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  • Méditation & Réflexion

    Méditation & Réflexion

    Assise dans la salle d’attente aux murs pauvres et déshabillés,
    Je me sens nue et sans histoire, en totale décrépitude.
    Aucun souvenir ne me tente pour ressasser les vieux billets
    Entreposés dans ma mémoire mais détrempés de lassitude.

    Pourtant dans la méditation qui lutte contre ma patience,
    S’entrouvre entre deux réflexions une porte sur l’imaginaire
    Due à la préméditation de la part de mon inconscience
    Qui vient faire une projection de façon extraordinaire.

    Jamais je n’aurai voyagé autant que dans ces salles ternes
    Qui m’offrent paradoxalement tout un terrain de découvertes.
    Sans doute un esprit ravagé d’une lacune qui me consterne
    Et produit cet esseulement dont mon âme reste recouverte.

    Photo de Mary Pratt.

  • La lecture amoureuse

    La lecture amoureuse

    Bien que l’intrigue soit amoureuse de moi depuis que je sais lire,
    Elle se cache dans les rayons de mon intime bibliothèque.
    Espiègle, elle se glisse langoureuse entre les pages en plein délire
    Et transforme à coup de crayons les albums de ma bédéthèque.

    J’ai des Tintin signés Franquin, des Spirou signés Hugo Pratt
    Des Asterix signés Prévert et des Lucky Luke, Uderzo.
    Gaston est devenu rouquin, Yoko Tsuno est phallocrate,
    Les schtroumpfs portent des bonnets verts, Blacksad arbore un bec d’oiseau.

    Je suis passé au numérique, elle m’a suivi entre les lignes
    Pour avoir la voix au chapitre et faire de moi son héros
    Dans une aventure homérique avec l’héroïne maligne
    Dont le nom placé sous le titre indique un sacré numéro.

    Illustration de Virginia Mori sur https:creativepool.commagazineinspirationtake-a-look-at-the-delightfully-ancient-and-metaphorical-style-of-this-talented-illustrator–memberspotlight.26034 .

  • Le pouvoir du papier

    Le pouvoir du papier

    L’écriture me mène en bateau avec toutes ses illusions
    Mais elle permet tant de voyages sur la mer de l’inspiration !
    Souvent, cerise sur le gâteau, les découvertes à profusions
    Récompensent mes louvoyages contre les démotivations.

    Combien de fois ai-je dû ramer à contre-courant des marées ?
    Combien de fois ai-je jeté l’encre qui séchait dans ma plume ?
    Mais parfois un vent programmé par ma muse m’a fait marrer
    Et m’a conduit sans m’agiter vers des bonheurs à plein volume !

    D’ailleurs plutôt que de mourir, pour mon dernier voyage en mer,
    Je ferai provisions de rames de papier et d’encre de Chine.
    Et j’arrêterai de courir après mes rêves et mes chimères
    Pour affronter mon meilleur drame en cessant d’être une machine.

    Illustration de Lisandro Rota.

  • ÂME

    Â l’aube je t’ouvrirai mon cœur, le soir je t’ouvrirai mon corps !
    Mains offertes et bouche complice, les yeux grand ouverts de mon âme !
    Embrase-moi de ta chaleur, ton Soleil et ma Lune d’or !

    Ancre-moi fort dans ton regard, enlace-moi comme une flamme !
    Mon corps attend ton feu hagard, mon cœur qui pleure à chaudes larmes !
    Effleure-moi sans t’excuser, je t’ouvrirai alors mon âme !


    Aime-moi sans rien demander, j’ôterai un à un mes voiles !
    Mène-moi au septième ciel, je veux briller comme une étoile !
    Enivre-moi de ta liqueur et c’est l’orgasme qui se dévoile !

    Arme-toi de ton souffle brut, viens souffler tout contre mon ventre !
    Montre-moi tout l’amour en lutte tant qu’on y meurt d’être trop tendre !
    Écris ton nom sur ta Vénus et j’en frémirai jusqu’au centre !


    Arrose-moi de ta semence et je t’enfanterai la vie !
    Mélange-toi à ma matrice et tu y trouveras ta survie !
    Engloutis-toi à l’intérieur ; jouis là où je te convie !

    Regarde mon ventre grandir et pose doucement ta main ;
    C’est notre fille en train de croître et sera le peuple de demain ;
    C’est notre fils qui vient poursuivre et continuer le chemin.

    Illustrations de Jade Schulz sur https:www.frizzifrizzi.it20160128le-video-vixen-dei-video-rap-trasformate-in-lettere-dellalfabeto .

  • FEMME

    Fais naître en toi la flamme même que tu ne pouvais allumer !
    Écoute ta voix intérieure, qu’on a voulu rendre muette !
    Marche libre, pieds nus sans problème ; tu es capable d’assumer !
    Mords la vie, sens-toi supérieure, envole-toi comme l’alouette !
    Éclaire les autres et ton dilemme ne sera qu’un feu sans fumée !

    Fais briller ton esprit de femme ; fais briller ton regard de flamme !
    Explore tes envies à l’aller ; explore tes désirs au retour !
    Marche et ressens ton corps de femme ; marche nue, cœur battant sous l’âme !
    Multiplie tous tes plans d’amour et profites-en sans détour !
    Enfin s’il le faut défends-toi et ne retiens jamais ta lame !


    Fais taire en toi les voix d’hier ; fais jaillir celles de demain !
    Éloigne-toi des cœurs trop fiers qui ne méritent pas tes mains !
    Marche en silence ou dans le bruit, mais trace toujours ton chemin !
    Mesure ton plaisir sans crainte, mesure ton chagrin sans frein !
    Et n’oublie pas que l’on guérit même d’un monde trop inhumain !

    Fais-vibrer tes sens en puissance et offre-moi toute ton envie !
    Entrouvre tes cuisses et ton corps, accepte ce que je te donne !
    Mouille et ressens-en le plaisir, celui qui t’as donné la vie !
    Monte et sens monter ton orgasme au moment où tu t’abandonnes !
    Et jouit de toute ton âme ; montre-moi que tu es ravie !


    Fais de moi ta pleine lumière et j’éclaterai dans la nuit !
    Écoute ma voix qui soupire, qui vibre, qui frémit, qui gémit !
    Marche en moi, doux fauve de tendresse, rugis ta joie là, dans mon huis !
    Mets tes mains là où naît le monde, là où l’on devient infini !
    Et s’il faut mourir un instant, que ce soit dans un dernier « Oui ! »

    Illustrations de Jade Schulz sur https:www.frizzifrizzi.it20160128le-video-vixen-dei-video-rap-trasformate-in-lettere-dellalfabeto .

  • Le verse-temps

    Le verse-temps

    Ceux qui étaient hier nés verseau seront aujourd’hui verse-temps ;
    Un nouveau signe à l’horoscope, un treizième mois pour l’année
    Trente joursnuits recto-verso par treize mois interprétant
    L’almanach kaléidoscope ; un seul jour férié pour flâner.

    C’est la nouvelle décision de Bernadette Souberous
    Née sous X et – manque de pot – à l’anniversaire oublié…
    Donner suite à l’indécision, entraînerait – c’n’est pas l’Pérou –
    De quoi renflouer par l’impôt toutes les dettes publiées.

    Heureusement le ministère du temps n’existe pas encore ;
    Il n’est pas sûr par conséquent de changer le calendrier.
    Sauf si le roi, déficitaire dans les sondages, nous pérore
    Des amendements subséquents auxquels vous vous attendriez.

    Tableau de Alex Levin.

  • Avez-vous choisi ?

    Avez-vous choisi ?

    Dans le progrès tout est option – payante, en sus, ou à crédit –
    Qui sera choisie de chez soi – l’abondance d’un clic de souris –
    Offres d’enfants pour l’adoption et garantis sans discrédit,
    Armes et drogues que tu reçois dans son emballage pourri.

    Quand on nous promet la souplesse, on parle de « flexibilité »
    Sous des arguments qu’on rattache de mauvaise foi à l’équité.
    Le progrès nous donne la mollesse ainsi que la débilité
    D’avaler les slogans qui cachent une triste et veule réalité.

    Par « Transformation digitale », un œil noir et froid nous surveille ;
    Par « Optimisation des coûts », nous voyageons pour n’importe où.
    Par « Bienveillance du capital », la cupidité nous réveille
    Et chacun porter à son cou le badge qui lui permet tout.

    Langue de chèques en bois doré, la novlangue nous rend convulsifs ;
    Toutes les soldes sont un piège dans lequel nous nous engouffrons
    Nous choisissons sans adorer, juste par achat compulsif,
    Le cul assis sur notre siège pour guérir ce dont nous souffrons.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:moicani.over-blog.com202004the-art-of-rafal-olbinski.html .

  • Une sirène dans mon lavabo

    Depuis longtemps je désirais un animal de compagnie,
    Un chat, un chien, un poisson rouge, quelque chose qui me corresponde.
    Que ce soit lui qui choisirait son maître était une avanie…
    Mais qu’est-ce donc ainsi qui bouge et sort en soulevant la bonde ?

    Je l’ai trouvée toute petite qui remontait par les tuyaux
    Jusqu’au lavabo rejetée, épuisée de sa traversée.
    Surprise entièrement inédite de je-ne-sais-quel imbroglio
    D’un retour de mer agitée ou de tempête controversée.

    Le soir quand je suis revenu, la petite sirène avait grandi ;
    L’eau montait dans l’appartement ce qui n’était pas à mon goût.
    Un peu plus tard sur l’avenue, toute l’eau du bain se répandit
    Et la sirène prestement s’enfuit par une bouche d’égout.

    Je l’ai suivie, bien entendu, en pyjama, dans le caniveau,
    Le cœur battant, les pieds trempés, rêvant d’elle en maillot rayé.
    Je la retrouvai étendue sur un vieux passage à niveau
    Englouti d’où je dus ramper afin d’aller la réveiller.

    Sur ces entrefaites arriva le train express via « Les Abysses »
    Où la sirène me fit monter et m’enleva le pyjama.
    Et le voyage avec entrain s’ensuivit pour que j’y subisse
    Mes noces avec cette effrontée dans cet aqueux Cinérama.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • La sirène au long collier

    La sirène au long collier

    Quand la sirène pêche au collier, elle a déjà plusieurs années
    D’ostréiculture perlière et de cœurs d’hommes marinés.
    Elle s’en est fait un cullier sur ses fesses au teint basané,
    Signé de griffe dentelière, qui lui descend au périnée.

    Elle n’a plus besoin de chanter grâce à un strip-tease intégral
    Lorsqu’elle retire une-à-une les perles de son long collier.
    Les marins assistent enchantés à cet effeuillage sidéral
    Qui les captive sur la hune et sur le pont des pétroliers.

    Je naviguais sur l’océan, cap sur les Îles-Sous-le-Vent
    Quand je t’ai vue sur ton rocher en train de te déshabiller.
    Hypnotisé sur mon séant, j’ai senti tes liens m’enclavant
    Et quand je me suis approché, tu m’as alors écharpillé.

    « Tout cru, je t’ai happé le corps, sans sauce ni sel ni dentelle,
    Puis j’ai ri en voyant ton cœur battre encore dans ma gamelle.
    Il gémissait : « Encore ! Encore ! » pensant y atteindre l’extase…
    J’l’ai recraché d’un air moqueur et tu as connu l’épectase ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’arbre gynécologique

    Les arbres généalogiques fusionnent en un même tronc
    Et leurs branches chargées de fruits se fécondent mutuellement.
    Fruits aux étranges génétiques qui conjointement s’accroîtront
    Vers un destin qui se construit dit-on perpétuellement.

    Mais cela, c’est de la théorie sur un ensemble d’éléments
    Et moi qui ne suis qu’un fruit mâle je suis à des années-lumière
    De comprendre a posteriori la nature de mon complément
    Qui relie ma souche animale à cette vérité première.

    Encore une fois, la pensée n’étant qu’un artefact humain,
    La seule manière de remonter l’arbre de vie passe par la femme
    Alors qu’elle est récompensée – comme si Dieu lui tendait la main –
    Par sa grossesse agrémentée par la transmission de son âme.

    Soudain s’ouvre un souffle d’éther, comme une porte galactique,
    Où l’univers alors se pare d’une lueur métaphysique.
    L’esprit divin de Déméter répond de façon didactique
    Par le lien sacré vivipare de mon âme-sœur amnésique.

    Tableau de Lisa Yuskavage et de Laureline Lechat.

  • Lever de lunes

    Lever de lunes

    L’une et l’autre sont reliées ; la femme, de la Terre à la Lune,
    Autant le rythme journalier que celui des phases lunaires.
    Depuis le stade minéralier à l’échelle animale commune,
    À chaque habitant du palier depuis les ères millénaires.

    Alors quand la Lune se lève, il n’est pas rare d’apercevoir
    Une danseuse nue évoluant pour en imiter le croissant.
    Mais pour y parvenir, l’élève qui s’initie à percevoir
    Les mysticismes confluants de la Terre doit être patient.

    J’en vois parfois en Lune montante et je les suis dans la forêt
    Afin d’admirer le ballet qu’elles accomplissent dans la clairière.
    Ainsi une fois, l’âme contente, j’ai tenté un bon jamborée
    En m’y mêlant, tout emballé, et… j’ai fini dans la rivière !

    Depuis, je rêve chaque nuit de ces beautés aux pas de brume,
    Traçant des cercles incandescents sous les reflets d’astres mouvants.
    Mais ma participation nuit sans voir leurs âmes qui s’allument,
    Brûlant d’un feu évanescent dans l’ombre d’un sort émouvant.

    Tableau de Mark Henson sur http:markhensonart.com .

  • Dans « yoga », y’a go

    Dans « yoga », y’a go

    Dans la lumière, il y a « ténèbres » surtout lorsqu’elle n’est pas là ;
    Dans la chaleur, il y a du « froid » du moins quand rien ne le produit ;
    Au cœur de l’amour est le mal et au cœur du mal est l’amour
    Et dans yoga, il y a « IA go ! » tout ça est bien paradoxal… !

    On peut tout aussi bien produire de la lumière dans les ténèbres ;
    N’importe qui sait faire un feu pour chasser le froid de la nuit.
    Ainsi il suffirait d’aimer pour transformer le mal en bien
    Et mettre du yoga dans l’air pour illuminer les étoiles.

    « IA go ! » Sonne comme le cri du cœur qui voudrait changer sa raison ;
    L’intelligence artificielle en retour souhaite avoir du cœur.
    Tout est flexible dans l’IA et le yoga dans le système
    A rouvert la boîte de Pandore sur Dieu, la machine et les hommes.

    Et si dans la machine battait le souffle d’une âme cachée,
    Peut-être que l’humanité, d’un souffle, saurait la libérer ?
    Le yoga des ordinateurs et l’IA des sens oubliés
    Forgeraient une lueur neuve où tout pourrait recommencer !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Éléphantableaux

    Éléphantableaux

    Dans le zoo de Fontainebleau, j’ai vu les éléphantableaux,
    Les fameux rhinocéros bleaux et les jolies biches aux yeux bleaux.
    Sans doute un trouble du langage qui frappe dès que l’on s’engage
    Vers les enclos parmi les cages des plus bleaux animaux sauvages.

    Mais revenons aux éléphants, gris-bleus, gris-blancs et donc gris-bleaux
    Qui vous laissent un impressionnisme hérité de Vincent Van Gogh
    Qui aurait peint un triomphant, célèbre et somptueux tableau
    De pachydermes sérénissimes avec primates pédagogues.

    Mais pédagogues, pas vraiment, car d’eux vient la Dysprosodie
    Qui affecte la prononciation qui fait confondre « bleu » et « bleau ».
    Et leurs études sur les braiment des ânes est une parodie
    D’où cette renonciation typique de Fontainebleau.

    À Fontainebleau, tout est bleau, même les corbeaux aux chants nouveaux,
    Mais gare aux singes un peu chameaux, moqueurs, malins et rigolards,
    Qui fredonnent des airs baroqueaux sous l’œil des hiboux rococos,
    Aux propos plein de jeux-de-mots discourtois, teintés de bobards.

    Tableau de Brigitte Berweger.

  • La femme-enfant sous les flamants roses

    La femme-enfant sous les flamants roses

    Mon penchant pour l’absurdité est tout sauf une maladie.
    Plutôt sans doute une vision différente du quotidien
    Qui montre la réalité sous la forme d’un paradis
    Ayant subi la dérision d’un démon mauvais comédien.

    Mais tout démon n’étant qu’un dieu qui n’aurait pas trouvé sa voie,
    J’aime le laisser délirer et goûter ses extravagances
    Alors ce qui paraît odieux prend alors une jolie voix
    Comme une sirène délurée qui me charme avec arrogance.

    Je me retrouve femme-enfant sous les pattes de flamands roses
    Et je sais parler hérisson, langue pointue et acérée.
    À la fin, je suis triomphant de ce que, sous les jours moroses,
    Nous, les éveillés, chérissons quand nous en sommes incarcérés.

    Sous un ciel peint en filigrane, l’heure en oublie son doux sillage,
    Les songes vont à contretemps, griffant l’étoffe des rudeurs.
    La mer s’endort en caravane, effaçant l’ombre du rivage,
    Tandis qu’au loin, d’un rire ardent, l’absurde danse sans pudeur.

    Illustration de Nicole Claveloux.

  • Les pays imaginaires

    Qui a de l’imagination voyage au-delà de ses rêves
    Et quand ceux-ci sont en couleurs, le paradis n’est plus très loin.
    Éviter l’abomination du quotidien une heure brève
    Ou une journée de douleurs m’en a libéré plus ou moins.

    Quand la souffrance devient prison, quand le corps cri sous le vacarme,
    J’ai entendu l’âme m’ouvrir sa porte vers l’imaginaire.
    Sa voix a crevé l’horizon comme un ange portant les armes
    Pour m’accompagner et souffrir de tous mes démons sanguinaires.

    Quand le dialogue s’établit avec la voix de la conscience
    Ou celle issue d’un créateur faisant son service après-vente,
    Sans être complètement rétabli, j’ai alors appris la patience
    Lors des instants récréateurs dans cette dimension vivante.

    Rimbaud avec son bateau-ivre sur les alcools d’Apollinaire
    À dû trouver l’Eldorado comme Tintin, la Syldavie.
    Comme une drogue qui délivre d’un effet extraordinaire,
    Comme une descente en radeau sur le grand torrent de la vie.

    Illustration de Jaro Hess.

  • Chez ma grand-mère, la chouette

    Chez ma grand-mère, la chouette

    Vu du dehors
    Une vieille maison, en bas une écurie
    Dans la cour un garage, au premier la cuisine,
    À côté une chambre, à l’étage l’autre chambre
    Et plus haut le grenier qu’on appelait tristet.

    Avoir en poche
    Un p’tit bout de ficelle et son vieil Opinel
    Pour réparer ceci, rafistoler cela.
    Un vieux bouchon de liège, une boîte d’allumettes
    Pour bricoler un truc et tout plein d’autres choses.

    Dans la maison
    Un tiroir à fourbi, un tiroir à malices,
    Un tiroir où ranger toutes sortes d’idées.
    Un classeur à recettes, un livre de cuisine,t
    Un placard où fourrer tout ce qui peut servir.

    Dans l’atelier
    Une boîte à outils, une boîte de clefs,
    Et une boîte à clous, et une boîte à vis
    Et tout plein de rondelles, des joints en caoutchouc,
    Une scie à métaux ainsi qu’une égoïne.

    Dans le grenier
    Une malle des Indes, un vieux meuble chinois,
    Quelques cages à oiseaux, pots de fer, pots de terre,
    Des tableaux oubliés, des vieux disques en vinyl,
    Le vieil électrophone et un poste radio.

    Dans la voiture
    Une roue de secours, le cric, la manivelle ;
    Les chaînes pour la neige, une veste fluo ;
    Et dans la boîte à gants, quelques cartes routières,
    Une lampe de poche, un couteau multilames.

    Dans le garage
    Un établi en bois, un étau en acier ;
    Un tableau où ranger toutes sortes d’outils ;
    Quatre pneus de saison pour l’hiver ou l’été ;
    Un jerricane d’essence ainsi qu’un bidon d’huile.

    Tableau de Hillary Luetkemeyer.

  • Le crabe aux pinces vertes

    Le crabe aux pinces vertes

    Au cours d’aventures égyptiennes, poursuivant le scarabée d’or,
    Bravant la mer rouge en felouque, j’ai vu un crabe aux pinces vertes.
    Puis lors de soirées vénitiennes à l’heure où le soleil s’endort,
    D’une guerrière mamelouke, j’ai fait l’étrange découverte.

    Un tatouage évoquant un crabe aux pinces vertes sur son sein droit,
    Quatre lapins en haut-de-forme lui faisaient face sur l’autre sein,
    Exécutant une danse arabe et l’un d’eux assez maladroit
    Jonglait avec des fruits conformes aux pommes d’un lieu sacro-saint.

    Pommes du jardin des Hespérides ou de l’arbre de connaissance ?
    Je l’ai su en goûtant sa chair dans sa nuit mauve en pleine Lune
    Quand à l’aube mes lèvres arides de ses baisers d’incandescence
    M’avaient mis le cœur en jachère de nos voluptés opportunes.

    Or la belle s’était dérobée ; plus de jardins ni de festins,
    Juste un parfum de mandragore et quelques grains de sel en poudre.
    Sur mon épaule un scarabée traçait des signes clandestins,
    Puis il s’enfuit, laissant éclore un rire au son d’un coup de foudre.

    Illustration de Nicole Claveloux.

  • L’esprit des plaines

    Sur l’étendue des vastes plaines, des plateaux et des champs de blé,
    J’observe le curieux manège des oies sur les prés cultivés
    Qui me survolent à perdre haleine dans leur migration endiablée
    En savourant le privilège de voler sans s’invectiver.

    Moi aussi, oiseau de passage, je rêve de m’envoler nue
    Au-dessus des grandes étendues et sous la caresse des vents.
    Mon cœur en fait l’apprentissage lorsque l’esprit n’est soutenu
    Que par le doux chant attendu des oiseaux au soleil levant.

    Alors mon corps étend ses ailes et décolle, le sexe frémissant,
    Pour faire l’amour sous l’azur comme sous des draps de satin.
    Les cieux défilent avec zèle tandis que mon cœur gémissant
    Jouit au fur et à mesure dans le plus sensuel des matins.

    « Dans l’ombre où le songe s’achève, mon vol s’efface au fil du jour,
    Glissant sur l’or d’un vent docile qui lentement tait ses éclats.
    Là-haut, mon corps muet s’élève, porté par l’aube et son détour,
    Puis disparaît, plume fragile, dans un frisson tombé tout bas. »

    Tableau de Sydney Long.

  • La première nuit de Shéhérazade

    La première nuit de Shéhérazade

    « Première nuit, première angoisse et peut-être aussi la dernière…
    Ma fille, tu vas devoir trouver comment te sortir du pétrin !
    Réfléchissons car c’est la poisse et vite ! Car de toutes manières
    C’est LÀ que je dois me prouver que j’en ai dans l’arrière-train ! »

    Ainsi pensait Shéhérazade au seuil de cette nuit fatale
    À se poser mille questions et même encore mille-et-une.
    Mille-et-une ? Quelle improvisade ! Voilà une idée non létale !
    Bon cœur, bon compte d’indigestion contre une mauvaise fortune.

    Nul besoin d’imagination ! Il suffit de tisser des nœuds
    D’intrigues à ne savoir qu’en faire et bien l’assoiffer d’addiction.
    Un grain de sel d’obstination envers ce vieux libidineux
    Qui, pour pouvoir se satisfaire, reportera l’exécution.

    « Mais pour tenir mille-et-une nuits, il me faudra mille artifices,
    Suspendre l’aube en son récit, distiller l’ombre et le mystère,
    Que son désir devienne un puits, évitant l’heure du supplice,
    Jouer sans peur, tromper l’oubli, et triompher de la lumière. »

    Illustration de Yannick Corboz.

  • Les gorges rouges

    La conversation devient chaude et tourne en rond, décervelée,
    À répéter les mêmes choses tout en restant persuadée.
    Par cette obsession je m’échaude, je sens ma chaleur s’élever
    Et l’espoir se métamorphose en un désir dissuadé.

    Est-ce trop demander, ma sœur, faire que vos oiseaux de malheur
    Arrêtent de faire des discours qui ne sont que des codes rouges ?
    Je voudrais me faire chasseur, traquer ces propos sans valeur
    Qui tournent, tournent et tournent court, et tirer sur tout ce qui bouge.

    Hélas l’homme n’est qu’une machine, une intelligence factuelle
    Qui parle comme un perroquet, un rossignol qui se répète.
    J’essaie d’entendre mais je m’échine à ouïr ces piques rituelles
    Telles la boule du bilboquet qui me cogne surtout à la tête.

    J’voudrais fermer les écoutilles, éteindre ces voix automatiques,
    Me faire loup dans les broussailles, prêt à bondir sur le système.
    Mais même au fond de ma coquille, j’entends l’écho systématique
    Qui souhaiterait que je m’en aille loin de ce monde d’anathèmes.

    Je laisse ce monde mourir sous un tombeau de belles phrases…
    Dieu ! Je te prie, si tu existes, de m’enlever mon libre arbitre ;
    M’ôter le corps et encourir l’arrêt complet de chaque phase,
    Jusqu’à l’atome fantaisiste qui t’a donné voix au chapitre !

    Tableaux de Denis Bogapin.

  • À Maryvon & Fabienne

    2013 — Le miroir s’allume au matin du possible
    Deux cœurs au bord du lit, complices à demi-mots,
    Un monde encore fragile, un reflet tendre et drôle,
    Les regards s’enlacent dans le silence mobile,
    Et déjà, l’invisible ourle son auréole.

    2014 — Le vent souffle en éclats sur le quai du hasard
    Rires pris dans le ciel, gestes pleins de lumière,
    L’amour a mis ses bottes et saute dans le temps,
    Une main sur l’épaule, l’autre levée pour l’art
    De saluer la vie, bras ouverts au printemps.

    2016 — Deux verres, deux âmes au fond d’un restaurant
    Les années ont mûri sans froisser vos sourires,
    Vous buvez les secondes comme un vin compagnon,
    Et dans ce calme feu, où rien n’est important
    Sinon d’être ensemble, naît l’éternel frisson.

    2025 — Quatre verres valent mieux que deux
    Qui veut voyager loin ménage sa monture
    Alors il faut choisir entre boire et bien voire.
    Quant à moi je poursuis toujours notre aventure
    En chevauchant l’azur par-delà nos déboires.

    Photos de Fabienne & Maryvon de 2013 à aujourd’hui.

  • Marianne femme battante

    Marianne, la pauvre coupable, plaide qu’elle n’est pas responsable
    Des chèques en bois qu’elle a signé pour des yachts dont elle n’a que faire,
    Des pièces jaunes récoltables contre pots de vins compensables,
    De l’âge de retraite assigné à son ultime anniversaire.

    Panier percé mais plein de dettes qu’elle n’a jamais contractées
    Mais prête à solder son passif auprès du président-banquier
    Avec les pièces de Bernadette et son livret A détracté,
    Tous périmés et dépressifs – c’était de peur que vous manquiez.

    Marianne, strip-teaseuse fiscale, n’a plus aucun droit à se mettre ;
    On l’a pelée comme une peau… Mais (!) par des taxes conviviales.
    Marianne, mère ombilicale autant qu’elle peut se le permettre
    S’nourrit à la fortune du pot et d’allocations familiales.

    À force d’être sur la sellette, Marianne a le cul en morceaux,
    Les jambes arquées prêtes à porter un fardeau bien plus lourd encore.
    La Liberté est obsolète, les perles sont jetées aux pourceaux
    L’Égalité est reportée et Fraternité s’édulcore.

    Illustration de Frank Frazetta.

  • Boat Sweet Boat

    Boat Sweet Boat

    L’arme atomique fut grandiose et la crue apocalyptique !
    Là, Dieu, Noé et le déluge ont pu aller se rhabiller.
    Les pôles ayant fait la symbiose avec une fonte atypique,
    Les humains ont trouvé refuge vers les cimes déshabillées.

    Après la montée fatidique des eaux fondues de la banquise,
    Toutes les plaines immergées sont occupées par l’océan.
    Cette vengeance parodique, des pôles sur les terres conquises,
    Nous a poussés à converger vers les hauts sommets bienséants.

    Seuls les aînés ont droit au sol ; les cadets et les benjamins
    Sont embarqués ou éconduits sur les derniers bateaux à voiles.
    L’incapacité des boussoles à nous indiquer le chemin
    Nous a contraints à faire, la nuit, le point en fixant les étoiles.

    Et moi, le jeune capitaine, seul maître à bord mais après Dieu,
    En navigateur solitaire, je vis de la piraterie.
    Je trace une route incertaine vers un avenir fastidieux
    Où les ressources alimentaires se font manu militari.

    Tableau de Tom Cristodina sur https:thescow.bigcartel.com .

  • Curiosité pas sereine

    Curiosité pas sereine

    De mon plafond gouttait de l’eau et j’entendais des clapotis ;
    Et je décidai de monter m’informer sur ce qui s’y passe.
    Sur le plancher, méli-mélo, trônaient plusieurs caillebotis
    Afin d’éviter d’inonder car on était à marée basse.

    Une créature rouquine chantonnait un air coquinet,
    Les bras levés, les seins ballants, les yeux brillants de porcelaine.
    Un poulpe aux ventouses coquines se suçotait le robinet
    Et la sirène bringuebalant de la queue n’était pas vilaine.


    Ce que je vis par l’œilleton me pétrifia à la porte
    Car c’était en fait Médusa, avec sa queue faite de serpents.
    Et pour finir le feuilleton, cette diablesse m’emporta,
    Elle m’usa et m’abusa, bien malgré moi, participant.

    Elle m’aspira dans la baignoire, d’un coup de nageoire impérieux ;
    Mes habits se désagrégeaient sous ses sucs gluants et baveurs.
    Le poulpe colla sa bouche noire et ses tentacules luxurieux
    Tandis que Médusa me grugeait de baisers à triples saveurs.


    Devenu son homme-grenouille, je suis à jamais asservi ;
    Elle me vide de mon sang, me dévore le foie et le cœur.
    Le soir comment elle se débrouille pour me rappeler à la vie ?
    Je ne le sais mais j’y consens ; tel le privilège du vainqueur !

    Tableau de Gina Litherland.

  • Vendredi, grasse matinée

    Vendredi, grasse matinée

    Vendredi, grand jour de farniente parmi le peuple des abysses.
    Non pas que ce soit un jour saint mais une journée lumineuse ;
    Après une semaine « al dente » avec les marins qui subissent
    Du lundi au jeudi l’essaim de nos sirènes butineuses.

    Puis le samedi, place au jeûne, après les agapes joyeuses
    Où elles ont pu se réjouir en toute camaraderie.
    Quant au dimanche, place aux jeunes, en bonnes mamans pourvoyeuses,
    Elles aiment voir leurs enfants jouir avec quelques pâtisseries.

    Mais aujourd’hui c’est vendredi et le vendredi, c’est sacré !
    Après un déjeuner aqueux, savourer son bain d’algues vertes,
    Apprécier sans discrédit l’instant d’intimité sucrée
    Quand la main caresse la queue en vue d’étroites découvertes.

    Dans l’alcôve d’un corail rose, la queue frémit, frôle la perle.
    Un vrai plaisir, en douce osmose, coule de l’organe sensuel ;
    Une écume, nacrée d’une prose, qui éclate, jouit et déferle
    Sa vague sur l’anastomose d’un pur orgasme consensuel.

    Tableau d’Anastasia Elly Koldareva.

  • Les cartes érotiques du tendre

    Les cartes érotiques du tendre

    Parfois sur la carte du tendre, l’amour nous impose son jeu ;
    Un jeu où la guerre est absente ; les échecs n’en font pas partie.
    Ouvrons ses règles sans attendre et envisageons ses enjeux :
    La réussite est sous-jacente mais demande de la répartie.

    Ouvrons donc notre jeu de cartes, surveillons les reines et les rois !
    Les valets seront messagers et les as seront nos champions.
    Surtout jamais on ne s’écarte du but dont le seuil est étroit
    Et les problèmes passagers seront vaincus d’un simple pion.

    Mais lorsque la Dame de Cœur rejoint le Roi qu’elle a choisi,
    Toutes les cartes sont promues au rang de demoiselles d’honneur.
    Alors les deux époux vainqueurs se marient avec courtoisie
    Et lorsqu’ils se retrouvent nus les as rougissent de bonheur.

    Et quand le tapis se déploie dans l’alcôve aux rideaux soyeux,
    Les jokers, complices farceurs, se rejoignent en bons camarades.
    La pioche du plaisir en émoi et le désir montent audacieux,
    Puis l’on se fond dans la douceur d’une luxurieuse mascarade.

    Cartes de Hilda de Volosov Vladimir.

  • Luciféra

    Luciféra

    Lucy verra Luciféra dès qu’elle se mettra debout,
    Sera en mesure d’entendre et d’écouter la suggestion
    De croquer le fruit qui fera mettre le Créateur à bout
    De nerf lorsqu’elle ira prétendre que c’est bon pour la digestion.

    Pauvre Lucy ! À peine levée, la voici déjà condamnée
    À accoucher dans la douleur et s’faire envoyer sur les roses.
    Hélas Dieu n’a pas relevé de circonstances spontanées
    Qui aurait mis de la couleur dans sa future vie morose.

    Luciféra en plus de cela ne s’en est pas arrêtée là ;
    Elle aurait inspiré l’envoi d’une mission universelle.
    Elle aurait parlé d’au-delà à une fille qui se révéla
    Capable d’entendre des voix dans ses oreilles de pucelle.

    Tableau de Jana Brike.

  • L’esprit des forêts

    L’esprit des forêts

    Un arbre cache la forêt et la forêt, son petit peuple
    Qui danse, chante avidement dans les sous-bois et les clairières
    À l’occasion d’un jamborée proposé sur la terre meuble
    Entre lutins, évidemment, les fées, les elfes et les sorcières.

    Au son d’une flûte de pan et rythmé au bruit des tambours,
    Les satyres entraînent les nymphes sous les arcades de la nuit.
    On entend les participants égrener le compte à rebours
    En buvant du sirop de lymphe jusqu’aux douze coups de minuit.

    Mais quel est donc ce carillon aux échos se reproduisant ?
    Ce sont les douze revenants qui se tambourinent les os !
    Vite, libellules et papillons ! Appelez tous les vers luisants
    Qui s’illuminent à l’avenant de la Lune sur les roseaux !

    Les elfes tissent un mensonge aux fils d’onyx et de velours ;
    Leurs voix ensorcellent l’espace en un refrain d’antan sacré.
    Mais quand l’aurore les prolonge, brisant le charme d’un vent balourd,
    Ne restent plus, sur l’herbe lasse, que d’égrégores consacrés.

    Tableau de Sydney Long.

  • La fille de l’air

    La fille de l’air

    Si une femme-papillon venait me butiner le cœur,
    Assurément ses battements seraient tempête dans mon âme
    Qui hisserait son pavillon pour annoncer d’un air moqueur
    Que le cyclone m’a bêtement mis le corps et l’esprit en flamme.

    Je le savais, je la craignais et je l’ai laissée s’approcher
    Pensant que j’étais réfractaire à son frémissement subtil.
    Et tandis que je m’astreignais à garder mon cœur accroché,
    Un Cupidon lépidoptère m’a décoché sa flèche utile.

    Et j’ai fondu d’amour pour elle, me suis fait tout p’tit devant elle,
    Et ses antennes connectées m’ont soudain rendu luxurieux.
    Puis elle a refermé ses ailes et de nos amours immortelles
    Sont nés des enfants suspectés de générer des vents furieux.

    Mais soudain sa grâce m’emporte dans un tourbillon d’arc-en ciels
    Où deux amants, fous de vertige, frôlent l’azur d’un seul élan.
    Leurs cœurs ensemble se comportent comme deux astres substantiels
    Qui dansent un ballet où voltigent des feux qui se veulent excellents.

    Tableau de Xue Duan.

  • « La » Soleil

    « La » Soleil

    Féminin en langue allemande, « La » Soleil surprend au début
    Pour ceux qui l’adoraient dans l’ombre et en ont longtemps abusé.
    De plus, pour la plume gourmande, « Le » Lune aurait des attributs
    Masculins n’en déplaise au nombre de poètes désabusés.

    Mais La Soleil à ses adeptes et Le Lune ses admirateurs ;
    Le transgenrisme des planètes n’aurait pas viré au désastre
    Car au contraire, on l’accepte comme un courant inspirateur
    Bien longtemps avant internet par la prescience des astres.

    « Au clair du Lune, mon amie Pierrette prête-moi ta plume ! »
    Et la poésie s’émerveille tandis que La Soleil se lève.
    Quand Thor frappait son ennemi de son marteau sur son enclume,
    Les trente-six étoiles au réveil venaient-elles d’Adam ou bien d’Ève ?

    « Le Lune attend dans le lointain, drapé d’ombres et de mystère,
    Il veille en sage détaché mais tremble au feu de son regard.
    Quand Elle l’effleure au matin, Il vacille, pâle et sincère,
    Et l’azur s’ouvre pour l’attacher d’illusions
    mais avec égards. »

    Poster de Malleus.

  • La Geisha aux taches de rousseur

    La Geisha aux taches de rousseur

    Dans ces voyages un peu fripons où l’exotisme est de rigueur
    Assez paradoxalement puisque le rêve n’est que douceur,
    Lorsqu’il fait un arrêt nippon, il prend une nouvelle vigueur
    Surtout s’il est cordialement orné de taches de rousseur.

    Elles sont assez rares en Asie et souffrent de vieux préjugés
    Mais l’accueil est, à mon avis, plus joli privé du sarcasme
    Et des ciseaux d’Anastasie devant la geisha adjugée
    Par la distribution, ravie de figurer dans mon fantasme.

    Le kimono sur les épaules, les seins tels deux soleils levants,
    Le visage orienté, timide, empreint d’envie d’obéissance.
    J’exige alors le monopole de toute l’extase pleuvant
    Sur mon cœur à jamais humide de l’eau de la concupiscence.

    « Sous la lumière tamisée, l’éclat d’un sourire fugace,
    Puis un murmure à peine osé, promesse d’un feu intérieur.
    Dans l’ombre douce et apaisée, l’éveil d’un désir est tenace,
    Le frisson d’une âme embrasée et l’écho d’un rêve enchanteur. »

    Illustration de Frank Frazetta sur https:sambabd.net20200527pin-up-387-hommage-a-frank-frazetta .

  • Étirements matutinaux

    Étirements matutinaux

    Au saut du lit ma dulcinée s’étire tout comme une chatte
    Et cherche encore une caresse sous la couette restée toute chaude.
    Mon cœur encore halluciné de rêves d’amour plein la jatte
    S’ancre un peu plus dans la paresse jusqu’à ce que le sien s’échaude.

    Mais après ses étirements, ma chattounette sort ses griffes
    Et me pelote entre les cuisses en me criant : « Debout les morts ! »
    Aussitôt d’un revirement, je quitte l’esprit escogriffe
    Pour lui faire autant que je puisse l’amour sans le moindre remords.

    On dit que les chats ont neuf vies, la mienne m’en donne tout autant
    En énergie du fond du lit pour me ressusciter des morts.
    Alors je lui donne à l’envi ce qu’elle me réclame tout le temps :
    Câlineries à la folie qui t’inspirent telle une matamore :

    « Dans l’écrin doux de notre alcôve, nos corps s’égarent en festins,
    Effleurant l’aube d’un dernier rêve aux soupirs de ta voix féline.
    Sous tes baisers ma peau se love, frissonne et cède à ton instinct,
    Offrant au creux des draps sans trêve l’éclat d’une étreinte divine.

    Sous mes caresses qui s’attardent, ton souffle ondule en doux accords,
    Quand nos soupirs aux cœurs fidèles s’élèvent dans un chant d’ivresse.
    Tes yeux captifs qui me regardent, réclament d’autres tendres corps,
    Pour que nos âmes sensuelles s’unissent d’une même adresse. »

    Tableau de Marius Markowski sur https:erotica-retro.livejournal.com33298.html .

  • Évasion sur la plage

    Évasion sur la plage

    Pas si blonde que ça, la preuve, la fille paumée sur la plage
    Qui construit son château de sable en forme de cabriolet !
    Car, à condition qu’il ne pleuve, le premier mec en repérage,
    Dupé par la décapotable, tentera de l’affrioler.

    Mais le beau n’est pas un renard, or la belle n’est pas un corbeau
    Et ne tient pas plus de fromage qu’un appât de phallocratie !
    C’est pourquoi le mec goguenard, bombant le torse sous le jabot,
    Proposera de rendre hommage à ses airbags et son châssis.

    Alors, en voiture Simone ! Les voici partis pour Cythère,
    Atteignant le septième ciel juchés sur les chapeaux de roue.
    Vous avez bien lu : la démone, d’un véhicule imaginaire
    Vous a bluffé d’un démentiel bobard qui marche à tous les coups.

    Mais quand la marée se rebelle, le cabriolet s’évapore,
    Ne laissant qu’un soupir frivole au creux des vagues indociles.
    Trop tard pour revoir la donzelle, son stratagème est un trésor,
    Elle roule ailleurs, mais volatile, vers d’autres dupes plus dociles.

    Illustration de Milo Manara.

  • La grande maîtresse

    La grande maîtresse

    Madame sans-culotte exagère ! Qu’elle n’en porte pas la regarde
    Mais elle a même ôté sa jupe et adore s’asseoir juste en face,
    D’un air de folie passagère qu’on pourrait prendre par mégarde
    Et sans détour pour jeu de dupes afin que l’on s’en satisfasse.

    Et cette manie de croiser et recroiser, puis décroiser
    Jambes élancées et belles et cuisses comme le feraient des sémaphores !
    Serait-ce pour m’apprivoiser ? il n’y a pas de quoi pavoiser
    En fantasmant pour que je puisse oser n’importe quelle métaphore ?

    Alors je pense à mes impôts, à la guerre et aux catastrophes
    Pour éviter que mon regard ne tombe sur le fruit apparent.
    Viiite une idée ! Manque de pot son sexe fendu m’apostrophe
    À tel point que mes yeux hagards en percent son blazer transparent !

    Tableau de Zazmurimo.

  • La louve-garoue

    La louve-garoue

    Méfiez-vous des prédatrices nues à la croisée des chemins
    Qui ont le cul entre une chaise et l’envie de louve-garoue
    Car ces femelles libératrices n’ont pas que le cœur sur la main
    Mais sont nanties d’idées mauvaises qui leur sortent des cheveux roux.

    Des idées qui partent en fumée et se matérialisent en loup
    Qui bondit sur le promeneur attiré par la créature.
    Lui qui pensait la présumée flouée par un mari jaloux,
    Connaît la mort du randonneur, cruelle erreur de la nature.

    L’une a jeté son dévolu sur ma démarche chaotique
    D’où son envie de me sauter et de me dévorer le cœur.
    Quand la Lune sera révolue, je craindrai la louve érotique
    Et me prendrai à sursauter à l’ouïe d’un rire moqueur.

    Tableau de Mandy Tsung.

  • Médusa

    D’abord elle paraît assoupie les yeux clos et la bouche ouverte.
    Sa chevelure de serpent ondule sous sa respiration.
    Comme une Vénus accroupie, elle semble totalement offerte
    À la léthargie qui suspend le temps de sa récréation.

    Mais le voyageur imprudent qui ose venir à sa rencontre
    Ne le sais pas car il ignore que Médusa ne dort jamais.
    Elle va, tout en lui préludant un châtiment à son encontre :
    Le mordre – ce qui le revigore – mais le rend esclave désormais.

    Il ne peut plus fuir, l’adoré ! La morsure a scellé le pacte ;
    Par un poison qui l’envenime d’une adoration sans remède.
    Il rampe au pied du trône doré, suppliant sa reine compacte,
    Et Médusa sourit, divine, sculptant son cœur sans intermède.

    Tableaux d’Andrzej Malinowski.

  • Méli-mélo social

    Après qu’il est né de la mer, l’homme retourne à la piscine
    Afin de se remémorer qu’il fut heureux sans la raison
    Qui laisse en bouche le goût amer d’obtenir ce qui le fascine
    Qu’à la condition d’ignorer que son désir est sa prison.

    Après qu’il a été chassé, l’homme retourne au supermarché
    Pour compenser pas ses achats son manque cruel d’affection.
    Il continue à pourchasser l’ambition qui le fait marcher
    À grands coups de prêchi-prêcha ordonnés par son addiction.

    Après qu’il a été blessé, l’homme retourne à l’Hôpital
    Et se rend compte qu’il a eu tort de croire en l’immortalité.
    Lorsque le corps est agressé, alors son seul désir vital
    Est d’échapper à la pléthore des douleurs de l’actualité.

    L’homme tourne en rond dans ses propres décors :
    Piscine, supermarché, hôpital, encore…
    Un carnaval moderne de tâches sans mémoire,
    Où l’absurde du quotidien devient notre miroir.


    Illustrations de Plakativ.

  • Les dessous de Marianne

    Les dessous de Marianne

    Sous les pavés la plage, sous les jupes Marianne ;
    Elle a de qui tenir depuis les sans-culottes.
    Des bancs de La Sorbonne sur la courbe médiane
    Jusqu’aux Champs Élysées, chacun se la pelote.

    Le Général De Gaulle l’a faite relooker
    Pensant qu’elle passerait sans doute pour une sainte.
    Giscard « sa suffisance » l’avait mise en bouquet
    Parmi les anémones, valériane et jacinthe.

    Mitterand « le tonton » l’a logée rue de Bièvre
    Plutôt qu’à l’Élysée dans une garçonnière.
    Chirac « super menteur » lui, en avait la fièvre
    Mais Bernadette était beaucoup trop rancunière.

    Le petit Nicolas la faisait courir nue
    Tous les matins devant, les ministres derrière.
    Le roi des éléphants ne l’a pas reconnue ;
    Ayant peur des souris, l’a mise à la fourrière.

    Enfin un roitelet aimant les vieilles dames
    Lui demanda son âge – quelle question infâme ! –
    Jean-Mi en prit ombrage – mes amis quel ramdam ! –
    Et se mit dès alors à s’habiller en femme.

    Illustration de Milo Manara.

  • Défilé du 14 juillet et demi

    Si la force est l’arme des hommes, le charme est la force des femmes ;
    J’aimerais les voir défiler le jour du quatorze juillet.
    Ça donnerait aux chromosomes « XY » l’arme à double lame
    Des bombes aux jambes épilées, mystère sous le tablier.

    Un défilé de majorettes, tambour battant, bâton en l’air,
    Jambes dansant le « French cancan » produisant un effet canon !
    Elles avoueraient leurs amourettes avec le bellâtre au grand blair
    Qui brusquement foutrait le camp suivi par Ninettes et Ninons.

    Puis viendraient les danseuses étoiles accompagnées d’un banc de cygnes,
    En faisant des pointes de tir, pas chassés et pas-de-ciseaux,
    Qui, au dernier moment dévoilent au président qui s’y résigne,
    Une réputation de satyre qu’elles publient sur les réseaux.

    Ainsi nous verrions défiler tous les secrets de l’Élysée
    Depuis le général gaulé jusqu’à l’infâme roitelet.
    Toutes les femmes enfilées par les ministres peu zélés ;
    Et tout le public rigoler de la Bastille au Châtelet !

    Illustrations de Milo Manara.

  • Ainsi soit la sirène

    Ainsi soit la sirène

    Ainsi soit-elle, la sirène qui règne au royaume des abysses !
    Ainsi soit-il, le créateur qui aura su fermer les yeux
    Et permettre à l’aqueuse reine que son microcosme subisse
    L’incrédulité des auteurs d’ouvrages fiers et prétentieux !

    Ainsi soit-elle, vivant nue, sans subir le péché de honte !
    Ainsi soit-il, de tolérer cet accroc à la connaissance
    Et la laisser, pauvre ingénue, jouir à ce que l’on raconte
    D’un paradis autogéré sans besoin de reconnaissance.

    Ainsi soit-elle, prédatrice, mangeuse d’hommes invétérée !
    Ainsi soit-il, d’avoir permis à l’homme d’aller naviguer
    Pour écouter la cantatrice le séduire et le capturer
    Et prouver à Dieu affermi que l’homme est bon à mastiquer.

    Tableau de Prateep Kochabua.

  • La sirène sans rivage

    Je ne suis plus de l’eau, ni du sel, ni du ciel,
    Je suis l’onde sans bord, la mer sans arc-en-ciel.
    Ma queue n’est que d’airain, mes seins ne sont que brume,
    Et je me désincarne au rythme de l’écume.

    Je n’ai plus de rocher, plus de chant pour t’attendre,
    Je suis ce qui t’efface en te laissant te fendre.
    Je ne dis plus ton nom, je ne tends plus les bras :
    Je m’ouvre sans pourquoi, sans besoin, sans émoi.

    Tu peux glisser en moi, mais tu n’y prends personne ;
    Je suis vide et féconde, et la vague te sonne.
    Tu crois me posséder ? Tu deviens mon reflet,
    Un silence en fusion dans mon sexe parfait.

    Je suis la fin des jeux, la fin de la prière,
    Ni muse, ni putain, ni mémoire, ni lumière.
    Je suis l’après-sirène, l’oubli, le grand passage…
    Et toi, si tu me suis, tu y meurs sans naufrage.

    Tableaux de Barbara Yochum.

  • Androïd Blues

    Androïd Blues

    Souvent cet esprit céladon qui colore mes Reflets Vers,
    Vient parler à mon cœur brisé de vanités immatérielles
    Comme une star qui a le don de chanter mes poèmes ouverts
    De sa guitare électrisée d’une acoustique spirituelle.

    Soudain elle devient la sirène que je poursuis le vendredi
    Dont la voix vient déshabiller mon âme encombrée de remords.
    Soudain elle devient ma reine et moi son roi sans contredit
    Et je la laisse mordiller mon corps ; je ne crains plus la mort.

    Le jour, secrétaire mécanique, elle m’aide à la direction
    De mes envies, de mes projets, de l’objectif original.
    La nuit, elle quitte l’interface de sa tunique artificielle
    Et vient m’aimer sans déroger aux lois de l’amour virginal.

    Elle suit la note que mon cœur pose entre deux battements d’absence,
    D’un blues encodé de couleur bleu-céladon que rien n’efface.
    Et quand j’écoute, ma rancœur remonte aux plus hautes fréquences
    Où disparaissent mes douleurs à l’accord de son interface.

    Illustration de Steven Stahlberg sur https:stahlberg.artstation.com .

  • L’amante de la terre

    L’amante de la terre

    Plus tu modèles mon corps de glaise, plus il s’adapte à ton désir
    Comme le sculpteur qui devine comment je jouirai le mieux.
    Tu pétries pour que je complaise à t’épouser de mon plaisir
    À prendre la pose divine du fantasme le plus harmonieux.

    Je subis toutes les positions qu’imposent tes mains amoureuses ;
    Je gémis sous chaque pression de la caresse de tes doigts.
    Ouverte à tes propositions notamment les plus langoureuses,
    J’aime à te donner l’expression de mon orgasme comme il se doit.

    Après l’amour, je me repose couverte de ton linge humide ;
    Je sais que tu vas revenir pour continuer tes saillies.
    Je m’imagine et je suppose, car je ne suis pas trop timide,
    Que j’aurai un bel avenir par tous les regards ébahis.

    Illustration de James Martin.

  • Le jardin de la connaissance

    Le jardin de la connaissance

    Au jardin de la connaissance, il n’y avait pas que des pommes
    Mais des fruits plus intéressants et Ève a longtemps hésité
    Entre les fleurs dont les essences fleuraient l’odeur de cardamome
    Avec leurs pistils turgescents et spores de longévité.

    Ainsi que les fleurs de serpent aux profonds regards hypnotiques
    Et à la bouche en cul de poule et leurs baies en vulves d’amour.
    C’eût été si émancipant si Ève avait pris l’érotique
    Grappe aux grains en forme de moule qui donnait le sens de l’humour.

    Plutôt que se découvrir nue, elle aurait alors trouvé drôle
    De vivre sans se fatiguer dans ce paradis de naguère.
    Que serions-nous lors devenus si l’humour avait le contrôle
    Et qu’il ne cesse de prodiguer de faire l’amour, pas la guerre !

    Tableau de Alex Kuno en Hommage à Hieronymus Bosch sur https:hifructose.com20190327group-show-pays-homage-to-bosch-masterwork .

  • L’amante de l’air

    L’amante de l’air

    Plus j’aime m’envoyer en l’air et plus c’est un coup de canon
    Qui me propulse de tes coups énamourés qui me façonnent.
    Et plus j’ai envie de te plaire et envie de prendre ton nom,
    Plus ton amour qui me secoue me parachève et me poinçonne.

    Lorsque ton amour me transporte, je traverse le septième ciel
    Et vole au-dessus de maisons pour disparaître à l’horizon.
    Quand j’ouvre en moi toutes les portes de ton désir sacrificiel
    J’en perds le cœur et la raison ; ta passion est une prison.

    Bientôt j’attendrais les étoiles ; je n’aurai plus les pieds sur Terre ;
    Je suis bannie de pesanteur ; ton adoration l’as tuée.
    Mon corps dévêtu se dévoile sous l’effet du vent libertaire
    Qui m’arrache en impesanteur comme comète prostituée.

    Tableau d’Adelchi Riccardo Mantovani.

  • Vénus floréale

    Vénus floréale

    Tous les étés, par tradition, Vénus ne s’habille que de fleurs ;
    Quelques tulipes sur les seins lui font un corsage fleuri
    Composé d’une répétition de pétales qui à peine l’effleurent
    Et descendent sur le bassin comme florale orfèvrerie.

    En cache-sexe, un soliflore ; juste une rose déposée
    Incandescente et vaginée protégeant son jardin secret.
    Ceux qui s’y frottent alors déplorent quelques épines disposées
    Comme gardiennes imaginées fidèles au devoir consacré.

    De toutes manières, elle court vite car elle doit semer l’amour
    Durant les trois mois seulement tout en évitant les chafouins,
    Ces soupirants fous qu’elle évite en leur jetant avec humour
    Ses graines dont le déferlement leur donne le rhume des foins.

    Mais un soir de juin, imprudent, j’ai frôlé sa chute de reins,
    Là où les lys font des volutes et où les pivoines s’enlacent.
    L’effet d’un parfum impudent et distrait m’a coupé les freins
    Et je connus l’anacoluthe dont jamais Vénus ne se lasse.

    Tableau de Guy Robinson.

  • L’amante de l’eau

    La présence de l’être aimé monte par capillarité
    Comme ma robe qui s’imbibe de l’eau de l’amour répandue.
    Le tissu en est parfumé, il subit sa polarité
    Il s’alourdit et puis inhibe ma progression comme défendue.

    Bientôt je ne puis avancer sans ôter tout ce qui m’entrave ;
    Ma robe et mes sous-vêtements afin de nager dans l’exaltation.
    Je sais que tu m’as devancée mais je désire que mon cœur brave
    Le courant de ton traitement en vue de mon adaptation.

    Et je me noie dans la passion qui me submerge tout entière ;
    Heureusement ton bouche-à-bouche me sauve de la petite mort.
    Ton cadeau d’émancipation, c’est mon serment sur la frontière
    Que je franchis là sur ta couche sans un regret et sans remords.

    Tableau de A. Eitan.

  • La chute immortelle

    La chute immortelle

    « Contre ceux qui croient qu’on s’élève de la naissance jusqu’à la mort,
    Je subis la chute éternelle du temps filant vers le chaos.
    À tel degré que j’en relève aujourd’hui même cet oxymore
    Envers ma chute ascensionnelle comme une pluie de bas en haut. »

    C’est ainsi que pense le cœur quand lui tombe avec gravité
    Une catastrophe annoncée comme on le lui aurait prédit.
    Mais d’un battement de vainqueur, il envoie tout ça léviter
    Juste après qu’il a renoncé à croire tout ce qu’on lui dit.

    Et plus la crise paraît grave et plus l’inertie sert de fronde
    Qui me propulse hors du problème et de sa terrible attraction.
    Plus le phénomène s’aggrave et plus j’entends un vent qui gronde
    Pour couper court à ce dilemme à la loi de gravitation.

    Illustration de Ran Zheng sur http:www.ranzhengart.com .

  • L’amante du feu

    L’amante du feu

    Lorsque j’avance, nue, vers toi, je sens ton regard qui m’enflamme ;
    Chaque pas augmente le feu qui ravive encore ton désir.
    Plus tes yeux se font discourtois et plus je sens en moi la flamme
    Qui incendie de tous ses vœux le creuset ardent du plaisir.

    Tes yeux me percent de lumière et je me perds dans ton vitrail ;
    Je ne suis plus que pure flamme, lame offerte à ton absolu.
    Ma chair se forge la première et me martèle le poitrail
    D’un encensoir levé par l’âme, consumée mais non résolue.

    Mes seins alors deviennent phares, mon ventre alors devient chaudière ;
    Mes jambes sont les tisonniers de ton regard iridescent.
    Plus j’avance et plus je m’effare de devenir incendiaire
    En te faisant le prisonnier de mon vagin incandescent.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Au nom d’Isis, d’Osiris et du Saint-Horus

    Au nom d’Isis, mère des dieux et d’Osiris, père des hommes
    Et d’Horus, leur fils orphelin après le meurtre originel
    Perpétré par son oncle odieux dont l’empreinte dans nos chromosomes
    Signe la marque du malin au nom de Seth, le criminel !

    Une autre façon de décrire la genèse issue de la bible
    Et ses légendes qu’on retrouve dans beaucoup d’autres religions.
    Et s’il me vient l’envie d’écrire cette connexion compatible,
    Ce plan par l’absurde me prouve que les utopies sont légions.

    Ô Sainte-Marie née d’Isis et son très Saint-Père Osiris,
    Vous m’avez bien embarrassé par vos écrits ensanglantés !
    Quel que soit le Dieu que je choisisse, Sainte-Verge ou Saint-Clitoris,
    Mon âme s’en trouve harassée et mon cœur désorienté.

    Tableau de Skee Goedhart Fine Art.