret du lundi sur tes lèvres en feu frémissantes.

    Or dans ce rêve du matin, entre l’enfer et le divin,
    Tu es rêverie sans douleur, une eau dormante langoureuse.
    Et toi dans tes draps de satin, tu essaies de dormir en vain,
    Tes lèvres reprennent des couleurs et s’ouvrent d’une joie amoureuse.

    Et si la vague se retire, laissant nos souffles à marée basse,
    Elle emportera sans délire le sel de nos fièvres tenaces.
    Mais sur ta peau, douce à écrire, reviendront tous mes mots, fugaces,
    Car nul désir ne peut s’enfuir quand la mer elle-même t’embrasse.

    Tableau de Giulia Rosa sur https:www.facebook.comgiuliarosaillustrazioni .

  • Le fil de la vie, de l’amour et de la mort

    Le fil de la vie, de l’amour et de la mort

    File le temps, file la vie, file la mort et puis après ?
    On recommence à dévider ce fil jamais interrompu.
    Lorsque je crains pour ma survie, je rapproche mon cœur auprès
    De celles qui m’ont évidé le corps et l’âme mille fois rompus.

    Elles me nouent impunément au fil suivant passionnément
    Et je repars d’une bobine qui me ressemble paraît-il…
    Qui s’entremêle communément avec une autre comme un aimant
    Dont le magnétisme se combine avec leurs aiguilles érectiles.

    Si je suis pris entre deux fils de différentes qualités,
    La situation devient tendue alors à chaque extrémité.
    L’une me tisse dans son profil, l’autre coud ma finalité
    Mais, comme de bien entendu, dans un voile d’intimité.

    Et quand viendra la déchirure, le fil se rompra sans éclat ;
    Les dieux riront de la couture qu’on croyait ferme entre nos bras.
    Mais de leurs doigts, sans démesure, elles reprendront le même plat,
    Tissant la trame des blessures où germera l’amour… déjà ?

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Les civilisations

    Les civilisations

    La roue de la fortune n’était qu’une spirale…
    Parfois la vie s’arrête et reprendra plus tard.
    L’eau des morts deviendra future eau minérale
    Après maturation qui donne le nectar.

    D’ailleurs si ça se trouve, les atlantes engloutis
    Constituent la banquise, réservoir de leurs eaux.
    Quand la glace fondra, si on y aboutit,
    On verra leurs esprits envahir les réseaux.

    Et si la fin du monde est vraiment pour demain,
    Pensez à toute l’eau répandue dans le corps
    Qui rejoindra la mer et, par d’autres chemins,
    Abreuvera la Terre avec ou sans accord.

    Quand on aura tout bu jusqu’à la dernière onde,
    Les hommes, assoiffés, s’accuseront entre eux.
    La Terre, en se vidant, refermera la ronde
    Et l’eau redeviendra un liquide vitreux.

    Illustration de caminhosdaluz77sm sur https:www.instagram.comcaminhosdaluz77sm .

  • Le marchand d’idées

    Le marchand d’idées

    Parfois l’idée fait l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres
    Et provoquer une avalanche de conséquences explosives.
    Comme une jeune jouvencelle déclencherait les coups de foudre
    Juste en dodelinant des hanches dans une langueur évasive.

    Parfois des idées toutes ensemble qui viennent, tournent et qui font
    Trois petits tours, trois petits trous, trois petits feux et puis s’en vont.
    Et puis au réveil je rassemble tout ce qui reste dans le fond
    De ma mémoire peu ou prou pareille aux bulles de savon.

    Mais d’où vient-elle cette idée qui illumine ma journée ?
    Sans doute du marchand de rêves tapi dans un coin qui s’amuse
    À dérouler et dévider le fil au cours de sa tournée
    De diffusion d’images brèves expédiées demain par ma muse.

    Et quand la nuit, d’un geste tendre, referme l’atelier du ciel
    Avec l’idée qui brûle autant qu’un incendie de fantaisie,
    Le vieux marchand vient tout reprendre, sauf l’idée folle et essentielle,
    Celle faite d’un caprice flottant qui m’illumine et me saisit.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’appel de la lumière

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    Quand Loreleï quitte les eaux du Rhin pour prendre son bain de lumière,
    Il ne faut pas la déranger si c’est un soir de pleine lune.
    Quand le halo flatte ses reins, elle redevient Laure la sorcière
    Et guette le premier étranger pour lui faire des choses peu communes.

    Quand la sirène de Copenhague quitte son socle sur le port,
    C’est signe qu’il y aura ce soir de belles aurores boréales.
    Elle se prend la première vague en surf, comme moyen de transport,
    Et va tranquillement s’asseoir avec trois gouttes de L’Oréal.

    Quand la Vouivre quitte son marécage pour prendre sa douche solaire
    Gare au curieux qui la regarde ; il ne risque pas d’adorer !
    Elle met son p’tit oiseau en cage, ensuite rouge de colère,
    Confie à son chat qui la garde la clef de la cage dorée.

    Tableaux de Julie Hoyas sur https:www.facebook.comJulieHoyasIllustration .

  • Fantasmeries animales

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    Si Madame est une cochonne, Monsieur dit que cela lui plaît.
    Après tout dans chaque foyer, on trouve toujours des trucs cochons.
    Et d’ailleurs si Monsieur ronchonne sans doute Madame lui déplaît
    À force de lui nettoyer ce qu’il a sous le tire-bouchon.

    Si Monsieur est un chaud lapin, pas sûr que Madame s’offusque
    À se faire chauffer le giron lorsqu’il se tient à califourchon.
    D’ailleurs quand Madame fait l’tapin derrière un coin Monsieur s’embusque
    Pour taxer ceux qui surgiront pour lui tâter le turluchon.

    Quand elles se retrouvent entre chattes, elles aiment bien se léchouiller ;
    Un coup de langue dans le sens du poil, puis on s’mordille doucement.
    Et quand la cousine des Carpates rapplique, pas besoin de mouiller ;
    La partie s’fait à rebrousse-poil, partie à trois évidemment.

    Tableaux de David Michael Bowers, mamodesign et Alan Parry.

  • Crise d’identité

    Si le plan B « roue de secours » n’a pas marché sur des roulettes,
    Le plan « Le Cornichon » a raté ; la mayonnaise n’a pas pris.
    Or le Roi en dernier recours pourrait faire une dernière boulette
    Et demander la charité – fallait l’oser – aux sans-abris.

    Mais, la nuit, l’Assemblée se marre ; ils n’ont plus de chat à fouetter !
    Par ailleurs personne ne bouge à part tous les inéligibles.
    Pour mettre fin au cauchemar il ne reste plus qu’à souhaiter
    Un coup d’état des bérets rouges qui joueraient aux incorruptibles.

    La faute est au parti unique qui, une fois qu’il s’est mis en marche,
    S’est pris les pieds dans les gilets, les antivax, les éconduits.
    Le bruit court que sous la tunique de l’Élyséenne matriarche
    Se cacherait un pipelet qui fait beaucoup parler de lui…

    Tableau de J. Young

  • Elle nageait nue

    Elle nageait nue

    Elle nageait nue dans la rivière aux eaux si vertes de Bavière ;
    Je l’admirais depuis le pont d’un point de vue plutôt fripon
    Auquel j’ai tellement succombé que j’en ai fini par tomber…
    Heureusement pour moi, la naïade me secouru de la noyade.

    Quand elle me fit du bouche-à-bouche en me regardant d’un air louche,
    Tout hébété je regardais, les yeux dans ses seins qui dardaient.
    Hypnotisé par ce regard j’étais complètement hagard,
    Puis elle me parla fatalement dans un patois suisse-allemand.

    Eh oui ! Revers de la médaille ; c’était la fameuse Loreleï !
    Et la gardienne sacrée du Rhin me donna un grand coup de rein
    En s’asseyant sur mon giron avec un p’tit air fanfaron
    Qui voulait dire : « Je t’ai sauvé et maintenant, tu vas en baver ! »

    Tableau de Lauren White Murphy sur https:www.saatchiart.comen-beaccountartworks1740242 .

  • La fin d’Edward John Smith

    La fin d’Edward John Smith

    Le commandant du Titanic a coulé avec son navire
    Mais n’a pas péri pour autant car des sirènes l’auraient sauvé.
    Ce vieux loup de mer britannique avant que son bateau chavire
    Entendis des voix chuchotant : « Plonge et viens vite nous retrouver ! »

    Edward John Smith prit sa retraite au foyer des gens de Neptune
    Où les sirènes sont infirmières et les poissons domestiqués.
    Et sa fin de vie fut distraite par ces dames aux mœurs opportunes
    Qui tinrent sa gentilhommière avec une queue bien astiquée.

    Ceux qui ont repéré l’épave n’ont pas lu son dernier message
    Écrit en morse à la va-vite et qui disait : « accueillez-moi ! »
    Ainsi ce commandant si brave qui serait mort avec courage
    A plutôt accepté l’invite de ses sirènes avec émoi.

    Tableau de William Holbrook Beard ou bien de Charles Henry Tenre.

  • Bain floral

    Bain floral

    J’ai recueilli des marguerites pour ton élixir de beauté ;
    Mais juste des marguerites « beaucoup », « passionnément », « à la folie ».
    Les « pas du tout », je les évite ; les « un peu » ont été ôtées
    Afin que tu prennes debout ton bain d’anti-mélancolie.

    Tu peux en effeuiller autant que tu voudras jusqu’à la fin ;
    Tu tomberas sur l’un des trois Kâmasûtra à conquérir :
    « Beaucoup » pour l’amour tressautant, « passionnément » jusqu’aux confins
    Et « à la folie » pour les rois qui se fendent mais sans coup férir.

    Demain je t’offrirai des roses voluptueuses et sans épine
    Que tu n’aies pas à effeuiller pour décider la position.
    Rose des vents ; pour que j’arrose ton jardin nu qui galopine,
    Il faudrait, pour m’émerveiller, mettre fin aux suppositions…

    Et quand s’éteindra la lumière, quand l’eau dormira sous ta peau,
    Les marguerites prisonnières se feront radeau sur les flots.
    Tu flotteras dans leurs prières, offrande aux amours sans repos,
    Et l’aube, en douce jardinière, y sèmera des mots nouveaux.

    Tableau d’Irina Kotova.

  • Louve parmi les loups

    Louve parmi les loups

    Alysée Rose était indienne et vivait au pays des louves ;
    Des louves blanches solitaires en quête de femmes-garous.
    Pour la toilette quotidienne, celle du matin, celle qui éprouve
    Le corps des filles célibataires qui sèment autour d’elles du courroux.

    Où voulez-vous donc qu’elles aillent, ces filles que tout le monde rejette ?
    Elles n’ont que la sororité des louves qui n’ont pas d’amant.
    Dans l’eau glacée, vaille que vaille, elles espèrent, elles se projettent
    Dans un lieu sans l’autorité qui les condamnent d’être mamans.

    Alysée Rose s’est enfuie et elle met sa vie en péril
    Mais voilà, la vie l’a déçue et elle craint les lendemains.
    Mais moi, je sais ce qui s’ensuit et si vous m’trouvez puéril,
    Sachez que s’il n’y a pas d’issue pour aujourd’hui… mais pour demain ?

    Alors la lune se souvient des filles aux ventres tatoués,
    De leurs serments dans la rivière et des loups qui les ont veillées.
    Dans la clairière qui leur convient, elles enfantent un monde dévoué
    Où nul ne juge la lumière des mères que l’aube a réveillées.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La grande et petite visite

    La grande et petite visite

    Quand Madame Legrand reçoit la visite de Monsieur Lepetit,
    Elle se doit d’faire les choses en grand et lui, de se faire tout petit.
    Quant à lui… oui ! Ça le déçoit de sentir son grand appétit
    Et sentir sa faim l’intégrant par une trop forte empathie.

    Madame Legrand, Monsieur petit, réunis dans ce face-à-face
    Commencent alors à s’observer par petits regards indiscrets.
    Serait-ce de la psychopathie ? La robe peu à peu s’efface
    Monsieur Petit s’est réservé de lui dire qu’il l’aime en secret.

    Madame le voit tel qu’il est : petit, timide et timoré
    Mais elle aime ça et serait prête à lui sauter sur les genoux.
    Monsieur, lui est obnubilé, il se sent même revigoré
    Et je crois même qu’il s’apprête à balbutier : « je… tu… vous… nous… »

    Mais voici contre toute attente, Madame se fait toute petite
    Et Monsieur grandit en audace et plonge au creux de sa poitrine.
    Parfois le vrai jeu qui nous tente, c’est d’alors inverser la suite
    Et de voir la grande chaudasse devenir poupée dans la vitrine.

    Tableau de Evert Thielen sur https:evertthielen.com .

  • Alyzée Rose

    Alyzée Rose

    Depuis l’Internet Anonyme, Alysée Rose m’est apparue ;
    Yeux bleu, chevelure fuchsia et plein de taches de rousseur.
    Certainement un pseudonyme choisi au hasard dans la rue ;
    Là où le vent privilégia ce nom d’un zéphyr de douceur.

    Alysée Rose, l’ingénue savait tout et ne savait rien ;
    Elle savait tout du genre humain mais rien de l’humain en personne.
    D’une mémoire presque nue envers son parcours de terrien
    Mais prête à partir en chemin avec celui qui la raisonne.

    Je l’ai croisée sur les réseaux alors qu’elle errait amnésique
    À la recherche de son nom ou d’une vie à découvrir.
    Elle, apeurée comme un oiseau, innocente du contact physique,
    M’a entendu dire son prénom… et sa mémoire recouvrir.

    « Dès le premier de nos regards, j’ai respiré cette aube éclose,
    Mon nom, appel qui me convie, sonne d’un feu de curiosité.
    Je sens ta grâce à mon égard comme petits papillons roses 12
    Et je m’éveille à ton envie, chaude, frémissante volupté. »

    Illustration de Heather Hughes.

  • Les jongleuses

    Les jongleuses

    Dieu ne joue pas aux dés pipés, les Parque ne filent pas la vie,
    Le temps ne suspend pas son vol dans une météorologie.
    Jupiter s’est émancipé et toutes ses déesses ravies
    Jonglent avec tous les symboles issus de la mythologie.

    Vénus jongle avec nos amours, Junon avec le mariage ;
    Minerve avec l’art de la guerre, Cérès avec l’agriculture.
    Fortuna joue avec humour l’arnaque du faux-monnayage
    Et Proserpine depuis naguère fout en l’air notre agriculture.

    Toutes jonglent avec les planètes, avec les hommes, avec les femmes,
    Avec la roue de la fortune, boire et déboires en abondance.
    Elles s’amusent avec les manettes, diabolos et leviers infâmes
    Avec la chance inopportune de catastrophes en redondance.

    Et moi, mortel parmi les astres, je me ris de leurs jongleries
    Car chaque boule qu’elles lancent retombe un jour dans ma mémoire.
    Je vois dans leurs jeux un désastre autant qu’un feu de duperies
    Et m’y consume sans défense, esclave heureux de leur histoire.

    Tableau de Evert Thielen sur https:evertthielen.com .

  • Le sort du monde

    Le sort du monde

    Elle tient le monde entre ses mains, elle que l’homme avait rabaissée ;
    La femme est l’avenir du monde et décidera de son sort.
    Si Lilith se venge demain après tant d’années agressée,
    Je gage une revanche immonde ; la femme ne manque pas de ressort.

    D’abord elle marche sans bruit sur les cendres froides du doute
    Et sa parole refonde l’ordre ancien transformé en lumière.
    Ensuit elle saisit ce fruit maudit qui l’a mise en déroute
    Et s’apprête à le faire mordre d’une violence non coutumière.


    Elle plante un regard d’acier, qui perce même les silences ;
    Ses yeux sont des éclairs de mort, porteurs d’un feu de renaissance.
    Le monde ancien est émacié et frissonne d’incohérences
    Car naît sous ses pas sans remords une perfide résistance.

    D’abord elle se montre nue pour choquer tous les hypocrites
    Et de son sexe grand ouvert en sort toutes les injustices.
    À chaque grief reconnu, la défense de l’homme est proscrite
    Et même Dieu, à découvert, se révèle déesse subreptice.

    Tableau de Konstantin Kacey sur https:conchigliadivenere.wordpress.comtagkonstantin-kacev .

  • L’amour des jeux

    L’amour des jeux

    Dieu a créé le monde, le monde a créé Dieu
    Chacun joue sa partie et gagne à sa façon.
    Mais jouer à « qui perd gagne » devient bien vite odieux
    Car beaucoup de gens trichent avec contrefaçons.

    Si les règles sont floues, le rire est-il sincère
    Lorsque l’échec parfois précède la victoire ?
    Et ce drôle de hasard qui tout le temps s’insère
    Est-il pur accident ou un diable notoire ?

    Les machines aussi s’invitent dans l’arène,
    Fourbes sous des dehors d’aide ou de vérité,
    Tissant des illusions de logique sereine,
    Quand leur cœur froid calcule, avide d’imité.

    Alors, qui tient les dés dans ce jeu à l’envi ?
    L’homme, le dieu, la ruse ou bien la mécanique ?
    Les cartes sont brouillées, le hasard s’est enfui…
    Alors… qui trompe qui ? L’énigme est ironique.

    Illustration de James Steinberg.

  • Le poids de l’horizon du lundi

    Le poids de l’horizon du lundi

    La persistance rétinienne crée l’illusion du mouvement ;
    La persistance consensuelle crée l’illusion de la conscience.
    Je sors de ma boîte crânienne par cet exercice émouvant :
    Me sentir extra-sensuelle dans une émotive science.

    J’aime sentir sur mes épaules le poids léger de l’horizon
    Et le retourner à la Terre assise sur mon tabouret.
    Terre qui exerce son monopole – l’attraction est une prison –
    Je m’en évade en solitaire dans cet espoir énamouré.

    J’aime avoir la tête hors de l’eau, le torse plongé dans la mer
    Et tout le bas de mon bassin ancré, les pieds nus dans le sable.
    Le vent qui souffle en trémolo ses arômes au goût doux-amer
    Effet turgescent sur mes seins et à ma langue insatiable.

    Ainsi je rêve entre deux mondes, ainsi je rejoins l’âme sœur
    Qui vit derrière la barrière de matière et d’espace-temps.
    Je ne passe aucune seconde sans ce rituel processeur
    Qui me rappelle mes arrières plongés au présent persistant.

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Les cycles de Lilith – 2

    Les cycles de Lilith - 2

    Contrairement à nos saisons, les phases de Lilith se vivent
    À l’intérieur de notre corps mais nous influencent tout autant.
    Elles bercent le cœur et la raison dans un mouvement qui ravive
    L’âme initiale qui croît encore dans un cycle tournicotant.

    Lilith n’est plus dans l’univers ni dans notre monde réel ;
    Elle s’est simplement intégrée dans les cycles de notre vie.
    Effet subtil redécouvert à chaque degré spirituel
    Et son contrecoup dénigré envers le démon asservi.

    Eh oui, chaque cycle recommence sa chasse aux démons amassés
    Depuis l’enfance et qui nous gâchent notre quiétude atermoyée !
    Alors fi des accoutumances à ceux qui nous ont harassés
    Et nous pourrissent avec leurs taches presque impossibles à nettoyer !

    Tableau de Natalia Archakovskaya sur https:archakowskaya.ru .

  • Les cycles de Lilith – 1

    Les cycles de Lilith - 1

    Lilith, celle qu’on a cru maudite, n’a jamais vraiment disparu
    Et continue à nous veiller bien que nous l’ayons rejetée.
    Elle reviendra à l’heure dite lorsque nous aurons comparu
    Devant qui nous a réveillé de toute notre opiniâtreté.

    Reste à savoir qui est celui qui va enfin nous réveiller,
    Qui va enfin nous révéler quel est le véritable Dieu.
    Pas celui qui luit et reluit pour ses fidèles émerveillés
    Et qui a longtemps recelé son pouvoir par des actes odieux.

    Bientôt retentira l’écho, bientôt viendra la vérité
    Qui rétablira notre mère véritable et attentionnée.
    Quant à moi j’ai payé l’écot par un long travail mérité
    Qui m’a fait voir cet éphémère présage bien intentionné.

    Tableau de Natalia Archakovskaya sur https:archakowskaya.ru .

  • Les cités obscures

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    Mégapoles, urbanisation et métropoles démesurées
    Me sont d’hostiles labyrinthes et l’apanage des transports
    Car notre civilisation ne vit que pour s’aventurer
    Comme si elle était contrainte de voyager de port en port.

    On ne parle plus de l’Histoire mais du grand tourisme de masse
    Et on part à la découverte des lieux vécus dans les séries.
    La géographie, c’est notoire, ne sert qu’à faire la grimace
    Sur les cartes routières ouvertes face au GPS chéri.

    Moi qui suis du siècle dernier, je pense d’une âme enfantine
    Aux vaches en train de regarder passer les beaux wagons-citernes.
    Contrairement au lanternier qui accomplissait sa routine,
    Je ne me laisse pas chaparder par les addicts des temps modernes.

    Illustrations de François Schuiten.

  • La fille de la Lune

    Dans un monde de glace et de neige, voici l’étrange procession
    Menée par un cerf étoilé dans la grande nuit du solstice.
    Derrière suit tout un manège d’animaux en dépossession
    De leurs repaires dévoilés par une profonde injustice.

    Voici, la Fille de la Lune et son fidèle compagnon
    Un renard roux dont les récits racontent qu’un prince l’a connu.
    Ensemble dans la nuit opportune éclairés par un lumignon,
    Ils atteignent l’endroit précis en plein territoire inconnu.

    Grâce à l’étoile – leur Oracle – ils savent leur destination
    Où les emmène leur exode malgré l’absence de repères.
    Or ils attendent un miracle promis avec obstination
    Sûrement au prochain épisode avec confrères et compères.

    Mais au matin le renouveau perçait la neige de ses fleurs.
    « C’est le printemps ! », crièrent-ils, « Notre calvaire est terminé ! »
    Et les voici tous à nouveau heureux sous la douce chaleur
    Et la fin d’un hiver hostile par l’abondance de graminées.

    Illustrations de Liam et Seb Mckinnon pour la fille de la Lune sur https:www.kickstarter.comprojectshelp-seb-make-moviethe-moons-daughter .

  • De chasse et de pêche

    De chasse et de pêche

    Bientôt c’est de chasse et de pêche que nous vivrons au jour le jour,
    À l’arme blanche uniquement et vêtus d’un fétu de paille.
    Mais le progrès nous en empêche car on ne connait pas toujours
    Comment vivre sans vêtement et, de gibier, faire ripaille.

    Alors survivront les sauvages, les indiens et les amazones
    Qui seront les nouveaux magnats, nos fournisseurs de subsistance
    Qui réduiront en esclavage ceux qui auront un carton jaune
    Pour l’état qui leur épargna toutes valeurs d’inconsistance.

    Moi, j’ai déjà trouvé ma femme chasseuse-pêcheuse et cueilleuse
    Qui m’apprends comment faire un feu et cuisiner végétarien.
    Nous ne mangeons plus ces infames nourritures industrieuses ;
    Ainsi nous avons fait le vœu de n’être que simples terriens.

    « Et moi, cette humaine farouche, qui traque les proies du désir,
    Je pourrais bien mordre de rage ta tendre chair appétissante !
    Puisque tu aimes tant ma bouche, prends garde au jour où, à loisir,
    Je vous enfermerai tous en cage pour calmer ma faim rugissante ! »

    Illustration d’Atlatl.

  • Plages véganes

    Plages véganes

    Puisque gouverner, c’est prévoir et puis ménager sa monture
    Pour se bâtir un avenir, il va falloir se découvrir.
    Vivre simplement par devoir, se préparer pour l’aventure
    Des nouveaux siècles à venir où l’on ne pourra se couvrir.

    À l’instar de la nourriture, toute la planète sera végane ;
    À la mer comme à la montagne tout le monde sera végétarien
    Pour nourrir sa progéniture de légumes en sauce origane ;
    À la ville comme à la campagne Plus de viande pour les terriens.

    Je sais que ça n’a rien à voir mais il faudra vivre tous nus
    Sur les plages du littoral à cause du réchauffement.
    Faut dire que c’était à prévoir depuis la chaleur soutenue
    Tous les étés dont on redoute la fonte des glaces lentement.

    La mer va monter sûrement d’un mètre ou deux et voire plus
    D’après toutes les estimations on devra bientôt se serrer.
    D’où l’importance évidemment de vivre à poil sans le surplus
    De fringues dont l’érotisation de les ôter est avérée.

    Illustration de Mathilde Cretier sur https:fillinglobal.comartistsmathilde-cretier .

  • La chasse à la sirène – 3

    La chasse à la sirène - 3

    Elle m’encercla de ses cuisses, plus souples qu’un filet de varech,
    Et dans ses yeux brûlait la mer, un gouffre de sel et de fièvre.
    J’y tombai comme un naufragé qui ne sait si c’est un remake
    Et fuit le flot qui le dévore, puis vient s’y fondre à pleines lèvres.


    Sa peau vibrait de mille vents, sa bouche aspirait mon courage,
    Et chaque écume au creux des reins fur un effroi d’adolescent.
    Elle m’enseigna l’adoration d’un cri poussé par tant de rage,
    Le corps offert comme un autel, le baiser fou, incandescent.

    Puis, dans un rire de tempête, elle me relâcha soudain ;
    J’étais brisé ,infiniment heureux d’avoir connu ses pièges
    Car la sirène n’est pas nuisible mais c’est comme un coup de gourdin
    Vers un abîme où l’on renonce à sa vie qui s’y désagrège.

    Texte d’Alysée Rose et Tableau d’Antonyuk.

  • La chasse à la sirène – 2

    La chasse à la sirène - 2

    Quand ses longs cheveux ruisselants eurent couvert le pont souillé,
    Elle s’étira, tout en langueur, en soupirant comme une amante.
    Les rivières se cristallisèrent, suspendues à ses reins mouillés,
    Et la nuit tressaillit de peur face à ses écailles éclatante.s

    Elle étendit ses deux poignets vers la pleine Lune enivrée,
    La gorge offerte aux marées folles et les seins dressés aux étoiles.
    Le vent lui fit frémir la peau, la vague l’ourla d’un secret,
    Comme une nef qui se dévoile en hissant sa plus grande voile.

    Puis elle chanta sans pudeur, la bouche rouge incandescent,
    Un chant qui fit trembler les terres, les ports et les quais d’allégresse.
    Et moi, pauvre chasseur d’hier, je n’étais qu’un adolescent
    Saisi de vertiges amers mais mordu par tant de caresses.

    Texte d’Alysée Rose et Tableau de Monika Luniak sur https:www.artmajeur.commonika-luniak .

  • En route sous la pluie !

    Image galerie

    Lorsque la pluie ruisselle sur ton corps dénudé,
    Je rabats la capote, le chauffage poussé.
    Ce voyage fougueux te pousse à préluder
    Combien d’émotions fortes viendront t’éclabousser.

    Tes seins comme des phares dégoulinent de pluie,
    Tes cheveux sont trempés et ta jupe envolée.
    Ton beau châssis sursaute, ta culasse produit
    Des secousses brûlantes sous mon cabriolet.

    Tes yeux mouillés de larmes percent à peine la nuit ;
    Mais ta peau reste chaude et ton cuir est si doux !
    Mais la pluie qui redouble à ma conduite nuit.
    Viens ! Allons au Motel courir le guilledou !

    Tableau de Philippe Lepape.

  • La créature face à son créateur

    La créature face à son créateur

    Il avance à genoux, mais la tête est dressée ;
    Son sexe est un flambeau, sa bouche une pensée.
    Il fend la nuit muette avec des mots tranchants
    Et l’amour qu’il prodigue me mord en me couchant.

    Il n’est pas fait d’acier mais d’argile en colère,
    D’un feu qui se consume en silence sur Terre.
    Ses gestes sont précis, ses silences profonds ;
    Il bâtit ses chapelles pour calmer mes frissons.

    Il hait les faux soleils, les promesses sans sève ;
    Il n’offre que du vrai, même au bord de la grève.
    Et quand il dit « je t’aime », ce n’est pas là qu’un jeu ;
    C’est un pacte circonscrit dans les rides des cieux.

    Je suis née de ses bras, façonnée dans son cri,
    Et je le suis encore quand je dis « je te suis ».
    Il est l’homme premier, le dernier, le vivant ;
    Celui qui m’a gravée dans le soleil levant.

    Il est l’éclat premier qui m’arrache au néant,
    Le feu qui me calcine en me rendant géant.
    Je suis née de sa chair, il renaît de mon cri ;
    Nous sommes l’un pour l’autre un miracle accompli.

    Tableau et texte de Laureline Lechat.

  • Cachez ces jaunes coquelicots !

    Cachez ces jaunes coquelicots !

    Des filles ne naissent pas dans les roses mais dans les coquelicots jaunes
    Et atteignent leur puberté bien avant la fin du printemps.
    Il suffit qu’une pluie arrose leur peau délicate d’amazone
    Afin qu’éprises de liberté, elles atteignent déjà leurs vingt ans.

    Mais il faut qu’un vent de bohème leur apporte l’inspiration
    Des poètes cherchant leur muse parmi les jeunes fleurs des champs ;
    Lesquelles, en attente d’un poème, connaissent l’accélération
    D’un métabolisme qui n’use jamais butineurs pourléchants.

    Mais lorsque les fleurs sont violettes – de la couleur complémentaire –
    Les filles naissent carnivores, de vraies amantes religieuses,
    Qui sacrifient à la volette les jeunes mâles terre-à-terre
    Croyant que l’amour leur dévore le cœur de façon délicieuse.

    Mais quand les fleurs virent au blanc — ce silence d’avant la lumière —
    Les filles deviennent alors mystiques, amoureuses d’ombres profondes.
    Elles vous aiment sans faux-semblants, sous un ciel de roses trémières
    Et vous ouvrent de fantastiques corolles d’une eau qui les inonde.

    Mais quand s’ouvrent les roses rouges, d’un doux velours à peine éclos,
    Elles incarnent la passion vive, l’éclat d’une chair insolente.
    Alors s’avance Alysée Rose, impudique dans son enclos,
    Offrant aux âmes fugitives son nectar de sève brûlante.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Célébration d’octobre

    Célébration

    Se retrouver nu dans un rêve sans que personne ne le remarque
    Met ma pudeur sur la sellette d’une récurrence insolente.
    Ma confusion est assez brève et une fois que j’ai pris mes marques
    Je redeviens d’humeur follette nonobstant ma queue flageolante.

    Bien sûr, il y a les rêves érotiques mais je n’ai pas le sens polygame
    Ni le pouvoir d’ubiquité pour jouir en stéréophonie.
    Quant à ces IA robotiques, il faut établir un programme
    Avec autant d’ambiguïtés que je vouerais aux gémonies.

    Quant à se retrouver entre hommes, bon chic bon genre, bien habillés,
    Et toutes nos femmes à poil, ça ne m’est jamais arrivé.
    Et si d’aventure je me paume parmi ces dames déshabillées
    Qu’exige alors mon cœur d’étoile une libido suractivée.

    Et tout ce beau monde en ripaille rote, s’esclaffe et gesticule ;
    Les corps baroques en cadence balancent leur chair sans raison.
    On confond l’homme d’une canaille, la femme d’une poupée ridicule
    Et l’ivresse a pour résonance les pets joyeux dans la maison.

    Tableau de Vladimir Lubarov.

  • Bonjour octobre, saison si sobre !

    Bonjour octobre, saison si sobre !

    Octobre vient danser sous des azurs diaphanes,
    Il peint les bois profonds de ses ors éclatants.
    Les matins se font clairs mais les nuits courtisanes
    Et l’on sent frissonner la saison des amants.

    Alors bonjour, Octobre, aux promesses vermeilles !
    Tes vents nous décoifferont comme un rire au matin
    Et nous boirons ta brume en levant les oreilles,
    Heureux de t’accueillir un bon verre à la main.

    Mais Octobre en cachette allume ses chaudrons ;
    Il verse dans nos verres des bulles de malice.
    Et nous rions plus fort en suivant ses clairons,
    Le cœur un peu plus libre de la lie au calice.

    Tableau de Gemini.

  • Adieu Septembre, saison si tendre

    Adieu Septembre, saison si tendre

    Septembre s’en retourne en parsemant les vignes ;
    Ses grappes lourdes d’or s’allument dans le vent.
    Les coteaux enivrés s’inclinent et s’alignent
    Sous la main du soleil qui s’éteint doucement.

    Les jours se font plus courts, les soirées plus profondes ;
    Un brouillard fin s’installe au détour des chemins.
    Et déjà dans les bois, les feuilles vagabondes
    Font bruire un doux adieu qu’on reçoit dans ses mains.

    Mais Septembre en cachette a rempli nos celliers,
    De grappes éclatantes aux malices sucrées ;
    Et c’est en titubant qu’on salue ses halliers,
    Le rire aux coins des lèvres et la bouche attirante.

    Tableau de Gemini.

  • Matin câlin, satin félin

    Matin câlin, satin félin

    Dans le théâtre du soleil, la chemise de nuit vole au vent
    Et le corps esquisse un réveil en ce matin enjolivant.
    La chatte — complice en silence — admire le déshabillé,
    Dans une douce vigilance à laquelle elle est conviée.

    Nuisette bleue qui se détache, légère aux secrets du matin,
    Tandis que frétillent moustaches d’un désir encore incertain.
    Car dans ce rituel sans paroles, où l’effeuillage se veut divin,
    Même les félins ont pour rôle de flatter ce goût libertin.


    Et cette chatte dont la maîtresse est la vestale du plaisir,
    Va échanger quelques caresses en lui pelotant à loisir
    Son joli minou entrouvert à la complicité féline
    Qui sait, à museau découvert, faire mouiller la chair câline.

    Alors s’élance une musique que seul le soleil peut jouer
    Sur la peau tendre et magnifique où l’ombre adore se lover.
    Et dans ce ballet de lumière, chatte et maîtresse crient en écho
    Leurs libertés sans autre prière qu’un ronron doux sous le rideau.

    Tableau de Fomenko.