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  • Petits moments de plénitude et de détente

    Petit moment de plénitude, de sérénité, de quiétude ;
    Le temps ne se rattrape plus, il est perdu, n’en parlons plus !
    Raccorder ses deux univers, l’un à l’endroit, l’autre à l’envers,
    L’un qui rayonne à l’intérieur, l’autre qui tire à l’extérieur.

    Un petit moment de détente, de lâcher prise en dilettante ;
    L’espace-temps est contracté et le corps tout décontracté.
    Redevenir un cœur d’étoile, tomber les masques et les voiles
    Et recommencer à zéro la vie dont on est le héros.

    Tableaux de Jorge Namerow

  • Trois petits tours et puis sans fin

    Même le monde des sorcières n’échappe pas aux servitudes
    Et plus on use de magie et plus celle-ci dégénère.
    Balai magique pour la poussière, on en prend vite l’habitude ;
    Quand on l’enfourche, il réagit en soubresauts tourbillonnaires.

    Pour entretenir son balai, toute sorcière bien éduquée
    Trois fois par jour le fait voler pour le vider de ses moutons
    Qui ne sont pas très emballés et se montrent assez offusqués
    Quand on les envoie s’envoler parmi pousses et fleurs en boutons.

    Quand le balai est électrique, la magie est chère à payer ;
    Plus l’énergie est lumineuse plus elle a de voracité.
    Et les sorcières égocentriques se mettent alors à bégayer
    Devant la note pharamineuse de la fée électricité.

    Tableau de Remedios Varo sur https://loirremediable.wordpress.com/2020/09/17/remedios-varo-alquimia-y-psicoanalisis

  • Dans le rêve d’une femme

    Dans les méandres féminins d’une rêveuse aventurière,
    Je m’étais au rêve embarqué pour un voyage fantastique.
    J’ai barré sous un vent bénin d’une intuition avant-courrière
    Vers tous ses souvenirs parqués dans des alcôves synaptiques.

    J’ai vu la rose de son cœur s’épanouir quand elle s’endort
    Et l’expression de son esprit s’enrouler autour de Morphée.
    J’ai remonté tel un vainqueur qui a conquis la toison d’or
    Jusqu’à son souffle que j’ai pris comme mon plus précieux trophée.

    Tableaux de Konstantin Razumov

  • Le 32 janvier, etc.

    Et si tendait vers l’infini la fin de ce mois de janvier
    Qui empièterait sur février, mars avril mai et caetera ?
    Qui aurait ainsi défini ce calendrier tant envié ?
    Bien sûr ! Les verseaux décriés pour leurs tripatouillages scélérats !

    L’astrologie en conséquence serait toute empapaoutée ;
    Tous les signes déborderaient et même se feraient la guerre ;
    Le Lion par son éloquence se serait alors rajouté
    Les jours chauds qu’il s’accorderait sauf le froid dont il n’en a guère.

    Les autres signes se confineraient dans cet hiver intercalaire
    Or comme les mois auraient changé, ce serait d’une complication !
    Mais tout se recombinerait après une année de galère
    Car les astres se seraient vengés en faisant leurs révolutions.

    Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https://www.behance.net/gallery/186943/calendar

  • Blanche échauffourée

    Les bonhommes-de-neige interdits voient démarrer l’échauffourée
    Aussitôt qu’ils sont érigés comme martiale divinité.
    Sans doute l’amour reverdit à coup de batailles savourées
    De boules de neige dirigées avec beaucoup d’affinités.

    Car plus on s’aime, plus on s’explose la gueule avec témérité
    Pour mieux aller se réchauffer tous nus devant la cheminée.
    À point nommé, les cœurs implosent d’une amoureuse célérité ;
    Piston et turbine échauffées par tous les sens inséminés.

    Illustrations de Pascal Campion sur https://positivr.fr/pascal-campion-dessins-couple/?amp

  • La roue de l’infortune

    Aveugle et malicieux hasard qui me guide vers la fortune,
    Parfois ton attraction bizarre conduit mes pas vers l’infortune !
    Inexorable loi de Murphy qui finit toujours par m’avoir,
    T’es vieux démons personnifient ce fatidique super-pouvoir !

    Sans doute « la faute à pas-de-chance » m’entraîne dans son addiction
    À croire que les circonstances m’indisposent avec conviction.
    Sans doute est-ce ma lâcheté à construire mon avenir
    Qui m’aura le plus cacheté de ses plus mauvais souvenirs.

    J’ai lâché prise à la croyance envers la bonne destinée,
    Je ne crois plus à la voyance ni aux chemins prédestinés.
    La malchance devient vérité qui me permet de progresser
    Lorsque j’apprends à l’éviter et, au mieux, à la transgresser.

    Tableau de Jonas Burgert

  • Tant va la cruche à l’eau…

    J’voudrais goûter le temps qui passe comme d’éternelles vacances ;
    J’voudrais sentir le temps qu’il fait avec un soleil rayonnant ;
    Mais la météo outrepasse le beau temps avec conséquences
    Qui se conjuguent à l’imparfait chargé de vents tourbillonnants.

    J’voudrais voir le temps se figer comme une sauce à la française ;
    J’voudrais penser à autre chose et entrevoir ma vie en rose ;
    Mais vents et pluies m’ont infligé tellement de douches écossaises
    Que ma vie se métamorphose en une aventure morose.

    J’voudrais entendre le silence et la candeur de l’existence ;
    J’voudrais tâter des jours meilleurs sans peine et à portée de main ;
    Mais mon chien avec insolence aboie pour avoir sa pitance
    Et j’ dois aller chercher ailleurs de quoi l’ nourrir jusqu’à demain.

    J’voudrais reporter à demain les désagréments d’aujourd’hui ;
    J’voudrais passer le plus de temps avec un p’tit prince charmant ;
    Mais j’ai perdu mon sac à main et la malchance se reproduit ;
    Seul mon chien se montre content quels que soient mes égarements.

    Illustrations de Duane Bryers

  • Éternelle automne

    Avant le solstice d’hiver, l’automne se matérialise
    En un corps de femme évoqué par des milliers de feuilles mortes.
    C’est une loi de l’Univers qui impose et qui réalise
    Ce phénomène provoqué par un miracle en quelque sorte.

    Sans doute par une déesse, Demeter, Diane ou Artemis
    Et les vibrations telluriques des tressaillements de la Terre
    Qui nous effectue la prouesse de révéler in extremis
    Son cœur de femme féerique telle une offrande salutaire.

    Tableau de Leonid Afremov

  • La peur bleue

    La peur bleue mène la vie dure à mon goût pour la vie en rose ;
    Elle m’aveugle obstinément pour entraver ma progression.
    Hélas, cette oppression perdure dans les moments les plus moroses
    Pour rajouter en supplément une implacable régression.

    Mais j’ai pris ma peur par la main, calmement pour la rassurer
    Et même la remercier de ses subtiles préventions.
    Je poursuis bien mieux mon chemin, le cœur léger pour m’assurer
    Que ma peur soit appréciée pour ses meilleures intentions.

    Photos de Tim Tadder

  • Danse autour du marais salant

    Te souviens-tu, esprit de sel, quand ton âme a quitté ton corps
    Pour s’enfoncer en haute mer vers les abysses ténébreuses ?
    Puis ton fantôme universel peu à peu s’est mis en accord
    Avec l’élément outremer happé par d’essences fibreuses.

    Et tu t’es matérialisée, déesse du marais salant
    Qui danse sur la fleur de sel dans sa métamorphose rose.
    Et puis tu t’es cristallisée dans des fragrances exhalant
    Ce goût divin qui ensorcelle ma soupe et tellement de choses.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Petit déjeuner au chat

    Au saut du lit je me détends, je m’étire et je me toilette,
    Puis je prépare guilleret mon petit-déjeuner sacré.
    Le rituel se répétant mais sans devenir obsolète,
    Je lui consacre tout l’intérêt des aliments salés-sucrés.

    Tasse de lait dès potron-minet, la première gorgée me sourit.
    Quelques tranches de jambon fumé pour une première mise en bouche
    Que j’ai à peine terminée que je hume sur la cuisinière
    Une omelette parfumée à l’ail des ours et des souris.

    Mais voici que mes maîtres grognent et m’envoient illico presto
    Redescendre au plancher des vaches pour je ne sais quelle raison.
    Alors tant pis, je me renfrogne et abandonne mon resto,
    Puis avec un air de bravache, je m’enfuis hors de la maison !

    Tableau de Kenne Gregoire

  • La soupe à la grimace

    Mon œil, que Marianne soit soumise à ceux qui prétendent épouser
    Ses formes courbes et ses réformes et s’adapter à ses valeurs
    Quand elle se révèle promise à un avenir piquousé
    De rappels pénibles et conformes à plusieurs années de malheur.

    J’ai un mauvais goût dans la bouche à force de m’être alléché
    Aux beaux discours des candidats qui sont devenus mes bourreaux.
    Je crains que la France n’accouche de lois qui me font trébucher
    Dans un ersatz de corrida où j’ai le rôle du taureau.

    Alors si je tire la langue, ce n’est pas par impolitesse
    Mais par fatigue accumulée à subir les mêmes erreurs
    Que l’on m’impose et me harangue à force d’indélicatesses
    Par les médias assimilés à la seule voix de la terreur.

    Tableaux d’Annica Klingspor sur https://ello.co/annicaklingspor

  • Les cœurs en carême

    Après les fêtes on récupère les cœurs demeurés solitaires ;
    On les purge et on les décrasse de toutes mauvaises pensées.
    On les récure et l’on repère les endurcis célibataires
    Afin qu’il ne reste nulle trace de vieilles douleurs expansées.

    Puis on recoud les cœurs brisés, c’est le travail du cœurdonnier
    Qui rafistole les blessures et les fractures du myocarde.
    Une fois qu’ils sont cicatrisés, on les confie aux façonniers
    Qui vont effacer les sutures et rentoiler le péricarde.

    Puis on repeint les cœurs moroses avec la couleur du bonheur
    Qui élimine les bleus de l’âme sous plusieurs couches de vernis.
    On les parfume à l’eau de rose, on les cite au tableau d’honneur
    Et on galvanise à la flamme les carapaces qui ont terni.

    Enfin les cœurs, entrés en cure, passent en thalassothérapie
    Et ne se nourrissent que d’amour durant trois ou quatre semaines.
    Après un temps de sinécure et de kinésithérapie,
    Ils sont remis au goût du jour pour vivre une expérience humaine.

    Illustrations de Heinz Geilfus

  • Les vaches à lait

    Après l’or noir, l’or bleu-blanc-rouge, après l’or vert qui coule à flot,
    L’homme exploitera l’or humain, nec plus ultra de l’énergie.
    Tout ce qui vit, tout ce qui bouge alimentera le cash flow
    De l’économie de demain pour l’extraire de sa léthargie.

    Si « labourage & pâturage » valaient nos françaises mamelles,
    Il manque la « copulation » au rang de couilles nationales.
    C’est pourquoi, dès leurs plus jeunes âges, nos plus plantureuses femelles
    Nourriront la population par voies buccales ou anales.

    Illustration d’Ausonia sur https://www.artstation.com/artwork/EwL84

  • Un nouveau regard est-il nécessaire ?

    La science de l’information demande plusieurs points de vue
    Pour appréhender les tenants et coincer les aboutissants
    Et non pas la déformation où tous les malheurs sont prévus
    Pour nous stresser en méprenant nos sens en les assoupissant.

    Observons les guerres par l’angle de ceux qui fournissent les armes ;
    Analysons les pandémies dans les milieux économiques.
    Mafia, Religion et Triangle nous invitent à sonner l’alarme
    À savoir que nos ennemis ne sont que tragiques comiques.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le sirénomètre

    Pour observer le temps qu’il fait, rien ne remplace un baromètre
    Mais pour suivre le temps qui passe, il faut l’instrument adéquat.
    Chaque marin, s’il est parfait, consulte son sirénomètre ;
    L’appareil le plus efficace, je vais vous expliquer pourquoi :

    Mais à quoi pense la sirène tous les matins en se coiffant ?
    C’est selon la température du courant de la mode en mer ;
    Selon si les stars dans l’arène s’échangent des mots décoiffant
    Dont l’ampleur en twittérature s’avale comme une pilule amère.

    Les cheveux longs de la sirène exigent une totale attention
    Pour dénouer toutes les tresses et les peigner comme il se doit.
    Selon l’actualité sereine, tout se démêle sans tension
    Mais quand elle en lit les détresses, il lui faudrait plus de dix doigts.

    Tableau de Patricia Rose Studio

  • Ah, si vous connaissiez ma sirène !

    Savez-vous quel est le modèle le plus en vogue dans les musées
    Qui représente l’étalon plus précieux que l’or outremer ?
    Point n’y ont été infidèles, ni lassés, ni désabusés,
    Ceux qui fréquentaient les salons des galéristes de la mer.

    Derrière un rideau de peinture se cache la beauté interdite
    De celle qui figurait l’émule de l’imperceptible Aphrodite.
    D’autant qu’en-dessous de la ceinture, à l’instar des jambes prédites,
    Un coup de pinceau dissimule sensuellement sa queue maudite.

    Tableaux de Colette Calascione

  • Intimes réflexions

    Arrêter le flot des pensées revient à arrêter le temps
    Et la méditation atteint cette limite qui se savoure ;
    Le cœur permet de compenser l’afflux d’idées intermittent
    En s’ouvrant au petit matin sur une unique onde d’amour.

    La vague d’amour se répand sur l’intégrale nudité
    De la peau au contact de l’air qui devient amplificateur ;
    Tout le corps vibre et ne dépend plus que de l’opportunité
    De ressentir l’Être Stellaire fils d’un Soleil procréateur.

    Tableau de Sophia Rodionov

  • Vénus en armure

    Elle s’est retrouvée piégée entre les quatre dimensions
    Au moment de passer le mur de la lumière clignotante.
    Juste une empreinte désagrégée de ses nobles mensurations
    Témoigne Vénus en armure à la poitrine ballottante.

    Jamais les amours impatientes ne peuvent souffrir d’un retard
    Et Vénus court contre la montre trop vite la plupart du temps.
    Lorsque la verge est déficiente, elle vient rallumer le pétard
    À toute berzingue comme le démontre ce cliché fort contrebutant.

    Si vous ne voyez pas de formes émerger de votre cloison
    C’est preuve que votre libido ne connaît nulle dérobade.
    Mais si surgissent ses difformes ventre et pubis avec toison,
    C’est que Vénus vient tout de go vous sauver de la débandade.

    Sculpture de Lynne Furrer

  • Diane végane

    Diane faisait feu de tout bois, excepté des bois de nos cerfs
    Qui perdent ramures en automne pour les recouvrir au printemps.
    Lorsque les biches sont aux abois la nature fait le nécessaire
    Pour que les mâles heureux entonnent leurs chants d’amour en se pointant.

    Or quand le cerf est bien membré des bois de sa nouvelle année,
    Il baisse la tête soumise quand il voit Diane se ramener.
    Elle-même, qui passe fière et cambrée sans voir l’animal ricaner
    D’esquiver ses cornes promises au trophée sur la cheminée.

    À chaque rencontre, il parait que le cervidé débrouillard
    Possède plus d’un tour dans son sac pour mystifier sa prédatrice.
    De plus l’hiver, il disparaît entre les couches de brouillard
    Et Diane de tourner casaque pour devenir cultivatrice.

    Tableau de Georgy Kurasov sur https://www.facebook.com/Georgy-Kurasov-Art-401561293244767/photos

  • Concerto pour trois Parques

    Parce que c’est plus beau à six mains et plus harmonieux sur sept cordes,
    Les Parques jouent des ritournelles avec le fil des destinées
    Afin de voir des lendemains chanter sans la moindre discorde
    Et afin que se renouvellent des milliers d’échos combinés.

    Échos qui sonnent comme des accords selon les dynasties de gammes
    Qui se retrouvent, vies après vies, pour continuer leurs jeux de rôles.
    Si j’ai trop servi de raccord avec toutes mes familles d’âmes,
    Sans fin j’y demeure asservi au titre de porte-parole.

    Je suis cette septième corde qui tremble et vibre en résonance
    Par toutes les combinaisons que trente phalanges interprètent.
    En conséquence, je vous l’accorde, j’ai dans le cœur la rémanence
    De toutes les déclinaisons des caractères qui s’y prêtent.

    Tableau de Getahun Assefa Balcha

  • La verte mutation

    Lorsque les mers reverdiront sous l’effet de la pollution,
    Les petits poissons muteront comme nous-mêmes, il y a longtemps.
    Les sirènes convertiront leurs queues en guise d’évolution
    Et, sur deux jambes, disputeront un nouveau départ en chantant.

    Rendez-vous à la prochaine ère lorsque les pôles auront fondu
    Laissant les terres englouties créer des mondes inédits.
    Les derniers humains, pauvres hères, se retrouveront morfondus
    Parmi la nature aboutie dans une verte comédie.

    Illustration de Carly Elizabeth Schmitt

  • 50.000 ans après l’humanité

    Depuis on n’sait combien d’années, après la mort du dernier homme,
    La planète en convalescence panse patiemment ses blessures.
    Oubliées les villes damnées disparues dans un maëlstrom,
    Ruines frappées d’obsolescence, terres criblées de meurtrissures.

    Mais peu à peu tout recommence ; l’homme n’est plus indispensable.
    Les animaux coopératifs ont tous rétablit l’équilibre.
    Mais point de Dieu dont la démence provoque des guerres impensables
    Mais un système fédératif qui unit toutes espèces libres.

    Le singe n’est pas au sommet sinon celui du cocotier ;
    Personne ne craint plus les loups, on vit paisible au fond des bois.
    Aucune chair n’est consommée, les œufs bannis des coquetiers
    Et pour qu’il n’y ait pas de jaloux, les chiens miaulent et les chats aboient.

    Illustration d’Icinori sur http://icinori.com/blog-2

  • Plagiarisme

    Chacun s’inspire des expériences faites par ses prédécesseurs
    Qui ont eux-mêmes photocopié généreusement la nature.
    Nature qui, par loi d’invariance, multiplie comme un processeur
    Parfois ses erreurs estropiées ou ses mutations immatures.

    Et moi, je plagie l’univers et toute sa diversité
    Qui flatte mon cœur d’émotions que j’ai envie de présenter.
    J’extrais d’un simple fait divers l’invisible curiosité
    Que je duplique sans précaution pour bien mieux la complimenter.

    Mes poèmes n’inventent rien d’autre que la réalité ;
    Comme un musée à mots couverts qui collectionne l’indicible
    Pensée perdue pour le terrien mais, pour le rêveur alité,
    Un vrai trésor à découvert dont chaque vers connaît sa cible.

    Tableau de René Magritte

  • La femme au chat

    J’aime percevoir les secrets qu’un tableau de maître renferme
    Par son décor bien indiscret qui m’interpelle de pied ferme ;
    Cet arrière-plan rouge sang qui donne toute sa chaleur
    Au symbolisme rougissant d’une femme mise en valeur.

    Ô sang, renfermerais-tu l’âme allouée au féminin sacré
    Qui agite son oriflamme à chaque étape consacrée ?
    Premières règles qui invitent à la fonction procréatrice
    Durant tout le temps où gravitent les ovocytes dans ta matrice !

    Et chaque mois tu renouvelles l’énergie de fécondation
    Par des menstrues qui se révèlent souvent comme une inondation.
    Cependant parfois le miracle de la vie engendre la vie
    Dans le suprême tabernacle indispensable à ta survie.

    Ô sang comme un fond de garance où coagule ton passé,
    Tu évacues tes pertes rances comme des échecs compassés.
    Mais tu es porteur de lumière lorsqu’un homme sait honorer
    Ta féminité coutumière par des amours revigorées.

    Tableau de Pierre Bonnard

  • La route de Samarcande

    Parfois la route de la soie se joue de méandres en lacets
    Qui donnent un peu le mal de mer mais qui valent bien le coup d’œil.
    Il faut garder par devers-soi tous ces virages entrelacés
    Qui apportent un goût doux amer dans un voyage sans écueil.

    Et puis Samarcande apparaît se découpant sur ciel d’azur
    Et ses mosquées, ses mausolées, médersas ornées de faïence.
    L’inquiétude alors disparaît et change au fur et à mesure
    Les appréhensions désolées pour un sentiment de vaillance.

    Illustration de Thomas Thiemeyer

  • Le baiser du dieu-paon

    L’amour est une dimension de l’espace-temps métaphysique
    Dont la lumière a pour valeur l’intensité de l’intention
    Avec deux pôles en extension aux méridiens géodésiques
    Qui en transmettent la chaleur et les couleurs de sa tension.

    Du féminin incandescent au masculin vif et ardent,
    La synergie devient divine dès qu’un baiser est échangé.
    L’univers n’a rien d’indécent quand ses étoiles vont s’attardant
    Vers un trou noir où se devine un futur Big-Bang louangé.

    bodypainting & photos de Bella Volen sur https://bella-volen.com/fine-art-body-painting.html

  • Z’animaux

    D’une lointaine descendance avec Noé et Emzara,
    La Reine Rouge sur son trône surveille la montée des eaux
    Tandis que son chat violet pense à l’aubaine d’un bon débarras
    Pour les chienchiens à leurs patronnes et leurs délits de sale museau.

    Alors on trie de préférence les animaux de compagnie ;
    On vire les hippopotames, les affreux et les déficients ;
    On choisit avec déférence sans faire de zoomanie
    Ceux qui plaisent à Monsieur-Madame et les distraient à bon escient.

    Lui, n’a gardé qu’un chat qui fume en robe noire de havane ;
    Elle, n’a pris qu’un rhinocéros pour un usage cosmétique
    Dont elle abuse et se parfume tandis qu’à côté se pavane
    Une grenouille dont l’air féroce n’est avant tout qu’hypothétique.

    Illustrations d’Enki Bilal

  • Illusio in unguento, in vino veritas

    L’illusion n’émet pas d’odeur malgré son flacon débouché
    Qui laisse sentir l’envoûtement dans des volutes embaumées.
    Point n’ai besoin de décodeur pour voir ce leurre retouché
    À grands coups de glougloutements pulsés de sa fiole empaumée.

    Depuis l’arôme de la pomme, les mensonges sentent le roussi,
    Les tentations empuantissent et les escroqueries empestent.
    J’aspire à lire un nouveau tome dans un paradis sans souci
    Pour que le mal s’anéantisse de lui-même par la malepeste !

    Le vin cache sa vérité sous une robe vermillon
    Qui laisse aviser les rondeurs et tous les charmes de l’alcool.
    Sa force et sa témérité, comme les ailes d’un papillon,
    Créeront un trouble en profondeur dans mes esprits cavernicoles.

    Depuis la cuite de Noé et l’ivresse de la Pentecôte,
    Les mots me font tourner la tête dans des promesses politiques
    En pots-de-vin désavoués qui se décomposent et cocotent
    Avec demandes et requêtes vers un monde apocalyptique.

    « Illusio in unguento, in vino veritas» : Illusion dans le parfum, vérité dans le vin.

    Tableaux de Chie Yoshii sur https://www.chieyoshii.com

  • Quelque part dans le ciel

    Parmi les eaux évaporées contenant toutes nos humeurs,
    Combien retombent et combien restent agglutinées en cristaux sourds
    De médisances abhorrées qui véhiculent les rumeurs
    Condensées en vapeurs agrestes au-dessous des nuages lourds ?

    Mais ces pensées noires de haine subissent un cycle de pyrolyse ;
    Elles sont grillées et calcinées par le nettoyage solaire.
    Quelques insolites phénomènes que le ciel serein diabolise
    Sont recyclés et vaccinés dans ses eaux de pluies de colère.

    Dans mes collines où s’écoulent ces pluies acides et polluées
    Je vois souvent des mousses oranges dans les ruisseaux s’agglomérer
    Dont les eaux ruissellent et roucoulent dans les rivières éberluées
    Où naitront des effets étranges que Dieu seul sait énumérer.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pas si fous que ça, les romains !

    À Davos, fais comme les romains, lis, écris et parle latin ;
    Économise l’énergie mais prend ton bain du samedi !
    Remets tes soucis à demain et attends le lundi matin
    Pour glandouiller en synergie sinon te mettre en maladie.

    Chez nous, la procrastination est la méthode la plus sûre
    Pour gouverner impunément sans avoir de comptes à vous rendre.
    Lorsque la prédestination t’ouvre la voie de la luxure,
    Baise et jouis opportunément de tout ce qui est bon à prendre.

    À l’Élysée, mets-toi à l’aise ; au parlement, joue les absents ;
    À l’assemblée, fais-toi du blé ; des impôts, exonère-toi !
    De temps en temps, fais un malaise ; s’il le faut, charge tes remplaçants ;
    Tant pis si les temps sont troublés du moment que toi, tu festoies !

    Les Romains construisaient des bains avec un système de chauffage par hypocauste. Ils allumaient un feu de bois ou de charbon de bois. Les gaz chauds s’écoulaient sous le sol à chauffer et remontaient à travers des conduits le long des murs creux. Ils utilisaient également des sources d’eau chaude naturelles comme à Bath au Royaume-Uni, à Aix-la-Chapelle en Allemagne, à Budapest en Hongrie, etc.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Demandeurs d’asile

    Quel sera le comportement des habitués des abysses
    Quand toutes les eaux monteront à l’assaut des terres inondées ?
    Prendront-ils leurs appartements parmi les nombreuses bâtisses
    Que nous leur abandonnerons sans pouvoir les vilipender ?

    Ils prendront nos poissonneries pour des tortures piscicoles,
    Tiendront nos boîtes de conserve pour des sardines locataires,
    Jugeront nos polissonneries comme stupides cas-d’école.
    Alors que Neptune leur réserve l’eau promise sur toute la Terre !

    Tableau de Jose Francese

  • Poissons-ballons

    Jamais je ne terminerai mes vacances en queue de poissons ;
    Voici la raison pour laquelle, je me fabrique un train de rêve.
    Un train de poisson et de raies mais de queues en colimaçon
    Afin d’éviter les séquelles des fins d’ semaine un peu trop brèves.

    Cette année, des poissons-ballons, poissons-clowns et poissons-volants,
    Tous enchâssés en montgolfière pour filer au-delà des mers !
    Je reprendrai bien du galon et des titres mirobolants
    En tant que capitaine fier d’être un grand rêveur de chimères.

    Tableau de Jose Francese

  • Pensées floues

    Souvent j‘ai beau me concentrer sur un sujet déterminé,
    Ma pensée subit l’attraction d’un trou béant de digressions.
    Alors l’objectif décentré dans un flou indéterminé
    M’entraîne dans une abstraction d’îles pavées de transgressions.

    J’y fait naufrage fréquemment pour échapper à la tourmente
    De choses sérieuses et ennuyeuses où d’autres y trouvent du plaisir
    Mais j’y découvre subséquemment l’irréalité qui m’aimante
    Vers d’inattendues et joyeuses opportunités à saisir.

    Tous les trésors que j’ai puisés n’ont pourtant aucune valeur,
    Toute l’eau que j’y ai goûtée ne décante aucune saveur
    Mais quand le corps a épuisé toute ma précieuse chaleur,
    Le cœur et l’âme viennent écouter la petite voix du rêveur.

    Tableau d’Eric Pedersen sur https://www.boumbang.com/eric-pedersen

  • Au pays des aveugles, les femmes sont nues

    Lorsque la lumière s’éteint et lorsque les yeux lâchent prise,
    Je me reconnecte au réseau de la vie avant la naissance.
    L’esprit comme un miroir sans tain laisse apparaître des surprises
    Prédécoupées par les ciseaux de mes anciennes connaissances.

    Dans ce monde nu de science et dépouillé de tout langage,
    Je ne vis aucune expérience mais la légèreté de l’être.
    Qu’il est bon d’ôter sa conscience et ne garder pour tout bagage
    Ce qui fond dans la luxuriance des mots dénués de toute lettre.

    Les femmes nues sont souveraines ; j’en suis leur aveugle sujet.
    Je ne m’en fait aucune image à la couleur des sentiments.
    Chaque nuit j’épouse une reine qui fait de moi son homme-objet ;
    Mon inconscient lui rend hommage dans mes poèmes les plus cléments.

    Illustration d’Ernst Stöhr.

  • L’ingénue au soleil

    Je ne rêve ni de saison, ni de lumière particulière,
    Ni même en teinte dominante mais de stimuli plus discrets.
    Les yeux n’ont pas toujours raison et d’autres émotions singulières,
    D’une attention déterminante, suscitent mes désirs secrets.

    Des images sentimentales dans des nuances aux bleus de l’âme
    Forment mes îles enchanteresses peuplées de femmes ingénues.
    Mes amours expérimentales se matérialisent et s’enflamment
    Dans une apparence aux caresses de couleurs les plus soutenues.

    Tableau de Denis Chernov sur https://www.risunoc.com/2013/06/sovremennyye-khudozhniki-ukrainy-denis.html

  • Debout les morts !

    J’entendis le réveil sonner au milieu d’un rêve émouvant,
    Maudissant l’ordre autoritaire qui détonait tel une bombe.
    Je restais là, tout étonné, de me retrouver mort-vivant
    M’extirpant des mottes de terre où était enfouie ma tombe.

    Un par un, nous nous sommes levés, hommes et femmes ressuscités,
    Après quelques génuflexions pour nous réveiller tout à fait.
    Tandis qu’un archange élevé contre toute caducité
    Suscitait notre réflexion, le cœur et l’âme stupéfaits.

    Eh bien voilà, tout recommence. Autres lieux, autres circonstances.
    Comment sera le paradis ? Est-il vraiment comme on le dit ?
    Va-t-on revivre une romance ou faire l’amour à distance ?
    Renaître est-ce une bonne affaire même si, les autres, c’est l’enfer ?

    Arcane XX du tarot PreRaphaelite sur http://www.marytcusack.com/maryc/decks/html/Tarot/PreRaphaelite.html

  • Des ténèbres à la lumière

    Désormais, nous pouvons l’admettre, Dieu, créant la femme en premier,
    Était par conséquent femelle puisqu’elle était à son image.
    Et tout ce qu’elle a pu commettre était forcément coutumier
    Aux aberrations informelles dont Elle seule nous porte dommage.

    Et d’où venaient donc les ténèbres avant que la lumière soit
    Sinon, de son propre dessein, qu’elle l’emporte sur le mal ?
    Et je propose qu’on célèbre l’évènement qui va de soi
    En reconnaissant que les saints sont tous issus de l’animal.

    Les voies génitales de Dieu, apparemment impénétrables,
    Proviennent du Saint Utérus, Sainte Matrice Virginale.
    Moi-même miséricordieux, je respecte mes vénérables
    Mères qui m’ont donné le virus de la vision originale.

    Illustration de S.V. Mitchell sur https://svmitchell.com/portfolio/drawings

  • La diablesse et le tonnerre

    Elle cheminait sans parapluie mais avec une jupe évasée
    Et proposait à qui voulait son corps pour se mettre à couvert.
    Quand je l’ai croisée sous la pluie, elle a dit pour m’apprivoiser :
    « Prenez-moi, Monsieur Riboulet, mes fuseaux vous sont grand-ouverts ! »

    Sans penser aux sous-entendus quand la belle vint à ma rescousse,
    Je lui ai donné tous mes sous pour un peu d’abri en chemin.
    J’attrapai le pépin tendu en séchant l’eau de ma frimousse,
    Les yeux fixés sur ses dessous tout juste à portée de mes mains.

    J’étais de petite noblesse, j’habitais une gentilhommière,
    Seul face à ma mélancolie mais toujours prêt à en découdre.
    Et c’est ainsi que la diablesse éteignit toutes les lumières,
    Puis tous deux, mouillés dans mon lit, eûmes ensemble un coup de foudre.

    Illustration d’Alexandre Mahboubi sur https://www.artstation.com/alex-mabb

  • La goutte d’eau de Damoclès

    Quand l’eau potable et salutaire, puisée aux frais de la princesse
    En dépit des peuples assoiffés, est revendue aux pays riches,
    Ceux qui se croyaient propriétaires de leur légitime richesse
    Se retrouvent le crâne décoiffé au visage réduit en friche.

    La goutte fait déborder le vase lorsque, pompée aux antipodes,
    Elle est transportée par les airs sans probité ni écotaxe.
    Or à mesure que l’on transvase l’eau aux maisons à digicodes,
    La Terre deviendra un désert et basculera sur son axe.

    Sculpture de Nazar Bilyk sur https://dailygeekshow.com/artiste-statue-pluie/?amp=1

  • La coopération

    Un jour viendra où les plus lents demanderont aux plus rapides
    De les aider à avancer dans l’épanchement des réseaux.
    Les vieux escargots chancelants, sur de jeunes poissons intrépides,
    Pourront ainsi concurrencer les plus véloces des oiseaux.

    Cependant en contrepartie les traînards devront s’adapter
    Ou à l’inverse ralentiront ceux qui sont constamment pressés.
    Cette synergie répartie entre ces deux forces impactées
    Sera cruciale aux environs de la fin d’un monde oppressé.

    Tableau d’Ani Mnatsakanyan sur https://www.saatchiart.com/art-collection/Painting-Photography-Collage/Contemporary-Surrealists/782019/103514/view?crlt.pid=camp.1aR0WyDS9qrw&epik=dj0yJnU9TVFpV0tyUVV5MDljdnRsSV93eHJlMTQ5aXFldE03cWYmcD0wJm49cEx0S18wbW1Ma1ExZXlVOGJ2QWZzUSZ0PUFBQUFBR01BZVhz

  • Les roses de paradis

    Chaque jour j’achetais des roses pour les semer à tous les vents,
    Les voir s’envoler sur la mer d’une vague rouge enflammée.
    Jusqu’à en avoir la névrose d’associer au soleil levant
    L’œuvre que mon art éphémère se plaît au ciel à déclamer.

    Car j’aime déclarer ma flamme par devant les quatre éléments
    Comme une vestale d’amour qui veille sur son feu sacré.
    Plaise à mon cœur, plaise à mon âme de consacrer obstinément
    Chaque pétale de velours à sa demande consacrée.

    Mes roses forment une prière qu’évoquent toutes leurs corolles
    Par des tons plutôt que des mots et des litanies de couleurs.
    Les épines restent en arrière, les pétales portent mes paroles
    Qui me lavent de tous les maux qui ont crié mille douleurs.

    Texte inspiré des « Roses de Saadi » de Marceline Desbordes-Valmore

    Tableau de Jonas Burgert sur http://improvvisazionipoetiche.blogspot.com/2017/03/la-linea-di-piombo-jonas-burgert-al.html

  • La femme qui venait de l’azur

    Belles sirènes dont l’existence n’est connue que des initiés,
    Vos cousins pionniers intrépides sont partis conquérir l’azur !
    Leurs corps prirent la consistance des pluies et des vents nourriciers
    Et leurs yeux autrefois limpides bleuirent au fur et à mesure.

    Sirènes d’air aussi légères que des nuages ascensionnels
    Et dont les tribus tout entières ont quitté les marées esclaves,
    Peuplent mes envies passagères et mes rêves les plus passionnels
    De m’affranchir de la frontière d’une gravité qui m’enclave.

    L’une d’elles a croisé ma route lors d’une chute dans les montagnes
    Et m’a soutenu dans l’éther dans une étreinte anesthésique.
    Mon corps désormais en déroute du souvenir de sa compagne
    Me laisse le cœur solitaire et l’âme à jamais amnésique.

    Illustration d’Alexandre Mahboubi sur https://www.artstation.com/alex-mabb

  • Biographie d’une femme-fleur

    Déjà bébé, la femme-fleur, aux pétales tout potelés,
    Séduit d’un sourire charmant, toujours aux anges évidemment.
    Premières larmes, premiers pleurs et la voici remodelée
    À coups de serpes et de sarments que la vie porte vaillamment.

    À l’heure des jeunes filles en fleur, on la célèbre sous toutes formes ;
    Bouquet discret de séduction, bouquet sacré de mariage.
    Bouquet de toutes les couleurs, gerbe aux nuances uniformes,
    Bouton d’or en introduction au plus érotique voyage.

    La femme-fleur ne fane pas. N’est-elle pas une fleur immortelle ?
    Fleurette qui s’altère le nuit ressuscitera au matin.
    Elle s’épanouit sans faux pas sous autant de plis, de dentelles,
    S’évanouit, puis s’amenuit le soir dans ses draps de satin.

    Tableaux de Anna & Elena Balbusso sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2014/02/Anna-Elena-Balbusso.html

  • Dans la famille Fleur, je voudrais…

    Dans la famille Fleur, je voudrais une rose
    En couleur irisée de gouttes de rosée.
    Arrosée de mes pleurs sous un soleil morose
    Au fond d’un cœur brisé et l’âme névrosée.

    Cette fleur qui grandit d’amour immaculé
    Refleurit dans mon corps un matin de printemps.
    Pétales d’organdi où vont s’accumuler
    P’tits bonheurs en accord au ton de l’air du temps.

    Mais la rose se fane sans perdre de beauté,
    Puis ride son calice et dessèche sa tige.
    Le jardinier profane lui croit sa vie ôtée ;
    Le rêveur, sans malice, y voit fleur de prestige.

    Tableaux d’Anna & Elena Balbusso sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2014/02/Anna-Elena-Balbusso.html

  • La boule à mémoire

    Chaque année notre mappemonde ressemble à une boule à neige
    Que les actualités chamboulent dès qu’on a dépassé les fêtes.
    Et notre pauvre petit monde, si malmené dans ce manège,
    Nous semble alors perdre la boule à nous donner mal à la tête.

    Bien sûr, on change de décor qu’on peint aux nouvelles couleurs
    Pour nous faire croire au changement et au bonheur qui va s’ensuivre.
    Mais malgré d’insidieux raccords dissimulés sous les douleurs,
    Ce sont les mêmes événements qui nous imposent la marche à suivre.

    Telle année, une pandémie agite notre planisphère ;
    Telle autre année c’est une crise qui appauvrit notre panier.
    Cette année qui sera l’ennemi à montrer pour nous satisfaire ?
    Peu importe car c’est la surprise qui nous divise pour mieux régner !

    Tableau de Shiori Matsumoto

  • Les piliers du ciel

    Nos gaulois ne craignaient qu’une chose : qu’un de ces quatr’ jours leur échoit
    Un ciel leur tombant sur la tête à cause de leurs dieux innombrables.
    Mais depuis la métamorphose du latin en langue de bois,
    Ce sont nos énarques esthètes qui se montrent indésirables.

    À tant faire qu’obéir aux lois qu’ils nous imposent en soutien
    Aux catastrophes programmées pour le bonheur des hommes riches,
    Il semblerait de bon aloi de veiller au bon entretien
    Des avantages amalgamés – cela va sans dire – à de la triche.

    Et je propose de planter des poteaux au bord de la mer
    Pour mieux soutenir l’horizon qui pèse sur l’immigration ;
    Et nos retraites supplantées au profit des gens d’outremer
    Et, au cas où, mettre en prison les rebelles à l’intégration.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’hélice rose

    J’ai offert mon hélice rose à une sirène helvétique
    Qui m’a attiré dans le lit de sa rivière aux eaux dormantes.
    Puis, après ma métamorphose en un nouvel homme aquatique,
    Je l’ai aimée à la folie, ma douce princesse charmante.

    Et mon bateau à la dérive a navigué fidèlement
    En suivant le sens du courant du Rhin jusqu’à la mer du nord.
    Il est resté dans ses eaux vives poussé par le ruissellement,
    Puis vers l’océan concourant au point où défier la mort.

    Parfois l’hélice rose tourne dans notre palais englouti
    Mon bateau en pèlerinage revient à chaque anniversaire.
    Pourtant jamais je ne retourne vers mon passé inabouti
    Car je vis dans ce nouvel âge dont ma sirène fut l’émissaire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le bateau qui posait des questions

    Revenait tous les vendredis la même éternelle question :
    « Verrais-je sortir la sirène avec ou sans provocation ? »
    Bien sûr, rien ne le contredit malgré l’étrange suggestion
    D’un bateau virant de carène comme point d’interrogation.

    Pourquoi cette interrogation ? À l’évidence le pêcheur
    Est amoureux de sa chimère qu’il ne voit qu’un’ fois par semaine.
    En guise de provocation pour éloigner les empêcheurs,
    De tourner en rond, victimaire, il ép’ronne tout énergumène.

    Enfin seul avec sa sirène, il continue de tournoyer ;
    Sans doute une danse nuptiale pour conquérir sa dulcinée.
    Il vivra des amours sereines, n’ayant pas peur de se noyer,
    Mais pass’ra six journées cruciales à patienter et fulminer.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Faux-chat et chaud-lapin

    Au pays des faux-lapins blancs, les chauds lapins ont le beau rôle ;
    Les chats faux qui sont échaudés se réfugient à la maison
    Car dès qu’ils sortent en tremblant, ils passent à la casserole
    Et force leur est d’échafauder des ripostes en toutes saisons.

    On appelle la semaine pascale, la Saint-Barthélemy des chats
    Car les lapins en chocolat, distribués dans les jardins,
    Font une chasse radicale – sans faire de prêchi-prêcha –
    Aux matous sous les pergolas en les fourrant de leurs gourdins.

    Tableau de Marta Orlowska sur https://www.behance.net/gallery/4262059/Surreal-Storybook-Ladies