Un éclair dans ses cheveux blancs qui flashe dans ses cheveux sombres Et un coup de foudre amoureux d’affamer le couple avachi… D’où le thon cru, tranché, troublant qui nourrira dans la pénombre D’un suc amer et langoureux les deux amants de ses sushis.
Après l’amour, poisson fumé ou poisson cru sont excellents ! Il donne un goût de reviens-y aux baisers âpres et iodés. Et quand l’amour est consumé, il suffit d’un poisson-volant Pour retrouver la fantaisie en vue de s’y raccommoder.
Mon poids descend sur la balance comme une araignée du plafond Qui m’affole pour que je sache qu’elle signe un matin de chagrin Avec mes peurs qui recommencent à me faire toucher le fond Pour remonter avec panache dès que l’espoir remoud son grain.
Les démons sucrés de la vie sont trop durs à éliminer ; Chaque bouchée de friandise m’ancre un peu plus au désespoir. Ce Dieu odieux sera ravi, lui qui m’avait déterminé(e) À souffrir de ma gourmandise et d’un ventre rond sans espoir.
Adieu tous les comptes à rebours vers les confins à l’eau de rose Qui mettaient un terme aux histoires des contes de ma grand-mère l’Oie ! À moi les frais et les débours des quotidiens les plus moroses Car j’ai remporté la victoire entre bons et mauvais alois !
Adieu tous les destins tracés, adieu royaumes dépravés ! La nouvelle génération ne croit plus aux contes de fées. Ou plutôt elle veut embrasser une existence désentravée De toute commisération envers des croyances échauffées.
Les vieilles oies du Capitole de mon héritage génétique Sonnent encore et toujours l’alarme lorsque le monde est envahi Par des propos qui rafistolent les vieilles querelles frénétiques Avec jérémiades et larmes dans notre jeunesse ébahie !
Photo de Clare Ahalt sur https://www.clareahaltphotography.com/blog/portrait-photographer-potomac-md
Tu pourrais prendre une bouée pour te sauver lors d’un naufrage ; Moi, je te conseille une éponge pour te garder des cauchemars. Sa texture sait amadouer les pires offenses et outrages Lorsqu’un mauvais rêve s’allonge avec sirènes et tintamarres.
Elle gonfle au fur et à mesure jusqu’à occuper tout l’espace Et capture dans chaque orifice les trous de mémoire douloureux. Elle compense la démesure d’une catastrophe qui passe Et qui pourrait faire son office de ton spleen le plus rigoureux.
L’Ave Maria de nos péchés disparaît d’un seul coup d’éponge ; Les jours de pluie sont absorbés et les douleurs sont délavées. Grand merci d’avoir empêché cette nuit ces fétides songes Dont le venin s’est résorbé de mon esprit désenclavé !
Un peu de feu dans tes cheveux pour me réchauffer dans ton lit ; Un peu de braise dans le foyer de ta coiffure académique ! Je donnerai tout ce que tu veux pour raviver à la folie La flamme que je veux choyer dans ton corps aux formes alchimiques !
Si la longueur de ta crinière est proportionnelle à ton charme, Tu es la Vénus flamboyante qui attise mon excitation ! Si la couleur de ta bannière ressemble à un signal d’alarme, Tu te montres ainsi prévoyante envers le feu de ma passion !
Nika Cole photographiée par Chantelle Dosser sur https://redlipstickresurrected.tumblr.com/post/176502996720/nika-cole-aka-nika-m-cole-russian-b-barnaul
Maman, les p’tits martiens pervers qui vont et viennent chaque nuit Dans leurs vaisseaux à formes humaines, sont-ils vraiment prémonitoires ? Maman, les p’tits bonshommes verts qui montent et descendent à grand bruit L’escalier toute la semaine, sont-ils vraiment rédhibitoires ?
L’un d’eux m’a dit qu’il pourrait être, si j’étais né au mois de mai, Mon paternel extraterrestre lors d’une banale performance. D’autres prétendent se reconnaître comme géniteurs présumés Qui m’auraient, à la Saint-Sylvestre, donné un peu de leurs semences.
Maman, suis-je fils d’un alien venu chercher pour pas trop cher Un peu de bonheur qui exauce son appétit pour ta corolle ? Et si je suis végétalien, c’est à cause d’avoir vu ta chair Consommée à toutes les sauces quand tu passes à la casserole !
Trois-cent soixante-cinq occasions de nourrir la route du ventre Par ses étapes gastronomiques marquant anniversaires et fêtes. Mes trois repas à profusion ont convergé au barycentre De ma nature physionomique qui tend à la sphère parfaite.
Au gui l’an neuf, j’ai éclaté de tous mes trésors amassés Protides, glucides et lipides que mon corps stocke comme graisse. L’âme hépatique s’est épatée, le corps tassé s’est fracassé Avec cet appétit stupide qui insidieusement m’agresse.
Mes chromosomes carnassiers de mes ancêtres carnivores, Mes régimes végétariens de mes racines végétales, Mes rafraîchissements disgraciés, alcoolisés, budgétivores, Tout cela n’a servi à rien sauf pour une épargne létale.
Tableau de Kagoshima sur https://www.shockblast.net/ai-shinohara-worx
Je suis en transit dans ce monde où je n’accepte nulle attache Et où j’attends à chaque instant de sauter dans un train qui passe. Mais cela ne prend qu’une seconde ; si ma vigilance s’en détache Je reste suspendu au temps et reste coincé(e) dans l’impasse.
Or, si je n’ai pour tout bagage que le sac de mes souvenirs, Si je ne porte que l’habit de mes connaissances acquises, Alors aussitôt je dégage et prends le train de l’avenir Vers des gens de mon acabit selon mes qualités requises.
Toutes ces gouttes au fil de l’eau pareilles au flot de mes pensées, Pareilles au flux du genre humain, pareilles aux nuages qui passent, Partent dans l’oubli, à vau-l’eau, un autre cycle où dépenser Leurs vies vers un nouveau chemin, nouveau monde et nouvel espace.
Qu’il est hypnotique l’effet de l’existence qui s’écoule Et qui m’attire comme un aimant de ressentiments magnétiques ! Sans doute vers l’univers des fées d’où ma propre magie découle Et qui revient comme un amant sentimental et pathétique.
Après avoir tiré les Rois, on continue avec brio À se préoccuper des reines non pas vraiment pour les tirer Mais les honorer toutes les trois puisqu’elle forment un trio Dont l’association pérenne est assidûment désirée.
Commémorons Épiphanie, Reine magicienne oubliée, Puis consacrons la Chandeleur, Reine des crêpes et des chandelles ! Célébrons enfin Stéphanie, Reine qui n’a rien publié À ce jour mais dont la valeur reviendra comme l’hirondelle !
Que feront les reines au printemps ? Elles prendront leurs quartiers d’été Bronzer de Pâques à l’Assomption jusqu’en automne, fin des vacances. Puis elles reviendront en leur temps avec leurs trois rois répéter Contre toutes nos présomptions, les mêmes faits sans conséquences.
Tableaux de Georgia Th sur https://justlikehopey.tumblr.com/post/114981137204/georgia-th/amp
À la ville, comme à la campagne, les cœurs solitaires s’assemblent Pour trouver un terrain d’entente et pour naviguer de conserve. Ainsi, compagnons et compagnes cherchent la voie qui leur ressemble Et répondra à leurs attentes et à ce que l’avenir réserve.
Tous les voyages sont chaotiques – on dit qu’ils forment la jeunesse – Et l’amour n’aime ni la routine ni le quotidien ressassé ; Il se cherche un milieu biotique pour s’épanouir en finesse Afin que ses fruits s’agglutinent sur les tuteurs entrelacés.
Alors les cœurs partent en voyage sur de grandes lignes érotiques Ou pour dormir en wagon-lit ou batifoler en croisière. Et puisque l’amour n’a pas d’âge, vers une retraite exotique, Ils s’aimeront à la folie sur le chemin du cimetière.
Car l’amour ne s’arrête pas là où la mort figure une escale Mais il repart en fusionnant pour procréer un nouvel être. Ni Paradis, ni Walhalla, ni aucune évasion fiscale, Mais un retour occasionnant des épopées au kilomètre.
Illustrations de Pascal Campion sur https://positivr.fr/pascal-campion-dessins-couple/?amp
L’électrice, en démocratie, possède le pouvoir de choisir À l’opposé, en monarchie, elle se doit d’embrasser son prince. Sans doute qu’en théocratie, les dieux élus règnent à loisir ; Peut-être même qu’en anarchie, c’est plutôt le peuple qui grince.
L’idéal serait d’essayer chaque prétendu président Et passer une nuit d’amour pour savoir s’il est un bon coup. S’il passe son temps à grasseyer comme tous ses véreux précédents, Dans tel cas, on pourra toujours voter en lui tordant le cou.
À force de nous prendre pour des nouilles et de nous plumer comme un œuf, On se rassemble à la Bastille afin de le montrer du doigt. Et s’il fait comme la grenouille qui veut être grosse comme un bœuf, Laissons-le enfler des chevilles et éclater comme il se doit.
Au royaume des pies voleuses, tout ce qui brille n’est pas d’or ; Si la pie blanche voit tout en noir, la noire aussi, quoi qu’il en soit. Le problème de ces enjôleuses tient à s’ méfier quand on dort D’être volé, dans son manoir, par beaucoup plus voleur que soi.
Par ailleurs, les pies sont menteuses et ne parlent que sous un masque Afin de montrer patte blanche et tromper ainsi les moutons. Bien que la pratique soit honteuse et que personne ne les démasque, Elles continuent tous les dimanches à nous resserrer les boutons.
Les pies chantent faux à Davos, à Paris, dans tous les pays Et les pies volent allègrement d’une manière déloyale. Certaines pies roulent en carrosse et leurs sujets restent ébahis Quand l’un’ d’elles, par dénigrement, crache dans la soupière royale.
Tableau d’Aaron Jasinski sur https://www.taringa.net/+arte/aaron-jasinski-pinceladas-nostalgicas-parte-2_hrdb0 ainsi que sur https://www.aaronjasinski.com
Point besoin d’être née sirène pour être promue au statut De la compagnie des princesses et futures reines des mers. Or pour accéder à l’arène et être élève de l’institut, Il suffit d’immerger ses fesses et développer ses pieds palmaires.
Ainsi la fille devient novice et vit en totale immersion Dans un séminaire aquatique où elle restera cloîtrée. Nourrie aux saintes écrevisses, elle subira la conversion De ses jambes problématiques en une queue idolâtrée.
On lui apprendra à chanter et amplifier son organe Pour une chasse consacrée à son régime bienséant Par des formules enchantées enseignées par la fée Morgane Dont les connaissances sacrées priment dans tous les océans.
Fi des queues en colimaçon pleines d’arêtes et de nageoires ; Vivent les queues en tentacules pour mieux étreindre ses victimes ! La mer, c’est bon pour les poissons ; idem les mares et pataugeoires ! Refusons tous ces ridicules clichés sur notre vie intime !
Elle a pris un appartement avec vue sur les vallées suisses ; Elle y reçoit peu de matelots car elle leur préfère les bergers. Mais elle y cajole ses amants entre ses si nombreuses cuisses Que plus d’un de ces rigolos redemandent à s’y héberger.
Elle y consent et les invite à partager tous ses repas Et garnit ainsi son frigo de gigots, épaules et cuisseaux. Tout un petit monde gravite, chimères plus ou moins sympas, Avec lesquelles, tout de go, elle partage les meilleurs morceaux.
Tableau de Nicoletta Ceccoli sur https://ilmondodimaryantony.blogspot.com/2013/08/gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html
Mon vieil ami, le pique-assiette, qui s’invitait tous les matins Contre mon gré au déjeuner, a fini par prendre racine. Aujourd’hui j’en fait la cueillette que je mélange avec du thym Pour clôturer notre dîner par une douce médecine.
Il venait toujours en retard et inventait mille prétextes Pour justifier l’importance et nous vanter sa marchandise. Hâbleur, fanfaron et vantard, sortant un mot de son contexte, Il renversait les circonstances pour les adapter à sa guise.
L’arbre qui cache la forêt, c’est un peu lui en quelque sorte ; On ne parlait plus que de lui d’un bout à l’autre des réseaux. Maintenant l’ami Ricoré qui pousse à deux pas de ma porte, Me réveille quand le soleil luit par le chœur de tous ses oiseaux.
Illustration de Lisa Aisato sur https://salg.aisato.no/butikk/digitaltrykk
La pomme est contre toute envie l’arbre qui cache la forêt ; Elle occulte tous les désirs et les passions les plus succinctes. Toute l’essence de la vie s’épuise jusqu’à s’évaporer En interdisant tout plaisir au nom d’une censure sainte.
Est-ce le péché originel qui limite mes prétentions Comme une entrave à des pensées que j’aurais osé m’infliger Ou bien l’enfer obsessionnel pavé des meilleures intentions Afin d’éviter d’offenser ce qu’un Dieu aurait exigé ?
Cette limite obsessionnelle finit par occulter ma vue Et ne montre que du péché par son traitre et fourbe contrôle. Fi de ces lois conventionnelles où tout a déjà été prévu Pour me brider et m’empêcher d’échapper à leurs jeux de rôles !
Finis déguisements idiots, fausse barbe et fausse bedaine ! Adieu, vieux traîneau obsolète, rennes de bois, maintes clochettes ! Bonjour les bienfaits primordiaux de trois-cent-dix jours de fredaine À galoper sur la sellette à la croupe de ma bichette !
Le Père Noël n’existe plus pour les onze mois de l’année Et je redeviens Petit Prince, je vous le dis en vérité. Si ma visite vous a plu en passant par la cheminée, Souffrez que maintenant j’en pince pour des vacances bien méritées !
Pour vos prochains bons de commande, envoyez en poste restante Vos désirs pour l’année prochaine adressés à Marie Licorne. Car ma chérie, à ma demande, sera ma précieuse assistante Pour dépouiller à la douzaine tous vos courriers d’un coup de corne.
Illustration de Lisa Aisato sur https://www.aisato.no/andre-illustrasjoner
Pour appâter l’œil des voyeurs que j’élève dans mon atelier, Je dois leur fournir des modèles, principalement des femmes nues. Auprès des meilleurs pourvoyeurs de la fine fleur des bordeliers, J’obtiens les meilleures donzelles dodues, callipyges et charnues.
« Petits, petits, les apprentis ! Ouvrez grand vos yeux impudiques ! Goûtez ces formes appétissantes, buvez dans la courbe du tendre ! » La nourriture est garantie naturelle et biologique, Conciliante et obéissante envers ce que l’on peut attendre.
Vous cherchez un travail facile ? Bien rémunéré, sans fatigue ? Il n’y a rien d’illégitime à montrer votre plasticité ! Nourrir l’œil n’est pas difficile envers celui qui investigue ; Exposez vos parties intimes et vous serez plébiscitées !
Maryam Motamedi Masoudieh devant le tableau « L’artiste et son école » de Franz Nolken
Quand Valentin mène en bateau sa Valentine au fil de l’eau, Il ne voit qu’elle évidemment et passe ses jours à l’attendre. Pour elle, il bâtit des châteaux, la moindre balade à vélo Devient voyage d’agrément sur l’infinie route du tendre.
Mais le rêve qu’il se construit est-il celui de sa chérie Ou est-ce un décor de théâtre où il lui joue la comédie ? N’aura-t-il pas que l’usufruit de l’objectif qu’il renchérit Avec ses pensées opiniâtres à moins qu’elle n’y remédie ?
En amour, on ne compte pas. On verra bien au fil du temps Si l’image s’est estompée dans le grand fleuve de la vie. L’amour aux multiples appâts flétrit ou dure-t-il longtemps ? Si vous pouvez me détromper, communiquez-moi votre avis.
L’exclusivité de l’amour n’est pas donnée qu’à Cupidon Et au quatorze février certains font flèche de tout bois. Notamment le raton glamour à qui d’ailleurs nous validons Le titre du manouvrier qui met les femelles aux abois.
Raton-laveur devient chasseur quand la nécessité fait loi Pour éviter le temps perdu à conter fleurette aux ratonnes. Pas besoin de vibromasseur ! Qu’y-a-t-il de meilleur aloi Qu’une flèche d’amour éperdu plantée dans un cœur qui détone ?
Illustration de Lily Seika Jones sur https://insomniac-arrest.tumblr.com/post/705913673751920640/thecollectibles-art-by-lily-seika-jones
Ainsi Vénus se promenait les bras croisés derrière le dos, Entièrement nue et sans complexe, les seins libres à s’enorgueillir. Personne ne se méprenait sur l’état de sa libido Car elle présentait son sexe comme une fleur à recueillir.
Devant cette offre intéressante, quelques cupidons attirés D’abord se laissèrent surprendre, puis opinèrent toutefois. Mais cette Vénus oppressante mue par un désir inspiré Exigea de se faire prendre par tous ses amants à la fois.
Évidemment, c’était un piège car la Vénus était plombée Par des escrocs, après enquête, qui vantaient leurs médicaments. Ils eurent beau faire des bains de siège, ils finirent tous par succomber À une crise de la quéquette qui enfla précipitamment.
Je vous en prie, tous, prenez garde la nuit de la Saint-Valentin ; Si vous croisez Vénus à poil, gardez la queue et le sang froid ! Bien sûr, c’est vous que ça regarde mais vous serez ces galantins Dont tiendra les cordons du poêle votre poète avec effroi.
Lorsque j’ai bu l’O de l’oubli, comme l’O d’un ensemble vide, Son visage avait disparu avec ses yeux, sa bouche en cœur. La fille n’a pas fait un pli, à corps perdu, l’esprit avide De se faire happer par la rue pour y diluer toute rancœur.
Je crois que ses yeux m’ont souri et que sa bouche m’a avalé Comme une amante religieuse qui m’aurait fait perdre la tête. Volte face comme la houri de mon paradis dévalé Dans la maladie contagieuse et fatale d’une amourette.
Et je regarde le gyrophare pulser sur son corps ambulant Qui emporte dans ses paquets ma mémoire et mes souvenirs. La mort rapide et sans fanfare m’a piqué en m’inoculant L’amnésie non contre-attaquée que je n’avais pas vu venir.
Je n’ai vu de Paris que l’interface sombre D’un écran cathodique d’une vie noire et blanche. Puis de fausses couleurs sont nées de la pénombre Pour projeter son cœur sur l’écran des dimanches.
Je l’ai connue plus tard quand elle m’a fait la cour ; Paris était la femme et moi son mâle errant. Mais le charme épuisé des arrogants discours Ne m’a point retenu, j’étais trop différent.
Je la vois aujourd’hui, cette ville lumière, Vieille cité qui sait encore séduire autant. Qui verrait à présent sa vérité première Saurait que l’éternelle dame résiste au temps.
Sa séduction rayonne mais j’y suis hermétique J’ai fui les grandes villes à l’air empoisonné. Les hasards m’ont conduit sur les terres helvétiques Et Paris sous son globe m’apparaît cloisonnée.
Quand tu te trouves au bord du gouffre, accroche-toi au téléphone Et compose le numéro de l’assistance aux cœurs perdus. Que tu te plaignes ou que tu souffres, tu pourras rejoindre la faune De ceux qui se voulaient héros et meurent anonymes, éperdus.
Sans doute avec de la patience – un proverbe chinois le dit – Tu y verras passer le corps de tes ennemis oubliés. Sinon attire leur confiance, nourris-toi de leurs tragédies Et tu pourras toujours encor en parler et les publier.
Révolution chez les amantes, les laïques et les religieuses ! Les bonhommes ne perdent plus la tête pour une partie de jambes en l’air. À moins qu’on ne nous le démente par une pirouette prodigieuse, Ils sont partis à la conquête des droits dont ils sont titulaires.
Désormais, pour la parité, ils goûtent avant d’être mangés La garniture dont ils enrobent les vêtements de leurs promises. Tandis qu’en solidarité, lorsque le tout est mélangé, Elle ôte et lui offre sa robe comme si elle lui était soumise.
Après qu’il eut été mangé, croqué et sucé jusqu’à l’os, Il ne resta plus que la tige de ce bonhomme en pain d’épice. C’la dut alors la démanger, la fille, de s’enfiler gratos, En coupant court à tout litige, son petit bâton de réglisse.
Tableau de Nicoletta Ceccoli sur https://vigilantcitizen.com/latestnews/disturbing-mkultra-and-child-abuse-paintings-displayed-on-billboards-in-italy
Monde intérieur imaginaire qui me rappelle d’où je viens, Qui fait sonner les expériences acquises de mes vies antérieures. J’aime tant son imaginaire qu’à travers lui, je me souviens De l’écho d’une clairvoyance vers l’itinéraire ultérieur.
Monde extérieur immatériel car j’appréhende sa matière, Sa dureté et ses dangers à jamais de moi différents. Pourtant l’organe sensoriel qui me fait vivre tout entière Lui est à la fois étranger et cruellement afférent.
Je suis ce monde intermédiaire, je suis assis sur la fenêtre Avec la peur de basculer dans un destin irréversible. Comme une question subsidiaire qui me décidera à naître Pour une vie immaculée de mes mémoires inaccessibles.
Comme il faut bien qu’elle s’habitue, les bonhommes en pain d’épice Sont principales gâteries qui enchanteront sa jeunesse : « Je te grignote et je te tue à petit bout mais sans malice ; J’aime ta camaraderie et ta saveur toute en finesse ! »
Elle chantonnait cette comptine en dégustant chaque bouchée De ses petits amis sucrés à la tête aromatisée. Petite habitude enfantine qui allait plus tard déboucher Sur une litanie consacrée à ses victimes traumatisées.
Comme elle n’a pas beaucoup d’amis, elle prend son déjeuner au lit De la rivière au chocolat en compagnie de ses copains ; Pour ne pas avoir d’ennemi, elle va au bout de sa folie En grignotant sans tralala sa bonne bouille en massepain.
Dans son école des Nougatines de l’ordre des Saintes Amantes, Elle apprendra l’anatomie et le meilleur côté des hommes : Leurs têtes en chocolatine battues dans du thé à la menthe, Bases de la gastronomie inscrite dans ses chromosomes.
Tableaux de Nicoletta Ceccoli sur https://ilmondodimaryantony.blogspot.com/2013/08/gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html ainsi que sur https://www.irancartoon.com/site/artists/nicoletta-ceccoli
Nourrir son imagination exige en guise d’introduction Un sens aussi vrai qu’un mensonge qui grandira avec le temps. Le cœur d’enfant en gestation développera son addiction Avec des rêves et des songes qui se bousculent à contretemps.
Bien sûr, au train où vont les choses, son appétit grandit encore, Devient de plus en plus exigeant et tout son cœur s’en réconforte. Le plaisir se métamorphose en lui transformant tout son corps Et son esprit intransigeant envers des émotions plus fortes.
Au printemps, premières amours, tout son être s’épanouit Mais dès qu’on lui pose un lapin, l’imagination se rebiffe. Elle se console non sans humour sur ses désirs évanouis Avec un pignon de sapin pour un besoin impératif.
Tableaux de Nicoletta Ceccoli sur https://ilmondodimaryantony.blogspot.com/2013/08/gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html
L’une eut le sceau, l’autre eut l’anneau et, à la fin de leur mandat, La gauche changea avec la droite le pouvoir contre l’opposition. Et l’on tomba dans le panneau car par la suite on s’amenda Par des élections maladroites sur de nouvelles impositions.
Bien qu’elles soient à l’opposée, les deux sœurs en réalité Sont similaires et seules diffèrent leurs coiffures et leurs maquillages. Bien que leurs choix soient supposés être en totale rivalité, Elles sont pareilles et se confèrent au même goût du magouillage.
Sœur Emmanuelle Omicron et Sœur Dégâts-de-la-Marine Forment un couple de même sexe, mêmes dogmes hypothétiques. Elles ont gagné le « prix citron » pour le talent qu’elles entérinent À jouer la comédie complexe du remaniement politique.
Quand sonne l’anthropophobie dans le courant de l’existence, Rabats-toi sur les animaux envers qui tu pourras plaider. Prends garde à Raminagrobis qui trouvera sa subsistance À se restaurer de tes maux en faisant semblant de t’aider.
Beaucoup de chats de circonstance font mine de patte de velours Mais donneront un coup de griffe si tu leur manques d’attention. Quand ils te promettent assistance, ils recherchent un ami balourd Qui nourrira ces escogriffes de leur entière soumission.
Sans doute l’État fait de même en nous promettant protection Pour vivre aux frais de la princesse et de notre naïveté. Ils disent régler nos problèmes tout en faisant la collection De nos biens et de nos richesses taxées pour leur oisiveté.
Il n’a pas l’air dans son assiette, le p’tit poisson du vendredi Péché, lavé et congelé directement au chalutier ! Adieu écailles en paillettes, bonjour pané du mercredi, Filets carrés et morcelés, darnes découpées sans pitié !
Faut-il sauver le dernier poisson ? Interdire sa consommation ? Mettre à l’index la bouillabaisse, les fruits de mer et l’aïoli ? Maquereau qui trouble la boisson du loup de mer en privation, Es-tu en hausse ou à la baisse chez ton mareyeur aboli ?
L’évènement est assez rare mais il se produit toutefois Quand les marins se mettent en quatre à satisfaire la sirène. Car celle-ci n’est pas avare en brochettes de cœurs et de foies, Plats aphrodisiaques à débattre mais stimulants en œstrogènes.
Si bien que quelques mois plus tard, tout le ferment de leur laitance Donne naissance à un triton, moitié humain moitié poisson. Un fils qui saura sans retard démontrer toute sa prestance Avec sa voix de baryton qui monte depuis son caleçon.
L’est trop au lit pour être honnête, ma voisine du dernier étage Dont j’entends branler le sommier et couiner les ressorts rouillés. Elle pousse aussi la chansonnette pour pimenter le ballotage Lorsque l’amant est coutumier par sept fois de la dérouiller.
Quand je la croise dans l’ascenseur, qu’elle me dit ses « bonjour chéri », Je lui réponds timidement sans oser saisir l’occasion. Bien que je sois libre-penseur et au jeu d’l’amour aguerri, J’ai peur qu’elle crie avidement mon nom à travers les cloisons.
J’ai honte mais je dois vous le dire, j’y suis monté vendredi soir Car elle m’a demandé de l’aide pour monter son lit IKEA. Comme vous auriez pu le prédire, hélas, je n’ai pas pu surseoir À l’essayer ; aussi je plaide coupable au crime indélicat.
Tableau de Charles J. Dwyer sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/10/charles-j-dwyer-1961-wisconsin.html?m=1
Sans les jambes, une relation renonce à un terrain d’entente Où se chasser à pas de loup et se louper à pas chassés. Seule la tête en corrélation avec l’âme contre toute attente Doit tracer sa route cheloue vers l’autre autant embarrassé.
Avec les jambes, le courant passe librement de la tête au pied ; Transit par les voies génitales et changement au cœur vaillant. Le voyage occupe tout l’espace et vous propose, comme il vous sied, Des liaisons sentimentales ou rapports intimes et saillants.
Illustrations de Pascal Campion sur https://positivr.fr/pascal-campion-dessins-couple/?amp
Verrouillée par la loi des sciences et par ses prêtres cartésiens, La porte de l’imaginaire seule aux yeux du cœur se révèle. Elle ouvre la voie de l’inconscience, remonte d’un puits artésien Depuis sa source originaire que l’inspiration renouvelle.
La mienne est toujours entrouverte, je la franchis sans le savoir ; J’y vis de nouvelles expériences et d’opportunes destinées. À quoi me servent ces découvertes ? Je les accomplis par devoir Car j’y retrouve la clairvoyance que j’avais avant d’être né.
Il en existe des milliers inaccessibles à contrecœur Dans la nature qui délivre sa beauté sous le firmament. Mais les cas les plus familiers de ces ouvertures du cœur Sont dans les images et les livres où je retourne fréquemment.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
J’entends sourdre à travers les plinthes toutes vos peines et vos plaintes ; J’entends sourdre à travers les murs vos confidences et vos murmures. Je suis votre fée indiscrète, gardiennes des pensées secrètes Que je recueille tous les jours que vous souffrez en ce séjour.
J’ai tout noté dans mon carnet depuis que vous êtes incarné Des premiers mots depuis l’enfance jusqu’au dernier pour ma défense Car votre avocat je serai et votre grâce plaiderai Lorsque Dieu fera le décompte de votre âme laissée-pour-compte.
Tableaux de Danny Galieote sur https://www.maxwellalexandergallery.com/danny-galieote-1
J’ai l’œil de chat prêt à bondir pour capturer l’instantané ; De mon cœur jaillit l’émotion avide de sa nourriture. Une occasion pour rebondir au cours de la nouvelle année Et découvrir en promotion des jours remplis de fioritures.
Patte en avant prête à saisir l’opportunité du moment ; L’esprit éternellement en quête d’heures exceptionnelles à vivre Pour unir plaisir et désir et écrire ensemble le roman D’une vie riche de conquêtes que seule mon âme délivre.
Mon miroir inverse mes lettres d’une manière assez spéciale ; Si les extrêmes restent en place, tout le milieu est renversé. En principe il faudrait remettre de l’ordre entre les initiales Mais en fait, le cerveau reclasse tout sans jamais tergiverser.
Sleon le rfleft de mon mrrior, l’odrre n’a annucue ipmrotncae. Sueels la pmeirère et la drenèire lteetrs rtnseet à la bnnoe pclae. Mias je puex tujoruos lrie snas porblmèe car mon creaveu hmauin N’emxanie pas cquahe ltetre elle-mmêe mias le mot cmome un tuot.
Or mon miroir ayant compris que je détournais le problème, Se mit à inverser les heures et les minutes et les secondes. Les reflets de ce malappris mettaient le temps en plein dilemme, Espérant que mon cœur se leurre et mon esprit se dévergonde.
l’envers à mots ses lire à habitué vite suis me je Mais .contribue y cerveau le car m’adapte je fois chaque à Et pervers assez ordre nouvel un institué s’est il Depuis .début au fin la mettre à inapte montre me je souvent Car
Tableau de Cynthia Sheppard et photo de Hugh Kretschmer
Avant que ne poigne l’aurore sur mes souvenirs endormis, Je sauve la couleur des rêves qui drapent le corps de ma muse Malgré l’amnésie carnivore pratiquant la lobotomie De la dernière image brève issue de mes pensées confuses.
L’image aux couleurs infrarouges et aux nuances ultraviolettes Qui ne laissent sur la rétine aucune trace de son passage. Excepté cette femme en rouge et sa fragile silhouette Comme déesse gréco-latine qui complète mon apprentissage.
En effet, la nuit l’inconscient qui n’a pas été formaté Projette des figures impossibles issues d’un monde immatériel Qui alimente mon subconscient par-delà la conformité Qui m’entrave d’une impassible inertie psychosensorielle.
La belle automne, comme une femme, est la plus tendre des saisons ; La belle automne plaît à mon âme, plaît à mon cœur dans ma maison. Elle parait toute embrumée quand vient le temps des amours mortes Balayer mes rêves enrhumés de passions que le diable emporte.
La belle automne m’a offert la petite mort nécessaire ; La belle automne n’a pas souffert, elle n’est rien qu’un ange émissaire Qui m’ensommeille et me réveille pour un voyage merveilleux Et puis qui m’ouvre et m’émerveille lorsque je la vois dans tes yeux.
Illustrations d’Ana Miralles sur https://bdheroines.blogspot.com/p/par-jean-dufaux-dessinatrice-ana.html?spref=pi&m=1&fbclid=IwAR2ww3i4r8HorpFfKD1tVdFXP4msYZxdMTnQOodAd_umF5lzsUY2f4yW2Jg
Nouvelle Lune de l’année, la porte reste verrouillée Suite à on ne sait quel dilemme qui l’avait maintenue bouclée. Elle semble vraiment condamnée – d’ailleurs ses gonds sont tous rouillés – Pourtant ce n’est plus un problème car on a égaré la clef.
Mais cette nuit de pleine Lune, six jeunes filles en robe blanche Ont accompli le rituel de l’ouverture de la porte. Sans autre procédure aucune, on entendit craquer les planches Selon le sens spirituel que le chant consacré comporte.
Une fois la porte entrouverte, les jeunes vierges sont entrées Dans le mystère et le silence de la foret du bois-des-chênes. Puis la clairière s’est recouverte de ronces tellement concentrées Qu’on en a omis l’existence et ce, jusqu’à l’année prochaine.
Partout l’amour verdurera dans la nature déflorée Quand le printemps réveillera campagnes, vallées et forêts ! Partout la vie bourgeonnera et fera jouir les fleurettes Que la pluie badigeonnera d’eau fraîche sur les collerettes.
Revivront d’amours végétales les nouveaux rameaux érectiles Qui exposeront leurs pétales autour de leurs pistils fertiles. Et mûriront les fruits bénis par d’indispensables abeilles, Petites fées dont le génie nous remplit de vie les corbeilles.
Tableau d’Igor Morski sur https://www.espritsciencemetaphysiques.com/illustrations-controverse-dun-artiste-polonais-revelent-cote-noir-de-societe-moderne.html
Je vis en vert la nuit, le jour, entre le cœur et la raison ; Quant au blues et aux bleus de l’âme, je les mets en périphérie. Qu’il est utopique, le séjour d’un poète resté à la maison Qui écrit sur le cœur des femmes dans les bras de son égérie !
L’égérie voit la vie en rose car, après tout, c’est là son rôle Et reste jaune très longtemps dans une jeunesse éternelle. Elle a sauvé mon cœur morose – je vous en donne ma parole – Qui vit un retour de printemps de ses amourettes charnelles.
Le soir, ma femme devient violette, comme la couleur des montagnes Où la Chèvre de Monsieur Seguin s’enfuit en quête d’aventures. Je sèche mon encre obsolète dans l’encrier de ma compagne Pour qui j’ai l’éternel béguin au parfum de littérature.
Photos de Julius Ise sur http://blog.julius-ise.de/colorgames
Le Roi possède tous les droits et c’est normal, il est le Roi ; Il est aussi de droit divin né de la cuisse de Jupiter Ou de n’importe quel endroit, cheville gauche ou genou droit, Quoi qu’il en soit, quoi qu’il advint, le Roi est Maître, pas de mystère !
La Reine ne possède rien et c’est normal, elle est la Reine Mais elle règne dans son lit surtout quand le Roi n’est pas là ; Lorsqu’il part chasser les vauriens de ses provinces souveraines, Elle y accueille à la folie tous ses amants sans tralala.
La courtisane fléchit le Roi ; c’est normal, c’est la plus jolie Que le Roi séduit sans retard car, des folies, il n’en a guère. Là, bien serrés, tout à l’étroit, Il oublie sa mélancolie Et lui fait deux ou trois bâtards qui, plus tard, iront à la guerre.
Les autres cartes font les corvées ; c’est normal elles n’ont aucun titre Sinon leurs chiffres décarrés qui tiennent lieu de patronyme. Parfois les As sont réservés à faire jouer leur libre arbitre Lorsqu’ils s’annoncent en carré d’un consentement unanime.
Tableaux de Jake Baddeley sur https://www.jakebaddeley.com/collection/paintings/paintings-2007
Si Dieu existe, comment peut-il laisser son chef-d’œuvre en péril Et autoriser que le mal prône son côté animal, Optant pour la loi du plus fort qui prédomine sans effort Afin que le crime malicieux soit le choix le plus judicieux ?
Ainsi nos hommes politiques nous posent autant de polémiques Sur le choix de leurs décisions qui causent autant de divisions Alors qu’ils ont été élus, non pas pour le pouvoir absolu, Mais pour répondre à nos problèmes et non provoquer les dilemmes.
Ange ou démon, le président aspire à être résident D’une durée indéterminée sans doute pour exterminer Tous ceux, lucides d’accepter de se retrouver exceptés D’un avenir qui fait mention d’un enfer pavé d’intentions.
Tableau de Nicoletta Ceccoli sur https://vigilantcitizen.com/latestnews/disturbing-mkultra-and-child-abuse-paintings-displayed-on-billboards-in-italy
Vous souvenez-vous du Chat-Botté, protecteur d’un certain marquis De Sade ou bien de Carabas ? Peu nous importe finalement ! Il eut une charibotée de descendance qui lui naquît Et qui aujourd’hui le dépasse en audace et emballement.
D’ailleurs, ils prennent notre place sur les genoux de nos mémés, Sont les confidents de nos filles, consolent veuves et orphelines. Gageons demain qu’ils nous remplacent après nous avoir blasphémés Comme anciens maîtres de famille qui se profanent et se déclinent.
Ils n’auront ni gouvernement, ni président, ni assemblée. Les riches vivront à Paris et les pauvres iront à Marseille. Ils auront le discernement de tuer et dévorer d’emblée Lapins, belettes et canaris qui leur demanderont conseil.
Illustration de Nadezhda Illarionova sur https://www.artstation.com/artwork/krP1z
J’irais bien au fond de la mer non pas écouter les sirènes Mais pour leur faire la lecture d’une diction marémotrice. Petites nouvelles éphémères, derniers potins sur rois et reines Ou de grands récits d’aventures selon le choix de l’auditrice.
Des grands romans de Jules Verne, le Nautilus, l’ile mystérieuse, Aux grandes épopées marines, l’odyssée des explorateurs. Je m’produirais à la taverne de l’illustre sirène rieuse Si l’auditoire m’entérine ce répertoire d’orateur.
Illustration d’Akira Kusaka sur https://akira-kusaka-illustration.tumblr.com
Gaffe à la sirène voleuse qui se laisse prendre au filet Pour mieux sélectionner sa proie et fuir sans demander son reste ! La sirène n’est plus cajoleuse après trois crises d’affilée Et préfère un banc de lamproies à un marin fort indigeste.
D’ailleurs plus jamais elle ne chante à s’égosiller sur la mer Mais vous pouvez toujours l’entendre à toute heure sur les réseaux. Que voulez-vous ? Elle déchante car l’avenir se montre amer Et songe à changer sa queue tendre, puis faire feu des deux fuseaux.
« Dès que la féminine engeance sut que le singe était puceau, au lieu de profiter de la chance, elle fit feu des deux fuseaux » Georges Brassens, Le Gorille.
Parmi les sciences surnaturelles, la magie reste l’énergie Prépondérante dans les forêts pour les jeunes fées ingénues. Leurs habitudes culturelles les rallient toutes en synergie Lorsque la Lune phosphorée darde un halo d’argent ténu.
À l’équinoxe, les fées dansent et au solstice, elles recommencent. Les pleines lunes les rassemblent ainsi que les coups de tonnerre. Et plus les filles sont en transe, plus revient le temps des romances Car amour et magie s’assemblent comme deux forces partenaires.